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vendredi 19 juin 2026

Prendre un moment matinal

 

Avant de commencer la journée prenons un moment pour nous ancrer dans la pleine présence. Avant d’être emportés par le flot des « Je dois » et des « Il faut », prenons le temps de ressentir notre corporalité dans sa totalité. Nos pieds posés sur la terre, établissons-nous dans la réalité de l’instant. Laissons notre centre vital devenir vivant, notre corps respirer. Le souffle s’approfondit, prend de l’ampleur. Le mental se détend, la région de la poitrine se vide doucement du trop-plein émotionnel et de l’anxiété qui s’accumulent au fur et à mesure des jours. Laissons au cœur l’espace de se déployer et à l’esprit de s’ouvrir.

Prenons le temps de redevenir un tout unifié, habité par le souffle, pour entrer dans l’activité du jour, notre aplomb et notre tranquillité stabilisés. Même si cet aplomb et cette tranquillité s’étiolent au fur et à mesure de la journée, le simple fait de prendre un moment, chaque matin, pour s’y établir, nous aide à ne pas complètement perdre pied dans les remous du Réel.

Ce temps du matin nous permet de générer une présence enracinée dans le vrai de l’instant. Célébrons le jour nouveau qui commence, une création et non pas une inlassable répétition, si nous savons être présents de tout notre être, cœur, esprit et centre vital unifiés. Un temps de rassemblement et de recueillement. Une prière vivante, incarnée des pieds à la tête. Le ciel et la terre s’unissent dans notre réceptivité et nous permettent d’aborder la journée avec sérénité.

Nous retrouvons la capacité de nous ajuster sur le vif aux variations du réel sans perdre l’équilibre. Le goût de l’aventure et la joie de l’imprévu remplacent l’inquiétude et la résistance. Nous sommes de moins en moins frileux, prêts à jouer pleinement notre partition dans le grand ballet de la Réalité.

Nathalie Delay

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samedi 18 avril 2026

La vraie confiance !

 

Régulièrement nos projets tombent à l’eau, nos plans sont bousculés. Des imprévus se glissent dans nos agendas bien ordonnés.


Comment réagissons-nous ?

Nous rassurons-nous à l’aide de pensées rationnelles ou d’idées spirituelles pour ne pas sentir la réalité de notre vécu. Les dires spirituels peuvent se transformer en subtils échappatoires lorsque nous les utilisons pour nous couper d’une vérité plus profonde et sensible de nous-mêmes.

Accusons-nous la vie, sous la forme d’un autre ou d’un événement, de saboter nos plans, de nous priver de ce que nous méritons de plein droit. La plainte, le ressentiment nous enferment dans des boucles qui nous détournent et nous éloignent de la réalité.

Tout imprévu est l’occasion d’apprendre sur soi, sur les croyances et les peurs qui nous sclérosent. Trop souvent nous ne savons pas recevoir l’enseignement. Nous rationalisons ou accusons trop vite sans laisser le temps et l’espace à un vrai ressenti de se déployer. Nous avons si peur de nos émotions alors que si nous savons les vivre en intégrité, elles nous ramènent vers nos ressources et notre puissance qui attendent notre pleine reconnaissance dans les tréfonds de l’être.

Donnons-nous à la vérité de l’instant. Ne nions rien, aucune émotion, aucune réaction. Prenons acte de nos pensées, de nos croyances, de nos attentes. Profitons de l’occasion pour approfondir la connaissance de l’entièreté de notre royaume intérieur.

Lorsque qu’un projet échoue plutôt que de fuir la sensation de vide, nous la laissons être et se déployer. Nous ne cherchons pas d’alternative. La vie nous offre ce temps pour être. Nous avons alors l’opportunité de rencontrer celui que l’on cherche : l’être véritable sous le personnage. Celui qui est en phase avec le flux des événements, en accord avec la réalité, qui a compris, non pas intellectuellement mais dans son épaisseur, dans sa substance, que s’opposer au courant c’est souffrir assurément. Celui qui est suffisamment vaste et stable pour accueillir et laisser vivre en lui tous les remous et qui sait, sans savoir, combien il est vain de lutter contre le grand courant du Réel.

Tout, absolument tout, sur notre chemin, est une opportunité d’entrer un peu plus profondément dans la chair du Réel et de retrouver le vrai royaume. Celui où il fait bon vivre, se poser et demeurer dans une sécurité et une plénitude inaltérable.

La vie et ses changements incessants sont dessinés sur mesure pour nous permettre ce retour. Sachons retrouver la vraie confiance, celle qui gît dans la profondeur du cœur.

- Nathalie Delay

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jeudi 1 janvier 2026

Aujourd'hui !



« Kawahara, qui ne parle pas beaucoup, a dit :

"Qu'est-ce que ça peut faire si les fleurs se fanent ?

Il suffit qu'elles tiennent aujourd'hui." »

Inaba Mayumi, La péninsule aux 24 saisons

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Parce que se préoccuper déjà de « ce qui sera » alors que, « ce qui est » n’en est même pas encore à « n’être plus », revient à se précipiter de vivre par mort anticipée.

Alors, entre d’un côté, les rétrospectives de l’année sur le point de se clore et, de l’autre, les projections de l’année qui s’apprête à éclore,

Que chacune et chacun d’entre nous puisse honorer la flamme vivante – tantôt puissante, tantôt vacillante – dressée et dansante au cœur de soi à laquelle,
quels que soient les passages de relais et les transitions traversées,
nous pouvons à tout instant nous relier pour nous soutenir et nous orienter de la façon la plus juste dans les quêtes et cheminements qui sont les nôtres.

Et, qu’ils soient stables ou fluctuants, quels que soient les diamètres et les couleurs de notre cercle,
quels que soient tout ce dont il est constitué, ce qui s’y fait, ce qui y fond, ce qui en fuit,
puissions-nous à tout instant y reconnaître le centre et l’axe vivants qui d’instant en instant se cherchent et se trouvent en nous.

Marie Ghillebaert

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« Au cœur de notre vie si fragile, partout menacée par la destruction, il existe en nous, en amont de chaque dérive temporelle, un lieu lumineux de la toute-confiance. […]
De ce lieu intime de la toute-confiance émane une clarté qui, à partir du centre secret de notre âme incarnée, pénètre, soulève et guide vers l’avenir, en dépit de tous les obstacles de la vie présente, le moi chancelant dont nous nous faisons le porte-parole doublement précaire. Nous y buvons ensemble, comme à une source de vie cachée, le souffle du futur infini :
« Par-delà tout le mal
Et plus haut que la nuit »
Claude Vigée, Danser vers l’abîme

« À chaque jour suffit sa peine.
Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ;
car le lendemain aura soin de lui-même. »
Matthieu 6:34

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Claude Le Moal, La véritable histoire d’Adam et Eve enfin dévoilée, tome 1

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jeudi 18 décembre 2025

Ne bouge pas


Ne bouge pas. Meurs encore et encore. N'anticipe rien. Rien ne peut te sauver maintenant, car il n'y a que cet instant. Même l'illumination ne te sera d'aucun secours, car il n'y a pas d'autres instants. Sans avenir, sois fidèle à toi-même et exprime-toi pleinement. Ne bouge pas.

– Shunryu Suzuki  

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dimanche 28 septembre 2025

Une invitation à la pratique, par Lee Lozowick.

 

«L'investigation intérieure et «neti neti» (ni ceci, ni ceci) sont deux pratiques traditionnelles en Inde qui nous aident dans notre travail. Avec «neti neti», on constate ce qui monte à la conscience et on dit : «la réalité n'est pas ceci». Car chaque fois que l'on se fixe sur quelque chose de spécifique et qu'on le considère comme étant ce qui est, on exclut tout le reste et on est dans le faux. Si on dit «neti neti» à propos de tout, au bout d'un moment, on arrête de se focaliser sur le spécifique et de fonctionner de manière dualiste, et on arrive à l'essentiel. On arête de diviser la réalité, on l'accepte telle qu'elle est dans sa totalité.
L'investigation intérieure est une pratique très similaire. On questionne chaque émotion, chaque sentiment, chaque pensée : «Who am I kidding ? - De qui je me paye la tête ?». Cette phrase est comme une épée qui tranche toutes les illusions jusqu'à ce qu'aucune ne puisse résister et qu'il ne reste plus rien d'autre que la source même de la Création, c'est à dire ce qui est. Il faut persévérer, persévérer, persévérer.
Même un satori n'est pas la fin du questionnement. Même avec un satori, quand on se dit : «Ça y est !», ça n'y est pas. Dès qu'on en fait un concept, on n'est plus ici, dans ce moment-ci. On pratique donc instant après instant, encore et encore, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'instant, jusqu'à ce qu'il n'y ait qu'ici, juste ici.»

(Lee Lozowick, Hauteville, 6 juillet 2000)
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vendredi 19 septembre 2025

Conscience du manifesté


Essentiellement, il s'agit d'être conscient. Cela ne signifie pas que quelqu'un qui est conscient ne va pas de temps à autre manifester une tendance ou une activité névrotique. Si vous êtes coincée dans une stratégie d'évitement mais que vous en êtes consciente, vous acceptez complètement dans l'instant ce que vous constatez. La clef pour accepter ce qui est ici et maintenant, c'est ici et maintenant. Le fait que vous soyez coincée dans une stratégie d'évitement n'implique en rien que vous le soyez pour toujours. Mais si c'est ce qui est ici et maintenant, cela doit être vu et accepté clairement dans l'instant. Voir clairement, c'est être conscient, et ce n'est pas simplement voir ce qui est apparent, en surface. S'il y a stratégie d'évitement, il y a aussi la raison sous-jacente à cette stratégie, la raison pour laquelle vous pensez qu'elle est nécessaire. Quand on voit quelque chose clairement et complètement, il y a alors une liberté pour que cela puisse se transformer. Mais si la vision n'est que partielle, on ne peut pas passer à un autre stade. Dans le travail sur l'inconscient, quand on arrive véritablement à la source d'une certaine manifestation et quand celle-ci est vue très clairement, la manifestation en question n'a plus de pouvoir. Mais si nous n'allons qu'à mi-chemin, cette tendance continue à nous manipuler et à nous contrôler.

Swâmi Prajnânpad disait : « C'est au-dessous de ma dignité » de faire telle ou telle chose. Pour lui, tout être humain avait donc une dignité et une noblesse intrinsèques.

Extrait de : Au fait, quel est le problème ? de Lee Lozowick

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samedi 6 septembre 2025

Porte du ciel


" Chaque geste que tu fais peut t’ouvrir ou te fermer une porte. Chaque mot que bredouille un inconnu peut être un message à toi adressé. A chaque instant, la porte peut s’ouvrir sur ton destin et, par les yeux de n’importe quel mendiant, il peut se faire que le ciel te regarde. L’instant où tu t’es détourné, lassé, aurait pu être celui de ton salut. Tu ne sais jamais. Chaque geste peut déplacer une étoile ".


Christiane Singer - Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?


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samedi 23 août 2025

Flux d'amour

 


« Quand nous entrons en amour, toutes les catastrophes nous guettent.

Pourquoi ? Parce que nous nous leurrons. Nous croyons que l'amour vient de nous être octroyé par la personne que nous aimons - et que cette personne détient l'amour. Or l'amour n'est aux mains de personne. Ni entre mes mains, ni entre les siennes. Il est entre nous. Il est ce qui, entre nous, s'est tissé depuis notre première rencontre, ce que l'espace insaisissable entre nous a engendré et continue d'engendrer d'instant en instant. Une œuvre fluide et perfectible à l'infini.»

Christiane Singer - N'oublie pas les chevaux écumants du passé 

Marc Chagall - Les amants bleus (1914)

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samedi 16 août 2025

Concave et convexe

 

il y a un envers à l’endroit
un convexe au concave
un face a un pile

cela va de soi ?
pas tant que cela
l’envers de l’endroit
s’il est bien su
abstraitement connu
dans son principe
est de fait rarement vu
inconvenante réalité
admise
mais de préférence oubliée
reléguée à ces oubliettes
dont on sait qu’elles existent
mais aux abords desquelles on évite de passer
de peur que s’en échappe quelque pleur et grincement de dent
comme la guerre là bas
loin
certes redoutée
mais pas encore assez proche pour être éprouvée
comme l’abattoir ou l’élevage en batterie
dont l’ombre plane au dessus de l’assiette
comme cet hôpital que l’on longe
juste un mur
entre la danse des bien portants
vaquant à leurs affaires
et les lits de douleur
les corps crucifiés
Les gémissements
la peur nue
comme le mouroir rempli de vieillards hébétés
au fond de ce charmant jardin
devant lequel les parents futurs résidents
poussent dans leurs landaus ceux là même qui
dans un avenir inimaginable
les y placeront vaguement coupables
à l’autre bout du chemin
de cette jeunesse riante en terrasse
la vieillesse non accueillie
la détresse étonnée
devant le passage éclair du temps
ce temps
qui dans l’instant n’existe pas
et pourtant explose à la face
de qui ne s’est pas tout au long du chemin
activement souvenu de l’envers de l’endroit
du convexe du concave
du face du pile

Gilles Farcet

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jeudi 3 juillet 2025

Perception d'âme


 "Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l'aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l'automne, tout le Souffle aimant de l'univers porté par un vol d'oiseaux migrateurs, tous les hauts chants humains montés de la vallée des larmes, tout cela constitue un "ici et maintenant" où l'éternité se ramasse. Cet "ici et maintenant" ne peut rayonner, irradier, faire fleurir et porter fruit, susciter écho et résonance et, par là, prendre tout son sens que s'il est vécu par une âme."

François Cheng- D'une Âme

peinture: Kikuchi Yuichi 1912 - 1993 Print 4 from the series 'Four Aspects of Mount Fuji' 1950


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dimanche 29 juin 2025

20 vérités

 Aujourd'hui, c'est dimanche, mon jour de repos, idéal pour chercher avec toi vingt vérités.


1. De squelette en squelette, avançons, poussant une perle naissante.

2. Je suis une fin qui se demande où elle naît, un but en quête de chemins, et une réponse qui attend ta voix.

3. Ce que le poète ignore, les soleils non plus.

4. Enfouissons nos têtes dans la terre jusqu'à perdre nos frontières.

5. Même si je ne parviens jamais à réaliser ce qui n'est pas, ma récompense est de le désirer.

6. Indifférentes à l'effondrement, les roses exhalent leur parfum.

7. Qui me connaît ? Est-ce que je me connais ?  Un rossignol chante.

8. Sous les nuages ​​immobiles, le vent emporte la ville.

9. Ils partent en quête. Ils viennent en quête. Ils vivent dans leurs pas, étant le chemin.

10. Je transforme ce que je ne peux avoir en guide. Je fais des portes avec mes blessures.

11. Éliminant les détails inutiles, le tourbillon me transporte vers mon centre. Plaisir d'un océan sans rivages.

12. Dans le courant sans fin, comment puis-je posséder un morceau de terre ?

13. Un corps sans présence apprécie les caresses du vent.

14. Un fil secret tisse un collier de mes îles, écoutant le chant d'une déesse aveugle.

15. Tracer un chemin droit dans le chaos, le parcourir tel un oiseau ivre, entrer dans ton temple tel un crapaud en feu.

16. Un voleur sacré a effacé mes reflets. Plaisir de ne plus jamais savoir qui je suis.

17. Goût doux-amer d'un horizon infini. Nostalgie persistante de la fleur future. S'obstiner à continuer d'exister.

18. Nous inventons une tragédie. Vagues d'une mer inexistante.

19. L'attente ne doit jamais finir. Dieu aime ce qui n'arrive jamais.

20. Celui qui me lit existe, je n'existe pas.

Formes infinies d'un seul silence.

Nous embrassons votre âme,

Pascale et Alejandro Jodorowski

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mercredi 18 juin 2025

Croisement du temps

 


La plupart des grandes traditions spirituelles font de l’instant présent une clé de la vie spirituelle.

Chaque instant est certes une fenêtre étroite, mais qui peut devenir un croisement du temps et de l’éternité, de l’horizontal et du vertical. Et qu’est-ce que l’éternité ? peut-on se demander.

C’est la splendeur d’un moment de grâce, l’intensité d’un instant, la qualité d’un acte, la plénitude d’un état.

Jean Proulx, En quête de sens, p. 248-249

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samedi 3 mai 2025

S'asseoir


Tous les matins s’asseoir, non pas pour penser à ses problèmes, ni analyser sa vie, mais simplement pour écouter. Notre quotidien est rempli d’activités et d’obligations. Au milieu de cette effervescence, si nous ne prenons pas le temps de nous poser en silence, loin du téléphone, de l’ordinateur et de toutes les personnes avec qui nous sommes en lien, nous aurons très peu de chance de reconnaître l’immensité de notre être.

Simplement s’asseoir simplifie l’instant et nous ramène à nous-mêmes. Nous pouvons alors observer ce qui nous trouble et nous agite. Nous pouvons respirer avec ce qui nous habite sans avoir besoin de trouver une solution. Dans l’assise, nous réalisons que l’agitation s’apaise dès que l’on cesse de vouloir autre chose que ce qui est là. Nous nous déposons alors dans la substance de l’instant, où nous goûtons le silence et la plénitude de notre être.

L’assise est la pratique spirituelle par excellence. Elle élimine tout pour ne laisser que l’Essentiel. Elle exige régularité et engagement, sinon son pouvoir transformateur ne peut œuvrer.

Tous les matins, on a le choix : soit on entre dans la journée emporté par le mental, ses "je dois" et ses "je veux" ; soit on s’assoit pour s’ancrer dans sa vérité fondamentale. L’assise permet de coïncider avec le réel et libère de l’emprise du mental. Nous réalisons que la vie n’est pas une lutte mais un accord juste qui se vit dans l’instant.

Ce n’est pas tous les jours facile de s’asseoir face à son chaos, face à son envie de fuir, d’être ailleurs, de regarder ailleurs. Mais si tous les jours nous renouvelons cet engagement avec nous-mêmes, une transformation intérieure se produit. Les aléas de la vie nous troublent de moins en moins, nous gagnons en sérénité, stabilité et confiance.

S’asseoir régulièrement, seul ou ensemble, permet de s’affermir et de se soutenir mutuellement dans cette pratique exigeante et profondément transformatrice pour laquelle il faut du courage et de la patience.

~ Nathalie Delay

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mercredi 5 mars 2025

Alléluia...


« Il n'y a pas de solution à ce chaos. Le seul moment où l'on peut vivre ici confortablement, au milieu de ces conflits absolument irréconciliables, c'est celui où on les embrasse tous et qu'on dit : ‘Écoute, je ne comprends absolument rien du tout—Alléluia !’ C'est le seul instant où nous vivons pleinement en tant qu'êtres humains. »

– Leonard Cohen

Photo de Pierre-Paul Poulin



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mardi 18 février 2025

Ephémère


"La plupart des choses ne durent pas : votre ordinateur, votre maison, la nourriture, ou même votre animal de compagnie sont voués à l’obsolescence, au dysfonctionnement, au pourrissement ou à la mort. 

Tout a un temps, et même les roches s’érodent, les montagnes changent de forme, rien n’est éternel, tout est éphémère. Voilà pourquoi il vous faut profiter de chaque chose que vous voyez ou percevez.

Et ce qui vaut pour un objet, un aliment ou une plante d’appartement l’est également (malheureusement) pour les gens que vous côtoyez. Aucun de nous n’est là pour toujours. Aussi, profitez de la compagnie des personnes que vous aimez ou appréciez. Luttez contre les habitudes qui vous empêchent de voir vraiment les gens autour de vous.

Ouvrez les yeux et constatez que tout, autour de vous, est éphémère et jouissez de chaque moment. À la fin, vous pourrez vous dire : « J’en ai vraiment profité, j’ai vraiment vécu ma vie. »

Le magique, c’est poser sans cesse un regard neuf et attentif aux choses et aux gens de votre vie ; chaque jour, chaque heure, chaque instant, prenez conscience que tout est toujours changé, balayé, renouvelé.

En percevant la fragilité des choses, la trame fine et changeante du monde, il est plus facile de comprendre comment il est possible d’influer sur celui-ci.”

Serge Augier, “Traité de Magie Taoïste”

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dimanche 16 février 2025

Vivre l'instant !



Tous les bons manuels de spiritualité vous disent de vivre l’instant. Quelques vrais sages y parviennent et nous font envie.

Beaucoup de monde s’illusionne sur ce terme : vivre l’instant.

La réalité est que nous sommes constamment avec notre passé, et nous nous projetons dans l’avenir qui n’est que la suite du passé-présent.

Alors y a-t-il un mode d’emploi ?

Bien sûr, les sages qui en ont fait l’expérience peuvent vous indiquer le chemin. Mais étudier la carte – même très minutieusement – ce n’est pas faire la route. 

Et la route, on peut la faire de mille façons. En dilettante, façon chemin des écoliers ; au pas cadencé, façon militaire ; ou à côté, façon croyant ; ou en danseuse, façon valse, un pas en avant deux en arrière…

Bref, nous ne sommes que si rarement dans l’instant.


Et puis l’âge avance. Jusqu’à un âge certain, avec les complications inévitables. Et un jour, on s’aperçoit qu’on n’a plus d’avenir. Les douleurs sont celles du présent, et on ne sait de quoi demain sera fait. 

Mystère de la vieillesse : elle nous met dans la situation que l’on a si longtemps recherchée : vivre l’instant.

Mais tout n’est pas gagné pour autant. Nous sommes devant un choix : 

- Se plaindre des douleurs. Et nous retournons au passé.

- Ou déguster l’instant. Remercier du privilège incommensurable d’être sur terre. Quel cadeau de la vie !

Ça, c’est vivre l’instant. Hors temps, hors espace.

Je ne voudrais pas vous faire croire que parce qu’on peut y arriver une fois ou deux c’est dans la poche. À la prochaine souffrance, patatras, tout est à recommencer.

Mais l’avantage de l’âge avancé, c’est que la prochaine occasion n’est jamais loin.

Christian Rœsch

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jeudi 21 novembre 2024

Peut-on saisir l'instant

 Mes chers amis,


Lama Sangpo qui a pris la succession de lama Teunsang au centre bouddhiste de Montchardon était ce Week end en visite au centre bouddhiste tibétain de Genève dont Jean Marc Falcombello est l'enseignant .

Il nous a donné une instruction très simple pour nous aider à méditer : 

"Si je porte mon attention à la pensée, dans l'instantanéité, juste au moment où elle se produit, cela disparaît, cela cesse."

Cette invitation, extrêmement simple est très profonde, car elle nous fait réaliser, si on la pratique vraiment, qu'aucune pensée n'est saisissable, que nos pensées sont semblables à courant dans lequel il n'y a jamais la même eau.

Chaque pensée ne peut être vue que dans l'instant et elle est sans durée. On ne peut donc en faire l'expérience que dans l'instant.

L'instant est le seul moment auquel nous avons accès. Nous n'avons plus accès à avant et nous n'avons pas encore accès à après. Nous ne connaissons que la pensée de maintenant. Et ce que nous percevons dans l'instant, si nous nous en approchons, cela disparaît, comme un mirage dans le désert.

Ce monde de pensée ne serait donc qu'une succession d'instants insaisissables. Quelle est donc la substance des pensées ?

Ne peut-on pas dire qu'elles sont insubstantielles, sans substance individualisable ? Qu'elles sont en essence vides, sans nier leur apparence ? Peut-on en dehors de la méditation rester conscient de cela ?

Nous ne choisissons pas nos pensées, mais les pensées que nous suivons vont être à la base de nos actes. Etre conscient de ses pensées dans l'instant est la base d'une vie avec des actes conscients, des actes dont nous allons progressivement découvrir les conséquences.

Allons-nous favoriser les actes qui font du bien à nous et aux autres, plutôt que ceux qui entraînent de la souffrance ? Lequel de ces deux types d'actes nous permet-il de nous détendre dans le bien-être ?

Dévoiler la nature de nos pensées est un chemin pour dévoiler notre véritable nature et la laisser s'exprimer par son expression naturelle qui est pleine d'amour et de compassion.

Avec ma profonde amitié pour vous tous.

Philippe Fabri

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vendredi 25 octobre 2024

Résistance à l'émotion...

 
Toute résistance à l'instant, à ce qui est là devant toi, provoque un mouvement de recherche en vue de trouver un refuge temporaire, un endroit qui sert à te calmer, ou même une pensée qui te soulage. Les refuges peuvent être mentaux, émotionnels ou physiques. Ils nous semblent sécuritaires. Ils tentent d'apaiser le personnage qui a peur d'affronter la réalité, en masquant celle-ci, en la niant ou en tentant de l'améliorer.

Ils sont le carburant de la machine à rêver. Ils agissent comme des pansements sur vos vieilles blessures, au lieu de vous permettre d'y faire face. Ils empêchent vos émotions de terminer leur route, de se déraciner. La résistance à l'émotion provoque une cristallisation et une densification du personnage imaginaire auquel on s'identifie.

~ Betty Quirion

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jeudi 24 octobre 2024

Derrière le Je...

 


« Si je voulais partager un message avec le monde entier...

Je dirais ne vous inquiétez de rien.

Vous vous en souvenez, vous n'êtes pas ici par accident. Même sous cette forme. C'est juste un costume que vous devez porter pendant un certain temps. Mais celui qui est derrière ce costume, celui-là est éternel.

Si vous le savez et avez confiance en cela, vous ne réagirez pas et n'agirez pas si prématurément.

Vous resterez simplement silencieux et permettrez à votre esprit de revenir gentiment dans votre cœur. Ensuite, vous commencerez à voir à partir de votre état naturel.

Votre cœur est si plein d'amour et de paix.

Vous n'avez pas besoin d'aller en Inde pour trouver la paix, vous n'avez pas besoin d'aller dans l'Himalaya ou dans les Caraïbes pour trouver la paix et le bonheur parce que c'est juste là où vous êtes.

Je veux partager quelque chose avec vous :

Quand vous dites " Je "... Le vrai sens de " Je " c'est la Joie, c'est le Bonheur, c'est la Vie et le Témoin de la Vie.

Toutes les autres choses passent à côté. Comme des nuages ​​dans le ciel. Vous ne voulez pas vous accrocher à aucun nuage, sinon combien de temps cela va-t-il durer? Laissez-les passer. Laissez-les passer.

Quoi qu'il arrive dans la vie, tout va bien.

Soyez simplement Heureux, Heureux, Heureux ! »

~ Mooji

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