vendredi 3 juillet 2026
jeudi 30 avril 2026
S'attarder
jeudi 23 avril 2026
Mystère bleu.
dimanche 14 décembre 2025
Elan de vie
« Au bout de tout, voici ce que j’ai saisi : la vraie vie n’est pas seulement ce qui a été donné comme existence ; elle est dans le désir même de vie, dans l’élan même vers la vie. Ce désir et cet élan étaient présents au premier jour de l’univers. Au niveau de chaque être cependant, ils sont fondés sur ce que son âme – par-delà les épreuves, les souffrances, les chagrins, les effrois, les blessures reçues ou infligées aux autres – aura préservé de sensations éprouvées, d’émotions vécues, d’inlassables aspirations à un au-delà de soi, de soifs et de faims aussi infinies que le besoin sans borne d’amour et de tendresse. »
—François Cheng —De l’âme
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mercredi 3 décembre 2025
Appel naturel du mouvement circulaire
mardi 28 octobre 2025
Plantes en modèle
"Ce coin de jardin, à l'abri de tout, n'est-il pas merveilleux ? La silhouette des lotus, si attirante, le gazouillis des loriots si agréable ? Apparemment, tous les êtres jouissent du bonheur d'être là. Il n'y a rien à en dire.
Et les hommes, dans quel but sont-ils venus sur Terre ? Que ne connaissent-ils la même lenteur, la même confiance et le même bonheur de vivre que les plantes",
François Cheng, L'éternité n'est pas de trop,
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jeudi 3 juillet 2025
Perception d'âme
"Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l'aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l'automne, tout le Souffle aimant de l'univers porté par un vol d'oiseaux migrateurs, tous les hauts chants humains montés de la vallée des larmes, tout cela constitue un "ici et maintenant" où l'éternité se ramasse. Cet "ici et maintenant" ne peut rayonner, irradier, faire fleurir et porter fruit, susciter écho et résonance et, par là, prendre tout son sens que s'il est vécu par une âme."
François Cheng- D'une Âme
peinture: Kikuchi Yuichi 1912 - 1993 Print 4 from the series 'Four Aspects of Mount Fuji' 1950
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dimanche 2 mars 2025
François Cheng : méditation sur la vie révélée
Dans son nouvel opus publié chez Albin Michel le 3 mars 2025, Une nuit au cap de la Chèvre, l’écrivain et académicien d’origine chinoise François Cheng offre une méditation poétique sur notre présence au monde, sur l’univers et sur la mort, dont voici en exclusivité des extraits.
L’Univers est. Une Puissance-créatrice l’a fait advenir. Il se présente à nous sous forme du Cosmos, au sein duquel se déploie une entité spécifique : la Vie. Première constatation qui frappe l’esprit : l’aboutissement de cette Création n’est pas la réalité physique du Cosmos, mais la Vie.
Certes, le Cosmos nous émerveille par sa splendeur sans égale et sa vastitude sans bornes, alors que la Vie se développe dans un espace plus que restreint, même si bien d’autres planètes que la nôtre pourraient être habitées. Cette écrasante disproportion de volume ne doit pas faire oublier, à l’inverse, une différence de substance tout aussi écrasante.
La voie de la Vie
Alors que le Cosmos ignore sa propre existence, la Vie, elle, vécue par nous, est douée de conscience. Nous, les humains, connaissons la réalité de l’univers physique jusqu’à un certain degré, et surtout, nous sommes capables de nous interroger sur notre destinée en son sein. Le mouvement du Cosmos est mécanique et répétitif ; la voie de la Vie, en revanche, est en devenir, comportant étapes et étages qui ouvrent sur de possibles dépassements qualificatifs. Elle est d’un autre ordre.
Je suis donc là et j’observe. La magnificence produite par les milliards de galaxies aux feux entrecroisés m’impressionne, me stupéfie. Que de fois pourtant, face à la sublime scène d’un soleil levant ou d’un couchant, nous pouvons nous dire : « Cela est sublime parce que nous, humains, l’avons vu. Sinon tout serait en pure perte, tout serait vain. » Je prends soudain conscience que nous sommes, à notre niveau, l’œil ouvert et le cœur battant de cet univers. Si nous sommes à même de penser l’univers, c’est que véritablement il pense en nous.
Alors me vient l’évidence d’une question. Oui, nous sommes en droit de nous demander : « De la part de la Puissance-créatrice qui a fait advenir le Cosmos et la Vie, quel serait le “dessein” ? Pourrait-elle se contenter des astres qui tournoient indéfiniment sans le savoir ? N’aurait-elle pas besoin de “répondants”, d’êtres doués d’une âme et d’un esprit, comme nous le sommes, capables d’entrer en échange avec elle, donnant ainsi sens à sa Création ? »
L’aventure de l’être
C’est pleins d’une déférence sacrée cependant que nous obtenons du Cosmos des connaissances de base. Nous apprenons que la dimension réelle de l’univers est l’infini et que les lois de son fonctionnement sont fondées sur la rectitude : elles sont constantes, dignes de confiance aussi bien dans l’infiniment grand que dans l’infiniment petit, grâce à quoi les conditions de l’avènement de la Vie ont été rendues possibles.
À partir de là, force nous est de constater qu’en réalité la seule aventure en cours, chargée de promesses, est celle de l’Être. De cette aventure, nous les humains, nous sommes partie prenante. À nous d’assumer cette quête au jour le jour, à travers des tâches recelant une sourde grandeur, à la fois nobles et dures.
Nobles, parce que nous résonnons par nos créations à l’appel de la transcendance, et que certains d’entre nous, tendant vers un amour sans réserve, nous élèvent vers l’idéal du don. Dures, parce que nous devons affronter toutes les souffrances que peuvent causer les calamités, les maladies, les accidents, et surtout le Mal qui, plantant en plein centre de l’aventure ses tragiques méfaits, est en mesure de la faire échouer complètement.
Sublimes dépassements
Car le Mal a été rendu possible par l’intelligence et la liberté dont nous jouissons ; quand elles sont à son service, elles creusent un abîme sans fond jusqu’à menacer de détruire l’ordre de la Vie même. Enfin, par-delà toutes ces souffrances demeure un fait incontournable : chacun de nous, après avoir reçu le don de la Vie, est appelé à faire face un jour à sa propre mort.
Disons sans tarder que la Mort n’est nullement une force extérieure qui viendrait anéantir le processus de la Vie. Elle résulte d’une loi imposée par la Vie elle-même afin que la Vie puisse se renouveler et se transformer. C’est la Mort qui fait que la Vie est vie, en nous poussant vers l’urgence de vivre, en vue d’une forme d’accomplissement ou de sublimes dépassements. Tapie au creux de notre conscience, elle est la part la plus intime, la plus personnelle de notre être.
Elle rend tout unique dans notre existence, unique chaque minute de notre temps, unique chaque acte de notre entreprise, unique notre existence. Elle se révèle ainsi le moteur le plus dynamique de ce que nous faisons. Elle confère, en fin de compte, une valeur inaliénable à chaque vie : ainsi Malraux a-t‑il pu dire qu’apparemment une vie ne vaut rien, et que pourtant rien ne vaut une vie.
Accès à la transformation
Par une compréhension erronée de la Mort, surtout en cette vie moderne marquée par le déracinement, nous sommes loin d’une attitude juste envers elle. En refusant de dévisager la Mort en sa vérité et en restreignant notre existence à « ce côté-ci », nous nous enfermons dans un permanent état de peur, de rejet étriqué qui ne fait qu’accentuer notre angoisse.
Dans toute grande ville, on constate la dégradation de l’ultime phase de la vie des personnes. On meurt souvent dans l’isolement et l’anonymat, au grand désarroi des proches. Fuyant leur sentiment de culpabilité, ceux-ci s’abritent derrière un écran de fausse sécurité en abrégeant le temps de « faire le deuil ». Une sentence générale s’affiche au fronton de notre société : toute vie se termine « en queue de poisson ».
La mort d’un être est-elle un plongeon instantané dans le néant ? Nous avons tendance à le penser tout en ayant raison de ne jamais nous y faire. S’être engagé corps et âme dans l’aventure de l’Être, et puis se voir effacé sans laisser de traces comme si de rien n’était ? J’affirme le contraire, comme l’a fait le poète Rainer Maria Rilke : la Mort est un Ouvert ; elle donne accès à la transformation.
La mort, quand elle survient, chaque fois nous ébranle par son abyssale signification : le défunt — ou la défunte — nous apparaît aussitôt dans l’âpre éclat de son unicité irréductible. Épurée d’un coup des contingences et de tout ce qui est superflu, sa présence rendue à l’essentiel nous rappelle la nature sacrée de l’Être, et par là, éveille en nous la conscience ineffable de notre propre existence.
Une communion d’âme à âme
S’instaure alors, entre le disparu et les vivants, une communion d’âme à âme, transparente, éclairante, tendue vers la transcendance. Le disparu, par sa présence même, nous invite à ne pas oublier que nous ne venons pas de nous-mêmes, que nous sommes, chacune et chacun, le résultat d’un immense don de la part de la Puissance-créatrice qui est garante de l’Ouvert.
Au sein de l’humanité, un jour, Quelqu’un a accompli le geste absolu, indépassable, le geste décisif qui a changé la nature et le sens de la Mort. En se laissant clouer sur la Croix, il a affronté le mal — non seulement le mal de ses bourreaux, mais le Mal en soi, le Mal radical. Et dans le même temps, il a affirmé l’Amour inconditionnel, puisque, sur la Croix, s’adressant au Père, il a dit : « Pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu’ils font. » Cette parole faisait écho à ce qu’il avait déjà proféré : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »
D’un geste unique, il a tenu les deux bouts de la Vérité : il a vaincu le Mal radical par l’Amour absolu qu’il incarne. Sa mort ouvre la Voie de la Vie qui ne périra plus ; le lien entre l’ordre humain et l’ordre divin est rétabli. Plus précisément, il nous est permis de dire qu’une relation filiale est renouée. Nous sommes les héritiers à qui incombe le devoir d’assurer la marche de la Vie. Ici, je crois entendre la lointaine prédiction du Tao : « Celui qui cède à l’amour en se donnant au monde, à lui sera confié le monde. »
Un oiseau qui soudain s’envole
À 15 ans s’éveilla en moi la révélation de la poésie. Surgis d’une source inconnue, des mots alignés, chantants, signifiants, illuminants, telles les coulées d’une lave, traversaient le souterrain de mon être.
Puis vint le jour divin. Dans une aube délavée par une brusque averse, sur la colline habillée de hauts pins dont les aiguilles scintillent de perles irradiantes, un oiseau qui soudain s’envole fait entendre les échos d’une chute toute proche. Une présence, aussi souveraine que maternelle, se penche sur l’adolescent tremblant d’émotion.
D’une voix résolue, elle lance un appel : « Chante, et tu seras sauvé, et tout sera sauvé. » Désormais, même au moment du plus imminent risque de perdition, retentirait en moi cette voix d’injonction qui m’empêcherait de succomber au néant.
Que l’univers créé vaille d’être célébré, c’est l’évidence. Que la Vie vaille d’être révélée, c’est l’évidence aussi. La Vie foisonnante, enivrante, provocante, exaltante, à la fois joyeuse et tragique, avec ses envols parmi les nues, ses êtres qui tentent de survivre au fond du gouffre, ses douleurs étouffées, ses émotions tues, sa part invisible et transfigurante qui se prolonge au-delà de la mort.
Le poète digne de ce nom reçoit mission non seulement de dire, mais d’accompagner toutes les âmes espérantes par son chant. Il ne doute pas que si les humains sont reconnaissants au Créateur de les avoir créés, le Créateur, lui, sait gré aux humains de prendre en charge les épreuves. »
(Pages extraites d’Une Nuit au cap de la Chèvre, de François Cheng, chez Albin Michel.)
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source : La Vie
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lundi 19 août 2024
Un jardin d'instants...
A un jardin
Oui nécessaire clôture
Pour que le lieu devienne lien
Et le temps attente.
Que le sentier mène à l’amante,
Que tout désir aille à son terme,Que chaque fleur porte visage et nom,
Que chaque fruit préserve faim et soif,
Que vent et pluie soir et aube
Renouvellent leurs offrandes sur l’herbe,
Que l’infini, lui, fasse halte
Sur la cime des pins.
Oui nécessaire clôture
Pour que le lieu soit appel,
Et l’instant répons sans fin.
mardi 21 mars 2023
L'instant de l'âme
"Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l'aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l'automne, tout le Souffle aimant de l'univers porté par un vol d'oiseaux migrateurs, tous les hauts chants humains montés de la vallée des larmes, tout cela constitue un "ici et maintenant" où l'éternité se ramasse.
p 152 ✨🌛✨ De "l'âme" - François Cheng
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mercredi 8 décembre 2021
Vide médian / 化 Hua, la métamorphose
"Très tôt dans ma vie, j’ai eu le sentiment qu’il y avait en l’homme une tendance inévitable vers la chute. L’homme doit tomber. Et l’on doit accepter cette idée presque insupportable, l’idée de l’échec, dans un monde voué au culte du succès.
Mais symétrique à la chute, il y a dans l’homme un élan vers le haut. La pensée, le langage, l’amour, toute création participent de cet élan.
Il y a donc un double mouvement de chute et d’élévation dans l’homme, une sorte de loi de gravité paradoxale.
Entre ces deux dimensions, il y a une dimension verticale. La poésie qui m’intéresse possède l’audace et la nudité suffisantes pour atteindre ce lieu où se produit le double mouvement vertical de chute et d’élévation. Parfois on oublie l’une des deux dimensions.
Mes poèmes tentent de rendre compte de cette contradiction vitale."
Roberto Juarroz Dans 'Les Lettres Françaises' (avril 1993)
Calligraphie François Cheng
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lundi 10 mai 2021
Eternelle Beauté
jeudi 28 janvier 2021
mercredi 11 mars 2020
samedi 1 février 2020
Âme soeur...
Entends-tu ce qui
Vient de l'heure, ce qui
Vient du cœur, à l'heure
De l'abandon, à l'heure
Du crève-cœur,
Ce battement depuis
La naissance, déchirant
Les entrailles maternelles,
Déchirant l'écorce
Terrestre, ce battement
Qui cherche à se dire,
Qui cherche à se faire
Entendre, entends-tu
Âme sœur,
Ce cri d'avant-vie, plein
D'une étrange nostalgie,
De ce qui avait été
Rêvé, et comme à jamais
Vécu, matin de brume
D'un fleuve, nuage
Se découvrant feuillage
Midi de feu d'un pré, pierre
Se dévoilant pivoine; toute
La terre embrasée, tout
Le ciel étoilé,
En une seule promesse,
En une seule invite:
Ne rate pas le divin,
Ne rate pas le destin!
Entends-tu ce qui
Vient de la flamme
Du corps, de la flamme
Du cœur, à l'heure
Du crève-cœur, ce cri
Surgit un jour, à ton
Insu, en ton plus profond,
Le transparent, le transportant
Le transfigurant, seul cri
Répondant à l'âme en attente,
Âme sœur
jeudi 23 janvier 2020
La voie de la bonté
"Il m'est donné de comprendre que la vraie bonté ne se réduit pas à quelques bons sentiments ou sympathies de circonstance, encore moins à une sorte d'angélisme naïf ou bonasse. Elle est d'une extrême exigence. Parce que le mal est dans le monde sous toutes ses formes, le plus terrifiant étant celui que les hommes infligent aux autres hommes. L'homme, cet être doué d'intelligence et de liberté est "capable de tout".
Beaucoup d'âmes sont tendues vers l'élévation, sachant que là réside la vraie liberté. À l'autre bout de la chaîne, beaucoup d'autres, aveuglées par différents désirs, s'enfoncent dans la noirceur, d'une férocité et d'une cruauté sans borne. Ceux qui s'engagent dans la bonté auront à affronter les épreuves, souvent au prix de leur vie. Les chercheurs du vrai et du beau savent que sur la Voie, la souffrance est un passage obligé par lequel on peut atteindre la lumière.
Dans le tragique d'un monde enténébré, au plus noir de la nuit, la moindre lueur est signe de vie, une luciole qui passe, une étoile qui file, un feu qui prend...
Je dirais une fois encore que chaque âme, aussi fragile et minime soit-elle, est invitée à témoigner de son vécu, d'un destin entrelacé d'enchantement, d'allégresse, de douleur, de frayeur, de remords, de regrets. Tout est appel, tout est signe. Tel est le sens de la Voie, laquelle doit continuer sa marche de transmutation et reprendre un jour tout ce qui est de Vie."
mercredi 22 novembre 2017
Nocturne lumière... avec François Cheng
"Que le jour soit plus clair que la nuit, c'est une évidence.
Mais, d'après ma perception, la clarté du jour est une lumière déjà donnée là; on en profite ou on la subit, selon l'humeur du moment. Tandis que dans la nuit, on passe d'abord dans la plongée de l'obscurité, avant de se trouver dans la disposition -ou aspiration- de capter la moindre lueur qui s'offre, une allumette qui craque, une luciole qui passe, une première étoile qui se signale du fond de la voûte céleste... Pour peu qu'on ait un esprit un peu "mystique", on vit par là l'expérience illuminante de toucher la naissance ou la source de la lumière.
Oui, on pense à l'expression consacrée de la "nuit mystique".
Non que les mystiques se complaisent dans les ténèbres; je crois que, véritablement, ils ont tous la nostalgie d'atteindre l'état originel où, au risque d'aveuglant anéantissement, ils pourraient assister au jaillissement même de la lumière, ce que j'ai exprimé dans le quatrain suivant:
Vraie Lumière
celle qui jaillit de la Nuit
Vraie Nuit
celle d'où jaillit la Lumière"
François Cheng,
'Le Dialogue."
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jeudi 17 novembre 2016
Conseils pour un rapport à la mort sain avec Christian de Cacqueray
ENTOUREZ LES PERSONNES ENDEUILLÉES
La dimension communautaire est essentielle. Ce qui peut arriver de meilleur aux gens est qu’ils soient le plus entourés possible. Allez aux enterrements, même si vous n‘êtes pas très proches de la personne défunte ou de sa famille, afin de faire corps dans l’événement de la mort. Manifestez en actes votre solidarité à ceux qui vivent la séparation. N'hésitez pas à les appeler, sans crainte de les déranger.
« ENVISAGEZ LA VIE À PARTIR DE LA MORT »
Comme le dit ci-dessus le poète et académicien François Cheng, dans notre quotidien, nous sommes confrontés, piégés, par des soucis plus ou moins réels ou sérieux ; des contrariétés liées à des relations humaines difficiles. Regardez-les en vous imaginant sur votre lit de mort, et interrogez-vous : Que reste-t-il de tout ça ? Ce regard relativise, ramène à l’essentiel, ouvre des pistes de pardon, de réconciliation, de miséricorde.
CONSIDÉREZ LA MORT COMME UNE TRANSFORMATION
La mort peut être vue comme une rupture ou une transformation. La « mort rupture » peut être une fin inhumaine, incompréhensible, insupportable, inacceptable. La « mort transformation » est la foi. En consentant à toutes les petites et grandes morts de notre quotidien, nous vivons déjà ces changements qui annoncent la grande. Il nous faut aimer cette transformation pour nous préparer à vivre celle que nous évoquons dès aujourd’hui dans la prière : « Maintenant et à l'heure de notre mort. »
Christian de Cacqueray
(source : La Vie)
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