vendredi 31 décembre 2010

Famille de ce monde... de Jules Supervielle

Poème pour une fin d'année... et le début d'une autre.

Et des milliers de bourgeons viennent voir ce qui se passe au monde
Car la curiosité de la Terre est infinie.
Et l'enfant naît et sa petite tête mal fermée encore
Se met à penser dans le plus grand secret parmi les grandes personnes tout occupées de lui.
Et il est tout nu sous la pression exigeante de la lumière du jour
Tournant de côté et d'autre ses yeux presque aveugles au sortir de la nuit maternelle,
Emplissant la chambre, comme il peut, de ce vagissement venu d'un autre monde.
Et bien que parachevé, il s'ouvre encore à la fragilité dans ses délicates fontanelles
Tout en fermant très fort ses petits poings comme un homme barbu qui se met en colère.
Et sa mère est une géante bien intentionnée qui se dresse dans l'ombre et l'assume dans ses bras,
Encore stupéfaite d'entendre cette chair séparée qui a maintenant une voix,
Comme un pêcher qui entendrait crier sa pêche,
Ou l'olivier, son olive.
Mais dans l'ombre un sein qui blanchit dessine son cercle auroral
Et des lèvres toutes neuves, à peine finies, et qui ont grande hâte de servir
Tâtonnent à sa rencontre
Jusqu'à ce qu'on entende un petit bruit de la gorge compréhensive
Quand le lait se met à passer de la mère à l'enfant.
Et  la vie va son chemin qu'elle sait ininterrompu
Sous le tic-tac de la pendule
Car le Temps imbibe jour et nuit de son humidité invisible tout ce que nous faisons sur terre.
Mais il ne faudrait pas oublier que le père est dans la pièce
Et sentant à l'instant même sa parfaite inutilité
Il trouve que c'est le moment de regarder par la fenêtre
 Cependant que la grandeur du monde poursuit sa route béante dans une profonde anesthésie,
Et la Terre tourne sans effort comme en pensant à autre chose,
Et la Grande Ourse et Bételgeuse
Montrent leur face inhumaine à la portière du train terrestre
Qui n'a pas l'air de bouger bien qu'il avance toujours,
Et l'univers bien huilé fait moins de bruit
Que les pieds nus de l'enfant qui frottent l'un contre l'autre,
Car l'enfant est encore là, collé au globe maternel.
Montevideo, mars 1944.
1939-1945


Tout savoir sur Jules Supervielle

jeudi 30 décembre 2010

Mandala du flocon de neige (à colorier)

La beauté du flocon de neige est éphémère. 
A peine a-t-on le temps de l'admirer qu'il fond. 
Ainsi va le monde : nos vies changent perpétuellement, mais au fond de nous l'esprit est immuable.

Extrait du coffret "Atelier mandala" de Lisa Tenzim-Dolma aux éd. Solar
Tous les articles sur les flocons de neige

mercredi 29 décembre 2010

lundi 27 décembre 2010

Une jolie pomme avec Joshin Luce Bachoux

Actuellement, je déguste les nombreuses pommes cueillies dans le jardin. Je vous propose, délicatement, avec Joshin Luce Bachoux, d'en déguster une ensemble :

Je regarde la femme qui est de l'autre côté de la table arranger les pommes de terre dans le plat, avec des gestes précis mais tranquilles : elle travaille vite, pourtant sans me donner l'impression de se dépêcher ; elle est attentive, mais reste souriante et détendue. Je me souviens l'avoir vue hier ramasser les derniers haricots avec la même efficacité. Elle avait posé le panier dans la cuisine avec un grand sourire, accepté un verre d'eau et j'avais pensé : « Elle voit vraiment que je suis en train de lui donner ce verre d'eau », et je m'étais sentie remerciée avant même qu'elle ait ouvert la bouche. Sa tâche terminée, elle se redresse, et me sourit.


Nous nous installons dehors, dans les rayons presque transparents d'un pâle soleil d'automne et, curieuse, je l'interroge : «Je vous regarde travailler depuis hier, et je suis impressionnée par la façon dont vous traitez les choses ; est-ce que vous avez toujours fait comme ça ? » Elle rit, et m'explique : «Pas du tout ! Voyez-vous, avant, je faisais tout très vite et n'importe comment, surtout ce qui ne m'intéressait pas trop... comme la cuisine, par exemple ! Je fourrais les choses en vrac, j'essayais d'y passer le moins de temps possible. C'était vrai pour toutes les tâches ménagères, et aussi une grande partie de mon travail : j'attendais toujours d'avoir fini tout ça pour pouvoir faire quelque chose qui me plairait, discuter avec des amis, ou écouter de la musique, ce genre d'activités. Et puis un jour je me suis aperçue que je passais de plus en plus de temps, comment dire, absente, en quelque sorte, indifférente. mais que le temps s'écoulait et ma vie aussi ! C'était comme si je ne vivais plus que quelques heures par jour et que, le reste, j'attendais que cela passe.


J'ai décidé de changer, mais je ne savais pas comment faire. J'ai essayé d'être très présente, consciente de mes gestes, mais cela seul était insuffisant et décourageant, car je me voyais mieux faire tout de travers ! Je vais peut-être vous sembler un peu bête - elle sourit, l'air indécis, pas vraiment sûre d'avoir envie de tout me raconter, mais voyant queje suis tout ouïe, elle poursuit - : un jour je voulais manger une pomme, je l'ai attrapée, j'ai attrapé un couteau, et là, je me suis arrêtée, et je suis restée en contemplation devant cette pomme, une jolie pomme, rouge et jaune... J'ai vu qu'elle sentait bon, qu'elle était tiède et douce, que c'était... - elle hésite encore - comme un cadeau du monde pour moi. Et que je devais respecter ce cadeau, ne pas l'éplucher et le manger à toute vitesse, mais prendre le temps de l'apprécier. J'ai passé presque une heure avec cette pomme ! Et de là, j'ai changé ma façon de faire, je me suis mise à respecter toutes les choses, et, oui, à les aimer.


Au début, j'allais très lentement, j'avais besoin de temps, même si ce n'était pas pratique du tout ! Puis, petit à petit, j'ai réalisé que si je suis dans l'état d'esprit juste, je peux travailler normalement, et même plus vite qu'avant car je suis complètement présente à ce que je fais. Et je suis heureuse de le faire. »
Elle se tait un instant, tourne la tête vers la forêt, et ouvre les mains en me prenant a témoin : « Oh, ça commence avec de très petites choses, juste ce qui est là devant moi, par quoi d'autre pourrais-je commencer? J'appelle cela "prendre soin du monde". »


Et nous, allons-nous essayer aussi de prendre soin du monde ?

Source : "la Vie" novembre 2010

samedi 25 décembre 2010

Miracle de Nöel avec Michel Serres

Ce qui se passe dans le ventre de la femme enceinte dépasse de loin toutes les capacités d’imagination des plus grands savants. C’est le miracle de Nöel selon Michel Serres. Il établit devant Michel Polacco le lien entre foi, science et statistiques. (6'00")




Joyeuse Naissance !


vendredi 24 décembre 2010

Le boeuf et l'âne de la crèche de Jules Supervielle

Voici l'extrait d'un très beau conte de Jules Supervielle que je vous conseille de lire en cette veillée de Noël. J'y joins un extrait audio car ce conte est paru en CD.




(…) L'âne se tient à gauche de la crèche, le bœuf à droite, places qu'ils occupaient au moment de la Nativité et que le bœuf, ami d'un certain protocole, affectionne particulièrement. Immobiles et déférents ils restent là durant des heures, comme s'ils posaient pour quelque peintre invisible.
L'enfant baisse les paupières. Il a hâte de se rendormir. Un ange lumineux l'attend, à quelques pas derrière le sommeil, pour lui apprendre ou peut-être pour lui demander quelque chose.
L'ange sort tout vif du rêve de Jésus et apparaît dans l'étable. Après s'être incliné devant celui qui vient de naître, il peint  un nimbe  très pur autour de sa tête. Et un autre pour la Vierge, et un troisième pour Joseph. Puis il s'éloigne dans un éblouissement d'ailes et de plumes, dont la blancheur toujours renouvelée et bruissante ressemble à celle des marées.  
—II n'y a pas eu de nimbe pour nous, constate le bœuf. L’ange a sûrement ses raisons pour. Nous sommes trop peu de chose, l'âne et moi. Et puis qu'avons-nous fait pour mériter cette auréole ?
— Toi tu n'as certainement rien fait, mais tu oubliesque moi j'ai porté la Vierge.
Le bœuf pense par-devers lui : « Comment se fait-il que la Vierge si belle et si légère cachait ce bel  enfançon ? » (…)
Le bœuf et l'âne sont allés brouter jusqu'à la nuit. Alors que les pierres mettent d'habitude si longtemps à comprendre, il y  en  avait  déjà  beaucoup  dans  les champs qui savaient. Ils rencontrèrent même un caillou qui, à un léger changement de couleur et de forme, les avertit qu'il était au courant.
II y avait aussi des fleurs des champs qui savaient et devaient être épargnées. C'était tout un travail de brouter dans la campagne sans commettre de sacrilège.  Et  manger sans  commettre  de sacrilège. Et manger semblait au bœuf de plus en plus inutile. Le bonheur le rassasiait.
Avant de boire aussi, il se demandait : « Et cette eau, sait-elle ? »
Dans le doute il préférait ne pas en boire et s'en allait un peu plus loin vers une eau bourbeuse qui manifestement ignorait tout encore. 
Et parfois rien ne le renseignait sinon une douceur infinie dans sa gorge au moment où il avalait l'eau. « Trop tard, pensait le bœuf, je n'aurais pas dû en boire. »
II osait à peine respirer, l'air lui semblait quelque chose de sacré et de bien au courant. Il craignait d'aspirer un ange. (…)  

Le pèlerinage intérieur avec Paule Amblard (5/5)

"Pèlerin, cherche toujours le chemin de l'Esprit..."

mardi 21 décembre 2010

Le pèlerinage intérieur avec Paule Amblard (2/5)

"Sur le chemin de la vie, nous ne sommes pas seuls..."
L'importance de chaque pas dans l'existence... Chaque geste est un enseignement...
:


Paule Amblard, historienne de l'art, évoque, dans un récit très personnel, la démarche qui fut la sienne. Alors qu'elle rédigeait son mémoire de maîtrise, sa découverte du manuscrit écrit au XIVe par le moine Guillaume de Diguleville devient le prétexte à un cheminement personnel auquel elle invite son lecteur.

lundi 20 décembre 2010

Le pèlerinage intérieur avec Paule Amblard (1/5)

Pour cette semaine avant Noël, je vous propose de suivre les pas de Paule Amblard. Son livre "Le pèlerinage intérieur" a été présenté il y a deux ans. Paule Amblard nous emmène sur le chemin de libération de son livre et de ses découvertes. Dix ans de travail et de recherche initiatique et d'ouverture du coeur à partager. Bon voyage vers une nouvelle naissance :

dimanche 19 décembre 2010

La vie monastique à l'abbaye d'Oelenberg (3)

La prière du moine est l’œuvre de l’Esprit Saint. C’est Lui qui nous apprend à prier. C’est par la prière que le moine rencontre Dieu, l’écoute, lui parle, accueille son amour et lui répond. C’est par la prière qu’il parvient à se connaître et à se construire lui-même, qu’il comprend et rencontre au mieux les hommes. Pour Dieu et pour le monde, le moine veille donc et prie sans cesse.

samedi 18 décembre 2010

Les moines de l'Abbaye d'Oelenberg (2)

Nous poursuivons notre découverte de l'abbaye d'Oelenberg et de ses moines :


La devise de saint Benoît, "Pax" – Paix, se reflète sur le visage de ceux dont le cœur désire la seule vie en Dieu. Les mots d’ordre de la Règle résument l’activité des moines : "Ora et labora" – Prie et travaille. La prière est le lieu de la rencontre avec Dieu : prière liturgique communautaire, et prière personnelle, elle est le cœur de la vie du moine. Elle est soutenue par la Lectio divina – lecture spirituelle, surtout des Saintes Écritures, dans lesquelles le frère rencontre le Christ et approfondit le mystère de Son amour. Chaque frère se voit confié un travail, manuel de préférence, qui permet à la communauté d’assurer sa subsistance...

vendredi 17 décembre 2010

Un an auprès de moines cisterciens (1)



Le monastère est un lieu où est affirmé, vécu en communauté, le sens ultime de la vie. Les moines cherchent Dieu et marchent à la suite du Christ dans une communauté stable, école de charité fraternelle. Notre communauté de 14 frères vit selon la Règle de saint Benoît. Le Père Abbé, Dom Antonio, est chargé de mener ce petit troupeau sur les bons pâturages et de veiller à ce que le monastère soit une véritable « école du service du Seigneur » en laquelle chacun progresse sur le chemin de l’amour.


site de l'abbaye d'Oelenberg

jeudi 16 décembre 2010

Boris Cyrulnik et Mourir de Dire

« J’ai longtemps cru que la honte était provoquée par un acte inacceptable dont on aurait pu faire un barème, allant de la petite honte à la mort de honte. Je découvre que ce sentiment naît dans la signification que notre contexte culturel et notre histoire intime attribuent à ce fait. Je remarque que la honte n’est pas une émotion pure comme la colère ou la joie, c’est un sentiment mêlé où l’on « s’écrase » parce qu’on se représente soi-même comme un ver de terre méprisable. Et pourtant, dans le même mouvement, on pense qu’il est moral de se laisser écraser pour ne pas écraser les autres et que l’on peut même être fier de cette douloureuse moralité.
Je connais des substances qui provoquent des rages sans objet. Je connais des liqueurs qui apportent l’euphorie des bonheurs sans raisons. Mais je ne connais pas de produit qui induisent la honte parce que ce sentiment naît toujours dans une représentation, dans le secret de mon théâtre intime où je mets en scène ce que je ne peux dire, tant je crains ce que vous allez en dire. »


Dans son nouveau livre,"Mourir de dire : La honte" le neuropsychiatre Boris Cyrulnik explore le théâtre intime de la honte : honte d’être trop gâté par la vie ou honte d’être trop pauvre, honte de ce qu’on a fait ou de ce qu’on n’a pas le courage de faire. Sans oublier la honte des survivants de crimes de masse, ou la honte des personnes victimes d’abus sexuels. Avec toujours cette interrogation : comment ne pas s’enfermer en elle comme dans un terrier ? Comment la dépasser ?

mercredi 15 décembre 2010

La révolution d'un coeur de Didier de Amorin

Didier de Amorin, pour ceux qui le connaissent, vient de publier un livre : Rock n'roll Love and God
"La quête du succès pour un musicien aujourd’hui peut parfois prendre des allures de quête du Graal. Un Graal intérieur puisque, bien au-delà de la réussite matérielle, c’est vers une réconciliation intime que les méandres de son parcours de musicien et d’homme vont, petit à petit et parfois malgré des apparences désespérantes, le mener...

Bien avant d’être écrivain, Didier de Amorin est musicien de rock. Batteur de formation et également auteur-compositeur autodidacte, il a nourri deux quêtes tout au long de son existence qui, au-delà des apparences, n’en font qu’une : artistique et spirituelle.


En 2009, il fonde Frog’s Kiss, un groupe de pop-rock, avec Franck Giambelluco. Ensemble, ils produisent un premier album-CD de 13 titres intitulé "Woman’s Heart"
.

mardi 14 décembre 2010

Etre en paix par Eckhart Tolle

«Être en paix et être vous-même, c'est-à-dire être ce que vous êtes, sont une seule et même chose.
L'ego dit: "Peut-être à un moment donné dans l'avenir, 
je serai en paix... si ceci ou cela se produit, ou si j'obtiens ceci ou cela, ou si je deviens ceci ou cela."
Ou bien l'ego dit: "Je ne peux jamais être en paix à cause de quelque chose qui s'est produit autrefois".
Si vous écoutez ce que les gens racontent, leurs histoires pourraient toutes s'intituler
Pourquoi je ne peux pas être en paix maintenant. 
L'ego ne sait pas que la seule occasion d'être en paix,
c'est maintenant. 
Ou bien il le sait et a peur que vous le découvriez. 
Après tout, la paix, c'est la fin de l'ego.»
– Eckhart Tolle,


Source photo

lundi 13 décembre 2010

La roue de lumière

La roue est le cercle en mouvement. Symboliquement, on associe la roue au cercle et surtout à sa division en plusieurs sections. La rotation de la roue engendre les cycles, les recommencements et les renouvellements. Elle appartient à l'ordre du devenir, du périssable et du créé. La roue n'est pas un symbole exclusivement solaire. Elle constitue un symbole du monde dans son unité, avec son principe en son centre et son expression en sa circonférence. Elle décrit l'univers dans son mouvement alternatif entre le centre et la périphérie. En effet, le principe contenant le tout, tout en émane et tout y retourne. La forme la plus répandue de la roue est une roue à six ou huit rayons, notamment dans les traditions hindoue et celtique. La roue à quatre ou huit rayons, comme la rose des vents, est une figure géométrique qui indique à l'origine les quatre points cardinaux et les huit vents. La roue à six rayons correspond au développement du principe originel dans les quatre directions du plan horizontal (points cardinaux) et les deux directions de l'axe vertical (zénith, nadir).


Dans la symbolique chinoise, la roue est caractérisée par son centre, le moyeu immobile autour duquel tout l'univers est en mouvement.
"Trente rayons convergent au moyeu
Mais c'est le vide médian
Qui fait marcher le char. "
Lao Tseu, Tao Tö King, chapitre 11




Dans le bouddhisme, la roue de la loi contient les grandes lois de la nature et l'enseignement du Bouddha, lui-même contenu dans les huit chemins du noble sentier octuple. Lorsqu'il est « celui qui fait tourner la roue », le Bouddha est appelé Chakravartin, la roue en sanskrit se disant chakra.


Les rosaces de nos cathédrales gothiques reprendront quelques siècles plus tard ce symbolisme du mouvement et de la lumière. Elles figurent la perfection du mouvement de la création et de son devenir. Car l'univers est comme une roue en perpétuel mouvement.


Source : Symbolisme de la croix de Brigitte Boudon

dimanche 12 décembre 2010

Chants de l'extase du 12ème siècle

Il y a longtemps que je ne vous ai pas proposé de musique, alors pour ce troisième dimanche de l'Avent, voici du chant grégorien du 12ème siècle :
Hildegarde recevant l'inspiration divine, manuscrit médiéval


Extraits de CD dont Hortus Deliciarum : Aux côtés des pièces de ces deux femmes remarquables qu'étaient Hildegard von Bingen et Herrade de Landsberg, Brigitte Lesne a rassemblé un ensemble d'oeuvres de la même période...


Chants de l'extase (45 min)



samedi 11 décembre 2010

Pensez avec votre peau

Selon la façon dont vous considérez les choses, la peau est la surface extérieure du cerveau, ou bien le cerveau est la couche la plus profonde de la peau.

Cette affirmation, bien qu'elle semble à première vue absurde peut pourtant être facilement prouvée en observant attentivement le développement de l'embryon. Comme vous le savez, vous commencez par être un petit groupe de cellules blotties tout au fond de l'utérus de votre mère. Dès les premiers jours après la conception, ces cellules commencent à se diviser en trois couches distinctes qui constitueront plus tard votre corps. L'endoderme produira vos organes internes (appareils digestif et respiratoire), le mésoderme formera les muscles et le tissu conjonctif, et l'ectoderme formera le système nerveux et l'épiderme.


Au fur et à mesure que les cellules de l'ectoderme se développent, elles se transforment petit à petit en votre cerveau, votre moelle épinière, vos nerfs et votre peau, qui forment donc véritablement un tout. Votre peau  "pense" autant qu'elle sent, et votre cerveau "sent" autant qu'il pense. Ce sont deux parties du même tout. Et ce tout se développe dès un très jeune âge : à six semaines, avec une taille inférieure à 2 cm, le petit embryon peut déjà a sentir la lumière, toucher sa lèvre supérieure.

Source : Les Massages pour Les Nuls

Source image : Musée des Beaux Arts de Dunkerque

Le poète avec Alfred de Musset

LE POÈTE


Puisque l'oiseau des bois voltige et chante encore
Sur la branche où ses oeufs sont brisés dans le nid ;
Puisque la fleur des champs entr'ouverte à l'aurore,
Voyant sur la pelouse une autre fleur éclore,
S'incline sans murmure et tombe avec la nuit,


Puisqu'au fond des forêts, sous les toits de verdure,
On entend le bois mort craquer dans le sentier,
Et puisqu'en traversant l'immortelle nature,
L'homme n'a su trouver de science qui dure,
Que de marcher toujours et toujours oublier ;


Puisque, jusqu'aux rochers tout se change en poussière ;
Puisque tout meurt ce soir pour revivre demain ;
Puisque c'est un engrais que le meurtre et la guerre ;
Puisque sur une tombe on voit sortir de terre
Le brin d'herbe sacré qui nous donne le pain ;


Ô Muse ! que m'importe ou la mort ou la vie ?
J'aime, et je veux pâlir ; j'aime et je veux souffrir ;
J'aime, et pour un baiser je donne mon génie ;
J'aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie
Ruisseler une source impossible à tarir.


J'aime, et je veux chanter la joie et la paresse,
Ma folle expérience et mes soucis d'un jour,
Et je veux raconter et répéter sans cesse
Qu'après avoir juré de vivre sans maîtresse,
J'ai fait serment de vivre et de mourir d'amour.


Dépouille devant tous l'orgueil qui te dévore,
Coeur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé.
Aime, et tu renaîtras ; fais-toi fleur pour éclore.
Après avoir souffert, il faut souffrir encore ;
Il faut aimer sans cesse, après avoir aimé

Extrait de la Nuit d'Août d'Alfred de MUSSET  (1810-1857)
Joris K est photographe de paysage de montagnes et collines. Je vous conseille d'aller voir ses photos magnifiques

vendredi 10 décembre 2010

Commerce équitable et multinationales

Le logo Max Havelaar sur des barres chocolatées. Est-ce du kit ? Et quelle tactique d'achat adopter ?

jeudi 9 décembre 2010

Neurophilosophie

Quelques expériences sur la construction de notre représentation de soi :


mercredi 8 décembre 2010

Et moi et les autres... avec Joshin Luce Bachoux

Bonheur ? Bonheur ! Jusqu'à récemment, si l'on m'avait demandé quel sens avait ce mot pour moi, j'aurais été bien ennuyée pour répondre. Un petit goût de Bibliothèque rose ? Une illusion tenace :
« Un jour, mon prince viendra... » ? J'y aurais même vu, je crois, un côté assez égoïste : un renfermement sur soi, un cocooning - je suis bien entourée, j'ai tout ce qu'il me faut, ne me dérangez pas, merci...
Puis, en feuilletant un des livres du dalaï-lama, mon regard s'est arrêté sur cette idée incongrue : « l’égoïsme altruiste ».


Je comprends - et pratique ! - l'égoïsme : je recherche ma propre satisfaction, sans toujours me soucier des autres : je me fais souvent passer avant eux. Or, l'altruisme est de faire passer les autres d'abord. Comment serait-il possible de faire les deux en même temps ? Cela me semble impossible, dans ma vie, c'est ou moi, ou l'autre ! Pourtant, je vois que cette opposition implique un postulat si évident qu'il n'apparaît pas à première vue : je pose que « moi » et « les autres » non seulement ont des buts différents, mais sont fondamentalement séparés...


Et si une autre configuration existait ? Hier, devant la pauvre mine des fleurs qui bordent la fenêtre, je suis allée chercher l'arrosoir. Cela a profité aux fleurs - elles étaient resplendissantes dans le soleil ce matin - et m'a donné à moi à la fois la joie de les voir épanouies, et le vague et réconfortant sentiment d'avoir fait ce que je devais faire... Les deux côtés avaient profité également de mon geste... De plus, si je regarde un peu plus loin, ces fleurs vont attirer des abeilles... Voilà un peu de ma contribution au miel du petit déjeuner... Plus tard, les graines attireront les oiseaux, qui dissémineront en même temps les graines du potager, et voilà un peu de ma contribution à la nature en général... Au déjeuner, je mangerai certains de ces légumes ; d'autres graines, emportées plus loin, seront cultivées, et les légumes cueillis, acheminés, vendus... Voilà un peu de ma contribution à l'économie en général !


Je souris, bien sûr, mais il n'empêche que si, comme on le dit, «le battement d'une aile de papillon, de conséquence en conséquence, peut provoquer la pluie à l'autre bout du monde », alors, moi aussi je suis reliée à tout ce qui existe. Dans ce cas, que reste-t-il de cette question : moi d'abord ou les autres ? Arrosant mes fleurs, je me fais plaisir tout en apportant un bénéfice au monde entier ! Je peux peut-être trouver un chemin dans lequel « moi » et «les autres » iront dans la même direction, celle du plus grand bonheur pour les deux.


Mais alors, demande un esprit malin, il n'y aurait pas de don désintéressé ? Si, par « désintéressé », on entend une action qui n'aurait aucune conséquence sur moi, comment cela est-il possible ?
Si je ne suis pas un atome séparé du reste mais une partie du tout, rien de ce que je fais ne peut me rester extérieur ; je peux donc agir en toute bonne conscience à la fois pour moi et pour les autres : il n'y a plus de différence !


Il me reste, point crucial, le choix de l'action. Je sais ce qui peut m'apporter le contentement, la satisfaction ou la joie, mais qu'en est-il du bonheur ? Le dalaï-lama poursuit :
« Rendre les autres heureux, voilà ce qui nous apporte le véritable bonheur »... Le bonheur était là, pas dans le pré, mais à portée de main, de cœur, ni altruiste ni égoïste, ou bien à la fois altruiste et égoïste !

Voir tous les articles de Joshin Luce Bachoux

Egalement son livre :
Journal de mon jardin zen

mardi 7 décembre 2010

lundi 6 décembre 2010

Les plantes, des remèdes pour l'hiver (1/2)

Quelques conseils pour passer l'hiver en bonne santé (même si l'hiver s'est déjà annoncé) :

dimanche 5 décembre 2010

samedi 4 décembre 2010

Insécurité fondamentale avec Alexandre Jollien

Le thème de la sécurité a envahi les kiosques, les plateaux TV et l'esprit de chacun. Il me convie aujourd'hui à interroger cette soif de confort et de stabilité que je débusque au fond de mon cœur. Férocement, je voudrais que mon avenir soit assuré, boulonné, que ma carrière suive son cours et surtout que mes enfants me survivent. Pour cela, je suis prêt à tout ou presque. Il est même des soirs où je me surprends à éprouver une joie proche de la béatitude parfaite, lorsque je ferme à double tour la porte de mon appartement. À ce moment, les êtres chers sont provisoirement protégés, bien au chaud, à l'abri de toutes les menaces qui agitent le vaste monde. Instinct de conservation sans doute, mais plus encore, sentiment de vulnérabilité et donc, volonté de tout maitriser viennent me tirailler.

Il peut être fécond et libérateur de m'attarder quelque temps sur l'incertitude fondamentale que je ressens et considérer la précarité de l'existence qui se rappelle sans cesse à moi. Ainsi, la nouvelle d'une catastrophe à l'autre bout de la terre me place devant la fragilité de ma condition. C'est elle que l'on tente d'oublier au cœur du divertissement. Pour la dissimuler, certains en viendraient presque à traverser les océans. Comble du paradoxe ! Que faire de la faiblesse logée au cœur de notre vie ?

D'abord convient-il de l'écouter, de l'entendre. Osons donc demeurer quelques instants face à face avec l'impuissance, sans rien faire, sans agir. Juste être là et contempler. Quand les réflexes, les peurs, les stratégies de défense et les mille et un calculs nous portent à fomenter des plans d'attaque, il sied peut-être de nous risquer à la reddition, à l'absence de combat. Dans l'Anthropologie du point de vue pragmatique, Kant évoque la manie de l'honneur, celle de la possession et celle de la domination. Toutes trois disent assez bien comment l'homme peut s'égarer dans une quête effrénée d'une illusoire sécurité. Briguer les honneurs et la reconnaissance, n'est-ce pas s'évertuer à mendier à bas prix quelque assurance, l'importer du dehors ? S'efforcer de devenir quelqu'un de solide, de grand, de puissant, d'honorable, bref plaire à une opinion par essence versatile ? Posséder ne revient-il pas à demander à l'avoir, haut lieu de l'éphémère, une stabilité que tous les coffres-forts du monde ne pourront jamais offrir ? Et que dire de la domination, de cette volonté d'utiliser autrui, de faire de l'autre un serviteur, un garde du corps, un protecteur en somme ? Et il faut s'aliéner, se rendre dépendant de nos sauveurs pour jouir de cette vaine tutelle. Et le maître devient l'esclave selon une dialectique bien connue.

Ces manies et le reste, bref le chaos qui peut agiter un cœur, ne font qu'accroitre le sentiment aigu de notre vulnérabilité. Le refouler, le nier, c'est se priver d'une heureuse cohabitation avec l'incertitude. Alors, au lieu de fourbir des armes, de construire maintes carapaces, l'œuvre d'une vie pourrait s'épanouir sur d'autres chantiers : trouver la paix dans l'insécurité, la découvrir dans les hauts et les bas du quotidien. Cette paix comme la joie inconditionnelle ne s'obtiennent pas ailleurs, dans un monde parfait, mais ici, en pleine difficulté, dans le doute, avec les blessures. Oui, de notre fragilité, contre toute attente, peuvent naître des ressources inouïes. Et la vraie force revient à s'appuyer sur la précarité pour aller, sans bagage et sans armure, nu sur les chemins de l'existence.

Alexandre Jollien (La Vie _ novembre 2010)

vendredi 3 décembre 2010

fibres et viscose de bambou

Utilisation de produits toxiques... La réalisation de produits en bambou n'est pas toujours écologique.
La viscose de bambou provient-elle du bambou ?






Une sensibilisation à l'utilisation de fibres de bambou lorsqu'elles sont collées (présence d'acide acétique et de COV) et découverte de la société Ekobo

mercredi 1 décembre 2010

Lee Lozowick ou le barde éveillé

Lee Lozowick, un barde éveillé par Marc de Smedt

Lee Lozowick vient de mourir. Cet instructeur spirituel américain, disciple d’un grand yogi indien, poète et chanteur de rock, était reçu en France chaque année par Arnaud Desjardins dans le cadre de son ashram d’Hauteville. Nous avions participé à l’une de ces rencontres en 1992 . Y assistait un autre grand disparu, Yvan Amar. Voici ce que nous en écrivions à l’époque et quelques extraits des interventions de Mister Lee. In memoriam.

Réunion de gourous, description de la scène. Nous sommes à la campagne dans une grande salle blanche, moquetée de beige. Au fond, quatre fauteuils confortables. Des micros, du matériel d’enregistrement. Et puis trois à quatre cent personnes assises par terre, devisant avec gaieté. Visages ouverts, tous les âges, un public de qualité, capable de rire aux éclats à l’histoire racontée hier par un soufi qui passait par là lui aussi et qui leur dit : "autour d’un maître il y a trois cercles. Le cercle intérieur, le cercle médian et le cercle extérieur. Le premier cercle, tout proche du maître, est celui des idiots. Le deuxième cercle est formé de ceux qui veulent devenir idiots. Le troisième cercle, lui, se compose de ceux qui vont et viennent, libres". Une porte au fond s’ouvre, la salle se lève, les voilà qui entrent. Chandra Swami, hiératique, belle tête à cheveux et barbe blancs, traditionnellement d’orange vêtu, Arnaud Desjardins très droit en complet veston clair, Lee Lozowick en jogging gris, petite barbe, cheveux serrés en catogan. Yvan Amar prononce quelques mots d’accueil, et annonce que la salle peut poser des questions aux rishis ici présents : "toutefois, précise-t-il, profitez de la rare présence de Lee Lozowick, authentique Baul d’Occident (fou de Dieu) pour lui demander de vous donner le vin divin, de vous donner à boire, de vous donner soif".
Mister Lee : voici ce curieux personnage présenté par Gilles Farcet dans son ouvrage "L’homme se lève à l’Ouest" paru chez Albin Michel ; chef de communauté, parolier et chanteur d’un groupe de rock, il est aussi considéré comme un maître d’éveil aux U.S.A. Cet homme apparemment frêle, au visage très mobile, avec un magnifique sourire et des yeux bleu perçants, fut la véritable révélation de cette journée. Arnaud Desjardins lui-même, qui intervint succinctement et en contrepoint quand on le lui demandait, m’avoua avoir été impressionné par la force et la qualité de ses réponses. Quant à Chandra Swami, qui a fait vœu de silence depuis une vingtaine d’années (il répond aux questions en inscrivant ses réponses sur un bloc de papier ensuite lu à l’assemblée), la puissance de sa présence sereine donnait le La.

Voici donc quelques paroles de Mister Lee glanées la journée durant :

Aux Etats Unis, lorsqu’un enseignant s’avère non conformiste, au mieux on le néglige complètement et, au pire, il devient célèbre.


Les éléments les plus forts de la transmission de la sagesse ne sont pas ceux qui apparaissent comme linéaires ou évidents. La musique peut être un élément de transmission, même sous forme d’un rock n’roll apparemment grossier.


Il semblerait que même la bonne musique puisse être rendue négative par celui qui la joue. Et une musique de rien peut devenir une musique thérapeutique suivant celui qui la joue.


Mon maître [Yogi Ramsuratkumar] se considère comme un mendiant et rit tout le temps. Il vit en Inde dans une masure dont un des murs est un miroir public. Quand on le qualifie de grand yogi ou de saint, il se met en colère ou jette des pierres.


Si tu montres trop de squelettes de chameaux à quelqu’un, il n’en reconnaîtra pas un quand il le verra vivant (Nasrudin).


Il ne s’agit pas tant d’abandonner son orgueil que de devenir responsable de ce que l’on a reçu.


Il faut déplacer sa vision et offrir sa fierté à Dieu.


Il y a assez de problèmes dans le monde pour que nous ne nous préoccupions pas de nos propres problèmes.


Si notre vision est juste, elle ne produit plus de manifestations inutiles au divin.


Il est possible que la race humaine toute entière ne soit qu’une plaisanterie que Dieu a faite aux dépends du diable.


L’intensité est nécessaire au chemin. Mais un excès d’intensité nous détourne de notre but au lieu de nous y mener.


Pourquoi ne pas essayer de faire disparaître l’ego à force de rire ?


Mon fils écoutait de la musique auprès de laquelle le hard rock paraît doux, il s’adonnait aux drogues dures, avait les pires amis et des problèmes de violence pour pimenter le tout. Aujourd’hui il est marié avec une magnifique jeune femme, il est papa de beaux bébés... Je crois que les enfants finissent par percevoir les vibrations positives de leurs parents, si ceux-ci en ont. Nous avons tous besoin de grandir, et dans ce processus nous traversons des moments difficiles. Les enfants s’identifient tôt ou tard au modèle le plus intense : si votre modèle spirituel est authentique, sincère et fort, vos enfants finiront par en prendre de la graine. Tôt ou tard. En attendant il faut éviter les conflits et luttes à l’adolescence et continuer à écouter de façon ouverte votre enfant.


On croit qu’il faut élever les enfants suivant notre mode de pensée : c’est la meilleure façon de les faire fuir. C’est ce que nos parents ont voulu faire de nous : regardez le désastre ! (rires)


On ne sait pas quand l’enseignement va produire un changement, mais s’il est bon, il produit le changement.


L’une des plus grandes forces dans le domaine de la relation c’est de simplement écouter et bénir, bénir sans paroles, avec son cœur.
Les gens croient que pour donner une bénédiction il faut être le représentant de Dieu : mais nous sommes des représentants de Dieu et, en un sens, l’essence même de cela. Quand je dis bénir, j’entends qu’il faut souhaiter intérieurement à la personne paix de l’esprit et santé, en rester à des vœux très simples, très positifs.


Ne pas vouloir se contenter de quoi que ce soit de moins que l’absolu : telle est mon obstination d’instructeur et d’élève.


Vous savez comment sont les gens : ils veulent à tout prix s’occuper de leur maître. Et si quelqu’un, à un moment donné ou à un autre, manifeste un comportement qui ne correspond pas à l’idée qu’ils se font de la façon dont il faut s’occuper de leur maître, cela leur déplaît profondément (applaudissements et rires).


Un de mes amis instructeurs m’a dit un jour que la seule différence entre lui et ses élèves était dans le fait que lui n’avait pas peur de sa peur. Je ne crois pas que la peur disparaisse : qu’elle nous serve donc d’outil à l’éveil de soi.


Mon maître exprime ses demandes en silence et sur la profondeur de sa bénédiction. Je n’ai pas autant de patience et je n’arrête pas de me défouler sur mes étudiants en les secouant, les rabrouant, les poussant de toutes les manières possibles.
Pourquoi essayer de transmettre des choses compliquées aux gens quand ils ne peuvent même pas appliquer des choses simples ?


Je n’hésite pas à conseiller à certains, qui n’y arrivent pas, d’aller voir des psychothérapeutes. Mon maître ne fait pas cela : ou bien les gens s’équilibrent ou bien ils s’en vont d’eux-mêmes.


Un dicton dit qu’il est difficile de guérir si l’on ne s’aperçoit pas qu’on est malade. La maladie dont souffrent de façon générale les humains, c’est l’illusion de la séparation. Nous croyons être séparés de Dieu.


Les gens considèrent l’abandon comme une chose agressive envers soi-même : les gens parlent de contrôler les émotions en termes de force. Mais tout cela est encore l’ego qui ne veut pas relâcher son étreinte. L’idée de ne rien faire, de lâcher prise est au contraire une action douce : si quelqu’un pleure de compassion, quoi de dérangeant pour Dieu ?


Il faut toutefois faire attention à ce que des notions romantiques ou sentimentales de la spiritualité n’interfèrent pas avec les responsabilités familiales et sociales. En Amérique tout le monde veut planer (get high), monter de plus en plus haut, et à ce moment là Dieu devient une sorte d’excuse pour ne pas faire face à ses responsabilités. Le jaillissement des émotions vient-il d’une envie inconsciente de fuir et d’éviter les responsabilités ou est-ce quelque chose d’authentique ?


Les livres à lire

Source : site "Clés"


Pour information, il y aura un temps de célébration en mémoire de Lee Lozowick, ce dimanche en Belgique. Ce sera une méditation de silence suivie d' un partage.

mardi 30 novembre 2010

Les racines croissent avec gravité...

Je lisais, dans "La prodigieuse aventure des plantes" de Jean-Pierre Cuny et Jean-Marie Pelt, que "la plus formidable, la plus incroyable invention qui ait jamais vu le jour" est celle de la photosynthèse... Sans la plante, nous ne serions pas. "...on peut dire que les plantes sont pensées par l'évolution, au moins autant que les animaux, et comme eux remaniées, perfectionnées, avec une obstination et un génie que les botanistes, jusqu'à présent, n'ont guère su nous décrire qu'en latin."
Voici la base des plantes : la racine



Tirée du beau livre de Claire Lhermey, une page sur les racines oubliées :

chervis, panais, maceron et raiponce

lundi 29 novembre 2010

dimanche 28 novembre 2010

Le buisson ardent avec Philippe Mac Leod

Réchauffons-nous auprès du feu des mots de Philippe Mac Leod :

Habituellement, nous projetons en Dieu les contours les plus sommaires de notre psychologie, alors qu'il se donne comme l'horizon de notre personne humaine. Je veux dire par là que nous ne nous comprenons bien qu'à la lumière de sa transcendance, en découvrant les liens qu'elle entretient avec ce que nous sommes au plus profond, en concevant enfin la personne comme une intimité et non plus comme une individualité.

Pour mieux l'entendre, je t'engage à fermer les yeux un moment, comme on prend du recul, et à descendre avec ton esprit à l'intérieur de ton cœur pour tenter d'approcher ce qui nous définit ou nous distingue comme personne : non pas une volonté, une raison, qui restent l'individu, encore moins les pensées qui tournoient sous la voûte de ton crâne et qu'il te faut écarter comme les feuilles coupantes d'une forêt vierge ; non plus seulement cette conscience vague dans laquelle nous baignons, mais plus loin, plus au fond, plus clair et plus aigu, quand le sentiment de soi s'affine dans le silence du recueillement, ce vibrato, ce chant de source, à la fois changeant et immuable, immobile et fuyant, cette note longuement tenue, ce murmure universel qui nous traverse de part en part, ce sentiment d'une rare pureté de l'être que nous sommes, ici et maintenant, et qui ne peut surgir qu'en parvenant à notre extrême singularité – oui, cette intériorité de plus en plus ouverte à mesure qu'elle se creuse et qui sonne comme l'alpha et l'oméga de toute chose.

C'est bien là, au plus secret, au plus désert de moi-même que j'entends retentir le nom de Dieu, comme Moïse dans le buisson qui brille sans jamais se consumer et lui murmure ce «Je Suis» que nous pouvons expérimenter en chacun de nous, dans un silence d'une acuité qui illumine notre conscience la plus intime, d'une densité qui fait d'elle un feu palpitant, une flamme qui brûle et s'élève éternellement à l'intérieur de chaque être. Aucune image de soi ne résiste à cette révélation d'une présence nue, éclatante, qui fait que les choses sont, en les habitant, en les enveloppant, une présence qui dans le même temps ouvre l'espace du monde où nous pouvons à notre tour la rejoindre. « Je suis celui qui suis. » « Je suis "Je suis". » Il nous faut ramasser toute notre existence pour entendre ce nom, pour l'entendre résonner et réveiller l'être que nous sommes. Et c'est là que nous-mêmes devenons une personne, à son image et ressemblance, autrement dit une présence, une intimité, comme s'il était donné à chacun de porter l'intérieur du monde - et en vérité il n'est pas d'autre sens à l'intériorité humaine, en vérité il n’est pas d'autre trésor que cet immense et fragile sentiment de soi.

Comprends-tu maintenant ? Ce que nous appelons « l'amour de Dieu pour les hommes », qui se manifeste en plénitude dans l'incarnation, n'est autre que le murmure de son nom qu'il nous souffle éternellement, le feu de sa présence éternelle qui ne cesse de monter du foyer de notre conscience, pour peu qu'elle sache suspendre un moment son activité, se déchausser et s'agenouiller. Il ne nous aime pas extérieurement, occasionnellement, comme nous-même le faisons, mais intérieurement - d'un mot savant, je dirai : ontologiquement -, c'est-à-dire par son être et par l'être que nous sommes, en nous communiquant, nous transfusant sans cesse sa vie, en l'engendrant, en la multipliant, et c'est bien ce flux, son passage à travers nous, la joie, la plénitude qu'il laisse dans son sillage, que nous nommons « amour ».


Voir un portrait de Philippe Mac Leod

Source : La Vie - novembre 2010

samedi 27 novembre 2010

De nos maladies, la plus sauvage c’est de mépriser notre être.

Montaigne

Apocalypse avec Jean-Yves Leloup (5/5)

Apocalypse : que fait-on de nos échecs ?
L'apocalypse, un texte biblique difficile d'accès, au genre littéraire bien particulier, mais qui convient bien à une interprétation archétypale, chère à Jean-Yves Leloup. L'Apocalypse regorge de symboles que Jean-Yves Leloup a décortiqué pour saisir dans les personnages, les situations une interprétation qui nous touche aujourd'hui dans notre vie au jour le jour.
Partie 5 (~20 min.)



Voir le site de Jean-Yves Leloup