mardi 31 juillet 2012

Entretien "phytospirituel" avec François Couplan (1)

Parmi ses livres les plus importants, figure une "Encyclopédie des plantes sauvages comestibles de l'Europe", en trois volumes, ainsi que le "Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques". Citons aussi "Dégustez les plantes sauvages", qui présente tous les cadeaux de la nature dans nos régions, par environnement et par saison, ou "Vivre en pleine nature", pour se sentir chez soi dans les bois. 


Dans "La Nature nous sauvera" que j'ai déjà présenté sur ce blog, François Couplan porte un regard nouveau sur la crise de notre civilisation, dont il expose les causes historiques et propose une approche originale pour y apporter des solutions. Les écrits de François Couplan portent également sur la botanique ("L'album des plantes et des fleurs", "Reconnaître facilement les plantes", "Dictionnaire étymologique de botanique", "Fleurs des Alpes"), le jardin ("Mangez vos soucis", "Le Jardin au naturel", "Légumes, fruits et condiments oubliés"), la nutrition ("Guide nutritionnel des plantes", "Le véritable régime crétois","Sans viande et très heureux") et les plantes médicinales ("Petit Larousse des plantes qui guérissent").
La collaboration entre François Couplan et le cuisinier étoilé Marc Veyrat a donné naissance à "L'Herbier gourmand", un plaisir pour les yeux et les papilles...


Partie 1 (22 min.)

lundi 30 juillet 2012

Aimons les arbres

Il arrive quelquefois, au promeneur fatigué, de s'appuyer sur un arbre : il pose la main sur son tronc et, reprenant son haleine, il paraît se gorger de cette calme puissance qui le soutient pour l'instant. Ce n'est qu'un préambule, il faut aller plus loin. 


 En fait, celui qui ne s'est jamais adossé contre un arbre, sa colonne vertébrale communiant du pilier, comme si le fût de ce hêtre, de ce chêne, de ce pin devenait sa colonne et transformait sa halte en un moment de rêve, d'intense méditation, d'abandon à la force qui se développe sous son corps et frémit sous l'écorce que sa main, lentement, caresse - celui-là ne sait pas ce qu'est vraiment un arbre...


... non, quand bien même saurait-il tout ce que les livres en disent, sa science ne serait rien devant la seule expérience de celui qui, un jour, a fait confiance à cet arbre, qui s'y est comme fondu et y a découvert un univers tout entier... 


 ... Il faut aimer les arbres. 


 Michel Cazenave
 - Arbres



samedi 28 juillet 2012

Ne rien faire avec Christiane Singer

Leçon de chose
Décor : une fenêtre ouverte peut suffire - un banc de square, mieux encore : la forêt.


S’immobiliser. Stopper la toupie verbale qui entraîne notre esprit dans sa giration obsessionnelle.
Se taire passionnément. Et chaque fois qu’une association de pensées se faufile, s’immisce dans une fêlure de notre attention, la rejeter impitoyablement.


Ne rien faire, ne rien déranger.


Dériver.
Assise sur un rocher, je laisse le froid visiter l’épaisseur de mes jupes.
Me traversent le crissement et les bruits, l’odeur de la terre.
Suspension. Pointe aiguë. L’envie de crier.
Soudaineté de la perfection.


Je n’écoute pas. Les sons me recouvrent comme un lichen.
Je ne regarde pas. Les branches et leurs ombres poussent dans les yeux ouverts.
Je ne respire pas. Un souffle régulier m’habite et me scande.
Je ne flaire pas. Les odeurs m’enfouissent au ventre leurs rhizomes.


Absence et suspension.
Où allais-je chercher l’aventure. ?


Une escapade semblable permet au moins deux découvertes : en ne faisant rien, celui qui n'a rien fait a déjà fait beaucoup; et ce qu'il faut à l'homme pour aller au bout de ses rêves et de ses possibilités n'est rien d'autre que ce qu'il a déjà : son corps.


Dès lors, tout s'éclaire. Ce que la méditation a de si suspect pour l'ordre social et économique, c'est qu'elle nous apprend à nous mouvoir ailleurs, dans un univers dont les richesses innombrables échappent aux circuits monétaires et marchands.

Christiane Singer, 
les âges de la vie, éditions Albin Michel, p. 25-27



L'oeil unique...


jeudi 26 juillet 2012

Passage par la Trappe avec Arnaud Desjardins

"Par la profession des vœux solennels, le frère se donne au Christ en esprit de foi et s’engage à vivre pour toujours dans sa communauté selon la Règle de saint Benoît. L’abbé et les frères l’accueillent avec bienveillance dans la communauté, sachant qu’ils s’obligent à l’aider par leurs prières et leurs exemples à revêtir de plus en plus la ressemblance du Christ"

Site de l'abbaye de La Trappe

mercredi 25 juillet 2012

Mort naissante ou naissance mortelle...

Voici la photo d'un coucher de soleil dans le Cantal (la semaine dernière)... 
 Je vous laisse admirer.

mardi 24 juillet 2012

Le spectacle des abeilles...

Un arbre du Kenya abrite un essaim d'abeille. Entrons dans la riche ruche...

lundi 23 juillet 2012

Prodigieux pouvoirs de la Vie...

Les chamanes disent depuis longtemps que la nature utilise des signes et communique. Leur manière de voir pourrait améliorer la compréhension qu'ont les scientifiques de la nature...


J'ai aussi commencé à regarder les êtres vivants avec des yeux neufs. Le fait d'apprendre que les cellules des plantes s'envoient mutuellement des signaux similaires à ceux utilisés par mes propres neurones, que les plantes évaluent le monde qui les entoure et prennent les décisions appropriées, tous ces éléments m'ont conduit à considérer chaque plante, y compris les mauvaises herbes, avec un respect grandissant. Et maintenant, j'admire les myxomycètes, j'apprécie les nématodes, je crains la salmonelle et je respecte les cafards...


Désormais, les autres espèces me semblent plus humaines, et les humains, plus naturels. Reconnaître que la capacité de savoir existe en dehors de l'humanité mène à une existence plus riche, plus aventureuse, plus confortable. Au lieu de dégrader aveuglément la planète, nous pouvons voir que les prodigieux pouvoirs de la vie habitent chacun de ses habitants.


Jeremy Narby 
Intelligence dans la nature 
En quête du savoir

dimanche 22 juillet 2012

Paule Amblard et l'Apocalypse

Texte étrange du corpus biblique, l’Apocalypse de Jean, exilé sur l’île de Patmos, est à proprement parler une "révélation". Il annonce "le présent et ce qui doit arriver plus tard." Ce dévoilement d’un futur punitif que connaîtra(it) l’humanité est de fait, selon Paule Amblard, davantage une photographie du présent que l’annonce de l’avenir. Haine, guerre, rivalité et vide spirituel hantent la destinée humaine. Aussi est-il plus nécessaire que jamais de "dépouiller le vieil homme" et s’engager avec ferveur vers l’horizon spirituel promis par le Sauveur. 

Attribué à Jean, le préféré du Christ, le texte fut sans doute rédigé par ses disciples vers l’an 90-95 alors que la secte chrétienne subissait les persécutions impériales. D’ailleurs, les pères de l’Eglise verront plus tard dans le chiffre de la Bête la marque même de l’empereur Néron.
Fidèle à sa passion bibliophile, Diane de Selliers a choisi d’illustrer cette Apocalypse par la tapisserie d’Angers, la plus grande jamais tissée au Moyen Âge. Œuvre du peintre Hennequin de Bruges, elle fut commandée par Louis Ier d’Anjou, frère du roi Charles V, d’après un manuscrit enluminé de ce dernier livre du Nouveau Testament. Réalisée de 1379 à 1382, elle entra de facto dans le trésor de la maison d’Anjou puis de France et se trouve depuis 1996 exposée en permanence dans une salle spécialement aménagée au château d’Angers. 


L’Apocalypse de St-Jean, avec l’éditrice Diane de Selliers et Paule Amblard au micro de Christian Ciocca et Christine Gonzalez






Mardi 30 novembre 2010 - 50 min. RSR



Deux vidéos également sur le site de La Procure

samedi 21 juillet 2012

L'apocalypse avec Paule Amblard (5)

Cinquième épisode : De l'ombre à la lumière

1- La prostituée de Babylone : Nous sommes toujours dans les dangers des illusions du monde. Explication symbolique de cette femme et sens historique de cette vision au temps de Jean. 

2- La chute de Babylone : Annonce de cette disparition d’un monde vicié qui s’écroule, comme ces démons combattus par de simples oiseaux blancs. Ils sont signe de la lumière qui perce l’ombre et la fait disparaître.


3- La mesure de la Jérusalem : Image du renouveau de l’homme. Nous met face à cette ville nouvelle : du jardin de l’Eden à une ville. 


4- Conclusion sur ce périple de l’Apocalypse qui est passage de l’ombre à la lumière, avec une lecture du dernier passage du texte de l’Apocalypse : sur l’appel du Christ au lecteur : "Viens !".

vendredi 20 juillet 2012

L'apocalypse avec Paule Amblard (4)

Quatrième épisode : La femme et le dragon 
 ("nous avons tous un dragon intérieur.")

1- Annonce de la victoire : ces sept fléaux sonnés par les anges aux trompes annoncent quoi ? non une fin, mais une victoire.
2- La femme et le Dragon : Une femme enveloppée de soleil qui est en train d’accoucher. Explication de cette mystérieuse figure féminine signe de la Vierge à l’Enfant, nouvelle Eve qui annonce le renouveau de l’homme.
3- La Bête de la mer : Explication historique et symbolique de cette Bête. Réalité du monde envahit de haines.
4- La Bête de la terre : Le pouvoir de la parole, élément d’aveuglement. Les faux prophètes, les fausses lumières de notre monde.

jeudi 19 juillet 2012

L'apocalypse avec Paule Amblard (3)

Troisième épisode : Les 7 trompettes

1. Absinthe (La troisième trompette) : Explication de cette étoile tombée du Ciel, signe aussi de la chute de l’homme. Le fléau de la troisième trompette est aussi un rappel à l’histoire de l’Exode.


2. Les sauterelles (La cinquième trompette) : Explication de cette vision étonnante et du roi des sauterelles : Armageddon. Nous sommes dans le combat du monde envahi par les haines, les dévastations. Nous sommes au cœur de la nuit.


3. L’ange au livre : Au cœur de la nuit. Mais après ces fléaux, il y a une respiration venue du Ciel. Apparition de l’Ange avec ses jambes en colonnes de feu. Il est le messager qui nous guide dans nos déserts intérieurs et nos ombres qui sont, à ce moment, épaisses. Passage à l’image où Jean mange le livre : il a le goût du miel mais aussi est amer aux entrailles.


Nous aussi, nous pouvons nous nourrir de la Parole de Dieu qui nous éclaire mais l’effort de quitter ce monde nous coûtera de l’amertume, de la souffrance. Ici nous sommes des passagers, non des propriétaires. Notre réalité n’est pas d’ici. C’est par la difficulté du chemin que l’on sublimera nos matières. Question : avons-nous faim de la Parole de Dieu ?

mercredi 18 juillet 2012

L'apocalypse avec Paule Amblard (2)

Deuxième épisode : les cavaliers.


Le cavalier au cheval blanc : Explication du mystérieux cavalier à l’appui des indices de la tapisserie. Est-ce un terrible combattant qui vient faire la guerre à l’humanité. On ne voit que le combattant et l’on oublie l’Ange au-dessus de lui qui est un des quatre Vivants entourant le Trône de Dieu. L’image nous dit que la vie est un combat. Le passage vers la lumière passe par l’effort et le dépassement de soi-même. 

Le troisième cavalier au cheval noir, la famine : Image de mort ou image de vie ? Description du cavalier dont le visage se cache dans son manteau, sa fausse balance avec laquelle il affame, son cheval noir annonciateur de mort, du serpent dans l’herbe dont le corps est en forme de six. Et la présence des Vivants, de l’épi de blé avec le papillon… "Si le grain de blé vient à mourir, il porte beaucoup de fruits". 


Le naufrage : Explication des sept trompettes sonnées par les anges et entraînant des fléaux. Symbolique de cette vision où les hommes sont en train de sombrer dans les eaux.

mardi 17 juillet 2012

L'apocalypse avec Paule Amblard (1)

Paule Amblard nous propose le périple de l'apocalypse en cinq épisodes... 
pour un monde nouveau, un dévoilement en compagnie de (Saint) Jean.


Premier épisode : Le livre de notre destin


Introduction : Jean prisonnier sur l’île de Patmos reçoit des visions. Ce message du Ciel il va l’adresser à ses amis, ces petits enfants comme il les appelle, les communautés chrétiennes de l’époque et au-delà à tout chrétien, à tout homme. Ce qu’il raconte dans sa situation d’exil, donc de souffrance, est un chemin d’espoir. Chemin intemporel, puisqu’il révèle le cœur de l’homme dans sa vastitude, sa dimension spirituelle. Ainsi ce texte n’a pas d’époque. Il parle de nous et vient nous trouver dans nos difficultés de vie où nous sommes souvent exilés de nous-mêmes.


1. Le vieil homme : Le grand lecteur nous conduit. Nous sommes dans la nuit mais guidés sous la lumière du ciel et comme l’indiquent les papillons : signe de résurrection, nous sommes destinés à renaître.


2. Le Christ au glaive : Jean tombe "comme mort devant le Christ", lui qui est "le premier et le dernier, le Vivant". Explication de la symbolique du glaive, des chandeliers, des arbres sous l’autel, du visage et pieds rouges du Christ. Le chemin de l’Apocalypse nous conduit vers celui qui est la lumière du monde et qui révèle le vivant en nous, notre lumière.


3. Les larmes de Jean : Le livre qui contient le destin de l’homme est scellé et "nul dans l’univers n’est capable d’ouvrir le livre". Jean pleure. Après être tombé "comme mort" aux pieds du Christ, il y a ses pleurs. Ces larmes sont aussi une prise de conscience de notre condition, de notre pauvreté, de notre manque. Sans elle il n’y a pas de chemin vers autre chose. L’Apocalypse nous oblige à quitter nos conforts, nos certitudes de nous-mêmes et du monde pour "aller vers". Comme Abraham, il faut se quitter et se mettre en route. Le chemin vers le renouveau commence par une souffrance, celle de notre incapacité spirituelle. C’est au cœur de nos difficultés que le travail commence. Alors nous aussi, on a envie de suivre Jean et le vieil homme qui l’entraîne par un pan de manteau. Le vieil homme est un des 24 vieillards. Explication du vieil homme. Il entraîne Jean vers celui qui est capable d’ouvrir le livre : l’Agneau. Le Christ ouvre le chemin de vie à nous qui sommes "comme morts".



lundi 16 juillet 2012

Inconscience, conscience et cerveau

Une belle émission qui confirme la nécessité de la vigilance et de la méditation pour faire évoluer les filtres de nos cerveaux.



dimanche 15 juillet 2012

Interview de Catherine Harding sur la VST

Puisque je vais bientôt la rencontrer avec grand plaisir, voici le beau témoignage de Catherine Harding sur la vision sans tête (VST). 
L'espace d'accueil vous est ouvert !



samedi 14 juillet 2012

Le jardin des Sambucs

Un jardin à découvrir pendant les vacances :

Rose qui pique mais bien utile !


La vie en roses
Retrouvez les vertus premières des roses, plantes médicinales avant d'être ornementales.



Plaisir des yeux et des sens, la floraison des roses, c'est le bonheur au jardin. Bonheur que l'on est tenté de prolonger à la maison, tout en profitant des multiples vertus des roses parfumées. Car les rosiers ont été d'abord cultivés comme plantes médicinales au Moyen Âge, puis comme fleurs à parfum dès le XVIe siècle, avant d'être destinés à l'ornement. Il faut savoir qu'aucune rose n'est toxique, à condition qu'elle soit exempte de tout traitement phytosanitaire récent. On pourra donc valoriser toutes les roses parfumées du jardin bio, sous forme de confiture, pétales au sucre, sirop... Pour cela, récoltez, le matin après évaporation de la rosée, les jeunes pétales ou les boutons débarrassés de leur base verte.


Une rose, un usage 
Pour les usages médicinaux adoucissants (pommade rosat, sirop pour la gorge) ou cosmétiques (huile infusée, masques, lotions...), choisissez de préférence les roses botaniques Rosa gallica (Provins) et R. damascena Kazanlik (Bulgarie). On trouve aussi chez les producteurs de roses anciennes des variétés de R. centifolia non remontantes mais très parfumées. Pour réaliser par exemple une huile parfumée, véritable soin relaxant, adoucissant et nourrissant pour la peau, cueillez environ un bol de pétales, laissez-les sécher à plat 24 h puis mettez-les dans un bocal de volume équivalent (en tassant à peine). Recouvrez parfaite-ment d'huile (tournesol bio désodorisé, amande douce). Fermez le bocal, laissez macérer deux semaines (dans l'idéal au soleil, mais recouvert de papier kraft), en agitant si possible chaque jour, avant de filtrer à travers une étamine. Cette huile raffinée pourra s'appliquer sur le visage ou le corps.


POUR EN SAVOIR PLUS : autour des roses, site de la regrettée Pierrette Nardo, auteure de Cuisinons les fleurs aux éditions Terre vivante..

source : l'excellente revue "Les 4 saisons du jardin bio"

vendredi 13 juillet 2012

La marche avec Jean-Yves Leloup (4)

Marcher, c'est prendre l'air... 
Il y a le touriste, le randonneur et le pèlerin... 
Marchons dans les pas de Jean-Yves Leloup.


Dernière partie (10 min.)

L’assise et la marche sont deux postures complémentaires face à la vie. Méditer, pour ne pas se laisser disperser, mais rester au contraire en connexion avec soi-même. Marcher, pour ne pas rester prisonniers des liens qui nous entravent, mais être toujours relié au mouvement de la vie. Jean-Yves Leloup n’a jamais interrompu cette recherche intérieure, faite de méditations inspirées des traditions chrétiennes et orientales, et de marches, des sommets du mont Kailach aux dunes du désert. Puisant à la source de la mystique et des grands textes sacrés, il nous livre ici un véritable éloge du voyage intérieur, rythmé par de longues quêtes et de riches haltes méditatives. « Assieds-toi et marche !», deux paroles à tenir ensemble pour se rapprocher de soi-même, s’ouvrir et atteindre la présence, au cœur de l’Être.




Source audio : RSR 2011

jeudi 12 juillet 2012

Méditation et pratique avec Jean-Yves Leloup (3)

Nous sommes à l’époque des néons et des couvertures électriques, des lumières froides et des chaleurs opaques. On ne se réchauffe pas auprès d’un néon électrique, on ne s’éclaire pas auprès d’une couverture chauffante. Nous avons perdu la flamme qui est à la fois lumière et chaleur. 
 « Redire ad cor » - « retourne à ton cœur », la parole du prophète est plus que jamais d’actualité...

Partie 3 (9 min.)

mercredi 11 juillet 2012

Méditons avec Jean-Yves Leloup (2)

"Il y a deux temps : il y a le présent et il y a l'absent". 
Jean-Yves Leloup nous offre 4 raisons pour méditer...


Partie 2 (13 min.)



mardi 10 juillet 2012

Etre centré avec Jean-Yves Leloup (1)

De nouveau, une très belle rencontre avec Jean-Yves Leloup, docteur en psychologie et théologie. Il a publié une soixantaine d’ouvrages. Le livre dont s'inspire cette émission de RSR a pour titre "L’assise et la marche" et est paru aux Editions Albin Michel. 


 "Assieds-toi et marche!", deux paroles à tenir ensemble pour se rapprocher de soi-même, s’ouvrir et atteindre la présence, au cœur de l’Être.
Partie 1 (10 min.)

lundi 9 juillet 2012

dimanche 8 juillet 2012

Meditation au jardin avec Joshin Luce Bachoux



Oui, la terre est basse, me dis-je en binant – ou sarclant ? – les fraisiers...


La terre est basse, mais le ciel au-­dessus de nous est immense, d’un bleu radieux qui semble tout droit sorti d’un tube d’aquarelle. Nous avons décidé que ce serait pour cette fin de semaine, que nous nous y mettrions tous, que le jardin, un peu négligé ces derniers temps, ressortirait tout pimpant de nos efforts. Quelqu’un a ajouté que nous devrions réfléchir à en faire plus qu’un travail, pour que cette journée continue notre pratique de la méditation. Il s’en est suivi une discussion, eh bien, assez animée : les uns tenant que travailler en silence comme nous le faisons, que ce soit dans la cuisine ou au jardin, est déjà en soi une approche de la méditation ; les autres, que le travail du jardin est un excellent moment pour approfondir ce silence et cette présence. 

Nous sommes arrivés de bonne heure, fraîche rosée et parfum d’herbe, avec nos outils, nos brouettes, les thermos de thé, et tout plein de bonnes intentions. Personne n’a discuté la répartition des tâches, ni la distribution des houes, sarcloirs, et autres grelinettes, et calmement nous nous sommes mis au travail, qui, dans les pommes de terre, qui auprès des tiges de haricots grimpants, et moi, donc, à nettoyer les fraisiers. Je peux dire honnêtement que dans les premiers temps j’ai été très attentive : je coupe les grandes tiges qui s’échappent des pieds, et replante les petits fraisiers qui couronnent ces tiges. J’ai rempli mes pots, en tassant bien la terre, comme on m’avait dit, mais je dois reconnaître que, peu à peu, des visions de fraises bien rouges, bien juteuses, de fraises au sucre, ou bien à la crème, de tartes aux fraises ont commencé à bousculer ma concentration...

Je ne dois pas être la seule à m’éparpiller quelque peu ! Outre la gourmandise dans mon cas, il y a le dos qui commence à tirer, le coucou qui nous amuse, tantôt ici, tantôt là, comme un enfant qui se cache, l’envie de se dégourdir les jambes. Près de moi, notre jardinière en chef quitte ses salades, et se dirige vers la clochette que, finalement, nous avons apportée avec nous.

C’est notre « clochette de l’attention » : pendant les retraites, une fois par heure, nous la faisons sonner. À ce moment-là, chacun s’arrête, pose son livre, sa casserole ou son outil, et, pendant une minute, nous revenons ici même, revenons à nous-mêmes, à notre respiration ; nous redevenons présents, parce qu’il est si facile de se laisser emporter par une tâche, par ses pensées, par ce qui vient après, et encore après... Souvent, nous nous sentons dérangés, bousculés par cette pause, aussi courte soit-elle, ce qui en dit long sur notre difficulté à revenir à ce qui nous entoure.

Nous avons appris cette pratique du maître vietnamien du village des Pruniers, et décidé de l’appliquer à cette journée de jardinage. Au son limpide de cette clochette, je me redresse, me replace dans le potager : terre humide et lourde sous mes pieds qui me tient bien en équilibre, espace infini du ciel qui balaye mes petites pensées et me redonne ma dimension véritable, présence des autres qui me soutiennent comme je les soutiens... Un oiseau traverse le ciel, et je me souviens de ce haïku : « L’alouette s’élance dans le ciel, complètement libre... » 


Complètement libre ! C’est vous, c’est moi, c’est nous tous, dès que nous sommes complètement présents, laissant jaillir en nous cet instant infini... 



Ding !


Joshin Luce Bachoux
source : La Vie (juillet 2012)

vendredi 6 juillet 2012

Tous égo ?

Arnaud Desjardins : 
Je me suis beaucoup appuyé pendant les années de ma recherche sur une formule que je considère toujours comme précieuse aujourd'hui: " Pour se donner, il faut s'appartenir. " On ne peut donner que ce qui nous appartient. Comment est-ce que je peux abandonner l'ego (en anglais drop the ego - Dieu sait combien de fois j'ai entendu cette expression) si ce moi est informe, privé de forme? 

Mon propre gourou m'a dit un jour en anglais, il y a bien longtemps: " Arnaud, you are an amorphous crowd ", (" vous êtes une foule amorphe "), et comme je savais qu'il avait reçu une formation scientifique dans sa jeunesse, j'ai bien compris qu'il donnait au mot amorphe, privé de forme, un sens très précis - amorphe en chimie, c'est l'opposé de cristallisé. Une part de nous qui est touchée par une vérité - non pas seulement dans l'intellect mais dans le coeur - voudrait échapper à un certain mode de conscience que nous sentons bien comme limitatif, mais d'autres parts de nous continuent à réclamer: " Et moi, et moi, je n'ai pas reçu ça, je n'ai pas pu faire ceci, je demande encore cela. " 



Il y a donc une première étape de structuration ou même d'affirmation de l'ego avant d'envisager l'effacement de la conscience du moi dans tout ce que ce pronom présente de limitatif. Mais ce travail de structuration doit être entrepris dès le départ avec une compréhension et surtout un sentiment qui permettent l'ouverture et le dépassement. Il est important de pressentir d'emblée ce que pourrait être un état non égoïste ou non égocentrique de manière à ce que cette première affirmation de l'ego, nécessaire au début, ne soit pas le renforcement d'une prison qui ensuite deviendrait un véritable obstacle. "




"Dialogues à Deux Voies" 
Ed. La Table Ronde 
Lama D. Teundroup & Arnaud Desjardins



jeudi 5 juillet 2012

« Méditer ! » avec Jacques Castermane

Tout le monde en parle. La pratique méditative aborde de nombreux secteurs de la vie sociale. La pratique de l’assise silencieuse, appelée zazen, prend place dans le milieu hospitalier, dans les prisons, dans la préparation des sportifs de haut niveau, dans des écoles privées, chez les cadres, et ...dans les chaumières. 

Méditer ! Est-ce une nécessité vitale ? Oui. Cette pratique est particulièrement bénéfique pour l’être humain qui perd sa part d’humanité lorsqu’il est tendu, agité, inquiet, étranger à lui-même et aux autres. Pratiqué régulièrement, zazen peut amener toute personne à une expérience d’elle-même qui transformera sa manière d’être et de vivre. 


Encore faut-il ne pas s’écarter du sens de cet exercice. Zazen n’est pas une activité « en plus » qu’il serait bien d’ajouter à la somme des activités qui composent notre quotidien. Zazen est une « rupture », momentanée, avec notre manière d’être et notre manière de faire habituelles.
Le zen, en Occident, souffre facilement d’un malentendu. Le but du zen n’est pas de fortifier un ego XXL pour en faire un ego XXXL, voire le rendre capable de performances supra-normales : physiques, psychiques ou spirituelles. Le but du zen n’est pas, au profit de l’ego, d’accroître notre savoir ou notre pouvoir.
 


Zazen est une rupture avec le règne de l’ego qui est source des soucis, de l’appréhension, de l’inquiétude, de l’agitation, de l’angoisse. Cette rupture rend la personne à elle-même, à ce qu’elle est au plus profond de l’être : sa vraie nature. Cette rupture momentanée permet et favorise l’irruption des qualités d’être qui sont les symptômes de l’état de santé fondamental de l’homme : la calme intérieur, le silence intérieur, la paix intérieure ; qualités d’être qu’il serait bien d’offrir aux personnes avec lesquelles on partage ce qu’on appelle ...sa vie.
 

Jacques Castermane 
juillet 2012


mardi 3 juillet 2012

Que j’ai commencé tard à vous aimer ! de Saint Augustin



« Que j’ai commencé tard à vous aimer, ô beauté si ancienne et si nouvelle !
Que j’ai commencé tard à vous aimer ! Vous étiez au-dedans de moi ; mais, hélas ! 
J’étais moi-même au-dehors de moi-même. 
C’était en l’en-dehors que je vous cherchais. 
Je courais avec ardeur après ces beautés périssables
qui ne sont que les ouvrages et les ombres de la vôtre, 
cependant que je faisais périr misérablement toute la beauté de mon âme,
et que je la rendais par mes désordres toute monstrueuse et toute difforme. 
Vous étiez avec moi, mais je n’étais pas avec vous. 
Car ces beautés qui ne seraient point du tout si elles n’étaient en vous, m’éloignaient de vous. Vous m’avez appelé : vous avez crié, et vous avez ouvert les oreilles de mon cœur
en rompant et en brisant tout ce qui me rendait sourd à votre voix. 
Vous avez frappé mon âme de vos éclairs : vous avez lancé vos rayons sur elle, 
et vous avez chassé toutes les ténèbres qui la rendaient aveugle 
au milieu de votre lumière même. 
Vous m’avez fait sentir l’odeur incomparable de vos parfums, 
et j’ai commencé à ne respirer que vous,
et à soupirer après vous ; 
j’ai goûté la douceur de votre grâce,
et me suis trouvé dans
une faim et dans une soif
de ces délices célestes.
Vous m’avez touché,
et je suis devenu tout brûlant d’ardeur
pour la jouissance de
votre éternelle félicité. »


Confessions (Folio)


Évêque africain, père et docteur de l’Église (354-430), saint Augustin, se convertit à l’âge de 28 ans sous l’influence de sa mère et de saint Ambroise de Milan. Il mena une action inlassable pour défendre la doctrine de l’Église face aux hérésies. Son œuvre est fondamentale, dont les fameuses Confessions, qui comptent parmi les plus beaux chants d’amour d’une âme à son Créateur.



lundi 2 juillet 2012

Que suis-je ? avec Grazyna Perl

Daniel Morin nous parlait "Du Grand Je ne sais pas". Voici un extrait du livre de Grazyna Perl, "Quand la fleur se fane, où s'en va son parfum ?" où le parfum du "ne sais pas" nous embaume de nouveau...


«Que suis-je ? » Qu'est-ce que cet être qui respire, qui marche, qui mange, qui est assis là à méditer? Est-ce mon corps ? Mais je ne suis pas qu'un corps ? Qu'est-ce qui se pose ces questions ? Mon esprit? Mais je ne suis pas qu'un esprit. Qu'y a-t-il plus qui constitue ce «moi» ? Comment répondre ?
Maître Seung Sahn dit : « La question originelle est: "Que suis-je?" Et votre réponse est: "Je ne sais pas." Qu'est-ce qui "ne sait pas"? Vous êtes toujours coincé dans la question. Vous êtes à l'un de ses bouts : soit je sais, soit je ne sais pas, et ils sont opposés. Qu'arrive-t-il si vous jetez juste toutes ces questions et vous contentez de vivre ? » 


Un point essentiel de l'enseignement de Maître Seung Sahn est ce qu'il appelle l'esprit «ne sais pas ». L'esprit «ne sais pas » est l'esprit d'avant les pensées. « Qu'es-tu ? — Je ne sais pas. » C'est l'esprit que vous avez quand vous faites une réponse spontanée, sans avoir à réfléchir, sans qu'elle entraîne des pensées en chaîne. «De quelle couleur sont tes cheveux ? — Blonds. » 
Ou quand vous conduisez, et que vous ne faites que conduire ; quand vous dansez et que vous ne faites que danser ; quand vous riez, quand vous pleurez à chaudes larmes. Quand vous laissez la réalité apparaître.
 «Les dix mille questions ne sont qu'une question, disait Maître Seung Sahn : "Que suis-je ?" » 
Et cette question est le seul moyen direct pour comprendre l'esprit «ne sais pas». 


La position de méditation, la position zazen, correspond à cela : il s'agit de se poser, de déposer l'esprit, de laisser le corps respirer, avant que les questions viennent. Le but de la pratique que j'ai apprise de Maître Seung Sahn et que j'enseigne à mon tour est de conserver en permanence, partout et tout le temps, cet esprit «ne sais pas ». « Ne sais pas » n'a rien à voir avec l'ignorance. C'est l'esprit prêt à recevoir le monde tel qu'il est, «juste ainsi ». Il est pleinement ouvert à la vérité qui advient et nous ouvre au contraire les horizons les plus vastes.


p.54-57

dimanche 1 juillet 2012

Un chemin de tradition par Robert Faure

... Hier j'ai cotisé toute ma vie à une caisse de retraite, mais je meurs prématurément. Je mets mon espoir dans un enfant, il a un accident de la route...


Ce risque de la vie, ce côté éphémère et riche, toutes les traditions en parlent. Elles nous disent comment les fleuves ont été traversés, comment les montagnes ont été conquises. Toutes évoquent les cailloux du chemin, les obstacles et parlent surtout du chemin qui existe encore. Elles utilisent des images des paroles d'espérance pour retrouver un temps à soi, un goût de vivre. Le sens du temps n'est pas figé. Elles affirment même que l'hiver n'est jamais définitif et que l'essentiel est préservé.


Tantôt avec force tantôt avec tendresse, les traditions nous apprennent notre puissance de survie et d'adaptation et donnent une vision autre des choses de la vie. Comme disait Durkheim, les trois choses les plus difficiles à assumer sont l'absurde, la mort et la solitude. Dans ces traversées, nous avons besoin de paroles plus fortes que celles des philosophes. Des paroles de Rûmi le mystique soufi, de Saint François d'Assise, de Toukaram le pèlerin hindou, d'Amadou Hampate Ba de la terre africaine, de Chogyam Trungpa du bouddhisme tibétain, de Dogen le moine japonais...


Chaque fois que les réalités du monde vertical croisent notre horizontalité quotidienne nous écrivons l'histoire de notre propre transformation. Je dis que les grandes Traditions sont une présence qui nous accompagne. parce qu'elles enracinent l'homme, le situent dans sa verticalité et lui donnent une direction avec une boussole dans la main. La dimension horizontale nécessaire, et la dimension verticale tout aussi indispensable nous rend vivant et frère des hommes. Et parfois, avec modestie, nous sommes une petite boussole pour le frère d'à côté.


Il nous faut revenir à plus de modestie. Nous sommes plus ignorants que connaissants. Nous devons ôter cette conscience enfantine que le monde est notre propriété, que notre tradition se mesure à ses absences d'erreurs et à son affirmation d'être possessive de la vérité. Prendre le temps d'accepter les hommes et les choses, de les écouter avant de vouloir les changer. Car le monde des autres qui ne pensent pas comme moi est aussi question et mystère. Chaque tradition est respectable dans sa sensibilité, dans sa manière de nous inviter à voir et à comprendre, à rechercher le sens de l'aventure humaine dans ses risques, ses passions et ses rêves.

Robert Faure
http://www.art-zen.com/