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mardi 4 août 2026

Le bouleau

 Ils ne sont pas en forme actuellement dans mon jardin, alors je leur partage ce message :


Lorsque j'étais enfant, dans le monde végétal, ce n'étaient pas les bouleaux qui attiraient mon attention ; les arbres qui me fascinaient c'étaient les mélèzes et les grands sapins et, parmi les arbustes, le saule des chèvres et le cytise que je recherchais en bordure des prés pour y trouver des fourches de lance-pierres ou des bâtons pour fabriquer l'arc et les flèches de nos jeux.
Les bouleaux, je ne comprenais pas leur beauté ; au printemps nous jouions près d'eux quand la neige fondait, sans même lever les yeux vers leurs célestes branches. Et la coutume de nos ancêtres, qui en mai déclaraient leur amour aux jeunes filles du village en déposant des branches de bouleau à peine écloses devant la porte de leur maison, s'est perdue au contact de la civilisation méditerranéenne. […]
Les populations eurasiennes du Nord aiment cet arbre plus que tout autre, et vont jusqu’à le diviniser ; pour les chamans, pendant leurs manifestations divinatoires, il est l’escalier qui monte au ciel. La berioza est symbole et objet d’amour dans de nombreux chants populaires et, pour Serguei Essenine, le poète archange-paysan qui passa à travers le bien et le mal de l’existence pour nous laisser son doux message, le bouleau est l’arbre-enfant, l’arbre-amour : « …Lève ta cruche, ô lune calme,/pour atteindre le lait de bouleau… », « O sein de jeune fille, /verte chevelure,/pourquoi regardes-tu, ô bouleau,/la flaque noire ? », « Le vent-jouvenceau jusqu’aux épaules/a soulevé la robe du bouleau ».
(Extrait de Arbres en liberté, p.61-64-65, Editions La fosse aux ours, 1998)
Mario Rigoni Stern – Ecrivain italien -1921 - 2008
(traduit de l’italien par Monique Baccelli)
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Silva Betullis (bois de bouleau), tableau de Michal Swider (peintre polonais 1962-2019)

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dimanche 2 août 2026

Liberté

 


La liberté n’est pas une réaction ; la liberté n’est pas le choix. C’est la vanité de l’homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose. La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense. La liberté n’a pas de motif ; la liberté ne se trouve pas au terme de l’évolution de l’homme mais réside dans le premier pas de son existence. C’est dans l’observation que l’on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre existence quotidienne.

Jiddu Krishnamurti et son enseignement.

* Cette déclaration a été rédigée, à l’origine par Krishnamurti lui-même le 21 octobre 1980, pour figurer dans le second volume - « Les années d’accomplissement » - de la biographie de Krishnamurti par Mary Lutyens (Editions Arista (1984), épuisée, pour la traduction française). 


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vendredi 31 juillet 2026

Conscience


 Comment puis-je apprendre à connaître la conscience sans lien avec les choses ?

-Jean Klein - Devenez plus conscient du moment où une pensée ou une activité prend fin. Vivez dans l'identité avec ce moment. Vous ressentirez l'ego à la recherche d'une nouvelle pensée pour poursuivre sa existence. Il ne peut pas survivre sans le carburant de la relation sujet objet. Lorsque vous êtes libre de l'image de soi, votre pensée n'est qu'un véhicule occasionnel. Lorsqu'il n'y a rien à penser, vous ne pensez pas. La pensée continue est une défense, une forteresse pour l'ego, rien d'autre. Devenez familier dans la vie quotidienne en regardant les situations sans l'intervention de l'« moi » et de ses désirs, des aversions, des résistances, des préférences, etc. Maintenez cette regardée sans motivation et vous verrez que lorsque l'observateur et l'observé ne sont plus alimentés, ils disparaissent. Vous serez alors en train de regarder soi-même. Cette simple regardée, libre de l'acteur et de l'acte, est la conscience intemporelle, le fond d'une activité.

-Jean Klein

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mercredi 29 avril 2026

Vous n'êtes pas libres


"La preuve que vous n’êtes pas libres, puisqu’il s’agit de libération, ce sont les émotions. Grandes ou petites, intenses ou minimes, fréquentes ou plus rares, éphémères ou durables, ce sont les émotions. Et pourquoi est-ce que vous n’êtes pas libres de vos émotions ? Parce que vous ne les connaissez pas. Libération par la connaissance signifie qu’on est libre de ce qu’on connaît réellement ; et connaître, c’est être – consciemment. Si vous voulez être libres 
de vos émotions, il faut avoir la connaissance réelle, immédiate, de vos émotions. Et c’est ce qu’il y a de plus rare. Quelqu’un peut avoir passé sa vie dans les désespoirs, les angoisses, les anxiétés, les colères et les jalousies, sans connaissance réelle de ses émotions. Et on peut pratiquer beaucoup d’ascèses yogiques ou méditatives sans avoir la connaissance réelle des émotions, parce que, lorsque les émotions sont là, il n’y a plus de méditation et, quand la méditation est là, il n’y a pas d’émotion. (...)

Comment pouvez-vous être vraiment libre de ces émotions en les connaissant ? Comment pouvez-vous les connaître ? En étant, sans dualité, ému. Là je soulève une grosse question. Pratiquement, depuis votre enfance, on vous a empêchés d’être émus. On vous a reproché vos émotions. L’expression de vos émotions gênait les uns et les autres, les mettait mal à l’aise. On vous a fait honte de pleurer. On vous a répété : « Allons souris, ne sois pas triste, si

tu voyais quelle tête tu as quand tu es triste ! Si tu veux être aimable et charmant, sois souriant ! Quelqu’un de triste ennuie tout le monde. » Ce qui fait que, tout en étant toujours emporté à longueur d’année par les émotions, on ne les vit plus jamais pleinement, totalement, consciemment – « sans un second », c’est-à-dire sans créer autre chose que l’émotion :je ne devrais pas être ému, je ne suis pas content d’être ému ; que c’est pénible d’être malheureux ; j’en ai assez d’être toujours triste, j’en ai assez de souffrir. Je suis en train de me ridiculiser, etc.

Je suis bien d’accord que les conditions de l’existence ne permettent pas d’exprimer les émotions n’importe où, n’importe quand, à tort et à travers. Autant que possible, vous cherchez à éviter de montrer votre désespoir à vos propres enfants ou d’avoir des colères trop violentes dans l’entreprise où vous travaillez car elles finiraient par vous faire du tort. Mais vous arrivez à cette impasse, de fuir perpétuellement les émotions qui continueront à s’accrocher à vous d’autant plus que vous les fuirez.

Il faut que vous voyiez en face cette vérité : je ne peux être libre des émotions que si j’en ai la connaissance véritable ; et connaître, c’est être. Je ne peux avoir la connaissance de la tristesse que si je suis pleinement, parfaitement triste. Et, plus difficile : je ne peux avoir la connaissance de la colère que si je suis pleinement, parfaitement en colère. Comment allez-vous être pleinement et parfaitement en colère sans exprimer celle-ci – par conséquent sans risquer de frapper, de blesser et vous retrouver devant un tribunal où vous aura traîné votre victime ?

Quelle que soit la difficulté de connaître les émotions, de connaître la colère en étant en colère, de connaître l’angoisse en étant angoissé, vous devez vous rendre compte qu’il n’y a pas d’autre issue. Alors... est-ce vraiment sans issue ? Tout dépend de votre certitude à cet égard et de votre attitude intérieure. Et vous pouvez sentir la valeur de ces trois termes, que j’ai bien souvent utilisés : expression, répression et contrôle. L’expression, le mot le dit bien, c’est ex – au dehors – pression : pousser au-dehors ce qui nous opprime ou nous oppresse. Réprimer, c’est l’enfouir à l’intérieur.

Est-ce qu’il n’y a pas d’autres possibilités que l’expression ? Dans certains contextes, dans certaines conditions, il faut exprimer et une ascèse complète comprend toujours, parmi ses différentes parties, une possibilité de connaître les émotions en les laissant s’exprimer. Mais ce n’est pas la seule possibilité d’être ému, donc de connaître réellement l’émotion. Ce qui doit être éliminé, c’est le mensonge de la répression, la tentative de suppression car c’est une tentative vaine. Toute émotion – un bonheur momentané ou une souffrance – est toujours une forme prise par l’énergie fondamentale en vous, comme une grande vague qui se lève avant de retomber. Si vous pouvez être ému, tout en contrôlant, c’est-à-dire en ne manifestant pas ou peu – mais sans refuser – vous pourrez être consciemment ému et avoir une connaissance de l’émotion. Simplement, vous ne l’exprimerez pas au-dehors. La tragédie de l’émotion, c’est le refus ; c’est le denial – la négation ; c’est la tentative de répression. Et cette tentative est à peu près permanente ; c’est pour cela qu’il y a si peu de progrès sur le chemin. Les émotions pénibles ou douloureuses sont fondamentalement refusées ; par conséquent, vous n’êtes plus unifié dans l’émotion. Une dualité se crée ; je ne devrais pas être ému. L’émotion est elle-même le fruit d’un premier refus : ce fait ne devrait pas être ce qu’il est. Et l’émotion

pénible est à son tour refusée, plus ou moins explicitement, plus ou moins consciemment ; tout votre être souffre de souffrir et crée un second conflit entre l’émotion et vous.

Dans le conflit, il n’y a aucune connaissance possible de l’émotion. (...) Si vous pouvez, quand vous êtes ému, être vraiment ému – c’est-à-dire accepter complètement la réalité de l’émotion, sans créer un second (je ne devrais pas être ému) –, vous pouvez être ému sans dualité et, dans la plupart des cas, vous pouvez en même temps contrôler. Seulement, aujourd’hui, vous confondez encore le contrôle et la répression. Ce que vous appelez contrôler, c’est réprimer. Vous réussissez à ne pas vous mettre en colère ou à sourire malgré vos malheurs, sur la base irrémédiablement mensongère d’une dualité : je ne devrais pas être ému ; je suis triste, mais je ne suis pas d’accord pour être triste. (...) 

Il n’y a pas que l’expression pleine et entière des émotions qui permet de s’en libérer (...) Si vous le voulez vraiment, vous pourrez être ému tout en contrôlant. Cela n’a rien à voir avec la répression. Je suis triste – un, sans un second ; je suis triste et il n’y a rien à rajouter à cette tristesse. Ici, maintenant, je suis triste. De cette façon seulement, vous pouvez avoir une connaissance réelle des émotions ; et seule cette connaissance conduit à la liberté. Vous n’avez pas la preuve que c’est vrai parce que vous ne l’avez pas tenté. Jusqu’à aujourd’hui, vous avez vécu vos émotions sans en avoir la connaissance réelle puisque vous ne les avez pas vécues unifié et conscient, et que vous êtes entouré de gens qui les ont toujours vécues divisés, souffrant de souffrir et rajoutant dualité sur dualité. Je souffre, je souffre de souffrir, je souffre de souffrir de souffrir, je souffre de souffrir de souffrir de souffrir de souffrir... L’émotion n’est faite que de refus. Ou, au contraire, dans les émotions dites heureuses, je suis heureux ; je suis heureux d’être heureux, je suis heureux d’être heureux d’être heureux – vous en rajoutez également. Donc, réentendez cette phrase : « libération par la connaissance ». Et entendez-la dans son sens concret, réel : c’est la connaissance qui nous libère. Nous ne sommes pas libres et nous ne serons jamais libres de ce que nous ne connaissons pas."

Arnaud Desjardins, extraits de "Au Delà du Moi", pp. 86-90

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vendredi 27 mars 2026

lundi 9 février 2026

Cabane hors du temps


" Et si la liberté consistait à posséder le temps ? 

Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence - toutes choses dont manqueront les générations futures ? 

Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. " 

Sylvain Tesson 

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vendredi 6 février 2026

Un-sécurité


La vérité n'a pas pour but de réconforter l'esprit.
Elle brise le « moi », la sécurité, l'identité et l'illusion.
C'est pourquoi les gens fuient la vérité.
Mais ce n'est que lorsque l'esprit est complètement vide et voit directement la réalité que la véritable liberté voit le jour.
Krishnamurti
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La pensée ne peut résoudre aucun problème humain, car la pensée elle-même est le problème.
Krishnamurti
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Le mental vit dans un cercle vicieux. Il crée lui-même les problèmes et essaie ensuite de les résoudre. Svami Prajnanpad
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Le mental est souvent son propre pire ennemi, en créant des boucles infinies de pensées négatives et de problèmes auto-générés. Il est important de prendre du recul et de trouver des moyens de sortir de ce cercle vicieux pour retrouver la paix intérieure.
Svami Prajnanpad
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Rien ne peut vous rendre plus heureux que vous ne l'êtes déjà.
Toute recherche du bonheur est source de souffrance et conduit à davantage de souffrance.
Le seul bonheur digne de ce nom est le bonheur naturel de l'être conscient.
Nisargadatta Maharaj
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« L’esprit n’est rien d’autre que des pensées.
Parmi toutes les pensées, la pensée “je” est la racine.
Ainsi, l’esprit n’est que la pensée “je”. »
Ramana Maharshi

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dimanche 16 novembre 2025

Prêts ?

Je vous donne un avant-goût de ce dont je sais que cela va se produire.
Que va-t-il se produire ?
Le mental personnel va se rebeller.
Il ne veut pas que vous suiviez la moindre de ces indications.
Par conséquent, le mental va produire de nombreuses distorsions au sujet de choses disparues depuis bien longtemps et vous les présenter à nouveau

comme si elles étaient d'une importance vitale
et que vous deviez vous pencher à nouveau sur elles.
Et je vais vous dire : "Oubliez ça.
Ne prêtez attention qu'à la quiétude et au silence de l’Être.
Soyez maintenant."
Il n'y a pas beaucoup de choses que vous deviez savoir
pour découvrir et demeurer dans la complétude de votre liberté intrinsèque.
Vous n'avez pas besoin de vous accrocher à vos cahiers.
Soyez seulement très présents.
La liberté n'est pas quelque chose qui exige une technique.
Les techniques interviennent parce que nous adoptons 
des comportements et des concepts tellement complexes.
La Vérité est très simple, mais celui qui recherche la Vérité est complexe.
Il y aura des moments où vous aurez l'impression de vouloir vous enfuir,
mais ce ne sera pas parce que vous voulez réellement vous échapper - c'est votre mental qui veut échapper à la mise en évidence de son irréalité.
Tout cela est très simple en fait.
Si vous êtes confiants et que vous persistez à suivre les indications, vous vous libérerez des pièges et des distractions.

Je suis venu parce que je sens que vous êtes prêts à ça."
Mooji
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mercredi 27 août 2025

Attention vigilante

 


Voyez-vous la vie telle qu'elle est ou telle que vous souhaitez qu'elle soit ?

Il faut avoir du temps libre pour observer la vie. Il faut avoir le temps pour voir ce qui se passe réellement — non pas ce que l'on souhaite ou désire — mais ce qui se passe réellement dans notre vie quotidienne. Cette attention vigilante rend le cerveau extraordinairement perspicace, vif, clair. Et si nous pouvons y aller très, très en profondeur, cette clarté est véritablement la liberté totale.

~ Jiddu Krishnamurti

Brockwood Park 1984, Conversation 1 with Mary Zimbalist - Knowledge is Conditioning  

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samedi 9 août 2025

Choix libre

 

"Il dépend de vous de progresser toujours plus avant dans la voie du bien. Même si votre route est semée d'obstacles qui vous font trébucher, vous pouvez vous relever. Évidemment, il vaut mieux ne pas tomber, et pour cela vous devez sans cesse prêter l'oreille à votre voix intérieure afin de ne pas faire un mauvais choix car, une fois le choix fait, vous devrez en assumer les conséquences jusqu'au bout.

Une image : si vous êtes monté sur le toit d'une maison, vous êtes libre de redescendre par l'échelle ou de vous jeter dans le vide. Si vous décidez de sauter, vous êtes immédiatement saisi par la loi de la pesanteur et vous allez vous écraser sur le sol. Vous n'êtes libre qu'avant de vous jeter dans le vide ; ensuite, c'est fini, vous tombez. Bien sûr, si vous avez pris une mauvaise décision et que vous dégringolez, vous pourrez vous relever. Mais combien d'efforts devrez-vous faire à nouveau ! Alors, prenez bien conscience que votre liberté est d'abord dans votre choix."

Omraam Mikhaël Aïvanhov

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jeudi 24 juillet 2025

Rester éveillé avec Christiane Singer

 Etre en contact avec la liberté de la dimension religieuse dans l'existence.


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dimanche 20 juillet 2025

vendredi 11 juillet 2025

Ce qui est... clair.


Le fardeau n'est jamais la vie, mais ce que vous pensez et croyez de la vie. Tout est Dieu qui vous donne ce dont vous avez besoin pour que vous puissiez être honnête. L'avez-vous remarqué ? Tout ce qu'il vous faut pour trouver votre liberté, c'est ce que vous avez vécu. 

Le seul moment où nous souffrons, c'est lorsque nous croyons une pensée qui contredit "ce qui est". Lorsque l'esprit est parfaitement clair, "ce qui est" est ce que nous voulons.

~ Byron Katie

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lundi 2 juin 2025

Pratiquer quand c'est le moment

 


Pour un méditant qui sait préserver sa liberté intérieure en toutes circonstances, et n'est jamais distrait de la reconnaissance de la nature de son esprit, cela ne fait guère de différence de résider dans la solitude d'un ermitage himalayen ou d'être plongé dans les embouteillages parisiens. Mais tant que l'on n'aura pas atteint un degré minimal de stabilité dans sa pratique, on ne parviendra pas à préserver le même état d'esprit dans un embouteillage parisien que dans un lieu où tout ce que l'on perçoit favorise la paix intérieure. [...] Aussi est-il bon de prendre le temps de cultiver nos ressources intérieures dans des circonstances qui facilitent cet entraînement.

Carnets d'un moine errant, Editions Allary, 2021

📷 : Brahmaputra, Pemakö, India

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dimanche 6 avril 2025

Vivre au rythme de la création


 Vivre au rythme de la création apporte trois fruits, à commencer par la liberté. Dans la nature, le portable n’est pas un légume qui pousse. Alors, quand je suis sur le terrain, c’est-à-dire au minimum la moitié de la journée : pas de téléphone, pour éviter les distractions permanentes, souvent déconnectées du réel (films, vidéos, etc.). Je m’accorde des moments de contemplation pour vivre l’instant présent, en prenant contact avec la réalité qui m’entoure. Dans un environnement citadin, moi qui suis très curieux, j’avais toujours envie de répondre aux sollicitations proposées. M’arrimer au concret, m’appuyer sur mes cinq sens, me rend plus libre et m’évite de chercher ailleurs des sensations inutiles.

Deuxième fruit : la connaissance de soi. Jamais, avant mon expérience à Terre de Promesse, je n’aurais imaginé être capable de creuser plus de 500 m de tranchées à la tractopelle pour apporter une eau vitale à nos plantations ! Ce n’est pas un petit engin et, comme j’ai passé des années de ma vie derrière un écran, ça me paraissait une montagne. Vivre au contact de la création met au jour des capacités insoupçonnées. Certains de nos salariés, en situation d’embonpoint, ne pensaient pas non plus pouvoir ramasser, cueillir, s’occuper des poules. En utilisant des techniques adaptées à la morphologie - se baisser en pliant les genoux, etc. - ils se sont trouvé de formidables possibilités.

Troisième fruit : l’amour de soi et des autres. En se redécouvrant, on apprend à s’aimer pour ce que l’on est réellement. Quand on tente de s’aimer selon des critères du monde - possession de vêtements de marque, de voiture, etc. – ça ne dure pas. Mon expérience actuelle me permet de me libérer du carcan des regards extérieurs et d’être ce que je suis. Et quand je m’aime pour les bonnes raisons, j’aime mieux les autres.


Florent de Lambert

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Les étapes de sa vie :

1985 Naissance à Briançon (Hautes-Alpes).

29 mars 1997 Mort de sa sœur dans un accident.

2011 Mariage avec France.

2018 Départ pour deux ans de mission au Cameroun.

Depuis juillet 2021 Directeur de Terre de promesse. Avec l’équipe et la maison d’accueil Chézelles, il propose des mini-séjours « 3 jours au rythme de la création », accessibles à tous ceux qui ont besoin de mettre leur quotidien sur « pause ».

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source : La Vie


lundi 24 février 2025

Limitation consciente

Concentre toi sur ce qui alimente ta passion

Concentre toi sur ce qui libère ton talent

Concentre toi sur ce qui fait une véritable différence pour les autres

Concentre toi sur ce qui augmente ta capacité à être en intimité avec toi-même et les autres tout en augmentant ta capacité à manifester et rendre les choses réelles et tangibles

Concentre toi sur les relations qui te font grandir et où la croissance est un projet commun et est mutuelle

adapté par Fabrice Jordan

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Nous avons un temps limité
Nous avons des ressources limitées
Nous avons des opportunités limitées
Nous avons une force limitée
Nous avons des capacités limitées

En fin de compte, il s'agit de CHOISIR. En fin de compte, il s'agit de PRIORITÉS. Cela signifie que nous pouvons choisir ce que nous aimerions faire dans le cadre de nos propres possibilités, mais nous devons être conscients que nous devons être sélectifs dans nos choix. Nous devons établir des priorités dans le cadre de nos propres possibilités. Nous ne pouvons pas tout faire...

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dimanche 5 janvier 2025

Ilaria Gaspari : « Le bonheur résulte d’un exercice de liberté »

La philosophie peut-elle nous guider vers le bonheur ? La philosophe Ilaria Gaspari, auteure de « Leçons de bonheur » (Puf), revisite la sagesse des penseurs antiques pour nous permettre de vivre heureux en temps de crise.

Qu’est-ce qu’être heureux ? Cela a-t-il à voir avec la béatitude, le bonheur ou la joie ?

Nous avons aujourd’hui une définition du bonheur très statique, qui ne correspond pas à la conception qu’en avaient les philosophes antiques. Nous avons tendance à lui accoler l’idée de sérénité. Le bonheur serait à l’image d’un ciel sans nuages, dépourvu de tous les soucis et troubles qui pourraient encombrer notre quotidien. Or, avec une telle approche, c’est vivre en dehors du monde. Une autre conception, plus consumériste, consisterait à rapprocher cet état de félicité à la notion de succès personnel et professionnel. Ce qui entraîne l’idée d’une comparaison et donc d’une compétition avec les autres. Les réseaux sociaux constituent un moyen sans précédent de représentation de ce type de bonheur, qui est pourtant très antinomique avec la vraie idée du bonheur.

Dans votre livre Leçons de bonheur (Puf), publié il y a cinq ans, vous étudiez la pensée des philosophes de la Grèce ancienne. Comment appréhendent-ils cette notion ?

Je commencerais par Épictète, un philosophe de l’école stoïcienne, mort vers 125 apr. J.-C. Dans son Manuel, il nous invite à séparer ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Ce qui est très utile afin d’éviter de perdre inutilement notre énergie et d’engranger trop de frustrations. Il marque ainsi la distinction entre liberté et nécessité. Cela donne la mesure de la possibilité du bonheur et nous incite à une forme de travail sur les choses sur lesquelles nous pourrions avoir une prise. Pour sa part, Épicure (341 av. J.-C., 270 av. J.-C.) parle d’idéal ataraxique, qui désigne une profonde quiétude résultant d’une absence d’émotions trop fortes ou de troubles.

Dans sa célèbre Lettre à Ménécée, il détaille sa méthode pour atteindre le bonheur, le but suprême de toute existence humaine, le présentant dans la forme d’une « médecine logique » contre le chantage des peurs, en quatre parties. Pour lui, il n’y a pas d’âge pour philosopher et être heureux. Il s’agirait ainsi de rationaliser nos peurs, liées à notre condition d’être mortel, différencier les désirs en privilégiant ceux qui sont nécessaires et faire preuve de mesure, grâce à la pratique de la philosophie vécue comme une activité faite à plusieurs.

Et que dit Socrate ?

Dans la retranscription de son procès faite par Platon, il est raconté que Socrate accepte sa condamnation car il confie avoir toujours répondu à son daimôn. Un concept très compliqué, que l’on pourrait définir comme une sorte de petite voix intérieure. Elle lui indiquerait que sa vie sans la philosophie ne mériterait pas d’être vécue. Rester fidèle à sa propre nature, dévoué à sa vocation naturelle, permettrait donc selon Socrate de connaître un destin heureux. D’ailleurs, le mot bonheur en grec est eudaimonia, composé de eu qui signifie « bien » et daimôn, « esprit ». Mais pour rester fidèle à sa propre nature faut-il encore bien se connaître, et cela n’est possible que dans la relation aux autres.

Au-delà des penseurs grecs, vous aimez citer aussi Spinoza (1632-1677)…

Je lui ai consacré mon master et ma thèse de doctorat. Il opère, on pourrait dire, une sorte de synthèse moderne entre Épictète et Épicure. Spinoza est le penseur de la joie, qu’il imagine comme augmentation de la force d’exister, notre puissance de vivre. Mais cette joie est lucide. Dans son livre chef-d’œuvre, Éthique, il nous incite à la cultiver comme une manière d’accroître notre connaissance et compréhension des choses singulières et de leurs liens dans la nervure immense de la réalité. Elle joue un rôle dans la construction d’une vie bonne et est accrue par la possibilité de s’imaginer partagée, plurielle, en ce qu’elle passe aussi par la connaissance. Avec Spinoza, plus on devient sage, plus on devient heureux.

Comment ces philosophes peuvent-ils nous inspirer aujourd’hui, alors que nous sommes cernés par les mauvaises nouvelles, comme la crise climatique, politique, la guerre en Ukraine, au Proche-Orient ?

Il est vrai que pendant des années, le futur était lié à la notion de progrès. On pensait que les générations d’après vivraient mieux que les précédentes. La tendance s’est désormais inversée. Quant aux guerres, jamais après la fin de la Seconde Guerre mondiale nous n’avons été autant en proximité, à cause des images qui sont sans cesse diffusées sur nos écrans. Elles nous touchent profondément, car nous avons une nature empathique. Pour surmonter un tel contexte mortifère, on peut exercer le geste que nous enseignent Épictète et Épicure. Agir à notre niveau, se concentrer sur ce qui est dans notre pouvoir et ne pas tomber sous le chantage de la peur.

Plutôt que d’être sous l’emprise de nos réactions émotives, il faut se tourner aussi vers le champ du rationnel, essayer de comprendre et d’appréhender la complexité. C’est difficile car les peurs sont très valorisées et manipulées par le politique. Les réseaux sociaux et leurs algorithmes, qui ont pour carburant les passions tristes, jouent également un rôle néfaste en la matière. Ces nouveaux outils de communication flattent nos réactions émotionnelles et réinvestissent le champ de la croyance. Le contraire de la lecture, qui nous apprend la complexité, la nuance et font grandir l’homme.

Le politique peut-il contribuer à notre bonheur, dans la mesure où cela a trait finalement à notre part intime ?

Il ne peut pas définir pour nous ce qui relèverait ou non de notre bonheur, mais contribuer à ce que chacun puisse l’atteindre. Certes, les inégalités économiques sont de plus en plus prononcées. Mais le politique pourrait viser une égalité de moyens, notamment dans le domaine de l’éducation. Il faudrait aussi avoir le courage de l’optimisme et ne pas utiliser les passions tristes comme outil de propagande. Relisons alors encore Spinoza et son Éthique. Notre bonheur est accru lorsque nous savons que le plus grand nombre d’êtres humains peuvent être heureux.

Le bonheur est-il un état ou une succession de moments ?

Dans notre époque qui a peur du futur, nous identifions le bonheur à des petits instants pris sur les malheurs. Je crois davantage à une approche fondée sur un parcours, des efforts faits avec soi-même, dans la fidélité de son daimôn, tel que Socrate nous y invite.

Le bonheur résulte d’un exercice de liberté, pas seulement vis-à-vis des coups du sort, des joies et des malheurs, que la vie nous réserve, des caprices de l’opinion des autres, mais aussi et par-dessus tout vis-à-vis de nous-mêmes, vis-à-vis des habitudes transformées en automatismes, vis-à-vis des réactions immédiates qui font de nous des marionnettes, à la merci d’un système de croyances reçu sans distance critique. Vivre une vie bonne, c’est s’appuyer sur notre potentialité de connaissance et notre sens de la responsabilité.

---------------------------- Source : La Vie magazine


dimanche 7 avril 2024

Quand nos enfants ne sont plus des enfants

Quand nos enfants ne sont plus des enfants, peut-on encore leur donner des conseils ?

 


Quand nos « chers petits » deviennent adultes, comme il est difficile de les considérer comme tels et de trouver la position juste. Nous nous croyons tellement indispensables. Si en théorie nous sommes d’accord pour respecter leur liberté, acceptons-nous vraiment de ne plus avoir notre mot à dire, ? Couper le cordon, oui, mais… il nous faut encore veiller sur eux. Jusqu’à quel âge sommes-nous responsables d’eux ? À partir de quand pouvons-nous les « lâcher » ?

Qu’ils fassent leurs propres armes, nous en sommes fiers. Qu’ils prouvent ce dont ils sont capables, formidable ! Mais qu’ils ne s’éloignent pas trop des projets que nous avions conçus pour eux avec tant d’amour et de pertinence ! Au fond, qui les connaît mieux que nous ? Qui sait ce qui est bon pour eux ? Ils manquent si souvent de discernement !

Pris dans une tempête émotionnelle 

S’ils nous présentent un amoureux, une amoureuse si peu apte, à nos yeux perspicaces, à les rendre heureux, s’ils quittent leurs études, ou leur travail, pour lesquels, c’est certain, ils étaient faits, quand ils prennent une orientation sexuelle qui nous surprend, s’ils divorcent alors qu’on ne comprend pas pourquoi, notre premier réflexe, c’est la peur, le désarroi. Nous sommes inquiets pour eux. Que faire ? Que dire ?

Une tempête nous submerge. Nous sommes pris entre le risque de les perdre si nous nous opposons frontalement, et celui de les voir s’engouffrer dans une impasse désastreuse, si nous ne réagissons pas. Mais sommes-nous vraiment aptes à juger ? Avons-nous encore une quelconque autorité ?

Reconnaître son enfant dans sa différence

Pour trouver la bonne distance émotionnelle, il est déjà important de ne pas considérer que leurs choix signent notre échec de parents. « Qu’ai-je raté ? » : la culpabilité ne résout rien. Ensuite, il s’agit de nous décentrer de notre propre vision, voire de nos propres convictions, faire un pas de côté, vers notre fille, notre fils devenus femme, homme. Efforçons-nous de les regarder, non plus à travers nos yeux de parents, mais de les découvrir comme des personnes à part entière, avec leurs ressources propres. Essayons de comprendre leur choix, avant de le juger, le condamner. Quel sens a-t-il pour eux ? Tentons d’en discuter avec eux, en leur demandant non pas de se justifier mais d’expliquer.


En reconnaissant notre enfant dans sa différence, nous l’affirmons dans sa singularité. C’est de cela que les jeunes adultes ont besoin. « Reconnaître autrui, c’est croire en lui », déclarait Levinas. Accepter les « trahisons » de nos enfants s’avère plus facile si nous avons, nous aussi, en son temps, osé mettre en œuvre les déloyautés nécessaires vis-à-vis de notre famille d’origine. Cette attitude, exigeante, certes, permet néanmoins à chacun de grandir et d’entretenir un lien ouvert et respectueux.

Une leçon d'humilité et un gain de liberté

Mais tout de même, lorsque, le plus objectivement possible, leur option les met en danger, nous ne pouvons nous taire. Avec tact, dans une discussion d’adulte à adulte, amicale plutôt que filiale, nous pouvons essayer de leur exprimer nos inquiétudes. Il ne s’agit pas de leur dire qu’ils ont tort, ni de les convaincre de changer, encore moins de leur donner des conseils mais les amener à avoir un autre point de vue, à réfléchir aux conséquences de leur choix. La décision leur appartient. Nous ne pouvons pas les protéger malgré eux.

Ne plus pouvoir faire pour eux ce qu’on pense devoir faire, renoncer à ce que notre expérience personnelle leur serve nous place face à une impuissance douloureuse. Arrive un temps où nous ne sommes plus les parents que nous aimerions être. Cette leçon d’humilité ouvre sur une appréciable liberté.

Nicole Prieur

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