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samedi 24 février 2018

Pour être en cohérence avec soi

A propos de la cohérence cardiaque :
"Cela suggère que lorsqu'une personne est dans un état physique cohérent (cohérence cardiaque), elle ou il va montrer une meilleure capacité à ressentir les signaux électro-magnétiques et les informations encodées par les champs émis par le cœur des autres. Au premier abord, ces données pourraient faire penser que ces personnes en cohérence sont plus facilement susceptibles d'être vulnérables aux influences potentiellement négatives de champs incohérents émis par l'entourage. En fait, c'est l'inverse qui est vrai. Quand les gens sont capables de maintenir l'état de cohérence interne, ils sont moins vulnérables aux champs incohérents des autres. Paradoxalement, on constate qu'une plus grande stabilité interne est ce qui permet l'émergence d'une plus grande sensibilité"
HeartMath® Institute


Je vous indique le lien qui permet de comprendre la cohérence cardiaque en regardant les vidéos proposées :


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mardi 24 octobre 2017

mardi 17 octobre 2017

lundi 16 octobre 2017

Connexion à l'élan vital


En chacun de nous, l'élan vital est présent 
et attend qu'on lui ouvre les portes.
Bonne semaine avec cet élan qui nous fait exister.
Extrait de Anticancer 
par David Servan Schreiber



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dimanche 8 octobre 2017

Etre unifié avec la maladie...


Etat d'esprit et Cancer (19 min.)
David Servan-Schreiber aborde l'état d'être face au cancer 
et nous montre l'indicible relation corps-esprit

samedi 7 octobre 2017

Calme anticancer...

Ian Gawler
Le grand calme (2 min.)


Anticancer : Prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, David Servan-Schreiber

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samedi 2 juin 2012

S'exercer au lien... avec Laurent Bègue

«Grâce à un mécanisme d'adaptation, nous nous habituons aux événements, qu'ils soient positifs ou négatifs. Notre attention n'est mobilisée que lorsque l'information nous surprend, tandis que nous avons tendance à ignorer tout ce qui relève de l'anodin... et qui pourrait être justement source d'émerveillement!


Mais ce processus, dont on pourrait dire qu'il fait barrage à la joie de vivre, permet cependant la vie, car on s'adapte de la même façon aux événements négatifs : lorsque l'on perçoit une odeur désagréable, par exemple, celle-ci va sembler s'évaporer, alors que nous nous y serons seulement habitués. II me semble donc vain de vouloir lutter contre ce processus aussi naturel qu'utile. Pour savourer la vie, je proposerais plutôt d'aller vers l'autre, ce partenaire humain unique.


Toutes les recherches et études en psychologie et neurosciences vont dans le même sens : se sentir en lien donne du sens à l'existence. C'est une loi très profonde, issue de notre héritage évolutionniste. S'exercer quotidiennement à exprimer sa gratitude ou à faire preuve de bienveillance peut aider à se sentir ainsi relié aux autres. Mais se relier au monde, à la terre, que ce soit en jardinant ou dans la contemplation d'un paysage, favorise aussi ce puissant sentiment d'existence. »

LAURENT BÈGUE, auteur de Psychologie du bien et du mal (Odile Jacob. 2011)

lundi 5 septembre 2011

Hommage à David Servan-Schreiber

Merci à David Servan-Schreiber de nous avoir montré que chacun est sur le chemin de la guérison...

mercredi 22 juin 2011

Rencontre entre Matthieu Ricard et David Servan-Schreiber


David Servan-Schreiber: «Il faut s’accrocher jusqu’au bout»

RENCONTRE | Sans pathos, avec une sérénité socratique, le neuropsychiatre, auteur du best-seller Anticancer, parle de son combat contre la maladie qui le rattrape


© BOUET/SIPA/DUKAS | David Servan-Schreiber, photographié en 2004 à Paris dans l’appartement familial, en compagnie de Titus son chat abyssin

Eve Roger, Le Nouvel Observateur | 18.06.2011 | 00:01

Rendez-vous à 18 heures dans l’appartement familial des Servan-Schreiber, à Neuilly. Après quelques minutes d’attente, David entre dans le petit salon où se déroulera l’interview, accompagné de ses deux frères, Emile et Franklin. Malgré sa jambe gauche paralysée, le neuropsychiatre parvient à avancer. Franklin, derrière lui, soulève la jambe de son frère avec sa propre jambe. Belle image que ce ballet fraternel, deux hommes au même regard bleu intense, soudés comme des siamois. David Servan-Schreiber, pantalon beige, chemise et pull bleu clair, s’installe dans un fauteuil, le bras gauche immobilisé dans une écharpe. Près de lui, Emile et Franklin, ainsi que Catherine, son attachée de presse et amie depuis la publication de Guérir, en 2003.
Matthieu Ricard, moine bouddhiste et écrivain, habite au Népal dans l’Himalaya. Ce jour-là, il profite de son séjour parisien pour venir saluer David Servan-Schreiber, son ami depuis dix ans. Tous deux de formation scientifique, ils partagent la conviction que la méditation a des effets positifs sur la santé mentale et physique.
Comment allez-vous aujourd’hui? Comment vous sentez-vous?
(David Servan-Schreiber parle en chuchotant, très lentement, au rythme du stylo de l’intervieweuse sur le bloc-notes.) Je me sens bien. Je suis content d’être là, avec vous, et d’avoir cet entretien, avec le soutien de Catherine.
Comment a évolué votre état de santé depuis un an?
Il y a un an, tout allait très bien. J’acceptais des voyages, des conférences… Je jogguais encore, je jouais au squash plusieurs fois par semaine. J’allais assez souvent me promener dans Paris avec ma femme, Gwenaëlle. On préparait une semaine de vacances ensemble, au Portugal. J’avais accepté de participer à Lisbonne à une grande conférence mondiale sur la résistance au processus de vieillissement. J’y suis allé seul finalement et, pendant trois jours, j’ai pensé à la mort. C’était une espèce de séance méditative qui m’a fait du bien.
Vous pensiez à votre propre mort? Existe-t-il dans ce cas-là des pensées qui rassurent ou qui consolent?
La première idée qui console, c’est qu’il n’y a rien d’injuste dans la mort. Dans mon cas, la seule différence, c’est le moment où cela arrive, pas le fait que cela arrive ( ndlr: il a fêté ses 50 ans en avril ). La mort fait partie du processus de vie, tout le monde y passe. En soi, c’est très rassurant. On n’est pas détaché du bateau. Ce n’est pas comme si quelqu’un disait: «Toi, tu n’as plus de carte, tu ne peux plus monter.» Ce quelqu’un dit simplement: «Ta carte s’épuise, bientôt, elle ne marchera plus. Profites-en maintenant, fais les choses importantes que tu as à faire.»
Quelles sont-elles, ces choses importantes qui restent à faire?
Déjà, dire au revoir aux gens qui sont sur le bateau et qu’on aime. Ensuite, dire pardon à ceux à qui il faut dire pardon, et s’entendre dire pardon de ceux dont on a besoin qu’ils nous disent pardon.
Vous l’avez déjà fait? Ça a marché?
Pas toujours… Je peux essayer avec Catherine si vous voulez! (Elle rit.)
Pourquoi faut-il se dire au revoir?
C’est très important, même si c’est assez lourd. Il faut prendre rendez-vous avec quelqu’un en lui disant: «J’ai des choses importantes à te dire», et le moment venu, annoncer: «Il faut que je te dise au revoir.»
Dire au revoir plusieurs fois, c’est une façon de dédramatiser ce moment?
Oui, c’est une façon de ne pas donner aux autres le sentiment qu’on les attire dans un piège. Même si c’est un peu vrai…
On ne sait pas toujours comment réagir avec une personne qui vous annonce une maladie grave. Quelles sont les paroles qui sonnent juste?
Je pense que c’est beaucoup plus facile que ce que l’on se raconte. Il faut dire des choses qui manifestent que la personne est importante pour nous, qu’on a envie d’être là pour l’accompagner. Le plus simple, c’est de mettre un bras sur son épaule et dire: «Je suis désolé d’apprendre ça, vraiment, cela me fait beaucoup de peine.» Il faut que ce soit sincère. Généralement, ça l’est.
Ces paroles-là vous consolent?
Non, on ne peut pas se consoler avec cette histoire, mais ça me rassure, oui.
Pourquoi avez-vous voulu écrire ce livre?
(On sonne à la porte d’entrée.) Le plus important dans la situation que je vis maintenant, c’est de se mettre au carré. De prendre le temps de réfléchir à certaines choses: qu’est-ce qu’on se dit? Comment on se le dit? Comment on s’y prend quand on est devant le mur? Même quand on y a réfléchi comme moi depuis longtemps, même quand on l’a enseigné comme moi, même quand on a écrit dessus comme moi, cela reste une véritable épreuve.
Cela vous aide d’y avoir réfléchi avant? 
C’est incomparable. (Entre Matthieu Ricard.) Salut, Maître! (Matthieu Ricard lui caresse l’épaule et s’installe dans une chaise à côté de lui.) Bienvenue. Tu viens d’où?
Matthieu Ricard (Chuchotant à son tour.) J’étais en Corse, et avant ça, j’étais au Népal et un peu partout. Je continue…
DSS (Reprenant.) Cela m’a aidé à ne pas me sentir pris de court, c’est déjà énorme. La première fois (sa tumeur au cerveau a été diagnostiquée en 1992, il avait 31 ans), je me suis senti très démuni, j’avais le sentiment d’être à poil dans un champ, avec des chasseurs de chaque côté, prêts à tirer. (Il se tourne vers Matthieu Ricard.) Ce n’est pas une image très bouddhique. Aujourd’hui, je suis à poil dans un champ avec des tireurs de chaque côté, mais je suis plus préparé. Cela fait longtemps que je savais que ça allait arriver. Et puis j’ai accompagné des amis à travers le champ.
Bernard Giraudeau, par exemple?
Je l’ai accompagné, mais pas totalement. A la fin, il était trop loin. J’étais moi-même malade, c’était trop compliqué de garder le lien. Il y en a eu d’autres, mais il ne faut pas trop faire de pathos non plus et transformer cela en séances de Grand-Guignol!
Votre dernier livre est aussi une défense de votre méthode «Anticancer» qui insiste, à côté des traitements conventionnels, sur l’importance de l’alimentation, de l’exercice physique et du contrôle du stress dans la lutte contre la maladie…
Je ne voudrais pas que ce qui m’arrive jette un doute sur ma méthode. Je suis censé être Monsieur Anticancer qui fait tout bien – ce qui est vrai d’ailleurs –, et paf!, c’est moi qui fais une rechute. Les gens peuvent se dire: «Si même lui, il n’y arrive pas, comment est-ce que moi, je peux faire?»
Que dites-vous à ceux qui douteraient d’«Anticancer»?
Je leur dis que c’est légitime qu’ils se posent la question. Personnellement, je n’ai aucun doute sur le fait que les méthodes d’«Anticancer» ont un impact majeur pour renforcer les défenses naturelles du corps contre cette maladie, ainsi que bien d’autres d’ailleurs. La science qui soutient ça est solide. Mais il faut savoir deux choses. La première, c’est que je n’ai jamais promis de traitement miracle. Il n’y a pas de traitement miracle contre le cancer, qui est une maladie très difficile. La deuxième, c’est qu’il ne faut surtout pas arrêter les traitements conventionnels: ils ne sont pas efficaces à 100%, mais ils sont essentiels, car ils réduisent la progression de la maladie, voire la font reculer, parfois très nettement. Et ce n’est pas parce qu’on a un copain chez qui la chimio n’a pas marché qu’on va se mettre à crier partout que la chimio ne marche pas! Je leur dis enfin qu’il faut s’accrocher jusqu’au bout parce qu’il y a des traitements qui ralentissent le processus du cancer.
Le programme «Anticancer» a-t-il ralenti la progression de votre tumeur?
Si vous me le demandez, je suis convaincu qu’«Anticancer» a joué un rôle important dans le fait que je survis au cancer depuis maintenant dix-neuf ans, alors qu’au premier diagnostic mes chances n’étaient que de six ans. Je n’ai pas fait d’étude sur 1000 personnes en double aveugle avec un contrôle placebo pour prouver que cela marche. Je ne suis qu’un cas clinique. Mais même mon cancérologue a fini par aller dans mon sens. Lors d’un rendez-vous en janvier dernier, il m’a pris par le bras et m’a dit: «Ecoutez David, tout ce que vous faites à côté, c’est quasi certain que ça marche. Alors, quoi que vous entendiez, quoi qu’on vous dise, ne lâchez pas.» J’étais très fier.
Avez-vous des regrets au sujet de votre mode de vie? 
Moi, je suis passé à côté d’«Anticancer». J’ai vraiment cru que manger comme il fallait – du curcuma, des oignons… – m’autorisait à être moins vigilant sur le stress dans ma vie. Je pensais que quinze minutes de yoga et de méditation tous les matins suffisaient. Mais cela ne contrebalance pas le fait que parcourir trois villes européennes dans la même journée, avec une conférence à chaque fois, c’était trop. Je pense aujourd’hui qu’il faut commencer par maîtriser les sources incessantes de stress.
Vous avez des regrets?
Non.
C’est paradoxal…
Je dirais… ambivalent.
En quoi ce livre vous aide-t-il, vous porte-t-il?
Je suis mieux depuis que j’ai recommencé à écrire. Ecrire engage un processus incroyable: il transforme une expérience personnelle difficile et douloureuse en une contribution qui, avec un peu de chance, sera universelle et chaleureuse. L’idée que mon expérience peut aider d’autres personnes me fait beaucoup de bien. Ce n’est pas gagné, mais il y a une vraie chance, je l’espère. (Il croise les doigts.)
Vous écrivez qu’il ne faut jamais baisser les bras. Quels sont vos espoirs aujourd’hui?
L’espoir se situe clairement dans la combinaison des thérapies conventionnelles et des thérapies complémentaires. Il a été prouvé que certains traitements classiques marchent d’autant mieux qu’ils sont associés à des thérapies complémentaires.
Matthieu Ricard, quand on est au pied du mur, tout près de la mort, que dit la philosophie bouddhiste?
Matthieu Ricard Comme le disait David, la mort est tellement essentielle qu’il faut s’y préparer afin que ce ne soit pas un choc. Le fait qu’un bouddhiste réfléchisse constamment à la permanence et à la mort n’a rien de morbide. C’est au contraire une façon de donner de la valeur à chaque instant qui passe. Dans un ermitage, un ermite va retourner tous les soirs son bol comme si c’était la dernière fois qu’il l’utilisait. Ce n’est pas pour s’attrister mais pour signifier que chaque moment est de l’or fondu qui coule doucement.
Avez-vous dit au revoir à votre ami, David Servan-Schreiber?
Matthieu Ricard On peut s’épargner ça quand même, non? Je ne suis vraiment pas sentimental de ce point de vue-là. Dans le monde où je vis, dans l’Himalaya, cela se fait dans la simplicité, sans pathos! Si le moment est venu, on accompagne la personne avec des conseils spirituels, avec une présence d’amour, d’amitié. Mais faire des sentiments, «ah! mon cher ami, comme je t’ai aimé», ce n’est pas le moment! C’est le moment de trouver le calme et la sérénité. On demande notamment aux gens de ne pas pleurer, de ne pas hurler pour ne pas troubler la personne qui s’en va. Ce moment, quand il arrive, doit se faire comme un prolongement de la pratique spirituelle et pas comme un arrachement. Le monde n’est pas injuste parce que l’on meurt à un moment ou à un autre. Et puis c’est la qualité de la vie qu’on mène jusqu’au dernier moment qui compte. En fait, la mort est l’aboutissement d’une belle vie.
Vous êtes d’accord David Servan-Schreiber? On ne peut pas réussir sa mort si on n’a pas réussi sa vie?
On le peut, mais c’est plus compliqué. C’est plus simple si on a donné un sens.
On peut se dire au revoir plusieurs fois, Robert Laffont, 2011

jeudi 26 février 2009

Méditation et dépression avec David Servan-Schreiber

La méditation, comme le sport, a des effets importants sur la santé...

Le blog de David Servan-Schreiber.
David Servan-Schreiber est né le 21 avril 1961 à Neuilly-sur-Seine. Il est un médecin et docteur ès sciences français. A partir de 2003, il est surtout connu comme chercheur et auteur scientifique auprès du grand public.

mercredi 21 janvier 2009

Vivre autrement : la santé globale...

Acupuncture, aromathérapie, phytothérapie, naturopathie et méditation sont au programme.
Vous pourrez entendre entre autres, les personnes suivantes :
- Robert Béliveau, médecin, coauteur de Les quatre clés de l’équilibre personnel, Éditions Logiques, 2008 (réédition)
- Christophe André, psychiatre français, auteur de L’art du bonheur, éditions L’Iconoclaste, 2006, et de Imparfaits, libres et heureux, éditons Odile Jacob 2005
- Matthieu Ricard, moine bouddhiste, traducteur français du dalaï-lama, auteur de "Plaidoyer pour le bonheur", Nil, 2003, de "Le moine et le philosophe", Nil, 1997, et avec , de "L'infini dans la paume de la main: du big bang à l'éveil", Nil, 1997
- David Servan-Schreiber, psychiatre, en rémission d'un cancer et auteur de "Guérir", 2003, et d’"Anticancer", Éditions Robert-Laffont, 2007.
Egalement Roselyne Gagnon, naturopathe ; Véronique Tanguay, aromathérapeute ; Mikaël Zayat, spécialiste de l'aromathérapie ; Sylvie Morin, médecin...

Troisième partie (45 min.)



mardi 20 janvier 2009

Vivre autrement : médecines complémentaires

David Servan-Schreiber, est psychiatre, en rémission d'un cancer et auteur de Guérir, 2003, et d’Anticancer, Éditions Robert-Laffont, 2007.
François Marie-Pépin acupuncteur nous présente le chi ou la voie de l'énergie.
Jean Boislard, médecin et Jean-Louis Brazier, pharmacologue aborde le phénomène du placébo, cet effet surprenant... Ingrid Schutt, homéopathe, nous parle de l'homéopathie ou "l'immense pouvoir de l'infiniment petit".

Deuxième partie (45 min.)



lundi 19 janvier 2009

Vivre autrement : change ou meurs !

Vivre autrement, c’est surtout un appel au changement, pour que chacun redécouvre les plaisirs d’une vie équilibrée. Mario Proulx a réalisé cette émission. Il a également rencontré une cinquantaine de personnes pour réaliser une série radio de cinq heures. Il offre, dans un livre, une version qui reflète l'ensemble des idées formulées au cours des entrevues avec 11 de ces personnes:
Christophe André, Christine Angelard, Alain Beauregard, Jean-Louis Brazier, Richard Chevalier, Serge Marquis, Matthieu Ricard, David Servan-Schreiber, Arnaud Desjardins, Le père Benoît Lacroix, Martin Juneau.

Dans cette partie : Alain Beauregard, physicien et chef d’entreprise, s'est guéri d'un cancer qui avait été diagnostiqué incurable. Guy Corneau,auteur et psychanalyste, s'est remis d'un cancer. (44 min.)




samedi 13 décembre 2008

«Démystifier la méditation» avec Matthieu Ricard

Entraîner son esprit permet d'optimiser sa santé, explique Matthieu Ricard, scientifique, bouddhiste et interprète en français du dalaï-lama.
- Après avoir fait de la recherche en génie cellulaire, vous avez embrassé le bouddhisme, et vous êtes l'interprète en français du dalaï-lama. Pourquoi avoir consacré un livre à la méditation?
Matthieu Ricard : La méditation, cela ne veut rien dire en soi: on médite sur quelque chose. Ce n'est pas faire le vide dans son esprit, ce n'est pas se relaxer, c'est cultiver, développer certaines aptitudes, certaines facultés. Ayant vécu quarante ans dans l'Himalaya où j'ai médité 40 000 heures, je me suis retrouvé, en 2000, projeté dans la recherche en neurosciences. Un peu comme un cobaye, pour inspirer d'autres «méditants» à participer à ces recherches, mais aussi en tant que collaborateur pour étudier ce qui se passe dans le cerveau. L'objectif est de comprendre comment un individu qui a la maîtrise de son esprit va diriger cet esprit, entrer ou sortir de l'état de méditation, focaliser son attention, pendant quarante-cinq minutes, sans être distrait. Le cobaye décrit avec une grande précision ce qu'il a fait. Je vais trois ou quatre fois par an dans les laboratoires, j'ai dû faire l'équivalent de 200 ou 300 heures d'IRM [imagerie par résonance magnétique]. Richard Davidson, un grand scientifique, avec qui ces travaux ont commencé à Madison, dans l'Etat du Wisconsin (USA), a tenu à ce que je sois cosignataire du compte rendu pour bien marquer le fait que les méditants sont des collaborateurs à part entière.
– Que montrent ces recherches des bienfaits de la méditation sur la santé?
Avec l'IRM, l'électroencéphalogramme, la présence de cortisone dans la salive qui mesure le stress, on note les différences entre un état au repos et un état méditatif, entre des sujets entraînés ou non. Ces travaux donnent des résultats significatifs sur le renforcement du système immunitaire, la diminution de l'anxiété, de la colère, de la tendance à la dépression, pour ne citer que cela, et puis sur de nombreux aspects cliniques, comme l'accélération de la guérison du psoriasis ou encore la baisse de la tension artérielle. Les travaux sur la pleine conscience – être pleinement conscient de ses sensations – ont démontré son efficacité sur la réduction du stress et de la rumination mentale. On commence à parler des neurosciences contemplatives comme d'une nouvelle branche de recherche à part entière. Surtout aux Etats-Unis, mais aussi à Zurich et à Maastricht (NL), où sont étudiées, en laboratoire, l'empathie et la compassion. L'empathie, c'est se mettre en résonance avec les émotions et les sentiments de quelqu'un. Vis-à-vis de la joie : quelqu'un est joyeux, cela déteint un peu sur vous comme une contagion. Ou vis-à-vis de la souffrance. Les aires du cerveau qui sont activées sont les mêmes: vous éprouvez de la souffrance en sachant de manière cognitive que ce n'est pas vous, mais la souffrance est réelle et indistincte de votre propre souffrance. Ces travaux ont montré que si l'on ajoute une sorte d'amour inconditionnel, une bienveillance, cela pallie les effets de l'empathie qui engendre la détresse.
– Comment définissez-vous la méditation?
J'ai voulu faire un livre sur les techniques de méditation pour la démystifier, pour dire à quoi elle sert, sur quoi méditer et comment méditer. J'ai décidé d'expliquer pourquoi cela valait la peine de transformer son esprit. On fait plein de choses pour la beauté physique. Et notre esprit, cette espèce de garnement, ce singe qui n'en fait qu'à sa tête, qui n'arrête pas de bouger, on le laisse en friche, dans l'état le plus sauvage. La méditation, c'est transformer la manière dont fonctionne notre esprit, non pas pour le museler. Les gens confondent la maîtrise de soi et le contrôle de l'esprit. J'aime bien prendre l'image du marin dont la liberté serait de ne pas toucher le gouvernail, de laisser son bateau aller au gré des vents et des courants. Cela ne s'appelle pas naviguer, mais dériver.
– La méditation n'est-elle pas une pratique plutôt étrangère à la culture occidentale, donc difficile d'accès?
– Cela n'a aucun sens d'opposer Occidentaux et Orientaux. La méditation, c'est l'entraînement de l'esprit. On dit: «Je suis comme ça, c'est à prendre ou à laisser.» L'idée qu'on ne peut pas se transformer me paraît une attitude extrêmement défaitiste et un peu paresseuse. La méditation, cela n'a rien d'oriental : c'est transformer son esprit, c'est-à-dire la façon dont, du matin au soir, on fait l'expérience du monde. Ce n'est pas quelque chose de mineur. C'est la qualité de chaque instant de l'existence qui dépend de la façon dont fonctionne notre esprit, de la façon dont on est, ou non, le jouet d'émotions destructrices, de la distraction permanente, des hauts et des bas absolument incontrôlables et excessifs, comme de passer de l'euphorie à la dépression. Cela vaut la peine qu'on mette un peu d'ordre là-dedans. Il ne s'agit pas de faire des choses extraordinaires, il ne s'agit pas de léviter, ni d'acquérir la transmission de pensée, mais de vivre de façon optimale. La méditation, ce n'est pas faire du body-building mental, mais atteindre un état optimal de bonne santé. L'optimal, c'est la paix intérieure, la force d'âme, c'est une forme de confiance, d'altruisme, de compassion. C'est une manière d'être, et les manières s'apprennent. On apprend tout dans la vie, pourquoi n'apprendrait-on pas à mieux faire fonctionner son esprit?
– La méditation peut-elle être une pratique strictement laïque?
– La méditation, comme le dit le dalaï-lama, peut faire partie d'une spiritualité laïque. La particularité des bouddhistes a été, depuis 2500 ans, de faire des investigations sur la façon dont fonctionne l'esprit. Par esprit, j'entends le flot de la conscience. Ils ont une compréhension très subtile des mécanismes mentaux, et cela n'a rien de religieux. Lors d'une rencontre à Boston (Massachusetts), entre le dalaï-lama, des méditants et les scientifiques de Harvard, Steven Kosslyn, en charge de la chaire de psychologie, a commencé son intervention par une déclaration d'humilité devant la masse de données – empiriques – qu'apportent, dans le domaine de la psychologie, les contemplatifs.
– Comment trouver un instructeur?
– Il y a un problème de compétences, peu de guides qualifiés, et le lobby des psychanalystes qui bloquent le milieu académique. Comme il n'y a pas de thérapie cognitive enseignée dans les universités, les gens se rattrapent sur des coaches qui n'ont pas de formation, c'est la foire d'empoigne. David Servan-Schreiber, Boris Cyrulnik apportent une vision un peu différente des choses. Les mouvements liés aux thérapies cognitives et les techniques de Jon Kabat-Zinn sont développés avec succès, dans plus de 200 hôpitaux américains, pour diminuer les douleurs postopératoires et celles associées au cancer et autres maladies graves. En France, certains centres hospitaliers commencent à utiliser ces méthodes: à Lyon, Patrick Lemoine et Frédéric Rosenfeld, et, à Paris, Christophe André, à Sainte-Anne, qui travaille sur les phobies. Mais, cela reste très mal vu et l'on est nettement en retard par rapport à l'Angleterre et l'Amérique. Pourquoi se priver de remèdes simples et efficaces? L'entraînement de l'esprit, c'est avoir à faire avec ce dont nous sommes tous dotés, du début à la fin de notre vie, et dont on s'occupe si mal.
interview de Florence Evin, Le Monde, mardi 4 novembre 2008