mercredi 30 novembre 2016

Bonheur central par Jean Vanier



Le bonheur est à l'intérieur
Le bonheur ne vient pas de l'extérieur, des choses que nous possédons ou du pouvoir de notre groupe mais de l'intérieur, de ce lieu sacré en nous.
Nous nous illusionons si facilement, pensant que nous sommes le centre du monde ou à l'inverse, que nous ne valons rien.
Mais lorsque nous nous laissons prendre par ces illusions, très vite nous perdons notre centre et devenons paralysés par la colère ou le désespoir.
Recherche la paix, p.76
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mardi 29 novembre 2016

Retour à la maison... avec Jean Vanier

Maison à louer
La beauté de toute personne est qu'elle est appelée à devenir la demeure de l'Infini.
Alors la peur de la mort et de ce qui est limité n'est plus un tourment.
Recherche la paix, p.80








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lundi 28 novembre 2016

Sculptures de Debra Bernier et poémes de Pierre Dhainaut


Voici des œuvres de Debra Bernier associées à des poèmes de Pierre Dhainaut. Ces poémes sont extraits du nouveau jeu de Sabine Dewulf "Les trois cheveux d'or"...



Prends donc une poignée d’argile,
attends qu’il en sorte
l’odeur du varech.  

Pierre Dhainaut, Entrées en échanges


L’étreinte,
plus vive que nous,
plus longtemps.

Pierre Dhainaut, Mise en arbre d’échos




Une vie pour comprendre,

la marée nous imprègne
en permanence.

Pierre Dhainaut, Mise en arbre d’échos



Ecoute mieux,

l’écorce est transparente,
le cœur.

 Pierre Dhainaut, Mise en arbre d’échos




Et chaque jour, on ne compte pas les années,
la force nue revient, l’essor
du premier instant ou du premier cri.

Pierre Dhainaut, Plus loin dans l’inachevé


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dimanche 27 novembre 2016

Trois conseils pour incarner sa foi avec Sophie Galitzine

Premier week-end de l'Avent


1. Asseyez-vous

L'assise est à la fois physique et spirituelle. Prenez un moment chaque jour, dans cette posture, pour prier. La pratique de l'oraison se situe au niveau du ventre, par le mouvement de la respiration. L'objectif est de relâcher son mental, en le « remettant » dans son corps. Ce temps peut être créatif : on peut méditer une phrase, observer la flamme d'une bougie, danser, contempler une icône...

2. Soignez votre relationnel

Incarner sa foi, c'est aussi observer chaque jour comment j'entre en relation avec le monde. Personnellement, mon défi est d'accepter un quotidien « banal », et de le rendre extraordinaire, en prenant soin de ma famille. Comment s'inscrit le « Aimez-vous les uns les autres » dans ma vie de tous les jours ? Jésus a rassemblé des foules et s'entretenait avec elles. Alors comment est-ce que j'épouse mon environnement ? En tâchant de ressembler le plus au Christ, dans un contact de qualité. Ce n'est pas si facile pour moi qui ai eu tendance à fuir la relation dans le silence.


3. Mettez-vous en mouvement

Nous avons parfois tendance à oublier notre corps et à rester figés dans notre tête. Or il est un don dont il nous faut prendre soin en soignant notre santé physique. Cela me semble vital et non narcissique. J'en ai besoin pour être en meilleure relation avec les autres. Inscrire ma foi dans ma vie quotidienne passe aussi pour moi par prendre le temps de cuisiner. Je donne ainsi de l'amour à mon corps, à ma famille, à ceux que je reçois. Sainte Thérèse d'Avila ne disait-elle pas : Dieu est partout, « jusque dans les marmites » ?

Par Sophie Galitzine, comédienne, art-thérapeute et danseuse.
"Mon histoire est celle d'un corps blessé et guéri par la communion, la prière et la danse que je déploie aujourd'hui comme une méditation. Elle est langage universel tout en révélant l'intime de l'âme. Oui, le Christ était un danseur. Ne le sommes-nous pas tous ? "











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samedi 26 novembre 2016

François Roustang : les gestes du lâcher prise


Psychologies : Le titre de votre livre, “Il suffit d’un geste”, est presque une provocation. Serait-il si facile de guérir ? 

François Roustang : Oui, mais cela demande une préparation. Il faut, entre autres, commencer par trouver, en soi, le geste juste. Un simple geste du corps peut exprimer la personne tout entière. Dans mon livre, je parle d’un homme en deuil de sa mère à qui je demande d’ouvrir les mains en signe d’acceptation. Ce monsieur qui, certainement, a fait ce geste une bonne dizaine de fois dans la journée sans y penser, ne parvient pas à le faire en conscience parce qu’il refuse de se détacher de sa souffrance. Je cite également un autre cas, celui d’une femme dépressive. Pour lui faire lâcher prise, je lui ai dit : « Ouvrez les vannes. » Ses parents avaient été longtemps responsables d’une écluse. Je lui ai demandé de tourner la manivelle. Après deux ou trois séances, elle a réussi à le faire, ce qui l’a délivrée complètement de la dépression.

Pour moi, le patient n’est pas un malade mais un maladroit, c’est-à-dire quelqu’un qui, dans la vie et avec son entourage, ne fait pas les gestes justes. Mon message est de lui dire : « Si vous voulez aller mieux, c’est très simple » ; mais le problème, c’est que… c’est très difficile d’être simple. Et seul le "lâcher-prise" peut nous permettre d’y arriver.

En tant que thérapeute, qu’entendez-vous par “lâcher prise” ? 

Lâcher prise, c’est renoncer aux intentions, aux projets, à la maîtrise de son existence. C’est un abandon de la pensée, de la volonté, et même du résultat. Quelqu’un qui ne cherche plus rien n’attend plus rien, devient disponible et s’ouvre à quelque chose d’autre. C’est cela la magie : laisser venir les forces vives qui sont en nous.

Pourquoi est-ce si difficile de s’abandonner ? 

Parce que nous avons l’habitude de vouloir maîtriser notre existence. Dans notre monde, si nous voulons quelque chose, il faut avoir un projet, une stratégie. Mais quand notre existence subit des modifications, il faut s’y prendre autrement. La vie est toujours une invention, mais pour inventer, il faut se laisser inspirer. C’est l’histoire de tous les poètes, de tous les peintres, de tous les créateurs, et c’est aussi celle du patient qui veut guérir. Inventer demande d’accepter l’aventure et l’inconnu. On ne peut pas savoir à l’avance ce qui va se passer. Une patiente m’a dit, il y a quelques jours : « Je sais que le bonheur est à portée de main, mais cela modifierait tellement de choses dans mon existence que je n’ai pas envie de changer ! »

Comment faire la différence entre lâcher-prise et résignation ? 

Une personne résignée se soumet, mais garde toujours en elle un ressentiment, un regret ou un sentiment d’injustice. Avec le lâcher-prise au contraire, on part du principe que tout va bien. Mes parents m’ont abandonné lorsque j’étais enfant, mon mari ou ma femme est parti(e), mes enfants sont au chômage… Tout cela, je le prends avec moi aujourd’hui puisque c’est ainsi. C’est seulement si je prends en charge mon existence tout entière que je peux la faire avancer. Je dois partir de là où je suis. Je dis fréquemment à mes patients : « Si vous voulez aller à trente mètres d’ici, s’il vous plaît, commencez par poser vos pieds là où vous êtes. » L’important, c’est de prendre la situation telle qu’elle est, et de la prendre tout entière.

Comment faire pour accepter vraiment une situation douloureuse ? 

Oublier ses projets, se mettre dans son corps. Se le réapproprier. S’assurer que vous avez deux pieds, deux jambes et que la vie circule en vous. C’est pour cela que le geste est si important. Je dis souvent : « D’abord, vous vous coupez la tête, et ensuite on va pouvoir travailler ! » On ne peut guérir que si l’on accepte de se réduire à l’état d’être vivant. Ce qui signifie : ne plus penser, ne plus vouloir, ne même plus s’occuper de ses émotions.

Ne plus s’occuper de ses émotions, encore une préconisation thérapeutique à contre-courant ! Sentiments, émotions ou souvenirs ne sont que des témoins d’un passé déjà mort. Ils ne sont que des fardeaux qui entravent notre marche, parce qu’ils reflètent nos habitudes. Il ne s’agit pas de réduire les émotions au silence, mais de les conduire peu à peu à rejoindre le silence dont elles sont sorties. Une thérapie réussie devrait nous permettre de vivre à deux niveaux. Je compare cela à la nappe phréatique. En surface, il y a des plantes et des arbres, et au fond, une source immobile indispensable pour que la vie se développe. En thérapie, on apprend à se situer dans la nappe phréatique, dans ce lieu de fécondité, et l’on constate alors que dans la vie, tout va pouvoir s’arranger. Dès que l’on a accepté de perdre le contrôle, l’énergie revient.

Avec le lâcher-prise, n’êtes-vous pas en train d’ouvrir la voie à une nouvelle forme thérapeutique, la thérapie spirituelle ? 

A condition d’entendre le « spirituel » comme une démarche qui ne décolle pas du quotidien. Cette démarche ne consiste pas à entrer dans un autre monde ni à se connecter à une autre dimension. La spiritualité, ce n’est pas fuir la réalité, mais se réconcilier avec elle.

source : Psychologies 2009






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vendredi 25 novembre 2016

Le livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu


Je vous présente un livre précieux et empli de sagesse de Jean-Pierre Siméon. 
Je vous montre quelques perles du collier de pages.



Le plus puissant dragon 
n'a jamais attrapé un oiseau.

Un seul nuage peut cacher le mont Ying 
et un seul mensonge l'énorme vérité.

Pose une pierre sur ton ombre. 
Et pars en courant.

Pluie qui tombe, fleurs qui montent.

Si la vache avançait par bonds, 
l'appellerait-on sauterelle ?

Le genou et l'orteil 
ont aussi besoin de rire.

Attends que ta colère 
comme le vent se fatigue.

Si ton âne ne va pas assez vite, 
il ne sert à rien de l'appeler cheval.

Tout enfant a sa Cité interdite
où même l'Empereur ne pourrait entrer.

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Une occasion à goûter :



Pour votre information, avant les fêtes, les éditions du souffle d'or, propose le coffret du jeu des miroirs à moitié prix en cliquant sur le lien :

http://www.souffledor.fr/boutique/produits_jeu-des-miroirs-coffret-livre-cartes__3369.html


À travers le Survivant, la Guérisseuse, la Méditante, l’Animal, la Paysanne, libérez-vous peu à peu de l’identification et devenez aussi ouvert et accueillant pour vous-même que ne l’est n’importe quelle glace réfléchissante vis-à-vis de ce qu’elle reflète !...

jeudi 24 novembre 2016

Le pardon avec Jean Vanier



Sortie de prison
Pardonner est la libération de la prison de nos attirances et de nos aversions, de nos haines et de nos peurs, pour marcher dans la liberté de la compassion.
Accueillir notre humanité, Bellarmin, p.181
Le temps de pardonner
Pardonner, aimer son ennemi, comme se pardonner à soi-même, ne se fait pas tout d'un coup parce qu'on l'a décidé. Pardonner fait partie d'un long processus qui commence par le désir d'être libre.
Accueillir son humanité, Bellarmin, p.181
Vagues de liberté
Se laisser envahir chaque jour un peu plus, malgré les inhibitions, les ressentiments ou les colères, par le désir de liberté.
Accueillir son humanité, Bellarmin, p.181



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lundi 21 novembre 2016

Biographie de Ramana Maharshi


Svami B.V. Narasimha, Biographie de Ramana Maharshi – Première biographie de référence, Présentation, traduction et notes par Patrick Mandala, éditions ACCARIAS/L’ORIGINEL, 2016.

Voici, à plusieurs titres, un monument : d’abord parce que l’auteur fut un disciple du vivant de Ramana Maharshi ; ensuite parce qu’il s’agit de la première biographie écrite sur ce sage ; de plus, elle est traduite et adaptée pour nous, lecteurs français – c’est le fruit d’un travail considérable ; et enfin, bien sûr, parce qu’il s’agit du Maharshi, un des plus grands maîtres spirituels de tous les temps.

Le livre comporte des photos et, à la fin, un résumé des principaux événements qui marquèrent l’existence du grand sage. Il a aussi le mérite de décrire de manière vivante le contexte indien et hindou dans lequel vécut Le Maharshi. 
Le temps choisi par le biographe est le présent de l’indicatif, ce qui nous rend la légende du maître infiniment proche.  Le livre est consistant (près de 250 pages), riche en informations et anecdotes intégrales. Y sont aussi présents des dialogues directs entre le disciple et le maître. On y trouve également des extraits de textes écrits par Ramana Maharshi lui-même. 
La lecture du livre est facilitée par des sous-titres ou par des commentaires entre crochets. Certains passages du livre originel, monumental (500 pages au total), sont par ailleurs résumés entre crochets : « L’important ici fut de donner au lecteur français un texte clair et concis, sans perdre de vue le fil conducteur, tout en restant fidèle et respectueux de la présentation originelle de Narasimha Swami. »


Bien des aspects de la personnalité, de l’entourage et de l’enseignement du Maharshi nous sont ici livrés pour la première fois dans une biographie de référence, qui fera date dans la littérature consacrée à cette immense figure de l’Inde traditionnelle. Le tout écrit dans une langue particulièrement accessible. Un beau cadeau à faire ou à se faire pour les fêtes !

Sabine Dewulf





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samedi 19 novembre 2016

« L'apprentissage de la vie c'est d'exister à travers la beauté, la joie, l'intensité d'une vie créatrice... »

Interview de Guy Corneau par Jacky Durand

JD : Bonjour Guy ! Tu es connu ici en France pour tes livres, ta victoire sur la maladie et tes séminaires de développement personnel. Je t’ai entendu récemment en interview avec Lilou Mace et cela m'a donné beaucoup de joie... Pourrais-tu nous parler de la grandeur et de la décadence des émotions ?

 GC : Les émotions sont l'intelligence-même de la vie en nous. Elles s'adressent autant à notre mental qu'à nos sensations.
C'est l'espace de l'âme.
On en rend les autres responsables : c'est à cause de toi que je suis triste, que je suis en colère...
Or c'est faux, c'est à cause de nous : on avait certaines attentes qui reposent sur des blessures inconscientes, et les circonstances viennent nous rappeler les états qui s'installent en nous...
On n'est pas toujours au rendez-vous de nous-mêmes, de notre propre vie et les autres ne sont que des acteurs qui réveillent nos blessures, comme l'abandon qui vient nous rappeler que c'est nous qui nous abandonnons nous-mêmes. La joie c’est quelque chose qui est déposé en nous dès le départ, la simple joie d'exister, la joie d'être au monde mais aussi la joie de nos actions...
Or très tôt, dès l'enfance, elle se voile et les autres émotions apparaissent comme la colère, la tristesse : on n'est plus au rendez-vous de notre propre joie.
Cela crée une frustration profonde et la seule personne qui puisse faire quelque chose c’est soi.

JD : Peut-on dire que les émotions sont le tissus de l’humanité ?

GC : C’est comme l'eau qui circule partout.
Les émotions sont un baromètre car la réactivité vient des blessures qui n'ont pas été travaillées.
On attend encore que les autres fassent quelque chose pour nous. A mesure que je prends soin de moi, que je me rencontre, je suis moins réactif et mes émotions vont servir à autre chose, à être un moteur, un propulseur de l'action juste.

JD : Les émotions sont donc des guides ?

GC : Oui si je m'en sers comme des alertes qui me disent que quelque chose se passe.
Si je me dis que cette colère est contre moi, et que je vais chercher le conflit inconscient derrière, alors l'émotion est un très bon guide, le fil de pêche qui mène au poisson qui est souvent la blessure profonde.
De nos jours, il y a une sorte de consommation de l'émotion : il ne se passe pas assez de choses satisfaisantes dans ma vie alors je consomme la tragédie du monde. Par exemple, la guerre c'est un assemblage de beaucoup d'insatisfactions de beaucoup de gens, comme un égrégore de mauvaises croyances.
La somme d'iniquité, la mauvaise répartition des richesses, l'inégalité hommes femmes, c'est le terreau de la guerre, et cela commence chez nous : est-ce que je répartis bien les richesses dans ma vie, est ce que je suis équitable envers les gens qui m'entourent, est-ce que je fais ma part pour ceux qui ont moins, pour apporter plus d'égalité ?
La guerre nous invite à regarder la guerre dans nos vies.
Dans mon couple par exemple, choisir toujours la paix, plutôt que les querelles ou le contrôle de l'autre...

JD : Tu collabores avec Pierre Lesare pour animer les séminaires « Vivre en santé ». Toi qui as passé trente ans de ta vie malade, dont plusieurs années avec un cancer avancé, quel est le secret de ton alchimie pour transformer le plomb en or, ou le cancer en belle santé ?

GC : D'abord je dirais beaucoup d'humilité, accepter que la maladie soit ton maître, un enseignant qui te tape sur l'épaule à toi très personnellement, et qui te dit que quelque chose ne va pas dans ta vie. Bien sûr qu'un cancer ce n'est pas seulement psychologique, il y a des facteurs environnementaux très importants, des facteurs familiaux aussi.
Mon père est mort du cancer, ma mère en a eu deux, on est des spécialistes pour fabriquer des maladies auto-immunes et orphelines dans ma lignée familiales donc les fragilités sont déjà là.
Ce ne sont que des terrains qui prédisposent, mais les éléments déclencheurs sont des vies où il y a beaucoup de stress et pas assez de joie. Je dirais que le cancer m'a invité à un examen très profond de mon style de vie intérieur et extérieur.
Un des exercices que j'ai fait pendant le cancer est de passer en revue toutes mes relations affectives.
Tout ce qui était réglé et non réglé de toute ma vie : mes relations avec mes parents, mes anciennes compagnes...
Cela m'a demandé de faire plusieurs courriels, quelques coups de téléphone et des rencontres pas toujours faciles, délicates aussi en pleine maladie.
En faisant cela, j'ai eu l'impression de légèreté, de liberté, de retrouver une unité avec la vie, j'avais guéri quelque chose.
Je me suis dit qu'il serait possible que mon corps ne suive pas : c'était un cancer stade 4 et on ne peut pas trop en demander à notre organisme.
Mais j'avais guéri quelque chose et la joie était au rendez-vous, j'allais mourir le sourire aux lèvres et ce serait mon meilleur véhicule pour traverser !
Pendant le cancer, j'ai aussi mis en place beaucoup d'éléments que je connaissais : l'acupuncture, l'homéopathie, agir sur la maladie par l'alimentation.
Je connaissais comment visualiser, utiliser l'imagination créatrice, la méditation, les traitements énergétiques. J'ai mis en scène tout mon arsenal pour me guérir et tranquillement tout cela a ramené une joie de vivre très profonde, même à l'article de la mort. Au lieu de me dire je suis triste parce que j'ai le cancer, je suis désespéré, je me suis dit : j'étais triste et désespéré, je ne le savais pas et le cancer est venu me le dire.

JD : Malgré ta connaissance de toi-même, du psychisme, cela n’a pas empêché que ce cancer vienne. 

GC : Non parce qu'au fond j'ai l'impression que les épreuves viennent à mesure que l'on peut les affronter.... Je viens d'une enfance très troublée, difficile à digérer et tranquillement, j'ai pu y aller couche par couche et le cancer j'espère, était la dernière. Cela m'a permis de rencontrer les couches de protection que j'avais mises en place, et qui m'empêchaient d’être moi-même pleinement. La maladie est toujours une invitation à se retrouver soi-même, et plus que cela, c'est une invitation à sortir de nos misères et retrouver la joie au cœur-même de l'épreuve, parce qu'au fond il n'y a pas de raison de ne pas être joyeux, c'est des raisons que l'on s'invente et qui font que l'on se donne une vie comme ça : on existe à travers nos drames. L'apprentissage de la vie c'est d'exister à travers la beauté, la joie, l'intensité d'une vie créatrice, c'est là le secret. J'ai commencé à réaliser tout ça avec beaucoup de profondeur, de gravité qui invitait à l'allègement.
Les gens te félicitent car tu as vaincu le cancer, mais moi je me disais que j'ai seulement fait mon possible.
Je leur disais : le combat c'est maintenant, c'est chaque jour après pour choisir la joie, pour rester dans la légèreté, pour rester proche des choses que j'ai apprises à travers la maladie, ça pour moi c'est le combat.

JD : Dans une autre interview tu as parlé de nourriture lumineuse, qui provient d'une pratique méditative, mais aussi de la qualité de notre nourriture qui doit aider au processus de guérison.

GC : Tout à fait, plus une nourriture est vivante plus elle te rend vivant, plus c'est proche du cru plus cela te donne de la vie, plus c'est cultivé avec amour plus cela donne de l'amour.
Si on fait un pas de plus, c'est vrai que l'été dernier avec mon ami Pierre on a fait des repas de lumière : on a ingéré consciemment des particules de lumière.
On en ingère tout le temps, tout le monde, mais là, on a appris à ouvrir les centres énergétiques pour les nourrir de lumière, ouvrir les mains, prendre 20 minutes pour ingérer consciemment de la lumière.
Et c'est clair que les premières nourritures de l'être humain sont la lumière, l'eau et l'air.
Je suis un bon vivant j'aime manger et j'avoue que cette consommation de lumière est extrêmement énergisante.
Hubert Reeves, que je connais personnellement dit qu'on est des poussières d'étoiles, poussières de lumière en action dans l'univers, et dans la bouche d'un astrophysicien cela nous ramène à notre juste proportion !
On est des poussières en train de danser dans l'univers.
Quand on regarde le sang au microscope, la santé du sang est indiquée par des phénomènes lumineux.
Cela ressemble aux petites fleurs qu'on voit à la surface de l'eau, dans le sang il y a la même danse de lumière qui indique la santé du sang...
Je me rappelle la première fois où je suis passé proche de la mort, je suis rentré dans des états ouverts et unitifs et je voyais que la nourriture que je mangeais avait sa propre lumière, tout dans l'univers émanait de la lumière douce, c’était fantastique.

JD : Le théâtre ne t'a jamais quitté depuis ton adolescence. Te voilà dans une actualité d'artiste pédagogue à Paris : « L'amour dans tous ses états » au Théâtre du Feu de la Rampe jusqu'au 20 avril.
Tu débusques de façon ludique les difficultés, les drames dans le couple, mais voilà comment
vivre la tendresse au sein du couple ?

GC : C'est un couple qui choisit la guerre à cause de ses blessures. Chacun des protagonistes attend beaucoup de l'autre, et chacun est déçu.
Moi au début j'interviens entre les scènes pour éclaircir et expliquer : quelle est la nature de leur attachement, quelles sont les blessures de fond, et peu à peu je suis happé par le couple et je les retrouve dans mon cabinet.
On joue aussi avec la salle, j'amène les spectateurs dans mon groupe de thérapie.
La salle nous souffle ce qui se passe chez lui, chez elle, ce que le couple est incapable de dire... Et les acteurs reprennent cela. C'est génial, je le fais pour la simple joie de le faire, pour trépigner comme un enfant qui s'apprête à jouer, je suis juste heureux de faire ça.
Au fond, je suis un psy et j'ai passé une grande partie de ma vie à expliquer les choses.
Je trouvais que la partie de moi-même qui avait besoin de s'exprimer sans s'expliquer avait besoin de vivre : la poésie, la chanson, le théâtre, me permettent une intensité, et je trouve cela extraordinaire.
Et comme maintenant je suis vieux, je me dis je vais prendre ma retraite pour faire uniquement des choses que j'aime donc je continue à faire ce que je faisais et je rajoute le théâtre !

source : magazine "soleil levant"

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Joey Lott, L’Eveil à la simplicité d’être

Joey Lott, L’Eveil à la simplicité d’être – La meilleure chose qui ne soit jamais arrivée, 
éditions Accarias/L’Originel, 2015.


N’ayons pas peur des mots : voici un livre es-sen-tiel ! Joey Lott est l’un de ces auteurs fascinants qui, comme le célèbre Eckhart Tolle, est passé d’une expérience extrême à une autre : de l’Angoisse chronique – seuls ceux qui sont passés par là peuvent comprendre ce que ce substantif recouvre réellement – à la Liberté sans mesure, encore appelée « simplicité d’être ».
C’est un livre traduit et bien traduit – on ne s’en aperçoit pas ! – par Philippe de Henning. Le traducteur n’hésite pas – il s’en excuse à la fin- à prendre des libertés avec la sacro-sainte grammaire française, afin de rester au plus près du rythme direct des pages originales, écrites en anglais. Voilà qui contribue à l’efficacité du livre.

Cette libre simplicité intérieure, l’image de la première de couverture nous la suggère à merveille : un immense ciel bleu, une mer limpide à l’horizon infini et le bord d’une terrasse de bois pour y accéder. Le plus naturel et le plus grandiose à la fois. De fait, c’est bien de cela qu’il s’agit dans ce livre : Joey Lott ne passe pas par quatre chemins : inlassablement, il nous prend à partie et nous demande de revenir, nous lecteurs, à cette simplicité d’être que nous ne cessons de fuir par nos pensées inutiles, nos réactions énergivores, nos crispations, nos efforts continuels pour éviter ce qui nous gêne... : « Je suis la capacité infinie à accueillir le tout. Voilà. C’est ainsi. » 

L’auteur, sans se lasser, après avoir décrit sans complaisance sa maladie psychique, nous ramène constamment vers ici-maintenant, et d’abord celui qui est le nôtre durant notre lecture : « Notez comment vous maintenez la tension dans votre corps. Portez votre attention sur l’espace de vos yeux. Y trouvez-vous une tension ? Soyez curieux. N’essayez pas de changer quoi que ce soit. Notez simplement ce qui se passe ici, entre vos yeux. » 
Cela vise très simplement à nous ramener vers « le flux de la vie », c’est-à-dire « tout ce qui est », c’est-à-dire encore la totalité non choisie, non triée, non édulcorée : « Le flux de vie comprend orgasmes et calculs rénaux. Navré de faire voler votre bulle en éclats. Le flux de vie est ce qui est déjà là. C’est seulement le rejet d’une certaine part du flux de vie pour une cause qui cause de malheur. » Tout est dit, dans ces quelques lignes. Rien d’autre à comprendre. C’est cela seul qui est à vivre. L’auteur, avec sa force tranquille et sa franchise, nous permet de faire ce retour vers notre seul but, que celui-ci soit conscient ou inconscient : vivre pleinement, enfin !

Le ton est net, parfois oral, sans aucun inutile ornement. Les phrases sont brèves et incisives. La prose est limpide comme le ciel et la mer. A chaque page il nous est proposé de vivre enfin vraiment. Ce livre est un bain rafraîchissant de vérité, de simplicité, d’expérience vitale : « L’invitation est de tout accueillir tout de suite, en l’instant même – peu importe ce que cela semble être. »  
Chaque chapitre est précédé d’un titre très simple, parfois oral et prosaïque, parfois d’une simplicité profonde et existentielle. Cela peut donner aussi bien ceci ou ceci : « Les calculs rénaux » ; « C’est comment ? » « Oh là là » ; « Je ne suis pas » ; « Mystère » ; etc. Le titre est suivi d’une citation utile, frappante pour notre mental compliqué : «  Ce sont mes principes. Et si vous ne les aimez pas… eh bien, j’en ai d’autres. Groucho Marx. »
Chacun des chapitres mêle des considérations de la vie quotidienne et passée de l’auteur (des notations très concrètes et vivantes) à l’enseignement vital qu’il cherche à nous transmettre : « J’ai essayé le LSD pour la première fois quand j’avais dix-neuf ans. Avant cela j’avais été un parangon de vertu et un farouche abstinent de boissons intoxicantes. » Ces contradictions vécues, cet humour sous-jacent, ce va-et-vient continuel entre son passé et son présent, entre son expérience et ce qu’il en retire, sont de nature à nous aider d’une manière très concrète et décisive.

A l’heure du fameux Bien-Etre qui partout cherche à imposer ses lettres de noblesse et ses belles leçons, ses trop belles images qui masquent la laideur incontournable de nos existences, à l’ère du Bien-Vivre, du Bonheur qui devrait nous faire oublier les tourments ordinaires, la grisaille des jours d’hiver, la mort et la finitude, à l’heure des grandes supercheries, voici l’instant toujours renouvelé d’un parler vrai, qui nous invite constamment à vivre vrai l’infiniment ouvert : « Simplement soyez honnêtes. »
Mais qu’attendons-nous donc pour y plonger, en cet instant de vraie vie, à vivre sans cesse ? Merci, vraiment, Joey Lott. Je le répète : votre livre est essentiel. Vraiment.

En ce qui me concerne, j’ai placé ce livre sur ma table de chevet. Régulièrement, je l’ouvre, à n’importe quelle page. Ca me suffit pour me ramener à ce que je fuis sans cesse… Tout simplement.

Sabine D.





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vendredi 18 novembre 2016

Témoignage sur deux livres de Daniel Morin

Noël approche à grands pas.  Pour cette période où l’on aime à offrir des cadeaux originaux, voici quelques idées puisées chez un éditeur peu banal, dont les ouvrages sont d’une valeur inestimable : ils véhiculent, à travers différents chemins, des éléments d’une sagesse ancestrale et toujours vivante. Il s’agit des éditions Accarias L’Originel.


• DANIEL MORIN, ÉCLATS DE SILENCE - L’indicible simplicité d’Être, Préface d’Alexandre Jollien, éditions ACCARIAS / L’ORIGINEL, 2010.
•    DANIEL MORIN, MAINTENANT  OU JAMAIS - Le mirage du futur,  éditions ACCARIAS / L’ORIGINEL, 2013.

Voici deux livres d’un auteur que j’ai eu l’immense privilège de rencontrer et d’écouter maintes fois, avec à chaque fois des retombées incisives et concrètes : Daniel Morin. 
Il a été le plus proche collaborateur de l’un des rares maîtres spirituels qui aient enseigné en France. C’est aussi un grand ami du célèbre philosophe Alexandre Jollien, qui a signé la préface d’Eclats de silence et avec qui il dialogue dans la seconde partie de Maintenant ou jamais
Avant cela, et pendant trente ans, il avait été ouvrier dans la métallurgie. Cet homme, qui n’avait pas fait d’études, et dont le langage ne s’embarrassait pas de fioritures, était pourtant le plus grand poète métaphysicien de l’ashram d’Arnaud Desjardins. Un poète sans images grandioses, un métaphysicien sans système préconçu, si proche de ces maîtres zen qui parlent par aphorismes et qui  parviennent en quelques phrases à bouleverser nos habitudes mentales.
Si Daniel Morin tutoie si bien l’éternel et l’infini, s’il laisse aussi bien fulgurer en lui et autour de lui des Eclats de silence, c’est précisément parce qu’il s’est plongé pendant des années dans le travail à la chaîne d’une métallurgie, durement, jour après jour, avec ses propres mains, et qu’il a donc appris très tôt à se situer au plus près du réel, ici et maintenant, Maintenant ou jamais et dans L’indicible simplicité d’être parce que, justement, au lieu d’apprendre à dire, il avait appris à faire, en toute simplicité. C’est dans cette métallurgie qu’il avait commencé à forger et à affûter ses propres armes pour anéantir, de quelques éclats tranchants, Le mirage du futur
Ensuite, à partir de 2008, il a quitté l’ashram pour suivre sa propre trajectoire, toujours en toute simplicité et, il faut bien y insister, en toute radicalité. Seule l’expérience compte. Que l’on s’adresse à lui ou qu’on lise les pages de ses livres, il nous ramène sans hésiter, sans détour aucun, à notre expérience directe. C’est tout le prix, infiniment précieux, de sa transmission. A partir de son propre éveil, il nous invite à nous ouvrir au nôtre, sans relâche.
J’ai donc juste choisi de vous raconter ceci, qui me concerne directement : un jour, juste après lui avoir posé une question sur la liberté et qu’il m’eut fait une de ces réponses incisives que l’on n’oublie jamais – sans avoir besoin de prendre aucune note -, je suis sortie dans la cour de l’ashram. Et là, j’ai senti que tombait, littéralement, et brusquement, à côté de moi, à mes pieds, un paquet d’énergie morte : c’était à la fois une sensation très précise, très concrète, et une certitude, jamais éprouvée auparavant. J’ai senti qu’un énorme poids de culpabilité était tombé à côté de moi, sur le sol. C’est là que j’ai appris, par ma propre expérience, que nos émotions sont des pensées mêlées de matière physique, qu’elles ont à la fois un poids inconscient et un poids matériel, inscrit dans notre chair et prisonnier de celle-ci. J’ai immédiatement identifié ce paquet d’énergie qui venait de quitter mon corps : il s’appelait Culpabilité. Oh bien sûr, je n’avais pas fini de m’en libérer…. Mais je suis certaine, depuis cet instant-là, qu’une grosse partie de cette culpabilité inconsciente que je portais a pu se libérer.
Je ne vous ferai donc pas un compte-rendu de ces deux livres. Je n’ai qu’un mot : achetez-les et lisez-les ! Vous ne serez pas déçu(e). Raconter mon expérience après avoir écouté Daniel Morin me semble constituer une indication suffisamment précise de ce que la lecture de ses livres – lui qui n’est en rien un savant ni un écrivain – pourraient vous apporter. 

C’est ce que je vous souhaite de meilleur !

                                                                               Sabine 




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jeudi 17 novembre 2016

Conseils pour un rapport à la mort sain avec Christian de Cacqueray


ENTOUREZ LES PERSONNES ENDEUILLÉES
La dimension communautaire est essentielle. Ce qui peut arriver de meilleur aux gens est qu’ils soient le plus entourés possible. Allez aux enterrements, même si vous n‘êtes pas très proches de la personne défunte ou de sa famille, afin de faire corps dans l’événement de la mort. Manifestez en actes votre solidarité à ceux qui vivent la séparation. N'hésitez pas à les appeler, sans crainte de les déranger.

« ENVISAGEZ LA VIE À PARTIR DE LA MORT »
Comme le dit ci-dessus le poète et académicien François Cheng, dans notre quotidien, nous sommes confrontés, piégés, par des soucis plus ou moins réels ou sérieux ; des contrariétés liées à des relations humaines difficiles. Regardez-les en vous imaginant sur votre lit de mort, et interrogez-vous : Que reste-t-il de tout ça ? Ce regard relativise, ramène à l’essentiel, ouvre des pistes de pardon, de réconciliation, de miséricorde.

CONSIDÉREZ LA MORT COMME UNE TRANSFORMATION
La mort peut être vue comme une rupture ou une transformation. La « mort rupture » peut être une fin inhumaine, incompréhensible, insupportable, inacceptable. La « mort transformation » est la foi. En consentant à toutes les petites et grandes morts de notre quotidien, nous vivons déjà ces changements qui annoncent la grande. Il nous faut aimer cette transformation pour nous préparer à vivre celle que nous évoquons dès aujourd’hui dans la prière : « Maintenant et à l'heure de notre mort. »


Christian de Cacqueray
(source : La Vie)
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mercredi 16 novembre 2016

« Vous aurez à payer tout le prix » Swami Prajnanpad

Arnaud Desjardins a écrit un magnifique chapitre à propos du « prix à payer », en écho à la parole de son maître Swami Prajnanpad : « vous aurez à payer tout le prix ».
Telles qu’énoncées par de grands maîtres et veilleurs cités par Arnaud dans ce chapitre, les descriptions impressionnantes, voire terrifiantes, du prix à payer pour la libération sont, si nous n’y prenons garde, susceptibles d’alimenter notre romantisme spirituel (« êtes vous prêt au risque de la folie, du démantèlement du moi » , etc etc … ) ; par là même de maintenir ce « prix » dont il s’agit pourtant bien de s’acquitter, à distance, bien loin : une épreuve mystérieuse et ultime à affronter un jour, quand l’éveil, tel mon prince, viendra….

Il y a pourtant un prix qu’il m’est proposé de payer à chaque instant et dans des circonstances a priori bien ordinaires :
chaque fois que je choisis en conscience de ne pas faire le jeu de ce que l’on nomme l’ego et le mental, chaque fois que je décide d’agir plutôt que de réagir - ce qui dans certains cas peut d’ailleurs signifier ne rien faire, m’abstenir de prononcer la parole, d’écrire la réponse ou de manifester l’attitude que le vieil homme en moi brûle d’exprimer- chaque fois donc que l’homme nouveau en moi prend le contre pied du vieil homme, de l’homme mécanique, alors je paie le prix.
Chaque fois que mon intention de pratique s’affirme à rebours de mes fonctionnements automatiques, je paie le prix.
Je m’acquitte en tout cas d’un versement du « grand prix ».

Nos fantasmes d’« éveil subit », de « réalisation radicale » nous font miroiter un instant magique , un moment de « bascule » à la faveur duquel tout le prix serait payé d’un coup, en un seul et grandiose versement. 
Il se peut tout à fait que de tels instants prennent place , que certains êtres humains aient effectivement vécu un moment entre tous ressenti comme « le » moment . 
La littérature spirituelle présente bien des témoignages de cet ordre, certes de valeur et de force inégales. Outre le flou entretenu et les questions soulevées quant aux suites d’un tel moment - s’agit il d’un retournement « définitif » ou d’une expérience temporaire, et quoi qu’il en soit un travail ne se poursuit il pas « après » ? - nombre d’enseignants et témoins ( qui tendent à être occultés en ces temps où la mode est à « l’éveil express » ) ont présenté ce moment comme la culmination de très nombreux moments de pratique, de toute une vie de maturation, même s’il est vrai que le tout est toujours plus que la somme des parties et que l’addition ou l’accumulation des « pratiques » ne saurait en elle même aboutir à un résultat les dépassant radicalement.

La formulation même selon laquelle nous aurons à payer « tout le prix », ou « l’intégralité du prix » - the full price - suppose une possible gradation dans l’acquittement du dit prix. Pour user d’une image certes bien imparfaite, je suis plus ou moins propriétaire de ma maison au fur et à mesure que j’en rembourse le crédit. Mais je n’en suis vraiment et intégralement propriétaire, sans plus aucun compte à rendre à la banque, qu’une fois l’ultime versement effectué.
Et chaque versement compte.

Pour garder encore l’image (à maints égards contestable mais pédagogique) du crédit immobilier, le prix à payer ne l’est pas (à payer) plus tard, un jour, quand je serai apte à payer comptant (pour garder l’image de la maison achetée) mais de suite, régulièrement, avec des possibilités d’accélérer ou de ralentir ma cadence de remboursements.


Chaque acte de pratique réel me fait changer de niveau d’être, opère en moi une transformation. Aucun « versement » n’est perdu. Payer, c’est toujours se délester de quelque chose, renoncer à une valeur à mes yeux moindre au nom d’une valeur pour moi supérieure. Ne pas, par exemple, vainement répliquer à une pique, ne pas agir sous le coup d’une émotion, et ce faisant ne pas me laisser aller à la pente de la mécanicité ordinaire, c’est toujours renoncer à la valeur moindre de celui en moi qui ne veut que triompher, dominer, avoir le dernier mot, au nom de la valeur supérieure de la liberté.

Je m’acquitte d’un versement du prix à chaque fois que, choisissant la pratique, la conscience plutôt que l’automatisme, la reliance au plus grand plutôt qu’au plus petit, la perspective plutôt que le « nez dans le guidon », je me rapproche non seulement de l’heure de ma mort mais aussi de celle de ma résurrection.

Gilles Farcet
(source : FB)

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mardi 15 novembre 2016

Dire oui à la vie... quand on en a plein le dos.



Voici un exercice extrait de 'mon' livre "Les Trois cheveux d'or". 

Il parle du chakra du cœur associé à la carte Gratitude.

Anahata chakra est en relation ici avec le point “ling tai” (10 Vaisseau Gouverneur), “route de l’esprit” ou "voie du Shen", situé entre les sixième et septième vertèbres dorsales.

Prenez la route de la Gratitude en réalisant cet exercice.


Le quatrième chakra est associé aux sentiments d'amour, de compassion,de paix, de bonté...

C'est le moment de prendre du recul...





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lundi 14 novembre 2016

"Super extra Lune"


La Lune atteindra son périgée, son point le plus proche de la Terre, à 12h22, heure française et sera pleine à 14h52, heure française. Elle sera visible, une fois la nuit tombée, partout dans le monde. "Une super Lune peut être jusqu'à 14% plus grande et 30% plus lumineuse qu'une pleine Lune à son apogée (le point de son orbite le plus éloigné de la Terre, ndlr)", selon la Nasa. 
Lundi, elle sera à "seulement" 356.509 km de la Terre (pour une distance moyenne de 384.400 km). "Il faut remonter au 26 janvier 1948 pour avoir une super Lune dont la distance avec la Terre soit plus petite". Et il faudra attendre le 25 novembre 2034 pour que la Lune se rapproche davantage de nous. 


L'astre lunaire est omniprésent dans les mythologies et les croyances populaires. Souvent associé à une divinité féminine, il symbolise les cycles des saisons, des âges... 

Petit tour d'horizon des croyances.

Dans la mythologie grecque, la Lune a d'abord été appelée Séléné. Bouleversée par la mort de son frère, Hélios (le soleil), noyé dans l'Eridan, elle le suivit dans la mort. Touchés, les dieux la changèrent en astre et la placèrent au ciel. On la représentait comme une femme jeune et belle qui parcourait le ciel sur un char d'argent traîné à deux chevaux. Elle est célèbre par ses amours avec Zeus à qui elle donna deux filles, mais surtout pour sa grande passion pour le berger Endymion dont elle aurait eu cinquante filles. Ce jeune berger, d'une grande beauté, se vit accorder par Zeus la réalisation d'un vœu. Il choisit l'immortalité et fut plongé dans un sommeil éternel. Depuis, chaque nuit, la Lune caresse le corps immobile de l'amant endormi et soupire de désespoir. Plus tard, Hélios a été logiquement associé à Apollon et donc la Lune à sa soeur jumelle, Artemis.

Pour les Aztèques, la Lune renvoyait à l'amour charnel. Mais c'est à elle aussi que les mourants confessaient leurs fautes. Généralement, la Lune est assimilée à un symbole féminin représentant le temps, le cycle. Elle contrôle aussi les marées, les pluies, les eaux et les saisons, nos humeurs, la pousse de nos cheveux ou des moissons, selon les croyances populaires.

La Lune est aussi la frontière entre le soleil et l'obscurité et est donc associée à ce qui sépare la conscience et l'inconscience. Elle est également liée à l'idée de romantisme, qu'on pense à la lune de miel, au clair de lune propice aux déclarations amoureuses... Ou aux vampires! Plus effrayants encore, la pleine Lune est celle qui déclenche la transformation du loup-garou. Elle est d'ailleurs indissociable de tout bon film d'horreur pour mettre un peu d'ambiance...

Dans le tarot de Marseille, la Lune est la dix-huitième carte. Elle relève du domaine de l'intuition et renvoie aussi à la maternité. Si vous tirez la carte à l'endroit, c'est plutôt positif, synonyme de passion, d'absence de tabou dans la sexualité, de maternité, de changements... A l'envers, c'est apparemment moins drôle : disputes de couple, dépression, cauchemars, séparation...

Enfin, on retrouve aussi beaucoup la Lune dans les drapeaux, les étendards, les blasons... Elle est pleine par exemple sur les drapeaux du Laos ou de la Mongolie. On la trouve sous forme de croissant quand elle évoque l'empire ottoman. De nombreux pays musulmans l'ont repris comme la Turquie, la Tunisie, l’Algérie ou encore le Pakistan.

(source: Europe 1)





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