Véronique Desjardins, son parcours, sa sadhana, et à son rôle spécifique dans la transmission de l'Adhyatma Yoga tel que véhiculé à Hauteville.
lundi 16 mars 2026
dimanche 28 septembre 2025
Une invitation à la pratique, par Lee Lozowick.
vendredi 19 septembre 2025
Conscience du manifesté
Essentiellement, il s'agit d'être conscient. Cela ne signifie pas que quelqu'un qui est conscient ne va pas de temps à autre manifester une tendance ou une activité névrotique. Si vous êtes coincée dans une stratégie d'évitement mais que vous en êtes consciente, vous acceptez complètement dans l'instant ce que vous constatez. La clef pour accepter ce qui est ici et maintenant, c'est ici et maintenant. Le fait que vous soyez coincée dans une stratégie d'évitement n'implique en rien que vous le soyez pour toujours. Mais si c'est ce qui est ici et maintenant, cela doit être vu et accepté clairement dans l'instant. Voir clairement, c'est être conscient, et ce n'est pas simplement voir ce qui est apparent, en surface. S'il y a stratégie d'évitement, il y a aussi la raison sous-jacente à cette stratégie, la raison pour laquelle vous pensez qu'elle est nécessaire. Quand on voit quelque chose clairement et complètement, il y a alors une liberté pour que cela puisse se transformer. Mais si la vision n'est que partielle, on ne peut pas passer à un autre stade. Dans le travail sur l'inconscient, quand on arrive véritablement à la source d'une certaine manifestation et quand celle-ci est vue très clairement, la manifestation en question n'a plus de pouvoir. Mais si nous n'allons qu'à mi-chemin, cette tendance continue à nous manipuler et à nous contrôler.
Swâmi Prajnânpad disait : « C'est au-dessous de ma dignité » de faire telle ou telle chose. Pour lui, tout être humain avait donc une dignité et une noblesse intrinsèques.
Extrait de : Au fait, quel est le problème ? de Lee Lozowick
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jeudi 18 septembre 2025
Paroles de 3 hommes
3 hommes de référence qui nous partagent une vision de l'homme et de l'avenir...
mardi 15 juillet 2025
Guerre sans fin
Si nous découvrons la voie à trente ans, nous traînons peut-être vingt-neuf ans de refus, d'identification, de non-acceptation de ce qui est. Il ne suffit pas de dire oui une fois pour balayer ces vingt-neuf ans. Il y a tout un passif derrière cette résistance. Il faut d’abord apporter un certain poids du côté du oui et, au bout d’un certain temps, on finit par passer complètement du côté du oui. En d’autres termes, on fait d’abord pencher la balance plutôt du côté du oui et elle va finir par s’y établir, changer d’équilibre puisqu’au début elle penchait complètement du côté du non. C’est pourquoi il faut persévérer dans la pratique. Ici et maintenant, c’est simplement un instant et vous devez accepter ce qui est à chaque ici et maintenant et pas seulement une fois de temps en temps.
Il va y avoir de la résistance parce que le mental aime bien ce qui est prévisible et il va lutter contre toute nouveauté. Le non est tout à fait prévisible et familier alors que le oui est quelque chose de nouveau. Être dans la dualité, c’est le connu, alors qu’être un avec, c’est inconnu et imprévisible. Il s’agit donc de travailler d’instant en instant, un instant, un instant et encore l'instant suivant, avec une extrême ténacité car c’est ainsi qu’on construit une consistance, une cohérence. Le mental est puissant et subtil, il sait parfaitement comment nous faire croire que nous pratiquons alors que nous ne pratiquons pas du tout. Étant très rapide, il apprend vite à jouer à ce jeu-là en nous faisant croire que nous acceptons. Il s’agit vraiment d’accepter effectivement ceci, puis cela, et cela encore, y compris quand c’est inconfortable et que le mental entre en opposition. Si le mental commence à résister et que nous, nous commençons à résister a la résistance du mental, nous revenons au point de départ dans une guerre sans fin.
Lee Lozowick - Oui et alors? p. 100
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samedi 29 mars 2025
Problème réel ?
dimanche 2 février 2025
Relation musicale !
Texte de Gilles Farcet :
« IL NE S’AGIT PAS DE MUSIQUE MAIS DE RELATION ! »
lundi 13 janvier 2025
La parole retrouvée
Je viens de terminer la lecture de La Parole Retrouvée, un voyage avec Lee Lozowick, le dernier livre de Véronique Desjardins
Je cite ici la présentation qui en est faite en 4ème de couverture avant de donner mes impressions de lecture :
« Deux maîtres spirituels, deux écoles, deux sanghas Tout semble les séparer : leur éducation, leur style, leur cheminement, leurs méthodes : l’un est adepte d’une voie de dévotion , l’autre est disciple d’une voie non dualiste. Et pourtant, du jour où ils se rencontrent, naît entre eux et leurs élèves une profonde amitié. L’auteur relate ici le rôle qu’il joua dans son propre parcours durant le long séjour qu’elle fit auprès de lui en Arizona et en Californie. Et, au delà de son histoire personnelle, comment les deux écoles se sont fécondées l’une l’autre »
On devinera toutes mes raisons d’avoir hâte de lire ce livre. Attente récompensée car j’en ai reçu une nourriture de grande qualité.
Avant tout, j'y ai vraiment senti et retrouvé Lee tel que je l'ai connu et c'est à mes yeux la plus grande réussite du livre.
A partir de son témoignage personnel , à maints égards intime, Véronique parvient à évoquer et je dirais même invoquer Lee dans sa dimension de serviteur de l'essentiel, avec toutes ses facettes hors norme. Si bien que, tout en lisant un témoignage de Véronique Desjardins au plus près de son vécu intérieur, j'ai avant tout eu l'impression de lire un livre consacré d'abord à Lee Lozowick.
C'est une alchimie dont la formule n'était a priori pas évidente mais que à mon sens Véronique a maitrisée. Du coup, tout en étant invité à partager des aspects du parcours sur la voie d'une femme avec ses questionnements, déchirements, difficultés, qui plus est d'une femme dans la position bien particulière de disciple et épouse d'un maître, le lecteur rencontre cet autre maître Lee, le voit pour ainsi dire en action...
Le plus beau compliment que j'ai à faire sur ce livre est que, d'un bout à l'autre de sa lecture, j'ai eu le sentiment de me trouver en présence de Lee. Je l'ai senti là, ai retrouvé des impressions subtiles familières, me suis trouvé connecté à sa longueur d'onde.
C'est donc à mon sens un beau, fidèle et sensible portrait de maître, à travers le prisme d’une femme profondément investie sur la voie.
Il me semble que tous les principaux aspects de Lee tel que nous l'avons connu et ses "moyens habiles" sont évoqués : notamment sa manière de faire travailler celles et ceux qui se mettaient dans son orbite sur les dimensions primales : sommeil, nourriture, habitudes, confort, de les pousser dans leurs retranchements sur quantité de petits attachements.
Les différents exemples que Véronique donne de "leçons" reçues sur le vif en sa présence sont représentatifs de sa manière de transmettre, de créer autour de lui et en groupe des conditions propices à voir et à se voir...
Elle rend aussi très bien la dimension avant tout énergétique de sa transmission. Les repas, concerts de rock, périples épiques, sont évoqués avec justesse et acuité. Elle donne aussi à sentir ce que pouvait être une « chamber », ces espaces sacrés qui parfois se créaient, en général dans des contextes intimes en présence de Lee et en la présence conjuguée d'Arnaud et Lee.
Oui, ce même Lee qui dans ses conférences publiques, au mépris de son image et de sa réputation, s’acharnait à faire fuir les touristes spirituels à grand renforts de provocations et d’outrages frisant l’ absurde , ce même Lee, donc , se muait souvent en un réceptacle et véhicule de présences subtiles , instrument d’une compassion palpable mais dépouillée de tout romantisme.
Les passages consacrés au « bazar sacré « , soit l’exposition et la vente par Lee d’objets d’art sacré de diverses origines sont également fort pertinents. Ils restituent bien ce que beaucoup d'entre nous ont vécu et donnent un éclairage certainement précieux pour celles et ceux qui seraient gênés et perplexes vis à vis de cette facette de son "travail".
Un autre aspect important de ce livre est évidemment ce qu'il transmet de la relation si rare et étonnante entre Lee et Arnaud, deux êtres humains comme Véronique le souligne tellement différents , et pourtant devenus si proches dès leur première rencontre ... Et ce qui, à partir de cette relation, a trait au cousinage spirituel des deux écoles, là aussi une occurrence si on y réfléchit très rare.
De manière vivante, à partir de ses souvenirs, l’auteur cerne au delà des anecdotes et cas particuliers la dimension de ce cousinage, en pose en quelques paragraphes les enjeux, la richesse et aussi les possibles pièges (le mélange des influences, la fascination)
La survenue de Lee et de son école dans la vie des élèves d'Arnaud a apporté non pas un élément manquant mais une dimension dont pourtant nous avions besoin ( et vice versa). Véronique souligne bien aussi la manière exceptionnelle dont Lee s'est mis au service d'Arnaud et de sa transmission sans pour autant cesser un instant d'être lui même avec son style si inhabituel et déconcertant pour beaucoup.
Et bien sûr, il y a un peu en filigrane mais naturellement très présente, une évocation d'Arnaud, de sa perspective. Là aussi, en lisant ce livre, je l'ai senti vivant.
C'est un témoignage important sur une rencontre relevant d'une magie, complètement improbable et défiant les lois linéaires.
Enfin, les passages autour de la fin de vie de Lee , sa manière de se situer vis à vis de la maladie, reflètent à mon sens parfaitement l'enseignement inoubliable transmis dans ce contexte.
L'évocation de ce qu'il faisait passer sur "les temps qui viennent " et les technologies ont aussi leur juste place.
Gratitude donc pour ce livre que je classe parmi les témoignages de disciples précieux et intemporels. Je le relirai comme je relis certains livres évoquant M Gurdjieff ou d’autres maîtres.
Gilles Farcet
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jeudi 26 septembre 2024
L'appel à pratiquer
« Chaque vision claire d’un comportement mécanique est un appel à pratiquer. Nous proclamons vertueusement les grands principes de justice et de vérité, et pourtant, à la moindre révélation de nos illusions psychologiques et personnelles, de nos mensonges et de nos échecs, nous n’intervenons pas. C’est la première montagne qu’il nous faut gravir pour atteindre le sommet du potentiel humain et de la conscience éveillée. Si nous tentons d’éviter cette ascension, peu importe combien de « cris et de fureurs » nous agiterons, nous ne franchirons pas, nous ne pourrons pas franchir les limites d’une existence identifiée aux rêves et que nous croyons être l’état d’éveil. »
Extrait de « Juste ceci », à paraître mi-octobre. 365 courts enseignements de Lee Lozowick
(Hohm Press - tirage limité dans un premier temps.)
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dimanche 8 septembre 2024
Ici et maintenant
Un autre élément de la pratique de l'acceptation consiste à accepter ce qui est ici et maintenant. Pas demain, le mois prochain, dans deux ans. Le concept même de chemin implique que l'on se rende d'un point à un autre, mais en fait on ne bouge jamais. On ne fait que réaliser où l'on se trouve déjà.
Pourquoi la notion de « ici et maintenant » s'avère-t-elle si importante dans le processus de l'acception de ce qui est ? Nous avons tendance à formuler de grandes généralités, puis à prétendre les appliquer en toutes circonstances.
Souvent, nous allons inconsciemment accepter que nos habitudes sont ce qu'elles sont, comme si, puisqu'il en a toujours été ainsi, cela ne devait jamais changer, au lieu de faire face au moment présent. Par exemple, il se peut que nous soyons régulièrement virés parce que nous arrivons toujours au boulot avec une demi-heure de retard. Puis nous découvrons une voie spirituelle où l'on nous propose d'accepter « ce qui est ». Nous nous tenons donc le raisonnement suivant : « Je vais accepter ce qui est : je suis toujours en retard. » Le problème, en l'occurrence, c'est que notre acceptation n'a rien à voir avec ce qui se produit ici et maintenant et que nous utilisons cette idée de « l'acceptation » pour nous complaire dans une mauvaise habitude du passé. Alors que, consciemment, nous prétendons vouloir changer, inconsciemment nous sommes en train de nous dire : « Je suis comme je suis et je n'ai pas besoin de m'interroger sur mon manque d'intégrité. »
L'« ici et maintenant » dans la formule « accepter ce qui est » élimine le passé comme le futur et nous ramène au moment présent. C'est un point tout à fait crucial, le pivot de cet enseignement sur l'acceptation de ce qui est. « Ici et maintenant » définit la réalité de ce moment comme absolument distincte des schémas chroniques de mécanicité qui trouvent leur source dans le passé et déterminent le futur. « Ce qui est ici et maintenant » est seulement dans le moment présent. Le passé n'a aucun pouvoir sur le moment présent et le futur n'existe pas, à moins que notre inconscient ou nous-mêmes ne fabriquions des influences passées ou futures.
Par conséquent, tout peut arriver dans le moment suivant dès lors qu'il est dégagé de ces influences. Donc, au lieu de nous dire : « Ce qui est, c'est que je suis toujours en retard », nous pouvons reconnaître que, oui, nous sommes en retard maintenant, tout en étant ouverts au moment suivant. Dans le moment présent, il n'y a pas de moment suivant ; c'est seulement lorsque le moment suivant devient le moment présent que ce moment existe.
Lorsque nous disons « Ce qui est est ici et maintenant », cela signifie uniquement ici et maintenant. Ce n'est pas : « Ce qui est ici et maintenant était... », ou : « Ce qui est ici et maintenant va être ». L'acceptation de ce qui est est précise, spécifique, elle relève d'une connaissance spécifique du moment présent. Lorsque nous acceptons ce qui est ici et maintenant, nous disons à la vie : « Je n'ai pas besoin de te manipuler, de te contrôler. Tout est bien tel quel. » Et dans cette liberté, c'est la vie qui définit le moment suivant plutôt que notre psychologie.
Lee Lozowick
Eloge de la Folle Sagesse
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vendredi 24 mai 2024
Acceptation
jeudi 7 septembre 2023
Du côté de l'instructeur par Gilles Farcet (2)
DU COTÉ DE L’INSTRUCTEUR, EPISODE 2
« L’ESCLAVAGE COMPLET EST LA LIBERTÉ PARFAITE » - UN ENSEIGNANT SPIRITUEL DIGNE DE CE NOM NE PREND PAS SA RETRAITE
Une première exigence de cette situation d’accompagnant instructeur, que ce soit dans le cadre, d’un grand lieu comme Hauteville ou d’une petite structure, est que à maints égards la dynamique ne s’arrête jamais véritablement. Tout simplement parce que, dans cette relation bien particulière, il n’y a pas de limite de temps.
L’instructeur accompagnant, à partir du moment où il ou elle assume cette fonction, n’est pas censé l’abandonner, décider de faire autre chose , encore moins « prendre sa retraite ».
Voilà bien un élément à lui seul susceptible de décourager bien des vocations … Il n’a jamais été question qu’Arnaud « prenne sa retraite », même s’il a dans les faits touché sa petite pension de réalisateur le moment venu …
J’aurais en ce qui me concerne aimé le voir mener une existence un peu plus tranquille, avoir à faire à un Arnaud dans sa vieillesse un peu plus dégagé de quantité de charges, mais c’est une autre question.
Un enseignant spirituel digne de ce nom ne prend pas sa retraite. Il ou elle est censé « mourir en scène « comme Molière, ou en tout cas continuer jusqu’à ce que cela ne soit physiquement ou /et intellectuellement plus faisable ; auquel cas il ou elle demeurera autant que possible disponible pour transmettre par ce qu’il ou elle est …
Swami Prajnanpad, âgé et malade, a transmis jusqu’au bout, Yogi Ramsuratkumar aussi, et je pourrais égrener une longue liste.
J’ai vu de mes yeux Lee Lozowick enseigner et poursuivre son travail alors qu’il était littéralement ravagé par la maladie, au point qu’il aurait été, selon une perspective plus courante, censé être en soins palliatifs. J’ai vu Yvan Amar lui aussi rongé, encore très jeune, par une grave maladie, rassembler ses quelques forces pour donner encore et encore… Monsieur Gurdjieff tenait toujours table ouverte pour ses élèves dans son fameux appartement quelques jours avant sa mort.
Ce que d’aucuns qualifieraient d’acharnement n’est pas, selon moi, le fait d’une névrose ou d’un masochisme mais bien d’une consécration. Un enseignant - accompagnant digne de ce nom se doit à celles et ceux qui placent leur confiance en lui, et par delà ces personnes en elles mêmes, à la transmission. La fonction d’ami spirituel n’est pas un job ou un mandat que l’on exerce un temps. C’est un engagement à vie.
Lequel peut bien sûr prendre différentes formes et n’exclut pas des aménagements en fonction de l’âge, de la santé…
Swami Prajnanpad âgé et malade, s’il continuait à accompagner ses élèves, n’avait pas le même rythme quotidien que dans ses plus jeunes années… Il n’est pas nécessairement demandé à un instructeur accompagnant de se consumer à la tâche sans aucun ménagement, même si certains, tel un Lee Lozowick, choisissent manifestement de le faire, quitte à prendre congé quelque peu prématurément.
J’ai parlé du rythme très soutenu tenu par Arnaud jusqu’à ce qu’un malaise le terrasse, mais il avait tout de même , à quatre vingt ans passés, davantage de jours et de périodes de repos qu’il ne s’en accordait autrefois …
Il n’en demeure pas moins que, avec les aménagements et modalités propres au style et au destin de chacun, la fonction d’ami spirituel n’obéit pas aux lois habituelles de limite de temps et d’âge.
C’est une position de ce fait assez singulière.
Pour ma part, à mon niveau de « petit joueur » néanmoins soumis aux règles et lois du jeu, je n’ai plus dans les faits qu’une liberté de mouvement réduite à peau de chagrin. En pratique bien entendu, je suis « libre », et fort heureusement. Si je décide demain de tout liquider pour déménager à Los Angeles, personne n’aurait le pouvoir de m’en empêcher !
Reste que cela constituerait une forme de trahison et d’abandon. Tout comme je n’ai jamais ne serait ce qu’envisagé qu’Arnaud pourrait un jour cesser sa fonction, sinon par la mort ou l’incapacité, nos élèves prennent pour acquis que nous allons rester "en poste" jusqu’au bout.
Etant entendu, là encore, que cela n’exclut aucunement les adaptations, changements, voire mutations.
Arnaud a mis fin au Bost, créé Font d’Isère, mis fin à Font d’Isère, déménagé à soixante dix ans en Ardèche pour y fonder Hauteville, lieu qui a lui même connu bien des évolutions au fil des seize années où il l’a dirigé de son vivant.
Je ne me sens donc aucunement obligé de maintenir quoi que ce soit « en l’état ». A mes yeux et selon ma perspective, tout est toujours ouvert et possible. Je dis parfois à nos élèves que je ne me sens en rien prisonnier du dispositif que nous avons mis en place et que, si il venait à nous apparaître comme inadéquat ou ne servant plus pleinement sa fonction, nous n’hésiterions pas un instant à le dissoudre. Une structure, quelle qu’elle soit, n’a pas de sens et de légitimité en elle même. Elle ne vaut et ne se justifie que par ce qu’elle sert.
Reste qu’en pratique, et tout en n’oubliant pas que l’homme propose et Dieu dispose, je ne nous vois guère migrer et expliquer aux personnes venues s’établir aux alentours pour être au cœur de la dynamique que tout se passera désormais ailleurs … Et encore moins annoncer que nous allons dorénavant nous consacrer à plein-temps à la culture de notre potager.
Le paradoxe est que, à maints égards, je ne me suis de ma vie senti aussi libre.
En pratique et selon toute apparence prisonnier de nos élèves et du dispositif mis en place, je m’éprouve au quotidien, quelques rares moments de fatigue mis à part, moments que d’ailleurs j’ai appris à gérer, plus comme un oiseau volant en plein ciel que comme un volatile en cage.
Et, tout cela étant dit, ma situation en tant qu’instructeur vis à vis des élèves s’apparente à celle d’un homme marié et prenant ses vœux au sérieux, bien loin de celle de ces enseignants qui voguent de stage en stage, de conférence en atelier , tels des « polyamoureux » terrifiés par l’engagement mais contraints par leur image à théoriser leur terreur pour en faire une marque de suprême liberté…
« L’esclavage complet est la liberté parfaite ». Voilà bien une formule de Swami Prajnanpad susceptible d’être comprise à bien des niveaux, jusqu’à la plus haute métaphysique.
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dimanche 6 août 2023
Mondes obscurs
S’il reste dans notre vie une zone importante qui n’a pas été examinée, il est beaucoup plus difficile de s’abandonner au Divin. Nous voulons tous réaliser l’aspect lumineux de la nature humaine, mais personne ne veut voir la partie d’ombre.
…
Parce qu’ils représentent la dimension transformatrice du psychisme, nous avons besoin, pour devenir des êtres humains à part entière, que les mondes obscurs se marient aux mondes supérieurs. Etre entier, c’est être complet. D’un point de vue holistique, la vie n’est pas parfaite, mais en revanche, elle est complète. L’expérience humaine n’est pas un registre de voix ou un climat unique, une saveur neutre et homogène, elle inclut tout l’éventail des possibles.
Comme une symphonie précisément orchestrée, la vie est une polyphonie complexe qui comprend de nombreuses mélodies et atmosphères aussi bien harmonieuses que dissonantes.
Sans l’expérience complémentaire et équilibrante des mondes obscurs, les mondes lumineux nous entrainent dans l’illusion, la dilatation de l’ego et la grandiloquence. Dans notre culture occidentale, nous avons tendance à nous sentir plus à l’aise dans ces mondes-là. Le travail du shaman contemporain va donc consister en grande partie à se focaliser sur la rédemption et la conquête des mondes obscurs.
Les mondes obscurs sont le domaine d’expression des esprits et des pouvoirs psychiques, de l’extase, de la révélation, du chaos créatif, de la passion, des énergies sexuelles, de la guérison et de la transformation. Chargé des pouvoirs de vie et de mort, c’est un domaine formateur où se retrouvent les schémas originels des semences de la Création, ce que Gregory Bateson appelle « les schémas qui connectent ». C’est là que sont nos racines, qu’est l’unité primordiale de toute chose. C’est ce pouvoir guérisseur fondamental des mondes obscurs que nous avons besoin de reconquérir.
Les mondes obscurs sont le lieu où résident ces fragments de nous-mêmes qui sont niés, réprimés, éclatés et constituent ce que Carl Jung appelle « l’ombre ». Jung était convaincu que cette ombre possède un pouvoir et une vie propres. Autrement dit, si nous ne reconnaissons pas ces parties de nous-mêmes en toute conscience, elles agissent de leur propre chef à partir d’une source inconsciente -souvent dans le but de déstabiliser notre attention, toujours dans celui de l’accaparer. Pour utiliser le langage des shamans, ces fragments, qu’on appelle des « alliés », des « esprits » ou des « démons », ont le pouvoir de guérir ou de tuer et peuvent s’emparer de l’âme.
…
Nous avons perdu notre connexion avec les pouvoirs de guérison et les passions du domaine des mondes obscurs. Pour l’Occident, ces mondes équivalent à l’enfer, à l’abîme de feu du Diable. On peut traduire ce phénomène en termes psychologiques, à savoir que les mondes obscurs contiennent toutes les énergies refoulées de l’humanité, ainsi qu’un potentiel inconnu de croissance chez l’être humain.
Ces énergies refoulées comprennent la sexualité, l’extase, le chaos de la créativité, la naissance, la mort, d’autres aspects de la vie aussi et plus particulièrement la dimension féminine, laquelle fut dénaturée par une culture répressive et une vision du monde religieuse dans son sens restrictif. Il n’est pas étonnant que la peur de l’enfer pousse les intégristes chrétiens à condamner et à refouler le rock et d’autres formes artistiques, en particulier le théâtre, qui ne cessent de nous rappeler l’existence des mondes obscurs, nous y transportent même.
Parce que la peur et le refoulement des forces de l’ombre sont profondément ancrés dans notre culture, leur irruption dans le monde du milieu, le monde de la vie quotidienne, peut s’avérer désagréable. Au pire, elle est choquante : violence, vengeance, viol, torture, meurtre, génocide, guerre, ce sont là quelques démons hideux qui appartiennent aux mondes obscurs. Et puis il y a ces expressions habituelles que nous acceptons comme faisant tout simplement partie de la vie de tous les jours : la culpabilité, la honte maladive, les abus sexuels, la colère, le vice, l’avidité, le sadisme, le perfectionnisme, le racisme, la misogynie, l’autoritarisme, la tyrannie, les dépendances multiples, etc…
Parce que nous nions ou réprimons les mondes obscurs, ils font partie de notre univers inconscient. L’inconscient humain peut être comparé à une cocotte-minute. Quand le couvercle est très serré trop longtemps et que la vapeur ne peut s’échapper, la cocotte vous explose à la figure. Mais si vous laissez la soupape se dégager naturellement et progressivement, alors la pression diminue et vous pouvez enlever le couvercle facilement. A ce moment-là seulement, vous avez la possibilité de remuer ce qu’il y a à l’intérieur, de l’assaisonner et de le manger.
C’est à ce type de nourriture pour l’âme que Socrate fait référence lorsqu’il dit : « connais-toi toi-même ». Il faut reconnaitre et intégrer chaque partie de soi et rester ouvert à toutes les possibilités humaines. Le refoulement et le rejet de la vie génèrent les cruautés et les maladies de l’humanité. C’est ce principe psychologique fondamental que l’on retrouve dans les évangiles apocryphes (gnostiques) :
Si tu fais naitre ce qui est en toi, / Ce que tu fais naitre te sauvera. / Si tu ne fais pas naitre ce quoi est en toi, / Ce que tu ne fais pas naitre te détruira.
Evangile de Thomas, 14.29-33
Nous pouvons nier la part d’ombre en nous (et la vie en général) autant que nous le voulons, mais elles ne disparaitront pas pour autant. Plus nous réprimons et nions les pouvoirs des mondes obscurs, plus ils deviennent « infernaux » et « malveillants ». En termes psychologiques, ces mondes sont peuplés de puissantes énergies vitales réprimées et dénaturées, qui se retrouvent tordues, malades et coupées de notre conscience…
Des véritables profondeurs de l’ombre naissent les révélations et la guérison. C’est en y descendant que l’on découvre ses propres potentiels de guérison. On peut alors réintégrer ces aspects à la totalité. Par un processus de démembrement et de mort psychique, une porte s’ouvre sur la vacuité des mondes souterrains. [S’ensuit une union avec la forme originelle.]
Les voyages dans ces dimensions ne sont utiles que si l'on a la capacité de rapporter ce que l'on a appris dans le monde relatif. Le monde relatif c'est la vie quotidienne, ce dont l'ego a conscience, la réalité physique ordinaire de la terre... l'activité concrète, le progrès, le fait d'apprendre, d'agir, de construire. Pour la plupart des gens ce monde est coupé, inconscient de sa connexion à la réalité non ordinaire (même si la vie intérieure, la vie intime finit toujours par faire irruption dans le monde ordinaire, malgré tous nos efforts pour la nier). Le monde relatif n'a pas grande signification sans cette connexion avec les mythes. Sans la riche expérience intérieure des mondes inférieurs et supérieurs, nous sommes inconscients, somnambules, de simples machines. Nous nous transformons en robots, ignorants du mystère sous-jacent à tout ce qui nous entoure.
Le cœur éternel de la voie (tome V) - Lee Lozowick
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samedi 6 août 2022
Accepter ce qui est
Le secret de la vie tient en quelque mot : Ce qui est, ici et maintenant. C'est ainsi que l'a exprimé le maître d'Arnaud Desjardins, Swâmi Prajnanpad. Si l'amour est ce qui est, parfait. C'est ce à quoi nous aspirons tous. Nous voulons que nos vies soient remplies d'amour, de bonheur et d'équanimité et c'est une aspiration raisonnable. Réaliste, non, raisonnable, oui.
Mais si certains jours la vie telle qu'elle est s'avère heureuse, sereine et belle, d'autres jours elle est totalement chaotique, embrouillée, pleine de rebondissements et de crises. Quand l'ordre est ce qui est, c'est ce qui est. Quand le chaos est ce qui est, c'est ce qui est.
Lorsque les molécules et les atomes ont été découverts, on y a trouvé un certain ordre et ce fut un grand soulagement ; mais quand on a découvert les particules subatomiques, on n'a pas pu y trouver la moindre trace perceptible d'un ordre quelconque. La conscience fonctionne de manière très chaotique. Un jour, nous sommes parfaitement lucides et tout paraît simple ; le lendemain, nous voilà perdus, en pleine crise, en proie à la confusion. En fait, il nous faut faire avec ce que nous avons maintenant. Si nous sommes bloqués d'une manière ou d'une autre, il nous faut le prendre tel quel et y faire face tel quel afin de tirer le meilleur parti de la situation telle qu'elle est et non telle qu'elle pourrait être, devrait être ou serait si... Malheureusement, accepter ce qui est suppose que l'on ne se contente pas de considérer la surface de nos existences. La plupart d'entre nous considérons nos vies et pensons : « Ah oui. Je suis ici, très bien. Ce qui est est. Je suis assis sur une chaise en train de lire un livre et je l'accepte. » Mais qu'en est-il du reste de l'univers, y compris le reste de notre univers ? Qu'en est-il de notre centre émotionnel, de nos corps subtils ?
Pour donner un exemple de cette « acceptation » superficielle, mettons que nous soyons assis au cinéma et remarquions que nous ressentons une attirance pour notre voisin ou voisine. Peut-être allons nous nous dire : « Je vois que je suis attiré par cette personne et j'accepte que c'est ce qui est. J'accepte cette attirance. » Mais même si nous acceptons effectivement cette attirance, ce qui est à un moment donné est la totalité de ce qui est, non une petite facette du tout. Qu'en est-il du reste de la réalité, à savoir que cette personne est exactement comme notre mère, que nous le sentons par une sorte de télépathie et que notre attirance se fonde sur le désir de recevoir de notre mère l'amour que nous n'avons pu obtenir auparavant ? Si nous n'acceptons pas tout cela, nous n'acceptons pas ce qui est.
Les êtres humains tendent à accepter de manière stratégique et sélective
. Il y a des choses que nous voyons, d'autres que nous ne voyons pas et, en fait, refusons de voir même si elles sont sous notre nez. Nous acceptons ce que nous avons intérêt à accepter dans l'instant, tout en ignorant et en niant ce qui ne nous paraît pas intéressant pour nous, jusqu'à faire comme si cela n'existait pas...
Lee Lozowick - Éloge de la folle sagesse
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mercredi 6 juillet 2022
Forces du Tantra
« La pratique du Tantra traditionnel est un chemin menant à la réalisation ; il nous demande principalement de rencontrer les éléments qui constituent notre monde souterrain, d’en passer par eux et de les convertir au lieu d’essayer de leur échapper ou de les ignorer. La peur, le désir, la maladie, l’envie, la soif de pouvoir, et toutes les qualités négatives que chacun d’entre nous porte en lui en quantités variables, nous sont nécessaires.
Ce n’est qu’en travaillant avec ces qualités négatives que nous les transformerons. Même si nous n’en voyons pas l’utilité, elles font partie intégrante de notre personnalité et, en tant que telles, nous devons les reconnaître. En fait, nous en avons vraiment besoin. Elles nous aident à construire ce que nous serons dans le monde supérieur. Sans elles, nous ne serions pas humains, donc nous ne bénéficierions pas de la possibilité divine et de l’occasion divine qu’est l’existence humaine. C’est lorsque nous travaillons avec ces forces, et non pas malgré elles, qu’elles sont transformées. En cela, se définit essentiellement le Tantra. »
Lee Lozowick
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lundi 28 mars 2022
samedi 6 novembre 2021
Eveil et structure...
" Alors, vous voilà dans une pièce avec un enseignant non dualiste populaire. Il fait son truc, c’est plein d’étincelles et à un moment, voilà, vous y êtes ! Où ? Nulle part. Qu’arrive-t-il ? Rien. Tout est parfait, réel, tel quel. Vous êtes sans voix, plein de gratitude et d’émerveillement et de joie face à toute cette splendeur. Vous quittez la pièce et il vous reste peut être un peu du halo de cette expérience, mais vous supposez que ce halo est la même chose que ce dont vous avez fait l’expérience dans la pièce. Un jour après, même si ce vécu s’est complètement dissipé, vous croyez toujours y être. Vous avez fait une expérience, cette expérience était réelle et vous croyez que tout est accompli en ce qui vous concerne. Plus besoin de travail. Vous avez réalisé le but de la voie. Vous êtes éveillé, réalisé, illuminé. Grosse erreur….
Le travail spirituel ne consiste pas en une expérience momentanée mais en une intégration, une digestion, une croissance…
Mon enseignement est passé de la transmission de l’éveil …à la tentative d’encourager les gens à grandir et à se comporter en adultes. C’est beaucoup plus difficile que l’éveil. Beaucoup plus.
Si nous ne bâtissons pas des fondations , ne vérifions pas qu’elle sont solides puis ne développons pas une structure, l’éveil est inutile, ne sert absolument à rien…
Ce que je fais maintenant, c’est aider les gens à grandir, c’est aussi ce que font tous les enseignants que je considère comme des amis."
Lee Lozowick, extrait d’une causerie du 22 février 2009
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mercredi 13 janvier 2021
L'enfer, c'est les autres... oui mais en nous !
mercredi 22 juillet 2020
Degrés d'éveil
(Éloge de la folle sagesse)
jeudi 12 décembre 2019
Volonté de Dieu...
Quand on est soumis à la Volonté de Dieu, on est animé par Lui jour après jour, instant après instant. Chaque jour on reçoit ses ordres : « Va à tel endroit aujourd'hui. Fais ceci. Écris ceci. Fais en sorte que ceci se fasse. Mange ceci. Ne mange pas ça. Pratique telle discipline. »
Lee Lozowick




















