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mardi 10 mars 2026

Inconséquence


L'exemple de la protection de l'environnement est très révélateur d'un manque général de sens de la responsabilité. Bien que les conséquences nuisibles de la pollution, de l'extermination des espèces animales, de la destruction des forêts et des sites naturels soient incontestables et, dans la plupart des cas, incontestés, la majorité des individus ne réagit pas, tant que la situation ne lui devient pas personnellement intolérable.

Matthieu Ricard

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mardi 20 janvier 2026

Espace intérieur


Apprendre à reconnaître et à habiter véritablement toutes les pièces de son propre espace intérieur (à la fois corporel, mental, émotionnel, énergétique, spirituel).

Même celles que l’on ne voit pas ou ne veut pas voir.

Même celles que l’on préfère sciemment ou malgré soi oublier, ignorer ou délaisser.

Même celles qui ont pu d’une manière ou d’une autre être abîmées, rejetées ou profanées.

Apprendre à reconnaître et à habiter autant que faire se peut tous les angles de ce que l’on est. Le plus honnêtement possible.

Se libérer des compromis et autres arrangements avec soi-même qui peuvent donner l’impression illusoire d’avoir fait le tour de la question avant même qu’elle ne soit posée.

Juste ouvrir l’espace à ce qui est, et laisser la possibilité d’une réceptivité à ce qui dès lors peut à chaque instant de façon renouvelée être rencontré, reconnu et aimé.

Rien d’autre à ajouter, ni à retirer.

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Sculpture : Bouddha de l’empire Qin du Nord, Chine, VIème siècle

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jeudi 11 décembre 2025

Sensibilité


Le désarroi dans lequel nous nous trouvons est en fait une aubaine : il témoigne de notre sensibilité. Ceux qui traversent la vie sans le moindre sentiment de détresse sont inconscients. La détresse induite par notre prise de conscience recèle un immense potentiel de transformation, un trésor d'énergie dans lequel nous pouvons puiser à pleines mains et que nous pouvons utiliser pour construire quelque chose de meilleur, ce que l'indifférence ne permet pas.

JIGME KHYENTSE RINPOCHE (b. 1964) - Transcrit par l'auteur d'après un conseil donné oralement.

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Mère et enfant devant le village et le monastère de Gangté, qui domine la belle vallée de Phobjika au Bhoutan. Décembre 2007 par Matthieu Ricard

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mercredi 12 novembre 2025

L'action pour changer

... Autre exemple encore. Dans les débuts du Bost (1975), un jeune homme de vingt-cinq ans n'ayant pas poursuivi d'études poussées mais légitimement ambitieux et très compétent en matière d'asanas et pranayama décide d'ouvrir un cours de yoga. Malgré son jeune âge et sa timidité, il téléphone à soixante-dix médecins de sa ville pour leur faire part de son projet, s'appuyant intérieurement sur la formule : « Un refus n'a jamais tué personne. » Pour les convictions du mental un refus sera insupportable mais la voix de la vérité affirme le contraire. Quarante médecins l'éconduisent avec plus ou moins de condescendance ou même d'ironie, trente acceptent de le recevoir, s'intéressent notamment à la relaxation et n'écartent pas l'éventualité de lui adresser des patients. L'un d'eux lui conseille vivement de donner une grande conférence d'information sur le yoga. Pour cela il doit être capable de prendre la parole en public, ce à quoi il se sent particulièrement inapte. Il décide néanmoins d'organiser cette conférence. Il écrit et réécrit celle-ci, l'enregistre sur cassette, étudie ses défauts, l'enregistre encore, s'exerce devant la glace... et place dans les magasins complaisants des affiches annonçant les lieux et date de la conférence en question à laquelle assisteront deux cents personnes. Pourquoi lui, pourquoi pas vous ? « Aide-toi, le Ciel t'aidera. » La fortune sourit aux audacieux. « Be bold », disait Swâmiji.


Si vous ne faites pas le premier pas, vous pouvez « exprimer » mille ans en thérapie, il ne se passera rien. La puissance des habitudes est tellement grande que vous serez très déçus au bout de quelque temps : « Finalement, je ne sens pas que je me transforme vraiment, que mon existence change. » Le travail sur l'inconscient peut vous aider à émerger d'un monde d'illusions, à prendre conscience que vous vous mentez à vous-mêmes, que vous réprimez vos vrais désirs, que vous faites semblant de ne pas vouloir ce dont vous avez en fait tellement envie ou qu'au contraire vous vous battez en surface pour quelque chose que vous refusez de toutes vos forces dans la profondeur. Vous commencez alors à comprendre la stupidité de ces agissements qui ne sont pas appropriés et vont même à l'encontre de vos intérêts. De là peut naître la conviction de la nécessité d'un changement d'attitude et d'un comportement actif pour bousculer vos automatismes, votre routine intérieure. Et ce travail, c'est à chacun de l'accomplir en se prenant en main. Votre existence change si votre être change. Mais si vous changez un petit quelque chose dans votre existence, cela vous aide à changer votre être. Les deux sont vrais et se renforcent mutuellement et ce qui vous était presque impossible vous devient aisé, en fonction de ce qu'une lucidité nouvelle vous fait reconnaître comme juste.

Arnaud Desjardins - La voie et ses pièges

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jeudi 17 juillet 2025

Position changeante

« Aide-toi, le Ciel t'aidera. » La fortune sourit aux audacieux. « Be bold », disait Swâmiji.

Si vous ne faites pas le premier pas, vous pouvez « exprimer » mille ans en thérapie, il ne se passera rien. La puissance des habitudes est tellement grande que vous serez très déçus au bout de quelque temps : « Finalement, je ne sens pas que je me transforme vraiment, que mon existence change. » Le travail sur l'inconscient peut vous aider à émerger d'un monde d'illusions, à prendre conscience que vous vous mentez à vous-mêmes, que vous réprimez vos vrais désirs, que vous faites semblant de ne pas vouloir ce dont vous avez en fait tellement envie ou qu'au contraire vous vous battez en surface pour quelque chose que vous refusez de toutes vos forces dans la profondeur. Vous commencez alors à comprendre la stupidité de ces agissements qui ne sont pas appropriés et vont même à l'encontre de vos intérêts. De là peut naître la conviction de la nécessité d'un changement d'attitude et d'un comportement actif pour bousculer vos automatismes, votre routine intérieure. Et ce travail, c'est à chacun de l'accomplir en se prenant en main. Votre existence change si votre être change. Mais si vous changez un petit quelque chose dans votre existence, cela vous aide à changer votre être. Les deux sont vrais et se renforcent mutuellement et ce qui vous était presque impossible vous devient aisé, en fonction de ce qu'une lucidité nouvelle vous fait reconnaître comme juste.

Arnaud Desjardins - La Voie et ses pièges

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jeudi 27 mars 2025

A la recherche du Soi


Au mois de mai chez Almora (merci à José Le Roy) - republication des 2 premiers tomes.

"Le désir a pour but sa propre satisfaction. Au moment où le désir vient d’être satisfait, il y a pendant quelques instants un état sans désir et, dans cet état sans désir, peut se manifester cette béatitude inhérente à la conscience de soi ou au sentiment de soi techniquement appelé ananda. Cet ananda n’est pas une émotion. C’est un sentiment, une paix, une joie, une plénitude qui est l’expression de l’être, qui est lié au fait d’être, au « Je Suis », à la conscience d’être, qui ne dépend pas de l’avoir, qui n’est pas affecté par ce que l’on a ou ce qu’on n’a pas. En vérité, le bonheur que l’on cherche dans l’avoir n’est jamais autre chose que la libération momentanée de la joie intrinsèque à l’être dont les désirs et les peurs vous exilent sans cesse."

Adhyatma yoga - À la recherche du soi 1

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vendredi 6 septembre 2024

Energie de Vie

"Voilà ce qu’il avait compris, pour peu qu’il ait compris quoi que ce fût : cette effrayante énergie appelée vie se damnait et se rachetait à chaque instant.

Elle se damnait par l’oubli, par l’indifférence, par l’inhumanité ordinaire, par la sécheresse instituée en condition courante, par l’absence de perspective de l’esprit et du cœur lovés sur leur plus petit dénominateur commun, le moi rabougri, la personne atrophiée parce que réduite à la personnalité, l’identité embryonnaire...


Et elle se rachetait par l’attention, par le moi non plus étanche mais transparent au point de voir au travers de ses propres parois.

Elle se rachetait par le plus insignifiant des actes de bonté, le plus anodin des gestes généreux, le plus inaperçu des sourires.

Il y avait ce sens-là et il n’y en avait pas d’autre : cette existence était un raz-de-marée de souffrances qui toutes se brisaient contre le mur invisible et à chaque instant remonté de la compassion active.

Voilà ce qu’il avait compris : perte et rédemption, damnation et rachat, étaient la diastole et systole de la circulation de cette vie, elles en régissaient le cœur dans sa marche immémoriale.

Le monde s’abîmait à chaque instant dans l’abomination et, à chaque instant, il appartenait à tout être conscient de le sauver, et de le sauver d’un rien, sans se prendre pour un sauveur et surtout pas se revendiquer comme tel.

L’être conscient avait vocation de fonctionnaire du salut : en poste pour opérer de moment en moment des sauvetages de rien du tout.

Car tous les sauvetages n’étaient de rien du tout, y compris ceux que d’aucuns voyaient, louaient, célébraient, autant que tous ceux qui n’étaient vus de personne. Tous les sauvetages étaient goutte d’eau dans l’océan de la souffrance ininterrompue, et pourtant ... Chacun de ces sauvetages rachetait l’ensemble, dans l’instant comme pour toujours.

C’était à n’y rien comprendre et il n’y comprenait rien. Mais il le vivait, il respirait de cela."

Gilles Farcet, 𝐿𝑎 𝑟𝑒́𝑎𝑙𝑖𝑡𝑒́ 𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛 𝑐𝑜𝑛𝑐𝑒𝑝𝑡 𝑎̀ 𝑔𝑒́𝑜𝑚𝑒́𝑡𝑟𝑖𝑒 𝑣𝑎𝑟𝑖𝑎𝑏𝑙𝑒. Ed. L'Originel 2022.

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samedi 24 août 2024

lumière de la nuit

 Hexagramme du samedi 24 selon l'almanach Ton Shu :

29 - "L'Insondable" ou "L'Abîme" 坎 (Kǎn)

Il est constitué de la répétition du trigramme Kǎn associé à l'eau, au danger, aux défis.
"La peur est une attraction négative." (Swami Prajnanpad)
Imaginons une nuit sans étoiles, où les ténèbres enveloppent tout, rendant le chemin invisible et les pas incertains. Le silence oppressant amplifie chaque souffle, tandis que l’air, lourd et stagnant, semble drainer les forces. Dans cette obscurité totale, l'esprit vacille, cherchant désespérément un repère, une lueur rassurante.
Cette nuit noire incarne nos moments de doute, de peur, où l'avenir semble voilé, imprévisible, et où chaque décision pèse lourdement sur notre conscience, alourdissant un corps déjà épuisé par l’incertitude.
L'enseignement suggéré par l'hexagramme 29, est une invitation à avancer malgré le désarroi.
Parfois, nous nous retrouvons prisonniers d'un cycle de difficultés, comme englués dans un marécage d’épreuves sans fin, qui épuise notre énergie et affaiblit notre volonté. Dans ces moments-là, il est crucial de ne pas céder à la panique, ni de sombrer dans le découragement ou l’isolement.
L’obscurité, tel un voile trompeur, déforme la réalité, créant des ombres menaçantes qui rendent les obstacles plus terrifiants qu’ils ne le sont en vérité.
Pourtant, il ne faut pas oublier que les étoiles sont simplement cachées, prêtes à réapparaître lorsque la nuit commencera à se dissiper. Ainsi, l' Insondable nous exhorte à persévérer.
Chaque pas doit être mesuré, chaque décision mûrement réfléchie.
Il ne s'agit pas de se précipiter aveuglément ou de se laisser submerger par la peur, mais de progresser avec détermination et sagesse, même si cela implique parfois de prendre des décisions moralement coûteuses ou de tendre la main pour demander de l’aide.
Même dans la nuit la plus noire, il existe toujours une lueur d'espoir pour ceux qui savent attendre, affronter leurs peurs, et avancer prudemment vers l’aube inévitable. La lumière finira par percer les ténèbres.
De même que les eaux profondes de l’Insondable cachent des dangers et des mystères, l'inconscient abrite des forces psychiques puissantes – conflits, désirs cachés, pulsions, souvenirs refoulés – qui ne sont pas immédiatement accessibles, mais qui influencent néanmoins nos vies, parfois en générant des troubles psychologiques ou des comportements problématiques. Comme le Yi Jing conseille de faire preuve de persévérance dans les moments difficiles, la psychothérapie ou un travail "spirituel" nous invite à un travail intérieur profond, continu et engageant pour explorer ces recoins obscurs de notre psyché. Ce cheminement, bien que souvent ardu, conduit finalement à une libération.
Ainsi, l'hexagramme 29, avec son image d’eau profonde et insondable, devient une métaphore puissante des profondeurs de l’inconscient et de son travail de dévoilement.

Han Hi-Yes

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lundi 22 janvier 2024

Etre inconscient de l'inconscient

 Extrait de "Regards sages sur un monde fou" de Arnaud Desjardins.


"En fait, je n’ai cessé de constater combien tous les êtres humains, pas seulement le personnel politique, peuvent être menés par leur inconscient, à quel point la pure subjectivité intervient dans leurs choix, dans leurs orientations, dans l’exercice de leur profession... Si on tient compte des dynamismes profonds, relevant de la pure psychologie, qui animent des personnes, hommes ou femmes, jouant des rôles importants, on en arrive à une tout autre vision de la réalité. On voit la profondeur à l’œuvre sous la surface. Ce qui explique le monde, ce n’est pas l’appropriation des moyens de production à une époque donnée ; c’est la psychologie, la manière dont les êtres humains sont menés par des dynamismes inconscients ou subconscients. Voilà la vraie clef mais qui n’apparaît pas au grand jour. Aucune statistique ne peut mentionner cette donnée. Elle n’est pas mesurable et peut seulement être entrevue dès lors qu’on observe, qu’on écoute et que l’on cherche à voir plus loin que la surface.

Pouvez-vous donner quelques illustrations ?

J’ai par exemple rencontré un contrôleur fiscal parfaitement honorable et consciencieux qui, au cours d’une thérapie, a découvert qu’il défoulait des pulsions inconscientes à la faveur de l’exercice de sa profession. Il a demandé à être provisoirement relevé de cette activité pour en exercer une autre au sein du ministère des Finances, tant il était sidéré de sa découverte : il n’en revenait pas d’avoir vu avec quelle hostilité purement personnelle il s’était acharné sur certains contrôlés sans même en être conscient. Maintenant, est-ce qu’on ne ferait pas, peut-être, des découvertes similaires si on pouvait examiner les vraies motivations de tel ou tel des juges qui apparaissent aujourd’hui comme les champions de l’intégrité et qui traquent la prévarication chez les hommes politiques ? Je ne conteste pas qu’ils fassent œuvre civique ; je dis seulement que sous la surface, sous les intentions et motivations professées en toute sincérité, les profondeurs du psychisme sont à l’œuvre. Une personne que je connais depuis longtemps m’a raconté qu’elle avait eu pour camarade de classe de la cinquième à la terminale un garçon aujourd’hui devenu l’un de ces juges célèbres. Ce même juge, au cours de sa scolarité, année après année, choisissait une victime dans la classe, qu’il harcelait sans cesse en la traitant de « sale riche » jusqu’à ce que le lycéen en question finisse par craquer. Quand, sachant cela, on constate que ce garçon est devenu le cauchemar de politiciens et d’hommes d’affaires, on y trouve matière à réfléchir. N’ayant vraisemblablement jamais fait un travail de mise au jour de son inconscient, cet homme est mû par les mêmes dynamismes que ceux qui l’animaient lorsqu’il était enfant ou adolescent. Pourtant ni son intégrité ni sa conscience professionnelle ne sont en cause et il est, à tous égards, un « grand juge » faisant œuvre utile. Nous sommes sincères. Mais qu’en est-il de nos plus profondes motivations ? Tout psychothérapeute expérimenté pourrait étayer ce que j’évoque en donnant ses propres exemples.

Bref, sous couvert de rationalité, nombre d'êtres humains expriment des dynamismes irrationnels...


Ce qui détermine, dirige vraiment à leur insu les comportements des adultes, c’est la manière dont ils ont vécu leur petite enfance, dont ils ont réagi à certains traumatismes, fut-ce quelque chose d’aussi banal en soi que le fait d’être, en tant qu’aîné, détrôné par l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Je n’ai cessé de constater cette puissance de l’inconscient, même là où la rationalisation technique paraît tout à fait probante. À cet égard, je peux vous raconter encore une petite histoire vraie : en 1982, un énarque prépare un volumineux dossier sur ce qu’il appelle « la famille socialiste ». Au passage, autant je vois en quoi pourrait consister une politique socialiste de la famille, autant je me demande bien ce que peut être « la famille socialiste », mais passons... Bref, cet épais document arrive à la conclusion que la « famille socialiste » est une famille de deux enfants. Une personne de ma connaissance, elle-même socialiste et mère de famille nombreuse, lit le dossier et demande à son auteur : « Deux enfants... Pourquoi pas trois ?» En réponse à quoi l’énarque laisse échapper ce cri du cœur : « Ah non, ça fait trop mal ! » En le questionnant l’air de rien, la personne qui m’a raconté cette histoire a appris qu’il était le second d’une famille de trois enfants, le dernier né l’ayant détrôné à son tour de sa relation privilégiée avec sa mère. Voilà un bel exemple : cet homme hautement diplômé avait pondu des dizaines de pages et toute une argumentation à grand renfort de chiffres, graphiques et statistiques, pour rationaliser un ressenti qui était uniquement le fruit de sa propre histoire : dans la famille idéale il y a forcément deux enfants ! Il l’avait fait en toute bonne foi, sans un instant soupçonner qu’il pouvait être mû par autre chose que la raison éclairée au service du bien public.

Il s’agit donc d’un aveuglement...

D’un aveuglement qui dans ce cas précis ne porte guère à conséquences. Mais je suppose que les grands inquisiteurs qui ont envoyé des centaines de malheureux au bûcher étaient persuadés que leur place était réservée au paradis, à eux les gardiens de la vraie foi, chargés par la Sainte Eglise de lutter contre l’hérésie... On pourrait multiplier les exemples, tragiques ou plus anodins."

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dimanche 6 août 2023

Mondes obscurs

 S’il reste dans notre vie une zone importante qui n’a pas été examinée, il est beaucoup plus difficile de s’abandonner au Divin. Nous voulons tous réaliser l’aspect lumineux de la nature humaine, mais personne ne veut voir la partie d’ombre. 


Parce qu’ils représentent la dimension transformatrice du psychisme, nous avons besoin, pour devenir des êtres humains à part entière, que les mondes obscurs se marient aux mondes supérieurs. Etre entier, c’est être complet. D’un point de vue holistique, la vie n’est pas parfaite, mais en revanche, elle est complète. L’expérience humaine n’est pas un registre de voix ou un climat unique, une saveur neutre et homogène, elle inclut tout l’éventail des possibles. 

Comme une symphonie précisément orchestrée, la vie est une polyphonie complexe qui comprend de nombreuses mélodies et atmosphères aussi bien harmonieuses que dissonantes.

Sans l’expérience complémentaire et équilibrante des mondes obscurs, les mondes lumineux nous entrainent dans l’illusion, la dilatation de l’ego et la grandiloquence. Dans notre culture occidentale, nous avons tendance à nous sentir plus à l’aise dans ces mondes-là. Le travail du shaman contemporain va donc consister en grande partie à se focaliser sur la rédemption et la conquête des mondes obscurs.

Les mondes obscurs sont le domaine d’expression des esprits et des pouvoirs psychiques, de l’extase, de la révélation, du chaos créatif, de la passion, des énergies sexuelles, de la guérison et de la transformation. Chargé des pouvoirs de vie et de mort, c’est un domaine formateur où se retrouvent les schémas originels des semences de la Création, ce que Gregory Bateson appelle « les schémas qui connectent ». C’est là que sont nos racines, qu’est l’unité primordiale de toute chose. C’est ce pouvoir guérisseur fondamental des mondes obscurs que nous avons besoin de reconquérir.

Les mondes obscurs sont le lieu où résident ces fragments de nous-mêmes qui sont niés, réprimés, éclatés et constituent ce que Carl Jung appelle « l’ombre ».  Jung était convaincu que cette ombre possède un pouvoir et une vie propres. Autrement dit, si nous ne reconnaissons pas ces parties de nous-mêmes en toute conscience, elles agissent de leur propre chef à partir d’une source inconsciente -souvent dans le but de déstabiliser notre attention, toujours dans celui de l’accaparer. Pour utiliser le langage des shamans, ces fragments, qu’on appelle des « alliés », des « esprits » ou des « démons », ont le pouvoir de guérir ou de tuer et peuvent s’emparer de l’âme.

Nous avons perdu notre connexion avec les pouvoirs de guérison et les passions du domaine des mondes obscurs. Pour l’Occident, ces mondes équivalent à l’enfer, à l’abîme de feu du Diable. On peut traduire ce phénomène en termes psychologiques, à savoir que les mondes obscurs contiennent toutes les énergies refoulées de l’humanité, ainsi qu’un potentiel inconnu de croissance chez l’être humain.

Ces énergies refoulées comprennent la sexualité, l’extase, le chaos de la créativité, la naissance, la mort, d’autres aspects de la vie aussi et plus particulièrement la dimension féminine, laquelle fut dénaturée par une culture répressive et une vision du monde religieuse dans son sens restrictif. Il n’est pas étonnant que la peur de l’enfer pousse les intégristes chrétiens à condamner et à refouler le rock et d’autres formes artistiques, en particulier le théâtre, qui ne cessent de nous rappeler l’existence des mondes obscurs, nous y transportent même.

Parce que la peur et le refoulement des forces de l’ombre sont profondément ancrés dans notre culture, leur irruption dans le monde du milieu, le monde de la vie quotidienne, peut s’avérer désagréable. Au pire, elle est choquante : violence, vengeance, viol, torture, meurtre, génocide, guerre, ce sont là quelques démons hideux qui appartiennent aux mondes obscurs. Et puis il y a ces expressions habituelles que nous acceptons comme faisant tout simplement partie de la vie de tous les jours : la culpabilité, la honte maladive, les abus sexuels, la colère, le vice, l’avidité, le sadisme, le perfectionnisme, le racisme, la misogynie, l’autoritarisme, la tyrannie, les dépendances multiples, etc…


Parce que nous nions ou réprimons les mondes obscurs, ils font partie de notre univers inconscient. L’inconscient humain peut être comparé à une cocotte-minute. Quand le couvercle est très serré trop longtemps et que la vapeur ne peut s’échapper, la cocotte vous explose à la figure. Mais si vous laissez la soupape se dégager naturellement et progressivement, alors la pression diminue et vous pouvez enlever le couvercle facilement. A ce moment-là seulement, vous avez la possibilité de remuer ce qu’il y a à l’intérieur, de l’assaisonner et de le manger.

C’est à ce type de nourriture pour l’âme que Socrate fait référence lorsqu’il dit : « connais-toi toi-même ». Il faut reconnaitre et intégrer chaque partie de soi et rester ouvert à toutes les possibilités humaines. Le refoulement et le rejet de la vie génèrent les cruautés et les maladies de l’humanité. C’est ce principe psychologique fondamental que l’on retrouve dans les évangiles apocryphes (gnostiques) :

Si tu fais naitre ce qui est en toi, / Ce que tu fais naitre te sauvera. / Si tu ne fais pas naitre ce quoi est en toi, / Ce que tu ne fais pas naitre te détruira.

Evangile de Thomas, 14.29-33

Nous pouvons nier la part d’ombre en nous (et la vie en général) autant que nous le voulons, mais elles ne disparaitront pas pour autant. Plus nous réprimons et nions les pouvoirs des mondes obscurs, plus ils deviennent « infernaux » et « malveillants ». En termes psychologiques, ces mondes sont peuplés de puissantes énergies vitales réprimées et dénaturées, qui se retrouvent tordues, malades et coupées de notre conscience…

Des véritables profondeurs de l’ombre naissent les révélations et la guérison. C’est en y descendant que l’on découvre ses propres potentiels de guérison. On peut alors réintégrer ces aspects à la totalité. Par un processus de démembrement et de mort psychique, une porte s’ouvre sur la vacuité des mondes souterrains. [S’ensuit une union avec la forme originelle.]

Les voyages dans ces dimensions ne sont utiles que si l'on a la capacité de rapporter ce que l'on a appris dans le monde relatif. Le monde relatif c'est la vie quotidienne, ce dont l'ego a conscience, la réalité physique ordinaire de la terre... l'activité concrète, le progrès, le fait d'apprendre, d'agir, de construire. Pour la plupart des gens ce monde est coupé, inconscient de sa connexion à la réalité non ordinaire (même si la vie intérieure, la vie intime finit toujours par faire irruption dans le monde ordinaire, malgré tous nos efforts pour la nier). Le monde relatif n'a pas grande signification sans cette connexion avec les mythes. Sans la riche expérience intérieure des mondes inférieurs et supérieurs, nous sommes inconscients, somnambules, de simples machines. Nous nous transformons en robots, ignorants du mystère sous-jacent à tout ce qui nous entoure. 

Le cœur éternel de la voie (tome V) - Lee Lozowick

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mardi 25 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (1)

 


J'ai lu pendant ma semaine de retraite (où j'ai pu être plus conscient de la conscience) le livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort (sortie Novembre 2022). Voici une série d'extraits qui sera ma série de l'été...

...Tel est le déroulé complet d’une EMI. Toutes les personnes ne vivent pas cette expérience dans sa totalité. Comme le souligne le Dr Chris Roe, professeur de psychologie à l’université de Northampton (Royaume-Uni), « chaque NDE est unique et peut inclure n’importe quelle combinaison de phases. Les phases peuvent se produire dans n’importe quel ordre. Aucune caractéristique n’est commune à toutes les EMI ». Certaines personnes, par exemple, ne passent que par le stade de sortie du corps, quand d’autres ne perçoivent que des proches décédés et réintègrent leur corps, sans traverser les autres étapes. Il semblerait que plus l’expérience est complète, plus les changements ultérieurs chez la personne sont profonds. Ainsi, l’impact sera moindre sur celle qui n’a connu qu’une sortie du corps - elle sera sujette à moins de transformations intérieures sur le long cours - que sur celle qui a vécu la totalité du processus.

Revenons en détail sur chaque élément caractéristique de l’EMI.

La sortie du corps — out-of-body expérience (OBE)

Elle survient le plus souvent dans une situation où la personne est en danger : un accident entraînant une défaillance cardiaque, un infarctus, un incident au cours d’une intervention chirurgicale... La personne prend soudain conscience qu’elle n’est plus dans son corps physique, alors qu’elle le perçoit sur le sol ou sur la table d’opération. Elle est parfaitement consciente de la situation. Ses sens sont extrêmement vifs, aiguisés, sans aucune confusion. Elle voit son corps apparemment sans vie et n’en éprouve pas de frayeur particulière. Durant une telle expérience, certaines personnes affirment même avoir éprouvé un certain détachement, un certain désintérêt à son égard.

« La première chose dont je me souviens, c’était que j’étais sorti de mon corps. Comme si je flottais au-dessus de lui. Il y avait beaucoup de monde autour qui essayait de le réanimer mais je me sentais très détaché par rapport à lui. C’était comme si je regardais un vieux vêtement que j’avais mis autrefois mais dont je n’avais plus l’utilité. Je me sentais plus vivant que jamais. Sans douleur, sans besoin d’aucune sorte. J’étais juste “là”, présent dans cette paix qui m’enveloppait. C’est là que j’ai compris que nous ne sommes pas notre corps ! »

«Je me suis soudain retrouvée à environ deux mètres au-dessus de mon corps. Je ne l'ai pas immédiatement reconnu. L’équipe médicale s’agitait sur lui. Et puis d’un seul coup, j’ai su que c’était moi... ou plutôt que c’était mon corps parce que “moi”, je n’étais plus dans ce corps ! »

La personne se rend progressivement compte que les gens qui se trouvent autour d’elle ne l’entendent pas, ne la voient pas, alors même qu’elle essaie de communiquer avec eux. Elle capte parfois leurs pensées. Si elle se trouve dans un environnement hospitalier, elle voit les tentatives de réanimation des médecins pour faire repartir son cœur. En tant que témoin direct de cette scène, elle sera par la suite en mesure de décrire avec une grande précision ces procédures, même si elle était inconsciente à ce moment-là, en arrêt cardiaque, les paupières souvent closes - voire fermées avec des compresses et du sparadrap - et sans activité cérébrale lui permettant d’enregistrer la moindre information sensorielle.

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vendredi 9 juin 2023

Emotion et "Possession"

 EMOTION ET « POSSESSION » (extrait du "carnet")

« L’émotion n’est jamais justifiée »  - Swami Prajnanpad

NB : le terme « émotion » est ici employé selon le sens spécifique que lui donne Swami Prajnanpad qui distingue l’émotion du sentiment. 


La puissance de l’émotion …

Ce fait, ce simple fait, évident, et cependant rarement vu, à la portée si peu mesurée : l’émotion, quand elle prend possession de nous, est si impérieuse, si dictatoriale …

A la vérité, sa force de persuasion est immense, donc d’autant plus redoutable. 

Il n’est pas exagéré dès lors qu’on prend toute la mesure de ce phénomène si banal, de parler de « possession » car c’est exactement de cela dont il s’agit. 

Dans le cas bien entendu de  « l’émotion » au sens très précis et spécifique que donne Swami Prajnanpad à ce terme. 

Dès l’instant, donc, où une émotion, quelle qu’elle soit, de quelque nature qu’elle soit, sur quelque sujet et thème qu’elle porte, quel que soit son ou ses déclencheurs « à l’extérieur » -  c’est à dire dans le courant des « conditions et circonstances » de l’existence- , dès l’instant, donc, où l’émotion survient en moi, en ma personne, je suis littéralement « possédé ». Un démon prend possession de moi, de mes facultés. 

Mon intelligence, mon cœur et jusqu’à mon corps physique sont « pris », réquisitionnés pour ainsi dire, mobilisés au service d’une force aveugle et mensongère qui m’ordonne de réagir : intérieurement, en entretenant des pensées inutiles et fausses, même si basées sur des fragments de « vrai » , extérieurement,  extérieurement en posant des pseudo actions que je ne pourrai que regretter ensuite, ; avec les conséquences desquelles, en tout cas, je ne serai pas en paix. 

Tout cela étant, il n’est donc pas excessif de parler de « possession », de puissance « démoniaque ». 

Il ne s’agit pas du tout de diaboliser l’émotion, de se juger en tant que sujet susceptible d’être possédé par elle, d’entretenir l’idée fausse (elle même relevant de l’émotion) que ce serait « mal » d’être pris par ce phénomène psycho- physique … Au final, le diable lui même n’a pas à être diabolisé ! Il fait son job et le fait très bien, voilà tout. 

Et quelle puissance, quelle emprise … dont l’immense majorité des humains n’est tout bonnement pas consciente  ! 

C’est bien là la force du diable :  il est le « prince de ce monde » mais presque personne ne le sait, ne prend la mesure de son règne … "Ne nous induis pas en  tentation"  … 

Si ce que j’écris s’applique à un être humain sérieusement investi sur ce que nous appelons la voie, enraciné dans une  pratique solide et soutenue, qu’en est il, d’abord de toutes celles et ceux qui se veulent « sur la voie » mais dont la pratique est encore faible, peu solide, occasionnelle et partielle ?  Et ensuite de l’immense masse des humains qui n’ont même pas idée de la nature et du rôle de "l’émotion"  ? 

Voilà bien l’un des secrets les mieux gardés au monde…  L’une des dimensions les plus « ésotériques » de ce que nous appelons la voie, et qui cependant est là, exposée à la vue de tous. Un « secret » si flagrant, si « public », qui saute tellement aux yeux … qu’on ne le voit pas !  Et donc qu’on n’en tient pas compte, ou si peu …

Si ce n’est pas de la « diablerie » ….

Eh oui, la vérité, si simple et effrayante, c’est que quasiment tout le monde vit, existe, fonctionne, travaille, aime, « décide »…  en proie à l’émotion, autrement dit sous l’emprise d’une force à la fois immense et insoupçonnée. 

Papa et maman sont dans l’émotion, mes petits camarades sont dans l’émotion, mon chef est dans l’émotion, mes subordonnés sont dans l’émotion, mon conjoint, ma conjointe est dans l’émotion, mes enfants sont dans l’émotion, mes frères et sœurs sont dans l’émotion, mon député est dans l’émotion, mon président et mon premier ministre sont dans l’émotion, le tyran psychotique qui joue avec le bouton nucléaire est dans l’émotion, le curé est dans l’émotion, l’imam aussi, et le rabbin et le swami hindou plein de zèle et le moine bouddhiste gonflé au calme … Même le néo védantin qui serine à longueur de journée qu’ « il n’y a personne » est dans l’émotion. 

L’Histoire (la « grande ») comme mon histoire (ma « petite » histoire) est pour l’essentiel une succession d’émotions et donc de réactions, bien entendu justifiées, argumentées jusqu’à plus soif … « Un conte plein de bruit et de fureur, raconté par un idiot et qui n’a aucun sens », comme l’a si bien et une fois pour toutes dit l’ami William (Shakespeare). 

Vue depuis le point « neutre » , il n’y a pas de « petite » et de « grosse » émotion.  Tout au plus des degrés. 

Oui, le malheureux ou la malheureuse qui cèdent à la  violence, le tyran persécuteur, le criminel endurci,  sont possédés par une « émotion » a priori plus « grosse » et aux conséquences plus dommageables que celle qui m’étreint quand j’en veux bien banalement à mon conjoint, à mon ami, à mon voisin et nourris quelques pensées négatives à leur égard … Oui.

Et l’émotion est l’émotion. 

Sachant que comme le dit si bien le proverbe, les petits ruisseaux font les grandes rivières. Au fond du bourreau, du tyran, du criminel, du « méchant », il y a, au départ, des émotions toutes ordinaires, certes récurrentes,  ressenties jusqu’au traumatisme irréparable à l’échelle d’une existence. 

 Chaque fois que je collabore avec l’émotion prenant possession de ma personne - étant entendu que, pendant longtemps, je n’ai pas le choix et c’est bien là un aspect de la tragédie - «Life, what a tragedy ! - Swami Prajnanpad »- je participe activement, que je le « veuille » ou non à la maladie de l’ensemble. 

Chaque fois que, me réveillant - mais par quelle grâce ? De par quel travail ayant cristallisé en moi ?- je cesse de collaborer, je participe à la guérison. 

Oui, il est possible, peu à peu, par une pratique soutenue, rigoureuse, bienveillante et fervente , d'émerger de la toute puissance de l'émotion, autrement dit de "mon" monde. Là réside l'authentique "sagesse", la réelle "liberté", l'"éveil" digne de ce nom - autre chose qu'une expérience, fût elle bouleversante. 

Et, voyons le en face  : l’immense majorité d’entre nous, y compris gagné aux "idées" spirituelles,  aime, mange, prie (allusion à un beau titre d’un joli film) possédé par l’émotion …

Gilles Farcet

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jeudi 13 avril 2023

Le corps et son langage

 

Réconcilier la partie consciente et inconsciente du conditionnement émotionnel

« La constante du milieu intérieur est la condition d’une vie libre. » Claude Bernard



L’équilibre de notre milieu intérieur (glycémie, température, taux de sel dans le sang, etc.) en dépit des conditions de vie extérieures (chaleur, froid, etc.) est une condition essentielle à la survie de l’individu. On appelle cet équilibre dynamique l’homéostasie.

Ce sont les réflexes de survie commandés par le système nerveux sympathique qui permettent de maintenir cet équilibre. Dans cet équilibre dynamique, il va y avoir compétition entre deux actions opposées, par exemple celle de manger beaucoup ou de manger peu. Un des pôles d’action est sélectionné s’il représente un avantage pour la survie de l’individu.

Marie et Lisa

Lisa est en couple depuis un an. Elle a 33 ans. Elle veut perdre du poids mais n’y arrive pas. Dès qu’elle perd un kilo, elle en reprend davantage. Au cours de la consultation, elle dit avoir encore pris du poids. En disant cela, elle affiche un large sourire sans s’en rendre compte. Le langage de son corps et l’émotion qu’elle exprime sont en contradiction avec son souhait de maigrir. Le fait de prendre du poids soulage manifestement un stress chez elle.

On se souvient qu’elle est née prématurément et a été placée en couveuse. Le fait d’être arraché à sa mère est dramatique pour un nouveau-né car il est privé des besoins primordiaux de nourriture et de protection. Un faible poids peut devenir un inconvénient majeur. Il semble logique de penser qu’en réaction à un faible poids, on aura une prise de poids. Plus Lisa prend du poids, plus elle s’éloigne du stress de sa naissance et donc plus elle est récompensée. Elle a toutes les difficultés du monde à perdre du poids car cela la replonge dans le stress initial.

Chez Lisa, le conditionnement émotionnel pourrait s’énoncer : « manger c’est bon pour ma survie ». Si le conditionnement émotionnel est maintenu, le comportement se maintient aussi. La récompense qu’elle recherche en permanence est de manger à sa faim. Elle est bloquée tant qu’elle ne reconnaît pas que le surpoids vient solutionner quelque chose. C’est seulement si elle reconnaît cela qu’elle pourra changer, en remplaçant l’excès de nourriture par autre chose qui lui procurera un plaisir plus grand comme la pratique d’un sport par exemple.

La compréhension du sens du conditionnement permet de pouvoir agir dessus. On peut alors choisir la modalité de la réponse et la mettre en action.

Guérir, c’est sortir du rail de la réponse automatique du conditionnement et choisir en toute liberté une nouvelle réponse.

Si on est en surpoids, le premier pas vers la guérison est de rechercher pourquoi l’organisme a mis en place cette adaptation-là et pas une autre.

C’est en acceptant le surpoids et en comprenant son sens qu’il est possible d’adopter un nouveau comportement qui présente des bénéfices encore plus grands que celui procuré par la nourriture.



Pourquoi éprouve-t-on des difficultés à changer ?

Changer signifie modifier l’équilibre de notre milieu interne. C’est le plus difficile, du point de vue biologique, car cet équilibre est contrôlé de manière involontaire et inconsciente par le système nerveux sympathique.

Changer, c’est donc se mettre en danger, dans l'inconnu d'un nouveau fonctionnement qui n’a pas encore fait ses preuves.

Si on reprend l’exemple du chien de Pavlov, comment pourrait-on le reconditionner ? Déprogrammer n’aurait aucun sens. On ne peut pas désapprendre quelque chose qui a eu un sens à un moment donné. Cependant, on peut apprendre quelque chose de nouveau. On pourrait, par exemple, reconditionner le chien a un stimulus plus agréable que le fait de lui présenter de la nourriture. Par exemple, chaque fois que la cloche sonne, aller le promener. Après reconditionnement, au lieu de saliver, il ira chercher sa laisse ou remuera la queue par exemple…

Source : L'impact des émotions sur l'ADN (2014) de Nathalie Zammatteo 


mercredi 23 mars 2022

Un voyage intérieur


Voici un souvenir pour les personnes qui ont eu la chance de connaître Nestadio.

lundi 4 octobre 2021

Inconscient

 


" L'inconscient est toujours le cheveu sur la soupe, le défaut craintivement caché de la perfection, le démenti pénible de toutes les prétentions idéalistes, le reliquat terrestre qui adhère à notre nature humaine et trouble douloureusement la clarté du cristal à laquelle nous aspirons.
Pour son accomplissement, la vie n'a pas besoin de perfection mais de plénitude. Celle-ci inclut l' ""écharde dans la chair ", l'expérience douloureuse de l'imperfection sans laquelle il n'y a ni progression , ni ascension. "
C.G.JUNG , Psychologie et Alchimie .


jeudi 12 août 2021

Des "faire"...

 


Je viens d’employer le mot « faire ». C’est un mot particulièrement important sur le chemin. Je l’ai beaucoup entendu en anglais, « to do ». En anglais, il existe deux mots, qu’on traduit en français communément par « faire » : « to make », qui veut dire faire au sens de fabriquer et « to do » qui veut dire faire au sens de agir. Et ce mot faire ou agir vous demandera une réflexion poursuivie pendant des années et une compréhension qui changera d’année en année. Par exemple, dans le premier enseignement vivant avec lequel j’ai été en contact à l’âge de vingt-quatre ans, celui de Gurdjieff, exprimé dans le livre Fragments d’un enseignement inconnu, le mot « faire » est le terme essentiel. Gurdjieff affirme : « On ne fait rien, tout arrive. » L’homme (en tout cas l’homme actuel) est incapable de faire et « il n’y a qu’un seul pouvoir miraculeux : la capacité de faire ». À l’autre extrémité, l’enseignement hindou, tel qu’on l’entend répété dans les ashrams divers et auprès de pandits, de shastris et de swâmis, insiste sur l’illusion du « faire » et, quand, en 1959, j’ai découvert l’Inde et le vedanta, j’ai été quelque peu surpris en entendant un langage nouveau. L’expression que je retrouvais au cours de différents entretiens, aussi bien au nord de l’Inde qu’au sud, était : « free from the “I am the doer” illusion », libre de l’illusion : « je suis l’agissant, l’auteur des actions ».

Il y avait de quoi être dérouté. Depuis dix ans, dans l’enseignement Gurdjieff, je m’étais donné comme but la capacité de faire, j’étais arrivé à la conviction qu’en effet je ne faisais pas, que tout se faisait mécaniquement à travers moi, sauf à de bien rares moments, et maintenant on me proposait surtout de ne plus faire et de perdre l’illusion que c’était à moi de faire, que je pouvais faire ou que j’avais la capacité de faire. Vous voyez comme on peut être vite désorienté par le langage si on entend des entretiens ou si on lit des livres, à moins d’être pris en charge par un maître qui, peu à peu, comprend, je dirais presque apprend, notre langage, le sens que nous donnons aux mots, dans quelle mesure ceux-ci nous éclairent ou, au contraire, obscurcissent notre vision, et qui nous aide à leur donner un sens vivant puis à les faire disparaître pour les remplacer par des expériences et des certitudes.


Effectivement, il est tout à fait légitime de décrire la libération comme un renoncement absolu à faire ou comme le constat de sa totale impuissance à faire, au vrai sens des mots « faire » ou « agir ». Mais c’est réellement le plus haut accomplissement, que vous pouvez prendre comme synonyme d’éveil, et qui ne peut advenir que si vous êtes allés jusqu’au bout de votre effort pour devenir capables de faire. Ceux qui connaissent un peu cet enseignement de Swâmi Prajnânpad vont reconnaître quelques paroles si importantes que je les cite d’abord en anglais, c’est-à-dire avec les mots mêmes de mon gourou : « to do, there must be a doer », « pour agir, il faut qu’il y ait un agissant » ; ou bien : « first the doer, then the deeds », « d’abord l’agissant, ensuite les actions ». Et, sur ce point, l’enseignement de Swâmiji rejoignait celui des Fragments d’un enseignement inconnu. Le manque d’unité intérieure, la succession de personnages qui se lèvent en nous et disparaissent, remplacés par un autre, la puissance efficace de l’inconscient pour nous pousser à des réactions dont nous ne savons pas les véritables motivations, tout cela nous empêche de « faire » et une première partie du chemin, qui peut durer quelques années, sera la perte d’une série d’illusions à cet égard et la découverte expérimentale de cette incapacité à faire. Vous ne la découvrirez que peu à peu ; même si vous donnez votre adhésion au langage de Swâmiji, vous ne pouvez pas sentir tout ce qui est impliqué dans de telles affirmations. Seules la vigilance, la prise de conscience, la connaissance de soi dans le relatif, peuvent vous convaincre de ce que je reprends à mon compte aujourd’hui. Comment fonctionnent vos impulsions, vos décisions, vos volontés, vous ne le savez pas. Le corps, l’émotion, la pensée, le sexe ont leurs propres mécanismes qui se renforcent ou se contredisent les uns les autres. Pendant longtemps l’inconscient demeure le maître si un effort intense, prolongé, par moments héroïque, n’a pas été mis en œuvre, soit par une plongée directe dans l’inconscient, soit par une vision immensément lucide du fonctionnement de cet inconscient dans l’existence.

Arnaud Desjardins, extrait de « Tu es cela », À la recherche du soi, tome IV

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mercredi 11 août 2021

L'égo est vu...


 

Vous pourrez comprendre aussi ce que signifie réellement « être un avec ». 

L’ego même calme, même paisible, même serein, même non égoïste ne peut jamais être parfaitement un avec. Il apporte toujours sa coloration, il se sent toujours quelqu’un en face de quelque chose d’autre. Quand vous vous sentez « quelqu’un », vous ne pouvez pas être un avec. Mais il y a en vous, ou vous êtes, une conscience qui n’est ni quelque chose ni quelqu’un (ce serait encore un objet), qui est vraiment comparable à un miroir, qui est seulement conscience, seulement lumière rigoureusement incolore. Ce n’est pas « moi » qui prends conscience de l’interrupteur ou de la poignée de porte ou du trou de serrure que j’ai là sous les yeux. Il serait peut-être juste, pour essayer d’exprimer l’inexprimable, de dire non pas : « Je vois la poignée de porte », mais simplement : « La poignée de porte est vue. » Et vous noterez, en effet, les différences de formulation entre l’école hindoue et l’école bouddhiste. Certains diront


: « Nous pouvons employer l’expression “je vois la poignée de porte”, à condition que ce je ne soit pas le moi ou l’ego, mais le pur témoin sans aucune définition ou limitation d’aucune sorte. » Et d’autres rétorquent : « Non, ce pur témoin est tellement incompréhensible à l’expérience ordinaire que si vous dites : “Il s’agit du pur je et non pas du petit moi”, le petit moi va immédiatement annexer ce pur je et ne comprendra pas. » C’est la formulation bouddhiste et certaines formulations hindoues. 

Il n’est pas juste de dire je, au sens le plus ultime du mot : je vois la porte. Il faut dire : la porte est vue, c’est tout. Mais tous reconnaissent qu’il y a bien une certaine conscience qui est là. La porte est vue et n’en disons pas plus sous peine de nourrir l’ego dans ses illusions et ses incompréhensions. La formulation hindoue paraît plus positive, la formulation bouddhiste paraît plus négative, mais elles pointent vers la même direction. Les bouddhistes disent : « La rivière disparaît dans l’océan. » Et les hindous disent : « La rivière se jette dans l’océan. » « La rivière disparaît dans l’océan », l’ego prend peur : je vais disparaître. Tandis que : « la rivière se jette dans l’océan », l’ego trouve ça magnifique. « Je vais atteindre la grande Réalité suprême. » Il semble qu’une formulation soit plus négative et effrayante pour l’ego, mais la réalisation est exactement la même. Dans les deux cas la rivière a disparu et l’eau est élargie à l’infini, à l’immensité de l’océan.

Arnaud Desjardins, Le vedanta et l’inconscient, À la recherche du soi, tome III

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samedi 29 mai 2021

Violence et cerveau

 

Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous explosons de colère ?

[Interview] Se mettre en rage, voir rouge, péter les plombs : ces phénomènes physiques que nous connaissons tous prennent naissance dans notre cerveau. Plongée dans ces circuits neuronaux bien mystérieux avec le neuroscientifique américain Douglas Fields.

Un jour, alors qu’il se trouvait à Barcelone, en Espagne, Douglas Fields a fait lui-même l’expérience d’un déchaînement de colère. Ce matin-là, accompagné de sa fille alors âgée de 17 ans, ce neuroscientifique est victime d’une tentative de vol en pleine rue. Il surprend le pickpocket et le plaque aussitôt au sol avec rage avant de récupérer son portefeuille. Comme en pilotage automatique. D’où lui venait cette violence inouïe ? Pour répondre à cette question, il a écrit un livre, Why we snap ? (non traduit en français), dans lequel il décrypte les mécanismes cérébraux inconscients qui nous font voir rouge.

Pouvez-vous décrire ce qui se passe dans le cerveau d’une personne qui a un accès de violence ?

Casser une assiette sous l’effet de la colère ou briser un club de golf après avoir raté un coup sont des actions violentes impulsives et soudaines qui dépassent notre volonté consciente. Nous avons tous cette capacité inscrite dans notre cerveau. Celle-ci est nécessaire à notre survie d’un point de vue biologique.

En tant qu’espèce, nous devons nous protéger, sécuriser nos familles et nos ressources dans la perspective de la lutte pour la survie dans la nature, là où le cerveau humain a évolué. Des études récentes ont identifié les circuits cérébraux spécifiques qui sont responsables du comportement violent.

Le centre de ces circuits se trouve au plus profond de notre cerveau, dans une région où les comportements automatiques et essentiels à la vie sont contrôlés, comme l’alimentation et la sexualité. Cette partie du cerveau (l’hypothalamus) échappe à notre conscience qui est, elle, générée dans la couche externe du cerveau, le cortex cérébral.

Problème : notre cerveau conscient est beaucoup trop lent pour répondre rapidement et de manière efficace à une menace soudaine. Nous disposons donc de ce mécanisme très rapide et inconscient qui permet de déclencher une agression en réponse à une menace. Lorsqu’une personne craque soudainement et avec violence, ce sont ces circuits neuronaux conçus dans un but défensif qui s’activent, mais souvent de manière inappropriée.

Vous écrivez que la conduite automobile est un moment particulièrement sensible. Pourquoi ?


Nous ne pétons les plombs que dans certaines situations bien précises liées à notre survie. J’ai identifié neuf déclencheurs des comportements violents, que j’ai nommés les « lifemorts ». L pour life (« vie ») lorsque notre vie est menacée ; I pour insult (« insultes ») lorsque notre honneur est touché ; F pour family (« famille ») lorsque nos proches sont en danger ; E pour environment, lorsque notre territoire est envahi ; M pour mate (« conjoint ») lorsque nous risquons de perdre notre partenaire ; O pour organization, quand l’ordre de la société est remis en question ; R pour resources, lorsque nos besoins fondamentaux ne sont plus comblés ; T pour tribe (« tribu »), quand une menace pèse sur notre groupe et S pour stopped, lorsque nous nous sentons piégés physiquement.

Or la conduite peut déclencher les neuf Lifemorts ! Par exemple, quand une voiture vous fait une queue de poisson et envahit votre voie (E). Ou encore lorsque l’ordre de la société est remis en question par le conducteur à côté qui ne respecte pas le code de la route (O). Quand nous sommes bloqués pendant des heures dans un embouteillage (S)…

Attention, ces circuits neuronaux nous sont très utiles : nous en avons vraiment besoin. Ce sont d’ailleurs les mêmes circuits qui sont responsables de l’héroïsme désintéressé, comme lorsqu’une personne vient en aide à une autre menacée, au risque de perdre elle-même la vie.

Il peut donc se passer la même chose dans le cerveau d’un meurtrier et dans celui d’un héros… Pourquoi certains arrivent-ils alors à se contrôler quand d’autres sont débordés par leur agressivité ?

Cela dépend d’abord du contexte et de la situation. En période de stress chronique, le seuil d’activation des déclencheurs de l’agression s’abaisse. Et c’est logique ! Le système de détection et de réponse aux menaces du cerveau se trouve alors en état d’alerte.

Le stress chronique est ainsi le principal facteur de risque de violence. On peut donc tenter de prévenir ces accès de colère. Dire à quelqu’un qui est très stressé ou qui voit rouge de se calmer est rarement efficace… Le mieux est de commencer par prendre conscience que nous sommes plus susceptibles de nous emporter violemment lorsque nous sommes soumis à un stress chronique.

Il faut donc prendre des précautions supplémentaires. Le fait d’arriver en retard au travail, par exemple, augmente le stress et la probabilité de faire une crise de rage au volant. Mais on peut éviter d’être en retard au bureau en s’organisant mieux ! D’autres stress, en revanche, échappent à notre contrôle : les difficultés financières, la maladie, les problèmes relationnels. Lorsque nous vivons un grand stress, il est important d’être conscient que nous sommes davantage susceptibles de perdre le contrôle.

Pensez-vous que certaines personnes sont plus enclines à la violence que d’autres ?

Oui, les hommes d’abord : 95 % de tous les prisonniers violents sont des hommes. Dans de nombreuses espèces, les mâles sont agressifs. C’est vrai pour les primates et pour les humains.

Ensuite, certaines personnes sont plus prédisposées à la violence que d’autres. Le cortex préfrontal (situé derrière le front) contrôle les circuits de détection des menaces et d’agression du cerveau. Or, ce circuit peut très bien être altéré par des blessures, des maladies, des facteurs génétiques, des expériences vécues au début de la vie et des drogues.

La plupart des crimes violents impliquent d’ailleurs une toxicomanie. L’imagerie cérébrale montre un taux très élevé d’anomalies dans ces régions du cerveau chez les prisonniers violents par rapport aux prisonniers non violents ou au grand public. Il est aussi important de reconnaître que ce circuit de contrôle des impulsions et de l’agressivité n’est pas entièrement développé chez les adolescents.


Ce fonctionnement cérébral n’est pas adapté à la société moderne…

Nous avons le même cerveau qu’il y a 100 000 ans, mais nous vivons dans un environnement totalement différent, pour lequel notre cerveau n’a pas été conçu ! La vie moderne, avec ses communications à grande vitesse, ses déplacements et sa promiscuité, augmente les risques de déclencher les circuits neuronaux de la violence de façon anarchique.

Le déclencheur T (tribu, groupe) de la violence en est un exemple. Il y a des milliers d’années, les humains connaissaient probablement chacun des membres de leur groupe. Une rencontre avec un groupe étranger constituait en soi une menace. Le déclencheur T est à l’origine de la violence dans les gangs, de la violence religieuse, raciale et du terrorisme. La communication instantanée via Internet, et les transports à grande vitesse augmentent les possibilités de rencontre entre des personnes différentes, donc les risques de violence.


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jeudi 22 avril 2021

Projet inconscient

 


Jung souligne que, dans le déroulement d’une vie, il existe à chaque période une tension vers la réalisation d’un projet inconscient.
Après l’accès à l’autonomie de l’âge adulte, l’adaptation sociale, la création de liens affectifs et/ou familiaux, la nature des buts s’inverse : l’approfondissement et l’introversion entraînent une décentration permettant le retrait des projections et le recul des illusions.
Ainsi peuvent s’animer sur la scène psychique les figures de l’autre intérieur que sont le masculin chez la femme (animus) et le féminin chez l’homme (anima).
Ces figures acquièrent alors une fonction de relation avec l’inconscient selon leur modalité spécifique : l’anima de l’homme (reliée à l’Éros) cherche à unir et à rassembler, l’animus de la femme (relié au Logos) demande à distinguer et à connaître.
Cet itinéraire est pour Jung un processus naturel dont nous avons tendance à nous éloigner par désir infantile de rester dans la toute-puissance de l’accumulation, dans le culte de la jeunesse éternelle (Faust...) et par peur de la mort.
Or, à partir du milieu de l’existence, celui-là seul reste vivant qui veut mourir avec la vie.

Extrait de l'article "Le chant du cygne : la mort et l'œuvre.", de Claire Dorrly, Cahiers jungiens de psychanalyse.
(image : Remedios Varo)

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vendredi 16 avril 2021

Secret de famille

 Il est toujours impressionnant, lorsque je reçois des personnes, de voir comment les expériences vécues dans l'enfance sont minimisées et de voir également que les secrets pourrissent peu à peu les racines de l'arbre généalogique. J'ai apprécié l'approche de Philippe Grimbert.



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Extrait du magazine de la santé