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mardi 1 juillet 2025

Histoire d’une âme

 

l’histoire d’une âme
ne se confond pas
avec celle d’une vie
le destin existentiel
ne rend pas toujours compte
du destin essentiel
souvent le dedans
dessine une trame autre
que celle du dehors
une vie sans éclat
s’achève parfois
en éblouissement intime
il est de petites vies
qui connaissent de grandes fins
et des destins d’exception
dont le terme est médiocre
des parcours agités
culminent en un immense calme
tandis que de brillants itinéraires
s’arrêtent sur une note terne
il arrive bien
que surface et profondeur
histoire d’une âme
et scénario d’une vie
coïncident à peu près
et ainsi éclairent le monde
mais il n’en va pas toujours ainsi.
les apparences
ne disent pas l’essence
le récit ne conte pas les enjeux capitaux
le devenir de l’âme
n’est pas circonscrit
au déroulement d’une vie
aussi semons nous des graines
nous autres serviteurs de bonne volonté
s’il est auguste, notre geste de semeur
n’en est pas moins aveugle
nous œuvrons sans réelle visibilité
nous crions dans le désert
lançons nos bouteilles à la mer
avec la sagesse qui vient
nous savons que souvent,
nous ne dégusterons pas les fruits
ne nous assiérons pas
à l’ombre des arbres plantés
nous ne verrons pas de nos yeux de chair
le sourire de la personne
qui sur d’autres rivages
dépliera le message
le soulagement de celle
jusqu’à laquelle le vent
portera notre voix
nous donnons tout maintenant
conscients de travailler
pour tout de suite
mais aussi pour plus tard
pour un lieu et un temps
inconnus
dans une perspective autre
qui ne s’accommode pas
de la brièveté d’une vie

Gilles Farcet
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vendredi 20 décembre 2024

Silence avant tout

" Écouter le silence "....

bien sûr on entend rien....


ou on entend toujours les sons résiduels....

le silence est le fond sur lequel apparaissent ces sons...

mais en écoutant le silence, ces sons passent au second plan,

et cet espace de fond silencieux, passe au premier plan....

et cette mise en évidence de ce fond, ramène à l'écoutant...

________ à l'être ici et sa conscience.....

Rien de plus, rien de moins.

_______________ Silence.... 😇 

*

_______________ Douce écoute.... ❤ 😘

-*-

Charles Coutarel

samedi 24 août 2024

lumière de la nuit

 Hexagramme du samedi 24 selon l'almanach Ton Shu :

29 - "L'Insondable" ou "L'Abîme" 坎 (Kǎn)

Il est constitué de la répétition du trigramme Kǎn associé à l'eau, au danger, aux défis.
"La peur est une attraction négative." (Swami Prajnanpad)
Imaginons une nuit sans étoiles, où les ténèbres enveloppent tout, rendant le chemin invisible et les pas incertains. Le silence oppressant amplifie chaque souffle, tandis que l’air, lourd et stagnant, semble drainer les forces. Dans cette obscurité totale, l'esprit vacille, cherchant désespérément un repère, une lueur rassurante.
Cette nuit noire incarne nos moments de doute, de peur, où l'avenir semble voilé, imprévisible, et où chaque décision pèse lourdement sur notre conscience, alourdissant un corps déjà épuisé par l’incertitude.
L'enseignement suggéré par l'hexagramme 29, est une invitation à avancer malgré le désarroi.
Parfois, nous nous retrouvons prisonniers d'un cycle de difficultés, comme englués dans un marécage d’épreuves sans fin, qui épuise notre énergie et affaiblit notre volonté. Dans ces moments-là, il est crucial de ne pas céder à la panique, ni de sombrer dans le découragement ou l’isolement.
L’obscurité, tel un voile trompeur, déforme la réalité, créant des ombres menaçantes qui rendent les obstacles plus terrifiants qu’ils ne le sont en vérité.
Pourtant, il ne faut pas oublier que les étoiles sont simplement cachées, prêtes à réapparaître lorsque la nuit commencera à se dissiper. Ainsi, l' Insondable nous exhorte à persévérer.
Chaque pas doit être mesuré, chaque décision mûrement réfléchie.
Il ne s'agit pas de se précipiter aveuglément ou de se laisser submerger par la peur, mais de progresser avec détermination et sagesse, même si cela implique parfois de prendre des décisions moralement coûteuses ou de tendre la main pour demander de l’aide.
Même dans la nuit la plus noire, il existe toujours une lueur d'espoir pour ceux qui savent attendre, affronter leurs peurs, et avancer prudemment vers l’aube inévitable. La lumière finira par percer les ténèbres.
De même que les eaux profondes de l’Insondable cachent des dangers et des mystères, l'inconscient abrite des forces psychiques puissantes – conflits, désirs cachés, pulsions, souvenirs refoulés – qui ne sont pas immédiatement accessibles, mais qui influencent néanmoins nos vies, parfois en générant des troubles psychologiques ou des comportements problématiques. Comme le Yi Jing conseille de faire preuve de persévérance dans les moments difficiles, la psychothérapie ou un travail "spirituel" nous invite à un travail intérieur profond, continu et engageant pour explorer ces recoins obscurs de notre psyché. Ce cheminement, bien que souvent ardu, conduit finalement à une libération.
Ainsi, l'hexagramme 29, avec son image d’eau profonde et insondable, devient une métaphore puissante des profondeurs de l’inconscient et de son travail de dévoilement.

Han Hi-Yes

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samedi 23 avril 2022

Plusieurs vagues pour une seule profondeur


Je pense que pour éviter la vague, il nous faut rejoindre la profondeur.



















''... ma première ambition étant de trouver les mots justes pour persuader mes contemporains, mes ''compagnons de voyage'', que le navire sur lequel nous sommes embarqués est désormais à la dérive, sans cap, sans destination, sans visibilité, sans boussole, sur une mer houleuse, et qu'il faudrait un sursaut, d'urgence, pour éviter le naufrage.

Il ne nous suffira pas de poursuivre sur notre lancée, vaille que vaille, en naviguant à vue, en contournant quelques obstacles, et en... laissant faire le temps.

Le temps n'est pas notre allié, c'est notre juge, et nous sommes déjà en sursis.''

''... D'une manière ou d'une autre, tous les peuples de la Terre sont dans la tourmente. Riches ou pauvres, arrogants ou soumis, occupants, occupés, ils sont -nous sommes- embarqués sur le même radeau fragile, en train de sombrer ensemble. Cependant nous continuons à nous invectiver et à nous quereller sans nous soucier de la mer qui monte.

Nous serions même capables d'applaudir la vague dévastatrice si, en montant vers nous, elle engloutissait nos ennemis d'abord.''

Amin Maalouf (Le dérèglement du monde)

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dimanche 7 novembre 2021

Paix sous la vague

 


"Une mer très tourmentée et déchaînée, avec des vagues hautes comme des montagnes, me fut montrée. Puis je m'aperçus que, sous la surface, régnaient une paix et un calme merveilleux.
J'entendis ces mots :
"Cherche au fond de toi et trouve cette paix Qui dépasse tout entendement; Ce qui se passe au dehors importe peu. Conserve-là."
~Eileen Caddy

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samedi 24 juillet 2021

Les trésors de la peur

 Les peurs sont ce qu'il y a de plus dur à traverser, à transformer. Il y en a beaucoup qui s'expriment actuellement. Elles peuvent se découvrir dans l'immobilité qui permet d'entrer en contact avec la profondeur. La respiration permet d'entrer calmement dans l'univers de l'eau sans avoir peur de s'y noyer... et d'aider notre dragon à nous révéler notre potentiel...

"Nos peurs les plus profondes sont comme des dragons, qui gardent notre trésor le plus profond." - Rainer Maria Rilke



« Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours qui attendent que nous les secourions. »
Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

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Enoki Toshiyuki 


mercredi 9 juin 2021

Conscience océane


La profondeur n'est jamais vague ! Rester à la surface donne un goût amer...

 

"Au cœur du mystère, plonger encore plus profond. 
Là se trouve la porte de toute merveille"

Dao De Jing chapitre 1

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mardi 16 février 2021

Crise...



"Dans notre société, toute l'ambition, toute la concentration est de nous détourner, de détourner notre attention de tout ce qui est important. 
Un système de fils barbelés, d'interdits pour ne pas avoir accès à notre profondeur. C'est une immense conspiration, la plus gigantesque conspiration d'une civilisation contre l'âme, contre l'esprit. 
Dans une société où tout est barré, où les chemins ne sont pas indiqués pour entrer dans la profondeur, il n'y a que la crise pour pouvoir briser ces murs autour de nous. 
La crise, qui sert en quelque sorte de bélier pour enfoncer les portes de ces forteresses où nous nous tenons murés, avec tout l'arsenal de notre personnalité, tout ce que nous croyons être."

Christiane Singer, Du bon usage des crises

samedi 19 décembre 2020

Lâcher de ballons

 


Un professeur a donné un ballon à chaque élève, qui devait le gonfler, écrire son nom dessus et le lancer dans le couloir. Le professeur a ensuite mélangé tous les ballons. Les élèves ont eu 5 minutes pour trouver leur propre ballon. Malgré une recherche mouvementée, personne n'a trouvé son ballon. À ce moment-là, le professeur a dit aux étudiants de prendre le premier ballon qu'ils avaient trouvé et de le remettre à la personne dont le nom était écrit dessus. En 5 minutes, chacun avait son propre ballon.
Le professeur a dit aux étudiants: «Ces ballons sont comme le bonheur. Nous ne le trouverons jamais si tout le monde cherche le sien. Mais si nous nous soucions du bonheur des autres... nous trouverons le nôtre aussi.

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lundi 7 décembre 2020

Confinement et nostalgie

  


  « Le monde d’après ne sera plus comme le monde d’avant ! » 

Cette opinion est pour les uns une source d’inquiétude et pour d’autres une espérance. Il n’empêche qu’il en est ainsi depuis toujours. Étant au bord d’une rivière, contemplez l’eau qui coule … coule … et demandez-vous comment vous allez faire pour vous baigner une fois encore dans l’eau du jour d’avant ou du jour d’après ? 

Le refus de la loi de l’impermanence s’enracine dans cette part de nous-même définie comme étant l’EGO. 


L’ego ? Lorsque je demande à Graf Dürckheim ce qu’est l’ego, il me répond : « L’ego ? c’est cette entité, cette représentation mentale de soi-même, qui pense : moi je suis moi et je veux rester moi ! ». 

En même temps, il semble qu’une nostalgie autre que le désir de revenir au monde d’avant, profite du confinement pour sourdre du plus profond de notre nature humaine. « L’impression, me disait une participante à une retraite,  que manque quelque chose d’essentiel à ma manière d’être, qui me permettrait —dans le monde tel qu’il est aujourd’hui—, de pouvoir donner sens au simple fait de vivre. La méditation serait-elle le moyen de combler ce manque ? ».

 


A sa question, il me faut répondre que c’est là le sens de l’exercice appelé ZAZEN : « l’éveil de l’homme à sa vraie nature en tant qu’être humain » ; à son être essentiel, qui n’est pas l’ego.  Mais je ne suis pas sûr que ce soit la visée de ce qu’on entend aujourd’hui comme étant la MÉDITATION, cet exercice qui met l’accent sur l’utilisation du mental (mind) et participe au développement des potentialités de l’ego. Est aujourd’hui proposée, sous le nom de méditation, une méthode qui participe à ce qu’on appelle le développement personnel.

Curieuse naïveté que celle d’imaginer que en restant enfermé dans le MOI, domaine de l’angoisse et des états qui l’accompagnent, je vais pouvoir assurer ma sécurité, mon confort et ma santé ! 

Graf Dürckheim écrit : « Si l’homme occidental perçoit l’impasse à laquelle sa pensée l’a conduit, il sera obligé de —prêter l’oreille— à la voix de son être essentiel insaisissable par la pensée objective ».

Prêter l’oreille ! Accueillir ! Être touché ! 

Ces mots, bien mieux que le mot —méditation—, traduisent exactement le kanji ZEN.

 


Nous devons au maître Zen Sôtô Hirano Katsufumi Rôshi (1) un puissant éclairage sur la différence entre Zazen et méditation :  « Il y a mille et une façon de méditer ; il n’y a qu’une façon de pratiquer zazen ! »    « On ne pratique pas zazen avec le mental (Mind) ! »    « Zazen est avant tout une manière d’être en tant que corps ! ».

 

ZA-ZEN ? Ce n’est pas un nom, un substantif. C’est une action. 

 

Za, ce n’est pas une posture, une assise ; c’est une action du tout corps-vivant que je suis qui, d’instant en instant s’organise et se réalise. Za, c’est se poser dans l’espace-vécu et le temps-vécu (ce qui me libère de mes égarements dans l’espace-pensé et le temps-pensé). 

Zen, ce n’est pas quelque chose ; c’est l’action qui consiste à prêter l’oreille, à accueillir ce qui se présente d’instant en instant grâce à ce processus du corps-vivant qu’est le sentir. Nous rencontrons ce qu’on appelle la vie, le monde, grâce à nos cinq sens. La pensée nous écarte du réel en fabriquant des représentations du réel.

Pour avoir la chance de toucher, ou d’être touché, par l’essentiel il faut se glisser dans le sentir. C’est l’attention portée à la profondeur d’une qualité sensorielle qui donne accès à l’expérience qu’est notre vraie nature.

 

C’est tout ? Oui. Et c’est d’autant plus stupéfiant pour notre esprit occidental, sans cesse animé par l’exigence de faire quelque chose, au point de croire que si je ne fais rien, rien ne se fera ! D’où l’importance de s’entraîner à la réalisation d’une action inhabituelle : l’exercice de l’absolue immobilité. Là où est la parfaite immobilité, il n’y a pas de place pour l’ego !

 

On ne pratique pas zazen avec le mental ; zazen est un exercice vital.

 


Vital
? Oui, corporel ! 

S’agit-il d’une gymnastique dans laquelle on engage cet outil qu’est le corps qu’on A (Moi et quelque chose mon corps) ? Non. Il s’agit de passer de l’idée « J’ai un corps (Körper) » à l’expérience que « Corps je suis (Leib) ». Expérience que ce que j’appelle la vie n’est pas dans le corps ; expérience que le corps (Leib) est la vie qui d’instant en instant prend forme.   

Le corps-vivant n’est pas quelque-chose. La vie n’est pas dans le vivant ; le vivant est la vie qui, d’instant en instant, se réalise et s’organise dans une forme pensée comme étant matérielle. Tout ce qui vit — devient ce qu’il est et est ce qu’il devient — selon un ordre des choses qui n’est pas du ressort de l’ego ; le mental n’a rien à faire dans ce processus vital.

 

Tout se complique ! Non, tout devient plus simple ! Parce que si notre vraie nature, notre être essentiel est insaisissable par la pensée, cela ne signifie pas qu’il soit inconnaissable. Le chemin de connaissance est un chemin d’exercice et d’expérience. 

Aussi bien, revenons à zazen, cet exercice si différent de ce qu’on appelle méditation :

Être là, assis, dans la verticalité intérieure et la forme corporelle voulue par cet ensemble d’actions infaisables qu’est l’acte de vivre. ET, sentir qu’en ce moment : je inspire. « JeInspire » et moi je n’y suis pour rien. « JeInspire », en un mot, sans intervalle entre ce que je nomme « Je » et ce que je nomme « Inspire » ; parce qu’il n’y a ni distance ni écart de temps entre le sujet et le verbe. Pas de dualité. 

Et voilà qu’en ce moment, pour ce moment, « JeExpire » et moi, je n’y suis pour rien.

 

À quoi bon reprendre, jour après jour, cet exercice qui n’est pas un exercice mais une manière d’être de tout soi-même. C’est ce que, au cours de son séjour au Japon, Graf Dürckheim demande au vieux moine auprès duquel il pratique zazen : « en quoi consiste votre exercice que vous pratiquez depuis tant d’années ? « 

Réponse : « Ah, c’est difficile ! Je cherche à vraiment libérer le va-et-vient du souffle (KoKyu) et c’est curieux, lorsque j’y arrive … TOUT EN MOI SE CALME ».

 

Tout en moi se calme ! Nostalgie on ne peut plus légitime en ce temps de confinement …

 

Zazen est vraiment différent de ce qu’on appelle aujourd’hui méditer !

 

Jacques Castermane

 

(1) Hirano Katsufumi Rôshi : ENSEIGNEMENTS Propos recueillis par J. Derudder (www.tenchijin-zenkai.fr)


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mardi 17 mars 2020

De nouvelles portes....


« J’ai gagné la certitude, en cours de route, que les catastrophes sont là pour nous éviter le pire. Et le pire, comment pourrais-je exprimer ce qu’est le pire? Le pire, c’est bel et bien d’avoir traversé la vie sans naufrages, d’être resté à la surface des choses, d’avoir dansé au bal des ombres, d’avoir pataugé dans ce marécage des on-dit, des apparences, de n’avoir jamais été précipité dans une autre dimension. Les crises, dans la société où nous vivons, sont vraiment ce qu’on a encore trouvé de mieux, à défaut de maître, quand on en a pas à la portée de la main, pour entrer dans l’autre dimension. Dans notre société, toute l’ambition, toute la concentration est de nous détourner, de détourner notre attention de tout ce qui est important. Un système de fils barbelés, d’interdits pour ne pas avoir accès à notre profondeur {...}

C’est une immense conspiration, la plus gigantesque conspiration d’une civilisation contre l’âme, contre l’esprit. Dans une société où tout est barré, où les chemins ne sont pas indiqués pour entrer dans la profondeur, il n’y a que la crise pour pouvoir briser ces murs autour de nous. La crise, qui sert en quelque sorte de bélier pour enfoncer les portes de ces forteresses où nous nous tenons murés, avec tout l’arsenal de notre personnalité, tout ce que nous croyons être {...}

Nous sommes tous spécialisés dans l’esquive, dans le détournement, dans le «divertissement» tel que le voyait Pascal. Il n’y a au fond que cette possibilité, subitement, de se dire : «Oui, mais tout cela, tout ce qui m’enserre, tout ce qui m’étrangle, mais c’est moi ! »

Christiane Singer, «Du bon usage des crises»

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mercredi 25 décembre 2019

Noël en profondeur


J’ai la chance d’aimer la solitude.
Dans le passé, la maladie et la dépression m’ont donné le goût de la descente dans les profondeurs.
Et puis les enseigneme
nts traditionnels sont venus, les murs qui masquaient les mondes invisibles se sont lézardés, et la Présence s’est ouverte dans une autre profondeur.
La Nativité est pour moi le lieu-même de cette autre profondeur -un dépouillement, qui est plénitude de l’essentiel.
J’entre avec gratitude et volupté dans la solitude et le silence où s’apprivoise au fil d’un temps incertain le murmure de la source d’Eau Vive...
« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. » (Antoine de Saint-Exupéry)
Là où crèche le silence, le poids de la solitude est un ancrage en ciel comme en terre, seuls les anges répondent...

...
Je vous souhaite à chacun et chacune une douce descente au cœur de l’hiver jusqu’au jaillissement de la Lumière des Mondes...


Vierge à l’Enfant, cathédrale d’Évry
-Judith Cypel-

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jeudi 8 mars 2018

Les conseils de Jean-François Noel pour apprendre à écouter

1. Respectez-vous

« Aime ton prochain comme toi-même » : pourquoi oublie-t-on souvent la deuxième partie de cette Parole (« comme toi-même ») ? L'écoute de soi passe par le respect de soi. Respect non comme une étreinte narcissique, mais comme une prise en compte de ce que je suis capable de vivre, de donner, d'inventer. Tous nos talents sont inspirés par Dieu qui, dans sa délicatesse et sa pudeur, nous incite à donner le meilleur de nous-mêmes. Le Christ m'a fait accomplir des choses que je n'aurais jamais imaginées : ouvrir un cabinet, écrire des livres.

2. Écoutez-vous

Un jour, quelqu'un m'a pris en grippe. Et comme la haine entraîne la haine, j'ai fini par flancher dans la spirale de la rumination, des scénarios où l'on imagine ce que l'on aurait dû dire ou rétorquer pour avoir raison, écraser l'autre. J'en souffrais énormément. M'extirpant d'un terrible cauchemar une nuit, je descendis dans l'église et dis à Dieu : « En fait, je ne suis pas un homme de haine. Je ne me reconnais pas. Je refuse de tomber là-dedans. » Tout est subitement retombé. Un énorme poids a disparu. Par la prise en compte de ce que nous sommes profondément, de nos fondamentaux, du « Je vaux mieux que ça », nous refusons de consentir au mal. Le non-consentement à l'acte que nous avons malgré tout posé est une manière, à la longue, de transformer notre faiblesse, de faire de notre écharde une traversée.

3. Ouvrez-vous à la présence

L'écoute en profondeur n'est pas la saisie automatique de faits, de dates, d'horaires, mais celle de la valeur d'une présence. Les mots, les tournures de phrases sont chargés de sens, et peuvent se révéler à nous dans le temps. Derrière une critique peut se nicher une souffrance, derrière une interrogation, un souhait. Soyez attentifs à la quête de l'autre, à ses messages, lorsqu'il s'adresse à vous. Dans mon écoute pastorale comme dans l'écoute thérapeutique, ce qui m'importe le plus, c'est que la personne se soit sentie pleinement accueillie. Une telle rencontre doit pouvoir porter la promesse de devenir soi.


source : La vie 
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