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lundi 14 septembre 2026

Une attention pour l'émotion

J'ai passé une semaine avec Ilios Kotsou lors d'un stage sur la vision sans tête. A la fin, nous ressentions d'ailleurs un calme où les émotions revenaient tranquillement à leurs places...


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samedi 7 février 2026

Résister

 En quoi consiste une bonne résistance ?


Nous sommes parfois tentés de résister avec des logiciels du passé, c’est-à-dire « contre » ceux qui ont tort à nos yeux. Certains combats justes – je pense à l’écologie, par exemple –, pris par l’animosité, peuvent devenir intolérants et violents. Spinoza a montré combien la haine diminue notre puissance d’agir, nous coupe du réel et nous plonge dans une obscurité totale. Il importe de la surmonter afin de préserver notre intégrité, et combattre au nom de la vie.

La véritable révolution suppose de résister « pour ». Ce changement de paradigme nous invite à déterminer ce qui nous anime profondément : pour quoi sommes-nous prêts à nous battre ? Qu’est-ce qui mérite d’être sauvé, protégé, transmis ? Résister s’inscrit dans le quotidien et rend heureux.

Fabrice Midal.

Extrait d'une interview dans le magazine La Vie.

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mardi 25 février 2025

Bienvenue sur la Voie !

 Arnaud Desjardins a, selon moi, été un des rares occidentaux à avoir authentiquement endossé le rôle de maître tel qu'il est pensé en Orient. Dans ce Dialogue, Véronique, qui fut son épouse et son étudiante, qui est également autrice, nous parle d'Arnaud et plus largement de la Voie.

Par Fabrice Midal


Cliquez ici pour écouter

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en vidéo :


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mardi 9 juillet 2024

Apprends à être heureux avec Fabrice Midal

1. QU'EST-CE QUE TU CHERCHES ? NOURRIS TON AVIDITÉ !

Ferme les yeux. Souviens-toi de moments récents où tu t’es enfin senti.e satisfaite, comblé.e. Tu risques d’être déconcerté.e par ce qui vient : marcher dans le silence, écouter de la musique, appeler un ami, prendre un café sur une terrasse, nager... T’accordes-tu le droit de pratiquer ces « petites choses » qui te procurent un sentiment de plénitude parce qu’elles te nourrissent en profondeur?

Décide de leur laisser plus de place dans ta vie.

À travers cet exercice, comprends que seuls peuvent te combler ces petits moments que tu as tendance à mépriser, à considérer comme dérisoires, à assimiler à une perte de temps.

Or, ces moments reflètent un besoin profond en toi que tu n’écoutais pas assez. Ils doivent devenir une construction fondamentale de ton existence.

2. LE RITUEL DE L'APPRÉCIATION


On accomplit quantité d’actions d’une manière mécanique qui nous assèche, nous appauvrit, nous frustre. Par exemple, habiller le petit dernier pour aller à l’école, éplucher les légumes du dîner, arroser les plantes. Choisis l’une de ces actions (ou une autre qui lui est équivalente) et prends le temps de la réaliser en l’appréciant. Tu n’iras pas forcément moins vite mais, plutôt que de te focaliser sur la tâche elle-même, rentre dans toutes les émotions agréables que tu ressens. Il y a, en chaque situation, une part de beauté, d’émotion, qui ne demande qu’à se découvrir. Quand tu as terminé, remercie pour ce moment de bonheur que tu as vécu dans une tâche aussi banale que tu exécutes chaque jour.

3. LES QUALITÉS QUI TE NOURRISSENT

Au fond, de quoi as-tu besoin? Autrement dit, qu'est-ce qui te donne de la joie? Le rire, la tendresse, le courage, l’action? Les réponses à cette question varient au fil des jours, voire au cours d'une journée. Ferme les yeux et laisse venir à toi les deux qualités qui, à cet instant, te combleraient. Est-ce l’amour et la tendresse? Convoque-les ! Appelle un proche dans cette intention très précise et laisse la conversation irradier et te nourrir. Ne bavarde pas mécaniquement! Cette tendresse, tu peux aussi te l’offrir : fais-toi plaisir, va te promener ou écoute une musique qui te plaît, sans penser à autre chose qu’à la joie qu’elle te procure. Par cet exercice, tu redeviens acteur.rice de ta vie.

Une fois que tu as identifié ce qui t'apportera ici, tout de suite, de la joie, envisage l’action à mettre en œuvre pour vivre ce moment. Il s’agit d’actions simples qui suffisent à nourrir le vide, à combler l’avidité.


4. S'ENRACINER DANS LA TERRE

Cet exercice peut s'effectuer en quelques minutes, en une demi-heure ou même plus. La seule règle est ton ressenti.
Si tu es debout, concentre ton attention sur tes pieds, en contact avec le sol.
Si tu es assis.e ou allongé.e, laisse ton attention aller là où ton corps rencontre la terre, le sol.
Autorise-toi à être attiré.e par la terre, à sentir que tu peux t’y enraciner par tous les points de contact que tu as avec elle.
Ancre-toi et sens-la te nourrir.
Si cela t’aide, visualise des racines qui sortent de ton corps comme d’un arbre et rentrent profondément dans le sol pour en absorber les nutriments, les rapporter à toi et régénérer chaque cellule de ton corps grâce à la puissance nourricière de la terre. 

source : psychologies magazine

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dimanche 17 décembre 2023

« L’antidote à la fatigue est d’être dans l’engagement »

 La fatigue qui nous guette n’est pas tant physique que psychologique, mais elle s’avère vaste, complexe, profonde. Elle provoque en effet lassitude, découragement, peur de l’avenir, repli sur soi. Un cortège de maux sans doute à attribuer à notre société matérialiste, de surconsommation, de performance, qui nie notre vulnérabilité et toute transcendance. Comment retrouver notre énergie ? Fabrice Midal nous invite à puiser dans la sagesse des Anciens afin de redevenir plus vivants.

Notre fatigue n’est pas tant physique que psychologique. Comment se manifeste-t-elle ?


Cette fatigue psychologique, que je préfère nommer découragement, prend deux visages. La première forme, la plus évidente, nous rend sans tonus, sans allant. Mais la seconde, plus masquée et plus difficile à débusquer, se caractérise par une hyperactivité, qui vient d’une volonté de tout contrôler, d’être parfait, performant. Ces deux écueils – démission ou instrumentalisation de soi – sont en réalité des impasses. Dans les deux cas, ce qui nous fait défaut est le mouvement de confiance dans la vie.

En quoi la volonté de contrôle est-elle problématique, selon vous ?

Nietzsche avait alerté sur une volonté de contrôle, d’élimination de l’incertitude, au nom d’un progrès, qui entraînerait une haine de la vie et nous détruirait. « Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse », écrit-il dans Ainsi parlait Zarathoustra. De quoi se plaignent les soignants, les enseignants, les chercheurs du CNRS qui viennent de signer une pétition contre leur nouveau système de gestion des missions ? Il y a certes un besoin de reconnaissance, d’une juste rémunération, mais ils pointent avant tout leurs conditions de travail, qui les empêchent de faire leur métier. Ils dénoncent le poids des protocoles, des procédures, de l’administratif, des cases à remplir… Notre société souffre de cette gestion devenue totalitaire qui nous déshumanise en tuant la rencontre, la créativité, la vie.

Ce phénomène est donc nouveau ?

Nous vivons actuellement un burn-out individuel et collectif. Le burn-out est une maladie nouvelle, ignorée de nos grands-parents, qui travaillaient souvent 12 h par jour ! Ils connaissaient bien la fatigue physique, l’angoisse des fins de mois, mais pas ce sentiment d’être coupé de la vie en soi. Nous sommes trop souvent prisonniers de notre image. Et pas seulement les jeunes qui s’exposent sur les réseaux sociaux ! Je rencontre aussi des grands-parents qui se comparent, qui ont peur de ne pas être assez bons, assez bien… Or si j’essaie de me conformer à une idée de moi-même, je me coupe de l’élan qui m’habite.

Ce marasme ambiant touche beaucoup les jeunes. Pourquoi eux-mêmes ont-ils perdu leur vitalité ?

Pour la première fois de l’humanité, nos jeunes ne trouvent pas leur place dans la société. Je crois qu’ils manquent de responsabilités. Jamais nous ne leur avons fait si peu confiance. Alors que le passé illustre le contraire : les généraux sous Louis XIV étaient très jeunes, par exemple. Sans doute faut-il aussi nous interroger sur l’enfance que nous leur faisons vivre. Du fait de l’insécurité, les parents préfèrent savoir leurs enfants à l’intérieur, devant un écran. Ils jouent moins. Or, pour grandir, on a besoin de l’expérience du réel : courir, se râper aux arbres, construire une cabane… Se développer harmonieusement suppose un double mouvement, la confiance secure et l’exploration, dont l’articulation permet à l’enfant d’être heureux.

Les écrans nous happent tous aujourd’hui… Notre lassitude n’est-elle pas également engendrée par notre manque de déconnexion ?


Nous recourons trop peu à notre système par défaut, dont les neurosciences ont montré qu’il joue un rôle majeur. Il s’active quand on ne fait rien, quand notre cerveau vagabonde, quand on laisse libre cours à nos pensées… Aujourd’hui, nous fuyons ces moments de vide, de silence, de rêverie, pourtant fondamentaux pour nous ressourcer. Pas étonnant que l’on soit fatigué ! Bergson appelle l’humanité à un sursaut de la dimension morale et mystique pour équilibrer les progrès matériels. Autrement, nous serions prisonniers d’un modèle mécanique, en particulier d’un rapport faussé au temps, qui nous coupe de l’expérience véritablement humaine, et par conséquent de la joie. N’est-ce pas ce que nous vivons ?

En quoi consiste cette expérience véritablement humaine ?

Cette expérience passe par la relation, qui est éminemment surprenante. Le découragement se surmonte par l’audace de redonner sa confiance. Rencontrer suppose d’être ouvert, prêt à se laisser déplacer, toucher, bouleverser… Elle impose de sortir radicalement de la gestion, de renoncer à tout contrôler. Alors la vie, qui est « surgissement de l’inattendu », pour reprendre les mots évocateurs de Bergson, peut se déployer. Elle incite à oser partir à l’aventure, à explorer, à ressentir… Voilà ce qui nous nourrit. Revenons au réel pour guérir de la fatigue. Il donne ! Il suffit de s’occuper de son jardin pour le mesurer.

Qu’est-ce qui indique que l’on a retrouvé ce mouvement de la vie ?

La joie est le signe que la vie a regagné du terrain. Quand nous sommes épuisés, nous entendons des injonctions contradictoires : « reprends-toi en main », sous-entendu « gère davantage », ou au contraire « lâche prise… ». Je propose de nous foutre la paix et de redevenir humains ! Où est-ce que je me torture ? Comme en cas de fuite d’eau, il faut commencer par identifier le problème. Notre problème se résume souvent dans cette volonté de tout contrôler, d’être performant, de tout réussir. Tout l’enjeu consiste à retrouver notre unité profonde. Cela implique de revenir au réel, qui ne se contrôle pas mais s’accompagne, voilà l’antidote au découragement. Il suppose d’accepter nos limites, notre finitude, le fait qu’on ne peut plaire à tout le monde. Notre vulnérabilité est une force puissante, qui incite à la transformation. Il ne suffit pas de se reposer, mais de s’engager dans la profondeur de sa vie. C’est elle qui ressource.

Là où la fatigue risque d’entraîner un repli sur soi, il s’agit donc au contraire de s’ouvrir ?

L’antidote à la fatigue est le repos ; l’antidote à la fatigue est d’être dans l’engagement. Nous sommes trop autocentrés. La philosophie enseigne que l’être humain est fondamentalement hétéronome et non autonome comme voudrait le faire croire notre société. Sortons donc de l’enfer de nous-même. En tant que vivants, nous avons besoin du ciel, de la terre, des autres. Acceptons de donner de la place à l’autre, de prendre le temps de nourrir la relation. Être aimé conduit à s’aimer ; découvrir l’autre permet de se découvrir soi-même. J’ai besoin du regard de l’autre pour exister et advenir à moi-même.

Interview de Fabrice Midal

Source : La Vie

samedi 25 février 2023

Réaliser une tâche, pour le seul bonheur de « faire »



Dans une journée, tu « fais » beaucoup : tu marches, tu travailles, tu cuisines, tu manges, tu nettoies, tu ranges… mais tu n’y prends aucun plaisir parce que tu es obsédé(e) par le seul but de ton action : finir le plus vite possible et du mieux possible, pour enchaîner avec les autres tâches qui t’attendent – et auxquelles tu penses déjà.

Cette fois, tu vas procéder différemment. Choisis une tâche : finir la vaisselle, répondre aux mails, cuire une omelette, tailler ton rosier… Tu vas la réaliser pour le seul bonheur de « faire » et donc entrer pleinement dans cette expérience. La clé consiste à ne pas t’aliéner dans ta tâche (en maugréant, en t’énervant, en minutant le temps qu’elle te prend) mais à l’accompagner. Imprègne-toi d’elle, désencombre ton esprit et laisse-là te guider. Elle va devenir pour toi le lieu où tu peux souffler à nouveau, te sentir mieux puis, progressivement, de plus en plus vivant. Tu ne réussiras pas forcément la première fois, mais ose une deuxième, une troisième fois. La vaisselle sera pour toi le lieu d’une expérience de très haute spiritualité, comme l’avait été l’omelette pour Laurent de la Résurrection.

Fabrice Midal - Les 5 portes

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lundi 23 mars 2020

A-t-on vraiment besoin de méditer ?


Lors d’un colloque à Avignon, après l’intervention où je présentais la pratique de la méditation, j’ai été confronté à la question suivante : “Ne médite-t-on pas tout le temps ? 
Personnellement, je pratique en me promenant ainsi que dans nombre de mes activités quotidiennes.”

Il n’est pas une conférence où cette question ne m’a été posée sous une forme ou sous une autre. Or celle-ci est l’une des plus emblématiques et des plus regrettables de notre temps et mérite que l’on s’y attarde. Elle méconnaît le sens de tout engagement spirituel, qui repose sur le principe qu’il nous faut abandonner quelque chose pour entrer dans une pratique réelle. Méditer, en effet, ne consiste nullement apprécier un peu mieux le moment présent et jouir de la vie, mais implique d’arrêter l’apparent confort de la routine. Il y a quelque chose dans notre attitude habituelle qui entrave le rapport à la pleine réalité. Mais comment méditer, sans cette prise de conscience ?

En ce sens, méditer nous confronte avec honnêteté à notre propre confusion, à ce qui en nous est crispé, effrayé, tendu, malheureux et faux. En nous asseyant sur un coussin, nous nous exerçons à| considérer notre esprit avec précision et douceur, exactement tel qu’il est. Ainsi, rien n’est plus éloigné de la méditation qu’une promenade entre amis au bord d'une plage ou que la contemplation du coucher de soleil.

Alors que je lui parlais de la difficulté de clarifier ce qui fait problème dans cette singulière conviction, une amie m’a expliqué qu’elle avait rencontré plusieurs personnes qui étaient venues assister aux méditations guidées que je donne au sein de l’École occidentale de méditation. Elles étaient, lui avaient-elles dit, profondément déconcertées par la rigueur de ces soirées, je n’y avais pas songé tant cette exigence me semble naturelle. Mais il est vrai que pour beaucoup d’entre nous, la méditation est une forme de divertissement amusant qui doit détendre, et la spiritualité une manière de rêver en se retirant dans sa tour d’ivoire.

Le choix de présenter la pratique avec sérieux semble étonnant, voire contradictoire. Pourtant, si la spiritualité à un sens aujourd’hui, c’est qu’elle consiste à nous apprendre la valeur réelle de la discipline qui, en son aspect le plus authentique, nous fait défaut. En effet, désormais, celle-ci est pour nous le plus souvent construite sur une violence qui nous contraint et nous soumet, et non sur la confiance dans la bonté primordiale que notre être recèle et qu’il faut maintenir et préserver.

En vérité, ignorer le sens de la méditation, nous le faisons tous à différents degrés. J’ai beau m’y consacrer, je découvre régulièrement que, sans m’en rendre compte, je tends moi aussi à minimiser le saut qu’elle implique. Car au fond, méditer, c’est sortir de la logique qui nous conduit à nous protéger de l’inconfort pour découvrir qu’il existe un espace vivant au-delà du “moi-moi-même-et-encore-moi”. Et cet espace, nous ne pouvons pas le comprendre, le définir ou le saisir. Il n’émerge que comme un séisme, une brèche qui vient nous réveiller comme par surprise.

Ceux qui s’engagent dans la pratique sur le long cours le font parce qu’ils tombent amoureux fous de cet autre visage du monde, un visage sacré et pur. Ils ont alors courage de se confronter à ce qui en eux le refuse. Ce n’est qu’après ce passage par le feu qu’il devient possible d’avoir un autre regard sur le monde. Et c’est seulement alors - parce qu’on a longuement pratiqué - que la manière de voir un arbre ou de saluer un ami, devient comme une forme de méditation.

Fabrice MIDAL
Philosophe et éditeur, Fabrice Midal est le fondateur de l'École occidentale de méditation, où il oeuvre à transmettre la pratique de la méditation, en dialogue avec la poésie et la philosophie.

Source : Ultreïa

mardi 23 janvier 2018

Mieux s'aimer... pour mieux aimer les autres. (2)

Y a-t-il un risque à se donner au-delà de ses forces ?
Sans aucun doute. Nous n'avons pas à être des amis, des pères, des collègues parfaits, mais à être d'abord responsables de notre propre existence ; on peut s'engager pour les autres, mais pas les sauver. Malgré ma longue expérience de la méditation, j'ai longtemps cru que mon devoir de bienveillance passait par le sacrifice, notamment pour mon compagnon très malade et en pleine détresse. « Sauvez votre peau ! » : cette parole d'un ami thérapeute a été un déclic. Et du jour où j'ai assumé que je ne pouvais sauver mon ami, que je pouvais être là, que je pouvais l'aimer et l'aider sans me sacrifier pour autant, je lui ai laissé la possibilité de trouver en lui-même sa propre solidité. Il nous faut sortir de cette fausse dualité entre mon mauvais égoïsme et la prééminence de l'autre à qui je devrais tout.
Il nous faut sortir de cette fausse dualité entre mon mauvais égoïsme et la prééminence de l'autre à qui je devrais tout.
On a fait de « l'autre » un totem écrasant, dites-vous. Pourquoi ? Où sont les fautifs ?
« Je ne vaux rien, et ce qui compte, ce sont les autres ! » Nous devons cet impératif catégorique aux philosophies occidentales ! Notons au passage un changement de vocabulaire révélateur : on est passé du « prochain »  – celui qui m'est proche !  – à un « autre » complètement abstrait. Je peux aimer mon prochain, mais comment puis-je aimer « l'autre » ? C'est au XIXe siècle qu'Auguste Comte a inventé l'altruisme, la meilleure réponse, selon lui, à notre égoïsme... Or, cela ne fait que renforcer le problème. Autrui n'est pas séparé de moi. Le croire est une folie ! Tout autant l'égoïste qui croit pouvoir vivre sans s'ouvrir à l'autre que l'altruiste qui croit que cela passe par le déni de soi font fausse route ! La philosophie n'a jamais demandé de se sacrifier soi-même sur l'autel de la raison. Dans Ménon, Socrate invite tout être humain – et même l'esclave ! – à parler en son nom, à réfléchir par lui-même en interrogeant le sens de son existence.
La théologie chrétienne serait-elle aussi victime de ces dérives ?
Bien sûr ! Je suis frappé de voir qu'on identifie le christianisme au péché originel et qu'on en a fait la source de toutes nos culpabilités. On a retenu cette idée que si l'homme se regarde, il se voit forcément mauvais. Or il suffit d'ouvrir les Évangiles pour voir que le Christ ne cesse de montrer sa capacité à aimer chacun comme il est, aussi imparfait soit-il. Sa parole n'est jamais écrasante, on le voit dans sa rencontre avec la Samaritaine. Il l'aime plus qu'elle ne s'aime et la conduit, à partir de cet amour-là, à se prendre elle-même, la pécheresse, en considération. S'aimer sans condition, simplement parce que je suis un être humain, ce message est d'une vraie modernité. À l'ère de l'auto-exploitation, où nous n'avons plus le droit de nous arrêter pour nous écouter, nous retrouver, être attentifs à nos ressentis, c'est révolutionnaire. Le malentendu de notre temps est là : ce n'est pas par l'auto-contrôle que l'on parvient à s'aimer, mais par un don gratuit que nous pouvons nous octroyer à nous-mêmes, ou plus simplement accepter de recevoir.
Je rejoins la vision de la philosophe Simone Weil d'un amour de soi qui est d'abord l'amour de la vie qui nous habite.
S'aimer soi-même n'empêche donc pas l'ouverture au monde ?
Le « moi » n'est pas une identité dangereuse qui nous enfermerait sur nous-mêmes, mais plutôt une énigme à rencontrer. Ni mes angoisses, ni mes colères, ni mes peurs ne me résument totalement. Je reste toujours « autre », à découvrir. « Deviens ce que tu es », conseillait déjà le poète lyrique grec Pindare au Ve siècle avant notre ère. Le mythe de Narcisse nous parle de cette aventure d'advenir à soi. À l'opposé de l'individualisme égoïste de notre temps, je rejoins la belle vision de la philosophe Simone Weil (1909-1943) d'un amour de soi qui est d'abord l'amour de la vie qui nous habite. Le narcissique est le contraire du vaniteux, qui est loin de lui-même et qui a besoin que tous reconnaissent qu'il est génial. Le narcissique  – celui qui s'est rencontré  – est en paix avec lui-même, n'a pas besoin qu'on lui dise qu'il est le meilleur. Il ne reste pas à se regarder dans le miroir, mais s'engage pour le monde. C'est la peur qui sépare des autres, pas l'amour de soi. L'alternative n'est donc pas de s'occuper de soi ou des autres, c'est un même mouvement, car l'amour n'est pas un gâteau : la part que je m'octroie, je ne l'enlève pas aux autres.
Qui peut nous aider aujourd'hui à trouver cet amour juste et à sauver notre peau ?
Les spirituels qui nous parlent de ce don incroyable d'être aimé au-delà de soi-même. Les bons thérapeutes qui nous aident à retrouver notre socle par la rencontre véritable : ils nous permettent d'aimer enfin ce que nous sommes. Enfin, les poètes qui nous parlent de la confiance en la vie et de l'humanité qui nous habite. Je pense ici particulièrement à Rainer Maria Rilke, qui m'a guidé pour ce livre, avec notamment sa figure du « Narcisse exaucé » : dans sa rencontre avec lui-même, le monde entier lui est donné.

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source : la Vie

lundi 22 janvier 2018

Mieux s'aimer... pour mieux aimer les autres. (1)

On s'aimerait trop, on ne serait pas assez altruiste. C'est tout l'inverse, nous dit Fabrice Midal, philosophe et fondateur de l'École occidentale de méditation. Et d'inviter à relire le mythe de Narcisse, qui est mal compris. Être narcissique, ce n'est pas être égoïste, c'est être bienveillant avec soi pour... mieux aimer les autres. 

De livre en livre, celui qui médite depuis 30 ans et qui a fondé l'École occidentale de méditation dénonce la course à la performance que nous imposent nos rythmes de vie et de travail, mais aussi l'idéal de perfection qui traverse la société, avec l'illusion de pouvoir « tenir » grâce à des outils antistress, comme le serait la méditation. En 2017, son précédent ouvrage, Foutez-vous la paix !, visait déjà à nous déculpabiliser de ne pas être « zen ». Cette fois, en réhabilitant le mythe mal interprété de Narcisse, le philosophe nous invite à avoir de la tendresse pour soi, comme on l'aurait pour un ami.
Que nous raconte le mythe grec de Narcisse ?
J'ai longtemps cru que Narcisse était l'être qui s'aime trop. Or, c'est tout l'inverse. Le mythe nous conte l'histoire d'un enfant à qui on a prédit qu'il vivra vieux s'il ne se connaît pas. Il grandit donc éloigné de tous les miroirs. Il est beau, mais se croit vilain petit canard. Loin de lui-même, il ne sait pas vraiment qui il est. Un jour, se mirant dans l'eau d'une source, Narcisse découvre un beau jeune homme et tombe amoureux de sa propre image, de cet étranger qui n'est autre que lui-même. Quand il finit par se reconnaître, il est heureux et se transforme en fleur blanche au cœur d'or, le narcisse, la première à éclore après l'hiver.
Ce mythe ferait écho aux souffrances de notre temps ?
Oui ! Car jamais nous n'avons vécu aussi loin et avec une telle défiance de nous-mêmes. Si, au XXe siècle, le mythe d'Œdipe était l'emblème de la psyché humaine, de cet homme écrasé par la loi du père, bravant l'interdit et qui cherche sa singularité, celui de Narcisse nous parle de l'être fragmenté d'aujourd'hui, qui s'auto-exploite et cherche sa cohérence. Conduit par la quête de performance, l'homme contemporain ne respecte plus ses besoins, il ne s'autorise plus à se reposer et se donne jusqu'à l'effondrement. Les risques d'épuisement psychologique  – dont le saisissant burn-out !  – sont les nouveaux virus du siècle. Chacun s'efforce en permanence d'être au top : bon professionnel, bon parent, bon compagnon, bon citoyen... s'instrumentalisant lui-même comme une machine. On le voit avec les jeunes enfants, qui ont déjà l'angoisse de plus en plus tôt de ne pas être à la hauteur. Il en découle des déficits d'attention, signe de ce stress qu'on leur impose pour rentrer dans la performance scolaire, en les évaluant de plus en plus tôt. Il est urgent de retrouver qui nous sommes, de faire la paix avec nos corps et nos esprits.
Être narcissique, ce n'est pas être égoïste, c'est avoir de la tendresse pour soi. 
Quelle nouvelle image de nous-mêmes Narcisse nous propose-t-il d'habiter ?
Le mythe nous invite à regarder dans le miroir pour retrouver notre vulnérabilité et les limites de notre propre humanité. Voir en moi « l'humaine condition », écrivait Montaigne. Être narcissique, ce n'est pas être égoïste, c'est avoir de la tendresse pour soi. C'est se regarder dans le miroir pour ne plus être trop loin de soi-même, pouvoir se témoigner de l'amitié  – comme à un ami dont on connaîtrait les défauts  – et se reconnaître des talents pour les faire grandir. Nous n'avons pas assez d'amour narcissique. À cet égard, il est symptomatique de constater que lorsque je demande aux participants de mes sessions sur l'amour bienveillant d'identifier une qualité qu'ils possèdent ou un acte bénéfique qu'ils ont accompli dans leur vie, plus de la moitié n'y parvient pas spontanément...
Ce serait donc en reconnaissant nos fragilités que nous pourrions retrouver confiance ?
Le psychiatre américain Milton Erickson raconte que, appelé un jour auprès d'une femme dépressive qui vivait isolée de tous, il lui a fait cette étonnante prescription : ayant repéré dans sa maison une bouture de violette dont la patiente prenait grand soin, il lui a demandé d'acheter dix pots garnis de fleurs et dix pots vides et de remplir ces derniers de boutures pour les offrir un par un aux autres villageois. L'existence de cette femme en a été bouleversée. En retour de ces cadeaux qui réveillaient en elle le plaisir et l'élan vital, elle a reçu compliments et reconnaissance jusqu'à devenir une personnalité appréciée de son village. L'histoire montre qu'un narcissisme bien orienté n'est pas une méthode de plus pour cultiver l'estime de soi, mais une image de soi-même à habiter, une confiance à nourrir pour retrouver sa vitalité et s'engager sur la voie de la transformation.

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source : la Vie

samedi 28 janvier 2017

Fabrice Midal : Extraits de Foutez-vous la paix !


Voici un mode d’emploi pour être moins sage mais plus humain. En 15 courts chapitres, mêlant témoignage personnel et réflexion sociétale, le philosophe démonte une à une nos idées reçues sur la méditation. (Flammarion, 16,90€.)

« Je me souviens de mes grands-parents qui passaient de longs moments, en silence, à regarder crépiter le feu dans la cheminée. Communistes, ils avaient pris leurs distances avec la religion et la spiritualité. Ils étaient loin d’être des mystiques et n’avaient jamais entendu parler de méditation, mais leurs soirées devant le feu sont ce qui se rapproche le plus de la méditation telle que je l’entends. C’était, pour eux, une forme d’hygiène de l’esprit. Un acte naturel, banal mais indispensable.

Aussi naturel et banal que de marcher, de bouger, de se fatiguer, de pratiquer ce que nous appelons aujourd’hui le sport et que nous accomplissons, nous, selon des protocoles savants, avec des machines, des instructions, des appareils mesurant nos performances – et les comparant à celles du voisin. Nos arrière-grands-parents, eux, n’avaient pas besoin de faire leur jogging pour rester en forme.

J’avais 14 ans quand j’ai entendu parler pour la première fois de cette pratique (la méditation, ndlr) qui, à l’époque, était confidentielle. Elle m’avait fortement intrigué mais j’ai eu peur, en m’y engageant, de devenir une sorte de légume. Ne rien faire pendant un moment, n’est-ce pas une démission totale ? Par ailleurs, m’étais-je dit, si cette méthode si simple fonctionnait vraiment, tout le monde l’aurait adoptée. Je me suis replongé dans les livres que je dévorais et dans les poèmes que j’écrivais.

Mais au fond de moi, je restais intrigué… À 21 ans, j’ai sauté le pas. J’avais entamé des études de philosophie, et ma déception était à la hauteur de l’enthousiasme qui m’avait poussé dans cette voie. Pour tout dire, je n’y arrivais pas. Je m’y étais engagé en cachette de mes parents qui croyaient, eux, que j’étudiais le droit. Je ne me sentais pas très à l’aise avec mon mensonge, mais j’espérais réussir enfin quelque chose qui me plaise. Or mes résultats étaient médiocres. Je ne parvenais pas à lire les livres qu’il fallait et quand, au prix d’extrêmes efforts, j’en avais lu un, j’oubliais aussitôt les concepts que j’aurais dû maîtriser.

J’étais accablé quand j’ai sonné à la porte d’un groupe d’Américains dont on m’avait donné l’adresse. Un homme fort affable m’a accueilli et m’a introduit, en quelques mots, à la méditation : il me suffisait, m’a-t-il dit, de bien m’asseoir sur mon coussin et d’être juste présent, attentif à ce qui se passe. De mettre de côté mon savoir et mes compétences, et de ne pas essayer de comprendre, parce qu’il n’y a rien à comprendre. Je n’en revenais pas : cette fois, là, vraiment, je n’avais rien de compliqué à faire. C’est ainsi que j’ai médité pour la première fois. Sans savoir à ce moment que j’avais la chance d’être initié par Francisco Varela : l’homme affable qui m’avait ouvert la porte était en fait l’un des plus grands neurobiologistes contemporains.
(…)

Et là, pour la première fois, je n’avais rien à réussir : il me suffisait juste d’être présent à ce qui est, de revenir à ma présence corporelle, à mon souffle, à mes sensations, à mes perceptions, à ce qui m’entoure. (...)
Il m’a fallu du temps et des tâtonnements pour enfin admettre que méditer, c’est tout simplement se foutre la paix. Et que se foutre la paix, cette règle d’or de la méditation, devrait être le leitmotiv de toute notre existence. Nous sommes conditionnés à toujours « faire » : cuisiner, travailler, aimer, regarder un film, répondre au téléphone. Même quand nous disons « je ne fais rien », en réalité nous faisons plein de choses : nous zappons sur notre télé, nous bavardons dans notre tête, nous passons d’une activité et d’une pensée à l’autre, dans la discontinuité et la peur d’un moment de silence. Notre attention est fragmentée et nous avons réellement l’impression de « ne rien foutre », de perdre notre temps inutilement, de ne rien accomplir d’essentiel ni de nourrissant.
Méditer, au fond, c’est tout simplement le fait d’être. Le fait de s’arrêter, de s’octroyer une pause, de cesser de courir pour rester présent à soi, pour s’ancrer dans son corps. C’est une école de vie. (…)

Méditer est aussi simple que se laver les dents ou regarder un feu de cheminée.
Essayez. Asseyez-vous. Sur un coussin ou sur une chaise, peu importe : il n’existe pas de posture à prescrire ni à proscrire. Le fait de s’asseoir n’est pas une technique, c’est juste une manière très simple de réussir à ne rien faire, à ne se préoccuper de rien. J’y ajouterais un conseil de bon sens : tenez-vous droit pour rester alerte, présent, disponible. (…) La droiture de la posture ouvre l’esprit à l’entièreté du présent. (...) Méditer n’est pas se détacher ni se désincarner, mais, au contraire, s’ouvrir au monde à travers ses sens, donc à travers son corps. C’est sentir le contact de ses pieds avec le sol, de ses mains sur ses cuisses, des vêtements sur sa peau. C’est entendre une voiture qui freine, un passant qui parle, sans essayer de comprendre, sans juger, sans même y mettre de mots. En prenant acte, c’est tout : j’entends, je vois, j’ai faim, je suis en rapport, et bientôt le son devient plus ample, il devient infini, il devient poésie…

Nous sommes d’emblée des êtres relationnels, mais, dans la vie, nous nous coupons des relations, nous nous isolons, nous oublions cet acte généreux qui consiste à ne pas chercher à toujours expliquer, comprendre, justifier, critiquer. Je prends la méditation comme un entraînement très simple, très facile, à cette attitude généreuse que l’on devrait apprendre à appliquer, y compris à soi-même, ou plutôt d’abord à soi-même. Je ne conçois pas cet entraînement comme un exercice ni comme un travail sur soi. Il n’est pas une consigne ni un défi à relever, mais une invitation à se laisser entraîner. Il n’est pas une méthode d’introspection ou de bonification du moi, il n’est pas un « moi, moi, moi ». Parce que « moi » n’est pas un individu isolé qui médite pour regarder son nombril. En méditant, je découvre combien je fais partie du monde. J’entre en relation avec ce qui est, tel qu’il est, y compris avec moi, en un geste de bienveillance que la vie nous a désappris. Cessez de méditer… et respirez. Respirer est un acte naturel qui ne nécessite aucun effort. Mais c’est en même temps un phénomène extraordinaire, l’acte de vie par excellence : juste en me foutant la paix et en respirant, je suis vivant !

Méditer est du même ordre : c’est un acte naturel par lequel je laisse la vie revenir en moi, grâce auquel je redeviens vivant. C’est surtout un acte de tous les moments qui consiste en une forme d’attention et de bienveillance, en dehors de tout jugement. Je suis triste ou énervé ? Je prends acte de ma tristesse ou de mon énervement… et je me fous la paix. La méditation est une respiration sans consignes ni sanctions. Et c’est en cela que réside son pouvoir de guérison. Respirer, c’est se resynchroniser avec la vie. Méditer, c’est se foutre la paix et s’autoriser à redevenir humain... »

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vendredi 27 janvier 2017

Fabrice Midal : se foutre la paix (2)


Cesser d’être parfait, c’est se donner une chance d’être plus créatif ?

Je raconte dans mon livre cette histoire de concours de château de sable quand j’avais 10 ans. Nous avions juste une heure pour bâtir notre œuvre et sur les 15 enfants que nous étions, tous ont fait des choses différentes. Ma sœur a fait une coccinelle et, avec un pot de confiture emporté de la maison, elle a dessiné les taches sur son dos. Moi, j’ai essayé de faire parfaitement ce qu’on m’avait demandé de faire. Au bout d’une heure, tous les enfants avaient fini quelque chose, et moi… je n’avais fait que deux tours de mon château que je voulais parfait. Résultat : ma sœur a gagné le premier prix et moi, j’étais le dernier ! En voulant trop bien faire, fuir l’inconnu et rester dans les cadres, on passe à côté de l’essentiel.

Mais comment faire concrètement ?

En commençant par mettre un ­post-it sur son bureau « Je me fous la paix », déjà, on respire. Une manière de couper toutes les injonctions. On peut aussi faire trois minutes d’exercices dans cette même optique (www.fabricemidal.com). Et puis chacun peut trouver sa façon de « se foutre la paix » : aller au cinéma, marcher dans la nature, aller voir une exposition de peinture, entrer dans une église… tout ce qui ne répond pas à une injonction mais nous rend le plaisir de nous sentir plus vivants, nous déplace par rapport à nos soucis. C’est en se promenant et en recevant une pomme sur la tête que ­Newton a trouvé la solution à son problème. Face à une angoisse personnelle ou une décision, il faut arrêter de penser, accepter d’entrer dans l’incertitude et la fragilité en laissant la question de côté, marcher, prier ou méditer et faire confiance : quelque chose qu’on ne contrôle pas, qui est de l’ordre de l’intuition – ou que certains appellent Dieu ! – va me répondre.

On a tous l’image du méditant calme et zen. « Se foutre la paix », n’est-ce pas se mettre en retrait du monde ?

Il ne s’agit pas d’être calme mais d’être en paix. Le calme est contraire à notre nature profonde et même à la construction de la paix. Quand la mer est calme, les bateaux n’avancent plus ! Le Bouddha ne cherchait pas le calme, il a commencé par remettre en cause la société de son époque, il a critiqué les castes, l’exclusion des femmes de la vie spirituelle. Il n’était ni zen ni en retrait de la société, mais l’artisan d’une critique sociale. Le Christ n’est pas venu non plus apporter le calme sur la terre, mais la paix et l’amour brûlant qui transforme tout. Il n’a pas invité les apôtres à être parfaits mais à tout laisser tomber pour le suivre. En les libérant de leur identité, il les conduit à entrer dans leur humanité. Benoît XVI a souligné que si l’Antéchrist venait, il viendrait avec la promesse du bonheur et du calme complet pour toute l’humanité et il rappelle que le message du Christ est bien plus révolutionnaire que cela : ni sage, ni édulcoré, il sort des logiques habituelles des hommes. Promouvoir le calme, c’est promouvoir la déshumanisation de notre société.

De quoi, au fond, avons-nous peur ?

Nous sommes dans l’illusion que si nous courons de plus en plus vite pour faire quantité de choses, nous restons en vie. En réalité, plus je cours, plus je suis épuisé. Un moment de silence et d’arrêt n’est pas la mort, mais l’occasion de retrouver une source en moi et de redécouvrir que je suis un vivant. De même, face à l’angoisse d’un vieillard, d’un malade, d’un enfant, il vaut mieux s’asseoir quelques minutes à côté de lui sans rien faire, en s’efforçant d’être présent à toute sa personne plutôt que de vouloir « gérer » son stress ou son émotion. Il nous faut retrouver ce rapport de bienveillance, cet art d’habiter la tendresse humaine qui va à l’encontre de la dictature de la rentabilité. Nous sommes durs avec nous-mêmes comme avec les autres et nous avons du mal à toucher notre fragilité et notre vulnérabilité.

Est-ce une chance de s’ouvrir à la bienveillance ?

C’est un changement de perspective. En se sécularisant à l’extrême, notre société a cantonné au domaine religieux la bienveillance et la compassion sans comprendre qu’aucune société laïque ne peut vivre sans ces notions qui participent du bien commun. Dans la vie, les gens sont généreux mais les mots pour le dire sont devenus tabous : la charité est devenue solidarité et nous n’avons plus le droit de parler de compassion ou de bienveillance à l’école ou dans l’entreprise. On peut parler du devoir social de s’occuper de ceux qui souffrent mais pas d’un acte gratuit de bonté. « Se foutre la paix », c’est revenir à notre humanité et ce n’est pas une question de temps mais de qualité de présence. Beaucoup de soignants le disent : on peut faire le même geste en trois minutes en étant purement technique ou en étant bienveillant et présent au malade. En revenant à la vie, en s’autorisant à être comme on est, on retrouve une qualité de présence à l’autre.



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jeudi 26 janvier 2017

Fabrice Midal : se foutre la paix (1)

Résister aux tentations de perfection et d’hyper-performance valorisées par la société, c’est ce que le philosophe Fabrice Midal, créateur de l’École occidentale de méditation, propose dans son dernier livre Foutez-vous la paix et commencez à vivre (Flammarion). Le fondateur de l’École occidentale de méditation, qui pratique cette discipline depuis 30 ans, nous invite ici à nous libérer des modèles ambiants pour retrouver la liberté et l’audace de notre humanité. 


Vous revendiquez aujourd’hui le droit de « se foutre la paix ». Que voulez-vous dire ?

Pour la première fois dans l’Histoire, nous ne contrôlons plus le contenu de nos journées : la multiplicité des échanges virtuels, des réseaux sociaux, des rythmes de vie nous empêche de répondre à toutes les exigences qui nous écrasent. Le nombre d’e-mails, par exemple, a augmenté de manière si exponentielle qu’on ne peut, à la fin d’une journée, avoir tout lu, tout traité. « Se foutre la paix », c’est faire une pause par rapport à cette avalanche et refuser d’être tributaire de toutes ces injonctions. Il ne s’agit pas d’arrêter de faire, mais de refuser cette pression qui voudrait, qu’en plus on réponde à tout de manière parfaite et indiscutable.

Car nous avons nous-mêmes intégré cette pression ?

Oui et c’est une vraie compétition ! Nous nous demandons sans cesse si nous sommes à la hauteur. Il faudrait réussir sa vie personnelle, familiale, être à l’écoute de ses enfants, être un bon père, un bon professionnel… Et si je ne suis pas parfait, c’est de ma faute. Tout sert à entretenir ce challenge, même les livres de psychologie ou de méditation qui vous laissent croire qu’il faudrait être zen et calme en permanence, gérer parfaitement ses émotions. On retrouve cela dans le monde professionnel avec le phénomène du burn out. Des gens s’effondrent non pas parce qu’ils ont mal fait ou ne sont pas motivés, mais parce qu’ils veulent trop bien faire. C’est une maladie de l’hyper-performance. On est tellement poussé à bout qu’on se sent doublement coupable : de ne pas être parfait et de laisser surgir sa fatigue ou ses défaillances. Or, la fragilité, c’est ce qui tisse l’existence humaine. Se foutre la paix, c’est renoncer à un idéal inaccessible d’homme ou de femme parfait qui ne correspond pas à mon aspiration profonde et m’est renvoyé par notre société de performance.

Vous « foutre la paix » vous a sauvé ?

Oui, découvrir à 20 ans, avec la méditation, que je pouvais rester là sans rien faire m’a libéré. Toute mon enfance, on m’avait dit : « Peut mieux faire » et je ne comprenais pas ce qu’on attendait de moi. Mes grands-mères, restées veuves, voulaient que je les sauve de la solitude, mes parents que je m’intègre dans la société, que je fasse un bon métier – du commerce comme mon père ! Et à l’école, je ne faisais jamais assez bien. Et là, d’un coup, je m’assoie et on me dit : « Tu n’as rien à faire, tu n’as pas à être autrement mais à t’ouvrir à ce qui est là. » C’était libérateur. Bien sûr, il m’a fallu du temps d’apprentissage pour ne plus chercher à « bien » méditer, ni à me conformer à l’idée que j’avais du « bon » pratiquant. Comme beaucoup de chrétiens qui pensent qu’il faut être toujours généreux, toujours serviables. Ce qui, paradoxalement, empêche de l’être vraiment !

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samedi 23 juillet 2016

Méditations corporelles avec Fabrice Midal

Dans la méditation, trouver le corps implique aussi de développer une attention pleine et entière à nos perceptions sensorielles, dans toute leur richesse. 

 Quand je sonne le gong à la fin de la pratique, la plupart des gens se disent « la pratique est finie » et ils se lèvent. Ils n’écoutent pas le gong qui résonne d’une manière si ample. Le son du gong se répand. Il ne cesse pas quand nous le voulons. On découvre qu’un seul son peut contenir le monde tout entier - être d’une subtilité et d’une réalité infinies.



Méditer c’est découvrir son corps, ici et maintenant. 

 Grâce à la méditation, nous nous relions pleinement à ce qui est et apprenons à devenir sensibles au monde. La pratique ne consiste donc pas à s’élever hors du corps pour s’occuper de l’esprit, mais au contraire à mieux habiter la terre.

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vendredi 22 avril 2016

Préface du livre de Christophe Massin par Fabrice Midal


 La notion de confiance est très peu questionnée pour une raison toute simple : nous ne savons pas vraiment la penser. Nous connaissons celles d’estime de soi, d'optimisme, de bonté ou de gentillesse, mais pas celle-ci. En effet, elle est d'un tout autre ordre. À la rigueur nous pouvons penser à la « confiance en soi », ou « dans les autres », mais la notion de confiance intrinsèque nous échappe. Or celle-ci est par principe primordiale. Si bien que certains qui réprouvent ne s’en rendent pas compte, et que ceux qui en manquent au point d’en être meurtris ne discernent pas que là réside la source de leurs difficultés, de leurs angoisses et de leurs souffrances.

L’ouvrage de Christophe Massin éclaire avec brio le nœud du problème. En effet, explique-t-il, seule une approche « spirituelle » peut nous permettre d’aborder la cause réelle de notre souffrance et les moyens de nous en délivrer. Notre manque d’assurance ne vient pas d’abord d'un problème lié à notre éducation ou à notre environnement social, mais au fait que nous soyons des êtres humains. Tout être humain est ainsi pris par la peur et le doute qui le séparent de l'ampleur de la réalité, de l'ampleur de la vie. C'est donc un travail sur notre propre existence en tant qu'être humain qu'il faut faire. Retrouver confiance, c'est réapprendre à mieux coexister avec la réalité, au lieu de nous en séparer. Et un tel travail est l'œuvre la plus profondément humaine.

Le poète Rainer Maria Rilke a le plus souverainement fait l'épreuve de la déchirure qui, au cœur de nos existences, nous prive de toute confiance. Comparant l'homme à la fleur, il écrit ainsi : « Nous, les violents, nous durons plus longtemps. Mais quand, dans laquelle de toutes nos vies, sommes-nous enfin des êtres qui s'ouvre lit pour accueillir ? » Pour lui, ce qui nous sépare de la vie, c'est cette conscience qui interprète, examine et commente. Elle nous conduit à nous séparer de ce qui est, nous fait nous retourner sur ce qui a eu lieu, nous privant ainsi d'une ouverture réelle au présent.

La grande méprise est de croire que la confiance viendrait d'une forme d'assurance qui nous serait octroyée par un tiers. Nous cherchons tous à être rassurés et nous croyons que si nous l'étions comme nous le voulons, alors tout irait bien. En réalité, ce souci d'être rassuré est précisément ce qui empêche toute confiance. Attendre que quelque chose d'extérieur vienne nous apporter ce qui nous manque est une manière de creuser notre propre malheur. Or tant au niveau social qu’individuel, nos sociétés favorisent une telle méprise. Elles nous éloignent de la source de vie.

Nous ne pouvons trouver l'assurance qu'en abandonnant toute recherche d'une confirmation extérieure et en nous ouvrant sans condition à la réalité telle qu'elle est. Le geste de la méditation rejoint l'intuition de Rilke car il invite à ne rien faire, absolument rien. Cesser de chercher à comprendre, à analyser, à essayer de trouver des solutions.

Regagner ainsi la confiance n'est donc pas du tout un geste convenu pour se rassurer mais au contraire une ouverture profonde. C’est même là un mouvement radical. Voilà au fond, une excellente manière d'approcher le sens de tout chemin authentique spirituel : nullement chercher une sorte de cocon protecteur où tout serait apaisé, serein, mais aller à la racine de notre humanité, à la racine de ce qui la brime. Malheureusement, la compréhension habituelle de la spiritualité est trompeuse puisqu'on croit qu'il s’agit d'une forme d’élévation, de supplément d’âme alors qu'il s'agit tout au contraire d'un risque assumé nous exposant à la réalité nue. Non un refus du plus concret, mais la seule manière de lui rendre toute sa densité.

La véritable spiritualité, si peu connue aujourd'hui, si souvent confondue avec son contraire qu'est le divertissement, vise tout simplement à nous éveiller à ce qui est, là, maintenant. Autrement dit alors que pour la plupart des gens la spiritualité est une sorte de vague promesse, de consolation, elle est, tout au contraire, comme le montre Christophe Massin, l'analyse la plus lucide et convaincante des raisons de notre emprisonnement, des raisons de notre peur d'aimer et d'être aimé.

Cet ouvrage va vous permettre ainsi de découvrir ce qui vous empêche d'être vraiment ce que vous avez à être. Mais il contient aussi un autre apport décisif. La voie de la confiance n'est pas une voie qui passe par-delà nos difficultés et épreuves, mais qui au contraire nous invite à les rencontrer. Mouvement radical, poignant, souvent difficile et courageux : Christophe Massin vous invite à aller embrasser ce qui vous fait peur, ce qui vous blesse, ce qui vous inquiète car là, et là seulement, une forme de libération peut apparaître.

La question de la confiance ne cesse de me hanter depuis des années. Enseignant la méditation, je suis frappé de constater encore et encore que c'est elle qui fait le plus souvent défaut et empêche à nombre de gens d’entrer dans la pratique. Sans elle, en effet, la pratique de la présence attentive (Mindfullness) et la pratique de l'amour bienveillant restent pauvres, à la lisière de l'essentiel. Des sortes de techniques pour se protéger du monde, pour se protéger de soi, pour ne pas vivre. C'est pourquoi à présent, j’enseigne souvent les pratiques de confiance que j’ai reçues, voyant mieux au fur et à mesure de mon travail, leur importance décisive, leur force libératrice.

Puisse ce livre que vous tenez dans vos mains permettre à la confiance d’irradier, à notre monde de trouver enfin le souffle lui donnant la force de faire face aux défis nombreux qui aujourd’hui le menacent et de ne pas se laisser aller à la peur et au découragement.

Fabrice Midal



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lundi 14 décembre 2015

"Méditer, ce n'est pas gérer son temps mais mieux l'habiter" par Fabrice Midal


« Le christianisme est aujourd’hui particulièrement sensible à l’attaque faite à l’humanité de l’homme au nom d’un contrôle total. Il sait que la dictature de l’efficacité laisse sur le carreau ceux qui sont fragiles. Il sait que cette dictature nouvelle oublie que l’existence humaine est un don gratuit, qu’il faut aimer et respecter. Il sait que l’ordre de l’exploitation est mortifère, qu’il tue tout ce qu’il touche.

L’enjeu est de taille. De plus en plus souvent, sans qu’on y prenne garde, la méditation est présentée comme un outil pour être plus performant, plus efficace, plus adapté. Or, en vérité, le Christ n’est pas venu sur la terre pour dire aux hommes : « Suivez-moi et vous réussirez tout ce que vous voudrez, vous serez plus efficaces, plus performants, plus riches, plus puissants… » Non, il a montré une tout autre voie. Le Bouddha n’est pas venu sur la terre pour dire aux hommes : « Suivez-moi et vous réussirez tout ce que vous voudrez, vous serez plus efficaces, plus performants, plus riches, plus puissants... » Non, il a montré une tout autre voie.

En fait, la méditation n’est pas un outil, une technique, mais une pratique. Méditer, ce n’est pas gérer son temps mais mieux l’habiter ; ce n’est pas gérer son stress, comme on gère son compte en banque, mais se relier à lui, travailler avec lui. Le discours actuel sur l’efficacité de la méditation nie le geste salutaire que celle-ci nous offre : nous apprendre une attention nue, sans jugement, gratuite, qui ainsi apaise, guérit, nous ouvre à nous-mêmes comme aux autres – et peut nous aider à préserver le monde. J’ai la conviction que la méditation est la dernière force révolutionnaire de notre temps pour une raison majeure : elle seule coupe à la racine notre volonté de tout contrôler, de tout saisir, qui nous fait tout instrumentaliser : la terre, l’eau, les arbres, devenus « ressources naturelles », les animaux devenus simples protéines, les êtres humains devenus ressources ou capital humain.

J’ai l’espérance que la méditation nous permette de préserver la beauté et la fragilité, la tendresse et la gravité de toute existence. Qu’elle soit l’espace d’une bienveillance pour soi, pour les autres et pour le monde. Qu’elle puisse nous amener à dire non à l’injustice et à la violence, et qu’elle favorise la paix. »

Fabrice Midal

Fabrice Midal est le fondateur de l'École occidentale de méditation, où il dirige des séminaires sur la méditation laïque en rapport avec notre vie quotidienne. Il a publié Méditations sur l'Amour bienveillant (Audiolib).



vendredi 18 septembre 2015

Fabrice Midal : "On ne peut séparer le corps et la psyché"

Selon le philosophe et fondateur de l'École occidentale de la méditation, l'hypnose et la méditation nous font percevoir l'unité de notre être.

Quel rapport y a-t-il entre hypnose et méditation ? La première est une voie thérapeutique occidentale, la seconde est une discipline spirituelle venue d'Orient. Pourtant, malgré leurs histoires très différentes, elles présentent bien des points communs.

Premier point de rencontre : la guérison n'est pas le fruit d'un effort de la volonté, mais vient lorsqu'on cesse de tout vouloir organiser, gérer et dominer. C'est pour la plupart d'entre nous une affirmation surprenante, voire irritante. Si nous ne contrôlons pas les choses, nous avons l'impression d'être passifs. Or il n'en est rien. Ne rien faire de manière vraiment « active » nous pose de façon plus juste dans notre existence. Autrement dit, il ne s'agit pas de ne « rien faire » mais de cesser d'empêcher le mouvement de la vie de se déployer. Deuxième idée forte : réfléchir à nos problèmes nous égare bien souvent. Lorsque nous avons une difficulté, nous avons le sentiment que c'est en y réfléchissant encore et encore qu'une solution va apparaître. L'hypnose comme la méditation nous apprennent à nous poser dans la simplicité de notre être et à faire confiance. Quelque chose en nous sait quoi faire et ce n'est pas notre esprit habituel et étroit. Pour lui donner droit, il faut accepter que nous ne sommes pas d'abord des êtres intellectuels, mais des vivants. Chercher à entrer en soi pour se comprendre, loin d'éclairer, ne fait qu'égarer. Et c'est la troisième idée clé : l'hypnose comme la méditation visent à mettre un terme à la quête narcissique. Dans les deux cas, l'invitation est d'entrer de manière radicale, sans parachute, en rapport avec ce qui est, exactement tel qu'il est.

Enfin, la méditation et l'hypnose sont tout à fait étrangères à l'idée de psychologie, aujourd'hui dominante et même écrasante. François Roustang, référence en matière d'hypnose, dénonce dans ses ouvrages et en particulier dans Savoir attendre (Odile Jacob) l'impasse de la psychologie. Celle-ci prétend qu'il existe quelque chose comme une psyché séparée du corps - qu'il serait possible de connaître. Une telle croyance ne fait que déchirer l'unité de notre être et participer à la cause de notre malaise. L'hypnose comme la méditation sont tout autant une expérience « corporelle » qu'une expérience de l'esprit. Elles nous montrent combien notre manière de séparer ces deux champs nous prive de l'unité de notre être. Le mieux-être s'obtient en redevenant enfin un être vivant, pleinement incarné, posé dans son être.

> À lire
Simplement être là, le cœur grand ouvert, de Fabrice Midal, Grand Est, avec un DVD inclus offert.