dimanche 31 mars 2019

Antoine Moulonguet : “Explorer la voie de la guérison spirituelle“

Qu'est-ce qui vous a poussé à vous intéresser aux mécanismes de l'autoguérison, et, plus particulièrement, aux guérisons présentées par la science officielle comme aujourd'hui impossibles ?
De par ma formation archi-classique, je suis un médecin rationaliste, au sens cartésien (sinon étroit) du terme. Mais, comme neurologue, j'ai bien été obligé de constater qu'aucun traitement ne guérit les maladies neurodégénératives : Alzheimer, Parkinson, etc. Au mieux, on peut en retarder les effets. Les oncologues font état de cancers qui, parfois, disparaissent quasi spontanément, en particulier le neuroblastome chez l'enfant et le mélanome chez l'adulte. Rien de tel en neurologie. Tout se passe comme si les mécanismes de l'autoguérison ne passaient pas la barrière hémato-encéphalique. Face à cet échec thérapeutique assez désespérant, j'ai fait un tour d'horizon des autres voies thérapeutiques. Très vite, il m'est apparu que la plus intéressante à explorer est la voie de la guérison spirituelle.

Qu'entendez-vous par là ?
Je distingue deux voies de guérison spirituelle : l'une profane ; l'autre religieuse. La première s'intéresse à la force du mental, à son impact sur le corps. Elle commence à avoir droit de cité dans le milieu médical. Dans les hôpitaux, la porte est désormais entrouverte à la méditation, à l'hypnose, aux guérisseurs, voire aux coupeurs de feu. Tout dépend du bon vouloir des chefs de service. L'autre approche, religieuse, considère pour sa part que la guérison est activée par la foi, notamment dans ses formes spectaculaires. Mais la médecine officielle continue à refuser cette démarche. Alors même qu'Hippocrate s'y réfère explicitement.
Qu'est-ce à dire ?
Selon lui, la première question qu'un médecin doit poser à son patient est : « Qui êtes-vous ? » Il veut dire par là que les soins doivent être fortement individualisés. Hippocrate souligne aussi qu'on doit savoir où la médecine s'arrête et, écrit-il, « les malades réfractaires à tout traitement, il faut les envoyer au temple ». Le propos de mon livre est, précisément, de dire que nous ne devons pas refuser, à partir d'un a priori scientifique, l'une et l'autre de ces formes de guérison spirituelle. Ni celle qui se passe en dehors du « temple », ni celle qui s'opère à l'intérieur dudit temple. Moi-même, face à des personnes atteintes de la maladie de Charcot dont la situation ne peut que se dégrader, combien de fois n'ai-je pas envie de dire : « Tentez le tout pour le tout, allez à Lourdes. » Je n'ose pas. Pas plus que les patients avec des maladies dégénératives n'osent demander au spécialiste que je suis s'ils peuvent se tourner vers telle ou telle thérapie complémentaire. Alors même qu'ils y aspirent très fortement. C'est ce genre de verrou que j'aimerais voir sauter.
Pourquoi ?
Parce que cela les sortirait d'une passivité qui les rend encore plus dépressifs et aggrave considérablement leurs symptômes. Si on ouvre un espace d'espérance en eux, ils n'ont rien à perdre et même tout à gagner, car c'est la clé de l'activation des potentiels mécanismes d'autoguérison qui sommeillent en chacun de nous. Raison de plus pour en appeler au développement et à l'enseignement d'une approche médicale à la fois holistique et pragmatique. Suffisamment souple pour qu'on puisse, par exemple, établir un dialogue fécond autour de cas cliniques entre des thérapeutes conventionnels et des praticiens de soins alternatifs ou complémentaires choisis pour leur expertise et leur sérieux.
Vous rapportez ce propos d'Émile Coué : « On a tous une pharmacie intérieure... »
Oui, et cette pharmacie intérieure est capable de guérir toutes les maladies, mais, hélas ! nous avons perdu le pharmacien. Parce que j'ai vu au cours de ma déjà longue carrière tant de gens se rendre tellement malades après des chocs émotionnels, je suis convaincu que la réciproque est vraie : l'esprit peut guérir, y compris les pires pathologies...
C'est ce qui vous a conduit à vous intéresser aux guérisons dites miraculeuses ?
Absolument. Ne serait-ce que parce que le seul cas connu de guérison spontanée de la maladie de Parkinson est celui de soeur Marie Simon-Pierre, en 2005, peu après le décès du pape Jean Paul II, et, selon l'Église catholique, grâce à son intercession. À Lourdes, de puissants mécanismes d'autoguérison peuvent se mettre en route. La science pourra-t-elle un jour les expliquer et enlever leur dimension religieuse ? Pourquoi pas, mais, au fond, peu importe.
Vous citez le cas de Pierre De Rudder, un des premiers miraculés de Lourdes, qui guérit en avril 1875, sans séquelles, d'une jambe fracassée dans un accident...
Oui, parce que pour qu'il y ait miracle, il faut qu'il agisse dans la chair. Les os du tibia de cet homme ressortaient de la plaie gangrenée, la cheville était désarticulée et les médecins conseillaient l'amputation. À sa mort, l'autopsie a montré que les os disjoints s'étaient spontanément ressoudés, aucune différence avec l'autre jambe. Plus spectaculaires, des récits authentifiés par des médecins font état, au XVIIe siècle, de personnes dont la jambe amputée a repoussé à l'identique. Quant au Moyen Âge, il fut riche en résurrections. Les miracles relatés aujourd'hui n'ont pas cette force.
Pourquoi ?
À mon avis, parce que la spiritualité collective, à l'œuvre dans ces moments intenses où la guérison impossible devient possible, n'a plus la même densité. Une explication pourrait être que nos croyances ont un effet créateur sur les phénomènes. On croyait jadis aux résurrections miraculeuses et les résurrections se produisaient. Le pouvoir des miracles, et, plus communément, de l'autoguérison, dépendrait donc de notre confiance et de la puissance que notre espérance leur communique. À cet égard, la science n'a pas seulement désenchanté la vision que nous avons du monde, mais aussi les phénomènes qui y naissent.
  Le Dr Antoine Moulonguet, neurologue, écrivain, alias Antoine Sénanque, est l'auteur de Guérir quand c'est impossible (Marabout).

samedi 30 mars 2019

Prière salvatrice...



J’ai découvert cette petite vierge et je l’ai trouvée jolie,
elle a un p’tit air de ma maman, comme on dit, de son vivant,
et surtout j’ai été interpelée par son nom et sa mission:
« Mère du dieu de tendresse envers tous les cœurs mauvais ».
Pauvre petite mère, que de boulot, car nous sommes tous plus ou moins mécréants, infirmes de l’amour, handicapés de la fraternité, accidentés de la sexualité, étrangers à notre propre destinée, et souvent ceux qui le sont le plus, sont ceux qui affirment le plus t’aimer.
Ô ma Babouchka, petite grand-mère supposée du monde, ce n’est pas que notre cœur soit mauvais ou que nous soyons méchants, c’est juste que notre vieux monde a inventé de belles histoires à dormir debout et que cela a marché puisque depuis des millénaires nous avançons les yeux fermés, les poings serrés.
Mais là, petite mère, nous ne savons plus quoi faire, et notre autre mère la Terre va peut-être nous lâcher, alors please, toi qui est si bien placée, change la formulation de ta mission et deviens pour nous, du fond de mon cœur et humblement, je te le demande :
« La Mère du dieu de tendresse et de sauvetage envers tous les cœurs égarés.»

Elisabeth Kuhn


peinture: Kuzma Petrov Vdokin 1878-1939
la mère du dieu de tendresse envers les cœurs mauvais 1915

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vendredi 29 mars 2019

Prendre le temps...




source livre "Petit Bambou"

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mercredi 27 mars 2019

Emotions et Corps


Pouvez-vous prendre appui sur votre tête et sur vos pensées? Non. Quand on est tant soit peu ému, on ne contrôle plus ses pensées. L’émotion vous impose certaines chaînes de pensées. Et si vous essayez de faire silence pour méditer, vous voyez immédiatement que toutes sortes d’associations d’idées vous harcèlent. Votre pouvoir sur vos pensées devient pratiquement inexistant dès qu’il s’agit de l’exercer. Oh! quand tout va bien, que vous êtes calmes, vous pouvez à peu près diriger vos pensées. Mais quand vous êtes affectés – et pendant des années vous le serez encore – vous ne pouvez même plus vous concentrer sur la lettre que vous tentez d’écrire ou le livre que vous essayez de lire. 

Vos pensées vous emportent dans le sens de l’émotion du moment. Certains soirs, on ne peut pas s’endormir parce que des pensées tournent et tournent encore dans notre tête, soit des pensées très enthousiasmantes ou excitantes, si nous prévoyons pour le lendemain un rendez-vous professionnel décisif ou un rendez-vous d’amour longtemps attendu, soit des pensées douloureuses, pénibles dont nous nous passerions volontiers. Dans les deux cas, ces pensées ont pouvoir sur vous. Les pensées, vous en avez tous l’expérience, se succèdent d’elles-mêmes sans que vous y puissiez grand-chose. Plus tard, plus tard seulement, vous aurez le pouvoir d’arrêter les pensées comme vous pouvez arrêter un magnétophone en pressant un simple bouton. Mais ce sera le fruit d’une longue ascèse bien menée. 

Quelle confiance pouvez-vous faire à votre cœur alors qu’il suffit d’une mauvaise nouvelle, d’une parole blessante, d’une situation qui vous déroute, pour que celui-ci vous trahisse, c’est-à-dire que vous ressentiez une émotion? Dans cette instabilité, cette dépendance à l’égard des chocs extérieurs, donc cette vulnérabilité et cette faiblesse, sur quoi pouvez-vous un peu compter? 
Sur votre corps physique, même si ce corps change et ne cesse pas de changer...

Extrait de Approches de la méditation
Arnaud Desjardins

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lundi 25 mars 2019

Le mort vivant...


 "Ce n'est pas parce qu'un arbre est mort que la Vie le déserte.." 
Extrait de "Grandir avec les arbres" de Catherine Davau 🍀🌳🌲🍁🍂




Conservez vos arbres morts, faites y pousser des végétaux grimpants ... Ainsi vous créerez une belle niche écologique.

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Épanouissement


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dimanche 24 mars 2019

Fragile liberté

 Écrivain et poète, chroniqueur dans La Vie depuis bien des années, Philippe Mac Leod est décédé le 25 février. Nous lui rendons hommage en publiant ce texte inédit.
 Le dépressif pourrait dire : « Je ne désire rien, mais j'ai besoin de tout. » Le jouissif ne cesse de clamer : « Je n'ai besoin de rien mais je désire tout. » Le sage, d'un ton plus bas : « Je ne désire qu'à la mesure de mes besoins. » Le mystique : « Je n'ai qu'un seul besoin : désirer. » Désirer, brûler d'une flamme toujours plus haute. Là où n'est pas le désir, la vie n'est pas là non plus, ni celui qui la donne. Le Vivant ne peut se communiquer que par notre vie et c'est par le désir qu'il y entre, ce désir qui fait notre béance, notre vivance.

On parle sans doute trop de volonté en matière de spiritualité, trop de cette prétendue liberté qui ferait de nous des êtres clairvoyants maîtres de tous leurs choix. Je ne pense pas qu'on puisse croire en Dieu par choix. On ne décide pas d'aimer ou de ne pas aimer. L'espérance ne sera jamais une question de préférences. On n'avance à la suite du Christ que par le désir ardent de s'approcher davantage de lui et de mieux le connaître, parce qu'un jour on a fait une rencontre qui ne nous laisse aucun repos. Le désir devient alors notre souffle et l'Esprit saint s'y engouffre avec bonheur.
Il y a d'ailleurs toujours un peu de suffisance à croire l'homme libre de ses choix. En ignorant en chaque individu la force et la complexité d'une histoire qui le possède en même temps qu'elle le modèle, on risque de se tromper sur l'adversaire, qui n'est autre que lui-même. Dieu n'a pas créé l'homme libre. Nous sortons à peine de l'animalité, captifs d'un moi obscur, au fonctionnement incroyablement confus, et façonné par une histoire qu'on n'a pas choisie, pas plus qu'on ne choisit ses impuissances, ses infirmités.
Incapable d'aimer comme je le devrais, comme je le pourrais, comment croire en ma liberté ? Dieu n'a pas créé l'homme libre : il l'a voulu libre - il le veut libre - il nous conduit à la liberté. Il nous fait sortir de la maison d'esclavage. Pas de liberté, donc, seulement une succession de libérations toujours à reprendre ou à porter plus loin. La liberté dessine notre horizon. Elle nous oriente, et c'est toujours de nous-mêmes que nous sommes délivrés, sauvés. La liberté que nous invoquons tant n'existe qu'en Dieu, elle nomme l'infini de sa vie à laquelle nous aspirons.
Aussi n'est-il pas très juste de se référer au respect de Dieu à l'égard de notre prétendue liberté. C'est notre nature qu'il respecte, simplement, la lenteur de nos apprentissages, de nos assimilations. L'homme en son libre arbitre sait combien sa liberté est mince, entravé par ses faiblesses, ses pesanteurs, retenu par tout ce qui de sa nature est caduc et lui colle encore à l'âme. Libre, il ne l'est pas, mais investi de tant de possibles que le ciel tout entier lui semble promis. Il n'est de liberté qu'infinie, dans le dépassement, l'arrachement, dans la découverte d'un plus grand que soi. Ce n'est pas en choisissant que je suis libre, mais en me laissant porter toujours plus avant, et le plus souvent où je ne voudrais pas.
« Tu m'as saisi et je me suis laissé saisir », s'écrie le prophète. Dieu a créé l'homme ouvert : non point libre, mais ouvert, la seule créature qui soit perfectible, essentiellement vouée au changement, à la métamorphose. Et c'est bien là que je puise le souffle, l'élan me donnant ce sentiment de liberté qui n'apparaît que dans l'espace que m'ouvre la grâce, vaste comme un fiat, un oui spacieux, lumineux. Oui, Seigneur : ne me lâche pas, sois ma liberté et ne m'abandonne pas à la pauvre illusion de la mienne.
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samedi 23 mars 2019

Energie nouvelle...

Perdre son énergie, son tonus, sa forme, est un phénomène qui nous semble normal. Même si nous la déplorons, la fatigue est une compagne habituelle depuis si longtemps. Et quand l’âge commence à se faire sentir, l’évidence redouble : toutes sortes d’activités nous deviennent désormais difficiles, sinon impossibles d’accès. Mais si la modération est certainement une sœur de la sagesse, sommes-nous certains que nous ne laissons pas une certaine croyance de la « fatigue obligatoire » nous paralyser à notre insu bien avant qu’elle ne soit objectivement là ? Car enfin, les vagues de la mer, les nuages poussés par le vent, la lave des volcans se fatiguent-ils jamais ? Les arbres cessent-ils de fleurir au printemps parce qu’ils sont fatigués ? Les sangliers cessent-ils de fouiller la terre parce que leur tonus baisse ? Et les oiseaux s’arrêtent-ils de voler sous prétexte qu’ils sont devenus vieux ? 


 Certes, tous meurent un jour, et parfois le trépas survient après une phase d’épuisement, mais lorsque vous contemplez la nature, vous le sentez bien : elle ne se fatigue jamais ! Et nous humains, ne sommes-nous pas ses enfants ? Si donc nous étions vraiment nous-mêmes, il y a aucun doute : l’énergie coulerait en nous à flot ! Comme tous les êtres vivants, nous observerions des phases de repos à intervalles réguliers, mais sitôt réveillés, nous serions prêts à repartir hardiment pour une nouvelle journée. 

 Ainsi donc, quelle que soit la méthode que vous choisissez pour vous remettre en forme– il y en a des centaines ! –, une certitude doit vous habiter : le but à atteindre est tout simplement de revenir à l’état naturel qui ne devrait jamais cesser d’être le vôtre. De retrouver l’état des vagues de la mer, des nuages poussés par le vent, de la lave crachée par les volcans, des sangliers qui fouillent inlassablement le sol, des oiseaux qui chantent et volent toute leur vie durant. Choisissez juste l’exemple qui vous parle le plus – c’est bien plus qu’une métaphore. 


source: Nouvelles Clés
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vendredi 22 mars 2019

Les anges, derrière ton épaule


C’est dans le dernier livre de Christian Bobin, La Nuit du cœur, une merveille comme d’habitude. Dès le chapitre 3, ceci : « J’écoute le bruit que fait l’araignée d’eau courant sur l’étang. Je frissonne au passage d’un ange pressé de rentrer chez lui. » Christian voit des anges partout ; c’est une des sources de sa grâce.

Il y a des gens comme ça, qui croient aux anges. Longtemps, j’ai eu du mal avec ce truc, vraiment. Peut-être était-ce dû à une patiente, croisée lorsque j’étais jeune interne. Elle se promenait dans les couloirs de l’hôpital en écartant de ses mains des mouches qui volaient tout autour d’elle. Mais il n’y avait pas de mouches. Et quand je lui demandai pourquoi ces gestes de la main, elle m’expliqua, l’air préoccupé : « ce sont les anges, qui volent trop près de moi ; ne les voyez- vous pas ? » Non, je ne les voyais pas ; et je ne les vois toujours pas aujourd’hui.

Mais beaucoup de mes proches les voient, ou les sentent. C’est mon cousin François, qui nous raconte qu’il a perçu leur présence, au soir d’une journée d’été où l’amitié a soufflé sur notre groupe, et réconforté un de ses frères, déprimé. C’est mon épouse, après la lecture d’un petit livre offert par une amie, qui se met, dès le lendemain, à voir la main des anges derrière toutes les joies de la journée.

À leur contact, je me mets parfois à croire, moi aussi, aux anges, à chercher leurs traces dans nos vies. Cela m’aide à mieux voir tous ces copeaux de bonheurs minuscules qui nous tombent du ciel, chaque jour. Ils sont vraiment là, eux ; ils ne sont pas une illusion. Croire aux anges me fait du bien. Un bien fou.

Je pense souvent à la phrase de Claude Nougaro, dans sa chanson Plume d’Ange : « La foi est plus belle que Dieu. » Même si Dieu n’existe pas, la foi est belle et réconfortante. Même si les anges n’existent pas, songer à leur présence à nos côtés nous soutient, nous ouvre les yeux sur ce que nous oublions : la chance d’être là, vivants.

Croire aux anges nous rend humbles : tout ne dépend pas de nous, de nos efforts, de nos qualités ; pour que la vie soit belle et bonne, il y a aussi des choses et des chances qui doivent nous tomber du ciel.

Croire aux anges, c’est penser qu’une présence aimante veille sur nous. Parfois imprévisible dans ses actions, dans ses absences, dans ses violences aussi, que nous ne comprenons pas, ou seulement des années plus tard.

Pas besoin d’y croire à 100%. On peut juste se contenter d’une demi-croyance. On en a beaucoup, de ces demi-croyances, de ces confiances dont nous ne sommes pas sûrs qu’elles soient fondées ni garanties, mais dont nous percevons obscurément que nous ne pourrions vivre sans elles.

Maintenant, arrêtez-vous de lire. Arrêtez-vous de tout. Respirez. Écoutez. Ressentez. Je suis sûr qu’il y en a un, là, penché sur votre épaule, juste à cet instant… 

 Christophe André
 cet article a été initialement publié dans Psychologies Magazine en décembre 2018.


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mercredi 20 mars 2019

Terre à terre



Ne pas oublier l'importance des racines !




"A gauche un terrain sain qui stocke le CO2 en quantité, qui agit comme éponge en cas de pluies, qui ne nécessite pas d’engrais ni de pesticides. À droite un terrain classique à soigner: dur comme pierre, le CO2 ne peut s’y maintenir, en cas de pluie le ruissellement provoque inondation et destructions, nécessite de grandes quantités d’engrais et de pesticides pour maintenir en vie la plante malade. " 

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mardi 19 mars 2019

Obligation de conscience pour se comprendre


"Ce qui pousse chaque être à retrouver le sens de sa propre existence, est un besoin essentiel. Lorsque nous détournons cette aspiration de son intention d'origine, nous passons notre temps à gratifier des besoins sur le plan physique, des envies sur le plan émotionnel et des volontés sur le plan mental. Le processus de gratification sur ces plans-là se révèle, à l'expérience, toujours habité par la peur et la souffrance. Pourquoi ? Parce qu'il y a toujours l'envie, le désir ou la volonté à satisfaire et, en même temps, le besoin de combler un manque incessant. 
A travers l'obligation de conscience vécue quotidiennement nous restons par contre en contact avec le besoin fondamental de notre être qui est de se comprendre soi-même."



Un rendez-vous pour les amis d'Yvan Amar




Commémoration Yvan Amar 15 - 18 Juin 2019

Publié le par lesamisdelami

Photo extraite de l'album de  Sylvia Reichenbach
---Plus de renseignements

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lundi 18 mars 2019

La foi d'écrire avec Christian Bobin


Claude Clorennec retranscrit dans ce documentaire l’extrême délicatesse de l’écrivain Christian Bobin. Fils d’un père dessinateur à l’usine Schneider du Creusot et d’une mère calqueuse, son œuvre puise dans les souvenirs de son enfance, marquée par la solitude et l’atmosphère des hauts fourneaux. Les bruits des vélos des ouvriers à la sortie de l’usine, le rythme des marteaux pilons, nourrissent l’imaginaire de Christian Bobin, qui porte sur le travail un regard distancié. « Ivrognes de l’efficacité », les hommes justifient leur existence par le travail et demeurent prisonniers des apparences, niant leur pudeur, leur sensibilité.  

Christian Bobin écrit pour cette « majorité taciturne qui mange sa vie en silence, qui traverse sa vie sur la pointe des pieds ».



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dimanche 17 mars 2019

Aux sources de l'amour avec Philippe Mac Leod

Écrivain et poète, chroniqueur dans La Vie depuis bien des années, Philippe Mac Leod est décédé le 25 février. Nous lui rendons hommage en publiant ce texte inédit.







CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
© Jean-Pierre Denis - Après les obsèques de Philippe Mac Leod, le 1er mars, plusieurs de ses amis et lecteurs se sont retrouvés dans les Côtes-d'Armor
Par une indéfinissable magie la lumière me retient sur le seuil. Il y a pourtant, à cette heure, encore tant à faire à l'intérieur de la maison : la vaisselle, par exemple, un brin de ménage dans les toiles d'araignée surprises par le soleil radieux. Malgré sa douceur, ce quelque chose d'indéfinissable à entendre et à comprendre s'impose d'une manière si impérieuse. Comment y résister ? Déjà le dos de la chaise vide m'interpellait de son silence cuivré, à table, mais ne mangeant ni ne parlant, buvant en chaque instant toute la lumière du monde, par petites gorgées, mais longues, longues et profondes.
La lumière n'a pas d'âge, comme l'instant toujours neuf, comme le silence qui s'installe en moi dès que le cœur se détache de la chaîne des préoccupations : le silence, le beau silence roulé dans un mince reflet qui brille sur le bois de la table débarrassée ; le silence, lorsque la lumière s'entortille dans la rigole d'un brin d'herbe à la fenêtre, étale sur le grain grossier de la pierre un glacis de porcelaine ou colle sur la vitre un grand miroir aux eaux lisses et mobiles.
Où que l'on se trouve, et à l'heure exacte où l'instant nous trouve, voici qu'apparaît la frêle chapelle d'un sanctuaire itinérant, avec son jour de vitrail, ses miroitements, ses ombres frêles et ses clartés d'un mystère tout proche. La lumière libère les sources de l'amour, en tout lieu ouvrant de petites failles, de tremblants interstices, longues fissures dans la pierre de nos inerties. C'est un appel à la vie, la vraie, au seul réel qui soit et ne se révèle que dans le détachement, l'attention enfin libre de toute attente.
Ainsi les anges sans doute se posent-ils parmi nous, sans bruit, par milliers, sur le bord d'un meuble, dans un chausson qui traîne, parmi les fleurs sur les dalles de la terrasse. Leurs ailes déploient la lumière. Le silence garde le chatoiement de leur passage discret comme le tremblement d'un souffle. Ils ne s'attardent pas, jamais, ne connaissant pas l'insistance, mais laissent ouverte après leur départ la brèche, le mince interstice à travers lequel on voit l'abîme de douceur qui fait la profondeur des choses.
Ils poussent des portes, ils plantent des échelles, ils plongent des regards émerveillés en nous invitant à descendre le long de la corde « entretissée » de l'or du jour et du fil ténu d'un chant d'oiseau plus solide que le temps qui passe. On hésite à les suivre, confortablement assis dans un fauteuil. On guette cependant, on veille. On est peut-être un de ces anges, le temps d'un silence, dans la grande lumière, le monde un moment suspendu, aussi léger que le rayon dans les branches, le reflet d'un nuage embrasé à la surface de l'eau en contrebas, froide et pure encore de tout savoir. De même, à la surface des yeux, il n'est plus rien à retenir. Il s'agit seulement de s'ouvrir à cet instant de la révélation que certifie la paix de son sceau inimitable. On ne trouve plus la place pour une pensée, la trop encombrante mémoire, et si revient la complainte du chagrin, le monde tout entier se referme et me laisse au dehors.
L'amour toujours plus léger, plus transparent, m'invite à l'ascèse de l'instant, laissant tout sur le seuil, la plainte et la rengaine, pour entrer nu comme la lumière dans cette plénitude d'un moment d'être véritable. Oh ! Lave-moi, douce lumière ! Loin au fond de la chair encore sombre et nouée par endroits. Purifie-moi aux sources de l'instant, qui fait le seul présent de Dieu et la couleur si fragile de l'amour.
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Philippe Mac Leod 
1954 Naissance à Port-Lyautey, au Maroc.
2016 S'installe près de la chapelle de Goz-Iliz dans les Côtes-d'Armor.
2019 Supplique du vivant et Variations sur le silence (Ad Solem).
25 février Décès.
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samedi 16 mars 2019

La distinction entre méditation et contemplation


Dans le Dzogchen "méditation" et "contemplation" ont des significations bien distinctes.
La pratique du Dzogchen est en soi la pratique de la contemplation dans laquelle on demeure en cet état non duel d'auto-libération, qui est au-delà des limites du niveau conceptuel de l'activité mentale, et qui cependant inclut aussi le fonctionnement de ce qu'on appelle l'esprit "ordinaire" ou la pensée rationnelle. 
Bien que les pensées puissent survenir dans la contemplation, on n'est pas conditionné par elles et, laissées telles quelles, elles se libèrent d'elles-mêmes. Dans la contemplation, l'esprit ne s'implique dans aucun effort mental ; il n'y a rien à faire ou à ne pas faire. Ce qui est est, tel quel, parfait en soi. Par contre, ce que l'on entend par "méditation" dans les enseignements Dzogchen, c'est l'une ou l'autre des très nombreuses pratiques qui impliquent de travailler avec l'esprit afin de permettre au pratiquant d'entrer dans l'état de contemplation. 
Ces pratiques peuvent inclure les différents types de fixation du regard qui amènent à un état de calme, de même que les différents types de visualisation, etc. Ainsi, dans ce que l'on appelle méditation, on travaille avec l'esprit, mais la contemplation est au-delà de ce travail.

Extrait de "Dzogchen et Tantra" Namkhaï Norbu Rimpoché

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vendredi 15 mars 2019

Matins de tendre Espérance avec Lise

Lise fait vibrer dans son recueil l’éclat du Poème qui est devenue sa boussole depuis l'accident de santé dont elle est ressortie plus vivante et poreuse à la beauté des choses et des être.
Photo


  

 

Matins de tendre espérance

(110 pages, 15 euros)

 


Il est un Chant qui nous traverse.
Lorsque de toutes parts la vie nous appelle par notre nom, vient personnellement nous dire de lui répondre avec une force égale sans autre souci que la Joie du don en ayant le courage d'être soi, que pouvons nous répondre sinon " oui". 


Je croyais en la beauté du jour comme une chose acquise qui ne tremble pas et la lumière se fit sombre pour me rencontrer dans l’interstice.
Au plus fort de la tourmente est né un prénom de plume veillant mot à mot dans la forêt du langage « ce qui ne meurt jamais »


Perdue entre hier et demain, étrangement paisible de la seule force de son pas, l’onde enveloppe cet être si fragile qui tremble de tout son feuillage à la brise de la vie, l'éprouve jusqu'au plus profond de sa ramure et sait que cela suffit au bonheur du Jour, ce vent frais des matins de tendre espérance qu'un enfant tient dans la paume de ses mains, au creux d'un sourire.


Extrait :

Le matin 

Vois tu ce tourbillon 
Qui jamais ne se pose 
Et toujours nous reprend, 

Semblable au papillon 
Aux pétales de roses 
S'éparpillant au vent, 

Dont le cœur est si dense 
Et le feu si ardent 
Qu'on pourrait se brûler, 

S'il n'y avait ce Don 
Qui toujours recommence 
Sans jamais continuer. 

Le matin est venu 
Sur la pointe des pieds 
Et a tout embrasé

Lise

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