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jeudi 12 décembre 2024

Prendre conscience...


 Phrases extraites de "La stratégie du Oui" de Denise Desjardins

Consoler l'enfant perdu que nous avons été, ce n'est pas le dorloter, nourrir son obstination, en revivre obsessionnellement les souffrances.

Donner à l'enfant toute permission de s'exprimer, certes pour qu'il puisse grandir, évoluer. Nous portons cet enfant en nous, mais nous ne le sommes plus.

Travail de désidentification à faire ;

Réflexion sur le plan de la compréhension de nos comportements, jamais sur celui des "excuses". Evitons cette erreur puérile.

Nous sommes programmés par notre mémoire, comme un ordinateur doté de "mémoires" différentes selon les questions que l'on souhaite lui poser.

Prendre conscience de ce que nous sommes, de ce qui nous régente de loin : le passé. Ce passé, avec ses impressions restées toutes puissantes, invisibles, qui nous manœuvrent à notre insu comme une marionnette dont il tire les ficelles.

Principe incontournable : ce qui vient, vient pour partir : états de conscience provisoires, pensées instables, émotions changeantes ; notre psychisme entier est transitoire.

Comment pourrait-on être en paix avec autrui si on ne l'est avec soi-même.

Nous avons perdu le souvenir de notre implacable sensibilité d'enfant. Toute les sensations s'enregistrent chez lui comme une plaque ultra-sensible où s'amplifient le moindre son, le plus léger choc.

Un geste agressif, et il se sent tué. Il désire tuer à son tour immédiatement. L'enfant ne croit qu'à l'agréable et à sa permanence. Au moindre désagrément, il est perdu ; s'il subit un violent traumatisme, pas de nuances, le ressentiment sera long à passer.

Du ressentiment à la compréhension jusqu'à la réconciliation.

Qu'est-ce que comprendre l'autre sinon voir sa souffrance, son irresponsabilité, essayer de se mettre à sa place.

La mémoire : alors que chaque sensation, chaque perception est unique et qu’il n'y a pas de continuité, la mémoire s'immisce et nous incite à juger, comparer, en ramenant sans cesse des impressions anciennes. Elle établit des ponts, relie l'impression actuelle à celle du passé et ce lien donne l'illusion de la continuité. Quelque chose semble persister, devient insensiblement un "je" qui se développe et convaincu de sa propre permanence, se gonfle d'importance. C'est à travers la mémoire que se vomissent les émotions douloureuses du passé sur celles du présent, elle qui les dramatise et les fait dérailler. 

La mémoire est neutre, c'est un instrument, que l’on emploie à sa guise.

Pourquoi ? Le "pourquoi" : je questionne lucidement, et je quitte le plan du mental pour celui de la buddhi ; l'intelligence discriminative.

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mardi 2 juillet 2024

Pouvoir du oui...

 


Que peut le oui ? 
Rien, s'il est passivité, résignation, répression du non, accablement. 
Tout, s'il est processus dynamique, vision juste. 
Tenter d'accueillir l'émotion, de rester quelque temps en sa compagnie ; 
la voir sans la nier, la reconnaître sans la juger, 
bien sûr, c'est lui dire oui. 
Bien sûr, c'est être « un » avec elle.

Denise Desjardins
(La stratégie du oui)
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mardi 20 février 2024

Refus de l'émotion


Et, au premier chef, l'émotion, mélange d'énergie fluide et de pensée. Un regard attentif sur soi permet de découvrir que cette émotion est avant tout un refus. Ressentiment, peur, colère nous envahissent dès que nous refusons les situations déplaisantes.
Ainsi découle naturellement une thérapeutique de l'émotion, Elle tente de dégager notre vision de la réalité, des préjugés qui la recouvrent.

Denise Desjardins


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samedi 11 novembre 2023

Bernard Campan et Denise Desjardins


 "Plébiscité par le public français, Bernard Campan est acteur, scénariste, réalisateur et producteur.

Quand on lui a demandé de choisir deux femmes à nous présenter, cet ancien Inconnu nous a avoué avoir du beaucoup chercher. Et cela n’a rien à voir avec sa mémoire à lui, mais plutôt avec l’oubli dans lequel notre Histoire laisse sombrer des femmes extraordinaires.

Au micro de Donne-moi des Elles ce mois-ci, il a choisi d’évoquer la mémoire d’Olympe de Gouges et de Denise Desjardins, deux personnalités libres et engagées, l’une sur la voie révolutionnaire et l’autre sur la voie spirituelle. "

Je vous propose la partie sur Denise Desjardins en cliquant sur cette phrase.


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mardi 11 avril 2023

Les six étapes du travail sur soi, selon Denise Desjardins


1e étape

Trouvez la cause de notre difficulté majeure [grâce à un travail sur l’inconscient].

2e étape

Acceptez ce qu'il en est, même si la situation intérieure se révèle cruelle. C'est ce que nous sommes en grande partie : une mécanique soumise à certains conditionnements dont l'origine se situe pour la plupart dans l'enfance (quelquefois plus avant). En exprimer la souffrance ou la révolte sans se juger ni se sentir coupable.

3e étape

Se désidentifier des traumatismes de l'enfance. Lesquels laissent des marques d'autant plus tenaces qu’ils se sont profondément gravés sur la cire encore neuve du psychisme d’un petit enfant, d’un bébé, parfois même du fœtus.

4e étape

Faire une sorte de bilan en établissant un tableau où sont mis en regard les causes et les résultats c'est-à-dire le passé et le présent.  Un tableau qui ne prend pas plus d’une demi page, à la rigueur une page, afin de pouvoir s'y reporter dans la vie quotidienne au cas où l'on ait oublié d'où viennent nos réactions émotionnelles les plus fortes : il est indéniable que les habitudes mentales reprennent vite le dessus.

5e étape

Aussi importante que longue : faire, chaque fois que les vieux automatismes reviennent avec leur cortège d'émotions, un travail de connexion, de remémoration de l'origine de ces comportements que l'on a retrouvés, vus, compris, mais que l'on a tendance à laisser de côté. Du coup, on se laisse reprendre par ses anciennes habitudes de penser, de réagir, de se comporter, vieilles de nombreuses années où l'on a cru naturel d'être ainsi, de vivre ainsi. 

6e étape

Elle s’insère au jour le jour dans la banalité des habitudes, à chaque conflit d’ego à ego au cours de sa vie professionnelle ou relationnelle. Plutôt que de se perdre dans ces conflits, il s'agira de les transformer en une multitude d'occasions de s'exercer : chaque fois une provocation ou un piège qui peut nous faire tomber - ou bien que l'on peut déjouer. Voyons-les comme un jeu avec la vie en guise de partenaire, qui nous envoie ces coups bas, ces piques et ses possibilités de s’en sortir.  On rate une balle, l’autre va se présenter rapidement, peut-être dans l’instant qui suit. Il est permis de trébucher, et… de se relever aussi sec. 

Cette vaste zone de chocs inattendus qu’est notre journée va provoquer à son gré ce que Swâmi Prajnânpad nommait "exciting causes" : les déclencheurs, les faits journaliers qui excitent nos points faibles, et nous font réagir à grande vitesse. 

S’en servir deviendra le but de cette étape : s’en servir comme d'une occasion d'entrer en relation avec nos émotions, donc d'en prendre une connaissance plus intime, plus directe.  Allez d'un mécanisme compulsif à la lucidité de l'acte, ou comment transformer la réaction en action. 

Denis Desjardins - Le Lying, 2001 (extraits)

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lundi 3 avril 2023

Utilisation de l'énergie contenue dans l’émotion.

 LA STRATEGIE DU OUI – L’émotion et ses thérapeutiques de la tradition au lying

Denise Desjardins - La Table ronde


Que faire pour se libérer de l’émotion ? Se servir de l’émotion. Si le Seigneur a créé les émotions, n'est-ce pas pour les utiliser afin de le rejoindre   Puis il créa «la dévotion austère, la parole, la volupté, le désir, la colère aussi ; c'est ainsi qu'il opéra cette création, désirant donner l'existence aux êtres ». (Lois de Manou, 1, 25 2.)

Ardeur, désir, faculté de jouir, colère, telles sont les composantes de notre psyché qui peuvent, de façon inattendue, briser les écrans de structure mentales et susciter les états mystiques. C'est en grande partie de quoi s’occupe le Vijñâbhairava tantra, un des plus anciens tantra (livre sacré, principalement ceux des sectes sivaïtes) auxquels se réfère l'école sivaïte moniste du Kašmir. 

Abandonnons effort de contrôle psychique, rituels et mantra. Place à l'utilisation de l'énergie. Et plus cette énergie sera impétueuse, tumultueuse et même violente, plus l’ascèse sera profitable., Si on sait s'en saisir de la bonne façon et aux bons moments. Le tantra en propose cent douze. Parmi eux, toutes circonstances, émotions, sensations, impressions où l'énergie est à son paroxysme, peuvent devenir l'aiguillon pour rejoindre la plus haute énergie.

Où l'énergie se révèle-t-elle la plus forte, donc la plus utilisable, si ce n'est au moment d'une explosion d’émotions ? Ainsi passion, colère, terreur, au lieu d'être honnies, bannies, proscrites, exorcisées, vont-elles devenir, en tant que production magnifique de matière première, le domaine par excellence de l'ascèse. Ne fuyons donc pas l'existence de chaque jour ; essayons au contraire de traquer ces occasions de bouillonnement émotionnel, au besoin de nous y préparer, afin de découvrir le fil d’Ariane qui, de cette éruption brutale, va permettre de remonter jusqu'à sa source : l'énergie indifférenciée, toute-puissante, celle de Siva, et de s'y fondre.

Cette technique, nous avons à chaque instant l'occasion de la mettre en pratique, nul doute, mais que de qualités elle requiert... A commencer par une vigilance, une vivacité et une présence d'esprit peu ordinaires. Car la démarche exige, à tout le moins, une rapidité fulgurante pour, en plein cœur du jaillissement d'émotions, parvenir à stopper le fonctionnement intellectuel.

« Si l'on réussit à immobiliser l'intellect alors qu'on est sous l’emprise du désir, de la colère, de l'avidité, de l'égarement, de l’orgueil, de l'envie, la réalité de ces états subsiste. »

Encore faut-il y réussir... L'exploit d'être simultanément la proie d'une émotion violente et l'acteur capable d’immobiliser son intellect, n'y parvient pas qui veut, mais qui s'est adonné au recueillement, à la maîtrise de soi, même s'il l'a provisoirement perdue. A quelque niveau que se déroule notre vie, n'importe quelle émotion fera l'affaire et servira de déclencheur, à condition de faire converger sur-le-champ un triple faisceau : la formidable condensation d'énergie, la sensation d'exister, attisées toutes deux par l'émotion violente, l'immobilisation de la pensée. Que d'occasions la vie nous offre d'utiliser d’un coup ce potentiel énergétique (même l’éternuement !) : « Au commencement et à la fin de l'éternuement, dans la terreur et l'anxiété ou (quand on surplombe) un précipice, lorsqu'on fuit le champ de bataille, au moment où l'on ressent une vive curiosité, au stade initial ou final de la faim, etc., la condition faite d'existence brahmique (se révèle). › › (Verset 118.) L'existence brahmique étant une extase temporaire.

A ces instants dangereux, intenses ou violents, l'individu est unifié, que ce soit dans sa terreur ou son éternuement. Il n'y a de place pour rien d'autre. Mais qui prend garde à ces moments privilégiés ou providentiels ? Seul le peut l'ascète averti, entraîné à concentration, méditation, vigilance, vivacité d'esprit. Celui-là seul parvient à calmer l’émotion, tout en gardant l'intensité et l'éveil de la conscience. Explosion d'émotions, situation d'urgence, paroxysme de sensation, oui. Mais d'autres instants encore peuvent provoquer spontanément ce que le tantra nomme l'état « d'existence brahmique››. En particulier les espaces de vide interstitiel. 

Le défilé perpétuel de nos pensées et associations d'idées nous donne l'impression de continuité et nous empêche de nous rendre compte, et plus encore d'utiliser ces espaces de vide. Que se brise l’écran des pensées, ne fût-ce qu'un instant, et dans cette trouée, un ciel jusque-là voilé se découvre dans tout son éclat. Encore faut-il saisir au vol l'instant fugace de la déchirure et ne pas fermer les yeux, mais bien s'ouvrir à cette clarté. Peu importe le support. Que ce soit l'intervalle entre deux souffles, ou entre deux perceptions, il peut devenir l'instant de rupture où soudain s'éclipse notre perception habituelle. 

Tentons, par exemple, dans l’espace qui sépare deux objets simultanément perçus, de s’arrêter en leur milieu : la Réalité jusque-là obstruée par ces objets peut alors se révéler. La « condition suprême › › est enfin saisie.

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samedi 18 février 2023

Le sacre de l’instant



Que je ne sois plus la proie tout à tour des fantômes du passé

Et des fantasmes du futur ;

Que vienne enfin le sacre de l’instant,

L’immédiateté du présent.

Tel est mon choix, mon vœu et ma prière.

Grandir, non s’endormir, s’éveiller et non plus s’affaisser,

Ni sombrer dans le néant, s’ouvrir au réel

Et non plus s’enliser dans le sommeil. 

Denise Desjardins - Contre vents et années

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mercredi 21 décembre 2022

Vérité qui ouvre

 


En matière de sadhana, de transformation intérieure, on demeure prisonnier de ce qu'on refuse, même tant soit peu, et on est libre de ce à quoi on dit oui.

Et vous verrez comment naît déjà en nous, chaque fois que nous avons pu accepter pleinement qu'aujourd'hui nous sommes ceci -- voilà la vérité-- un sentiment nouveau, inconnu de liberté et de sérénité dans l'acceptation.
Simplement parce que nous ne sommes plus en conflit avec la vérité, notre vérité d'aujourd'hui, le chemin est à nouveau ouvert devant nous.


Arnaud Desjardin, rencontre avec Arnaud et Denise Desjardin.

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lundi 26 septembre 2022

De la révolte au lâcher prise...


"Le très beau documentaire réalisé par Guillaume Darcq sur Denise Desjardins auquel j’ai eu le privilège de participer . Disponible en DVD pour les amateurs de qualité d’image ." Gilles Farcet

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samedi 20 août 2022

Renaissance du souffle

 


Je respire profondément jusqu’au bout de mon souffle. Mon diaphragme s’ouvre, se dilate de plus en plus. Aum en expirant, tat en inspirant complètement, un temps d’arrêt ensuite. En respirant ainsi, il me semble avec le aum créer la manifestation, qui avec le tat, revient à moi, et redevient le non-manifesté, le vide. Puis c’est un passage d’un vide à un autre vide, et je plonge à l’intérieur de ce centre, un peu à droite de la poitrine. C’est un gouffre non délimité, la tranquillité du fond des mers, une nuit que rien ne vient interrompre, sans commencement et sans fin.

Il n’y a pas de mot pour décrire cette grandeur sans mesure, où n’existe plus ni toi ni moi, mais une ample plénitude, en moi qui n’est plus moi, qui n’est ni à l’extérieur ni à l’intérieur.

Cette respiration continue. Je me sens avec le aum renvoyer toute peine, toute pensée, comme la marée en se retirant balaye tout ce qui est sur la plage, l’emmenant très au loin. Ainsi me laissant mon désespoir, Iryamani, mon fils, ma mère et mon père.

Tout s’estompe et s’efface comme des fantômes irréels, inutiles et encombrants, ombres sans consistance emportées par le aum de ma respiration.

Seul demeure ce merveilleux vide tissé de plénitude. Mon corps aussi fluide, léger, aérien ; seulement fumée sans densité, une ombre qui se déplace comme un nuage dans l’air. Il peut se mouvoir sans mouvement, en tous sens, s’élever sans effort, sans contrainte. Je le perçois hors de moi, dans cette perspective informelle. Il est inconsistant, désincarné. En quoi suis-je concernée par lui ? Il n’y a pas de Moi, de Je. S’est abolie la distinction entre ce qui est en moi et en dehors.

Seule une large vacuité où se déplace un fantôme de corps évanescent, irréel, qui s’efface et disparaît.

Le Rien qui contient toute chose.

Le Vide qui est plénitude.

Seulement Est.

Denise Desjardins (De naissance en naissance)

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mercredi 21 avril 2021

Pranam

 

Première rencontre de Denise Desjardins avec Swami Prajnanpad.
Me rendant auprès de Swâmiji, j’avais une position très ambivalente, dans la mesure où j’étais extrêmement attachée à Mâ Ananda Mayee et me sentais plus ou moins coupable de trahison. J’en avais pourtant parlé à Mâ qui m’avait donné sa bénédiction pour aller voir ce Swâmi, mais je ne pouvais me défaire d’un certain malaise. Pour moi, mon maître ne pouvait être autre que Mâ, elle qui m’avait transmis l’amour de l’Inde, le goût de l’authentique liberté intérieure...
J’y allais donc “pour voir”, bien décidée, par exemple, à ne pas faire le pranam (salutation) à Swâmi Prâjnânpâd. Nous avons roulé en pleine chaleur et sommes arrivés aux alentours de sept heures et demie, presque à la tombée de la nuit. Un serviteur nous a reçus, et je ne m’attendais pas à rencontrer Swâmiji ce soir-là lorsque je l’ai soudain vu arriver. Il s’avançait vers nous d’une démarche royale, si grand, si imposant... Swâmiji avait vraiment l’air d’un seigneur, et je me suis sans réfléchir retrouvée le front au sol, en train de faire le pranam. Mes résistances ont fondu.
Dans « biographie de Swami Prajnanpad » page 272.

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lundi 29 mars 2021

Inconscient et lying

 



Du lying vous dites qu’il vise à purifier l’émotion pour ouvrir le cœur à la réalité. 

Le lying est-il fait pour tout le monde ? L’âge peut il constituer une limite ?

Denise Desjardins : Il n’y a pas de limite d’âge mais cette méthode doit s’insérer dans une démarche intérieure. C’en est le tiers. 
Le lying s’avère nécessaire quand, après avoir essayé de comprendre ses comportements, on tombe sur « un os » incompréhensible : on reçoit des messages qui nous empêchent d’être nous-mêmes et de mettre en pratique l’acceptation, base de plusieurs enseignements. Si l’on ne peut pas voir véritablement ce qui est, c’est que l’on n’a pas pu accepter ce qui a été dans un passé plus ou moins lointain. Quand on réalise que les empêchements à être heureux viennent d’une origine lointaine ignorée, de l’enfance ou d’un scénario antérieur, il s’agit de la retrouver, de bien comprendre ce qui s’est passé, de l’exprimer, et de se désidentifier de l’enfant qu’on a été ou du personnage du scénario. C’est difficile parce que nous avons des habitudes ancrées en nous (vâsanâs) qui sont notre façon de penser depuis notre enfance. Il est malaisé de se débarrasser des habitudes physiques mais encore plus des habitudes mentales du fait qu’elles nous rassurent quant à la pérennité de notre moi. En pratiquant le fait de voir la différence, on se rapproche du but qui est de vivre dans l’équanimité, en commençant par dépasser le « j’aime/je n’aime pas », afin de parvenir à voir, sans aucun jugement, le caractère unique des êtres et des choses. Pour nous donner une approche du Brahman, Swâmiji disait : « Chaque chose est unique, chaque chose est neutre, chaque chose est Brahman ».







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vendredi 14 février 2020

Etre présent...

Etre présents à soi et au réel pour ne pas être emportés dans une vie dépourvue de sens, tel est l’enjeu. Il peut paraître simple, mais il s’atteint à travers une certaine forme d’ascèse. Nos esprits étant sans cesse « en promenade », balancés entre nos impressions du passé et nos rêves d’un avenir meilleur (le syndrome « passe ton bac d’abord » ou « quand je serai grand » dans lequel nous avons été programmés), nos préjugés et nos croyances, nous courons sans cesse le risque de laisser échapper le réel, et donc la vie.
Dans un livre admirable consacré à ces mécanismes de fuite du réel, l’écrivaine et thérapeute Denise Desjardins, initiée à la sagesse du présent par son maître Swâmi Prajnânpad, nous rappelle que, en nous exerçant à être plus conscients de ce qui se passe et à demeurer attentifs et ouverts, sur la crête de l’instant, nous pouvons atteindre une forme de plénitude. « Une région où rien n’est changé du ciel et de la terre, ni de ceux qui la peuplent, où seul a changé le regard que l’on y porte, la perception que l’on en a. Si l’acceptation est totale, le réel se révèle. » Et si c’était cela, vivre pleinement ?

Par Laurence Lemoine et Pascale Senk
Source : Psychologies
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dimanche 14 avril 2019

Germe d'éveil




« Chaque être humain porte, enfoui en lui, un germe d’éveil, dans un état latent. Pour parvenir à la symbiose avec tous les êtres, tout l’espace, et finalement ne faire qu’un avec l’infiniment vaste, ce potentiel d’éveil doit être développé. Mais la plupart des personnes l’ignorent ou ne s’en préoccupent guère. Swâmi Prajnânpad disait d’ailleurs : “L’homme a des possibilités infinies, mais des probabilités limitées” ! Nourrir le germe d’éveil est le but de la vie humaine. C’est à cela que sert la méditation : calmer son individualité, apprendre le détachement, donner de l’attention et de l’énergie pour nourrir cette possibilité d’éveil. Ne pas le faire, c’est passer à côté du vrai sens de la vie. » 

Denise Desjardins, Contre vents et années(Photo : couverture du livre "Le défi d'être")

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mercredi 22 mars 2017

Réveil des monstres... pourquoi ?

Extrait (qui se situe vers la fin du dialogue entre le jeune homme et la sexagénaire ) ... 
(extrait de la réédition de Le Défi d'Etre, dialogues avec Denise Desjardins, Dervy Livres, mars 2017)

On a envie de vous demander : à quoi bon en passer par là ? Pourquoi ne pas vivre tranquille en laissant sommeiller les monstres qui dorment en nos profondeurs, puisque leur réveil provoque de tels bouleversements...
Je vous répondrai que si monstres il y a, on ne vit pas tranquille ! Tout au plus réussit-on, en dépensant beaucoup d’énergie, à survivre avec ses démons, à se maintenir dans un pseudo- équilibre sans cesse menacé. 
On habite sur un volcan prêt à se rallumer, ou au sommet d’un immeuble susceptible de s’effondrer à la moindre secousse. Je n’appelle pas cela vivre... 
D’autant que, plus les années passent, plus l’édifice se fissure, et l’on ne se dirige pas vers un vieil âge et une mort paisibles. Par ailleurs, tout dépend de ce que l’on veut, de ce que l’on recherche. Je ne voyais pas en Svâmiji un psychanalyste ou un thérapeute, mais bien un gourou, un sage dispensant un enseignement métaphysique. 
Le lying s’intégrait dans une démarche globale de connaissance de soi et de recherche du Soi ; c’était un élément parmi d’autres de la quête de l’absolu. Je ne me considérais pas vraiment comme une femme soucieuse de guérir de sa névrose mais comme une apprentie-disciple d’un maître védantique, et c’est là toute la différence. Je n’étais pas partie en Inde pour y dénicher un super psychanalyste, même si le lying a joué un rôle essentiel dans mon propre cheminement. toutes les traditions spirituelles enjoignent aux disciples d’affronter leurs démons et ne cachent pas que cette démarche comporte certains dangers. 
Comme le disait Svâmii : « Le chemin n’est pas pour le lâche. » Il faut assumer et payer le prix. Peut-être ai-je moi-même payé un prix très élevé... mais je ne le regrette pas. Oui, vraiment, je ne regrette pas d’avoir payé le prix de la vérité. J’ai rencontré et connu la vérité de mon être, et cela n’a pas de prix. Si c’était à refaire, je recommencerais. un certain degré de liberté intérieure, le fait de ne plus subsister dans une attitude défensive ou de camouflage vis-à-vis de mes propres émotions, valaient bien cela.


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dimanche 8 mai 2016

Adieu Denise...

Spécialiste de la tradition hindoue, disciple de Svâmi Prajnânpad, Denise Desjardins nous a quittés le 17 mars, à l’âge de 92 ans. Cette “conquérante spirituelle” aura travaillé toute sa vie sur son psychisme et sur celui de ses patients, comme elle nous le confiait il y a quatre ans dans cet émouvant témoignage sur la vieillesse. (psychologies mai 2016)

Vieillir
« Vieillir, c’est dur... J’ai perdu de ma rapidité physique, et une certaine force ; j’ai appris à m’adapter aux temps de disponibilité et de faiblesse de mon corps.
Certains exercices de tao me permettent d’uti-liser la pensée pour réveiller l’énergie : je n’en manque pas. J’en ai même plus qu’à certains moments de ma “jeunesse”, depuis que j’ai compris que moins on a d’émotions, plus on a d’énergie. »

Transmettre
« J’ai passé ma vie à travailler sur mon psychisme pour abolir les plus fortes de mes émotions. Je crois que développer son intériorité et sa capacité d’éveil demande du temps : ma longévité me permet de conduire mon travail intérieur jusqu’au bout. Je continue à recevoir des gens pour les aider à dénouer les nœuds du cœur, et ça m’intéresse toujours autant. J’ai beaucoup reçu, j’essaie de transmettre ce qui m’a été donné. »

Accepter
« Depuis le début de ma vie, j’aspire à être centrée, stable et paisible, ce qui nécessite une grande détente et une grande acceptation : je m’efforce donc d’éliminer les complexités intérieures, les grosses émotions récurrentes, les petits désirs, pour approcher une sorte de vide qui n’a rien à voir avec le néant. Un sentiment d’unité, de profondeur et de vérité. J’ai eu une vie riche, mais aussi douloureuse. J’ai beaucoup pleuré; je crois que j’ai épuisé mon quota. Ça ne m’empêche pas d’avoir le cœur ouvert. Mais à la place des larmes sourd en moi une grande énergie. »

(Psychologies n° 317, avril 2012). 

 Denise Desjardins est l’auteure de nombreux ouvrages, parmi lesquels Le Bonheur d ’être soi-même, Contre vents et années et Les Fleurs de l'âge, un recueil de poèmes dans lequel elle évoque les derniers mois de sa vie (tous édités par La Table ronde).

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voir aussi les œuvres de Denise Desjardins


mercredi 4 mai 2016

Be happy, Arnaud... et Denise

Arnaud de Saint Simon
édito de Psychologies magazine de mai 2016


Après Arnaud, son ex-mari, Denise Desjardins, une autre grande figure de la spiritualité, vient de nous quitter. 
 Autant Arnaud était un « maître » qui a beaucoup écrit et a fédéré toute une communauté de pratiquants autour de son magnifique lieu, Hauteville, autant Denise était une figure singulière, presque solitaire, elle aussi pleinement engagée dans la transformation qui libère. 

J’ai eu la chance de la côtoyer (un peu), de l’apprécier (beaucoup), de même que les enseignants d’Hauteville, un endroit unique qui propose une expérience occidentalisée de la relation maître-disciple, encore méconnue aujourd’hui. 
Alors que la thérapie fait désormais presque partie de nos vies, cette voie alternative est riche : mieux se connaître, s’accepter et dépasser son ego, vivre dans l’instant présent, s’ouvrir à une dimension spirituelle et partager cette expérience avec les autres. 

L’accompagnement humain est central - nul ne peut se connaître, se libérer de ses souffrances ou de ses illusions seul. Le maître, ou l’enseignant, chemine, tel un grand frère, avec le disciple, transmettant son expérience dans une relation sans réserve, à travers des lectures, causeries, échanges de lettres, etc. Se pose bien entendu le problème de la bonne distance et de la « gouroutisation ». Arnaud Desjardins, qui a beaucoup écrit sur cet « ami spirituel », nous déclarait : « Le guru, en hindi, c’est à la fois “celui qui a de l’expérience” et “celui qui disperse les ténèbres” [...].
Il existe dans toutes les civilisations sous des noms différents : c’est le cheik en arabe, le pir en persan, le maître spirituel à qui l’on s’adresse dans toutes les traditions pour recevoir une éducation émotionnelle et spirituelle. » 
Le philosophe Alexandre Jollien raconte volontiers son expérience auprès du père Bernard, jésuite canadien et maître zen « devenu le médecin de [s]on âme4 », qu’il est parti rejoindre en Corée. Le disciple peut être fasciné par le maître, ce sera alors l’occasion de s’interroger, et de grandir en se rappelant la célèbre phrase du bouddhisme zen : « Si tu vois Bouddha, tue-le. » De son côté, le maître devra rester vigilant sur les questions du pouvoir, de la notoriété... et de la séduction, trois écueils dont Arnaud Desjardins a témoigné dans ses livres.

Autre garde-fou, le maître s’inscrit dans une lignée : il a hérité, il transmet. Pour Arnaud et Denise, c’était le fameux Svâmi Prajnânpad, un subtil maître bengali pétri de culture occidentale et de psychanalyse. Le maître enseigne, confronte et s’engage. C’est une ressource personnelle, ou symbolique s’il est décédé. C’est son amour pour Mâ Ananda Moyî, une autre grande figure de l’hindouisme, qui a porté Denise dans ses derniers instants.

Des maîtres inspirants, aidants... et facétieux. Face à l’insistance de son disciple, Prajnânpad avait promis qu’un jour il conclurait son enseignement en quelques mots. « Be happy, Arnaud.»
Pour nous, Français, nourris de concepts et d’esprit critique, c’est là la grande force des maîtres asiatiques : spiritualité = simplicité.


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vendredi 18 mars 2016

Voyage à la recherche de la sagesse avec Denise Desjardins


Dans l'existence, nous collons des rustines sur nos possibilités d'ouvertures... 
jusqu'à découvrir un état intérieur qui nous insuffle un autre regard sur l'existence...

Denise Desjardins nous partage son expérience "de l'accueil des anges" :

Extrait du DVD "De la révolte au lâcher-prise", par Alizé Diffusion

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jeudi 17 mars 2016

Denise Desjardins, dernier livre et dernière page...


Une fleur d'être qui a aidé tant d'autres à s'épanouir...




À quatre-vingt-douze ans, Denise Desjardins compose avec Les Fleurs de l'âge un recueil intimiste dans lequel elle évoque son passé d'artiste et de voyageuse, ses rencontres avec les grands maîtres spirituels, ses attachements, mais aussi et surtout sa vie d'aujourd'hui, vouée au calme et à la contemplation. Si son corps est devenu fragile, son esprit, lui, n'a rien perdu de sa vivacité : tel un vieil arbre fruitier qui continue de nourrir généreusement oiseaux et passants, elle s'efforce de transmettre ce qu'elle a reçu en abondance. Attentive au germe d'éveil caché en elle, elle s'émerveille des dons de la nature. Elle observe les ciels changeants, noue des conversations avec les fleurs et les tourterelles, tout en laissant refluer les images du film de sa vie résolument hors du commun.







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