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vendredi 11 novembre 2016

Pierre Dhainaut, un poète reconnu...


Pierre Dhainaut a reçu lundi 7 novembre aux deux magots, le prix Apollinaire pour "Voix entre voix" et l'ensemble de son oeuvre.
Pour, après plusieurs rencontres, être devenu son ami, je peux témoigner de sa discrétion et de sa profondeur d'être. Ce prix est amplement mérité et nous sommes heureux que le livre Les Trois cheveux d'or reprenne quelques uns de ses vers, vers qui pourront ainsi offrir un passage pour découvrir son oeuvre...



"Salue la lumière
qui t'ouvre les lèvres : ensuite
écarte les rideaux.



Dès le seuil invente
un mot toujours neuf,
précaire, ce sera "seuil".



Peut-être du givre
ou la frondaison, avance,
aux chemins de répondre."





Extraits de Rudiments de lumière
Arfuyen

***



jeudi 10 novembre 2016

Christiane Singer et la poésie avec Juliette Binoche...

La comédienne évoque le dernier livre de Christiane Singer, qu'elle a enregistré, ainsi que les lectures qui ont été décisives dans sa vie. Quand l'éditeur de livres enregistrés sur CD, Audiolib, a proposé à Juliette Binoche de lire l'ultime livre de Christiane Singer, écrivain de haut vol qui n'a cessé d'explorer la dimension spirituelle de l'être humain, l'actrice a accepté aussitôt, trop heureuse de prêter sa voix à cet auteur qui l'a aidée à traverser certaines épreuves. Derniers fragments d'un long voyage a été écrit au jour le jour par Christiane Singer pendant les six derniers mois de sa vie, alors qu'elle se savait condamnée à courte échéance. Un témoignage extraordinaire: «On peut monter en maladie comme vers un chemin d'initiation, à l'affût des fractures qu'elle opère dans tous les murs qui nous entourent, des brèches qu'elle ouvre vers l'infini. Elle devient alors l'une des plus hautes aventures de la vie.»
25/03/2010


LE FIGARO. - Qu'est-ce qui vous impressionne le plus dans ce témoignage?
Juliette BINOCHE. - La descente corporelle, le renoncement face à la mort, la chute intérieure, cette ouverture du cœur qui va jusqu'à la transparence, l'acceptation d'une autre vie à laquelle ouvre la mort, ce oui final, ce courage de témoigner, quand la souffrance physique refluait et lui permettait d'écrire. Elle a essayé de servir jusqu'au bout, pour tenter d'attirer d'autres personnes à voir la vie autrement. C'est un livre très important, notamment pour ceux qui accompagnent une personne très malade : on a des idées préconçues, on croit qu'il faut lui dire de s'accrocher à la vie, au lieu d'être en silence, de lâcher prise.

Comment avez-vous lu ce texte?
J'avais la trouille, je ne suis pas à l'aise avec la lecture parce que j'ai appris à lire tard. Pourtant, une de mes passions était de lire des histoires à mes enfants le soir, les albums de Claude Ponti, les contes d'Andersen, les contes russes. Pour Derniers fragments d'un long voyage, le premier jour d'enregistrement, je l'ai lu trop vite, ça n'allait pas. Ce n'est pas un texte qu'on peut lire. Il fallait que je prête mon corps à l'expérience de Christiane. Je suis passée par des frissons glacés, des moments de légèreté, de bonheur, même.

Quels sont les livres qui vous ont marquée au cours de votre vie?
Du bon usage des crises, de Christiane Singer, est un livre que toutes les femmes devraient lire. C'est un maître à penser, un écrivain qui ouvre le regard. Elle lit les contes, les mythes, avec une largesse de vue et une intelligence extrêmes. Je me rappelle qu'elle n'aimait pas l'histoire de la chèvre de M. Seguin qui est sous-tendue par l'idée que, lorsqu'on désobéit, on se fait bouffer ! On a besoin de se séparer de ses vieilles peaux, de ses habitudes, on a besoin d'espaces de transgression. À l'âge de 21 ans, j'ai été très marquée par La Vie des maîtres, de Baird Spalding, l'histoire de scientifiques américains qui découvrent au contact de maîtres orientaux la puissance de l'esprit sur la matière. Le récit de la vie de Satprem m'a beaucoup impressionnée aussi, notamment lorsqu'il écrit qu'il ne s'est jamais senti aussi libre qu'enfermé dans un camp de concentration. J'ai découvert Une vie bouleversée d'Etty Hilsum il y a une vingtaine d'années. C'est un livre majeur, que j'ai d'ailleurs proposé d'enregistrer sur CD. L'exégète orthodoxe Jean-Yves Leloup m'a introduit à une autre manière de traduire les textes bibliques. À sa suite, j'ai lu l'Évangile (apocryphe) de Thomas, de Philippe, de Judas, de Marie-Madeleine. Chaque soir, pour mon spectacle de danse, avant d'entrer en scène, je lisais un poème d'Henri Michaux : Le Clown.

Vos lectures sont surtout spirituelles?
J'en ai besoin, c'est ma respiration, au milieu de tous les scénarios que je lis.

Aimez-vous certains auteurs littéraires classiques?
Adolescente, j'ai dévoré les auteurs russes, Dostoïevski, Pouchkine. ­Balzac aussi. Son sens de l'observation sociale et psychologique me passionnait. Il y a des passages de poésie pure dans ses romans, une écriture qui coule de lui.

Et les auteurs contemporains?
J'ai des amis écrivains… qui me reprochent de ne pas lire tous leurs livres !

Ecoutez-vous des livres enregistrés?
Oui, dans ma voiture, des conférences de philosophes ou de professeurs. Ou des textes anglais.

Il y a deux ans, vous avez publié des poèmes, (Portraits in-eyes, Place des Victoires). Avez vous d'autres projets d'écriture?
Je ne me suis pas assise à mon bureau en me disant que j'allais écrire des poèmes. J'ai l'habitude d'écrire des textes, de temps en temps, par périodes. Avant de les publier, je les ai élagués car je suis avide de quintessence. Ils sont devenus des poèmes. Je reviens de l'Antarctique, où j'ai pris plein de photos. Est-ce que j'aurais envie d'écrire à partir de ça ? Peut-être, je ne sais pas, c'est trop tôt pour le dire. Mais le champ de l'écriture reste ouvert.

Derniers fragments d'un long voyage de Christiane Singer, livre audio lu par Juliette Binoche. 





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samedi 7 décembre 2013

Hommage à Nelson Mandela (1)


Un cœur bon et un bon esprit forment toujours une formidable combinaison. 

Nelson Mandela


Par Juliette Binoche :


Ils ont voulu me faire taire, mais ils n'ont pas pu.
Ils m'ont emprisonné, mais j'ai simplement attendu.
Ils m'ont pris pour un dieu mais je suis resté simple.
Ils m'ont presque enterré vivant mais j'en ai souri. 
Ma force, c'est tout l'amour que j'ai pour eux,

Ces femmes et ces hommes pour qui j'ai tout donné.
Et si c'était à refaire, je le referai." 

Madiba 

samedi 18 février 2012

Le lien sacré...

« Le sacré, c’est faire un geste avec vérité et avec amour. Aussi bien dans nos pensées, que dans la façon dont on respire, dont on s’adresse aux autres, dont on mange… Sans faire de narcissisme pour autant, l’observation de soi-même est un merveilleux moyen de voir si on est dans l’amour ou pas. »

Juliette Binoche




« J’étais le 1er janvier dernier en expédition avec quatre jeunes sur la péninsule antarctique quand, dans un endroit nommé Paradise Bay, le ciel s’est brusquement ouvert. Une merveilleuse lumière aux teintes bleutées s’est diffusée. J’étais aux confins du monde, et je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Je me suis sentie à ma place dans cet environnement pourtant hostile, comme reliée à une force un peu brute. Je ne sais pas si l’on peut parler de sacré ou de magie. Pour moi, le sacré est forcément lié à l’océan, à la nature. Quand on fait le choix de vivre ces aventures, on est purifié, lavé par les embruns, on se sent dépossédé de tout mais en même temps riche de tout ce qui nous entoure. Cette harmonie, ce lien sacré, est indispensable. »

Maud Fontenoy

jeudi 10 mars 2011

D'infinis paysages avec Juliette Binoche et Louise Labé

Juliette Binoche est la marraine du 13ème printemps des poètes.


"Je ne porte la poésie que lorsqu'elle branche les antennes des profondeurs, c'est à dire qu'elle ose une sincérité déconcertante. La poésie est un langage de l'invisible, un ressenti qui s'exprime avec le concentré, le peu, le dense. Le moins pour le plus, elle se retire pour attirer. C'est une opération à coeur ouvert où le verbe prend corps. La poésie peut me transporter, me transformer mais je dirais même plus, elle me fait me reconnaître et là c'est le bonheur. J'ai ce sentiment de proximité avec Antjie Krog, Rumi, Tchouang Tseu, Hafez, Michaux, Char... 
La poésie reste pour moi l'art le plus sacré, comme une incantation à l'homme, à sa nature, une musique intérieure libre de toute religion, où on ose sa nullité, où le mot est dans sa verticale. Il y a des poésies qui déchirent, qui crient, il y a celles qui réconcilient, celles qui nous touchent, qui nous enchantent, qui nous provoquent, qui nous font sourire. Le fil intérieur des mots nous appartient, comme une goutte d'eau qui nous fait survivre." Juliette Binoche


Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.


Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.


Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.


Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.
Sonnet VIII

dimanche 21 mars 2010

Juliette Binoche, Thierry Janssen... Christiane Singer (suite)

Pour celles et ceux qui ont aimé Juliette Binoche dans l'extrait ci-dessous, voici la suite...


Egalement un beau texte extrait du Nouvelles Clés de mars 2010, ou Thierry Janssen nous parle de Christiane Singer :Se confronter à l'humilité.

Christiane Singer par Juliette Binoche

Il est bienvenu de parler de Christiane Singer. C'était à 23h avant-hier soir mais Phytospiritualité est content de vous en extraire la sève et de vous la faire goûter.
Quelques fragments de femmes à l'énergie vitale !