samedi 30 juin 2018

Implantation


Rien à dire, juste en prendre de la graine !


******

jeudi 28 juin 2018

mercredi 27 juin 2018

Le nombre d'or dans la nature


La nature nous dérange alors qu'elle nous a si bien arrangés...



Source : émission Etat d'Esprit (France Inter)
****

dimanche 24 juin 2018

Choisir d'être...

*********

Toucher le mouvement... avec le shiatsu

Le shiatsu est un art thérapeutique japonais. Une étude des kanjis (les idéogrammes japonais) qui écrivent les mots Shiatsu Dō.
Littéralement, cela signifie « La Méthode de la Pression des Doigts », mais les langues chinoises et japonaises possèdent une délicatesse incroyable, difficilement traduisible dans nos langues occidentales.
kanjis - shiatsu

À gauche, le mot Shiatsu se décompose en deux kanjis : le premier, « Shi » signifie « doigt », et est composé des trois kanjis de « main », « cuiller » et « bouche ». Le doigt serait donc l’instrument qui apporte ce dont on se nourrit vers le corps.

Le deuxième kanji signifie « pression » ; il est lui composé de deux kanjis, celui de « falaise » et celui de « sol », car la falaise écrase le sol sous son poids. La poésie de l’évocation…


Le caractère Dō provient directement de la langue chinoise (Tao ou Dao). Son origine est très ancienne, et il signifie, pour ce qui nous concerne, à la fois la voie, la méthode, la doctrine ou l’enseignement, mais aussi l’idéal de vie que l’on recherche.
kanjis - DoL’idéogramme se décompose en deux parties : à gauche, trois empreintes de pas. La seconde partie représente une tête de guerrier échevelée faisant office de GPS archaïque – ou presque. En effet, la légende raconte que, dans la Chine ancienne, les voyageurs utilisaient la tête d’un guerrier mort pour s’orienter, qu’ils tenaient par les cheveux, afin qu’elle leur indique le chemin à suivre à chaque croisement. On peut y voir l’héritage des anciens et des maîtres. Une deuxième explication existe : la tête à la chevelure lâchée symboliserait l’intuition, la spontanéité, et un comportement qui ne se laisserait pas enfermer dans des règles strictes.
Ici, on voit donc que la Voie est mouvement (on le retrouve, entre autres, dans les philosophies grecques où l’on philosophait, chez Socrate, en déambulant) : la méthode, la doctrine, ne peut pas être figée, au risque de se briser dans l’immobilisme. Dans cette idée, la chevelure lâchée symbolise ce qu’il faut d’intuition et de neuf pour pratiquer : les règles existent et donnent le cadre, et la vie, elle, s’adapte.

Sources : Aiki autrement
lien :  http://azur-shiatsu.com/
***

samedi 23 juin 2018

Le simple bonheur d'exister

CE QUE NOUS SOMMES EN PROFONDEUR


Sans chercher à atteindre l’illumination, le simple bonheur d’exister commence – les sages l’ont toujours dit – par la connaissance précise et approfondie de ce que l’on est soi-même. A tous les niveaux ! Si les atomes qui composent notre corps proviennent tous automatiquement, comme dit Hubert Reeves, d’étoiles géantes explosées, et si nos cellules sont organisées suivant un plan que le grand laboratoire de la vie a mis près de quatre milliards d’années à peaufiner, notre corps, notre souffle et notre esprit – ou plutôt notre « corps-âme-esprit » (ils sont inséparables) – constituent une merveille à côté de laquelle la plus belle des horloges de précision ressemble à un brouillon d’enfant de la maternelle. 

C’est ainsi : ce que nous sommes en profondeur dépasse infiniment ce que notre mental peut concevoir. Cela ne nous interdit pas de nous en émerveiller. Mieux, d’en user pour nous rendre la vie plus heureuse et plus belle. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple parmi des centaines, le caractère mystérieux de l’hypnose et de l’autohypnose ne nous empêche en rien de pratiquer cette forme de rêve éveillé dirigé pour nous soulager, guérir ou créer, révélant en nous un jeu de résonances extraordinaires entre nos mots et nos maux, nos croyances et nos états physiologiques, nos symboles et nos peurs. Nous sommes d’abord des corps. Mais des corps vivants, dansants et parlants, et cela représente un miracle permanent.

Dr Delia Grasberger

vendredi 22 juin 2018

Où cours-tu ?

Nathan Oliveira

Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation
qui a le vide et le silence en horreur
d’entendre la petite phrase qui, à elle seule,
peut faire basculer une vie :
«Où cours-tu ?»
Il y a des fuites qui sauvent la vie :
devant un serpent, un tigre, un meurtrier.
Il en est qui la coûtent :
la fuite devant soi-même.
Et la fuite de ce siècle devant lui-même
est celle de chacun de nous.
«Où cours-tu ?»
Si au contraire nous faisions halte – ou volte-face –,
alors se révélerait l’inattendu :
ce que depuis toujours nous recherchons dehors
veut naître en nous.
Christiane Singer
source : L'arbrealettres

mardi 19 juin 2018

Paix


La paix ce n’est pas quelque chose qui vient de l’extérieur ,
C’est quelque chose qui vient de l’intérieur,
C’est quelque chose qui doit commencer au-dedans de nous-mêmes...Chacun à la responsabilité de faire croître la paix en lui afin que la paix devienne générale.



« Aimer autrui ne signifie pas que nous devons nous oublier. » 
 Le Dalaï Lama

lundi 18 juin 2018

Les plantes sauvages pour s'émerveiller et sauver notre monde carnivore

Demain, je pars pour trois jours de stage avec François Couplan dans le lieu accueillant où j'avais rencontré Jacqueline Kelen. Un régal en perspective !




Voir les autres vidéos 

*****

dimanche 17 juin 2018

Quand l'homme vir...

 L'homme modèle ? Il n'existe pas. « De Rimbaud à Rambo, il y a mille façons d'être un homme », répond Clément Lescat. Guilhem de Gevigney perçoit le gage d'une réponse « dans une harmonisation réussie des énergies masculines (rationalité, efficacité...) et féminines (écoute, intuition...) », déposées en tout Adam. Ainsi se signe l'armistice entre les sexes. Face à l'assurance et à l'autonomie grandissante des femmes, qu'ils ne remettent pas en cause, les hommes doivent trouver leur nouvelle place. Non dans une logique horizontale concurrentielle, mais verticale. « Chacun peut exercer sa souveraineté sur son royaume propre et on en a tous un », précise François Bert. Qu'il s'agisse de son jardin, de son entreprise, de son talent : tout homme est appelé à porter du fruit.

Les besoins masculins

Explorateur des rivières de l'Ouest, John Eldredge est l'auteur de Indomptable, le secret de l'âme masculine (Farel). Dans ce manuel de référence, le pasteur américain a identifié sept besoins intrinsèquement masculins, qui ne sont pas toujours ceux auxquels on pense. Sélection. 
L'initiation. C'est d'un homme et dans la compagnie des hommes que le garçon apprend qui il est et ce qu'il a reçu. La masculinité se transmet d'homme à homme. Les hommes ont besoin d'initiation et de la validation de leurs pairs.
Le conseil : arrêter d'attendre les autorisations pour prendre un risque. 
La blessure. Accueillir sa vulnérabilité et laisser tomber le masque. Un homme est supposé être insensible à la douleur, en tout cas, ne lui attacher aucune importance. Or une blessure qui n'est pas reconnue et qui n'a pas fait pleurer ne peut guérir... Le vrai cheminement commence lorsque l'homme accepte d'abandonner sa fausse identité.
Le conseil : pardonner à son père. 
Le combat. L'homme doit avoir un combat à mener. Il doit se fixer une noble mission pour sa vie, une mission qui transcende le foyer et la famille. Il doit défendre une cause. Ce désir d'engagement est inscrit dans ses fibres profondes.
Le conseil : faire une pause. S'extraire du confort et de la routine pour vivre un défi avec d'autres hommes et renouer avec ses aspirations.

***

samedi 16 juin 2018

Pétales d'instant de vie




" Tout ce qui vit, vit pour toujours. 
Seule l'enveloppe, ce qui est périssable, disparaît. 
L'Esprit n'a pas de fin. C'est Éternel. Immortel."
Bhagavad Gita.

***

vendredi 15 juin 2018

Lâcher-prise ! Entretien avec Arnaud Desjardins (3)


Nouvelles Clés : Votre dernier chapitre insiste d’ailleurs assez radicalement sur ce point.

Arnaud Desjardins : Oui. Beaucoup de personnes qui sont attirées par ce que l’on met sous le vocable « spirituel », et par les différentes formes de psychothérapies à visée spirituelle, ne se contentent pas de soigner tel ou tel symptôme pathologique précis : elles veulent aussi atteindre en elles-mêmes un espace plus vaste. Mais elles ne se donnent pas les moyens de l’atteindre. Il y a là un grand malentendu, car elles continuent à ramener les expériences nouvelles à l’intérieur du système et du cadre ancien délimités par leur égocentrisme.
Il faut donc trouver une pratique qui ne puisse pas être récupérée par l’ego, et celle-ci consiste à s’incliner intérieurement, à reconnaître que ce qui est. Toujours agir à partir de ce qui est et non pas à partir de ce qui, selon moi, devrait être.
Or nous fonctionnons sans cesse suivant le mode du « c’est pas juste, il ou elle aurait dû faire ou dire ceci ou cela, tel fait aurait dû se passer autrement, etc. » Mais le lâcher-prise face à ce mode erroné de fonctionnement n’exclut en aucun cas l’action : celle-ci émane simplement d’une tout autre source.
Ce n’est plus le moi qui veut, c’est la situation qui demande une réponse opportune.

Nouvelles Clés : Vous dites : « Le monde ne correspondra jamais avec votre monde » et concluez sur une double formule très forte que je résume : la psychothérapie guérit l’ego et le mental, la voie guérit de l’ego et du mental.

Arnaud Desjardins : Imaginez le nombre d’amis que je me fais parmi les psy en disant cela ! (rires – Arnaud Desjardins va alors à sa bibliothèque et y prend un livre). Dans Les Dialogues de St Grégoire le Grand, sur la vie et les miracles du Bienheureux St Benoît, qui fut le fondateur des bénédictins et des cisterciens, il est dit ceci : « Chaque fois qu’une préoccupation trop vive nous entraîne hors de nous, nous restons bien nous-mêmes, et pourtant nous ne sommes plus avec nous-mêmes : nous nous perdons de vue et nous nous répandons dans les choses extérieures. » Un texte que ne renierait pas un maître soufi, zen ou hindou !
Faut-il vivre toujours les choses de façon égotique sur fond de vouloir, de refus et de crispation, et faire empirer les choses, ou vivre et agir sur fond de confiance et d’abandon ? Toute la question est là.

Nouvelles Clés : Vous-même êtes passé par là puisque vous racontez qu’après seize ans de pratiques spirituelles, de succès médiatiques et professionnels, lorsque vous rencontrez Swâmi Prajnânpad, il vous fait parler de vos expériences diverses et vous dit ensuite : « It is a status of a slave », c’est un statut d’esclave.

Arnaud Desjardins : Oui, il m’a montré qu’après toutes ces années de travail avec les groupes Gurdjieff, de lectures, de rencontres avec une sainte comme Ma Ananda Mayi, ou avec des maîtres soufis en Afghanistan, des maîtres tibétains ou zen, de grands yogis… j’étais toujours ce petit personnage prêt à s’enflammer, à réagir, à refuser, à râler, à vouloir que les choses se passent comme je le voulais et non comme elles étaient. Je restais en effet esclave de l’ego et de ses limites. Je correspondais toujours à cette autre définition de Swâmiji : « L’homme est une marionnette dont les aléas de l’existence tirent les fils… »

Nouvelles Clés : Une dernière définition sur le lâcher-prise ?

Arnaud Desjardins : Ne ramez plus, ne nagez plus, faites la planche ! (Rire homérique). Je blague : disons qu’il faut à la fois être dans l’action et dans la non-action. C’est un concept mal compris. La formule des bouddhistes est très connue : « Ni refus ni appropriation » de ce qui se présente. Ni rejet ni saisie.

 ***

jeudi 14 juin 2018

Lâcher-prise ! Entretien avec Arnaud Desjardins (2)


Nouvelles Clés : Vous commencez votre livre en disant qu’il faut se méfier des mots. Et on se souvient des dégâts occasionnés dans les milieux branchés par le fameux « ici et maintenant » qui était devenu un prétexte à ne rien engager, ne pas faire de projets constructifs, etc. Ne croyez-vous pas qu’un autre mot-valise comme « lâcher-prise » risque d’être confondu par certains avec « laisser-aller » ?
Arnaud Desjardins : Cette question en pose une autre plus générale : quel sens les lecteurs ou auditeurs d’un mot comme celui-ci lui donnent-ils ? Comment cette attitude est-elle comprise ? Dans ce genre de sujet, on ne sera jamais assez précis sur les questions de vocabulaire. Quand on décrit les pièces d’une machine dans le langage d’un mécanicien, on sait de quoi on parle. Il faut donc bien s’entendre sur ce que veut dire lâcher-prise. Mon désespoir, ma suffocation face à un événement grave et brutal ne changera rien aux choses. Au contraire, plus il va y avoir émotion non contrôlée, moins il y aura d’efficacité dans l’action, moins ma réponse sera appropriée à la demande de la situation. Par contre, si je lâche prise face à ma panique, si je ne m’affole pas, si je n’en rajoute pas, je vais alors être plus lucide et plus compétent pour résoudre les choses.
En aucun cas le mot lâcher-prise n’exclut l’action.
Swâmi Prajnânpad avait cette belle formule : « Intérieurement, activement passif. Extérieurement, passivement actif », donc, calmement attentif à l’intérieur de soi, et tranquillement actif à l’extérieur.
L’état de paix avec le contexte extérieur créé par la paix intérieure n’exclut en rien l’action ! En fait, dans la vie, nous nous trouvons dans la situation de quelqu’un qui descend un torrent en rafting ou en kayak : pour celui qui est crispé et angoissé, cette descente va être un véritable enfer. En revanche, celui qui va avec le courant de manière détendue accomplit la même descente avec bonheur et aborde les difficultés avec souplesse. Tous les maîtres le disent : notre erreur est de porter inutilement sur nos épaules le fardeau de notre existence. Nous ne pouvons pas être toujours les plus forts, nos actions produisent ou ne produisent pas les effets souhaités, les interactions de causes et d’effets sont indépendantes de nous et interfèrent avec ce que nous avons tenté pour renforcer le succès ou au contraire annihiler nos efforts.
Cette séparation du moi – mon mode personnel de crainte et d’espoir – avec le courant de la réalité se révèle comme le plus gros obstacle à une vie épanouie, sereine, pacifiée. Cette séparation doit donc être dissoute. Il y a celui qui est emporté et ballotté par le courant, et celui qui ne fait qu’un avec lui. Formulé différemment, on peut dire que si je ne lâche pas prise, les événements se produisent et je suis emporté par eux ; si je lâche prise, j’adhère à ces événements, dans une unité de corps et d’esprit avec eux.
Nouvelles Clés : Vous citez d’ailleurs dans votre livre une belle phrase de Swâmi Prajnânpad à cet égard : Let go and go with, « laissez aller et allez avec ». Mais, est-ce que le lâcher-prise ne peut pas devenir une stratégie ? Vous dites d’ailleurs : « Si vous voulez quelque chose et que vous êtes unifié dans ce vouloir, vous l’attirez. » La quête de sagesse peut-elle se transformer en ruse ?

Arnaud Desjardins : Je vais utiliser pour répondre le terme ego, qui est très à la mode mais dont le contenu crée souvent des malentendus. Ce serait déjà plus clair d’employer le terme égocentrisme. Pour vraiment comprendre le terme ego, il faudrait le traduire par « moi et… l’ego » est synonyme de dualité : il s’est mis en place peu à peu dans la petite enfance en nous rendant compte que le reste du monde n’est pas notre prolongement, et ce, dès la séparation avec la mère : nous sommes tous d’anciens bébés, comme disait Devos.
L’expérience de l’ego, à partir de cette constatation, va se diviser en ce que je ressens comme rassurant et ce que je ressens comme pénible. Donc l’ego va essayer de faire triompher par tous les moyens ce que j’aime et d’amoindrir le plus possible ce que je n’aime pas dans le courant de ma propre existence.
Tout le monde a bien sûr l’expérience des difficultés rencontrées lorsque la vie semble détruire ce que nous avons commencé à bâtir, et les refus et crispations que cela engendre. Et l’ego va édifier face à cela de formidables défenses, refusant tout ce qui n’entre pas dans son cadre. Donc, pour répondre à votre question, tout ce que l’ego va entendre et lire concernant la spiritualité et une autre façon d’exister, il va le faire entrer dans son cadre. Tout ce qui concerne la dissolution de la séparation, l’ego va l’utiliser à l’intérieur de la séparation, en le mettant à son propre service ! Il faut donc trouver une voie possible pour dépasser ce mécanisme dualiste qui nous empêchera toujours d’être unifiés et établis dans un lâcher-prise permanent.

Nouvelles Clés : Il faut donc, et vous insistez là-dessus, une sincérité et un engagement intérieur fort, pour arriver à contourner les permanentes et perverses voies de l’ego.

Arnaud Desjardins : Oui, il faut réussir non seulement à prendre conscience de ce processus et créer d’abord une amélioration, mais aussi en arriver à une véritable métamorphose de notre être : comme le disent tous les mystiques chrétiens, hindous, soufis, bouddhistes, il faut mourir à soi-même à un niveau pour renaître à un autre niveau : on trouve ce genre d’expression dans toute la littérature des témoignages spirituels.

à suivre...


mercredi 13 juin 2018

Lâcher-prise ! Entretien avec Arnaud Desjardins (1)


Arnaud Desjardins a publié, pour l’anniversaire de ses quatre-vingt ans, un ouvrage essentiel, "Bienvenue sur la Voie", où il fait la synthèse des conseils que l’on peut donner à toute personne engagée dans une quête intérieure et spirituelle afin d’éviter pièges et malentendus. Il nous a paru important d’avoir son témoignage sur ce mot-valise : lâcher-prise.



Nouvelles Clés : Il est de bon ton, dans certains milieux intéressés par le développement personnel, de cultiver le lâcher-prise. Cette expression, devenue à la mode, est en fait une formule zen qui signifie qu’il faut savoir cesser d’être le jouet de ce qui nous habite, pensées, émotions, stress, crispations et dénis en tous genres. Et on peut comprendre que nos contemporains, êtres perturbés vivant dans une époque qui leur semble difficile, lui trouvent du charme. Comment donc définiriez-vous ce fameux lâcher-prise et y-a-t-il différentes façons de l’appréhender ?

Arnaud Desjardins : Le lâcher-prise est un geste intérieur qui interfère avec notre manière habituelle de réagir. Certains lâcher-prise nécessitent une grande force de conviction, d’autres sont plus aisés à opérer. Puis vient un jour où nous constatons que le fait de lâcher est devenu permanent. On pourrait même dire que le lâcher-prise est devenu inutile car il n’y a plus de prise, plus d’appropriation de la réalité.

Une détente s’est établie, nous sommes en contact avec la réalité, instant après instant, sans projections sur le futur, ce qui nous permet d’accomplir les actions qui nous paraissent justes et appropriées, dans le relatif. L’action est toujours relative, d’une part parce qu’elle s’insère dans un ensemble de chaînes de causes et d’effets que nous ne maîtrisons pas, ou très partiellement, et d’autre part parce que nous-mêmes avons des capacités relatives.

Toute action engendre des conséquences, certaines que nous pourrons prévoir, d’autres que nous ne pourrons pas prévoir. La pratique consiste donc aussi dans un lâcher-prise avant l’action. Un événement se produit, une situation se présente, qui peut être extérieure à nous ou intérieure (comme un vertige, un mal au ventre, une angoisse diffuse). L’essentiel, c’est la manière dont chacun se situe face à ce vécu intime que l’existence produit en lui. Nous avons la possibilité d’accueillir cette réaction, parce que c’est la vérité de l’instant, mais sans nous l’approprier. Celui dont j’ai été l’élève, Swâmi Prajnânpad, disait à ce sujet :
« La plaque photographique prend, le miroir accueille mais ne prend pas. »
Les événements, quels qu’ils soient, produisent en nous des émotions en tous genres, heureuses ou malheureuses, plus ou moins intenses. Si nous apprenons peu à peu cette attitude de lâcher-prise, celle-ci finit par imprégner tout l’existence et crée en nous une grande détente : l’événement se présente, mais la réaction mécanique ne se produit plus. Les émotions font place à l’équanimité !

Nouvelles Clés : Vous voulez dire que même la réaction physique ne se fait plus ? Je m’explique : si l’on a une angoisse, on peut en effet déconnecter son mental de celle-ci, mais qu’en est-il de la boule au ventre qu’elle a, par exemple, occasionnée ?

Arnaud Desjardins : À la place de la réaction habituelle de l’ego, du « ça j’aime ou ça je n’aime pas », il y a un sentiment qui devient stable d’ouverture du cœur. Les aspects mentaux, émotionnels et physiologiques sont interconnectés et, peu à peu, cet effort de lâcher-prise va contredire la force d’inertie des habitudes qui font que nous sommes tout le temps en réaction face aux événements. Et petit à petit, nous allons ainsi vers l’équanimité. Mais il est évident que, pendant longtemps, l’existence aura encore le pouvoir de produire en nous des réactions : oh oui ! Et une émotion heureuse, oh non ! Et une émotion malheureuse, douloureuse, réactions dont nous faisons une affaire personnelle.

Il faut en fait sans cesse se poser la question de savoir comment nous nous situons par rapport à ces réactions physiques, émotionnelles et mentales ? Comment lâchons-nous prise face à ces moments heureux ou malheureux, quand nous sommes de bonne ou de mauvaise humeur ? La pratique de ce lâcher-prise met en fait immédiatement en cause l’égocentrisme. Elle amène un abandon de notre vouloir personnel et cet abandon produit une détente. C’est à partir de celle-ci que notre action va à présent s’accomplir, et non à partir d’une réaction épidermique et mécanique fondée sur nos anciens schémas de fonctionnement.

C’est la soumission à ce qui est et non à ce qui devrait être, chère à tous les grands maîtres zen, soufis, hindous ou chrétiens, c’est le célèbre : « Que Ta volonté soit faite et non la mienne. » À ce moment-là il n’y a plus la séparation, de dualité, entre moi et la réalité du moment.

-à suivre
***

dimanche 10 juin 2018

« Que se passerait-il si… »


  • « Que se passerait-il si, la prochaine fois que je fais la queue dans un magasin, plutôt que de vérifier mes messages, j’engageais la conversation ou souriais aux personnes autour de moi ?
  • « Que se passerait-il si, la prochaine fois que j’ai deux minutes à attendre à un feu rouge, au lieu de vérifier mes messages, je faisais une prière au Créateur de l’Univers ?
  • « Que se passerait-il si, la prochaine fois que j’ai 15 minutes de libre devant moi, plutôt que de vérifier mes messages, j’en profitais pour organiser une soirée spéciale avec ma femme ?
  • « Que se passerait-il si, la prochaine fois que j’ai 30 minutes avant de me coucher, plutôt que de vérifier mes messages, je lisais un chef-d’œuvre de spiritualité qui changeait ma vie et celles des autres autour de moi ?
  • « Que se passerait-il si, la prochaine fois que je suis à la cantine de mon entreprise, plutôt que de vérifier mes messages, j’engageais une conversation profonde avec un de mes collègues et que je lui posais des questions sur sa vie ?
  • « Que se passerait-il si, au moment de la publicité à la télévision, plutôt que de vérifier mes messages, je me levais d’un bond et je me jetais sur mes enfants pour les chatouiller et jouer au loup avec eux ?
  • « Que se passerait-il si, la prochaine fois que j’ai une heure durant le week-end pour me relaxer, plutôt que de vérifier mes messages, je mettais une belle musique et je me laissais emporter par sa beauté ?
  • « Que se passerait-il si, la prochaine fois que je rencontre une nouvelle personne, plutôt que de me renseigner sur elle grâce à Facebook en rentrant chez moi, je risquais l’aventure et le mystère de la découvrir en passant vraiment du temps avec elle ? » 
****
source inconnue




Sylvothérapie...

Selon les promoteurs de la sylvothérapie, les promenades en forêt auraient la vertu d'apaiser nos maux. Effet de mode ou nouvelle thérapie ? Enquête.





« Lorsque j'ai le sentiment de ne pas être capable de sortir le moindre mot, je pars marcher à la campagne (…). Parfois, c'est comme si la réponse que je cherche se trouvait au milieu des arbres et qu'il me suffisait de me rendre à cet endroit. »  Ainsi témoigne Anna, une écrivaine citée par le Dr Qing Li dans son dernier ouvrage, Shinrin Yoku, l'art et la science du bain de forêt (First). Depuis 2005, ce médecin dirige, à l'université de médecine de Tokyo, au Japon, des recherches sur les effets des « bains de forêt » sur notre santé.

Un héritage séculaire

Les arbres apaiseraient tensions, stress, états dépressifs, renforceraient l'immunité et les capacités cognitives, amélioreraient les troubles du sommeil, ralentiraient le rythme cardiaque, abaisseraient la tension artérielle, aideraient à se déconnecter des écrans et à se recentrer sur soi... La liste est longue des promesses revendiquées par les partisans de la sylvothérapie.
Effet de mode ? Redécouverte d'une pratique séculaire dont chacun a pu éprouver les bénéfices ? Comme le rappelle Éric Brisbare, sylvothérapeute, dans son livre Un bain de forêt(Marabout), la sylvothérapie est « un mélange d'héritages séculaires, venant des quatre coins du monde, et d'une sagesse intuitive validée par les recherches scientifiques ».
En France, dès le XIXe siècle, des médecins observent le mieux-être de patients atteints de tuberculose après un séjour à proximité des forêts landaises. La première mention de « cures forestières en climat sylvestre » date de 1912, dans la Revue des eaux et forêts. En 1985, un ingénieur, Georges Plaisance, fait figure de pionnier en publiant Forêt et santé : guide pratique de sylvothérapie (Dangles).
Cette vague verte est ravivée dans un monde dominé par le stress, la vitesse et les écrans. En émerge une aspiration au ressourcement, une soif de lenteur et de sérénité, autant de vertus que l'on goûte lors d'une immersion dans la futaie. Un silence relatif, aussi, sous le bruissement des feuilles et le chant des oiseaux.
« Depuis 2012, j'ai créé des "circuits thérapeutiques", explique Éric Brisbare. Durant deux à sept jours, j'emmène des groupes de 10 à 12 personnes dans des biotopes très préservés des Vosges ou du Queyras. Je leur apprends à respirer le parfum des saisons, à observer le mouvement des feuilles, à écouter le vent dans les branches ou le chant des oiseaux, à comprendre le fonctionnement des arbres... Je leur fais goûter une source au pied d'un hêtre de 200 ans, toucher les troncs de différentes espèces... Ce qui me motive, c'est de mettre leurs cinq sens en éveil. » « Les images, les sons, le toucher et le goût ont tous un impact puissant, explique de son côté le Dr Qing Li. Mais l'odorat est sans doute le plus influent de tous. » Son équipe a montré notamment les effets des phytoncides. Ces huiles essentielles volatiles libérées dans l'air par les arbres et les plantes jouent un rôle de défense contre les bactéries ou les champignons qui les attaquent. Elles permettent aussi aux végétaux de communiquer entre eux. « Nous avons mis les phytoncides au contact de cellules NK humaines, cultivées in vitroreprend le Dr Qing Li. Au bout d'une semaine, ces molécules stimulaient à la fois le nombre de ces cellules immunitaires et leur activité. Elles augmentaient aussi la concentration de protéines anticancer. »

Précieux conifères

Selon Éric Brisbare, qui voit dans les conifères de précieux sylvothérapeutes, la térébenthine des mélèzes serait « utile contre le stress, qui opprime le système respiratoire ». Le pin maritime, lui, aurait de l'intérêt pour stimuler et dynamiser, et son huile essentielle, pour « dégager les voies respiratoires et fluidifier les sécrétions des bronches. Elle est également anti-infectieuse et stimulante ». Grâce au parfum de sa résine et de ses aiguilles, le pin sylvestre aiderait « à mieux respirer, à restaurer la santé de notre système respiratoire ». Quant au pin des Alpes, ou pin cembro, il favoriserait « un sommeil plus serein, de meilleure qualité ». Et le cèdre ? Selon le Dr Li, son odeur « est censée détendre les nerfs et calmer l'esprit ». Les personnes qui vivent dans des endroits pauvres en arbres présentent un niveau de stress plus élevé et un taux de mortalité supérieur à ceux des habitants des zones très boisées. Cette corrélation ne prouve pas un lien de cause à effet, mais elle mérite d'être signalée. 
Mais une telle corrélation ne prouve aucunement un lien de cause à effet. « Le milieu urbain, surtout au Japon, étant très chargé en polluants atmosphériques, je m'interroge sur l'effet spécifique des arbres », tempère le Pr Vincent Renard. Pour ce médecin généraliste, président du Collège national des généralistes enseignants (CNGE), il aurait fallu, afin de mettre en évidence un effet propre aux arbres, comparer des groupes d'individus similaires, motivés de la même façon et baignant dans des contextes identiques - notamment sur le plan de la pollution -, avec et sans arbres. Reste que, en l'absence de lien de cause à effet irréfutable, Vincent Renard reconnaît tout de même : « Nous disposons en France de l'une des forêts les plus appréciables au monde. Si les gens ont du plaisir à y marcher, s'ils sont motivés, c'est très bien ! Les effets santé d'une activité physique régulière et d'un milieu indemne de pollution ont été clairement démontrés ; leur ampleur est vraiment considérable. »
À lire 
Shinrin Yoku, l'art et la science du bain de forêt, du Dr Qing Li, éditions First, 17,95 €.
Un bain de forêt, d'Éric Brisbare, Marabout, 15,90 €.
++++++++++++++

vendredi 8 juin 2018

L'Autre avec Arnaud Desjardins

René Magritte, "La reproduction interdite"


Il y a quelques critères simples pour déterminer si oui ou non, il y a encore une identification à un "moi-je" : s'il y a un "moi-je", alors, il y a un "autre" (une personne, un objet, une situation, etc...)

Or qu'est-ce que "l'autre" ? D'abord une pensée, suivie d'une émotion.

"L'autre" est ce qui a le pouvoir de me faire réagir, de me faire peur, de me mettre en colère, de me faire envie, de me rendre jaloux, "l'autre", c'est ce que je n'aime pas, ce que je refuse, ce que je rejette, ce qui me met mal à l'aise, ou au contraire ce que je désire plus que tout au monde, " l'autre", c'est aussi ce qui me fait rechercher un sentiment d'être spécial, d'être important," l'autre", c'est ce qui provoque en moi une demande insatiable d'être accepté, considéré, apprécié, reconnu, aimé. Toutes ces émotions sont plus ou moins faciles à repérer, mais dans tous les cas, elles m'indiquent s'il a un "autre" ou non, et donc un "moi-je" ou non; car lorsqu'il n'y a plus de séparation, lorsque le couple «moi et l'autre» s'est dissous, toutes ces émotions se dissolvent également.


A présent, observez : est-ce que vous ressentez une séparation ? Y a-t-il vraiment un "autre", nettement séparé de vous? Y a-t-il une réaction émotionnelle ?

Texte : Vivre en Présence


***
 

jeudi 7 juin 2018

Lâcher prise, c’est accepter ses limites (2)

 

Ici et maintenant, il m’appartient de poser un acte, de proposer quelque chose... dont la vie disposera ?

Ainsi je garde toute mon énergie pour agir, plutôt que de la gaspiller. En renonçant à contrôler l’avenir, j’obtiens souvent de meilleurs résultats ici et maintenant. En vérité, notre seul pouvoir, notre seule responsabilité réelle, s’exerce dans l’instant présent, lequel, bien sûr, prépare les instants futurs mais sans que nous puissions obtenir de garanties quant à l’avenir, y compris la seconde suivante. "La vie, c’est ce qui vous arrive pendant que vous êtes en train de faire d’autres projets", a dit John Lennon. Lâcher prise, c’est aussi cesser d’aborder l’existence avec une mentalité d’"assuré tous risques". Quelle que puisse être la prétention du moi à contrôler l’avenir, la vie n’est pas une mutuelle et n’offre aucune garantie.

Une pratique assidue du lâcher-prise soulage d’un grand poids ?

Elle nous affranchit du complexe d’Atlas portant le monde sur ses épaules. Elle fait coïncider le plus profond détachement avec le plus authentique sentiment de responsabilité envers soi-même et les autres. Elle est aussi le fondement de la vraie confiance en soi. Tant que je me crois séparé et m’attribue un pouvoir sur ce qui est, je ne peux que me surestimer ou me sous-estimer. Dès l’instant où le moi est remis à sa place, il est reconnu pour exactement ce qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses, ses limites naturelles totalement acceptées. Représentons-nous un instant notre rôle de parent, de citoyen, de conjoint ou encore l’exercice de notre activité professionnelle envisagés sous cet angle… Mais cette attitude, en elle-même simple, est difficile à pratiquer. Elle va à l’encontre de nos conditionnements les plus ancrés. Toute la sagesse pratique du lâcher-prise se trouve sans doute synthétisée dans la magnifique prière des Alcooliques anonymes : "Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse d’en voir la différence."


Techniques pour lâcher prise :

Lâcher prise sur une rancœur, une peur, une émotion négative, revient souvent à détourner son regard de la difficulté… sans pour autant la fuir. Quelques pistes pour y parvenir :

=> Se centrer sur sa respiration quand l’obsession du problème réapparaît : imaginer qu’à chaque expiration on repousse la colère, la tristesse, les sentiments négatifs ; et qu’à chaque inspiration on inhale la confiance, la joie, la gratitude.

=> En relaxation, visualiser des horizons, des paysages ouverts. Se mettre en scène en se voyant libéré du problème.

=> Créer des rites pour se séparer symboliquement de ce qui nous fait mal: écrire une lettre de ressentiment puis la jeter au feu, organiser avec soin une véritable «cérémonie de divorce », déclarer à haute voix, devant un entourage choisi, sa volonté de se libérer de ses émotions négatives…

extrait de Psychologies magazine

*****

mercredi 6 juin 2018

Lâcher prise, c’est accepter ses limites (1)

Pascale Senk : Il faut, paraît-il « lâcher prise ». C’est en tout cas ce que tout un chacun peut lire ou entendre répéter dès qu’il est question d’une approche spirituelle de l’existence. Si cette expression a fait florès au point de devenir un cliché du développement personnel, ce qu’elle recouvre n’en reste pas moins confus. Elle est prétexte à bien des malentendus. Qu’avons-nous, au juste, à « lâcher » ? Quelle est donc cette « prise » qu’il conviendrait de desserrer ? Cette attitude est-elle compatible avec un positionnement responsable ? Si oui, comment passer du concept à la pratique ? Les enseignements de sagesse traditionnels s’articulent tous autour de cette question. Nous pouvons donc nous tourner vers eux et y chercher des réponses, qu’il nous appartient ensuite de faire nôtres. 

Entretien avec Gilles Farcet, écrivain français et promoteur d'une spiritualité inspirée de l'enseignement d' Arnaud Desjardins.

Psychologies : Avant de prétendre "lâcher", encore faut-il savoir ce que nous "tenons" ?

Gilles Farcet : Au commencement de toute "prise" se trouve l’ego, une conviction, un ressenti dont tout découle. Moi, Pierre ou Paul, j’existe indépendamment du tout, séparé, seul face à l’autre, c’est-à-dire tout le reste, tout ce qui n’est pas "moi" et qui, étant "autre", n’obéit pas toujours à ma loi. L’identification à ce très cher moi se paie au prix fort : me ressentant séparé, je vis à la fois dans la peur et dans une illusion de toute-puissance. "Seul contre tous", "Après moi le déluge", telles sont en somme les deux croyances sur lesquelles se dresse l’ego. Lâcher-prise, c’est abandonner une illusion, celle de la séparation. 
Ce lâcher-prise ne sous-entend en rien une négation de l’individualité. Pierre reste Pierre, Paul demeure Paul. Simplement, la partie se reconnaît comme expression du tout, la vague se sait forme du grand océan et, du même coup, reconnaît les autres vagues comme autant d’expressions de ce qu’elle-même est au plus profond. Par un apparent paradoxe, l’autre à la fois disparaît – nul ne peut plus m’être essentiellement étranger – et se trouve comme jamais reconnu dans sa différence existentielle. Le moi séparé cesse d’être l’étalon, la mesure de toute chose. Il n’y a plus de moi pour exiger de l’autre qu’il se conforme à mes critères. Le lâcher-prise se produit dès lors que le moi accepte de l’autre, de tout autre, qu’il soit autre.

Voilà pour la métaphysique, qu’en est-il de la pratique au quotidien ?

Le sens du moi séparé se maintient instant après instant par le refus plus ou moins conscient de l’autre (c’est-à-dire de ce qui est – "Moi, je ne veux pas qu’il pleuve ce matin", "Moi, je ne veux pas que ma femme fasse cette tête", "Moi, je refuse que ce qui est soit et je prétends mettre autre chose à la place" –), refus qui s’accompagne de la prétention sous-jacente à tout contrôler. Le fait même que "moi, je ne veuille pas" implique la conviction qu’il pourrait en être autrement parce que tel est mon souverain désir. Nous refaisons sans cesse le monde à grands coups de "si", de "quand" , au nom de ce qui "devrait être", "aurait pu être", "pourrait éventuellement être", et nos pensées vagabondent dans le passé ou le futur. Il est bien rare que nous soyons vraiment " ici et maintenant " – alors même que nous ne pouvons en fait être ailleurs qu’ici et à un autre moment que maintenant. Quoi que mon mental prétende, je me trouve là où sont mes pieds. Si je pense au passé ou au futur, c’est toujours maintenant. Passé, futur, ailleurs n’existent qu’en tant que pensées surgissant ici et maintenant.

La pratique la plus simple et efficace du lâcher-prise consiste donc à s’exercer à demeurer un ici et maintenant avec ce qui est ?

Cette pratique n’exclut en rien l’aptitude à prévoir, à organiser ni ne nous dispense de nos responsabilités. L’attitude d’ouverture inconditionnelle à l’instant ne conduit nullement à baisser les bras, à tolérer l’intolérable. Le lâcher-prise, dans l’immédiateté, est totalement compatible avec l’action dans la durée. Le lâcher-prise n’est pas se résigner mais être conscient de ses limites. Je marche dans la rue, un vieillard se fait renverser sous mes yeux. Le fait que je pratique ici et maintenant le lâcher-prise (sur des questions comme : est-ce grave ? sa vie est-elle entre mes mains ?) ne me conduit pas à m’abstenir de lui venir en aide. Bien au contraire, en m’épargnant les pensées parasites ou les atermoiements, ce positionnement intérieur me permet d’agir plus vite, dans la mesure exacte de mes possibilités.
-----------