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dimanche 25 février 2024

Dans l’énergie du printemps, allégeons et dépoussiérons nos intérieurs


Dans la maison comme dans la nature, la nouvelle saison s’annonce par un grand nettoyage, une régénération du corps et de l’esprit pour mieux accueillir la vitalité montante. Un coup de fraîcheur revigorant qu’il nous faut préparer. (Par Élisabeth Marshall)

Avec le retour de la lumière me vient depuis quelques jours des envies de ménage et de renouvellement. Des envies d’ouvrir grand les fenêtres, de dépoussiérer les meubles, de dégager l’espace et la vue, de nettoyer les recoins et d’alléger mon intérieur. Comme une cure de rajeunissement pour la maison et pour l’esprit. Repousser définitivement les derniers miasmes de l’hiver, débusquer les coins d’ombre et me laisser porter par l’énergie du printemps qui monte.

On associe depuis toujours, et dans toutes les cultures du monde, le printemps à une forme de nettoyage et de régénération, de la nature comme de l’humain. La saison contient en germe un bouleversement et une vie à l’état brut qu’il nous faut être prêts à recevoir. Tandis que le ciel se lave à grandes eaux de soudaines giboulées, la tradition et le bon sens invitent l'humain à s’alléger par le jeûne et le repos digestif. À se libérer des « stocks » de l’hiver pour remettre son corps en mouvement et au jardin. Une invitation pour la médecine traditionnelle chinoise à nous « mettre au vert », et ce dans une merveilleuse synchronicité avec la nature : au moment où l’on s’attache par la verdure à régénérer le foie, les talus se couvrent de feuilles de pissenlits aux vertus nettoyantes.

L’élan des nouvelles énergies

Pour cette approche taoïste de santé, la saison printanière a débuté dès le mois de février, durant cet entre-deux où tout se met en branle, où les graines commencent à germer, les jours à rallonger. Le printemps nous fait entrer, bien avant le 21 mars, dans l’élan des nouvelles énergies et inspirations. Ne mésestimons pas dès lors l’effort d’adaptation que représente, pour le corps, ce passage vers la renaissance saisonnière, entre fatigue déprimante ou trop plein de tension et d’impatience. Et respirons ! Aérons nos intérieurs, au moins une heure chaque jour. Retrouvons le réflexe de grandes inspirations et expirations devant la fenêtre ouverte ou la pratique des « nettoyages de poumons », ces méthodes ancestrales de pranayama par lesquelles le yoga vise à réveiller notre énergie vitale et à éliminer ce qui nous encombre.

C’est là que mon ménage de printemps révèle aussi tous ses atouts. En substituant à la fatigue visuelle du désordre, de l’accumulation ou de la poussière, un intérieur frais lavé, des vitres de nouveau transparentes, des pièces dégagées où circule la lumière, je me redonne de l’élan et de la vitalité… à moi-même ainsi qu’à tous les visiteurs de la maison. Je me souviens que c’est dans cet esprit que le Japon – l’un des pays les plus propres au monde ! – entretient ses temples zen ou ses intérieurs. Ou que, dans un monastère de Bourgogne, les moniales marquent l’arrivée du printemps en ouvrant grand les voilages d’hiver qui occultaient les fenêtres de la chapelle.

Et il me plaît de déceler de subtiles mais constantes correspondances entre les traditions. De faire miens, en ces jours d’allègement du carême, les mots dansants du poète japonais Issa : « Rien qui m’appartienne sinon la paix du cœur et la fraîcheur de l’air. »

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source : La Vie

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samedi 24 décembre 2016

Attente paisible...

Pas facile en ces jours de deuil d’attendre vraiment l’avènement de la crèche. 
Quand les nouvelles du jour sont encore pétries de pleurs et de douleur, quand au-dehors le monde se teinte de peur et de haine et qu’on aurait envie de fuir la rue pour se terrer au chaud avec ceux qu’on aime. 
Alors comment lire au-delà du trop visible, dessiller ses yeux pour discerner par-delà le chaos des signes de vie ? 

C’est cet homme qui a retrouvé son sauveur, cet autre qui a donné sa vie pour une inconnue, ces actes d’héroïsme qui forcent l’admiration, mais aussi ces voix et ces plumes qui réaffirment leur foi dans nos valeurs communes, laïques et spirituelles, dans notre responsabilité pour l’éducation de tous. 
Ce sont ces actes et ces paroles qui nous rendent plus humains, nous sortent de la sidération et surtout nous font agir. Alors oui à la mobilisation de l’être intérieur ! 

Pour se donner des forces au cœur, pour puiser dans la fraternité réaffirmée, la méditation ou la prière partagée, aux côtés de toutes les autres solutions, aux côtés d’une protection et d’une lutte nécessaires, un antidote à la haine et à la peur. 

Pour travailler chacun… à faire naître encore le prince de la paix.

 Elisabeth Marshall, rédactrice en chef

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vendredi 22 août 2014

Un bon devoir de vacances avec Elisabeth Marshall

On le croit à tort, mais la méditation silencieuse et immobile n’est en aucun cas l’apanage de l’Orient. Il existe une pratique occidentale chrétienne qui commence avec les Pères du désert égyptien au IVe siècle. Le moine Jean Cassien emploie à son sujet la métaphore de la roue. Sacrements, lecture des Écritures, contemplation de la nature ou exercice de la musique : comme les différents rayons de la roue, il existe différentes sortes de prières, mais toutes convergent vers un seul centre : l’Esprit du Christ. « Comme la roue, pour fonctionner, a besoin d’un centre immobile, commente le bénédictin Laurence Freeman, de la même manière, l’immobilité de Dieu et l’immobilité de cet amour est la source de toutes les activités de ma vie. » (http://meditationchretienne.org)

Il n’est pas besoin d’avoir la foi pour éprouver dans sa journée - où l’urgent l’emporte souvent sur l’important - la nécessité de retrouver un cœur paisible, de s’asseoir en silence, seul avec soi-même (ou avec Dieu) pour réajuster sa boussole et retrouver son centre. Se retirer dans la « chambre intérieure » dont parle l’Évangile, ce lieu où se réunifie l’être, corps, mental et esprit, pour être plus ouvert et attentif au monde. La pratique de la méditation - dont les méthodes sont de vrais succès de librairie - entre aujourd’hui à l’hôpital, dans l’entreprise ou à l’école, et on peut s’en réjouir. Car cette pratique universelle, qui réunit laïques et hommes de foi, est d’abord un chemin pour, selon les mots du philosophe Fabrice Midal, faire de nous de meilleurs humains, plus conscients, plus apaisés.

Prendre un temps avec soi-même pour être autrement présents aux autres, voilà un bon devoir de vacances. Qu’on choisisse de contempler en pleine nature ou de son balcon un soleil levant, de s’exercer à marcher ou à faire les petits gestes du quotidien en pleine conscience, d’être plus présents à ses enfants, ou de s’asseoir dans une église silencieuse, toutes les voies sont possibles. L’essentiel ? S’y tenir, conseillent nos experts. Dix minutes au moins chaque jour durant une semaine. Chaque matin dans l’immobilité intérieure, sans rien attendre. Juste pour voir si cela change quelque chose à nos journées...

Elisabeth Marshall