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vendredi 11 septembre 2026

Etreinte...

En astrologie chinoise ou Bazi, on étudie les troncs, les branches et les troncs cachés pour découvrir les racines de notre personnalité.
Nous descendons des arbres. Ils sont notre ancrage sur cette planète



L'idée d'étreindre un arbre me plaît... parce que nous étreignons non seulement un "être vivant", mais quelque chose de vital qui fait partie de la nature, de la terre. Quand on touche le tronc d'un arbre, on effleure en même temps ses racines qui s'allongent en profondeur. En conséquence notre caresse monte à la cime des arbres, se dirige vers le ciel, et redescend vers la terre où nous irons tous en fin de vie.

Enlacer un arbre signifie étreindre le monde entier.

Jon Kalman Stefansson

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vendredi 7 août 2026

Lien avec les arbres

Relisant J.M.G. Le Clézio "L'inconnu sur la terre", pensée aux incendies actuels qui terrorisent le sol et les racines et à cette peinture faite en 2024
qui préfigure ces brûlures qui hantent désormais les forêts.
Huile sur toile , 130 x 97 cm.
Marie Alloy

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mardi 4 août 2026

Le bouleau

 Ils ne sont pas en forme actuellement dans mon jardin, alors je leur partage ce message :


Lorsque j'étais enfant, dans le monde végétal, ce n'étaient pas les bouleaux qui attiraient mon attention ; les arbres qui me fascinaient c'étaient les mélèzes et les grands sapins et, parmi les arbustes, le saule des chèvres et le cytise que je recherchais en bordure des prés pour y trouver des fourches de lance-pierres ou des bâtons pour fabriquer l'arc et les flèches de nos jeux.
Les bouleaux, je ne comprenais pas leur beauté ; au printemps nous jouions près d'eux quand la neige fondait, sans même lever les yeux vers leurs célestes branches. Et la coutume de nos ancêtres, qui en mai déclaraient leur amour aux jeunes filles du village en déposant des branches de bouleau à peine écloses devant la porte de leur maison, s'est perdue au contact de la civilisation méditerranéenne. […]
Les populations eurasiennes du Nord aiment cet arbre plus que tout autre, et vont jusqu’à le diviniser ; pour les chamans, pendant leurs manifestations divinatoires, il est l’escalier qui monte au ciel. La berioza est symbole et objet d’amour dans de nombreux chants populaires et, pour Serguei Essenine, le poète archange-paysan qui passa à travers le bien et le mal de l’existence pour nous laisser son doux message, le bouleau est l’arbre-enfant, l’arbre-amour : « …Lève ta cruche, ô lune calme,/pour atteindre le lait de bouleau… », « O sein de jeune fille, /verte chevelure,/pourquoi regardes-tu, ô bouleau,/la flaque noire ? », « Le vent-jouvenceau jusqu’aux épaules/a soulevé la robe du bouleau ».
(Extrait de Arbres en liberté, p.61-64-65, Editions La fosse aux ours, 1998)
Mario Rigoni Stern – Ecrivain italien -1921 - 2008
(traduit de l’italien par Monique Baccelli)
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Silva Betullis (bois de bouleau), tableau de Michal Swider (peintre polonais 1962-2019)

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samedi 1 août 2026

Silence...


Mot après mot, rien de plus, comme un chemin
se déploie d'arbre en arbre,
apportons-nous le silence ou le recevons-nous ?
Pierre Dhainaut - Terre des voix

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vendredi 3 juillet 2026

Paroles natures



" Feuilles de catalpa
Tendues vers l'au-delà
de soi "
(François Cheng, Double chant section « L'Arbre nous en a parlé », p. 70)


photos perso dans le jardin

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dimanche 3 mai 2026

Crime en rappel


Il n'y a qu'un crime, c'est de désespérer du monde. Nous sommes appelés à pleins poumons à faire neuf ce qui était vieux, à croire à la montée de la sève dans le vieux tronc de l'arbre de vie. Nous sommes appelés à renaître, à congédier en nous le vieillard amer !
 

Christiane Singer - Derniers fragments d'un long voyage




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vendredi 14 novembre 2025

Êtres de nature

Et si on considérait les arbres, ou la nature, comme des êtres ? 🌳 Dans son dernier livre sur l’entraide, Pablo Servigne rappelle que nous sommes dotés de grandes capacités sociales. 🫂
Si l’on voyait la nature comme on voit les humains, on ne pourrait plus la massacrer. Il fait appel aux pensées d’Edgar Morin et de Joanna Macy pour expliquer comment l’élargissement de notre empathie nous rendrait plus humains. ☘️🌼

Mathieu Vidard


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Expérience sur les haricots.

Le professeur Stefano Mancuso, de l’université de Florence, a filmé des pousses de haricots qui grandissaient. Ces derniers ont pour particularité de rechercher « instinctivement » les tiges verticales, que ce soient des troncs, des poteaux ou des bâtons, pour s’élever. En observant la vidéo en accéléré, on voit le haricot pousser en spirale jusqu'à ce qu’il trouve un tuteur, s’y accroche et grimpe enfin. Le comportement du haricot change suivant la présence ou l’absence d’un tuteur dans les environs, comme si le haricot sentait sa présence, même à très grande distance. Dans une autre expérience, le professeur Stefano Mancuso a disposé deux plants de haricot à égale distance d’un unique poteau et les a filmés. En passant la vidéo en accéléré, on voit là encore les deux haricots tournoyer pour essayer de rejoindre le poteau. Mais dès que l'un des deux l’a touché, l’autre renonce et cherche dans une autre direction. Cela signifie que le second haricot a non seulement détecté le poteau, mais qu’il a compris qu'il arrivait trop tard et le laisse donc poliment à son concurrent, plus rapide.

Sylvain Wells. Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. - Extrait de la Voix de l'arbre de Bernard Werber

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samedi 18 octobre 2025

En l'honneur de Pierre Dhainaut

Quelques bribes en retour du colloque en cours abordant l'œuvre de poète Pierre Dhainaut, présent à l'occasion de ces 90 ans.


 - Le miroir n'ajoute pas la lumière,
à ton visage de l'épanouir au-delà 
du cadre.

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- Suivons-nous un chemin ? L'inventons-nous ?
Par amitié nous léguerons
quelques indices à ceux qui viendront
après nous.

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- Tant que tu seras incapable de reconnaître
un arbre au bruissement de son feuillage,
en hiver, tu te tiens à l'écart.

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- Naissance qui se recrée à tout moment, 
sois disponible

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Entre deux paroles comme entre deux silences,
permettre aux fruits de mûrir.

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A Sabine Dewulf & Sabine Zuberek qui ont proposé la centième ligne :

Entre nos traces l'air frémit
des noms aimés : La source
nous traverse.

Pierre Dhainaut - "Mais toi, rien ne t'annonce"
Extraits tirés de ce recueil publié à l'occasion du colloque "Rythmes du monde dans la poésie de Pierre Dhainaut"

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vendredi 22 août 2025

Habillage naturel

 Un arbre mort peut encore accrocher les nuages.

Photo au parc Mosaïc - août 2025

La nature n'a pas besoin de libellé pour inscrire la beauté.

Photo parc Mosaïc 

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samedi 2 août 2025

Arbre de lumière

 

" Sans doute l'avez-vous remarqué : notre attente - d'un amour, d'un printemps, d'un repos - est toujours comblée par surprise. comme si ce que nous espérions était toujours inespéré. Comme si la vraie formule d'attendre était celle-ci : ne rien prévoir - sinon l'imprévisible. Ne rien attendre sinon l'inattendu.

Ce savoir là me vient de loin. Ce savoir qui n'est pas un savoir, mais une confiance, un murmure, une chanson. Il me vient du seul maître que j'aie jamais eu : un arbre. Tous les arbres dans le soir frémissant. Ils m'instruisent par leur manière d'accueillir chaque instant comme une bonne fortune. L'amertume d'une pluie, la démence d'un soleil : tout leur est nourriture. Ils n'ont souci de rien et surtout pas d'un sens. Ils attendent d'une attente radieuse et tremblée. Infinie. Le monde entier repose sur eux. Le monde entier repose sur nous . Il dépend de nous qu'il s'éteigne, qu'il s'enflamme . Il dépend d'un grain de silence, d'une poussière d'or - de la ferveur de notre attente. Une arbre éblouissant de vert, un visage inondé de lumière.

Cela suffit bien pour chaque jour. c'est même beaucoup."

Christian Bobin - Éloge du rien

peinture: Cuno Amiet 1868-1961

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dimanche 9 mars 2025

Au cœur de l’hiver, une promesse

 


Notre abricotier est mort. Ou tout du moins il en a l’air. L’hiver dernier, déjà, nous avions cru que c’en était fini – à tort. Nous l’avions planté en arrivant dans cette maison, au milieu de notre petit carré de pelouse. Le choix de l’essence avait déchaîné les discussions. L’un désirait un chêne, l’autre un palmier, le plus jeune ne voulait rien pour ne pas envahir son terrain de jeu.

Les nuances et les saisons

Moi je préférais un arbre à fruits : la perspective de tartes et de confitures colorées l’a emporté. Nous avons choisi un abricotier. C’est beau, un abricotier, ça dit les nuances et les saisons. Le dépouillement sombre l’hiver, l’espoir du vert au printemps, la vitalité du jaune orangé l’été, le rougeoiement d’un soleil couchant à l’automne.

Il est arrivé tout petit, adossé à son tuteur. Il a subi les assauts du chat, essuyé les tirs de ballon, fait face à la gourmandise des oiseaux. Mais il a grandi, il s’est déployé, un peu penché pour chercher la lumière. Et nous a comblés de ses bienfaits en abondance.

De beaux fruits, avec leur rose aux joues et leurs taches de rousseur, que nous partageons souvent avec les voisins. Et même avec un passant, une fois, dont la voix a porté au-delà de la grille. « Ils ont l’air bons, ces abricots ! »

Mais il a fait froid. Par deux fois l’abricotier s’est trouvé prisonnier d’une gangue gelée plusieurs jours d’affilée. Rien ne dit qu’au-dedans il n’a pas grelotté. Et je crains qu’il n’ait pas survécu. J’ai attendu le retour des oiseaux, pour venir l’ausculter. J’écoute, l’oreille collée contre le tronc. Réflexe de celui qui cherche la palpitation de la vie. Une circulation même alanguie, la sève qui coule engourdie. Mais l’écorce reste muette.

Le baiser du printemps

Ses branches décharnées, noires et sèches, grattent le ciel. Figées, dans une supplication muette. Seul le vent le fait osciller de temps en temps. Je laisse courir mes mains sur son branchage, une caresse, les yeux fermés pour mieux sentir les aspérités. Mes doigts rencontrent une tendresse, boursouflure souple au bout d’un rameau rugueux. Je palpe délicatement. Ça semble être, oui, ça semble être… un bourgeon ! C’est un bourgeon corseté, qui se fond encore dans les teintes du bois.

Un bourgeon, c’est la promesse d’une fleur, d’un fruit. C’est la vie. Cette vie qui avait déserté en apparence, mais qui a continué son chemin in petto, au ralenti. Comme elle le fait parfois quand elle se met à l’abri. Des coups du sort, des accidents, de la main de la mort. Belle au bois dormant, qui attend le baiser du printemps. Tout au long de cette dormance, la vie n’a jamais cessé. Pas un instant. Sinon, il n’y aurait pas ce tout petit bourgeon.

Je lui parle tout bas, pour que même les abeilles n’entendent pas. Je lui dis tout ce qu’il représente. L’espérance. Savoir qu’au cœur de nos hivers les plus rudes, la vie est là, qui bat. Toujours, même si on n’y croit pas. Et que dans ce froid qui glace le cœur, le bonheur n’est pas mort. Il est en sommeil. Et guette le printemps. La vie porte en elle, dans un même mouvement, tout le froid de l’hiver et toute la joie du printemps.

Anne-Dauphine Julliand

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Source : La vie

mardi 8 octobre 2024

S'enforester

 Jacques Reda, 1929-2024


Il est une forêt sans borne où je voudrais
M’enfoncer, en mourant, loin de la médecine
Qui m’impose pour vivre une foule d’extraits Chimiques. J’y prendrais tout doucement racine,
Jusqu’au jour où, non moins en douceur, j’entrerais
D’abord aussi fragile et fin qu’une houssine,
Quitte de mes devoirs et de mes intérêts,
Dans l’absence de temps où l’Arbre se dessine
Sans crayon ni pastel, sanguine ni pinceau.
Vite, j’y deviendrais vigoureux arbrisseau.
Leçons de l'arbre et du vent, Gallimard

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lundi 1 juillet 2024

Ce que nous ne sommes pas...

 


Profitons de ce jour de repos pour essayer de nous définir.

Comment ça ?

Nous ne pouvons nous connaître que pour ce que nous ne sommes pas.

1. Le cheval court comme un fou, mais il ne peut pas échapper à sa queue.

L'ego ne peut pas être éliminé, mais oui, il peut être apprivoisé.

2. Nous sommes en train de naître, nous vivons, nous mourons, tout ça en même temps.

3. Quand on le raconte, le temps devient la prison.

Les montres sont complices de ceux qui nous asservissent.

4. Nous sommes ce que nous croyons être, nous sommes ce que nous aimons, nous sommes ce que nous pouvons faire. Et pour être ça, nous devons avoir un but dans la vie.

5. Un arbre est vraiment un arbre quand il y a des oiseaux qui chantent entre ses branches.

Mais un arbre n'est pas un arbre s'il n'a personne pour chanter.

6. Cherche ton vrai visage dans le cœur des autres, où entre les battements de cœur et le sang, un miroir brille.

7. Nous pouvons perdre de nombreuses années à élargir l'ombre des petites choses.

Je le répète, nous ne nous connaissons que pour ce que nous ne sommes pas.

En vérité, être c'est ne rien être.

C'est merveilleux de chanter parmi les branches de notre arbre généalogique.

Nous ne sommes pas un, nous sommes tous.

Si tu n'es pas d'accord avec moi, je suis d'accord avec toi. Aussi, j'ai un espoir dans mon cœur.

Alexandre Jodorowsky

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dimanche 12 novembre 2023

Arbre d'amour


 "Hier après-midi, je suis tombé amoureux d'un arbre. 

Il passe ses jours au bord d'une route départementale, à une dizaine de kilomètres d'ici. Son feuillage surplombe une partie de la route. En traversant l'ombre qu'il donne, j'ai levé la tête, regardé ses branches. 

Comme à l'entrée d'une église, les yeux se portent d'instinct vers la voûte. Son ombre était plus chaude que celle des églises. Une des plus fines expériences de la vie est de cheminer avec quelqu'un dans la nature, parlant de tout et de rien. 

La conversation retient les promeneurs auprès d'eux-mêmes, et parfois quelque chose du paysage impose le silence, impose sans contraindre. 

L'apparition de cet arbre a fait surgir en moi un silence de toute beauté. Pendant quelques instants je n'avais plus rien à penser, à dire, à écrire et même, oui, plus rien à vivre. J'étais soulevé à quelques mètres au-dessus du sol, porté comme un enfant dans des bras vert sombre, éclaircis par les taches de rousseur du soleil. 

Cela a duré quelques secondes et ces secondes ont été longues, si longues qu'un jour après elles durent encore. Je ne retournerai pas voir cet arbre - ou bien dans longtemps. 

Ce qui a eu lieu hier m'a comblé. Il me semblerait vain d'en vouloir la répétition. 

Vain et inutile : en une poignée de secondes, cet arbre m'a donné assez de joie pour les vingt années à venir - au moins."

Christian Bobin, Autoportrait au radiateur, 1997

dimanche 20 août 2023

Hommage à Kenneth White


La beauté est partout

même
sur le sol le plus dur
le plus rebelle
la beauté est partout
au détour d’une rue
dans les yeux
sur les lèvres
d’un inconnu
dans les lieux les plus vides
où l’espoir n’a pas de place
où seule la mort
invite le cœur
La beauté est là
elle émerge
incompréhensible
inexplicable
elle surgit unique et nue –
à nous d’apprendre
à l’accueillir
en nous

(Le grand rivage, p.41)

Je suis venu sous les arbres
Leur faire l’amour avec mes mains muettes
Car la beauté se laisse au moins caresser par les sens
J’ai suivi des doigts le noir sur le blanc
Comme un poème inachevé –
Sans cesse interrompu, sans cesse recommencé
(Atlantica, P.17)

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jeudi 6 juillet 2023

Les Amis de Pierre Dhainaut

 Création de l'association des Amis de Pierre Dhainaut ! 

Et je suis fier d'en faire partie car c'est un homme bon et un grand poète !



« « oui » une fois pour toutes, la syllabe sacrée à l’intérieur de chaque phrase, / retentissante, rend l’innocence au monde : / en nous débordant, elle nous accorde. » ("La troisième voix", dialogue avec Isabelle Lévesque, peintures de Fabrice Rebeyrolle, Editions L'herbe qui tremble, 2023)

Ce mercredi 05/07/23, avec Sabine Kotlarczik-Zuberek et Jean-Jacques Vandewalle, j’ai le vif plaisir de vous annoncer la création officielle de l’Association des Amis de Pierre Dhainaut, dont le but est de contribuer au rayonnement des poèmes et des livres d’artiste de ce grand poète contemporain, né à Lille en 1935, et de favoriser l’amitié autour de son œuvre. Celle-ci est tout à fait considérable puisque Pierre Dhainaut est l’auteur de plus de soixante ouvrages poétiques ou critiques. Il a reçu bien des distinctions, dont le Prix Guillaume Apollinaire en 2016, pour Voix entre voix (paru à L’Herbe qui tremble en 2015) et pour l’ensemble de son oeuvre. Ses collaborations avec les artistes sont extrêmement nombreuses et fécondes. Sa contribution à la poésie contemporaine est à fois singulière et essentielle ; empreints de fluidité et de musicalité, ses poèmes interrogent le réel d’une manière radicale : « la perte seule est augurale ». Depuis 2005, les manuscrits de Pierre Dhainaut sont consultables à la bibliothèque municipale de Lille, avec ses archives, sa correspondance et un grand nombre de ses livres d’artiste. 

Sabine Dewulf, Présidente de l’Association Les Amis de Pierre Dhainaut


Aucun poteau indicateur, un arbre

en plein cœur du rond-point parmi les dunes,

il nous paraît si haut dans la lumière

annonçant une averse, feuilles d’argent, tremblantes,

tremblant aussi facilement

que les touffes d’oyats par temps calme à midi.


Le nommer « aulne » ou « saule » ou d’une autre façon cet arbre, nous devons d’abord en palper l’écorce, ouvrant la paume avec douceur, caressant les crevasses, les marques, entendant battre, circuler en tous sens la sève.

Nommer ainsi, réintégrer la forêt fraternelle, nous la découvrirons au gré des bruits qui habitent le monde, a-t-il déjà connu saisons ou landes désertes ? Nous tirons la même énergie du flux et reflux et flux de nouveau :

le silence a dit oui à la parole,

nous pourrions dire exactement la parole


Ne demandons pas quelle est notre ronre,

nous choisirons la bonne, la pluie

est drue, l’été, sur la peau, sur le sable,

elle est traduite en toute langue,

les mots loyalement s'écoulent,

les épaules se courbent.


Pierre Dhainaut - Retour sur écoute :

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mardi 21 février 2023

Posture de l'arbre

 L’ARBRE, LE PIEU ET LE PILON


Un des exercices phares dans la pratique des arts martiaux internes est 站樁 zhànzhuāng.
C’est bien simple, il est incontournable.
Si on ne devait garder qu’un exercice de cultivation interne parmi tous, ce serait celui-là !
On traduit souvent ce terme par “posture de l’arbre” 🌳 qui n’est pas tout à fait erroné mais pas tout à fait exact non plus.
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Regardons de plus près ce que nous disent les idéogrammes !
🔹 站 zhàn
= se tenir debout
Il est composé de 立 lì (debout) et 占 zhàn (occuper, exercer, constituer, tenir)
🔹 樁 zhuāng
= une souche, un pieu
Il est composé de 木 mù (le bois) et 舂 chōng (battre au pilon)
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Même si on voit effectivement l’idée de l’arbre dans le signe du bois (la langue chinoise permettant ces extensions sémantiques), le sens général est plutôt celui d’un pieu planté avec effort dans la terre afin qu’il ne bouge plus et se maintienne debout.
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Et c’est exactement ce que l’on fait lorsqu’on travaille cette posture : on se plante fermement dans le sol pour ne plus bouger, et ça demande un sacré effort ! A la fois de volonté et aussi de résistance musculaire… 🥵
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Dans cet exercice, nous sommes à la fois le pilon et ce qui est pilonné. La posture nous fait mal, nous façonne, modifie notre forme, bref, nous transforme. Et tels des grains de céréales battus longuement en cadence au gré de nos battements de cœur, nous en ressortons moulus, attendris… et utiles ! Utiles dans le sens : prêts, disponibles à nous-mêmes.
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Pour autant, l'idée de l’arbre est absolument parlante aussi car tandis qu’on ne bouge plus de l’extérieur, il se passe mille et mille choses à l’intérieur.
Pendant que nous luttons laborieusement pour maintenir la posture (et garder la face 😉), nous sentons les mouvements du 氣 qì en-dedans, comme une sève qui nous parcourt des pieds à la tête, nous aidant à nous enraciner et nous élever vers le Ciel en même temps.
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站樁 zhànzhuāng est profondément revigorant. C’est tout le paradoxe des exercices posturaux des arts internes : ils nous fatiguent et nous nourrissent à la fois, mais le ratio peine/bénéfice joue largement en notre faveur !
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A la fin de la pratique, le 氣 qì s’élève en nous avec la même douceur que le parfum des herbes aromatiques fraîchement écrasées, nous irriguant de sa fragrance vitale.
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Alors, vous vous lancez ? 😁

Par Alice Korovitch

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mercredi 15 février 2023

En contact avec les arbres messagers...

 

Après cette Saint Valentin, je voulais vous dire que j'aime...

les arbres !


(source : série Le Voyageur )

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lundi 13 février 2023

Le chat qui miaule en haut de l'arbre (Extrait de mon carnet)


Le chat de Catherine M a grimpé sur un tilleul de la place et ne sait plus comment redescendre. « Ils aiment bien grimper mais moins redescendre » commente avec sagacité Hervé G. 

Du coup la malheureuse bête émet des miaulements pathétiques tout en tentant des amorces de descente pour le moment infructueuses. Ce spectacle me frappe comme une métaphore de notre condition. Emportés par nos aveuglements émotionnels, nous sommes très prompts à nous mettre dans des situations dont nous sommes ensuite bien en peine de nous extirper. Nous sommes toujours prêts à monter à toute blinde sur l’arbre en haut duquel nous nous retrouvons coincés, ne sachant plus comment parcourir le chemin inverse sans nous faire très mal. La réaction selon Swamiji : des actions que nous posons à toute vitesse , sans réfléchir aux conséquences dont nous ne voulons pas et qui nous laissent dans la posture d’une misérable bête miaulant dans le vide en haut de son arbre, sous les regards à la fois apitoyés et au final assez indifférents - à moins que englués dans la posture romantique du sauveur - des passants qui ont autre chose à faire, leurs propres arbres à escalader…

Gilles Farcet

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photo personnelle.