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mardi 23 juin 2026

Enjeu de jeu


Le mental ne peut se représenter la libération que sous la forme d’un événement qui aurait lieu dans le temps, avec un avant et un après. Mais au plan d’« être », il n’y a ni avant ni après. Il n’y a pas à proprement parler un événement au cours duquel se serait passée une libération. Il n’y a pas de cause à « être ». 

On peut seulement constater après coup qu’une transformation radicale a eu lieu. Et cependant, cette transformation n’est qu’un effet secondaire et non le cœur même de ce qui est en question, car la réalité était déjà là avant cet apparent événement.

« Être » ne change pas. « Être » continue de jouer le jeu de la forme, mais au lieu de s’y perdre, il se retrouve dans ce jeu.

Malo Aguettant « Rien ne manque à cet instant » 

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lundi 4 mai 2026

Tout fait partie de ton chemin

Mirmande, une entrevue avec Jacques Castermane :

« - Jacques, est-ce que tu me sens vraiment engagé sur la Voie ?

Est-ce que je pratique suffisamment bien, suffisamment intensément, pour progresser et assurer une juste transmission de l’enseignement ? (Sous-entendu : est-ce que je suis prêt ? Est-ce que j’en fais assez ?)

- Joël, quitte l’idée que tu dois être prêt ; on n’est jamais prêt.

A trop vouloir faire ou provoquer les choses, tu ne laisses pas la place à ce qui se fait. Tout fait partie de ton chemin ». Ces propos, qui me sont revenus suite à la dernière lettre d’avril (relation au maitre), montrent que les réponses d’un maitre sortent de l’entendement habituel et de tout esprit volontariste d’acquisition et de réussite.

A mes inquiétudes de ne pas être assez « performant », à mon besoin d’être rassuré - preuves que le mental est toujours à l’œuvre même après des années de pratique - cette réponse m’invite à me positionner à un autre niveau de présence et d’attention.

La véritable confiance n’a rien à voir avec un sentiment passager de perfection ou de réussite existentielle, mais se nourrit de ce lien à « ce qui se fait » ou « l’infaisable », substrat intemporel et universel de nos existences.

Par ce lien, l’être humain n’est plus seulement le jouet des hauts et des bas de son existence ou des caprices de son mental, mais redevient conscient d’être porté et animé par le souffle d’une Vie plus vaste. Jacques rappelle que pratiquer sur la Voie n’est passe construire un avenir maitrisé et serein selon ses propres critères de réussite, mais remet en cause tout un monde de croyances et d’idéaux qui empêche de « laisser la place à ce qui se fait ».

La Voie n’est pas un chemin à suivre, mais un chemin à tracer dans l’acceptation pleine et entière de notre existence et de notre Personne, singulières et uniques. S’ouvrir à « ce qui se fait » ou « l’infaisable », c’est admettre la dimension universelle de notre vie ; accepter que « tout fasse partie de notre chemin », c’est admettre et assumer ce que notre existence a d’unique.

Au sujet de cette voie de transformation qu’est le zen, Durckheim parle d’un « processus de libération de l’individualité créatrice ». « Tout fait partie de ton chemin » est une invitation à quitter le syndrome du bon élève, du pratiquant efficace et performant rêvant d’atteindre, selon certains critères personnels, moraux ou sociétaux, un « bon » niveau de sagesse ou de calme.

Une invitation à ne plus faire de différence entre des moments que nous considérerions comme profanes et d’autres plus spirituels. La totalité de notre existence et de notre personne est incluse dans ce que l’on appelle la VOIE. L’extraordinaire se niche au cœur de l’ordinaire, l’infaisable agit sans arrêt au cœur de nos activités quotidiennes, et nous le redécouvrons si nous apprenons à voir et sentir « ce Tout Autre, ce plus profond que j’appelle notre être essentiel…

Retrouver une vie qui se réalise sur le plan terrestre sans perdre le fil d’or qui la relie à l’être essentiel, témoigner dans le monde de cet être et de son influence, c’est reconstituer l’Homme tel qu’il est dans sa plénitude. La Voie de la transformation est un chemin de devenir sans fin, chemin contraire à tous les principes du moi existentiel qui s’oppose à la transformation par l’attachement à tout ce qui est statique, ce qui veut demeurer, s’établir, ce qui est fixé ou ce qui semble solidement acquis. » K.G. Dürckheim – L’expérience de la transcendance

« Ce qui se fait » ou « L’infaisable » ?

En ce moment, quoique nous fassions, nous sommes engagés dans une activité existentielle plus ou moins importante, utile, urgente, avec des attentes de résultats et leurs cortèges de pensées et de projections : désirs, peurs et refus multiples et variés.

En général, ce sont ces aspects de l’activité qui retiennent toute notre attention. Mais suis-je attentif à ce qui permet, ce qui soutient cette activité : ce qui ne vient pas d’un « devoir faire », le tout simple, ce qui est déjà là et qui nous attend ?

En ce moment, j’inspire, j’expire … je suis dans une certaine forme et tenue corporelles … Je suis assis, debout, en train de marcher, allongé … Des actions auxquelles on ne prête que peu d’intérêt nommées « attitudes dignes » dans le zen. Considérées comme sacrées, ces actions ont le pouvoir de nous relier à ce qui se fait hors de notre volonté, de notre conscience ordinaire.

Approches du réel par la sensation, ces actions nous invitent à prendre au sérieux une vie prémentale vaste et sensible : les intentions du corps vivant ou « intentions de l’être ». La possibilité d’un rythme plus juste, d’une forme et d’une tenue plus justes, d’une respiration plus naturelle, d’un geste unifié, apaisé et vivant : telles sont les intentions et la proposition que nous fait la Vie à chaque instant.

Dans toutes nos activités existentielles, essayons de garder ce contact avec « l’infaisable », veillons à laisser transparaitre un geste plus digne ; digne parce que plus respectueux de la Grande Vie qui nous anime, qui nous respire.

Loin de toute posture imposée, un geste vivant se crée, évolue, se transforme instant après instant. L’attention à ces actions vitales infaisables est le cœur du zen.

« On ne pratique pas le zen pour maitriser sa vie, mais pour s’unir à la Vie » K.G. Dürckheim

Joël PAUL

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samedi 21 mars 2026

« La roue de la transformation »

 

« La roue de la transformation »

Les citations en italique de cette lettre sont issues du livre de K.G. Dürckheim : « Pratique de la voie intérieure – Le Quotidien comme exercice ».

Une personne engagée sur la Voie du zen, à la redécouverte de son être essentiel - sa vraie nature -, n’a de cesse de se soumettre à une transformation qui ne s’arrête jamais. Cette transformation est « le dynamisme créateur de la vie » qui anime tous les êtres vivants, processus dont nous pouvons prendre conscience et témoigner dans notre existence : c’est un chemin de maturité et d’éveil propre à l’être humain.

« L’homme possède une conscience grâce à laquelle il devient responsable de son devenir. C’est à la fois sa chance et son péril, car il peut se manquer lui-même. »

Se trouver, c’est se réaliser dans sa plénitude d’être humain : une affaire de toute une vie de connaissance de soi, de pratique et d’attention à entrainer et développer au sein de son existence quotidienne.

Le zen n’est pas une fuite, mais une plongée dans le monde tel qu’il est. Dans ce livre - Pratique de la voie intérieure- Dürckheim parle « de ces faux prophètes qui promettent à l’homme perturbé une tranquillité à bon marché, une tranquillité bourgeoise » et de « ces fausses pratiques qui éloignent l’homme de son vrai centre ».

L’homme est ainsi trompé sur le sens de son inquiétude profonde, qui ne sera jamais guérie par une recherche de fixité ou par l’atteinte d’un état définitif, ni par un bien-être relatif. C’est l’écoute et le respect de son besoin de se confier à une transformation voulue par « la Grande Vie » qui le libèrera d’un MOI sclérosant et réducteur.

S’ouvrir à la roue de la transformation, c’est découvrir une Voie qui ne finit jamais et accepter de vivre en tant que « Personne en devenir. »

Cette roue présente cinq rayons, cinq « axes de travail », qui amènent l’être humain à briser la coquille de l’ego, s’ouvrir, s’épanouir, et vivre pleinement dans le monde sans s’y perdre tout en gardant un contact avec l’Être, centre sacré de sa Personne.


Voici les cinq rayons de la roue : 1) la vigilance ou « état de veille critique »,2) le lâcher prise, 3) l’union avec le fond, 4) le devenir nouveau ou renouvellement, 5) la consécration de la Voie dans la vie quotidienne ou « Transparence à l’être ».

« L’état de veille critique », c’est reconnaitre de plus en plus souvent ce qui entrave l’expression de notre profondeur - l’Être authentique -, et remettre régulièrement en cause nos attitudes figées égocentrées (postures, réactions, mécanicités …), ainsi que notre habitude de tout saisir par la pensée (refuser/préférer, fixer, comparer, analyser). Abandonner l’ego et perdre ses repères habituels et ses illusions est une « dure rencontre avec le monde tel qu’il est, abandon d’un faux désir d’harmonie sans failles, pour découvrir ce qui nous attend au-delà des contradictions. »

Cet « au-delà des contradictions » est un chemin d’accueil et d’intégration.

Processus d’intégration de tous les aspects de nous-mêmes et de notre existence, et non d’élimination du désagréable et d’opposition à tout ce qui peut nous déranger.

Pour que s’éveille « la conscience de ce qui est faux », c'est-à-dire de ce qui est dépendant de la conscience rationnelle, refusée ou verrouillée par elle, l’homme en chemin doit se relier à ce qui en lui le rend plus vivant, plus fluide, plus transparent à sa vraie nature : « son noyau de vie. » Ce noyau est le siège de la première conscience sensorielle, appelée aussi conscience océanique, répondant aux forces de vie qui nous animent et nous ouvrent à la complétude de notre Personne et de notre existence. « Hara, centre vital de l’Homme » n’est pas accessible par la pensée ; reconnaitre que la pensée n’est qu’une fonction de l’existence humaine, et non son Essence, est le grand défi du zen. Se tenir en son centre juste est une attitude de tout soi-même à retrouver, exercer et favoriser par l’attention au corps vivant.

« La réalisation de la Personne est le fruit d’un exercice permanent. Lorsque l’homme accepte cette pratique permanente, il se trouve sur la Voie.»

Les deux rayons de la roue, « lâcher prise » et « union avec le fond » sont les bases qui nous sortent de « l’ordre statique du moi, dépassé par l’ordre évolutif de la Vie. »

« Le lâcher prise est l’abandon de l’attitude qui fait que nous nous fions uniquement à ce que nous pouvons atteindre ou faire avec notre conscience ordinaire, afin d’acquérir une nouvelle conscience qui préserve le dynamisme créateur de la Vie. » L’union avec le fond, c’est sentir, intégrer et servir au cœur de nous-mêmes et de notre existence ce geste de transformation permanent qu’est l’acte d’être, ou « L’être en acte ». Ne plus avoir peur de l’impermanence (tout change tout le temps), ne plus chercher à se réfugier dans une posture confortable et définitive, « telle est la dignité de l’audacieux. » Avec cette ouverture au renouvellement, « l’homme ne peut cesser, à chaque instant, de se sentir responsable tant de son attitude que de son existence. »

La « transparence à l’être » est une manière de vivre sans cesse remise en jeu par la roue de la transformation, et ainsi se rendre de plus en plus disponible à une transformation innée, infaisable, appelée et voulue par notre profondeur.

La Voie ne remet pas en cause le monde, la Voie ne nous culpabilise pas, ne nous juge pas, ne fait pas de nous des héros ou des médiocres, mais nous invite à ne plus ignorer notre véritable Essence. La Voie part d’une existence dans le monde faite de luttes et d’efforts constants pour y survivre, y maintenir une position, domaine de l’ego et de ses combats, pour nous ouvrir à une existence apaisée et vivifiante, nourrie de la reconnaissance de notre être essentiel, source d’une transformation portée par la Vie, domaine de la Confiance et du Calme intérieur.

 Joël PAUL

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dimanche 26 octobre 2025

Les feux de paille


 Aujourd'hui, et de plus en plus, une grande partie des cheminants spirituels cherchent une forme d'intensité. 
Physique, au chaud ou au froid extrême, dans l'intensité de l'effort lui-même. Dans les émotions fortes, fussent elles d'amour et de compassion, qui ne sont souvent que des formes de sensiblerie convenues. Dans les états de conscience extraordinaires.

Alors on consomme, champignons, verdures de toute sorte, chants extatiques, rituels néo druidiques si possible au clair de lune. On cherche l'intensité avec le postulat conscient ou pas que celle-ci serait garante de  transformation ou de changement. Il n'en n'est malheureusement rien. Mais il faut des années de pratique pour s'en rendre compte. 

La transformation et le déploiement ne viennent pas de l'intensité, qui entraîne simplement le plus souvent un effet yoyo. Ils viennent non pas de l'intensité et de la motivation, mais de la persévérance.

Ils viennent de la cohérence interne d'une méthodologie éprouvée par des générations à laquelle le ou la pratiquante accepte de s'exposer avec courage et sur le long terme.

Pas d'une vague juxtaposition de 12 outils issus de 8 traditions incohérentes entre elles. Qu'on change quand un angle de notre ego risque d'être démasqué. 

Qu'on pratique cette juxtaposition pour soi est une chose, on n'expose que soi-même au principal risque d'un tel choix : la stagnation. Qu'on veuille en faire un chemin pour d'autres procède par contre d'une forme d'aveuglement.

Les feux de paille peuvent être très beaux, parfois fascinants.

Ils ne sont malheureusement pas de la même nature que le Feu alchimique, Transformateur, même s'ils peuvent faire illusion quelque temps. 

Bonne réflexion et pratique

Fabrice Jordan 

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mercredi 15 octobre 2025

Chemin de Vie

Ces jours-ci, je me trouve complètement désintéressé par les « enseignements spirituels. ”

Pas parce que je suis devenu cynique ou arrogant ou perdu la foi, mais parce que je n'en ai tout simplement plus besoin. C'est la vérité honnête. Les enseignements spirituels parlaient autrefois à une douleur profonde en moi - la recherche de la paix, de la vérité absolue, de quelque chose de sacré et transcendant au-delà du bruit de la vie quotidienne.

Mais maintenant, ce désir a complètement changé de forme. S'est transformé en quelque chose de radicalement différent.

Plus je deviens présent, moins j'ai envie d'idées de présence.

Plus je vis, moins j'ai besoin d'apprendre à vivre.

La vie elle-même m'enseigne, chaque jour.

Pendant des années, j'ai utilisé la spiritualité pour échapper à l'être humain - le désordre, les relations, les routines domestiques, la beauté ordinaire de la vie quotidienne. Je pensais que l'illumination était quelque part au-delà de tout ça.

Mais maintenant, les vrais enseignements spirituels sont ici - non pas dans aucun livre sacré, mais dans le son du rire de ma fille, dans l'odeur du dîner, dans la sortie des poubelles, ou dans la promenade dans le parc au coucher du soleil.

Les anciens enseignements parlaient de « lâcher prise » des attachements à ce royaume terrestre.

Non. La vie m'apprend à devenir plus intime avec cette terre - à la rencontrer pleinement, à l'aimer farouchement, à trouver le sacré et le transcendant juste ici, où que je sois, quoi que je fasse, avec qui je suis.

Je n'ai plus besoin de chemin.

La vie EST le chemin.

- Jeff Foster

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lundi 22 septembre 2025

Le vide médian

 


Le Vide originel est présence agissante au cœur du manifesté, au sein des Dix mille êtres. On l'appelle alors vide médian. Par sa dynamique, il permet aux souffles yīn/yáng d'entrer dans leur mouvement d’échange :

"C’est lui qui attire et entraîne les deux souffles vitaux dans le processus du devenir réciproque ; sans lui le yin et le yang demeureraient des substances statiques et amorphes."

Il "est le point nodal tissé du virtuel et du devenir, où se rencontrent le manque et la plénitude, le même et l’autre."

C'est en et par le vide médian que s'organise, se structure la rencontre des deux souffles yīn/yáng :

"le Vide même, loin d'être synonyme de flou ou d'arbitraire, est le lieu où s'établit le réseau de transformations du monde créé."

 Le vide, est une puissance de transformation, présence insaisissable au cœur du manifesté. La pensée chinoise nous incite à ne pas arrêter notre regard au niveau le plus visible mais à devenir l’ami du caché d’où procède le visible. Ne nous laissons pas fasciner par l'apparence des choses, apprenons à ressentir la présence du vide, wú 無, au sein de toute chose. Au sein d'une roue de char, d'un vase, de la pièce d'une maison... :

 "Trente rayons se joignent en un moyeu unique

Ce vide (wú 無) dans le char en permet l’usage

 D'une motte de glaise on façonne un vase

Ce vide dans le vase en permet l'usage

 On ménage des portes et des fenêtres pour une pièce

Ce vide dans la pièce en permet l'usage.

Le vide est présent en toute chose. En l'homme aussi qui, au profond, à l'intime, a la capacité de le ressentir. Parce qu'il est situé entre Ciel et Terre, qu'il est né de leurs souffles,

"l'Homme, par son esprit, est capable d'acquérir les vertus de la Terre et du Ciel, de communier par le truchement du Vide médian avec le Vide suprême."

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vendredi 25 juillet 2025

Princes et dragons.

 « Nous n’avons aucune raison de nous méfier du monde, car il ne nous est pas contraire. S’il est des frayeurs, ce sont les nôtres ; s’il est des abîmes, ce sont nos abîmes ; s’il est des dangers, nous devons nous efforcer de les aimer. Si nous construisons notre vie sur ce principe qu’il nous faut aller toujours au plus difficile, alors tout ce qui nous paraît encore aujourd’hui étranger nous deviendra familier et fidèle.

Comment oublier ces mythes antiques que l’on trouve au début de l’histoire de tous les peuples ; les mythes de ces dragons qui, à la minute suprême, se changent en princesses ? Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours, qui attendent que nous les secourions.

Aussi, cher Monsieur Kappus, ne devez-vous pas vous effrayer quand une tristesse se lève devant vous, si grande que jamais vous n'en aviez vu de pareille ; si une inquiète agitation, comme la lumière et l'ombre des nuages, parcourt vos mains et tout ce que vous faites. Il vous faut penser alors que quelque chose se passe en vous, que la vie ne vous a pas oublié, qu'elle vous tient dans sa main ; elle ne vous laissera pas tomber.

Pourquoi voudriez-vous exclure de votre vie quelque anxiété, quelque douleur, quelque mélancolie que ce soit, puisque vous ignorez quel est le travail que ces états accomplissent en vous ? Puisque vous savez bien que vous êtes au milieu de transitions, et que vous ne souhaitiez rien tant que de vous transformer .»

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

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jeudi 17 juillet 2025

Position changeante

« Aide-toi, le Ciel t'aidera. » La fortune sourit aux audacieux. « Be bold », disait Swâmiji.

Si vous ne faites pas le premier pas, vous pouvez « exprimer » mille ans en thérapie, il ne se passera rien. La puissance des habitudes est tellement grande que vous serez très déçus au bout de quelque temps : « Finalement, je ne sens pas que je me transforme vraiment, que mon existence change. » Le travail sur l'inconscient peut vous aider à émerger d'un monde d'illusions, à prendre conscience que vous vous mentez à vous-mêmes, que vous réprimez vos vrais désirs, que vous faites semblant de ne pas vouloir ce dont vous avez en fait tellement envie ou qu'au contraire vous vous battez en surface pour quelque chose que vous refusez de toutes vos forces dans la profondeur. Vous commencez alors à comprendre la stupidité de ces agissements qui ne sont pas appropriés et vont même à l'encontre de vos intérêts. De là peut naître la conviction de la nécessité d'un changement d'attitude et d'un comportement actif pour bousculer vos automatismes, votre routine intérieure. Et ce travail, c'est à chacun de l'accomplir en se prenant en main. Votre existence change si votre être change. Mais si vous changez un petit quelque chose dans votre existence, cela vous aide à changer votre être. Les deux sont vrais et se renforcent mutuellement et ce qui vous était presque impossible vous devient aisé, en fonction de ce qu'une lucidité nouvelle vous fait reconnaître comme juste.

Arnaud Desjardins - La Voie et ses pièges

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mercredi 30 avril 2025

Ego et espérance !

Texte de Arnaud Desjardins :


Il faut que vous alliez jusqu’au bout de tout ce qui est contenu dans cette petite phrase de Swâmiji : « Personne ne vit dans le monde, chacun vit dans son monde. » Comprenez l’utilisation de l’adjectif possessif lorsqu’il s’agit de réalités sur lesquelles vous n’avez aucune prétention à la possession. En fait, l’ego n’est jamais neutre, jamais détaché mais toujours impliqué. Il y a toujours un élément de possession, parce que c’est toujours – plus ou moins subtilement – par rapport à vous que vous expérimentez tout. Tout ce que vous approchez de nouveau, tout ce que vous découvrez, vous le découvrez à travers votre ego. Pour la pratique vous pouvez considérer l’ego et le mental comme synonymes.
L’ego vous suit partout. Il est toujours là avec son espérance : Est-ce que je vais gagner quelque chose ? Un bonheur, une joie, une satisfaction qu’il convoite consciemment ou inconsciemment. Et, en même temps, il est toujours, consciemment ou inconsciemment, dans l’appréhension. Il se demande si ce qui l’attend c’est la réussite ou l’échec. Est-ce que j’aurai aujourd’hui de bonnes nouvelles ou de mauvaises nouvelles ? Il n’y a pas de liberté. Il n’y a pas de détente absolue. Il y a vulnérabilité à l’émotion. L’ego ne peut jamais être neutre, il est tout le temps impliqué. Il aime ou il n’aime pas. Et, dans les profondeurs de l’inconscient, il est touché d’une façon ressentie comme agréable ou comme désagréable. Si vous dites : « J’aime le château de Versailles » ou si vous dites : « Je n’aime pas le château de Versailles », dans les deux cas vous témoignez que vous n’avez pas vu le château de Versailles, que vous avez vu votre château de Versailles, sinon ni vous n’aimeriez, ni vous n’aimeriez
pas. Vous diriez simplement : « Le château de Versailles est » – et c’est fini. Mais vous pouvez préciser ses dimensions, le nombre des fenêtres, les caractéristiques du style. Pure statement of facts, simplement l’énoncé de faits.
Si vous allez un peu plus loin dans cette direction, ce qui vous paraissait si simple va vous paraître moins simple et peut-être même inacceptable. « Comment ? Vous me refusez le droit d’aimer le château de Versailles, ou de ne pas aimer Versailles mais préférer Amboise ou Chantilly ? » Je ne vous refuse rien du tout. Je vous montre seulement qu’on vit dans son monde, dans l’ego et dans le mental et qu’il est possible d’échapper à ce monde, à l’ego et au mental. Mais cette libération est exceptionnelle, bien peu d’êtres humains y atteignent, et elle est radicalement différente de toute l’expérience ordinaire. On ne peut pas à la fois changer et rester le même, on ne peut pas à la fois devenir papillon et demeurer chenille, on ne peut pas à la fois conserver toutes les caractéristiques de l’ego et du mental et atteindre les états « supranormaux » ou « supramentaux », quel que soit le nom que vous vouliez leur donner.

Le vedanta et l’inconscient -À la recherche du soi III
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samedi 15 février 2025

Une leçon de vie

 

Une jeune fille se plaignait sans cesse à son père, lui disant que sa vie était trop dure. Elle se sentait épuisée par les épreuves, convaincue qu’à peine un problème résolu, un autre survenait aussitôt.


Un jour, son père, qui était chef cuisinier, l’invita à venir avec lui dans la cuisine. Là, il remplit trois casseroles d’eau et les plaça sur le feu. Dans la première, il mit des carottes, dans la deuxième des œufs, et dans la troisième, des grains de café.

La fille, impatiente, observait sans comprendre ce qu’il faisait. Après environ 20 minutes, son père éteignit le feu. Il sortit les carottes et les mit dans un bol, les œufs dans une assiette, et versa le café dans une tasse. Puis il se tourna vers sa fille et lui demanda :

« Que vois-tu ? »

Toujours confuse, elle répondit : « Des carottes, des œufs et du café. »

Il lui demanda alors de toucher les carottes. Elle constata qu’elles étaient devenues molles. Puis il lui demanda de casser un œuf. Une fois épluché, elle vit qu’il était dur. Enfin, il lui fit goûter le café, dont l’arôme et le goût lui arrachèrent un sourire.

Son père lui expliqua alors :

« Ces trois éléments ont fait face à la même adversité : l’eau bouillante. Mais chacun a réagi différemment. La carotte, forte et rigide au départ, est devenue fragile et molle sous la chaleur. L’œuf, fragile à l’extérieur et tendre à l’intérieur, a durci avec l’adversité. Quant aux grains de café, eux, ils ont transformé l’eau en quelque chose de meilleur. »

Puis, en la regardant dans les yeux, il ajouta :

« Lequel es-tu ? Es-tu comme la carotte, qui semble forte, mais s’effondre face aux difficultés ? Ou comme l’œuf, qui commence avec un cœur tendre mais se referme et durcit après les épreuves ? Ou es-tu comme le grain de café, qui transforme son environnement et trouve une force pour améliorer la situation autour de lui ? »

Enfin, il conclut :

« Lorsque la vie te met à l’épreuve, sois comme le grain de café. Transforme les obstacles en opportunités, et fais en sorte que les difficultés révèlent le meilleur de toi-même. Tout dépend de la manière dont tu choisis de réagir. »

Une belle leçon pour affronter la vie avec courage et résilience.

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source non connue

mercredi 8 janvier 2025

J’ai dû accepter…



Accepter que le temps, cet insaisissable mystère, échappe à ma compréhension, et que l’éternité demeure une énigme pour mon esprit mortel.
J’ai dû accepter que mon corps, fragile enveloppe, n’était pas immortel, qu’il vieillirait,
et qu’un jour, il s’éteindrait doucement.
J’ai dû accepter que nous sommes faits de souvenirs et d’oubli, de vœux inachevés, de bruits et de silences, de murmures éphémères et de nuits étoilées. De petites histoires, tissées dans l’ombre des détails subtils.
J’ai dû comprendre que tout est passager, que rien ne dure éternellement.
Et j’ai dû accepter que ma venue au monde avait un sens, que j’étais là pour donner le meilleur de moi-même, pour semer des traces de lumière avant de m’effacer dans le grand silence.
J’ai dû accepter que mes parents ne seraient pas éternels, que mes enfants, un jour, prendraient leur envol, traçant leur propre chemin loin de moi. Ils ne m’appartenaient pas, comme je l’avais cru un instant.
Leur liberté d’aller, de venir, de choisir, était un droit aussi précieux que ma tendresse pour eux.
J’ai dû accepter que tout ce que je possédais n’était qu’un prêt,
que rien ici-bas ne m’appartenait vraiment. Tout, comme ma propre existence, était éphémère, destiné à être transmis, laissé aux mains d’autres âmes, quand je ne serai plus là.

J’ai dû accepter que balayer mon trottoir chaque matin n’était qu’un doux leurre, un geste pour me convaincre que ce petit coin du monde était mien, alors qu’il ne l’était pas. Ma maison, mon refuge, n’était qu’un toit passager,
un abri qui un jour accueillerait d’autres vies, d’autres histoires.
J’ai dû comprendre que mon attachement aux choses, aux êtres, aux lieux, ne ferait que rendre plus douloureux l’heure de mes adieux. Que les arbres que j’ai plantés, les fleurs que j’ai chéries, les oiseaux que j’ai écoutés chanter, n’étaient que des passants dans ma vie.
Tout comme moi, ils étaient mortels.
J’ai dû accepter mes failles, mes fragilités, ma condition d’être éphémère, voué à disparaître,
tandis que la vie continuerait,
sans moi, comme un fleuve insensible à ma mémoire.
Et j’ai dû accepter qu’un jour,
je serais oublié.
Prenons soin de notre âme,
car elle seule nous appartient.
Silvia Schmitt

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samedi 28 décembre 2024

Méditation et action

 Agir


On oppose souvent la méditation à l'action en caricaturant le méditant comme un égoïste qui préfère s’intéresser à son nombril plutôt qu’aux problèmes du monde. Ce n’est pas toujours faux. J’ai connu des personnes qui prétendaient méditer plusieurs heures par jour et qui semblaient totalement indifférentes aux autres et à la marche du monde. On est loin de l’esprit véritable de la méditation à cœur ouvert, qui consiste justement à nous rendre encore plus attentifs à la totalité de la vie et du réel. 

C’est pourquoi la méditation ne peut que déboucher sur l'action. 

En développant une attention aimante, on est de plus en plus présent à soi-même, aux autres et au monde, et on désire de plus en plus prendre soin de soi, des autres et du monde. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde », disait Gandhi, et c’est justement ce que favorise la pratique de la méditation : en me transformant moi-même, je participe à la transformation du monde. En apprenant à m’accepter comme je suis et à m’aimer, j’apprends à accepter les autres et à mieux les aimer. En portant une attention aimante à ce qui est, je me sens concerné par la totalité du réel, et rien de ce monde ne m’est étranger. « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux », disait Socrate. En rentrant au plus profond de soi, dans le silence de son être, on s’ouvre paradoxalement à la totalité de ce qui est. Et lorsqu’on médite à cœur ouvert, nous sentons grandir en nous un amour universel et inconditionnel qui nous incite à nous engager pour servir le monde et diminuer la souffrance des êtres sensibles. Mes nombreux engagements associatifs, notamment en faveur de l’éducation des enfants et des animaux, qui prennent plus de la moitié de mon temps, s’inscrivent dans le prolongement direct du travail que je mène sur moi depuis longtemps, notamment par l’exercice de la méditation à cœur ouvert.

Et la méditation nous incite non seulement à agir, mais elle nous aide aussi à agir de manière juste. Comme le rappelle encore une fois fort à propos Krishnamurti : « La méditation est cette faculté d’appréhension totale de la globalité de la vie : de là naît l’action juste. » Parce qu’elle développe une vision claire et juste, au-delà de notre saisie égotique, la méditation nous aide à agir de manière juste, appropriée, féconde. C’est la raison pour laquelle, si l’on veut vraiment changer le monde et le rendre plus juste, elle devrait être enseignée aux enfants dès le plus jeune âge.

Plusieurs grands esprits l’ont compris depuis longtemps. William James, un des pères de la psychologie, définissait l’entraînement à l’attention comme l’éducation par excellence, et l’écrivain Arthur Koestler écrivait : « Il ne faut pas craindre d’avoir pour objectif d’enseigner la méditation dans les lycées, non pas pour faire des illuminés, mais pour retrouver notre moitié perdue. »

Extrait de "Méditer à cœur ouvert" de Frédéric Lenoir

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mardi 12 novembre 2024

Entrée dans l'hiver

 

❄️ L’HIVER : MORT ET TRANSFIGURATION

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Ce titre est celui d'un chef-d’œuvre musical formidable : 🎵“Tod und Verklärung” 🎶 de Richard Strauss. Un vaste poème symphonique qui ne laisse personne indifférent.
Je vous recommande son écoute !
Et il sert très bien mon propos du jour. 😊
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🟡 Car ça y est, c’est l’Hiver 冬天 dōng tiān. 🌬
Ou plutôt devrais-je dire : c’est l’entrée dans l’Hiver.
Comme toute chose en ce monde, les saisons obéissent à un rythme immuable :
🔹Commencement
🔹Développement
🔹Apogée
🔹Déclin
🔹Transformation
Et nous voici donc aux portes de l’Hiver, à son commencement.
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🟡 MAIS ALORS POURQUOI PARLER DE MORT ?
Parce que c’est la saison du déclin, du dénuement, c’est la fin d’un cycle commencé 9 mois plus tôt avec le Printemps.
🔹A l’échelle d’une journée, l’Hiver représente la nuit, le sommeil, l’inactivité. 🌃😴
🔹A l’échelle d’une vie, il représente la grande vieillesse et effectivement, la mort. 👴🫧
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C’est d’ailleurs la saison associée
🔹à l’Eau
🔹au Froid
🔹au Nord
🔹au Sombre
🔹à la Peur
C’est la saison du Rein 腎 shèn, qui stocke le Jīng 精.
Et le Jīng 精 qui arrive à son terme entraîne la mort.
Tout pour nous réjouir n’est-ce pas ?
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🟡 À LA FOIS CONCLUSION…
Oui, c’est définitivement la fin des jours longs et lumineux, de la chaleur bienfaisante du soleil haut dans le ciel.
Oui, c’est la fin de beaucoup de choses agréables à l’extérieur.
😞
Nous rentrons définitivement dans le Yīn 陰 de l'année. Et le propre du Yīn 陰 c'est d'être froid, lent, lourd, épais, statique...
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Mais si l’on s’accorde au rythme de cette saison qui est le ralentissement, et à sa configuration qui est la circulation du Qì 氣 dans les profondeurs, alors l’Hiver nous ouvre la voie de l’allègement, de la rêverie, du silence, de l’ascèse.
Est-ce qu'un paysage enneigé n'est pas une merveille à regarder ? 🌨
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Dans les anciennes civilisations, lorsque sortir dans le froid était tout simplement trop dangereux, c’était alors le temps des longues veillées autour du feu 🔥, avec mille contes, légendes et histoires pour modeler la psyché, développer l'imagination et donner une cohésion au groupe. C’était aussi le temps du développement d’un talent manuel ou spirituel.
Cela reste d’actualité pour nous !
L’Hiver nous invite non seulement au ralentissement mais aussi à l’introspection.
C’est la saison parfaite pour la méditation !! 🧘‍♀️
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🟡 … ET PRÉPARATION
C’est tout le paradoxe de cette saison, trop largement et injustement détestée.
L’Hiver marque à la fois une fin et un début. C’est logique puisque tout est cyclique ! 💫
Cette saison fondamentalement calme permet la régénération, pose les prémices du réveil.
N’oubliez pas que dans 3 mois le Yáng 陽 va surgir des profondeurs pour à nouveau se déployer vers la surface et l’extérieur. 🌴
Ce mouvement aura la force et la vigueur du Bois. Si vous n’avez pas suivi le repos prescrit par l’Hiver-médecin, alors vous serez complètement à plat ! 🥴
Comme le sommeil et le repos permettent d’être d’attaque en journée, l’Hiver permet de répondre présent au Printemps.
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🟡 ET LA TRANSFIGURATION DANS TOUT ÇA ?
Et bien poussons la métaphore et voyons l’Hiver 冬天 dōng tiān comme un rite de passage.
Lorsqu’on réussit :
🔹à résister au Froid
🔹à aimer le Nord
🔹à traverser l’Eau
🔹à affronter sa Peur
🔹à regarder son Obscurité
🔹à ne plus craindre la Mort
Bref lorsqu’on réussit à “passer l’Hiver”, on est nécessairement transfiguré !
Dans trois mois, vous serez de nouvelles personnes ! 😉
Est-ce que ce n’est pas une belle raison de se réjouir et d’accueillir cette saison le Cœur ouvert ?

Alice Korovitch

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