samedi 31 décembre 2011

Quelques formes de passage vers l'année nouvelle... (2)



Donnez forme à vos projets

Mettez vos résolutions en scène ! En Amérique du Sud, ceux qui souhaitent voyager toute l’année et sans souci font le tour de leur pâté de maison en courant, à minuit pile, une valise pleine de vêtements à la main !
• Règle du jeu. À 23 h 45, chaque convive part dans la maison chercher un objet qui incarne un souhait, un projet, une résolution importante pour les mois à venir. À minuit, tout le monde se retrouve et on détaille tour à tour son choix.
• Avec qui. En famille ou entre amis. Pour les joueurs, les âmes d’enfant, et les petits à partir de 5 ans.
• Variante. Pour faire durer le jeu, on peut aussi déposer les objets sélectionnés en catimini dans une pièce où la lumière est éteinte (pour ne pas voir ce qui a déjà été apporté). Une fois les objets rassemblés, chacun devra deviner lequel a choisi son voisin et en déduire son projet.






Faites votre entrée en silence

Débutez l’année en silence pour goûter pleinement ce moment, ces minutes nouvelles. Demeurez présent à cet instant, en communion avec les autres convives, peut-être avec le Tout autre...
• Règle du jeu. Il faut du temps pour entrer dans le silence. Mieux vaut se préparer 10 minutes avant minuit, en invitant chacun à trouver une position confortable pour s’asseoir. Vous pouvez proposer de se centrer sur sa respiration. L’animateur peut signaler le passage à la nouvelle année en agitant une cloche, par exemple, puis inviter à rompre le silence 5 minutes après.
• Avec qui. Ceux qui sont familiers avec la pratique du silence.
• Variante. Poursuivre par la lecture d’un psaume ou en entonnant des chants.







Ouvrez la boîte

Choisissez une belle boîte, boîte à bijoux, coffret exotique... Demandez à chaque participant d’inscrire sur un papier un proverbe qui l’a inspiré durant cette année. Ce peut être une citation chinoise, indienne, zen, de votre région ou issue de la Bible. Vous pouvez aussi inventer une maxime. Chacun dépose son papier dans la boîte. Puis l’animateur invite les convives
à en retirer un et à partager ce que la citation leur évoque pour l’année à venir.

• Règle du jeu. Vous pouvez effectuer la lecture en une seule fois ou bien l’intercaler entre chaque plat, de façon à rythmer la soirée.
• Avec qui. Pour toutes les générations. On peut éventuellement demander aux enfants de confectionner la boîte durant l’après-midi du 31 décembre.
• Variante. Chaque participant mime son proverbe pour donner à la soirée un aspect plus ludique.




 Commencez au ralenti

Quand les 12 coups de minuit sonnent, on a tendance à se précipiter pour se souhaiter la bonne année. Mais ces réjouissances ne durent pas. L’idée : prendre le temps de présenter ses vœux.
• Règle du jeu. 5 minutes avant le changement d’année, l’animateur invite les convives à former une ronde en se mettant deux par deux. À minuit, chacun embrasse son partenaire et formule un vœu qui soit vraiment personnalisé. Puis, on se décale d’un cran, et on recommence avec son nouvel interlocuteur. Jusqu’à avoir fait le tour du cercle.
• Avec qui. Des personnes qui aiment prendre leur temps.
• Variante. Chaque invité inscrit son nom sur un morceau de papier qu’il place dans un chapeau. Le moment venu, la moitié des convives puisent un nom pour constituer les premiers duos.


Source : magazine La VIE

vendredi 30 décembre 2011

Franchir le seuil de l'année différemment... (1)

Franchissez le « seuil »


Une demi-heure avant le compte à rebours de minuit, faites une pause autour du jeu du Seuil. De quoi donner à cette soirée une autre couleur : celle de l’intériorité. Ensemble, évoquez les moments qui vous ont marqué, les personnes qui ont compté.
Règle du jeu. De l’écoute et du rythme !
Un convive se chargera d’animer le tour de table.
Réjouissez-vous ! Invitez chacun à raconter un bon souvenir, une rencontre, un moment de joie. Vous pouvez aussi citer une personnalité qui vous a inspiré. Souvenez-vous des disparus. Chacun nomme un proche disparu cette année et évoque sa personnalité et leurs liens. Un biais pour alléger le cœur de ceux qui penseraient être seuls à porter un deuil ou à ressentir l’absence ce soir-là. Ouvrez une fenêtre sur le monde. À partir d’une carte ou d’un atlas, chacun choisit un pays du monde ou une ville auquel il projette de penser particulièrement cette année. Projetez-vous. Annoncez une idée, une décision, un projet pour 2012.
Avec qui : Ceux qui ont envie de profondeur et d’intimité. Entre amis proches, en couple ou en famille.
Variante. Si vous n’êtes pas trop nombreux (2 à 6 personnes), écrivez les questions sur des papiers qui seront tirés au sort : Votre film ou votre livre préféré cette année et pourquoi ? La situation la plus cocasse que vous ayez vécue ? La plus triste ? Votre plus belle rencontre ? Votre plus grosse déception ou votre plus grand regret ? L’événement familial qui vous a marqué ? Le lieu ou le moment où vous vous êtes senti le plus serein cette année...





1er janvier Journée mondiale de la paix


Depuis 1968, le premier jour de l’année est placé par l’Église catholique sous le signe de la paix. C’est Paul VI qui instaura ce rendez-vous cultivé par Jean Paul II et perpétué par Benoît XVI.
Ce jour-là, le pape adresse un message aux responsables des Nations et à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté. Lors de la messe du Jour de l’an, on fête par ailleurs Marie, mère de Dieu.
Faites un geste


En Russie, on accueille le Nouvel An en lui ouvrant la porte ou la fenêtre.
Règle du jeu. Si vous n’êtes pas frileux, pourquoi ne pas reprendre ce symbole et laisser entrer le vent nouveau ? À partir du solstice d’hiver, les jours rallongent. Si vous êtes sensibles à la lumière, vous pouvez aussi passer la dernière minute de l’année dans le noir avant de rallumer sur le gong !
• Avec qui. Ceux qui aiment joindre le geste à la parole.
Variante. Le 1er janvier, le soleil se lèvera à 8 h 44 : pas besoin d’être un lève-tôt pour commencer l’année en contemplant la nature ! Si vous avez un jardin, faites-en le tour au petit pas, en vous arrêtant un instant devant chaque arbre ou chaque fleur. Respirez l’an neuf !

source : La Vie

jeudi 29 décembre 2011

Cheikh Khaled Bentounes et la place de la femme dans la société


Les soufis enseignent en accord avec le Coran, que tous les êtres humains se doivent estime et respects mutuels, quel que soit leur sexe ou leur rang social. Plus fondamentalement, ils considèrent que, bien que dans ce monde de dualité nous puissions exister sous différentes formes, il n'y a ultimement ni masculin ni féminin, seulement l'Être. On ne s'étonnera donc pas de trouver parmi les maîtres du tassawouf (soufisme) de nombreuses femmes.(source du texte : blog "le guerrier intérieur")

mardi 27 décembre 2011

dimanche 25 décembre 2011

Quand tu pries avec Philippe Mac Leod

Quand tu pries, ne fais pas de la position ton premier souci, ne te perds pas en observations anatomiques, en pointilleux retours sur des sensations que tu grossis toi-même, surveillant la verticalité de la nuque, redressant l’inclinaison d’une épaule ou reprenant sans cesse l’appui d’une jambe. S’il est un équilibre, il viendra du dedans. Parce que la prière est intérieure, le corps lui-même ne trouvera sa place que si l’âme est bien placée, l’âme qui est au centre de ton corps, davantage même, l’âme se rassemblant en son centre le plus intérieur qui est l’esprit, en deçà de tout sentiment, de toute image, de toute parole retournant au silence qui lui donne naissance. Tu es façonné comme un soleil, sur un noyau d’une extrême densité à partir duquel ta vie rayonne. Plus tu t’attacheras au centre, plus puissant sera ton rayonnement.


N’attache pas non plus trop de soin au souffle, à une sorte de respiration assistée selon des règles apprises, si bienfaisantes soient-elles : ce serait encore te tromper gravement sur la prière comme sur la nature profonde du souffle qui t’habite. Que ton âme s’apaise en se rassemblant, et sa paix gagnera immédiatement tous tes membres, imprimant de l’intérieur un rythme plus lent à ton souffle, plus égal et plus large, que tu n’as pas cherché, qui s’est accordé de lui-même dès que le contact se rétablit avec le cœur profond. Il s’agit bien de retrouver le souffle, mais originel, primitif, qui n’est pas seulement ta respiration, mais ce qui te porte, te soutient, le vaste et profond courant qui te traverse.

Tu l’as bien compris, la prière intérieure est le monde de la foi pure, de l’amour pur, de l’espérance pure. Aucun semblant, aucun dérivatif ne nous sépare plus de celui que nous aimons, que nous espérons, que nous savons là. Le dépouillement devient tel que le cœur semble seul ou qu’il a tout envahi. La foi aiguisée à ce degré de pureté devient contact, au-delà des considérations, qui toujours reviennent mais se dissolvent aussitôt sous la poussée légère d’un seul mouvement de l’être, le plus entier et le plus intime qui soit, comme un élan immobile, un vertige retenu, une attente comblée, un bonheur jailli de l’oubli de soi.

Il ne se passe rien, pourtant, le temps passe on ne sait comment. Comme si le fait d’être là, d’être tout court, nécessitait toute notre attention, toute notre énergie. On ne réfléchit pas, on trempe ses facultés dans une lumière qui les imprègne en les unifiant, en les affinant. Rien de sensible néanmoins, une sorte de travail en sous-main, d’autant plus efficace qu’on s’en absente.

Une force étrange opère alors, faite de puissance et de douceur à la fois, de paix et d’arrachement. Nous descendons mais en même temps nous avançons. Nous descendons mais nous ne sommes pas noyés, submergés. Plutôt portés, comme une marche sur les eaux, avec néanmoins le sentiment persistant de la profondeur, mais vaste, spacieuse, habitable. On y respire. Il n’est plus aucun poids qui nous fasse couler. C’est la mer qui se fend à nouveau, l’abîme qui se dénoue et forme une haute muraille palpitante de part et d’autre, et tu passes à pied sec, tu avances immobile, en confiance, vers l’autre rive, celle de la liberté, celle de la présence qui te rachète de la multitude des riens dont tu vivais et qui maintenant flottent à la surface des eaux refermées.

Philippe Mac Leod est écrivain et a publié plusieurs recueils de poésie. Son dernier ouvrage, Sens et Beauté, est paru aux éditions Ad Solem.

samedi 24 décembre 2011

Noël et son pouvoir transformateur avec Arnaud Desjardins

La vie du Christ, telle que des historiens peuvent la reconstituer, est à la fois l'histoire d'un homme et en même temps une dramaturgie sacrée décrivant le cheminement intérieur de tout homme. La nuit de Noël est en nous, avec l'étable, l'âne et le boeuf, la naissance de l'enfant est en nous et l'agonie suivie de la résurrection sont également en nous. L'ensemble des fidèles peut intérioriser ces différentes phases de la vie du Christ à travers l'année liturgique- l'Avent, Noël, le Carême, Pâques, la Pentecôte. Ce cycle remanifestant chaque année la totalité du chemin permet au chrétien d'approfondir l'enseignement que représente le mythe christique. Celui-ci acquiert alors un réel pouvoir transformateur pour celui qui le médite.

ARNAUD DESJARDINS
VÉRONIQUE LOISELEUR
En relisant les Evangiles

jeudi 22 décembre 2011

Les douces décorations de noël


Prêtez attention à votre émotion du moment (tristesse, joie, insatisfaction, impatience…). Puis, regardez ou visualisez vos biens, vos créations et les êtres qui vous sont chers. Possédez-vous réellement quoi que ce soit ? Tout ne peut-il pas vous être retiré du jour au lendemain ? D’ailleurs, est-ce que ces possessions vous donnent un vrai bonheur ? Regardez ces choses ou ces êtres comme s’ils n’étaient pas à vous. Ressentez simplement leur présence silencieuse et laissez-la vous combler.


Extrait de "Le Jeu des Miroirs"


La justice miséricordieuse... avec Jean-Yves Leloup


Effondrement et révélation  (19 min.)

Dernière partie 

(où Jean-Yves Leloup nous parle, à la fin, d'Arnaud Desjardins)

"Il est vrai que la plus grande souffrance est celle à laquelle on ne peut donner de sens. Mais je crois qu'il y a un moment où l'on doit arrêter de chercher à justifier ; où l'on doit accepter que certaines choses n'aient pas de sens pour notre raison, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'ont véritablement pas de sens... Certes, elles semblent absurdes ! Mais absurdes pour quoi ? Pour qui ? Pour notre raison humaine. Les sens de certaines épreuves est au-delà de la raison, au-delà de la compréhension. Nous devons découvrir l’acceptation du non-sens, l’acceptation de l’absurdité, c'est ce qui nous aide à passer dans un « sens plus haut, qui est au-delà de la raison ». Voilà pourquoi l’expérience de l’absurde me semble très importante.
C’est au cœur de l’absurde que le sens de l’intolérable va m’apparaître. La vie ne se « justifie » pas… Le poète, le sage, ou toute personne ayant subi l’épreuve (l’épreuve du feu, l’épreuve de la vie) ne se justifie plus, ne donne plus d’explications… car la vie elle-même ne donne pas d’explication !
Plutôt que réfléchir sur le sens de la vie, il s’agit de la vivre. Et le sens se révèle dans l’intensité avec laquelle nous vivons cette vie-là. Sinon, nous nous posons en dehors de la vie, et nous nous observons en train de vivre…"

mardi 20 décembre 2011

Pour devenir un lien avec Jean-Yves Leloup


Entre le visible et l'invisible... (15 min.)

Deuxième partie



Nous sommes à l’époque des néons et des couvertures électriques, des lumières froides et des chaleurs opaques. On ne se réchauffe pas auprès d’un néon électrique, on ne s’éclaire pas auprès d’une couverture chauffante. Nous avons perdu la flamme qui est à la fois lumière et chaleur. « Redire ad cor » - « retourne à ton cœur », la parole du prophète est plus que jamais d’actualité. Jean-Yves Leloup
(source audio : France Culture)


lundi 19 décembre 2011

Jean-Yves Leloup nous dévoile l'apocalypse (1)


La révélation de la vérité... bienvenue à l'apocalypse (17 min.)
Première partie



Jean-Yves Leloup, théologien et philosophe, traducteur et auteur d’une quarantaine d’ouvrages sur les fondements du christianisme et la philosophie comparée des religions. Après « Le dictionnaire amoureux de Jérusalem » paru chez Plon, le voici pour la traduction de «L'apocalypse de Jean » qui vient de paraître chez albin michel. (source : France Culture)

dimanche 18 décembre 2011

Au cœur de notre nuit avec Joshin Luce Bachoux


Nous avançons en silence, mâchoires serrées, réprimant vaillamment les « Qui a eu cette idée stupide ? » et autres : « Je l’avais bien dit... » Il ne manquerait plus qu’une dispute pour couronner la journée : commencée au matin dans la brume, d’un pas gaillard, sac au dos ; continuée à midi dans un épais brouillard, sandwichs imbibés, premiers murmures de rébellion : « On va continuer longtemps comme ça ? » pour s’achever sous la pluie battante, complètement égarés par des souvenirs trompeurs : « Si ! Je le reconnais, ce grand arbre. On prend à gauche ! »
La nuit est tombée, nuit de décembre, nuit de nuages et d’ombres, de froid et d’hostilité et nous tournons dans la forêt, tantôt montant, tantôt descendant, tantôt sur un chemin, tantôt à travers les broussailles. Les pieds traînent ou s’accrochent aux racines, il y a des marmonnements qu’il vaut mieux ne pas déchiffrer, les capes de pluie dégoulinent et les grands sapins perfectionnent l’art de bien viser, glissant leurs gouttes glacées pile dans le cou de leur victime.


Bien sûr, tôt ou tard, cette mésaventure s’achèvera et, demain, enfin, disons dans quelques jours, nous en rirons. Cela, nous le savons pourtant, à cet instant, au-delà de l’inconfort et de la fatigue, nous sommes, eh bien, perdus corps et âmes, perdus dans l’obscurité, comme des enfants craignant le noir.
Petits poucets sans miettes ni GPS, nous ressentons plus qu’une solitude, c’est un sentiment d’abandon, qui nous laisse silencieux, pleins d’appréhension, séparés des autres. Nous avons été exilés du royaume de nos semblables, rejetés dans les ténèbres. L’obscurité qui nous entoure semble s’étendre à notre esprit, à notre cœur qui se rapetissent, nous laissant pauvres et tout ­recroquevillés sur nous-mêmes. Et puis... un frisson d’exaltation parcourt notre maigre colonne : là, au fond, en contrebas, une mince lumière, rai d’espoir, qui fait signe, qui appelle, qui rassure.


Jamais lumière ne nous a semblé aussi brillante, aussi pleine de promesses. Nous allons être au sec, au chaud, mais aussi, mais surtout, retrouver des paroles, des rires, de l’attention, de l’amitié, de l’irritation, aussi peut-être née de leur inquiétude, bref, d’autres êtres humains. Nous ne sommes plus seuls, abandonnés, menacés ; notre cœur s’emplit lui aussi de cette lumière, de cette chaleur que seuls les autres, les proches comme les inconnus, peuvent nous apporter.

Ah ! Pauvres habitants des villes ! Les lampadaires s’allument à heure fixe, les vitrines étincellent, le premier geste en rentrant est, machinalement, d’appuyer sur le bouton électrique. La lumière n’est plus que commodité : « Allume ! On n’y voit rien. » Ne connaissant plus l’obscurité, nous ne connaissons plus la lumière ; ne connaissant plus la lumière, le cœur, petit à petit, perd une part d’humanité, celle qui nous fait reconnaître l’autre comme notre prochain, comme celui qui nous manque, qui nous est nécessaire pour être complet, pour être pleinement vivant.



Il faut marcher, par une nuit pluvieuse, dans les rues de la ville, de la banlieue, d’un village, et sentir, derrière chaque fenêtre allumée, la présence, l’existence de tous ceux que nous ne rencontrerons jamais, mais qui sont là, qui nous entourent, nous soutiennent, nourrissent notre vie.
Nous reconnaissons alors la nécessité, la vérité de la lumière des autres, de la lumière de chaque autre. Au cœur de notre nuit.

samedi 17 décembre 2011

A la recherche

Qu'est ce que je cherche... Qui me cherche ? Où suis-je vraiment ? Quel bonheur de m'être perdu pour vous retrouver ICI !

jeudi 15 décembre 2011

La tendresse de Noël avec Marie de Hennezel

Quand j’étais enfant, l’approche de Noël bruissait d’excitation. Dans le secret de notre chambre, mes sœurs et moi fabriquions, très à l’avance, les dessins, les petits mots tendres calligraphiés, les porte-serviettes brodés, les poteries et les bougeoirs. Autant de cadeaux destinés à la nombreuse famille que nous formions. On nous apprenait à « penser » notre cadeau. Nous prenions cela très au sérieux. C’était joyeux ! C’était une manière de traduire en actes la tendresse que nous avions pour nos parents. Il me semble que cette préparation du rituel de Noël perd parfois sa dimension spirituelle humaine au profit d’une excitation dépensière et pressée. Autour de moi, je vois les gens courir les magasins, comme s’il fallait s’acquitter d’une corvée. Je me dis : comment pourrions-nous inventer autre chose ? Ne plus être otages de cette orgie commerciale ? Être plus créatifs, peut-être ? Pourquoi ne pas décréter que Noël serait la fête de la tendresse ? Petit ou gros, ce qui compte, c’est que le cadeau soit pensé et fait avec tendresse ! Et si l’on n’a pas les moyens d’acheter un objet, il s’agit de donner de soi, de son sourire, de ses mots, de sa présence !


J’ai donc envie de vous parler de la tendresse. Qu’est-ce que je fais lorsque je suis tendre ? Quand je regarde, émue, le visage d’un enfant qui dort, ou que je tiens la main à la peau si fine d’une vieille personne ? Qu’est-ce que je fais ? Qu’est ce que je sens ? Un élan du cœur qui se met en mouvement vers le bas, un mouvement qui me fait me pencher. Dans cette tension douce, j’ai l’impression de me fondre dans quelque chose de plus vaste que moi. La vulnérabilité qui est en face de moi – celle du bébé qui dort, celle de la très vieille personne, confiante, abandonnée – éveille en moi une tension faite d’attirance et de retenue, comme si je savais que, par un geste trop fort ou trop rapide, je pouvais abîmer ce rayonnement que dégage la personne vulnérable quand elle s’abandonne avec confiance. Cette retenue n’est-elle pas le vrai critère de la tendresse ? Un élan du cœur qui cherche la proximité et, en même temps, avec sollicitude et respect, garde un bout de distance. Une distance d’amour !


En grec, « tendresse » se dit storgê, ce mot désignant l’amour qui ne prend pas, mais qui accueille. La racine ster désigne ce qui est solide, ce qui maintient solidement, ce qui soutient sans plier. Ainsi storgê, ce serait l’oeuvre affermissante, l’énergie d’amour qui rend solide. Nous sommes bien loin de la tendresse molle et débilitante. Ne croyez pas que la tendresse soit mièvre. Elle est une force puisqu’elle rend solide. Une force qui aide nos petits enfants à grandir et à affronter les soucis de la vie, une force qui aide nos âgés, si seuls parfois en ces périodes de fête, à puiser la joie de vivre dont ils ont besoin. Un regard tendre, un geste tendre peuvent transformer quelqu’un. Vous le savez aussi bien que moi. C’est une confirmation du « bon » de l’autre, un don de confiance. C’est en cela que la tendresse est créatrice.


Marie de Hennezel

Source : Psychologies

mardi 13 décembre 2011

Rompre avec nos rôles avec Sarah Seriévic



La plupart du temps, il est très difficile de faire la différence entre l'image qu'on a l'impression de donner, et ce que l'on "dégage" réellement. Pouvez-vous nous aider à faire la part des choses afin d'être moins prisonnier de nos préjugés ?
On a du mal à accepter d'être pleinement qui l'on est, parce que, très tôt, nous avons été amenés à jouer des rôles. Ces rôles-là nous ont été distribués très tôt dans notre enfance. Et la meilleure façon de se faire aimer a été de répondre à ces rôles, d'être conforme à ce qu'on attendait de nous. D'où le fameux décalage entre ce que l'on montre et ce que l'on est. A force d'endosser ce rôle, on a fini par se prendre au jeu. Il y a là une perte d'identité.


Quelle est votre définition personnelle de "être soi" ?
Etre soi... c'est être en cohérence avec ce que l'on sent à l'intérieur et ce que l'on transmet de soi-même. C'est cette autorisation que l'on se donne d'oser transgresser les règles qui ne sont pas en accord avec qui nous sommes. Et de le faire dans le respect de qui l'on est, et dans le respect des autres. [...]


Comment savoir quelle est ma vraie personnalité ?
Demandez-vous ce qui vous fait vraiment plaisir. Qu'est-ce que vous dynamise ? Qu'est-ce que vous sentez quand vous entrez en relation avec quelqu'un ? Demandez-vous si ce que vous dites ou ce que vous faites est vraiment en accord avec votre expression. Et s'il y a un décalage, quelles sont les croyances qui vous font agir à contre-courant de vous-même ?


Quel serait votre dernier conseil pour apprendre à être soi ?
Vous êtes nés pour exprimer la vie qui passe à travers vous. C'est un cadeau magnifique et il est souvent trop tard quand on en a conscience. J'ai moi-même été gravement malade à l'âge de 17 ans. J'ai connu la paralysie. Et cette conscience de la vie qui bat dans mes entrailles est un émerveillement au quotidien. Il n'y a pas d'autre mort que ce qui nous retient de vivre.

Sarah Sérievic

source : Le journal des Femmes

Sarah SERIEVIC est psychothérapeute, diplômée de l'Ecole Française de Psychodrame, formée pendant quatre ans par Anne Ancelin-Shuzenberger. Elle a suivi les cours du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris. Après quinze ans de scène, et des rencontres décisives sur son chemin, Sarah va faire de sa vocation d'actrice une vocation de Vie pour animer des stages dans divers milieux, notamment en entreprise.
Elle est l'auteur des livres Passage à l'acte de vie et Rompre avec nos rôles aux Editions Le Souffle D'or.

lundi 12 décembre 2011

Saga suédoise : Les outils

Il y avait une fois, il y a bien longtemps de cela, dans un petit village nordique, un atelier de charpentier. Un jour que le Maître était absent les outils se réunirent en grand conseil sur l’établi. Les conciliabules furent longs et animés, ils furent même véhéments. Ils s’agissait d’exclure de la communauté des outils un certain nombre de membres.


L’un prit la parole : « Il nous faut, dit-il, exclure notre sœur la scie, car elle mord et elle grince des dents. Elle a le caractère le plus grincheux du monde. »


Un autre dit : « Nous ne pouvons conserver parmi nous notre frère le rabot qui a le caractère tranchant et qui épluche tout ce qu'il touche ».


« Quant au frère marteau, dit un autre, je lui trouve le caractère assommant. Il est tapageur. Il cogne toujours et nous tape sur les nerfs. Excluons-le ».


« Et les clous ? Peut-on vivre avec des gens qui ont le caractère aussi pointu ? Qu'ils s'en aillent! Et que la lime et la râpe s'en aillent aussi. A vivre avec elles, ce n'est que frottement perpétuel. Et qu'on chasse le papier de verre dont il semble que la raison d'être dans cet atelier soit de toujours froisser ! »


Ainsi discouraient en grand tumulte les outils du charpentier. Tout le monde parlait à la fois. L'histoire ne dit pas si c'était le marteau qui accusait la scie et le rabot la lime, mais il est probable que c'était ainsi, car à la fin de la séance, tout le monde se trouvait exclu.


La réunion bruyante prit fin subitement par l’entrée du charpentier dans l’atelier. On se tut lorsqu'on le vit s'approcher de l'établi. Il saisit une planche et la scia avec la scie qui grince. La rabota avec le frère rabot au ton tranchant qui épluche tout ce qu'il touche. Le frère ciseau qui blesse cruellement, notre sueur la râpe au langage rude, le frère papier de verre qui froisse, entrèrent successivement en action. Le charpentier prit alors nos frères les clous au caractère pointu et le marteau qui cogne et fait du tapage. Il se servit de tous ses outils au méchant caractère pour fabriquer un berceau. Pour accueillir l'enfant à naître. Pour accueillir la Vie.

dimanche 11 décembre 2011

Frédéric Lenoir et l'éco-spiritualité (2)

Deuxième partie de notre rencontre avec Frédéric Lenoir. Il nous parle de son rapport affectif avec les arbres... c'est très phytospirituel !

Des racines...pour rayonner...

samedi 10 décembre 2011

Frédéric Lenoir et les religions (1)

Première partie de la rencontre avec Frédéric Lenoir sur les spiritualités.

Né en 1962, Frédéric Lenoir est aujourd'hui l'un des meilleurs spécialistes occidentaux du domaine des religions et des spiritualités. Diplômé de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris avec une thèse sur "Le bouddhisme en Occident", il est l'auteur de nombreuses publications dont "L'Encyclopédie des religions" qu'il a conçue et dirigée avec une ancienne invitée de "noms de dieux", Ysé Tardan-Masquelier. Il a dirigé l'excellent magazine "Le Monde des religions" qui offre une approche laique et culturelle du fait religieux. Et, ce touche-à-tout de génie a publié "L'Oracle della Luna", un grand roman d'amour et d'aventures doublé d'un thriller initiatique publié chez Albin Michel. Catholique, mais critique, Frédéric Lenoir est un véritable surdoué qui n'a pas fini de nous étonner...

vendredi 9 décembre 2011

Le Mythe et Joseph Campbell

À travers les mythes, Campbell nous emmène à la recherche du héros tout au fond de nous qui attend d’être appelé à l’aventure et de réaliser la quête la plus essentielle qui soit : être vivant.

Ce héros qui est en chacun de nous

jeudi 8 décembre 2011

Conte soufi : L'anneau magique



Il était une fois un roi puissant, riche et cependant rongé par l’inquiétude. Le monarque du royaume voisin menaçait ses frontières. Or, si le roi redoutait la maladie et craignait la vieillesse, il avait surtout une peur panique de la mort. Il convoqua les sages du pays :


- Il existe, paraît-il, un anneau magique qui réjouit l’affligé et rend triste l’homme heureux. Trouvez-le, j’en ai besoin.


Le roi rêvait de la clé qui ouvre la porte du bonheur comme celle du malheur. Il souhaitait acquérir la maîtrise des sentiments et ne plus être le fantoche. Il voulait échapper pour toujours à la souffrance et à la mort.


Les sages tinrent conseil sans parvenir à une conclusion. Ils se rendirent auprès d'un mystique soufi et demandèrent son aide. Le maître ôta sa bague et la leur donna :


- remettez cet anneau au roi, dit-il, et recommandez-lui de ne regarder sous le chaton que lorsqu'il se sentira à bout, désespéré. Sinon le message n'aura aucun effet.


La guerre ne tarda pas à éclater. Le roi, vaincu, prit la fuite. Il fit aller son cheval ventre à terre jusqu'à ce que la pauvre bête tombe morte d'épuisement. Le roi essaya de s'échapper à pied, mais dut admettre que les dés étaient jetés : devant lui s'ouvrait un précipice et l'ennemi était sur ses talons. Soudain, il se souvint de l'anneau. Il l'ouvrit et lut ce qui y était finement gravé :


"Ceci passera également..."



mercredi 7 décembre 2011

Les arbres en marche par Julos Beaucarne

Les arbres alignés de France, de Belgique et d'ailleurs sont des hymnes à la grande Nature, ils sont des capteurs puissants et quotidiens de l'univers en son entier, les arbres alignés sont des récepteurs puissants du cosmos et de tous ces univers qui grouillent et parlent et s'expriment et émettent à la lisière du système solaire avec les exo-planètes et tout l'inconnu qui vibre au-delà du mystère des années lumières, au-delà des immenses distances qui bouleversent nos esprits.

Les arbres sont des observatoires puissants, des récepteurs immobiles de toute la grande Vie. Nous, les êtres humains nous sommes tous et toutes faits de la même matière que l'univers et que les univers au-delà de notre univers. Les arbres, ces quotidiens témoins nous disent que nous sommes beaucoup plus larges que nous ne pensons, que nous sommes reliés à la moindre poussière d'étoile, que nous sommes nés pour beaucoup plus que nous ne pensons et pour beaucoup plus que l'on veut bien nous faire croire.

Les arbres sont des veilleurs, des éclaireurs, ils enregistrent, ce sont de puissants sismographes, des capteurs puissants d'énergie . Se frotter à un arbre, c'est apprendre, c'est capter qui nous sommes en notre largitude, en notre immensité c'est découvrir que nous avons étés créés pour plus que nous ne pensons .......

Nous sommes tous et toutes des arbres qui marchent.

Julos Beaucarne
24 août 07
Tourinnes-la-Grosse


Hier Julos est allé annoncer au gros chêne (le plus vieil arbre de la forêt de Meerdael) la disparition apparente et prochaine du vieux marronnier de la place de Tourinnes-la-Grosse. 
Source : blog de Julos Beaucarne

lundi 5 décembre 2011

dimanche 4 décembre 2011

laisser la place...


Un Noël plus respectueux de notre terre

Encore trois semaines avant Noël, mais les décorations lumineuses ont déjà envahi les rues et les vitrines des magasins regorgent de jouets. Au fil des années, cette fête familiale est aussi devenue celle de la consommation effrénée, du gaspillage et des excès en tout genre. Pourtant, d’après l’ONG américaine Global Footprint Network, qui calcule chaque année l’Overshoot Day, (jour où la consommation mondiale de ressources naturelles dépasse ce que la planète est capable de fournir en un an), nous sommes déjà dans le rouge depuis le 27 septembre. Pas la peine donc d’en rajouter à Noël, car nous pouvons tous agir pour réduire notre empreinte écologique, sans pour autant gâcher le plaisir de la fête...


Un sapin, mais local…


Il s’en vend en France plus de 6 millions chaque année et, régulièrement, la question revient : sapin naturel ou artificiel ? Selon une étude canadienne réalisée en 2008, un arbre en plastique devient plus écologique qu’un arbre naturel… à condition de le conserver au moins 20 ans. Malheureusement, les gens le renouvellent en moyenne tous les trois ans. « Lorsque l’on achète un sapin naturel, il faut essayer de prendre un arbre produit localement, pour éviter au maximum le transport », souligne Vincent Houïs, porte-parole de l’Association française du sapin de Noël naturel. « Les producteurs font de plus en plus souvent l’effort de marquer la provenance sur l’étiquette. » À vous donc d’être attentifs à ne pas acheter un sapin de marque Original Nordmann, par exemple, produit au Danemark. Vous pouvez aussi, pour changer du traditionnel conifère, décorer une plante verte d’intérieur.


… et recyclable


Pour éviter de voir les aiguilles de votre sapin se répandre et pouvoir le transporter facilement, n’oubliez pas d’acheter votre sac à sapin, le fameux sac doré 100 % biodégradable proposé par Handicap international. Un certain nombre de villes mettent en place des collectes spéciales pour les sapins, ou des points de collecte où ils peuvent être rapportés (notamment à Paris). Renseignez-vous auprès de votre mairie. Sinon, vous pouvez encore l’utiliser comme bois si vous avez une cheminée, ou le déposer à la Déchetterie.


Des guirlandes économes


Noël est aussi la fête des lumières. En cette période, maisons et balcons se parent d’illuminations. Attention, cependant, toutes ces ampoules consomment énormément d’énergie. « Pensez surtout à les éteindre pendant la nuit et quand vous n’êtes pas là dans la journée », rappelle Gaëlle Guérive, chargée de programme mode de vie durable au WWF. Privilégiez aussi les guirlandes qui se rechargent à l’énergie solaire ou qui fonctionnent avec des ampoules à led. « Elles permettent d’économiser 60 à 80 % d’énergie. » Décorez votre sapin avec des boules qui reflètent la lumière plutôt qu’avec des guirlandes lumineuses. Et vous pouvez toujours remplacer l’éclairage classique par des bougies, qui ajouteront un certain charme à la fête.


Un repas sans gaspillage


C’est l’un des postes où les excès sont les plus importants. Selon une étude anglaise, le gaspillage alimentaire augmente de 80 % à Noël ! Traditionnellement, le repas du 25 décembre (et même le réveillon du 24) est pantagruélique. Mais est-ce vraiment nécessaire ? « Mieux vaut privilégier la qualité du produit à son exotisme ou à la quantité, confirme Gaëlle Guérive. Il existe toute une biodiversité locale oubliée qui risque de disparaître et que nous pouvons soutenir en ces occasions. Des légumes comme le panais, le rutabaga ou les cucurbitacées, ou de la viande comme la poule Coucou de Rennes peuvent être remis au goût du jour. » Avant de faire vos courses, estimez le nombre de convives et la quantité de nourriture nécessaire. Préférez l’achat au producteur, les produits locaux, de saison et biologiques. Si, malgré tout, vous avez des restes, pensez à les congeler ou à les redistribuer.

Des cadeaux utiles


Noël est toujours synonyme de cadeaux et les publicités nous poussent souvent à la surenchère. Cette année, peut-être pouvons-nous arrêter de multiplier l’achat de gadgets. Privilégiez les cadeaux utiles, fabriqués en matières naturelles et issues de sources renouvelables. Évitez les objets fonctionnant avec des piles, très néfastes pour l’environnement. Enfin, pensez aux cadeaux dématérialisés (comme les places de spectacle). Faites attention aussi à l’emballage. Le lendemain de Noël est l’un des jours les plus chargés pour la collecte des déchets. « Le meilleur emballage, c’est celui qui n’existe pas », souligne Gaëlle Guérive. Si vous tenez à l’effet de surprise, soyez créatifs et remplacez le papier cadeau par des chutes de tissus, de jolis sacs réutilisables, des paniers ou des boîtes en bois…


Des vœux électroniques


Après Noël vient la nouvelle année et, avec elle, l’envoi des cartes de vœux. Autant de tonnes de papier qui sont bien souvent jetées à la poubelle juste après la lecture. Mais, grâce à Internet, il est désormais possible d’envoyer des cartes de vœux totalement personnalisées par courrier électro­nique. Ainsi dématérialisée, cette jolie intention devient plus économe en papier.

Source : La Vie

samedi 3 décembre 2011

vendredi 2 décembre 2011

Conte de Chine : Peiwoh et la harpe apprivoisée

Il était une fois un bel arbre qu'un magicien transforma en harpe, une harpe-fée. Mais l'étonnant instrument ne devait faire entendre ses sons merveilleux que sous les doigts du plus grand musicien du monde.


C'est en vain que son propriétaire l'empereur de Chine, invita de grands artistes à en jouer. Ils ne tiraient de la harpe que des dissonances à en faire grincer les dents. Enfin arriva le prince des harpistes Peiwoh et le miracle se réalisa. Sous ses doigts s'éleva une mélodie admirable où l'on reconnaissait toutes les beautés de la nature, la splendeur des forêts au soleil levant, la douceur du clair de lune, les rumeurs du vent, le bruit caressant ou violent des vagues. Il rendait même perceptibles les effluves qui montent de la terre à toutes les saisons. L'empereur et sa cour étaient muets d'admiration.


Le monarque parla enfin : "Quel est, dit-il au magicien, le secret de ta victoire ?" Il répondit: « Si tous les musiciens ont échoué, c'est parce qu'ils ne cherchaient à chanter qu'eux-mêmes. J'ai laissé la harpe libre de choisir son thème et en vérité je ne savais plus si c’était la harpe qui était Peiwoh ou si Peiwoh était la harpe. »

jeudi 1 décembre 2011

Albert Jacquard et la mort

Quel regard porte-t-on sur la mort lorsqu’on s'en approche ? Quelle relation entretient-on avec sa mort ? Quand les rides apparaissent, y pensons-nous plus souvent ? Albert Jacquard s'est confié sur ce sujet pour son ouvrage "Espérance de vie", aux côtés de vingt autres personnalités. Témoignage d'un homme vivant...

mardi 29 novembre 2011

dimanche 27 novembre 2011

Entrons dans l'Avent

À partir du 27 novembre, nous entrons dans l’Avent, une période de quatre semaines où l’on commémore la naissance de Jésus. En attendant Noël, c'est un temps pour retrouver la vraie valeur des choses, changer de regard et créer du lien...

« L’Avent, c’est un temps de préparation du cœur, comme un grain enfoui dans la terre qui va renaître », explique Vanessa Micoulaud, religieuse de Notre-Dame-du-Cénacle et membre de l’équipe de Notre-Dame du Web, un site internet ignatien.
Attendre, retrouver la vraie valeur des choses, changer de regard et créer du lien… Voici quelques idées expérimentées par des mamans pour vivre la joie de l’Avent en famille.


Apprenez à attendre


À l’approche de Noël, petits et grands trépignent d’impatience à l’idée de déballer leurs cadeaux. Difficile de décompter les semaines. Encore plus de nos jours, car nous sommes habitués à satisfaire immédiatement, d’un geste sur Internet, un certain nombre de nos désirs. « Il est important de ressentir de la frustration. Elle permet de mieux savourer le bonheur de jouir de quelque chose. Le jour de la naissance de Jésus doit marquer une vraie rupture dans l’année pour être vécu pleinement », souligne Isabelle de Préville, mère de trois jeunes enfants. Elle a remanié le traditionnel calendrier de l’Avent pour les accompagner sur le chemin de la patience. Celui-ci, au lieu de se vider chaque matin d’une friandise, se remplit en collant sous des étoiles une action à réaliser : se réconcilier avec quelqu’un, penser à une personne qu’on aime, etc.
« Ces gestes aident les enfants à se détacher du matériel pour se tourner vers le spirituel. Ils ont besoin de rituels. » Toute la famille peut participer.




Prenez votre temps


Et si on allait à contre-courant de la frénésie de Noël… Si on ralentissait au lieu de courir partout pour les préparatifs de la fête, pour se rendre compte de la vraie valeur des choses. Notre-Dame du Web suggère pour l’Avent un exercice pratique à partager en famille.
Dégustez une cuillerée de miel ou un verre de lait pendant 10 minutes : fermez les yeux, laissez lentement couler le liquide dans votre gorge et concentrez votre attention sur ce que vous ressentez. « Le but, c’est de retrouver le sens du goût, de prendre conscience de la dimension incarnée de l’être humain, explique Vanessa Micoulaud. Noël invite à accueillir notre humanité à 100 %, car Dieu a pris chair sous les traits d’un bébé. L’émerveillement de la fête ne doit pas rester conceptuel, mais être lié aux sens. » Autre proposition du site : pendant une semaine, prendre soin de la manière dont on salue les autres en s’attardant sur leur visage et sur les gestes et les paroles échangés.


Changez votre regard


L’Avent, c’est un temps de conversion intérieure pour se rapprocher de Dieu et des autres. Un cheminement qui rend davantage disponible au jour de Noël. Chahina Baret, mère de deux enfants, estime que « souvent on ne sait pas accueillir un cadeau ou un compliment. On minimise ce qu’on reçoit, par exemple, en disant “Fallait pas”, au lieu d’exprimer son plaisir. » Un mois de décembre, l’idée lui vient d’installer un grand mur d’expression dans son couloir. Chaque soir, chaque membre de sa famille y écrit ou y colle une image symbolique de ce qu’il a reçu de beau et de bon, comme un jouet ou une belle promenade. « Tout ce que nous recevons, nous pouvons le considérer comme un cadeau de Dieu. Il est important de lui en rendre grâce. Il nous aime tellement qu’il nous a donné son fils. »


Soignez le lien


On n’attend pas seul la naissance de Jésus. Cette Bonne Nouvelle se partage. Une invitation à s’ouvrir aux autres, à se rassembler. À l’heure où beaucoup de personnes envoient leurs souhaits en un clic à tous leurs contacts, la catéchiste Mina Grais, 36 ans, tient à personnaliser les vœux. Chaque année, elle fabrique des cartes avec ses quatre garçons. « Nous écrivons à des personnes que nous ne pourrons pas aller voir pendant les vacances de Noël, qui vivent seules ou que nous n’avons pas rencontrées depuis longtemps. Ce geste montre qu’on pense vraiment à elles. Jésus nous invite à prendre soin des autres. » Les enfants peuvent aussi apprendre à préparer un cadeau personnalisé, explique Isabelle de Préville : « À partir de 5 ans, ils peuvent réaliser un bricolage pour leur parrain ou faire des gâteaux pour les apporter dans une maison de retraite. Ces cadeaux n’auront pas la même valeur que s’ils les avaient achetés, car ils ont donné de leur temps pour les fabriquer. » Des gestes simples, et qui font vraiment plaisir !

Source : La Vie


samedi 26 novembre 2011

Etre un clown spirituel

Un petit portrait vers le rire pour s'élever et s'ouvrir...

vendredi 25 novembre 2011

Un maître spirituel, Arnaud Desjardins...


"Vous n'êtes prisonniers de rien d'autre que de vos pensées Vous n'avez à vous libérer de rien d'autre que de vos pensées. Voilà la vérité. Et vous n'avez pas d'autre problème que celui de vos pensées. Vous n'avez aucun problème, ni avec votre santé, ni avec votre métier, ni avec votre patron, ni avec vos enfants, ni avec votre femme, ni avec votre voisin, ni avec votre propriétaire, ni avec le maire de votre commune. Vous n'avez qu'un seul problème : un problème entre vous et vos pensées..."


dernière partie (26 min)

jeudi 24 novembre 2011

Dans le rôle d'Arnaud Desjardins (1)





Daniel Stevens en 1985 a eu l’excellente idée d’aller à la rencontre d’Arnaud Desjardins...

Voici la suite (en deux parties) de l'interview mise sur ce site le 29 septembre 2011.


Première partie (25 min)




mercredi 23 novembre 2011

Intelligence animale

Pas le temps de réfléchir, mais un peu d'intelligence animale peut nous faire du bien...

mardi 22 novembre 2011

La présence de la mort... avec Edgar Morin (2)

"Vivre de mort, mourir de vie" Héraclite
2ème partie
Entretien avec Edgar Morin, sociologue et philosophe français, directeur de recherche émérite au CNRS, Centre National de la Recherche Scientifique, auteur de plusieurs ouvrages dont « La Méthode ». Edgar Morin est connu également pour son engagement politique et son action au sein de la Résistance durant la seconde Guerre Mondiale. En 1938, il rejoint le mouvement des Etudiants frontistes, socialiste, qui s'oppose aux Nazis, et l'année suivante entre dans la Résistance. A partir de 1958, il rejoint les rangs du Parti Communiste français, où il rencontre François Mitterrand. Etudiant infatigable, il entreprend un cursus de sociologie. Il ne quitte pas l'université après l'obtention de sa thèse, il devient professeur...

lundi 21 novembre 2011

Edgar Morin... au nom de Dieu (1)

« L'homme porte le mystère de la vie qui porte le mystère du monde. »
1ère partie

dimanche 20 novembre 2011

Un chemin de vie...pour trouver sa nature.




Source: site sur le deuil de Christophe Fauré

Un endroit tranquille avec Joshin Luce Bachoux

Peut-être l’avez-vous croisé un jour, ce jeune moine bien décidé à trouver un endroit tranquille pour prier et pour méditer ? Sa décision prise, il s’éloigne d’abord de la ville, cette ville si pleine de gens, avec leur tohu-bohu, leurs rires, leurs pleurs ; ces gens qui appellent, qui se parlent, qui s’amusent ; non, la ville, ça ne va pas, il est dérangé sans cesse par toute cette vie autour de lui. Alors, il cherche une grande maison, dans une belle banlieue et, au départ, cela lui semble un bon choix, mais très vite, de nouveau, des gens, et des voitures, et des bruits de construction, et encore du brouhaha. Alors, ce sera la campagne. Malheur ! Il y a des gens, oui, encore, et des tracteurs, des camions, des machines inconnues qui emplissent l’air de leurs bourdonnements et de leurs craquements de l’aube au soir. Il s’enfonce dans la montagne, car il est plein de bonne volonté, ce moine, pour méditer et prier, et bien décidé à chercher aussi longtemps qu’il le faudra...


La montagne est pentue, c’est bien connu, et il souffle quelque peu en arrivant au-dessus des pâturages – parlons-en, des pâturages : plein de bêtes qui meuglent, hennissent, bêlent, enfin blablatent ! Il n’y traîne pas. Il s’installe à l’orée de la forêt, soupire d’aise, ouf, voilà, il peut poser son sac, fermer les yeux, plus personne autour, le calme et... des oiseaux ! Des chants d’oiseaux, des roucoulades, des pépiements, encore du tintamarre !


Mais notre moine sait que le chemin est long et ardu, qu’il s’agit de ne pas se laisser décourager par les obstacles, d’avancer d’un pas, puis encore d’un autre, alors il reprend son sac, ravale quelques soupirs, et s’enfonce dans la forêt. Il marche, il marche, pour laisser enfin derrière lui toute cette agitation, tout ce qu’il considère comme le tumulte de la vie ; il veut un endroit tranquille pour se consacrer à l’essentiel : la prière et la méditation.


Au milieu de la forêt, une clairière : seul un grand arbre s’y dresse, loin de tout. Le jeune moine, aguerri par ses mésaventures, vérifie d’un coup d’œil : ni ruisseau qui chuchote, ni écureuil qui grignote. Épuisé, il s’assoit adossé à l’arbre, et enfin ! Enfin, se laisse envahir par le silence... Mais, à ce moment précis, juste à côté de lui, tombe une feuille. Et notre moine, à bout de nerfs, éclate en sanglots…


Existe-t-il en ce monde un endroit tranquille où rien, absolument rien ne viendrait nous déranger ? Pour prier, pour méditer, nous faut-il systématiquement nous enfoncer loin des hommes, des animaux et de toute vie ? Selon les traditions et les époques, différentes réponses ont été données. Mais il y a un endroit tranquille que toutes ont reconnu : nous-même. 
Si je ne trouve pas d’endroit tranquille à l’extérieur, alors je dois devenir moi-même un endroit tranquille. Il n’y a pas d’autre solution. Devenir un endroit tranquille, c’est déjà prier ou méditer exactement là où je suis, plutôt que chercher sans fin un endroit, un milieu, un moment qui me conviennent. C’est choisir la vie, entière, telle qu’elle est. 


Poser les armes, enlever les masques, arrêter de courir, dire oui de tout cœur, cela peut faire de moi, de chacun de nous « un endroit tranquille ». Il ne le savait pas encore, ce petit moine, mais il allait l’apprendre : être un endroit tranquille, c’est là, sans doute, le premier pas, le pas décisif dans notre méditation, dans notre prière.



Source : La Vie

samedi 19 novembre 2011

S’alléger du superflu pour mieux être à la vie (5/5) avec Alexandre Jollien

La pensée d’Alexandre Jollien ne peut se définir simplement et se révèle être une pensée en chemin. On y trouve une quête de la joie, un attachement à une spiritualité qui libère des affects tout en les reconnaissants et les acceptant, une inclusion des pratiques méditatives du zen, une foi en l’homme et en la capacité à s’engager vers autrui en vivant l’instant présent. Au final, il pourrait s’agir d’une philosophie du non-attachement.

Partie 5 : 25mn.

Source : RSR

vendredi 18 novembre 2011

Être à l’autre et au monde (4/5) avec Alexandre Jollien

Pour Alexandre Jollien, exister ne se limite pas à une simple évidence mais relève d’un combat. Il s’agit notamment de se libérer de ses angoisses, de nos jugements et de nos projections, et vivre le moment comme il vient et les rencontres telles qu'elles se présentent.

Partie 4 : 25mn.

jeudi 17 novembre 2011

A corps retrouvé (3/5) avec Alexandre Jollien


Dans son histoire, Alexandre Jollien a dû se battre pour ne pas être réduit aux limites d’un corps particulier. Il a parallèlement dû faire l’effort de réapprivoiser son corps et se recentrer sur l’être de chair qui le définit aussi en tant qu’homme. Une autre manière d’être dans le présent pour mieux être à soi et aux autres.

Partie 3 : 25mn.

mercredi 16 novembre 2011

Être un chrétien en mouvement (2/5) avec Alexandre Jollien

Pour Alexandre Jollien, la philosophie offre des outils pour mieux vivre. En matière de religion, il considère que la foi passe nécessairement par l’abandon et la confiance. Soucieux de ne pas être limité à des enfermements, qu’il a trop bien connus, il se montre tout autant désireux de ne pas s’installer dans des certitudes, bien qu’attirés par les questions de la conviction. Loin d’être un paquet de dogmes affirmés, sa croyance se révèle être d’abord une expérience et une pratique assumées corps et âme.


Partie 2 : 25mn.

mardi 15 novembre 2011

De la philosophie à la spiritualité avec Alexandre Jollien (1/5)

Les ouvrages d’Alexandre Jollien sont pétris de philosophie et de spiritualité. Si sa philosophie ne peut être réduite à une seule étiquette, puisqu’elle se rattache surtout à l’histoire de la philosophie plutôt qu’à une seule école, sa spiritualité est aussi difficile à cerner clairement. Alexandre Jollien se reconnaît chrétien, mais il se nourrit également d’autres spiritualités. C'est le constat des limites de la raison qui le conduit à davantage prospecter dans les domaines de la méditation et du zen par exemple.


Partie 1 : 25mn




Aujourd'hui écrivain, marié et père de trois enfants, Alexandre Jollien a souvent été défini par son handicap, souligne la Radio Suisse Romande (RSR) dans un communiqué. L'infirmité motrice cérébrale dont il souffre l'a conduit à vivre plus de 15 ans en institut spécialisé. Il y découvre la force de l'esprit mais également la joie au coeur de l'effort, de la défaillance, et de la différence. La philosophie s'ouvre à lui d'abord via Socrate, son premier étonnement philosophique. Il se fait connaître avec son ouvrage "Éloge de la faiblesse", paru en 1999 et réédité tout récemment. Puis suivent "Le Métier d'homme", "La Construction de soi" et "Le philosophe nu" (2010) qui connaissent tous un franc succès.
Alexandre Jollien s'ouvre à la spiritualité. Poussé par une soif de compréhension et de découverte, il s'efforce de ne jamais dissocier ses différentes vocations de ses quêtes intellectuelles et spirituelles.

lundi 14 novembre 2011

Pour en savoir plus sur le yoga

Retour sur les bienfaits du yoga, mais malgré cela tous ne deviennent pas illuminés...

dimanche 13 novembre 2011

Christian Bobin et Ryokan


Christian Bobin nous rappelle au silence
en suivant les vers de Ryokan, le moine au coeur d'enfant :



‎"takuhodo wa
kaze gamotekuru
ochiba kana

Pour faire le feu
le vent qui souffle m’apporte
les feuilles d’automne"


"heizei no
mimochi ni hoshi ya
furo agari

Ah ! si tout le jour
je me sentais aussi bien
qu’au sortir du bain !"



"yûzen to
kusa no makura ni
rusu no an

Un calme parfait
sur un oreiller d’herbe
loin de ma cabane"


Ryokan Taigu



samedi 12 novembre 2011

Le bonheur et Matthieu Ricard

Tu es Cela avec Arnaud Desjardins

Pour la parution du dernier tome de "A la recherche du Soi", en voici un extrait...


Laissez-moi vous redire que ce lâcher-prise n’est pas une petite affaire, qu’il s’agit vraiment
d’une mort. C’est une mort qui doit être réussie, c’est-à-dire conduire à une vie plus vaste et non pas à une mutilation, une dépression, une frustration – mais c’est une mort. On s’en rend compte peu à peu, à mesure qu’on commence à progresser sur un vrai chemin. Si bien que vient un moment où les illusions sincères du début sont tombées et où l’on se trouve dans cette situation que tous les disciples ont traversée : « une part de moi a peur et refuse d’y aller et pourtant j’y vais », à l’image du Christ qui s’est rendu à Jérusalem en disant, pour l’édification de deux mille ans de chrétiens : « Père, épargne-moi cette coupe si possible, mais qu’il soit fait selon Ta volonté. » Chacun doit passer par cette étape : je sais que je vais aller jusqu’au bout mais Dieu sait si je refuse d’y aller, et si une part de moi crie : non, non,non ! je ne veux pas.


Il m’était revenu à l’esprit en Inde une parole historique – « Tu trembles, carcasse, mais tu tremblerais encore plus si tu savais où je te conduis. » Et j’interprétais cette phrase comme ceci : « Tu trembles, carcasse, et tu trembles encore plus parce que tu sais très bien où je te conduis. »


En 1967, au moment où j’étais engagé enfin sur le vrai chemin après avoir commencé par essayer de ruser avec Swâmiji, d’en prendre et d’en laisser et où cette phrase m’était montée à l’esprit, il s’est trouvé qu’au cours d’un entretien, j’ai demandé à Swâmiji : « Mais pourquoi est-ce qu’on ne peut pas envoyer encore quelques personnes à Swâmiji ? » Il a répondu : « Non, c’est fini, Swâmiji ne verra plus de nouveaux venus » – sous-entendu ; jusqu’à la fin de sa vie. Il était déjà âgé, déjà cardiaque. « Mais, Swâmiji, il y a tant de gens qui m’écrivent à la suite de mes émissions TV... » Pourquoi avais-je produit ces émissions ?
C’était bien encore l’ego qui voulait les réaliser, c’était bien le karma et c’était aussi un dharma parce que je me suis senti enfin unifié, en paix avec moi-même, pour exercer cette activité.
Swâmiji me cite la parole de la Gita : « Sur mille hommes, il y en a un qui Me cherche. Sur mille personnes qui vous écrivent, il y en a une qui est vraiment prête à suivre le chemin.» – « Oui, mais Swâmiji, si je reçois deux mille lettres, cela fait deux personnes qui sont prêtes à suivre le chemin.» J’essaie de convaincre Swâmiji qu’il y a un petit nombre de candidats prêts à le rencontrer.


Tout d’un coup j’ai eu ce cri du coeur : « Mais, si Swâmiji ne peut pas les prendre en charge, qui va s’en occuper ? » Et Swâmiji a répondu : « You » – « Vous ». Cette réponse m’aurait grisé quinze ans plus tôt. Je n’ai pas pu ne pas l’entendre parce qu’on est attentif en face de Swâmiji – mais j’ai tout fait pour ne pas l’entendre ! Parce que, pour moi, cette réponse avait un sens précis et terrifiant. Au seuil de compréhension que j’avais atteint et au point d’attachement auquel j’étais, si c’est Swâmiji qui le sait, cela veut dire que ce ne sera pas une fantaisie de l’ego, un mensonge ou une trahison. Cela veut dire que je serai capable de le faire. Et, si cela veut dire que je serai capable de le faire, cela veut dire que j’aurai suivi jusqu’au bout mon propre chemin. Jamais je n’ai tant mesuré, en un instant, l’immensité de ma supplication : « Épargnez-moi d’aller jusqu’au bout du chemin. Non, non, non ! Je veux bien progresser un petit peu mais plus tard, plus tard ! Laissez-moi dans mes demandes, laissez-moi dans mes attachements, laissez-moi dans mes ambitions ! »


Tous les chercheurs ont vécu cette étape. Oh, non ! OH, NON ! Il y a ceux qui abandonnent et ceux qui continuent. Je vous assure qu’en 1967 je n’ai pas été exalté ni heureux : je n’ai pas voulu entendre. « C’est vous qui les prendrez en charge. » On en était loin. Et je souhaitais qu’on en soit le plus loin possible pour que cela signifie qu’il me restait le plus grand nombre d’années possible à vivre comme l’ego voulait vivre...

ARNAUD DESJARDINS
« Tu es cela »
À la recherche du soi IV