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vendredi 13 septembre 2019

La nature, voir que nous ne sommes pas séparés





Lorsque le corps devient plus conscient, par cette rencontre quotidienne avec nos perceptions intimes, il peut alors se mettre de lui-même au diapason de la nature et s’y harmoniser.
La forêt qui borde mon village me le rappelle tous les jours. On ne peut pas dire que je m’y promène, j’y plonge littéralement.
Ce n’est pas moi qui y pénètre, c’est la forêt qui entre en moi, vibre et vit en moi.
Mon corps jubile d’y aller, de sentir les odeurs de moisi, de pourriture, de végétal naissant, de sève et de résine.
L’immobilité et l’immensité des arbres me redressent.
Chaque pas sur la terre meuble restructure mon dos, replace mes épaules.
La densité végétale, la force du sol si fertile, la verticalité, les mouvements si lents des troncs, tout cela m’attrape et me transforme dans l’instant.
La forêt me dépose en moi-même.
Elle m’invite à m’habiter et à habiter l’instant totalement, inconditionnellement.
Je n’ai jamais eu ce sentiment qu’il fallait me relier à la nature ou à quoi que ce soit d'autre.
J'ai simplement longtemps pleuré de sentir que c'est moi qui me coupais.
Après que mes croyances à propos d’une possible coupure aient été démasquées, ce que je découvre plutôt c’est que je ne suis pas séparée.
Pas de reliance donc, mais voir que qu'il n'y a pas de séparation.
Amitié à tous

Séverine
Auteure de "Vivante ! Un éveil à la vie, à la joie et à l'amour" - éd. Accarias l'Originel.
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lundi 20 mai 2019

L'art de la chute


Parfois la vie nous demande de lâcher prise un peu plus en profondeur, de lâcher quelques croyances et illusions un peu plus fondamentales que les autres. Dans ces moments, on a l'impression que tout s'effondre, que plus rien n'a de sens, que tout ce beau, long et difficile chemin vers soi-même et vers la réalité de ce qu'est la vie, n'a servi à rien. Oui, "à quoi bon". Le désespoir peut prendre alors une place immense. Notre mental peut commencer à sérieusement paniquer, et tenter de trouver une issue de secours, un moyen de mettre fin à cet inconfort, à ce tiraillement interne qui peut devenir un vrai calvaire mental.
Sans aucun doute, nous sommes arrivé au bout d'un fonctionnement, au bout d'un conditionnement, notre organisme essaie de s'en séparer, mais le mental essaie lui de reprendre la main, par tout moyen. Et c'est tellement tentant n'est-ce pas : de reprendre la main, de trouver une porte de sortie, pour aller mieux.
Pourtant mieux vaux ne rien faire. Mieux vaut se laisser faire, se laisser être ça, totalement, autant qu'on le peut, et mieux vaut justement ne surtout pas tenter de trouver une porte de sortie. Mais plutôt laisser ce désespoir s'exprimer jusqu'au bout. Laisser le mental aller au bout de son délire. Vivre le truc à fond.
C'est un moment délicat, car nous devons renoncer aux invitations incessantes du mental à aller vers les solutions habituelles (méditer, pratiquer, investiguer, comprendre, chercher, envisager un mieux, reprendre espoir), alors que la situation nous demande justement d'arrêter toutes ces stratégies, qui ont peut-être fait leurs preuves à un moment (voir de nombreuses années), mais qui sont désormais obsolètes.
Se laisser "couler", "chuter" totalement. Voilà la seule vraie possibilité à mon avis : arrêter toutes nos stratégies, n'en suivre aucune même la plus alléchante, pour vivre vraiment et totalement cette dé-construction intérieure. C'est le seul moyen d'abdiquer toujours plus profondément à la réalité du vivant. Il n'y a pas d'autre moyen.
Séverine

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samedi 13 avril 2019

La liberté des émotions




J'ai écrit pour le magazine 3e Millénaire (dernier numéro) un article sur les émotions comme accès direct à notre être profond.
Les émotions sont sous-estimées à mon sens par trop de voies spirituelles, quand elles ne sont pas tout bonnement évincées. Pourtant, en tant que création et reflet direct du vivant, elles sont une voie d'exploration extraordinaire de la réalité. Elles ont été et restent pour moi une des portes les plus puissantes vers ma propre liberté.
Petit extrait :
"Nous croyons tenir la réalité, l’émotion, en être le-la propriétaire et pouvoir en faire ce que bon nous semble. Mais cette réalité n’a pas de propriétaire. En explorant la réalité de l’émotion en moi, il est une évidence qui s’est rapidement imposée : l’émotion est intrinsèquement libre, c’est sa nature même, elle connait le chemin de sa propre émergence et résorption, et je n’ai sur elle aucun pouvoir, ni contrôle. Cette liberté est intrinsèque à l’existence même, elle nous est intrinsèque, mais si nous n’avons pas accès à cette réalité dans l’immédiat, nous pouvons l’observer plus facilement avec l’émotion qui exprime sa propre liberté régulièrement en nous. L’émotion est comme un cheval sauvage que l’on voudrait dompter. Parfois on réussit à l’enfermer, à la refouler, à la cacher dans les tréfonds de notre inconscient. Mais toujours elle ressurgit, sous une forme encore plus rugissante si on l’a enfouie, ou sous une forme dépressive, si on l’a retournée contre soi. Face à cette liberté, notre seul pouvoir est d’abdiquer profondément en nous-même tout pouvoir à son encontre".


Seve Millet
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mercredi 12 décembre 2018

Denuement


Changer ? ou se dénuder…
J’ai longtemps cru que le bonheur espéré, la paix intérieure exigeaient de me transformer, de me parfaire. Que mon chemin intérieur devait entrainer un développement de mes qualités, de mes aptitudes, de mes capacités à aimer, à dire oui à la vie, à accepter, à être plus douce, à être plus tranquille, plus en paix, plus compétente, plus à l’écoute et à avoir un mental plus silencieux. Je croyais que le chemin allait me faire acquérir des capacités et qualités personnelles, que cela allait faire de moi une Séverine « optimisée » capable de vivre plus heureuse et plus forte au sein de ce monde qui me semblait compliqué et dangereux. Au contraire je me dévoilais, je me dénudais, je m’ouvrais à la vie. Le regard posé en moi-même de plus en plus profondément déracinait mes conditionnements psychologiques, mes croyances limitantes, faisait fondre mes attachements et s’effondrer les évidences. J’étais sur un chemin de dénuement pour dévoiler mon authenticité, mon être véritable.
Tout ce que je croyais à mon propos, tout ce à quoi j’étais identifiée, attachée, même profondément, tel que le fait d’être reconnue, d’être aimée, d’avoir le contrôle sur ma vie ou même cet interdit d’être soi, ou la souffrance, tout ces filtres à travers lesquels je vivais et qui impactaient fortement ma vie, ce sont peu à peu mis au second plan au point de ne plus piloter ma vie voire même de disparaitre. Les émotions se sont harmonisées et sont devenues de simples mouvements au cœur de mon être. Si certains changements interviennent, parfois même profonds, ils sont rarement ceux attendus et ce qui se dévoilent est toujours de l’ordre du dénuement. Aucun changement ne peut d’ailleurs améliorer ni altérer ce que nous sommes déjà fondamentalement et qui ne fait qu’être mis à jour par notre propre regard intérieur : notre être authentique.
Séverine Millet

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samedi 15 septembre 2018

Vivante ! ... Un éveil à la vie, à la joie et à l'amour.


Qu'est-ce qu'être heureux ? 

En tournant notre regard vers notre intimité et en nous ouvrant à la vie telle qu'elle se présente dans l'instant, nous découvrons que nous sommes la vie même, déjà complet, déjà comblé. La vie devient douce, intense, vibrante, tranquille et simple, au cour de l'agitation du monde. Nous recontactons notre capacité à nous émerveiller et à aimer. Le bonheur devient alors disponible à chaque seconde. 

Pour le vivre, Séverine nous convie à un véritable art d'être vivant. Elle nous invite à découvrir et habiter l'intégralité de notre être à travers la perception fine de notre corps, de nos émotions, sensations et sens. Et à investiguer notre réalité apparente et ce que nous savons de nous et de la vie, en dévoilant le fonctionnement de notre mental et de nos pensées, de nos souffrances, croyances et conditionnements limitants. Elle nous guide en profondeur à travers la méditation assise et en mouvement, le yoga des émotions et des sens et des pratiques au quotidien et dans la nature. Toujours elle nous ramène à la plus grande pratique : notre vie quotidienne et notre humanité. Pas à pas, nous opérons ce retournement vers soi et vers cette plénitude et cette joie qui n'attendent que nous pour se révéler et se vivre.


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Séverine Millet a été avocate, puis coach et formatrice sur les questions humanitaires puis écologiques. Sur ce sujet, elle a publié un livre : « La stratégie du colibri ». Après plus de trente ans d'une exploration passionnée de l’être humain, Séverine partage la simplicité d’ « être », une présence naturelle, libre et tranquille, dans un accord profond avec ce que la vie propose.

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vendredi 14 septembre 2018

Joie d'être



La joie d’être demande que nous consentions vraiment à tous les aspects du vivant, dont la tristesse, la peur et la souffrance.
La joie ne peut éclore si tristesse, peur et souffrance ne peuvent éclore.
La vie et la joie vibrent lorsque nous consentons à ouvrir notre cœur, notre esprit et notre corps à la proposition de la vie, quoi qu’elle soit, et en nous exposant sans limites à ce vivant tel qu’il s’exprime.
L’ouverture dont il est question ici se fait aussi dans la renco
ntre profonde et inconditionnelle avec la fermeture, car la première sous-tend toujours la seconde.
Alors, vois qu’il n’y a jamais fermeture, mais un seul mouvement au sein d’un même cœur ouvert.

 
Séverine
(Petit extrait de mon livre "Vivante ! Un éveil à la vie, à la joie et à l'amour" - ed. Acacias l'originel)

www.laseve-et-lerien.com
Photo : JC Bernard
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vendredi 29 septembre 2017

Le chemin spirituel n’apporte rien de personnel.


Vous n’allez rien y gagner, rien y obtenir.
J’ai conscience que ce n’est pas facile à entendre, ami chercheur.
Je sais que tu ne vas pas me croire, car c’est difficile à avaler, toi qui espères tant de cette quête.
J’ai conscience que souvent tu en attends quelque chose de merveilleux, qu’il y a un espoir tellement immense en toi, probablement de sortir de ta condition humaine si difficile, d’améliorer ta vie, ton vécu, que sais-je encore.
Et pourtant, quelle paix de le comprendre !
Quelle joie de ne plus rien attendre de cette quête de soi, de ne plus rien considérer comme acquis!
Quelle beauté d’accepter de n’y rien comprendre !
Et quelle douceur de se déposer dans le cœur même de la vie, pour se laisser bercer dans son mouvement naturel, quel qu’il soit, sans protection!
Juste être, ici et maintenant.
Alors à un moment donné, tu vas t’en rendre compte :
le chemin n’apporte rien du tout.
Absolument rien de personnel.
Rien, rien, rien.
A l’inverse, si tu y consens, cette quête, cette « rencontre inconditionnelle avec soi », cette plongée totale dans le réel va te prendre tout ce qui t’est personnel, tout ce que tu considères comme t’appartenant.
Tu vas te délester.
Le chercheur obtient quelques acquisitions : plus de tranquillité, de douceur, d’amour, de compréhension peut-être.
Quelques belles envolées spirituelles parfois.
Parfois même ça dure un peu, quelques années même, on a l’impression d’être arrivé quelque part, c’est agréable.
Dès qu’il se passe quelque chose, le chercheur en fait un évènement, une acquisition.
L’éveil devient un truc à obtenir, où à retrouver si on l’a «perdu».
Le chercheur fait comme toutes les personnes en ce monde : accumuler des belles choses, rejeter celles qui ne lui plaisent pas.
Mais lorsqu’il les a eues, il peut les perdre.
Sur ce chemin là, on finit toujours par perdre ce qu’on a acquis.
Je l’ai déjà dit ici : tous les états spirituels que vous allez gagner, vous allez les perdre.
La vie va et vient.
Elle fait ce qu’elle veut.
Alors entends-moi bien, surtout la prochaine fois que tu auras l’impression d’avoir encore perdu ou gagné quelque chose sur ce chemin.
Oui entends-moi bien :
Accepte de te dénuder de ce désir d’accumuler des expériences, de ce désir d’obtenir quelque chose de tous tes efforts.
Il ne s’agit pas de gagner,
ni d’accumuler,
ni de réussir,
il s’agit de perdre la totalité de ce que tu crois avoir,
de perdre la totalité de ton monde,
de lâcher tout ce que tu crois tenir.
La condition humaine c’est de porter la vie, d’en faire une affaire personnelle, une réalisation, un devenir.
La quête spirituelle récupère ce même mouvement et devient quelque chose à réussir.
Comme c’est lourd et épuisant !
Comme c’est difficile !
N’en as-tu pas marre ?
Tant que tu n’en auras pas assez marre, tu vas continuer.
Il faut parfois aller au bout de l’absurdité.
Essayer encore et encore de réussir cette quête, d’arriver quelque part, d’accumuler les expériences.
Mais un jour, tu ne pourras plus faire autrement, tu va revenir à plus d’humilité et reconnaitre profondément la vérité :
Tu ne tiens rien,
Tu ne possèdes rien,
Il n’y a rien à réussir,
Tu es déjà nu devant la vie.
Et en réalité c’est cela que ton cœur désire le plus : reconnaitre cette nudité de ton être.
C’est dans cette nudité que nous pouvons faire le don de nous-même au vivant que nous sommes.
Et nous laisser porter par son libre mouvement.
Alors ami chercheur, acceptes-tu de ne plus rien accumuler ?
De te délester de ce que tu crois avoir acquis ?
Et de te montrer dans ta plus intime vulnérabilité ?
Dans ta plus totale nudité ?
Tu te rencontreras alors dans ta plus profonde humanité.



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jeudi 15 juin 2017

Présence cachée...


De mon point de vue,
Il n’y a pas la présence et l’absence,
mais seulement la présence.
Et en son sein, la croyance, l’idée, la perception que l’on puisse parfois lui échapper.
Cette perception ne voile rien,
la présence la contient.
Et malgré toutes les tentatives que nous faisons à chaque instant pour fuir la présence,
malgré notre acharnement à éviter d’embrasser cette évidence,
la présence demeure.
On ne peut s’en rapprocher,
on ne peut faire que semblant de s’en éloigner.
Quand l’évidence de l’omniprésence est vue,
La présence se dévoile sous tous ses aspects.
Et alors,
tout s’y joue,
tout s’y vit,
même l’absence,
qui est vue comme simple expérience au sein d’un même instant,
simple mouvement au sein de l’éternité silencieuse.


Ici l’invitation est bien sûr d’embrasser le réel qui se présente à chaque instant,
de densifier et intensifier notre présence par le simple fait d’habiter en nous-même,
de se couler de plus en plus profondément, intensément dans notre corps de chaire, nos sensations, nos perceptions.
Mais surtout, je vous invite à ne plus vous blâmer d’une absence,
ou à rencontrer avec douceur en vous ce blâme,
car l’absence est pure expression de la grâce au même titre que toute chose en ce monde.
C’est dans ce regard de plus en plus doux et aimant posé sur nos absences,
que le va et vient entre présence et absence va devenir une danse du vivant,
Et peu à peu cette danse s’inscrire dans un unique instant éternel.


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samedi 6 mai 2017

Rencontre... avec une présence



Rencontrez-vous dans tout ce que vous êtes.
Il n’y a rien qui ne mérite en vous cette rencontre,
que ce soit votre corps, vos pensées, vos émotions, vos réactions et perceptions, vos blessures les plus intimes et douloureuses.
Quand je parle de rencontre, c’est vraiment cette rencontre de coeur à coeur avec vous-même, tel que vous êtes.
Cette écoute silencieuse de votre intimité.

Cette attention et ce regard de plus en plus profondément tournés vers votre intériorité, vers vous-même.
De soi à soi.
Parce que c’est la seule façon de vous connaitre et de vous reconnaitre.
Et parce-que ce que vous êtes est si précieux !
La forme que prend la vie à travers vous en cet instant est ce dont vous avez absolument besoin pour permettre cette rencontre.
Alors, tout en vous mérite votre regard, votre écoute, votre attention délicate et renouvelée.
Même la peur mérite d’être rencontrée vraiment.
Dans tout ce que j’ai rencontré en moi, même ce qui me faisait le plus peur, qui me terrifiait parfois, même mes plus profondes blessures,
jamais je n’ai rencontré de monstre.
Dans cette rencontre,
je n’ai rencontré que mon humanité,
je n’ai trouvé que la vulnérabilité, l’ouverture, la douceur, la beauté, la nudité,
et même parfois la timidité de certaines émotions si habituées à être trop souvent rejetées.
Dans cette rencontre je n’ai rencontré qu’une immense tendresse,
qu’un amour infini et sans condition.
J’ai essayé parfois d’éviter certains aspects de moi, certaines peurs ou blessures trop douloureuses.
Mais par amour, elles sont revenues me chercher, inlassablement, jusqu’à ce que j’accepte inconditionnellement leur étreinte.
En rencontrant mes peurs, mes blessures,
je n’ai rencontré en moi que des enfants émerveillés et déjà libres.
En me rencontrant,
je n’ai rencontré que l’infinie possibilité de la vie,
et l’infinie disponibilité de la joie d’enfant d’être vivant
.

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