dimanche 13 septembre 2026
Ne pas savoir
lundi 31 août 2026
« Penser à Kim »
Je pense à Kim (Jong-un) et à ses jouets nucléaires.
Il est l’icône parfaite pour nous remémorer que d’un instant à l’autre tout peut disparaître, sans raison politique, juste un caprice d’enfant, une peur inattendue, une grosse colère ?
Tout peut très bientôt disparaître, c’est maintenant une évidence pour tout le monde.
C’est donc le bon moment pour se poser la question :
Que reste-t-il quand il ne reste plus rien ?
Ceux qui n’ont pas peur du silence « qu’on n’entend pas », de l’invisible lumière « qu’on ne voit pas », de l’infini espace « qu’on ne saisit pas », ceux-là ont sans doute le pressentiment du Réel qui demeure quand il ne reste plus rien…
Mais si la métaphysique n’apaise pas notre angoisse, respirer profondément peut être une bonne source de renseignement :
D’où vient notre inspir, où va notre expir ? Là où nous allons tous.
Allons-y, « respirons au large » !
(Respirer au large en hébreu iescha, veut dire aussi « être sauvé » et est à l’origine du Nom Yeshouah).
Jean-Yves Leloup, août 2026
lundi 17 août 2026
« Devoir de vacances »
mardi 21 juillet 2026
L’enfer c’est l’enfermement
"L’enfer c’est l’enfermement " Jean Yves Leloup
« Chacun a à devenir ce qu’il est. L’homme n’est pas un être, il est un peut-être, un champ de possibilités.
Tout serait-il donc possible ? L’être humain est un mélange de nature et d’aventure.
Avec de l‘argile comme avec du marbre, on peut faire un pot de chambre ou une vénus de Milo. Tout dépend de l’orientation que l’on donne à ses déterminismes.
Aujourd’hui, deux modes de vie sont possibles : consommer ou communier.
Comme au Paradis, je peux communier avec l’Être à travers les êtres, un paysage, un visage. Ou alors je peux tomber dans un état de consommation de l’autre, de la terre, de la matière.
Et qui dit consommer, dit consumer.
Mais alors, comment retrouver, au-delà de la consommation, la communion ?
En réalisant que l‘important n’est pas la quantité, mais la qualité par laquelle on communie avec l’Être. Et cela suppose que les choses ne soient plus des idoles que l’on accumule. Se nourrir, faire une rencontre, apprendre quelque chose, deviennent ainsi de précieux moments de communion avec la vie.
Arrive un moment où l’on en a marre de consommer et où l’on revient à l‘essentiel. On mange moins de nourriture mais on la savoure. On a moins de relations, mais on les approfondit. C’est là qu’on se rend compte que l‘on est plus riche de ce que l’on donne que de ce que l’on a.
Lorsqu’on entre dans cet état de reliance à la vie, il arrive que des signes viennent nous guider. L’invisible englobe le visible. Ces signes prouvent que la lumière est là. La sagesse n’est ainsi pas seulement théorique, mais sensorielle.
Rien ne sert d’accumuler les livres, une seule citation peut suffire à communier avec la pensée de l’auteur… Et peut-être même à entrevoir le paradis ! »
Jean Yves Leloup
Revue Inexploré – N°31 – Jean-Yves Leloup, né en 1950 à Angers, est un théologien, essayiste, traducteur du grec, de l’hébreu et du copte. Prêtre français, dominicain puis orthodoxe, il est l’auteur de plus de quatre-vingt-dix ouvrages traitant essentiellement de spiritualité chrétienne
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mardi 14 juillet 2026
Adoration
L’Adoration ne vise pas quelque chose ou quelqu’un de particulier,
C’est l’ouverture totale de la vie, de la conscience et de l’Amour.
Adorer, c’est demeurer, silencieux et dans l’ouverture.
La moindre chose désirée pour elle-même, nous prive du Tout désiré pour lui-même.
C’est dans le Tout d’abord, qu’on trouve la chose. Ce n’est qu’après, que dans la chose, on trouve le Tout.
Rechercher un état de conscience particulier,
Nous prive, de la pure conscience.
Quand la pure conscience est là,
On ne recherche plus d’états de conscience particuliers.
Tous les états de conscience particuliers arrivent sans qu’on ait besoin de les chercher.
Rechercher ou être attaché à un mode de vie particulier,
Nous prive de la grande Vie,
Qui se donne dans toutes les formes de vie particulières.
Rechercher ou être attaché à un amour particulier,
Nous prive du grand et saint Amour, universel, inconditionnel,
Dans lequel nous pouvons accueillir tout amour singulier et particulier.
« Cherchez d’abord le Royaume, tout est donné par surcroît »
Cherchez d’abord l’universel, l’infini.
Le singulier, le particulier, est donné par surcroît.
Mais chercher « d’abord » tel état de conscience particulier,
Tel mode de vie, tel amour singulier,
Ne nous donne pas nécessairement accès à la Conscience pure, à la Vie infinie et à l’Amour inconditionnel.
Cherchez d’abord le Soi ou le Dieu infini,
Notre moi ou notre être fini,
Nous sera donné par surcroît.
Nous faisons le contraire,
Nous cherchons d’abord ce qu’est notre moi,
Et nous ne le trouvons jamais, ni le Soi.
Nous découvrons qui nous sommes, quand nous découvrons notre place,
Notre « Je », dans l’infini.
Comme toute étoile, tout érable et n’importe quel héron,
Tous « singuliers », au cœur de l’interrelation de tout ce qui existe…
Adorer, demeurer dans l’ouvert,
Avant de chercher ou de trouver, tout ce qui nous est donné dans cette ouverture.
Adorer, Aimer, s’ouvrir silencieusement, sans pensée, sans attente, sans attraction, sans répulsion, sans souffrance…
C’est l’unique nécessaire, tout le reste est donné par surcroit.
Jean-Yves Leloup, juillet 2026
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lundi 29 juin 2026
Solstice
Sol sistere, le soleil s’arrête, il s’assoit, il y a un avant et un après :
Je croyais que la vérité était certitude invincible, je découvre que la vérité est vulnérable, que ma certitude peut être blessée et cette blessure est la trace d’une autre certitude, d’une autre vérité, la vérité de l’Autre.
J’accepte désormais que ma vérité ne soit plus invincible mais vulnérable, certitude ouverte, non fermée.
Je croyais que la bonté était vulnérable, fragile, emportée par les violences du dehors, faiblesse !
Je découvre que la bonté est invincible, sans fond, que rien ni personne ne peut la vaincre. On ne peut rien contre la bonté comme on ne peut rien contre l’amour.
L’agneau est plus fort que le dragon. Face à l’innocence, c’est celui qui dévore, qui est dévoré. Peut-être que la puissance de la Vérité, c’est la Bonté qu’elle cachait et qui se dévoile. Une vérité sans amour ne peut être qu’une idole, comme un amour sans vérité est complaisance molle.
Plutôt qu’avec une vérité invincible et une bonté vulnérable, il me faut apprendre désormais à vivre, avec une vérité vulnérable et une bonté invincible.
Une certitude qui accepte d’être blessée et une bonté qui demeure sans limites.
Intercontinentale des consciences, Solstice d’été, 21 juin 2026 - Jean-Yves Leloup
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lundi 30 mars 2026
Forces désarmées
Peut-on imaginer de très forts niveaux de puissance désarmés par la conscience et par l’amour ?
Quand notre niveau de puissance est coupé, séparé, de notre niveau de conscience, cela ne peut nous conduire qu’à la catastrophe.
Aujourd’hui, nous observons un niveau de puissance très élevé technologiquement, capable de réduire en cendres ceux que nous considérons comme nos ennemis ou nos adversaires.
Ce niveau de puissance ne correspond pas à un niveau de conscience où l’on découvre que tout est Un, interrelié, comme nous le rappelle la physique contemporaine et les êtres évolués de toutes grandes cultures d’Orient et d’Occident.
Pour ce niveau de conscience, la guerre est impossible. On ne peut pas utiliser l’intelligence humaine à créer des armes avec lesquelles elle ne peut et ne veut que se détruire elle-même, il y a trop à faire pour la sauvegarde et l’embellissement de la planète.
Le déploiement des niveaux de puissance que nous observons peuvent être utilisés et utilisables que par des niveaux de conscience faibles ou dualistes qui ne voient qu’oppositions et séparations entre les êtres, les choses, les sociétés et les nations.
Consciences qui voient les choses en surface où tout est multiple, jamais en profondeur où tout est Un.
Il s’agit d’être conscient de l’un et de l’autre, ne pas opposer l’un et l’autre et ne pas oublier l’un ou l’autre : l’un en profondeur, le multiple en surface, c’est l’unique Réel.
Comment éveiller ce niveau de conscience, qui rendra non nuisible leur niveau de puissance, chez nos « dirigeants » ? Sans doute faut-il commencer par observer que ce qui dirige nos dirigeants peut nous diriger nous-mêmes.
Ce qui dirige et oriente notre vie, est-ce la volonté de puissance à laquelle nous soumettons notre volonté de conscience, ou est-ce la volonté de conscience qui peut éclairer nos différents niveaux de puissance ?
Si nous avons plus de plaisir à nous soumettre les autres et à nous soumettre aux autres plutôt qu’à nous accueillir et nous respecter, sans doute sommes-nous malades, en tout cas nous ne sommes pas heureux.
Faut-il rappeler la sagesse de Rabelais, « Science (puissance), sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
Oser même aller au-delà : puissance, conscience, « sans amour » n’est que ruine de l’âme, perversion de l’humain véritable, oubli de l’Être, du Vivant, qui a besoin de bras désarmés pour se rencontrer et vivre.
L’histoire sur le temps long nous le rappelle : à la fin, ce sont « les forces désarmées » qui l’emportent. On appelle cela le printemps…
Jean-Yves Leloup, mars 2026
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mercredi 25 mars 2026
Ecoute du printemps
On n’arrête pas le printemps qui arrive.
Peut-il suspendre ces bruits de couteaux au fond de nos âmes ?
Ces épaisses fumées qui empoisonnent l’air ?
On n’arrête pas le printemps, c’est l’heureuse défaite promise à toutes nos armes,
c’est la brise légère qui achève nos discours assassins.
L‘homme est grand s’il dépasse son hiver, il sait que celui-ci reviendra mais,
pour quelques heures il ne casse pas l’œuf, il n’écrase pas le bourgeon,
de tout ce qui doit éclore.
Il attrape la vie au vol,
il écoute.
Jean-Yves Leloup, mars 2026
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mercredi 24 décembre 2025
La vérité avant Noël
"Les paroles de Jean-Yves Leloup ne cherchent jamais à convaincre ni à expliquer. Elles invitent à ralentir, à se souvenir, à écouter autrement, à faire confiance à une intelligence plus vaste que le mental. Une intelligence faite de douceur, d’humilité, d’attention.
Une vraie source de sagesse et d’inspiration à déguster juste avant Noël pour renouer avec notre lumière intérieure !"
samedi 10 mai 2025
Espace de paix
Par temps de guerre, il faut prendre en considération, l’épouvantable liberté du moineau, l’indifférence généreuse et parfumée de la rose…
Tant de vies et de sang perdus dans l’immensité heureuse du printemps,
Tous ces innocents écrasés par des chars,
Tous ces hommes enflammés par des drones…
Qui osera dire encore que la guerre est juste ?
Cela est juste absurde, contagieux comme le virus que seul le rien arrête.
Pourquoi obéissons-nous à des ordres qui nous tuent, qui détruisent tout ce qu’on peut détruire…
On ne lutte pas avec le ciel bleu !
Y a-t-il un seul obus qui ne nous retombe pas sur la tête ?
Seul l’espace en chacun de nous n’est pas atteint par la grande mitrailleuse,
là où respire l’épouvantable moineau,
la sérénité de la rose et l’invincible printemps.
Jean-Yves Leloup, Mai 2025
mardi 22 avril 2025
4 grands inévitables
Face à ces quatre grands inévitables que sont la souffrance, l’absurdité, la solitude et la mort, quelle fut l’attitude du Christ ?
Celle d’un être « capable de Dieu », c’est-à-dire de pure Présence, vivant la non-dualité et la non-violence avec tout ce qui est et tout ce qui arrive, libre de tout fatalisme, dans une plénitude de conscience et d’amour…
Y a-t-il d’autres chemins pour ne pas rajouter de la souffrance à la souffrance, de l’absurdité à l’absurdité, de la solitude à la solitude, de la mort à la mort ?
La croix n’est-elle pas cette grande patience et cette extrême lucidité face à tous ces inévitables qui nous harcèlent ?
N’est-ce pas dans cette « lumière sanglante » que nous pouvons nous approcher de la « force invincible et vulnérable de l’humble amour » qui transforme nos impasses en issues ?
Découvrir qu’à côté de nos « morts fatales », il est une « mort pascale », une joyeuse et possible résurrection ?
Le temps n’a qu’un temps. Passe ce qui ne peut que passer. La Vie est éternelle !
Jean-Yves Leloup, Avril 2025
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lundi 14 avril 2025
Le printemps ne paye pas de taxes.
Le printemps ne paye pas de taxes.
Il traverse incognito nos frontières, il auréole d’une joie étrange ceux qui n’ont pas d’autres richesses que leur grand nez et leur appétit de vivre malgré tout.
Ils le savent bien ceux qui construisent des murs et des frontières.
On n’empêchera pas les atomes, les moustiques, les virus… de circuler.
Malheureusement, ils voudraient tuer les oiseaux de l’âme, ceux qui demeurent fidèles au soleil et qui sans cesse s’élèvent en profondeur ou plus haut que tout ce qui nous sépare.
Nul ne peut tuer l’oiseau ou le printemps qui s’élève de ton âme.
Jean-Yves Leloup, Avril 2025
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lundi 31 mars 2025
Disciple
Demander « qu’est-ce qu’un bon disciple ?» c’est comme demander « qu’est-ce que bien aimer ? » On a toute la vie pour apprendre à aimer et surtout à « bien aimer » !
samedi 1 février 2025
Faut-il attendre ?
La semaine dernière, le jour de mon anniversaire, j'écrivais :
Faut-il attendre 75 ans ?
Faut-il attendre de mourir,
pour découvrir l’éternité dans laquelle nous sommes ?
Faut-il attendre…
pour sentir l’espace infini qui sans cesse nous habite et nous enveloppe ?
Faut-il attendre…
pour éprouver la Vie sans laquelle nous ne pouvons pas vivre, grandir, souffrir et mourir ?
Faut-il attendre…
pour être conscient de la Conscience sans laquelle nous ne pouvons pas être conscient, penser, rêver et le dire ?
Faut-il attendre…
pour aimer l’Amour sans lequel nous ne pouvons pas aimer, désirer et nous réjouir ?
Faut-il attendre…
pour honorer celui qui est « Je suis » sans lequel je ne pourrai pas dire je suis ?
Faut-il attendre 75 ans ?
Faut-il attendre de mourir …
pour célébrer la divine circuminsession (on périchorese) dans laquelle nous sommes intriqués maintenant, depuis toujours et pour toujours ?
Ne rien attendre. Sans cesse s’attendrir…
Jean-Yves Leloup, Janvier 2025
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mardi 14 janvier 2025
La gnose ou la guerre
Entre les hommes, il n’existe que deux relations, la gnose ou la guerre. Par gnose, j’entends l’amour intelligent ou l’intelligence de l’amour. Par guerre j’entends, mépris de l’intelligence, ignorance de soi et de l’autre.
On ne peut pas être intelligent de cette intelligence particulière qui intègre la sensibilité et l’affectivité qu’on appelle la gnose et se faire la guerre entre hommes, femmes, nations…
La gnose est la santé et l’accomplissement de l’esprit, comme l’amour et la générosité est la santé du cœur.
« Bonne année, bonne santé » dit-on, santé de l’esprit et du cœur, mais aussi du corps.
Il faut donner raison à la Vie qui veut vivre en nous.
Ces vœux de santé peuvent-ils mettre fin à la guerre ? Évidemment non, s’ils restent des vœux. Évidemment oui, si nous décidons immédiatement de les mettre en pratique.
La Vie ne veut pas avoir raison de l’autre, ni être contre lui, mais elle veut vivre avec lui (d’ailleurs, elle ne sait pas faire autrement). Personne n’ose dire qu’il aime la guerre et tout ce qu’elle réduit en souffrances et en poussières et pourtant, si peu ont la force, le courage et l’intelligence, non pas de s’y opposer (cela serait encore la nourrir) mais de proposer une autre façon de vivre, sans armes et sans larmes.
En 2025, il nous faudra de nouveau répondre à la question : « Vivre, pourquoi faire ? » Vivre intelligemment pour ne plus faire la guerre ?
Pourquoi je me lave les dents chaque matin ? Pour mordre ou pour sourire ? Pour nous détruire davantage (la guerre), ou pour mieux nous connaitre (la gnose) ?
Jean-Yves Leloup, Janvier 2025
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mercredi 4 décembre 2024
Révolution pacifique
Qui a dit : « tu » ne tueras pas ?
Quelle femme ? Quel homme ? Quel Dieu ?
Seul un « je » peut dire « tu » et « tu » ne tueras pas.
Quel est ce « je » origine d’une telle conscience et d’une telle loi ?
Le « je » d’Abraham, de Moïse, de Yeshoua ? Le « je » de chacun de nous, quand nous sommes en bonne santé et de bonne humeur ?
Aujourd’hui, il paraît qu’il n’y a plus de « je », seulement des « on » qui se déclarent la guerre et se terrifient les uns les autres, avec leurs machines efficaces, leurs engrenages et agrégats de violence, de peur, de colère, de plainte qui emportent le « je » loin de lui-même, loin du beau « Je suis » calme et silencieux dont on a fini de rêver.
Pourquoi parlons-nous de « révolutions » et de « gardiens de la révolution », qu’elle soit islamique, française, sioniste, américaine et autres, toutes ces « révolutions » se font dans le sang ?
La véritable révolution qui littéralement veut dire « revenir à soi », « être de retour », revenir à « je », à « Je suis » ne semble pas encore née.
N’est-ce pas faire « un pas de plus », (ultreïa disaient les pèlerins) ? N’est-ce pas aller au-delà de tous ces « on » belliqueux et de toutes ces mémoires orgueilleuses et vengeresses pour découvrir un « je » libre, capable de dire : « je » ne tuerai pas et si « tu » le veux toi aussi, « tu » ne tueras pas ; toi aussi, tu seras libre, libre d’exister sans crainte ni convoitise.
Tant que « je » n’est pas en paix, « on » ne sera jamais en paix.
Encore une évidence que tout le monde sait et que personne ne fait.
Il faut un « je » pour le faire, « on » ne le fera pas à notre place.
Jean-Yves Leloup, Décembre 2024
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dimanche 20 octobre 2024
Un grand et un petit retournement
Les anciens chamans ou thérapeutes allaient à la recherche de l’âme perdue ou exilée de ceux qui étaient considérés comme des corps malades ou malheureux.
Leur âme perdue, c’est leur énergie perdue, leur santé, leur souffle, la vibration subtile de leurs corps vivants.
Leur âme perdue, c’est leur conscience perdue, cette lumière, ce discernement, cette claire vision de tout ce qui est, sans jugement.
Leur âme perdue, c’est leur bonté perdue, cette bienveillance qui reconnaît et respecte tout ce qui existe, qui ne fait qu’« un avec ».
Leur âme perdue, c’est leur silence perdu, l’infini, la liberté qui contient tous les bruits du monde et ne s’arrête en aucun.
Cette âme perdue, pourtant, elle n’est jamais loin…
La vie, la conscience, l’amour, le silence, ne sont jamais loin…
C’est le revers de l’unique médaille, l’implicite de l’explicite, l’intérieur de l’extérieur, l’invisible du visible, l’onde de la particule, le Réel en toute réalité.
Chaque instant d’attention, c’est le retour de la conscience perdue, ce retournement de la médaille.
Chaque instant de bonté et de générosité gratuite, c’est le retour de l’amour perdu, le retournement de la médaille.
Chaque instant de plaisir, c’est le retour de l’énergie perdue.
Chaque instant est une occasion favorable d’accueillir la vie, la conscience, l’amour, le silence souvent oubliés, jamais perdus, c’est un grand et un petit retournement.
Jean-Yves Leloup, octobre 2024
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dimanche 6 octobre 2024
Ame tranquille
« À quoi sert à l’homme de gagner l’univers entier s’il vient à perdre son âme ? »
Celui qui cherche à gagner l’univers est toujours en guerre ; c’est par la guerre, la force, la volonté de puissance qu’il pense obtenir l’univers, le tout qu’il cherche.
On connaît les résultats ! Cette terre qui devrait être un jardin dont l’homme prend soin, comment est-elle devenue un champ de ruines et de cendres ?
Si l’homme cherchait d’abord son âme ? Son âme qui est sa beauté, sa générosité, sa tranquillité, son silence…Son silence surtout, son humilité ou sa vacuité, là où l’univers tout entier se donne…
Pouvons-nous encore rétablir des sillons d’eau vive dans les décombres ?
Retrouver notre âme et l’âme du monde dans ce chaos qui oublie l’étoile pour laquelle il fut créé. La simple lumière qui chaque jour éclaire et dissipe nos ombres ; cette tranquillité, ce silence perdu ou oublié. Ces yeux toujours ouverts qui donnent de l’âme au corps et à tout ce qui existe.
Jean-Yves Leloup, octobre 2024
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dimanche 4 août 2024
La caravane passe, les chiens aboient…
La caravane passe, les chiens aboient ou applaudissent. Chacun y trouve son plaisir ou son devoir, le plaisir, le devoir d’aboyer ou celui d’applaudir.
Les grognons, jamais de leurs groins ne produiront une chanson. Les béats, jamais de leur bouche béate ne produiront une critique.
Où sommes-nous ? Qui sommes-nous ?
Dans la caravane ? Tout occupé à notre « performance », nous n’entendons ni les aboiements, ni les sifflets, ni les applaudissements, ou si nous les entendons, ils sont secondaires. L’or de la médaille (heureusement ! où hélas !) brille plus fort que les ordures qui l’environnent.
Parmi les chiens ? Les aboyeurs professionnels, les jamais contents, les hypocrites qui imposent sans jamais les vivre leurs grandes valeurs : ceux pour qui aboyer c’est vivre. Tant qu’on râle on est encore vivant, n’est-ce pas ?
Parmi les chiens ? Ceux qui glapissent, qui applaudissent, qui se tiennent debout sur leurs « papattes » pour sucer le « susucre » que leur tend le maître ?
Peut-être aussi que ces chiens là trouvent plus de bonheur à rire, à jouir et à chanter qu’à « bien penser ? »
La caravane passe… Elle est passée… Que deviennent les chiens ?
Plus de prétextes aux aboiements, ni aux applaudissements. Que faire ? Attendre ou chercher une nouvelle caravane ?
Ou écouter enfin cette « voix de fin silence » dont nous avons le pressentiment au cœur même de nos exploits et de nos mascarades. Ce silence qui est partout et toujours là, juste avant, juste après, le pathétique de nos aboiements et de nos applaudissements. Le Réel qui est partout et toujours là : dans la caravane qui passe, dans le chien qui grogne, le chameau qui (dé)blatère et dans l’ange qui sourit…
- Jean-Yves Leloup, juillet 2024
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dimanche 7 juillet 2024
Tous unis
Avons-nous oublié la joie des effondrements ?
L’effondrement du mur de Berlin par exemple, la révélation, la découverte de ce que tout le monde savait : derrière chaque côté du mur il n’y a pas des ennemis mais des frères…
Pourquoi construisons nous sans cesse de nouveaux murs, entre Russes et Ukrainiens, Palestiniens et Israéliens, Américains et Mexicains, Africains et Africains, fronts populaires de droite et fronts populaires de gauche…?
Des murs, encore des murs de mots, de haine et de plus en plus nucléaires.
Malgré toutes les peurs, les énergies, la violence, le ressentiment que nous mettons à les construire, nous le savons de science certaine : tous ces murs sont destinés à l’effondrement et à la révélation de l’évidence que nous sommes tous Un, interreliés, interdépendants.
Ce n’est pas moral ou politique, c’est physique. Tout le monde le sait et fait semblant de ne pas le savoir.
La conscience de cette physique, de cette « matière » intriquée, c’est ce qu’on appelle l’amour ou la spiritualité. Ignorer ces évidences, c’est ce qu’on appelle la guerre, la guerre des sexes, des peuples, des civilisations, la guerre mondiale…
D’où nous vient ce goût du sang ? Était-il dès l’origine mêlé à notre lait maternel ?
Le poison de la volonté de puissance est-il le sel ou l’épice qui « relevait » nos premières viandes ?
Après l’édification guerrière de tous ces murs, combien de temps nous faudra-t-il attendre, dans la souffrance, l’incompréhension, l’illusion… avant que de nouveau, tout s’effondre et que nous respirions ensemble le grand air commun ?
Maintenant, n'est jamais ni trop tôt, ni trop tard.
- Jean-Yves Leloup, juillet 2024



















