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mercredi 15 juillet 2026

Perte de repères

La canicule nous apprend à modifier notre comportement

Les maladies cognitives aussi ...


Dans nos sociétés nous savons depuis des temps lointains nous défendre contre le froid, c'est devenu un réflexe naturel ou automatique qui ne demande aucun effort de réflexion ou de mise à distance de ce qui nous arrive. La chaleur jusqu'à maintenant n'était jamais considérée comme un danger vital. J'ouvre la fenêtre et je dis: "Oh! la la, il fait encore chaud". Je pense à consulter la météo, mais je n'ai pas le réflexe de fermer rapidement la fenêtre. Je n'ai pas encore compris que s'exposer à la chaleur quand on peut l'éviter est dangereux. Le corps stocke la chaleur comme il stocke le froid et la régulation n'est pas automatique. Dans une période de canicule notre quotidien doit être revisité et réaménagé. Il faut acquérir de nouveaux réflexes que les habitants des pays chauds connaissent déjà. Notre intelligence nous sert à inventer des mots, une langue, des moyens techniques et de nouvelles stratégies pour conserver une vie supportable. En Inde, quand une mère retrouve son enfant chéri on dit que cela lui "rafraichit" le coeur. Dans nos pays tempérés, ce qui nous rend heureux nous "réchauffe" le cœur.

Pour dire les choses simplement il faut changer ses réflexes instinctifs, aller dans tous les détails pratiques pour construire un quotidien adapté, forcément différent.

Quand on se trouve confronté à une maladie cognitive le mode d'emploi habituel "prendre soin d'une personne malade" ne fonctionne pas mieux que celui qui consiste à garder ses habitudes quotidiennes de lutte contre le froid en période de canicule.

Ce que l'on constate en premier lieu c'est que les repères de temps et d'espace du malade ont changé.

Ce que l'on constate en deuxième lieu c'est qu'essayer de le faire revenir dans ses repères anciens est perçu comme une agression (et c'en est une véritablement).

Et on se trouve complètement démuni, comme l'illustration le suggère : Le malade est perdu faute de repères adaptés et l'aidant est tout aussi perdu. Personne ne sait ni ce qu'il faut faire, ni ce qu'il faut éviter. Pour continuer à communiquer avec la personne en difficultés cognitives il faut changer ses réflexes instinctifs. Notre corps stocke les frustrations et le stress, comme il stocke le froid ou le chaud, et ce n'est jamais simple de rétablir l'équilibre quand l'environnement n'est pas favorable.

Colette Roumanoff

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dimanche 11 février 2024

Svâmi Prajnânpad, "Six portes vers le présent"

Ecrit par Sabine Dewulf

Ce week-end, j'ai le grand plaisir de vous présenter ce nouveau livre des éditions dirigées par Jean-Louis Accarias dont je viens d'achever la lecture : Svâmi Prajnânpad, "Six portes vers le présent – Entretiens avec Daniel Roumanoff", Traduction et mise en forme de Colette Roumanoff,  ACCARIAS / L’ORIGINEL, 2024.


Svâmi Prajnânpad est l’un des grands maîtres spirituels de l’Inde. Aussi un livre portant sur ses enseignements est-il toujours bienvenu et précieux. Mais celui-ci est d’autant plus important qu’il correspond aux seuls entretiens que Daniel Roumanoff, l’un de ses élèves français, ait enregistrés. Nous tenons donc entre nos mains un document d’un intérêt exceptionnel.
Ces portes vers le présent sont six conversations qui se sont déroulées en 1972, avant et après une troisième (et dernière) série de lyings auprès de Svâmiji. Elles sont précédées d’un avant-propos de Colette Roumanoff, qui replace ces entretiens dans leurs différents contextes, du plus restreint au plus large, et d’une introduction rédigée par Daniel Roumanoff lui-même en 1986, en réponse à des critiques formulées par deux philosophes après la soutenance de sa thèse, laquelle portait sur l’enseignement de Svâmi Prajnânpad.
Chaque dialogue est présenté par un petit texte de Colette Roumanoff qui récapitule très utilement les différents thèmes qui y sont abordés. Le livre se conclut par sa postface qui, elle-même, s’achève par cette phrase importante : « C’est le travail de toute une vie et un nouveau travail pour chaque journée. »
Les paroles du maître se caractérisent par une grande brièveté et sont dépourvues de liens logiques. Cet enseignement toujours vivant (très précisément adapté à l'élève) est dispensé par touches successives, juxtaposées, régulièrement entrecoupées d’une histoire notée en caractères italiques (une sorte de fable ou une anecdote vécue par le maître) et destinée à illustrer le propos d’une manière à la fois imagée et concrète. En effet, Svâmi Prajnânpad cherche à entrer peu à peu dans le détail de ce qui lui est exposé en épousant de près le mouvement que prend l’entretien. Tour à tour, il répond et interroge, dans un esprit socratique.
En début de réponse, la répétition d'une formule de Daniel Roumanoff ou encore un « Oui » interviennent souvent. Ce OUI est au fondement d'un enseignement qui consiste, pour l’essentiel, à accueillir le réel tel qu’il se présente - ou encore « la nature ». Cependant, dans le discours du maître, les nuances sont constamment à l’œuvre, à l’image exacte des nuances dont est faite la complexité des situations. Ainsi le non et le oui demandent-ils à coexister : « Non également dans la vie professionnelle. Mais oui relativement dans une certaine mesure. »
Il est intéressant aussi de suivre le cheminement de l’apprenti disciple dans ces entretiens. Daniel Roumanoff fait ainsi part de ses découvertes et de ses tentatives, de ses échecs momentanés également, qu'il s'agisse de sa vie de couple, de père de famille ou de ses activités professionnelles. Le dialogue restitue le mouvement dans lequel cette quête s’accomplit, avec ses ébauches et ses réussites, et tout le recommencement que supposent certaines étapes : « D. Comme il y a eu tant d’années de refoulement, des émotions peuvent encore être réprimées. / S. Oh ! Oui. […] Et vous verrez que la durée de l’expression de l’émotion va se raccourcir de plus en plus. »
A ces six portes correspondent six grandes thématiques, que je reformulerai ainsi :
1. Le rôle du ressenti dans les relations effectives.
2. L’action véritable, dégagée des obligations et de la division intérieure.
3. La manière dont il convient de se situer par rapport aux émotions.
4. Les critères concrets d’une action authentique.
5. L’organisation de la vie pratique au quotidien.
6. L’importance de l’attention consciente pour vivre le présent.
Et pour terminer, voici mon florilège de citations de Svâmi Prajnânpad, dans ce livre :
« Une super personne est celle qui ne fait que donner. Il n’y a plus que le don. »
« En fait, toutes les relations naissent du vécu des relations de l’enfance. Et ce sentiment se prolonge dans la vie en société. »
« La nature n’a pas été autorisée à faire son travail. Dans le lying, que fait-on ? On permet à la nature de travailler. Dans ce processus, la cause et l’effet sont présents. Cette loi de la cause et de l’effet est généralement niée dans la vie consciente. »
« Dans la vie sociale, la règle fondamentale ou le fondement est de donner et de recevoir. Pas prendre d’abord et donner ensuite. Voyez toujours comme fonctionne la nature. »
« Allez à la racine fondamentale : « Pourquoi cette émotion ? » L’émotion n’apparaît que lorsque je ne vois pas une chose telle qu’elle est, mais que je la prends pour quelque chose d’autre. »
« Vous ne devez pas faire de suppositions. »
« Mais voyez, l’émotion vient, vient. Et quand elle s’apaise, la compréhension vient. Et quand la compréhension vient, l’émotion s’en va. »
« Répéter… répéter… répéter… en ne tenant aucun compte du temps… en ne tenant aucun compte du nombre de fois. »
« Aujourd’hui ne s’arrête jamais. »
« Tout est si simple et si facile mais le mental rend tout complexe. »
« Il faut être strict et non pas sévère. »
« […] essayez toujours d’être sincère envers vous-même et vous ne pourrez qu’être sincère envers l’autre. »
« Vous devez voir. Vous devez questionner et prenez chaque point.»
« Avant d’agir, il faut sentir. Sentir d’abord, puis décider, ensuite agir. Mais ce sentiment doit être un sentiment et non pas une identification émotionnelle. »
« Je suis ce que je suis, sans aucune référence à personne d’autre. »
« Si vous n’êtes pas conscient, vous ne pouvez rien connaître. C’est le point essentiel. »
« Accomplissez le présent pleinement et alors la croissance est inévitable. Sinon cette croissance apparente sera fausse. »
« L’indépendance vraie, c’est l’auto-dépendance. »
« Vous ne pouvez pas vous fermer, mettre un mur entre vous et la société. »
« Tant qu’il n’y a pas d’expérience et de contact direct, on ne peut pas dire ce que c’est. »

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vendredi 12 janvier 2024

Six portes vers le présent

Merci à Colette Roumanoff (et à Jean-Louis Accarias) de nous permettre d'accéder à l'enseignement de Swami Prajnanpad avec six entretiens entre Daniel et Swamiji


Quatrième de couverture :

 Daniel Roumanoff a suivi Svâmi Prajnânpad dès 1959 et l’a fait connaître par de nombreuses publications. Colette Roumanoff nous livre ici un document inédit, l’intégrale de six entretiens enregistrés en 1972. C’est un témoignage pratique, applicable au quotidien, auquel le lecteur pourra s’identifier pour agir, comprendre ses motivations, rétablir son unité intérieure, développer des relations fécondes, faire de ses désirs un chemin vers l’unité.

La voie de Svâmi Prajnânpad est une voie de découverte personnelle inséparable du quotidien. Questionner ses croyances, ses désirs, son savoir-faire, goûter et ressentir la richesse de ses sensations, de ses impressions, de ses satisfactions, de ses dépits et frustrations, permet de grandir et de s’accomplir. Le système est rigoureux, pourtant il ouvre des portes : « Tout est différent, et tout est relié ». On passe ainsi naturellement du matérialisme à la spiritualité : « Tout est Un, tout est neutre. »

A travers ce dialogue entre le sage et le disciple, le lecteur est invité à revisiter son espace intérieur et son rapport au monde. Chacun de ces six entretiens montre comment dénouer ses croyances, se défaire des obligations que l’on s’impose, pour découvrir la source de ce qui nous fait vivre. En se déliant des pesanteurs mémorielles et émotives, des conflits internes, de la répression des désirs incompris, on peut faire du Présent, ici et maintenant, une porte vers le Soi.

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Le chemin peut se résumer en trois mots : 
- Différence, changement, action-réaction 
ou
- Voir, sentir, agir.

En deux mots :
- Non-séparation
ou
- Non-dualité.

En un mot : 
- OUI.

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dimanche 3 septembre 2023

Colette et l'impermanence heureuse

 un interview sur "L'impermanence heureuse" où il est question de Prajnanpad, d'Alzheimer et de Théâtre.


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mardi 29 août 2023

Chemin vers la bonne humeur

 


Faites ce que vous sentez, dit Swamiji. Prendre le temps de sentir ce que l'on sent et regarder ce ressenti avec bienveillance, quel qu'il soit, est le début de la sagesse.

Swamiji parle beaucoup de joie : "Toute action qui ne procure pas de joie ou un sentiment de bien-être est dangereuse." Si on devait appliquer ce critère avec rigueur, on ne ferait pas grand-chose de ses journées, ici en Occident. Et pourtant, si je dois faire quelque chose, pourquoi le ferais-je sans plaisir ? Oui, pourquoi? Si je n'arrive pas à tenir la joie dans ma main, je dois au moins aller vers la bonne humeur.

Pour aller vers la bonne humeur, il est indispensable de chasser sans pitié la moindre contrariété. La contrariété appelle le sentiment de séparation. Je refuse ce qui arrive, je m'en sépare et je me sépare du courant de la vie. Qu'est-ce que je vais gagner ? Un état de Robinson sur une ile déserte, un état de confusion qui me fait croire que moins je vois ce qui se passe plus je m'en protège. C'est juste l'inverse qui est vrai. Si je vois clairement, je peux faire un tri dans ce qui arrive, garder ce qui me plaît et me nourrir et jeter le reste.

Chaque matin, la priorité consiste à retrouver sa bonne humeur si on l'a perdue, à la renforcer si elle se montre capricieuse ou hésitante. Ce faisant, on est obligé de se poser des questions, on est obligé de voir et d'accepter un peu plus les choses comme elles sont, ce qui permet d'entrouvrir la porte au bonheur, et à la joie qui l'accompagne.

Extrait de "L'impermanence heureuse" de Colette Roumanoff - comment j'ai transformé ma vie avec la philosophie de Prajnanpad.

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lundi 19 septembre 2022

Un désir sincère d'absolu


Parait ce mois ci un nouveau livre d’entretiens de Svami Prajnanpad « Un désir sincère d’absolu ».  

« Un désir sincère d’Absolu » est le leitmotiv de ces entretiens de Frédérick Leboyer. L’Absolu n’est pas aisé à capturer, le maitre propose un chemin où il n’y a ni technique, ni recette standard.  « Celui qui cherche l’illumination ne peut jamais la trouver » explique patiemment Svâmi Prajnânpad, et « il y a un moment pour tourner son regard vers l’intérieur ».  

   Au cours de ces entretiens, Freddy passe par différents états. Chacun de ses états d’âme est l’occasion pour le maitre d’explorer les chemins détournés qu’emprunte le disciple, et de lui montrer le chemin droit qui va vers la paix et l’amour.

   Swamiji utilise des formules d’une grande simplicité : soyez vous-même, voyez les choses comme elles sont. Le premier sens qui s’en dégage c’est qu’il n’y a rien à chercher ailleurs ou plus loin, qu’il faut partir de ce que l’on ressent ici et maintenant. Le travail sur l’intellect est important mais le cœur a le dernier mot. L’intellect et le cœur se rejoignent dans la conviction profonde que le but de la vie est un bonheur sans fin. 

   L’entretien avec Swamiji débutait souvent par la question « comment vous sentez-vous ? ». Cette question concerne chacun d’entre nous dans tous les moments de sa vie. Après la première question une autre arrivait, si vous n’êtes pas à l’aise, pourquoi ? Et c’était le début d’une grande aventure, qui une fois commencée ne peut que se poursuivre dans chaque jour de la vie.

   Cet ouvrage est un document sur une recherche spirituelle vécue au jour le jour par un chercheur authentique accompagné par un maitre hors du commun.

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samedi 19 mars 2022

lundi 16 novembre 2020

Une rencontre inoubliable avec Swami Prajnanpad


Svâmi Prajnânpad (1891 – 1974) est un maître spirituel, l’un des plus grands que je connaisse, en même temps qu’un thérapeute : il a inventé, entre psychanalyse et Vedânta, une voie originale vers la sagesse ou la liberté. Sagesse de l’action, sagesse de la lucidité : sagesse libérée et libératrice. C’est à ce titre qu’il nous importe. « La spiritualité, disait-il, n’est qu’un autre nom pour l’indépendance. » Et rien ne libère, que la vérité. Il ne s’agit pas d’inventer une nouvelle religion. Il s’agit de trouver – entre Orient et Occident – un chemin vers l’essentiel, où nous sommes déjà. C’est sur ce chemin que Prajnânpad nous guide, nous accompagne, nous éclaire. Un philosophe ? Point, mais beaucoup mieux : un sage. La denrée est plus rare et – y compris pour les philosophes – plus utile.
André Comte-Sponville « De l’autre côté du désespoir »


Interview de Colette Roumanoff par Quincy Russell 22 août 2020 / Copyright: Quincy Russell


Le visage de celui/celle qui marche sur la voie de prajñana devrait resplendir de l’éternel épanouissement de la jeunesse! S’il n’en est pas ainsi, tout est inutile.

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mardi 8 janvier 2019

Colette Roumanoff et Alzheimer


Colette Roumanoff tente de nous présenter malgré les fréquentes interruptions de la journaliste une autre façon de voir la maladie en entrant dans son présent... (vous pouvez passer la première minute).
Le bonheur plus fort que l'oubli !


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mardi 22 septembre 2015