samedi 31 mars 2012

Les 5 grands regrets des malades en fin de vie...

Bronnie Ware est une infirmière australienne. Elle s'est occupée de personnes en fin de vie et les a accompagnés durant les dernières semaines de leur vie. Elle a partagé ces moments forts avec eux. Elle en a écrit un livre "The Top Five Regrets of the Dying : A Life Transformed by the Dearly Departing" dont voici un extrait :


"Mes patients sont ceux qui rentraient « à la maison » pour mourir. Nous avons souvent partagé des moments incroyables ensemble. J’étais avec eux pour les trois à douze dernières semaines de leur existence. Les gens grandissent énormément lorsqu’ils sont confrontés à leur propre mort. J’ai appris à ne jamais sous-estimer la capacité de croissance d’un être humain. Certains changements furent tout à fait phénoménaux. Chacun a expérimenté une panoplie d’émotions, comme le déni, la colère, les remords, puis encore le déni et éventuellement l’acceptation. Tous sans exception ont trouvé la paix avant de partir.


Après avoir été questionnés sur certains regrets qu’ils pourraient avoir ou quoique ce soit qu’ils auraient fait différemment, certains thèmes ont refait surface à maintes reprises :


1- « Je regrette de ne pas avoir eu le courage de vivre ma vie selon mes aspirations, et pas de vivre la vie que les autres attendaient de moi que je vive. »
Celui-ci était le plus commun, celui qui revenait le plus souvent. Lorsque les gens se rendent à l’évidence que leur vie touche à sa fin et jettent un regard lucide en arrière, il leur est facile de voir à quel point plusieurs de leurs rêves sont demeurés inexaucés. La plupart des gens n’ont même pas honoré la moitié de leurs rêves et sont décédés en sachant que ce fut à cause de choix exercés ou non. Il est très important de faire en sorte d’honorer au moins un de vos rêves au long de votre vie. Dès lors que vous perdez votre santé, il est déjà trop tard. La santé apporte une liberté dont peu prennent conscience, jusqu’à ce qu’elle vous échappe.


2- « Je regrette d’avoir travaillé autant. »
Cette déclaration me parvenait de chaque patient masculin. Ils ont manqué l’enfance de leurs enfants et l’intimité avec leur conjointe. Les femmes aussi ont mentionné ce regret. En simplifiant votre style de vie et faisant des choix conscients tout au long de votre existence, c’est possible de ne pas avoir besoin des revenus dont vous croyez avoir besoin. Et en créant davantage d’espace dans votre vie, vous devenez plus heureux et plus ouvert à de nouvelles opportunités, plus pertinentes à vos valeurs et styles de vie.



3- « Je regrette de ne pas avoir eu le courage d’exprimer mes émotions. »
Plusieurs ont retenu leurs sentiments dans le but de préserver une paix superficielle avec les autres. De cette façon, ils se sont résignés, ont vécu une vie plus médiocre et ne sont jamais devenus ce qu’ils auraient réellement pu devenir. Plusieurs ont développé des maladies à la suite de cette accumulation de ressentiments et d’amertume. On ne peut contrôler les réactions d’autrui. Cependant, bien que les autres puissent réagir lorsque vous leur montrez que vous avez changé en leur parlant de façon honnête et transparente, la relation finit par s’élever à un tout autre niveau. C’est soit cela ou vous éliminez une relation toxique de votre vie. Vous sortez "gagnants" dans les deux cas de figure.


4- « Je regrette de ne pas être demeuré en contact avec mes amis. »
Souvent, mes patients ne prenaient pas pleinement conscience de tous les "bénéfices" que leur apportaient leurs vieux amis jusqu’à ce qu’ils soient rendus à leurs dernières semaines de vie et il était souvent impossible de les retrouver. Ils regrettaient tous profondément ne pas avoir mis le temps et les efforts nécessaires pour poursuivre leurs relations avec leurs amis. Chaque personne se rend compte que ses amis lui manquent lorsqu’il se rapproche de la mort. C’est très commun de voir que notre vie "chargée" nous laisse échapper nos amitiés.
Sauf que lorsque vous êtes proches de votre mort, tous les aspects physiques disparaissent. Bien sûr que les gens veulent régler leurs affaires financières avant de mourir, mais l’argent et le statut n'ont plus du tout la même importance pour eux. Même la partie incontournable des détails financiers est laissée aux mains d’un proche étant donné l’état de santé fragile du concerné. Ce qui reste en bout de compte, c’est l’amour, les liens et les relations.


5- « Je regrette de ne pas m’être laissé être plus heureux. »
En voici une autre très commune. Plusieurs n’ont réalisé qu’à la fin de leur vie que le fait d’être heureux était un choix. Ils sont plutôt demeurés coincés dans de vieilles croyances et habitudes. Le soit disant « confort », issu des comportements familiers a pris le dessus sur leurs émotions, ainsi que sur leur vie physique. La peur du changement leur a fait prétendre à eux-mêmes qu’ils étaient heureux. Alors qu’en somme, ils auraient eu besoin de rire et de s’amuser davantage, quitte à cabotiner ou du moins retrouver plus de « folie » dans leur vie."

vendredi 30 mars 2012

jeudi 29 mars 2012

Allo, la Terre...

Une drôle de petite histoire...qui fait matière à penser...

mercredi 28 mars 2012

Joie humaine de vivre... avec Frank Andriat

Chaque être humain est donc croyant et chacun peut, s’il le désire, entrer en contact avec son intériorité, là où vit l’Intime, où il souffle, se propage et nous imprègne. Nous pouvons choisir de le nier, de rejeter tout cela en bloc, de nous installer avec assurance dans notre finitude. Mais nous pouvons aussi nous laisser troubler par la présence des espaces infinis. C’est cette dernière expérience que je relate dans mes livres qui célèbrent la joie de vivre non plus à la périphérie mais au cœur de soi-même.


Depuis mon expérience spirituelle de 1990, l’Intime est devenu mon ­compagnon de route, ma lumière, mon éclaireur intérieur. Sans l’Intime avec moi, je suis dévoré par le loup qui m’habite ; avec Lui, je n’ai plus peur d’être un agneau. Mon écriture aussi est devenue une prière. Désormais, ce n’est plus moi qui écris, c’est l’Intime qui écrit en moi. Je me tiens à son écoute, je l’éprouve, le reçois en plénitude, laisse l’émotion surgir tel un tremblement de vie intérieure ; puis, je trace des lignes qui tentent d’atteindre le cœur, au risque, avec mes pauvres mots, de rétrécir son chant, de durcir la fragilité d’une goutte d’eau qui glisse sur le cil d’une rose.


Frank Andriat

mardi 27 mars 2012

L'avenir des antibiotiques...

En pleine réaction épidermique, pourquoi ne pas s'interroger sur les antibiotiques...et leur devenir.

lundi 26 mars 2012

Longévité avec Denise Desjardins

Denise desjardins, une existence pour ouvrir le coeur...Son prochain passage à Paris est prévu en octobre.

Source : Psychologies magazine

dimanche 25 mars 2012

"Pince-moi, je pense !" par Michel Laurent Dioptaz

" Réveille-toi ! réveille-toi ! ce n'est qu'une pensée. "


L'identification à nos pensées est telle qu'on a oublié que cet outil à penser n'est que l'une des formes que peut prendre l'intelligence à travers nous. Et le fait que nous ne nous servions plus que de cet outil pour appréhender la réalité a littéralement démembré notre présence au monde. Les pieds de l'esprit ne se glissant plus dans les pieds du corps, nous marchons à côté de la vie.
Lorsque l'on marche en prenant appui sur ses pensées, pas un seul pied ne touche terre... la terre de l'instant. Et cela quel que soit le type de pensées, même celles qui cherchent à percevoir le présent ou croient parfaitement le concevoir.


Pour la pensée, le présent est une donnée parmi d'autres.
Pour le présent, c'est la pensée qui est une donnée parmi d'autres.


Aucune pensée ne peut se poser sur le présent. Elles peuvent se poser partout : devant nous, dans le futur... derrière nous, dans le passé... mais jamais à notre endroit, dans notre centre, notre présent. Et si une pensée arrivait à s'y poser, elle ne pourrait goûter sa "réussite", car elle aurait juste réussis à se faire disparaître, à faire disparaître le penseur.


Tout comme notre petit doigt placé devant notre oeil peut faire disparaître le paysage, juste une petite pensée placée devant le présent... et c'est l'éclipse de conscience.
Ainsi, tant que les pensées sont là, le présent est aveugle à notre endroit.


Le présent n'est pas, comme le conçoivent les pensées, cette sorte de point microscopique coincé entre passé et futur, où il est si difficile de se tenir en équilibre. Non, vécu du dedans, c'est l'inverse, le présent est un lieu d'éternité où l'on a les deux pieds posés bien à leur place, et où l'on a enfin tout son temps. Ceci est le centre de l'Etre.
Ce que l'intellect nomme le "présent" n'est qu'un concept axial, pratique pour articuler nos latéralités passé/futur, mais sans la moindre ressemblance avec ce qui nous est donné de vivre, lorsque notre conscience se pose réellement en ce lieu.
Confondre le présent conceptuel avec le présent expérimental est source d'absurdes déductions car, si la carte n'est jamais le territoire, que dire lorsqu'il ne s'agit que de juste un point sur la carte, le lieu-dit "le présent".



Les pensées les plus fines sont encore trop épaisses pour se glisser dans l'exacte présence du présent.
Les pensées les plus vastes, trop étroites pour l'infinité du présent...



samedi 24 mars 2012

L'amour avec Edgar Morin

Veuf inconsolable, le sociologue Edgar Morin a écrit une déclaration d’amour émouvante à Edwige, celle qui a partagé sa vie pendant 30 ans. Rencontre touchante avec cet éternel amoureux de 90 ans.

Pourquoi avoir choisi, à votre âge, de vous mettre à nu en écrivant ce livre Edwige, l’inséparable ?
Edwige était une personne très secrète et pudique. Excepté quelques amies, les gens ne la voyaient qu’au travers des apparences. J’ai donc éprouvé le besoin de la faire reconnaître. C’était une femme qui sécrétait une poésie par sa grande capacité d’émerveillement. Elle s’émerveillait de notre chatte, de la nature, des jolies choses de la vie. Elle aimait la beauté d’une façon extraordinaire et sentait tout ce qui est poétique dans l’existence. D’ailleurs, je considère qu’un amour tient dans un couple quand l’autre est source de poésie. Si l’un des deux cesse de l’être, ça n’a plus de sens.


Aviez-vous des petits mots doux pour Edwige ?
Parfois, je l’appelais Edwigette, mais le plus souvent c’était « mon cœur ». Enfin, ça me gêne un peu d’en parler… Elle disait que nous étions deux inséparables, en se référant à ces oiseaux qui se bécotent sans arrêt. C’est vrai que nous aimions tout le temps nous embrasser. Dès que nous nous croisions à la maison, nous nous donnions des baisers. Elle nous disait inséparables, et pourtant…


Finalement, les intellectuels sont comme tout le monde : ils expriment leur amour par des métaphores ou des diminutifs un peu enfantins…
Bien sûr. Nous nous faisions des petits dessins. Nous aimions jouer ensemble, comme les enfants. Ce sont des choses normales. Montaigne disait que « chacun porte en soi l’humaine condition » : c’est le tronc commun à toute l’humanité. Le fait d’être un intellectuel et un écrivain donne la possibilité d’exprimer avec des mots ce que tout le monde vit ou ressent.


Quel est donc ce lien si particulier qui vous unissait à Edwige ?
Ce lien a commencé avec un coup de foudre, bien avant que nous nous unissions. C’était en 1961 et nous nous sommes mariés en 1978. Grâce à ce livre, Edwige, l’inséparable, j’ai compris ce qui nous liait si intimement, bien que nous soyons totalement différents. Montaigne disait de La Boétie : « C’était lui, c’était moi. » Avec Edwige, c’était elle et c’était moi.


Quelle est la singularité de votre amour filial ?
Ma mère est l’amour primordial de ma vie. Elle est morte quand j’avais 10 ans. Après son décès, elle est devenue à mes yeux une sorte de déesse. Elle s’appelait Luna (« Lune ») et, quand je vois la pleine lune, je sens sa présence. Sa perte m’a donné un grand besoin d’amour, car elle a laissé un immense vide en moi.
Quant à mon père, j’avais un ressentiment contre lui car, pensant me protéger de trop d’émotions, il m’a bêtement caché la mort de ma mère. Il m’a privé de lui dire au revoir. Je ne me suis vraiment réconcilié avec lui qu’après des années.


Finalement, Edwige et vous aviez une épine liée à vos enfances ?
Exactement. Le père d’Edwige était un médecin bohème qui ne se faisait pas payer et fréquentait les artistes. Il avait été chassé par la mère d’Edwige, elle aussi médecin, mais très bourgeoise. Edwige m’a toujours dit que son père était pour elle un étranger. Cependant, à deux ou trois occasions, j’ai constaté que quelque chose se déchirait en elle quand on l’évoquait. C’était la racine de son caractère renfermé : elle cachait cette douleur. D’autant ­qu’Edwige a toujours eu le sentiment que sa mère ne l’aimait pas.
(…)


Pensez-vous pouvoir aimer de nouveau ?
Oui. J’éprouve d’ailleurs actuellement un sentiment amoureux pour quelqu’un, mais ce nouvel amour n’effacera pas celui pour Edwige. J’ai découvert en chacune des femmes que j’ai aimées une souffrance d’enfant. Est-ce par télépathie ? Est-ce dans l’expression du regard qui me donne un message subliminaire qu’avec le temps je comprends ? En fait, c’est une chose mystérieuse, mais je suis un éternel amoureux. C’est à la fois ma pathologie (la perte de ma mère a créé un vide absolu) et ma santé (l’amour est la santé de l’âme). Parfois, je me dis qu’il s’agit d’une sorte de maladie. Mais, finalement, je crois que je suis un être très simple et normal. Car il faut aimer, aimer encore. Le philosophe Vladimir Jankélévitch est celui qui a le mieux exprimé ces choses-là en écrivant : « Le je-ne-sais-quoi et le presque-rien sont les choses les plus importantes dans la vie. »
■ Edgar Morin a publié un livre dédié à sa femme, Edwige, l’inséparable (Fayard, 2009).

vendredi 23 mars 2012

Regard sur la mort

Il y a des gens qui ne voient pas venir leur mort. Il y en a d'autres qui la fréquentent longtemps. Et là, la question se pose : la mort, peut-on l'apprivoiser? Alain Crevier rencontre un spécialiste des soins palliatifs, Dr Serge Daneault, qui travaille avec les mourants depuis 20 ans. Une proximité qui l'a transformé, dit-il. Dr Daneault a publié en 2011 « Et si mourir s'apprivoisait... »

jeudi 22 mars 2012

L’histoire de la revue Reflets... et Jacques castermane

Christian Roesch est un chirurgien-dentiste qui exerce son métier avec passion, refoulant son amour de l’écriture. Un jour, un grave accident de moto le cloue au lit pour un bon moment, l’obligeant à prendre une retraite anticipée.


Le “petit démon” de l’écriture se rappelle alors à lui, le rêve devient réalité, et il crée sa revue trimestrielle Reflets. Aidé de son épouse Thérèse et d’un groupe de bénévoles, Christian Roesch s’emploie à donner une lecture de l’actualité qui s’élève au-dessus des événements pour en disséquer le sens.


Outre l’actualité, la revue Reflets traite de dossiers. Le premier numéro parlait de “l’argent fou”. Le deuxième numéro abordait “les problèmes liés au fanatisme et à la drogue”. Le troisième numéro, qui paraîtra le 15 mars, sera axé sur “la folie et la sagesse du corps”. Chaque numéro comporte, également, l’interview d’un sage d’aujourd’hui.


L’auteur a ainsi rencontré Arnaud Desjardins peu avant sa mort en août 2011. Le dernier numéro comporte une interview de Jean Vanier, fondateur de l’Arche (depuis plus de quarante-cinq ans, cet homme partage sa vie avec des personnes ayant une déficience intellectuelle).


En vente dans la plupart des kiosques, relais H, magasins de presse. Commande et abonnement possibles en écrivant à : contact@revue-reflets.org/. Renseignements au 03.80.62.89.86, à Gilly-lès-Cîteaux ; www.revue-reflets.org/.

Voici un extrait de l'article consacré à Jacques Castermane dans le n°2 de cette revue :

La question suivante, peut-être qu’elle peut faire sourire mais qu’est-ce qui vous a donné le plus de joie ?

Respirer !
Oui, « Je respire » ! C’est l’expérience de la pure joie d’être.

Joie inconditionnelle. Je n’oublierai jamais cette expérience, qui se renouvelle désormais. C’est à
l’occasion de cette expérience, de cette joie, que j’ai compris … non, que j’ai perçu la vérité de
l’indication qui nous était donnée par un maître zen japonais : « Quelle est la richesse du moment présent ? C’est celle que je lui donne ! ».  
Je respire ! C’est le moment d’une relation vraiment expérimentale à « l’infaisable ». Il y a tout ce que, en tant que moi conscient de moi-même et du monde, je peux faire. Faire du vélo. Faire une tarte aux cerises. Mais, « Je respire », moi ne peut pas le faire !
En Occident, nous est proposé une tradition spirituelle concernée par « l’invisible ». Dieu est invisible pour tes yeux d’être humain ; tu ne le verras pas. La transcendance est au-delà de tout.  
Le zen est une tradition qui vous invite à considérer avec la plus grande attention l’expérience de « l’infaisable ». L’infaisable dans ce qui est au plus proche, au plus intime ; par exemple, l’acte de respirer.
Je respire. L’acte de respirer est une action de ma propre essence. C’est une action de l’être. Et c’est le rapport à l’essence, à notre propre essence qui change notre manière d’être et de vivre. Si nous restons identifiés au seul niveau d’être qu’est l’égo, nous ne risquons pas de changer. « Moi je suis Moi et je veux rester Moi ! ». C’est sans doute la meilleure définition de ce qu’on appelle l’ego. 


Cette joie dont vous parlez en disant : je respire, c’est une révélation à un moment ?
Pour les sens, les cinq sens, il n’y a d’expérience possible qu’à l’instant, au moment présent. Je peux penser à hier, à demain mais je ne peux ni voir ni entendre ni sentir hier ou demain.
Ce que j’appelle l’expérience mystique naturelle, que Romain Rolland appelle l’expérience océanique, est une expérience physique, un vécu corporel, une expérience intuitive qui coïncide avec une expérience sensorielle.
A Dürckheim, qui lui demande ce qu’est le Satori, le philosophe et maître zen Daisetz Teitero  Suzuki répond : « C’est l’expérience édénique ». L’exercice appelé zazen consiste à faire marche arrière. Retour à cette première conscience à travers laquelle l’enfant est en contact avec ce que nous, adultes, appelons la vie, le monde.  Pour la psychologie occidentale une telle marche arrière est considérée comme étant une régression. Pour la tradition du zen, cette marche arrière est un retour à l’origine, un retour au commencement, à notre propre essence.  


Voir l'article en entier


mercredi 21 mars 2012

« et si on essayait vraiment » avec Alain Chevillat

A la fin de chacune de ses conférences, Jean-Marie Pelt partage la dernière conversation qu'il eut avec Théodore Monod. Celui-ci était très pessimiste sur l'avenir de l'espèce humaine qui se comporte sur Terre en insensée. Seule lueur d'espoir, lui semblait-il, il y avait eu, il y a deux mille ans, un certain Jésus qui invitait les hommes à s'aimer les uns les autres. Mais, constatait Monod avec tristesse, personne n'a jamais pris ce message au sérieux. « Mais si aujourd'hui on essayait vraiment ? », dit Monod à son ami. Pour lui c'était la seule chance de survie de l'humanité.


Je m'occupe aujourd'hui d'un petit groupe de jeunes venant de tous les horizons qui suivent une formation de neuf mois à la découverte d'un art de vivre juste.
Je n'ai pas l'habitude des jeunes, mais ce qui m'a frappé avec ravissement, c'est l'amour qu'ils se portent entre eux, la solidarité dont ils témoignent, la pureté de leur coeur, la joie de vivre, l'appétit de vivre qu'ils manifestent. Je les aime beaucoup et c'est bien réciproque. Depuis deux mois j'ai sous les yeux, et je vis moi-même, une expérience d'amour au sein de ce petit groupe qui donne foi en la vie, qui donne foi en l'avenir. Certes, il faut approfondir, il faut parfois purifier. Mais la bonne direction est là, avec l'élan pour persister.


Oui, et si on essayait vraiment ? Est-ce si difficile ? Je crois que c'est, en tout premier lieu, une question d'éducation. L'amour s'éprouve, certes, mais aussi il s'apprend. Apprendre les mathématiques et l'informatique, c'est bien, mais à condition, d'abord, qu'on ait appris à aimer, qu'on ait appris qu'aimer c'est le but ultime et l'axe de la vie, et qu'on se soit mis en route. Car une fois qu'on a goûté à la saveur de l'amour, on ne peut plus s'en passer.


Sortir d'une éducation purement rationnelle et s'ouvrir à l'intelligence du coeur, « et si on essayait vraiment »

Source : "Sources"

lundi 19 mars 2012

dimanche 18 mars 2012

Roche d'éternité avec Max Rouquette



Rendez-moi...
Rendez-moi les lauriers, et aussi les ormeaux ; rendez-moi l’ombre verte du matin, rendez-moi l’eau humble qui riait dans l’ombre tamisée de soleil. Rendez-moi le silence de la terre. Et le souffle invisible du printemps. L’églantier, avant qu’il ne se cache derrière ses épines. Quand il se perd dans les buissons d’avril.
Rendez-moi le silence des oiseaux et l’attente patiente du serpent. Et encore l’eau perdue dans ses miroirs, où venaient se recueillir les abeilles.
Pour le jardin secret, dans le jardin sacré, nichée muette au fil des heures. Et le miroir de cendre des pierres.
Rendez-moi les cerises du bonheur, la soif que j’avais de toute lumière
et la pureté de mon regard
avec l’innocence du cœur.




Montagnes de sommeil


Il y a des monts et des monts de sommeil
avant que nous passions l’étroite combe.
Là chemine l’étranger.
Celui qui ne dort pas, celui qui veille
et qui chemine sans repos.
Et dont le pas use le temps
et qui va les yeux grands ouverts,
les yeux grands ouverts qui traversent
la roche de l’éternité.


"Le tourment de la licorne"
sud poésie

Max Rouquette

samedi 17 mars 2012

Le coeur dévisagé...


Pris dans les filets...



Vert de mer


Un poisson connaissait par coeur les noms de
tous les autres poissons.
Il connaissait les algues, les courants, les sédiments,
les coquillages.
C'était un érudit.
Il exigeait d'ailleurs qu'on l'appelât "Maître" !
Il savait tout de la mer mais il ignorait tout de
l'homme.
Et un jour il se laissa prendre au bout d'un tout
petit hameçon.

Madeleine Le Floch,
Petits contes verts pour le printemps et pour l'hiver,

vendredi 16 mars 2012

Maurice Béjart : rencontre avec Taisen deshimaru...

Dans le geste bien fait, on retrouve l’artisanat. Voir travailler de vrais artisans me fascine : je trouve une telle beauté dans la précision de leurs gestes... Je pourrais passer des heures à regarder un potier. Avez-vous vu des cuisiniers japonais couper des morceaux de viande à une vitesse folle, dans des structures géométriques d’une perfection totale ? C’est hallucinant. On retrouve cette beauté dans tous les métiers techniques exigeant des gestes précis, efficaces, et toujours variés. La religion s’est elle aussi attachée à retrouver les gestes justes à travers les différents rituels...


Lorsque j’ai donné à Paris "la Messe pour le temps présent" après l’avoir créée à Avignon, j’ai dit à Deshimaru combien je serais heureux de l’avoir pour spectateur de ce ballet. Il m’a répondu : "D’accord, mais je veux venir sur scène." Or, durant toute la représentation, je me tenais à genoux dans un coin de la scène et rythmais l’action avec des percussions. Deshimaru s’est installé à côté de moi et est demeuré assis en méditation pendant les deux heures du ballet. Je l’aimais profondément. Il m’a certainement beaucoup influencé du point de vue spirituel, mais sans jamais peser... Nous suivions des voies parallèles, et tant de choses se transmettaient entre nous par le rire, le regard, l’amitié. J’allais le voir à chacun de mes passages à Paris. Je me revois encore arrivant au dojo à n’importe quelle heure... Il me voyait et s’écriait : "Béjart est là ! Du champagne !" Je ne sais pourquoi il m’avait associé au champagne, moi qui ne bois jamais... Il me fallait donc me plier à ce rite. Oui, mon amour pour lui était réel, immense... J’étais malade, et il m’a soigné par d’extraordinaires massages. Puis il m’a initié au zazen, nous avons comparé certains mouvements de danse à la pratique zen de la marche rituelle... Mais ce qui dominait avant tout, c’était ce sentiment de profonde amitié.


... cette immobilité du zazen est on ne peut plus dynamique, elle repose sur une tension de haut en bas qui paradoxalement, débouche sur le vrai relachement. En fait, il y aurait beaucoup à dire, mais je répugne à parler de ces choses, je ne trouve pas les mots. Finalement, sans doute serait-il plus intéressant de parler de cette pièce que de s’entretenir de moi puisque ce moi précisément, je n’y crois pas !


Maurice Béjart

jeudi 15 mars 2012

Un laissez passer avec Taisen Deshimaru

Il ne s’agit pas d’abandonner mais de lâcher prise... Quand on dit que les moines doivent abandonner leur famille cela ne veut pas dire qu’ils doivent la laisser mourir de faim. Non. Il s’agit en fait de ne plus être attaché à l’esprit des choses, d’avoir une certaine distance par rapport aux émotions qu’elles suscitent. La compassion n’est pas sentimentalisme geignard, mesquin et confortable mais vrai amour qui aide. Et puis le karma est à l’oeuvre dans notre cerveau : karma du passé, du présent et du futur s’y mélangent, donnent une vraie soupe nauséabonde ! Vous connaissez l’histoire de la vieille vendeuse de gâteaux qui dit au jeune moine qui veut lui en acheter un : « Avec quel esprit allez-vous manger ce gâteau ? Avec l’esprit du passé, du présent ou du futur ? » Le jeune moine s’enfuit car il est trop sot pour répondre ! Le karma est aussi créé par le trop-plein de pensées, de désirs, de rêves qui s’agitent dans nos têtes. La plupart des gens font ainsi plus de sexe avec leur tête qu’avec leur bol ou leur bâton ! (rire tonitruant).


La posture immobile permet de couper le karma : Je dis toujours : Laissez passer les pensées comme les nuages dans le ciel, laissez passer, passer, passer... Il faut épuiser le trop-plein de pensées, alors le cerveau peut recevoir de nouvelles informations. Une bouteille pleine ne peut plus rien contenir ; une bouteille vide, oui. Mais pour bien laisser passer, il faut se concentrer sur la posture de méditation : dos droit, bassin basculé, nuque droite, pouces qui ne doivent faire ni montagne ni vallée, yeux mi-clos, se concentrer sur l’expiration la plus longue possible jusque dans le hara, le kikai tanden, l’océan de l’énergie qui se situe dans l’abdomen. Vos postures ne doivent pas être comme des bouteilles de bières éventées ! Elles doivent être fortes, riches, belles, alors l’harmonie en vous, la sagesse apparaît. La vraie sagesse se trouve dans l’effort de l’immobilité. L’effort juste est le plus important.


Taisen Deshimaru

source : Clés

mercredi 14 mars 2012

mardi 13 mars 2012

Rencontre... avec Arnaud Desjardins








Dans les pas d'Arnaud Desjardins...




"En cela, je veux témoigner : même si j’ai réalisé tous mes rêves d’enfant, comme celui de réussir, d’avoir du succès, de connaître des gens célèbres, de voyager, l’aventure qui de loin reste la plus importante, celle qui surpasse toutes les autres, c’est cette transformation intérieure." Arnaud Desjardins


dimanche 11 mars 2012

La paix n’a pas de prix avec Alexandre Jollien

Un jour où mon humeur était ­plutôt chagrine, sans me demander plus avant ce qui me ressourcerait véritablement et durablement, j’ai foncé dans une grande librairie pour acheter l’ouvrage qui aurait réponse à tout et soignerait un mal-être profond. Évidemment, je ne l’ai pas trouvé et tandis qu’agenouillé par terre, je regardais défiler les titres des volumes curateurs, une femme m’a accosté et m’a dit, assénant le coup de grâce : « Vous savez, la conférence que vous avez donnée en novembre… Eh bien, après, j’ai fait une dépression, à cause de vous ! » `


Par terre, désemparé, je me suis contenté de sourire, de l’écouter, sans mot dire. À ses yeux, elle était entrée en dépression tant elle avait été bousculée par mes propos. Je n’ai pas eu le courage de lui dire que je n’étais pas tout à fait en forme ce jour-là ni que je doutais qu’une conférence puisse constituer l’unique élément déclencheur d’un épisode dépressif. Bref, je me suis écrasé avec le ­sentiment de m’être nié.


Cette aventure révèle que trop souvent, je crois devoir acheter une paix intérieure, une tranquillité. Le prix ? Se taire, aller dans le sens des gens, ne jamais contredire. La peur de ne pas être aimé me rend servile, presque prêt à tout. Pourtant, devant les rayonnages de livres, un homme à terre a réalisé que ni la paix ni la joie ne coûtaient ce prix. Au contraire, elles étaient gratuites et données.
Pour sortir du désarroi, je me suis confié à un ami qui m’a fait comprendre à quel point je jouais un rôle, et qu’une petite phrase vraie aurait peut-être apaisé mon interlocutrice et le paumé en face d’elle. Un « je crois que non ! » aurait désamorcé une situation tendue. Effectivement, je ne pense pas posséder un pouvoir surhumain qui pourrait rendre heureux ou malheureux les auditeurs. Mais lorsque je ne suis pas d’accord, au lieu d’oser un prudent mais convaincu « je crois que non », je me tais et me cache.


Comment faire preuve de liberté sans écraser, comment écouter l’autre sans s’écraser ? Peut-être d’abord en observant comment j’aime mes enfants. Ils n’ont pas besoin de faire quoi que ce soit pour être aimés. Je les accueille tels qu’ils sont, je me réjouis de leur existence. Souvent, je dis à mon fils : « Tu pourrais cramer la baraque, je t’aimerais quand même. » Bien sûr, j’ajoute aussitôt : « Mais je te le déconseille vivement ! » Jamais, pourtant, je ne me voue un tel amour. Je dois en faire des tonnes pour me trouver aimable alors qu’il suffit d’être, simplement. Pire, je crois que les autres vendent leur amour à des conditions précises : je dois être aimable, aller dans leur sens…
Pour tisser l’allégorie marchande, je dirais que je brade mon amour, que je l’offre au plus offrant en pensant le monnayer, le troquer. Je te rends ce service pour que tu me rendes la monnaie de ma pièce en m’appréciant inconditionnellement. Je fais le beau afin que tu me trouves bien. Et si le remède venait précisément de celles et ceux que j’aime librement ? Lorsque je regarde ma femme et mes enfants, par exemple, j’expérimente que je suis aimé sans condition. Il me suffit d’être. Les jours de chagrin, je suis accueilli comme un papa et comme un mari.


À vouloir chercher l’approbation partout, je me coupe assurément de tous ces yeux bienveillants qui ne réclament rien que moi et qui m’invitent à devenir pleinement ce que je suis plutôt qu’à jouer un rôle et à m’échiner à acheter ce qui est heureusement hors de prix.


Source : La Vie

samedi 10 mars 2012

vendredi 9 mars 2012

La force intérieure et la santé avec Thierry Janssen

Débat : Comment pouvons-nous prendre une part active à notre guérison ? Tour d’horizon des méthodes susceptibles de renforcer notre "médecin intérieur"...Invité : Dr. Elmar Reuter (Psychothérapeute, Olpe), Thierry Janssen (médecin et psychothérapeute, Bruxelles), Elke von Uslar (Infirmière).


À chaque blessure légère, une petite coupure par exemple, nous constatons la capacité d’auto-guérison de notre corps. Mais cette aptitude se manifeste-t-elle dans des cas plus sérieux ? La médecine occidentale actuelle, axée sur la haute technologie et les traitements chimiques, semble faire peu de cas des solutions aussi simples et naturelles qu'un dialogue avec le patient. Certains praticiens, persuadés de l’importance et de l’efficacité de la collaboration avec le "médecin intérieur" présent en chacun de nous, développent des méthodes d’accompagnement originales. Quelles que soient leurs différences théoriques ou pratiques, ces approches encouragent le patient à explorer sa propre voie de guérison. Au-delà du profit personnel que chacun peut en tirer, l’ensemble de la société a tout à y gagner, en maîtrisant mieux le coût du système d’assurance maladie.

mercredi 7 mars 2012

Le thé et ses bienfaits

D'origine chinoise, où il est connu depuis l'Antiquité. Il a été importé de Chine au XVIIe siècle par les commerçants hollandais et introduit en France comme plante digestive par les Jésuites. Le thé est aujourd'hui la boisson la plus bue au monde après l'eau. alors sans thé ?...

mardi 6 mars 2012

Non pas le monde pensé mais panser le monde

Pour le printemps des poètes ... 

Je me sens né à chaque instant
à l'éternelle nouveauté du Monde...
[...]
Le Monde ne s'est pas fait pour que nous pensions à lui
(penser c'est avoir mal aux yeux)
mais pour que nous le regardions avec un sentiment d'accord...
……..
Aimer, c'est l'innocence éternelle,
et l'unique innocence est de ne pas penser.
……….
Le seul mystère, c'est qu'il y ait des gens pour penser au mystère.
……….
L'unique signification intime des choses,
c'est le fait qu'elles n'aient aucune intime signification.
……….
les choses n'ont pas de signification : elles ont une existence.
Les choses sont l'unique sens occulte des choses.
……….
Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer !


(Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes, trad. Armand Guibert, ,nrf Poésie/Gallimard)


Fernando Pessoa
1888-1935

source : Vent d'Eveil

lundi 5 mars 2012

Christiane Singer et l'essence...



« La vie n’a pas de sens.
Ni sens interdit, ni sens obligatoire.
Et si elle n’a pas de sens,
C’est qu’elle va dans tous les sens
Et déborde de sens, inonde tout.
Elle fait mal aussi longtemps
Qu’on veut lui imposer un sens,
La torde dans une direction ou une autre.
Et si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle est le sens. »

Texte de Christiane Singer (écrivain)

dimanche 4 mars 2012

Préjugés au pays de Socrate par Alexandre Jollien

Pour la première fois, cet été, en visitant la Grèce, j'ai emprunté les voies jadis arpentées par les philosophes anciens. Près de la Stoa, l'exemple de Zénon me revenait, lui, le soldat de la vertu, le père des stoïciens. En foulant le sol de l'Agora, j'ai inévitablement songé à Socrate qui, en ce lieu, avait consacré son temps à interroger les passants, à exercer sa célèbre maïeutique, à lutter contre les préjugés.


Voilà la Grèce pour moi, haut lieu de culture et liberté. Pour mon périple, j'avais pris dans mes bagages Crime et Châtiment de Dostoïevski et les propos de l'ivrogne Marmeladov m'avaient ébranlé. Lui, l'alcoolique, faisait l'éloge de la clémence divine qui ne juge pas et qui accueille les individus que l'on considère comme vils, désormais lavés par sa bonté : « Je les accueille [...] parce que pas un seul d'entre eux ne s'est jugé digne de cela. » L'auteur russe m'invitait lui aussi à une conversion intérieure. Il dépeignait un regard vierge et neuf qui refuse de se résigner et contemple la réalité, conscient que tout ne se laisse pas enfermer dans la dialectique, car le mystère demeure. Bref, je découvrais un christianisme ouvert, à cent lieues de tout jugement. Les personnages qui peuplaient le roman pouvaient difficilement être rangés dans des catégories. Celui qui semblait mauvais était un faible, le bon aussi. Ici, la faiblesse était assumée, offerte pour ainsi dire. Là, elle était niée, dissimulée derrière une arrogance.


J'arrivai alors dans un petit village près d'Olympie et une vieille dame m'accueillit avec une demi-douzaine de signes de croix. Tandis que je venais de contempler sous la plume de Dostoïevski une foi qui libère, élève et réunit les hommes, je me heurtais à une attitude qui ressemblait à de l'obscurantisme et peut-être à de la superstition. Alors que ce geste devrait témoigner de la rencontre d'une sœur, il mettait soudain une distance, un jugement, une gêne.


J'ai dès lors pensé au christianisme en esprit prôné par Érasme. Il souhaitait joindre dans le même humanisme la sagesse des anciens et celle d'un Évangile vécu dans l'intériorité, pétri de joie et de sagacité. Le signe de croix rappelle l'adhésion totale du Christ à la vie, son dire oui inconditionnel à l'existence. Je me suis aussi demandé pourquoi cette femme avait réagi ainsi. Était-ce de la pitié à l'endroit de la personne handicapée ? Priait-elle pour moi ? Voulait-elle se protéger d'un quelconque danger ? Conjurer un mauvais sort ? Au pays de Socrate, je me suis soudain senti étranger. Cette dame et moi, que l'essentiel aurait dû rapprocher, nous nous évitions, passant véritablement à côté d'une vraie rencontre. La blessure restait vive et la déception douloureuse. Elle m'a fourni l'occasion de réfléchir sur des rituels que nous pouvons accomplir mécaniquement sans y donner le sens et la valeur qu'ils contiennent.


La foi ne sert pas de béquille, ni d'armure derrière laquelle attendre paisiblement mais elle convie à se dépasser, à s'ouvrir à l'autre, à entrer en communion avec son prochain. Je me suis dès lors souvenu de cette autre femme qui s'était signée en mettant sa main au sommet du crâne puis au bas de son ventre. Je lui avais demandé si elle attendait un enfant, pensant qu'elle englobait dans son signe de croix son bébé. Elle me répondit que ses gestes amples voulaient simplement envelopper toute l'humanité dans sa prière. Au pays de Socrate, j'ai savouré cette invitation.


samedi 3 mars 2012

« Toute vie réelle est rencontre » de Martin Buber








"Selon Baal-Shem Tov, aucune rencontre d'un être ou d'une chose (...) ne se passe d'un sens secret. Les hommes avec lesquels nous vivons ou que nous côtoyons en tout temps, les animaux qui nous aident dans nos exploitations, les produits de la nature que nous transformons, les outils dont nous nous servons, tout recèle une substance spirituelle secrète qui a besoin de nous pour atteindre sa forme parfaite, son achèvement.




Si nous ne tenons pas compte de cette substance spirituelle placée sur notre chemin, (...) nous ne songeons qu'aux buts que nous poursuivons, et nous manquons l'existence authentique, accomplie... La plus haute culture de l'âme reste aride et stérile au fond, à moins que ces petites rencontres ne reçoivent de nous ce qui leur revient et puisent, jour après jour, des eaux vives qui irrigueront l'âme...".

Martin Buber

vendredi 2 mars 2012

jeudi 1 mars 2012

Etre au courant...


Virgil Hervatin s'en est allé...


Cher(e)s ami(e)s

C'est avec le cœur gros que je vous annonce le départ de Virgil vers midi moins 15 (11h45) aujourd'hui ce Jeudi 23 Février 2012. C'était une crise cardiaque, Virgil allait mettre la cuillère à sa bouche quand c'est arrivé. Il y a deux jours, il a dû avoir une petite crise et a annulé une rencontre chez nous. Mais par la suite il se portait mieux et comptait venir demain vendredi rencontrer d'autres personnes.
Je me sens rêver, j'ai de la peine à croire que je ne serai plus engagé avec lui dans différentes discussions, ou sentir cette douce énergie et cette effervescence de vie qui émanaient de lui dans toutes les circonstances.
Le premier (et peut être le dernier) pas dans l'éveil est la fin de la psychologie qui limite la vie et colore toute action. Combien de personnes vivent ou ont vécu des états exceptionnels, qui peuvent voir l'invisible, guérir etc.  sans avoir fini avec leur psychologie! Après avoir connu Virgil depuis 1995, je peux dire, sans hésitation, qu'il était un des rares qui n'avaient plus rien à voir avec la psychologie. 
Puissions-nous réaliser un peu de sa clarté et de sa simplicité et vivre cette effervescence et joie de vivre qui donnent tout le sens à ce mot : VIVRE

Samir Coussa
1605 VielMontréal, QcH3M 1G7 Canada

Voir aussi les liens suivants : 


Source : eveil impersonnel