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lundi 9 mars 2026

Hauteville sur la route spirituelle

 A la rencontre de Hauteville :  l'Adhyatma Yoga tel que transmis à Hauteville par Véronique Desjardins, Thierry Martin et Emmanuel Desjardins.


Voir la vidéo

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lundi 5 février 2024

Conférence d’Emmanuel Desjardins

 

Conférence d’Emmanuel Desjardins retransmise en direct

Je signale la prochaine conférence publique d’Emmanuel Desjardins, responsable du centre spirituel d’Hauteville fondé par Arnaud Desjardins,
Vendredi 9 Février 2024 à 20h sur le thème « La vie quotidienne comme chemin spirituel ».
Elle aura lieu au Centre culturel Bouddhiste de Rennes mais sera retransmise en direct en visio par Zoom.
Voici le lien pour s’inscrire <https://www.helloasso.com/.../conference-rennes-emmanuel...>

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mardi 26 décembre 2023

Une lignée vivante

 Première partie qui aborde la lignée vivante de swami Prajnanpad.

On y retrouve les personnes qui ont accompagné Arnaud Desjardins...


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mardi 30 mai 2023

La voie de la vie quotidienne

Emmanuel Desjardins nous donne rendez-vous le samedi 10 juin 2023 
pour un atelier à Bruxelles.

 

Concilier vie quotidienne et voie spirituelle selon les enseignements de Swâmi PRAJNÂNPAD et Arnaud DESJARDINS

La Voie de la vie quotidienne.

Les promesses de la Voie sont très attirantes : l'amour, la joie, la paix, la détente, etc. Mais notre existence est souvent faite d'émotions contrastées, de désirs et de peurs, de succès et d'échecs et d'une confiance en soi fluctuante. Comment utiliser ce champ d'expérience comme la matière première d'une véritable guérison spirituelle ?

La Voie de la vie quotidienne, c'est l'art d'utiliser notre existence telle qu'elle est pour se connaître et se transformer.

Là est la spécificité de l'enseignement de Swâmi PRAJNÂNPAD et d'Arnaud DESJARDINS dont Emmanuel DESJARDINS proposera un approfondissement durant cette journée.

L'approche ne sera pas théorique. Il s'agit de partir de l'implication des personnes présentes, avec des exemples concrets et des situations vécues, pour voir comment un chemin spirituel, réaliste et vivant, peut s'incarner dans notre quotidien.

Le but de cette journée est autant d'apporter une aide précise et concrète par rapport aux difficultés éventuelles que nous pouvons rencontrer jour après jour que de relier ces difficultés à une perspective spirituelle vaste, profonde et illimitée.

Qui est Emmanuel DESJARDINS ?

Emmanuel DESJARDINS est né en 1964. Après des études de sciences politiques et de sociologie, il commence à travailler dans le milieu de la culture à Paris. Depuis 1995, il travaille dans le centre spirituel Hauteville, fondé par Arnaud DESJARDINS, dont il assume aujourd'hui la direction.


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dimanche 5 mars 2023

Se laisser malaxer le cœur


La plupart d’entre nous évoluons dans un contexte généralisé de maltraitance du ressenti. Nos parents, notre éducation, la société, tout nous pousse à la répression. Cela va des injonctions les plus grossières (« Un homme, ça ne pleure pas ! ») jusqu’aux plus subtiles (« Après des années de thérapies et de pratique, je ne devrais pas être si fragile ! »). Alors, il ne faut pas ressentir, ou le moins longtemps possible, et surtout que cela ne se voie pas. Qui plus est, l’enfance nous a confrontés à des situations si douloureuses que nous n’avons pas pu les ressentir complètement, nous avons donc dû nous fermer, nous « blinder » pour survivre. 

La capacité de se laisser malaxer le cœur par la succession des épreuves et des succès, des joies et des peines, est une des clés de la progression spirituelle. La sensibilité, c’est le contraire de l’anesthésie, de l’endurcissement, de la rationalisation et du déni. Se laisser briser le cœur va mettre à bas tout notre monde artificiel et pathétique fait d’espoirs et de craintes, d’illusions, d’orgueil, de prétentions, de faux-semblants, d’opinions ; c’est ce qui va arracher tous nos masques et mettre à néant nos stratégies illusoires pour éviter la confrontation directe et vivifiante à la réalité. 

Emmanuel Desjardins 

Vivre – La guérison spirituelle selon Swami Prajnanpad. Le Relié

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jeudi 2 juin 2022

Se préparer à des temps difficiles

 


Je crois que nous avons tous plus ou moins l’impression que nous allons vers des temps difficiles et que nous allons devoir vivre désormais dans un monde troublé, que nous serons menacés dans notre confort, notre mode de vie, notre sécurité, notre liberté, notre environnement, sans trop savoir – puisque l’avenir est par définition inconnu – ce qui nous attend vraiment.

Ecouter le podcast audio d'Emmanuel Desjardins


source : Site prendre soin du monde

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mercredi 13 avril 2022

Rencontre avec Emmanuel Desjardins (2)



MK : Comment se porte la spiritualité dans notre siècle ? Pensez-vous avec Malraux que « Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas », comme il le disait en 1972 ?

ED : La spiritualité se porte à la fois bien et mal. A l’époque où mon père s’est intéressé à ce sujet, la spiritualité était presque éteinte en Occident. On le prenait pour un demi fou dans sa propre famille. Par ailleurs, dans les années 80, lorsque j’étais à Sciences-Po, la spiritualité, comme l’écologie d’ailleurs, n’était pas du tout prise en compte. A cette époque, quand les médias parlaient de spiritualité, tout était confondu : le problème des sectes, la superstition, la religion, l’ésotérisme. Ce n’était pas clair. Aujourd’hui, les temps ont beaucoup changé. La spiritualité est devenue visible et légitime et suscite une abondante littérature, avec d’énormes succès de librairies. Dans les années 60, les gens qui voulaient changer le monde, qui se disaient « révolutionnaires », étaient absolument contre toute forme de spiritualité. Sans doute du fait des traces laissées par le matérialisme historique de Marx. Aujourd’hui, la spiritualité apparaît comme faisant partie des forces de guérison du monde. Les gens qui veulent faire bouger les choses et lutter contre la folle fuite en avant du monde actuel, associent la dimension spirituelle à la dimension écologique, sociale et humanitaire. Il est donc difficile d’avoir une représentation homogène de la spiritualité contemporaine car, oui, d’un côté, tout le monde s’y intéresse, mais de l’autre, on peut relever une part de dévoiement par effet de mode. La spiritualité actuelle émerge dans une société matérialiste, obsédée par la consommation et le divertissement et il y a forcément un appauvrissement. Cela dit, même une spiritualité authentique peut donner naissance à des formes plus ou moins dénaturées. Au Moyen Age, la foi, la religion, la spiritualité étaient très présentes mais avec en parallèle un degré très élevé d’intolérance, d’inquisition, de guerres de religion… De nos jours, il y a un risque de superficialité.

Donc que sera le 21ème siècle ? Sans doute beaucoup de choses à la fois. Il sera probablement spirituel et très douloureux. Mais lorsqu’elle est vécue consciemment, la souffrance nous ouvre les portes de notre propre profondeur.

MK : La spiritualité deviendrait-elle un super instrument de la société de consommation ?

ED : Oui ce risque existe en effet. Un maître tibétain, Chogyam Trüngpa, parlait même de « matérialisme spirituel », la récupération de la spiritualité pour le renforcement de l’ego. Mais par ailleurs il y a une forte recherche de sens. A Hauteville, le centre où je travaille, j’ose croire que nous faisons un travail sérieux et je constate que les personnes qui frappent à notre porte ont une vraie demande. Et nous ne sommes pas les seuls, évidemment. Les propositions foisonnent : il y a les mouvements spirituels authentiques, mais il existe aussi beaucoup de contrefaçons, des manifestations superficielles et d’autres carrément toxiques. C’est pour cela que tout repose sur le discernement de celui qui se met en recherche. Sans cela, le risque est grand de tomber sur des sectes ou autres impostures. Mais, aujourd’hui, dans l’ensemble, des enseignements de qualité existent. Et l’homme étant différent partout dans le monde, il ne peut y avoir une seule réponse. Chacun doit trouver celle qui correspond à sa quête profonde.

MK : La démultiplication de « l’offre de spiritualité » n’est-elle pas le signe d’une recherche élargie d’une « voie de guérison »?

ED : C’est certain. On a exploré de multiples voies, depuis le début du 19ème siècle. A cette époque, le progrès technique apparaît (la médecine, l’industrie, la technique…) comme la solution qui sortira l’humanité de la pauvreté, de l’insalubrité, de la famine, de la maladie et de la misère. Et pendant deux cents ans, cette dynamique génère un formidable espoir : on a trouvé la réponse à toutes les difficultés de la condition humaine. La perspective d’un monde meilleur était crédible et il semblait que c’était dans cette direction qu’il fallait chercher le sens et le bonheur. Mais il y a eu beaucoup de désillusions et d’espoirs déçus. Aujourd’hui, il est difficile de croire que le monde de demain sera meilleur et que, dans les années 2030, 2040, cela ira beaucoup mieux. C’est parce qu’on ne croit plus que le Progrès peut faire le bonheur de l’humanité que la spiritualité revient sur le devant de la scène. La question fondamentale qui reste donc posée est celle de savoir comment faire face et réduire l’étendue de la souffrance sur terre, qui reste immense. Car il y a toujours des tragédies, des guerres, des injustices, de la misère. On se dit alors que ce n’est pas seulement le monde qui doit changer mais aussi chacun de nous individuellement et qu’il nous faut apprendre à être heureux et en paix dans le monde tel qu’il est.


MK : Comment analysez-vous la crise que l’on traverse actuellement ?

ED : La crise actuelle révèle la fragilité d’un organisme malade dont les symptômes s’amplifient chaque jour. Si l’on se penche sur la littérature scientifique de ces dernières années, plusieurs experts annonçaient déjà le risque de la propagation de maladies contagieuses et de pandémies, notamment comme conséquence du réchauffement climatique. La crise d’aujourd’hui n’est donc pas totalement une surprise. Elle est le fruit d’un grand dérèglement. Un autre symptôme est la multiplications des dérives extrémistes de certains pays (Mexique, Brésil, Turquie…) et l’arrivée au pouvoir de candidats populistes en Europe ou aux États-Unis. La situation au Moyen-Orient n’est pas plus rassurante. Comment en est-on arrivé là ? Beaucoup de choses sont liées entre elles : la perte du lien spirituel mais aussi la toute-puissance, la coupure d’avec la nature, le fait de considérer le vivant comme un objet dont on peut faire ce que l’on veut, la fixation sur la croissance économique, l’urbanisation massive.

Nous arriverons sans doute à vaincre l’épidémie de coronavirus. Mais que sera l’après-pandémie ? L’union nationale a fonctionné, les sacrifices et le confinement ont été acceptés. Mais quand l’épidémie sera derrière nous l’heure des comptes et de la critique sonnera inévitablement. Il y avait déjà en France un front anti-gouvernement très fort et qui continue de couver. Va-t-on vraiment goûter durablement à la solidarité, au ralentissement imposé par cette pandémie ? Quel impact durable cela aura-t-il d’avoir constaté que la pollution avait diminué, qu’on entendait le chant des oiseaux, que l’eau des canaux de Venise redevenait claire ? Prendra-t-on vraiment conscience de la question du réchauffement climatique et des 50 millions de réfugiés qui en souffrent dans le monde. Quel sera l’avenir pour la jeune génération ? Ce que l’on partage aujourd’hui c’est surtout l’incertitude. Une crise, c’est toujours un mélange de forces très puissantes de destruction et de guérison qui créent une dynamique conduisant vers l’inconnu.

MK : Notre société peut-elle toujours fabriquer des vivants heureux ?

ED : C’est un grand mystère. Les gens heureux et ceux qui sont malheureux existent depuis toujours. Il y a deux mille cinq cents ans, le Bouddha disait déjà que « tout est souffrance ». De nos jours, très nombreux sont encore les gens très malheureux. Il y a beaucoup de misère de toutes sortes, matérielle ou affective. Ce qui fait qu’une société fabrique des gens heureux reste une question entière. Et d’ailleurs, est-ce le rôle de la société de « fabriquer » des gens heureux ? Est-ce en son pouvoir ? C’est aussi une responsabilité individuelle. C’est à chacun d’avoir le courage et l’honnêteté nécessaires pour cheminer vers la véritable joie.

MK : Quel sens a pour vous aujourd’hui « l’audace de vivre » dont parlait Arnaud Desjardins ?

ED : Swâmi Prajnânpad disait « soyez audacieux », Arnaud Desjardins parlait, lui, de « l’audace de vivre ». Plus que jamais cela me semble d’actualité. On associe facilement la spiritualité à une vie calme et retirée, à l’écart de l’agitation du monde, « Vivons heureux, vivons cachés » disait Épicure. La spiritualité peut aussi consister à prendre la vie à bras le corps, à assumer tous les aspects de la condition humaine (la joie, l’amour, la créativité, la peur, le désir). Plus le monde est agité et incertain, plus prendre la vie à bras le corps peut paraître difficile, et pourtant c’est nécessaire. « Accepter la vie dans ses aspects contrastés, sans jugement, c’est découvrir l’unité et la béatitude » disait Sawami Prajnânpad.[1] Pour lui, la connaissance vient après que l’on ait fait tout ce que l’on a pu pour agir, en connaissant la peine et le plaisir. « Assumer à 100% la condition humaine finie révèle l’infini qui la sous tend »[2]. Donc, oui, il faut vivre à fond. De la naissance à la mort, nous connaissons des succès et des échecs, nous traversons tous de grandes joies et de grandes souffrances. Vivre pleinement, c’est donc être assez grand pour arriver à embrasser la vie dans tous ses aspects. Les possibilités sont immenses. Aura t-on le cœur assez grand pour toute cette immensité ?

Emmanuel Desjardins est né en 1964. Après des études de sciences politiques et de sociologie, il commence à travailler dans le milieu de la culture à Paris. Depuis 1995, il travaille dans le centre spirituel d’Hauteville, fondé par Arnaud Desjardins, dont il assure aujourd’hui la direction. Il a publié  : « Prendre soin du monde », « Spiritualité, de quoi s’agit-il ? », et récemment « Vivre, La Guérison spirituelle selon Swâmi Prajnânpad. »

[1] Vivre, La Guérison spirituelle selon Swâmi Prajnânpad- Emmanuel Desjardins-Ed. du Relié 2019

[2] Ibid

Source : Rebelle(s)

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mardi 12 avril 2022

Rencontre avec Emmanuel Desjardins (1)

 Source : Rebelle(s)

S’intéresser au sacré et à la spiritualité aujourd’hui n’est-ce pas tenter de penser le hors-sujet d’un monde au nihilisme triomphant et interroger notre « modernité nécrophile » ? C’est avec Emmanuel Desjardins, fils d’Arnaud Desjardins, auteur et directeur du Centre spirituel d’Hauteville, que nous réfléchirons au sens possible du sacré et de la spiritualité à notre époque. Une manière de se demander, comme disait Swâmi Prajnânpad : « Est-ce que vous voulez être sage ou avoir l’air sage ? »


Martine Konorski : Qu’est-ce que le sacré pour vous aujourd’hui ?

Emmanuel Desjardins : La question consiste à savoir si la notion de sacré vient de l’intérieur ou de l’extérieur de l’être humain. Dans la culture occidentale le sacré vient plutôt de l’extérieur, symbolisé par la présence de Dieu, à travers une église, une cérémonie religieuse… L’humain est ainsi considéré comme petit face à la dimension sacrée. Dans l’approche spirituelle orientale, le sacré provient de l’intérieur de l’homme, de son essence propre, de sa nature profonde. Il y a l’homme tel qu’on le voit de prime abord, avec toutes ses contradictions, sa complexité, ses peurs, ses espoirs, ses souffrances, sa finitude et, à un niveau plus profond, la dimension spirituelle dont il est plus ou moins coupé. Pour le sage hindou Swâmi Prajnânpad, il s’agit d’assumer, d’intégrer et de transcender tous les aspects de la condition humaine. Et c’est cela qui permet d’accéder à cet espace intime et profond où l’on peut expérimenter l’infini de l’amour, de la paix, de la joie intérieure, de la confiance qui relèvent du sacré. Réaliser l’unité fondamentale de la réalité, être un avec l’univers en toutes circonstances est le but de toute spiritualité et témoigne de la possibilité d’une vie libre, heureuse, paisible. La réalité n’est pas divisée entre ce qui est moi et ce qui est autre. Tout est moi, tout est Un. L’acceptation c’est l’unité. C’est se libérer de la dualité. Comme Jimmy Hendricks était un avec sa guitare, sans aucune séparation. Etre un, c’est épouser le mouvement de la vie, c’est ne pas rester à l’écart, c’est jouer avec l’immensité. Toutes les voies spirituelles parlent de l’effacement de l’ego.  Est sacré donc ce qui fait vibrer cette part enfouie au plus profond de l’être.

MK : Pouvez-vous préciser quelles sont les différences fondamentales entre les approches du monde occidental et celles du monde oriental ?

ED : Globalement, si on caricature un peu – car il existe bien sûr des positions plus nuancées –  la tradition chrétienne et occidentale a plutôt placé Dieu à l’extérieur de l’homme, dans les cieux, l’être humain étant considéré comme pêcheur et même parfois misérable face à un Dieu sauveur. La spiritualité orientale considère la nature humaine comme fondamentalement bonne et nous invite à trouver Dieu ou l’infini à l’intérieur de nous. L’éveil dont parle le bouddhisme (Bouddha signifie « l’Eveillé ») est donc la réalisation, la découverte de cette part de Dieu en nous, de l’absolu en nous. Comme il est dit dans l’Annapurna Upanishad, un des textes sacrés de l’Inde : « Sois toujours cela, cette essence immuable et sereine ». Le grand maître hindou Ramana Maharshi invitait ses élèves à répondre à cette question : « Qui suis-je ?», autrement dit, qui suis-je vraiment, au-delà des apparences ? Ce qui nous amène à réaliser qu’à un niveau plus profond, notre nature essentielle est fondamentalement spirituelle, divine. Chez les Orientaux, le problème de la condition humaine n’est pas la faute ou le péché, mais l’ignorance. Cela rejoint d’une certaine manière la philosophie antique, et notamment la conception grecque amenée par Socrate et Platon sur l’ignorance de l’homme. On trouve un écho à cette conception dans ces paroles de Jésus issues des évangiles : « Père, pardonne leur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Comme l’être humain ignore sa vraie nature et ne se connaît pas lui-même, il se débat dans sa souffrance, se trompe, bref, s’y prend mal et du coup augmente sa propre souffrance et celle des autres. Mais il n’est pas fondamentalement mauvais.

MK : Aujourd’hui, le rapport au sacré est-il différent que dans les décennies passées ?

ED : Aujourd’hui, des générations d’esprits critiques sont passées par là et le désabusement est général. Pour que le sacré et le spirituel existent, il faut qu’ils puissent faire résonner quelque chose en nous, qu’ils parlent à la fois à notre cœur et à notre intelligence. L’homme occidental, même très ouvert au spirituel, ne prend plus rien pour argent comptant, il n’y a plus d’arguments d’autorité qui puissent tenir et c’est tant mieux car la spiritualité n’est pas affaire de croyance mais d’expérience. Par exemple, lors d’un voyage au Japon, j’ai visité un petit temple au nord de Kyoto et, face à la beauté du jardin qui entourait ce temple, j’ai été frappé, profondément touché par la dimension sacrée qui s’en dégageait. C’était une évidence pour moi.

 MK : Y a-t-il des facteurs qui favorisent la spiritualité ?

ED : Une culture très forte du sacré, que l’on a pu rencontrer dans le christianisme au Moyen Age ou la culture tibétaine d’avant l’invasion chinoise, peut favoriser la dimension sacrée. A l’inverse, paradoxalement, une société complètement désacralisée et ultra-matérialiste comme la nôtre peut aussi offrir un contexte favorable, par le manque qu’elle fait ressentir. Je peux prendre l’exemple surprenant de la Nouvelle Calédonie où je suis me suis rendu plusieurs fois pour effectuer des séminaires. C’est un petit territoire où il y a beaucoup d’argent. Il y règne un matérialisme effréné. Mais dans le même temps, la demande de spiritualité est très très forte. Mon père, Arnaud Desjardins, disait qu’il existait deux profils d’hommes intéressés par la spiritualité : ceux qui n’ont rien, qui sont malheureux et dont l’existence ne répond pas à leurs attentes. La spiritualité est alors une façon de trouver du sens ailleurs que dans le divertissement ou la drogue. Et ceux qui ont tout ce dont ils rêvent, tout pour être heureux, mais qui constatent que c’est insuffisant. Et puis, paradoxalement, beaucoup d’expériences spirituelles peuvent se produire pendant les périodes très difficiles, les guerres, les crises… Ainsi, des contextes très différents, spirituel, hyper-matérialiste ou tragique peuvent tout aussi bien favoriser la recherche spirituelle.

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mercredi 19 février 2020

Conférence d'Emmanuel Desjardins à Lille


Emmanuel Desjardins est né en 1964. Après des études de sciences politiques et de sociologie, il commence à travailler dans le milieu de la culture à Paris. Depuis 1995, il travaille dans le centre spirituel Hauteville, fondé par Arnaud Desjardins, dont il assume aujourd'hui la direction.
Il a publié trois livres : Prendre soin du monde, Spiritualité, de quoi s'agit-il ? et récemment VIVRE, La Guérison spirituelle selon Swâmi Prajnânpad.


Qu'est-ce que la spiritualité ? La voie ? La sagesse ?

Comment réconcilier la vie quotidienne avec la perspective spirituelle ? Comment faire de son existence telle qu'elle est un chemin de découverte de soi ?

Emmanuel Desjardins montre comment l'enseignement de Swâmi Prajnânpad et d'Arnaud Desjardins répond à ces questions de façon convaincante et originale. Cette approche, très pratique, très concrète, parfaitement adaptée à notre époque, repose essentiellement sur l'amour de la Vie et une grande tendresse pour la condition humaine.

Notre quotidien est souvent fait d'émotions contrastées, de contrariétés, de succès et d'échecs, de dévalorisation de soi.

Vivre pleinement, se sentir 100 % vivant, embrasser tous les aspects de la vie, aimer les êtres humains tels qu'ils sont, telle est l’essence de la spiritualité pour Swâmi Prajnânpad (1891-1974) connu en France grâce aux ouvrages d’Arnaud Desjardins et de Daniel Roumanoff.

Son enseignement est une puissante invitation à être fidèle à soi-même, à transformer nos faiblesses et les difficultés de notre existence en points d’appui pour devenir plus libres et plus heureux.




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mercredi 5 février 2020

Non vérité...

Extrait partagé par Gilles Farcet


Beaucoup de passages précieux dans le livre d'Emmanuel Desjardins consacré à Swâmi Prajnânpad , qu'il s'agisse de citations de Swâmiji ou d'éclairages d'Emmanuel. Un passage parmi bien d'autres, proposé pour la nourriture de chacun : il part de l'expression de Swâmiji selon laquelle le chercheur spirituel n'est pas un "chercheur de vérité" mais un chercheur de non vérité :

"Pour être un chercheur de non - vérité, il faut déjà se libérer du désir d'avoir raison ainsi que de la soif de pouvoir que pourrait donner "la possession de la vérité" : "Celui qui ne se voit pas lui-même n'arrête pas de parler des autres. Il passe son temps à repérer et à mépriser en autrui des fautes et des faiblesses qui sont en fait camouflées et refoulées en lui-même. ... " (Swâmiji)... 
Le chemin pour voir est une succession de remises en causes et de prises de conscience : là je me suis trompé; là je suis encore tombé dans ce piège ; là je me suis encore fait prendre par l'apparence ; là j'ai encore généralisé ; là j'ai encore affirmé avec certitude alors qu'au fond je n'en suis pas si sûr... Et à chaque fois, on peut se demander pourquoi ? Par précipitation, par mépris, par arrogance, par besoin de convaincre, pour séduire, pour obtenir je ne sais quel gain? Pour découvrir la vérité, il faut débusquer le mensonge."

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vendredi 31 janvier 2020

La pratique spirituelle



Le café théo inter-tradition reçoit Emmanuel Desjardins qui assure depuis 2014, la direction spirituelle du Centre de Hauteville fondé par son père Arnaud Desjardins.

Ecouter l'interview
(source RCF janvier 2020)


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mercredi 8 janvier 2020

Note de lecture par Gilles Farcet

    Je termine la lecture de ce livre. J'adhère à ce qu'écrit Gilles Farcet. Cet ouvrage nous entraîne sur les pas de Swami Prajnandad et nous décrit la beauté de son chemin qui s'inscrit dans le monde. Suivre sa trace, comme l'a montré Arnaud Desjardins et comme le montre Emmanuel, permet de changer profondément notre marche dans cette existence.


VIVRE, la Guérison Spirituelle selon Swâmi Prajnanpad, 
d'Emmanuel Desjardins
J’avoue avoir entamé le livre d’Emmanuel avec un questionnement : pourquoi un livre « de plus » sur Swâmi Prajnânpad , sa vie et son enseignement , en particulier pour des lecteurs assidus des publications menées à bien par Daniel Roumanoff …

Et dès les premières pages, j’ai été heureux de constater que non seulement le livre captait mon intérêt mais s’annonçait comme précieux, impression qui n’a fait que se confirmer au fur et à mesure de l’avancement de ma lecture.
Passionné par Swâmi Prajnânpad, ayant , je crois, tout lu (où à peu près) des publications parues sous son nom ou à son sujet grâce à l’inestimable travail de Daniel Roumanoff (lettres, entretien transcrits, biographie, témoignages de Srinivasan, Sumangal Prakash …), je n’ai rien appris en termes d’information sur la vie de Swâmiji ou sur son enseignement à la lecture du livre d’Emmanuel qui puise ses sources dans cette abondante bibliographie.
Pourtant, cette lecture m’a captivé et nourri et je la recommande vivement à toutes celles et tous ceux que cette voie interpelle. Je me propose de dire pourquoi à l’occasion de cette recension :
Le grand intérêt de ce livre, outre son sujet en lui même, tient aux qualités de son auteur :
Tout d’abord, le style d’Emmanuel est clair, fluide, concis, d’une lecture plus agréable et abordable que celle des livres de Roumanoff (ce qui n’enlève rien à leur intérêt et à leur immense apport)
Plus abordable et agréable aussi que celle des entretiens retranscrits de Swâmiji, lesquels, si passionnants qu’ils soient pour les pratiquants de cette approche, restent des transcriptions de dialogues, traduits de l’anglais, avec toutes les lourdeurs, répétitions et défauts intrinsèques à une parole retranscrite telle quelle.
La fluidité de l’écriture reflète le grand talent de pédagogue d’Emmanuel. Comme son père (je pense notamment aux trois volumes des Chemins de la Sagesse ou Arnaud donnait un époustouflant résumé de l’enseignement de Swâmiji recueilli à travers ses entretiens avec lui) Emmanuel a l’art de la synthèse. Si bien qu’il réussit une forme d’exploit : donner au lecteur , sous une forme à la fois abordable et fine, sans aucune simplification dans le mauvais sens du terme, un condensé , d’abord de la vie et de la personne de Swâmiji, puis surtout de tous les aspects fondamentaux de ce qu’on peut appeler son enseignement, citations et références à l’appui. Si j’osais une formule, je dirais que ce livre, c’est le Swâmi Prajnânpad sans peine mais en aucun cas au rabais. L’auteur a pour ainsi dire fait le travail pour nous. Avec une grande rigueur intellectuelle et un sens aigu de ce que j’appellerais l’orchestration des concepts, il nous déroule un exposé magistral mais jamais ennuyeux de la perspective spirituelle propre à Swâmi Prajnânpad. Swâmiji, à mon sens, était un génie dans son domaine, si on considère qu’un génie est quelqu’un qui renouvelle sa discipline, la pousse un cran plus loin tout en s’appuyant sur une tradition. La virtuosité pédagogique d’Emmanuel rend le génie de Swâmiji très accessible. Tout est limpide, articulé et ainsi d’autant plus puissant. De fait, si je devais ne recommander qu’un seul livre à un lecteur désireux de se familiariser avec la perspective de Swâmiji, ce serait celui là.
Par ailleurs, si l’auteur a vraiment su se mettre au service de son sujet et donc s’effacer , il n’en apparait pas moins ici et là de manière très juste et pertinente, au travers d’une image de son cru, d’une clarification d’un point délicat, voire d’un trait d’humour bienvenu.
Car, et c’est aussi ce qui fait la qualité de ce livre, Emmanuel est imprégné de son sujet. Ainsi qu’il le rappelle lui même dans les premières pages, Swâmi Prajnânpad a fait partie de sa vie depuis sa naissance. Il ne l’aborde donc pas seulement avec les qualités et compétences d’un universitaire apte à brillamment restituer un enseignement sur la base de sources bibliographiques et d’une affinité intellectuelle ou philosophique. Ce livre est d’un bout à l’autre porteur et véhicule de ce « quelque chose en plus » qui vient de ce que l’auteur a fait de cet enseignement un sujet non seulement d’étude mais de pratique personnelle. A ce titre, l’ouvrage d’Emmanuel transmet cet élément vivant et sensible que seul peut conférer une résonance intime, une compréhension pour ainsi dire « sur le terrain »
Un mot du titre qui me semble particulièrement approprié :
L’enseignement de Swamiji consiste en effet à vivre : vivre le plus consciemment, le plus pleinement possible. Il ne s’agit pas de chercher à éviter l’existence et ses aléas où à s’en extraire « par le haut » mais à jouer le jeu de la vie en beau joueur, en jour lucide, audacieux et digne. Seule le fait de vivre ainsi guérit. C’est bien là le « message » de Swâmiji , « message » que ce livre parvient à rendre admirablement.
Je redirai donc pour terminer que, si ce livre ne m’a rien « appris » au sens linéaire du terme, il m’a profondément nourri et n’a fait que renforcer mon émerveillement face au génie spirituel de Swâmiji. Je recommande et recommanderai sans réserve sa lecture, avec gratitude envers son auteur pour ce si utile cadeau.

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mardi 22 octobre 2019

Un nouveau livre guérisseur...

(Sur le père de Yogeshvar)

Une autre anecdote illustre bien les valeurs que voulait lui transmettre son père. Un jour, ce dernier lui demande: « Suppose que le village prenne feu et que le feu s’étende à ta maison et jusqu'à la maison de ton voisin, que ferais-tu ? N'essaierais-tu pas d'éteindre le feu ?
- Oh ! Oui, bien sûr... J'irais voir les autres et je leur dirais que notre maison est en train de prendre feu et je leur demanderais de l'eau pour éteindre l'incendie. »

Et son père de se lancer dans une longue explication sur le bénéfice qu'on peut retirer à venir d'abord en aide aux autres :

« Oui, effectivement, tu demanderais aux autres de t'aider à porter de l'eau pour éteindre le feu de ta maison. Mais suppose que, n'ayant pas d'eau pour éteindre le feu de ta maison, tu ailles voir ton voisin et que celui-ci t'explique que, justement, il ne peut pas t'aider parce que sa maison aussi est en feu. Tu trouverais qu'il a raison. Comment pourrait-il laisser sa propre maison brûler pour aller s’occuper de celle de son voisin ? C'est certainement un argument valable. Mais suppose que tu aides ton voisin, que diraient les autres ? « Oh ! Oh ! Il a laissé sa propre maison pour nous venir en aide. Nous aussi allons-y allons l'aider à éteindre le feu dans sa maison." En agissant ainsi, tu rendras les autres personnes désireuses de venir t'aider à éteindre le feu dans ta maison. Mais si tu t'occupes seulement de ta propre maison, les autres diront « Oh ! Oh ! Il ne s'occupe que de sa maison, laissons-le se débrouiller tout seul." Et personne ne viendra t'aider alors que tu es dans le besoin.

Quelle attitude convient-il d'avoir alors ? Ne rechercher son propre intérêt, mais prendre soin de l'intérêt des autres.

Cette anecdote montre que faire passer l'intérêt des autres avant le sien est une évidence pour le père de Yogeshvar, il n’y a pas d'autres options envisageables. Et il est intéressant de remarquer comment il le justifie. Dans cette anecdote, l'amour du prochain n’émane pas d'une morale évoquant des notions abstraites de devoir, de culpabilité, de sacrifice : « il faut » ou « je devrais » (être moins égoïste, faire passer les autres avant moi-même...). Le père de Swâmi Prajnânpad aborde les choses sous l'angle de la connaissance, en termes de cause et d'effet : si tu te comportes de telle façon, voici ce qu'il se passera; et si tu te comportes d'une autre façon, voilà ce qu'il se passera. L'amour des autres est le moyen d'instaurer des règles d'échange et de réciprocité dont tout le monde bénéficie: prendre soin des autres, c'est donc prendre soin de soi Le non égoisme n'est pas seulement une attitude moralement bonne en soi, c'est aussi une façon plus intelligente de vivre. Si tu es toi-même aimant, tu seras plus aimé et plus heureux.


Vivre 
La guérison spirituelle selon swami Prajnanpad 
Emmanuel Desjardins

mercredi 24 septembre 2014

Venue à Paris d'Emmanuel Desjardins

«Emmanuel Desjardins, le fils de Arnaud et Denise, faisant partie de l’équipe en charge de Hauteville le lieu créé par Arnaud Desjardins, sera de nouveau parmi nous à Paris le samedi 04 Octobre 2014, au Studio Atlas. La dernière fois a été une franche réussite. Je le connais depuis pas mal de temps maintenant et comment le décrirais-je ? Un homme plein d’humour (l’auto-dérision il connait), authentique, chaleureux, sensible.

Il a la capacité de faire passer sa vision de l’enseignement et de la vie, avec tact, utilisant sa propre expérience et ses moments avec Arnaud. Il prend son temps avec chacun.

Voilà comment la journée va se dérouler:

Samedi toute la journée donc, 10h-12h30 et 14h30-18h. (entre deux une pause déjeuner et il y a plein de restaurants dans le coin). Adresse: Studio Atlas - 11 rue de l’Atlas 75019 Paris. 
Participation libre financièrement des personnes, selon les instructions données par Arnaud aux membres de l’équipe en charge de Hauteville.

J’invite les personnes intéressées à se faire connaître le plus tôt possible. Encore une fois, Emmanuel prendra son temps pour répondre d’où la journée entière prévue.»

Pascal Caro


vendredi 25 octobre 2013

Ressentir avec Emmanuel Desjardins


Être vivant, c'est d'abord avoir un cœur vivant, un cœur capable de ressentir pleinement, avec fluidité, comme celui d'un enfant. Avant d'aspirer au cœur équanime du sage, à l'ataraxie, l'absence de trouble, cherchons déjà à avoir un cœur vivant. La plupart des écoles de psychothérapie définissent quatre ressentis de base : la peur, la tristesse, la joie, la colère. Sommes-nous capables de les ressentir tous les quatre ?Y a-t-il un interdit sur l'un d'entre eux ? Un interdit sur la colère, par exemple ? Ou bien sommes-nous figés dans l'un d'entre eux : toujours tristes, en colère ou joyeux ? Certains sont en colère toute leur vie. D'autres se sont définitivement campés dans la bonne humeur. Ce n'est pas cela, être vivant.

Être vivant, c'est oser nous laisser brasser, nous rendre vulnérable, laisser les événements nous « travailler ». Un disciple de Swâmi Prajnânpad lui demanda un jour : « Comment cela se fait-il ? Swâmi Prajnânpad a vécu certains événements une ou deux fois, et il a changé ! Moi, j'ai vécu les mêmes événements des centaines de fois, et je n'ai pas bougé ? » Swâmi Prajnânpad répondit : « Ce qui se passe, c'est que les événements vous arrivent de l'extérieur, vous vous fermez, vous ne vous laissez pas affecter. C'est pourquoi aucun changement ne se produit dans votre existence. Tandis que celui qui se laisse affecter par les événements est obligé d'y faire face, il n'a pas d'échappatoire, il perd ses illusions et se libère. »

Nous évoluons dans un contexte généralisé de maltraitance du ressenti. Nos parents, notre éducation, l'école, la société, tout nous pousse à ne pas ressentir, à réprimer. Cela va des injonctions les plus grossières (« un homme, ça ne pleure pas »), aux plus subtiles (« après des années de thérapies et de pratique, je ne devrais pas être si fragile ! »). Alors, il ne faut pas ressentir, il faut que cela ne se voie pas, ou que cela dure le moins longtemps possible.

Qui plus est, l'enfance nous a confrontés à des situations si douloureuses que nous n'avons pas pu les ressentir complètement, nous avons dû nous fermer, nous « blinder » pour survivre. Ressentir, c'est donc également retrouver des émotions enfouies, laisser s'exprimer ce qui a été réprimé. Cela signifie aussi que les demandes infantiles, les distorsions issues d'une éducation maladroite, les blessures non cicatrisées de notre psyché fragile seront entendues et prises en compte. D'où l'importance d'un travail sur l'inconscient et la mémoire refoulée...

Emmanuel Desjardins
Spiritualité: De quoi s'agit-il ?


vendredi 4 juin 2010

A réfléchir ou plutôt... à vivre

"La méditation, c'est passer de la fausse dualité à la véritable non-dualité par la vrai dualité."
Emmanuel Desjardins

vendredi 20 mars 2009

Spiritualité, de quoi s'agit-il par Emmanuel et Arnaud Desjardins

Un nouveau livre à suivre :


"Le dessein de toute spiritualité est de nous rapprocher de l'absolu. Cet aspect n'est pas spécifique à Swâmi Prajnânpad. En revanche, c'est par son positionnement vis-à-vis de la manifestation que celui-ci se révèle original et contemporain. Pour un chercheur engagé sur une voie spirituelle, il peut être tentant de penser : « Puisque la fascination pour la manifestation est ce qui me coupe de l'absolu, autant essayer de m'en désengager. » C'est ce que conseille Platon : « Tâcher de fuir au plus vite de ce monde dans l'autre [le monde divin]. Or, fuir ainsi, c'est se rendre semblable à Dieu. » 

Mais Swâmi Prajnânpad proposait plutôt : ne fuyez pas, ne vous donnez aucune échappatoire ; puisque vous vivez dans la manifestation, allez jusqu'au bout de cette manifestation et prenez tout. Au bord d'une rivière, nous avons le choix entre entrer dans l'eau, ou rester sur la rive. Qui est « un avec » l'eau, celui qui se baigne, ou celui qui reste sur le bord ?"

"Prendre soin du monde" par Emmanuel desjardins

Extrait du livre d'Emmanuel Desjardins aux éditions Alphée - Jean-Paul Bertrand :
"Nous divisons la réalité en deux : ce que nous aimons et ce que nous n'aimons pas, ce qui nous rassure et ce qui nous fait peur; mais la réalité est unique, et elle comprend inévitablement les deux aspects. Du point de vue du réel, le tragique et l'heureux sont les deux faces d'une même pièce. D'ailleurs, comme le bien et le mal, le tragique et l'heureux sont des catégories de l'esprit qui ne sont pas adéquates pour parler du réel qui, lui, alterne création, séparation, destruction. II se contente d'explorer les possibles. Nul n'échappe au déchirement de la séparation. Tout change tout le temps. Rien n'existe sans son contraire. Nous nous heurtons en permanence à la différence. Et comme nous ne pouvons pas sortir du réel, sont donc également vraies et intemporelles les quatre propositions suivantes :
– Le réel est. Il existe. (Tout commentaire est superflu, et le silence s'impose, silence qui n'exclut pas l'émerveillement.)
– Le réel est créateur et heureux. (La vie offre une infinité d'occasions de joie.)
– Le réel est destructeur et tragique. (La vie est une vallée de larmes.)
– Le réel est créateur et destructeur, heureux et tragique, parfait tel qu'il est. (La vie est belle telle qu'elle est, au-delà ou au coeur de la joie et de la souffrance.)
Je ne dis pas que le réel est en partie tragique et en partie heureux, et que nous arrivons à une moyenne neutre. Je dis que tout est, en permanence, à la fois parfaitement heureux et complètement tragique, selon l'endroit où se porte notre regard. La vie illustre parfaitement le double aspect indissolublement tragique et heureux de la réalité, car la mort est inscrite dans la naissance..."

vendredi 26 septembre 2008

L'enseignement de Swami Prajnanpad

Je vous propose d'aborder l'enseignement de Swami Prajnanpad à travers le livre de S. Srinivasan . " Srinivasan a approché Swamiji en disciple, cherchant à se libérer de ses illusions, de ses fausses conceptions ; de ses perceptions déformées pour atteindre la vérité, la réalité, la communion avec ce qui est..." précise Arnaud Desjardins.
Grâce aux témoignages de ses élèves francais, notamment Frédéric Leboyer, Arnaud Desjardins et Daniel Roumanoff, auteur de plusieurs ouvrages sur le maître Bengali, Swami Prajnanpad a acquis en quelques années une très grande notoriété dans les milieux de la spiritualité.
Qui est Swami Prajnanpad (1891-1974), seulement connu d'une élite restreinte dans son propre pays? Il est un homme égal à lui-même en toutes circonstances et à qui rien d'humain n'est étranger. Voici ce que disait Swamiji en réponse à un disciple indien qui lui demandait ce qui réellement avait changé sa vie:

"Ce qui se passe, c'est que les événements arrivent de l'extérieur, vous ne vous laissez pas affecter par eux. Vous vous fermez. C'est pourquoi aucun changement ne se produit dans votre vie… par contre celui qui est affecté profondément par eux est obligé d'y faire face. Il n'y a pas d'échappatoire, il perd ses illusions et se libère."
(Cette phrase est souvent citée par Emmanuel Desjardins)