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mercredi 28 août 2024

Amour joyeux


 Aristote écrit : « Aimer, c’est se réjouir », idée que reprendra Spinoza, quelques vingt siècles plus tard, en disant – et c’est la définition de l’amour que je préfère : « l'amour est une joie qui accompagne l’idée d’une cause extérieure ». Autrement dit, aimer c’est se réjouir de.

Si quelqu’un vous dit : « Je suis joyeux à l’idée que tu existes », vous prendrez cela pour une déclaration d’amour, et vous aurez évidemment raison. Vous aurez aussi beaucoup de chance, parce que c’est une déclaration spinoziste d’amour, ça n’arrive pas tous les jours, beaucoup de gens sont morts sans avoir entendu ça ; et puis, surtout, c’est une déclaration d’amour qui ne vous demande rien. Et ça, c’est tout à fait exceptionnel. Profitez-en bien ! Parce que si quelqu’un vous dit : « Je t’aime », mais s’avère être platonicien, son « je t’aime » signifie en vérité « Tu me manques, je te veux ». Donc il demande tout, puisqu’il vous demande vous-même. Alors que si quelqu’un vous dit : « Je t’aime » en un sens spinoziste, cela veut dire : « Tu es la cause de ma joie, je me réjouis à l’idée que tu existes ». Il ne demande rien puisque votre existence suffit à le convaincre et à le satisfaire.

l’amour selon Platon et Spinoza de André Comte-Sponville.

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dimanche 10 octobre 2021

Un moment avec André Comte Sponville

Gilles Farcet : 

Dans ma jeunesse, disons entre 25 et 38 ans, j’ai eu, de par ma vie professionnelle, le privilège de dialoguer avec de grandes figures intellectuelles et artistiques , dont certaines comptent parmi les plus marquantes de notre temps. Je ne parle pas du tout uniquement des figures « spirituelles » mais bien d’écrivains, philosophes, artistes… Tout en étant, de fait, une manière de « journaliste », j’ai joui d’une incroyable liberté et latitude. Les différents médias qui m’employaient (France Culture, Sens Magazine, Nouvelles Clés notamment) m’accordaient un espace rare, propice à approfondir un propos plutôt que de le survoler. 

Le temps me parait venu de republier ces entretiens, en vérité très nombreux, en commençant par peu à peu les poster sur ma page d’auteur. Presque tous ces entretiens ont au moins trente ans. Beaucoup de ceux et celles avec qui je me suis entretenu , au moins quinquagénaires ou sexagénaires à l’époque, ne sont plus de ce monde. Et comme leur parole semble pertinente… Notons que ces propos datent d’un monde d’avant internet et les réseaux sociaux. Ces rencontres ont contribué à façonner ma perspective. Elles m’ont en tout cas vacciné de certaines facilités et de bien des raccourcis pseudo spirituels. 

Aujourd'hui, après Paul Ricoeur et Albert Jaccard, Jean Marie Pelt, 

André Comte Sponville (entretien réalisé en 1991)

Je philosophe pour sauver ma peau et mon âme
Réservé, sec mais distingué, André Comte-Sponville n’a jamais donné dans la frivolité: adolescent, il songe au sacerdoce, puis abandonne le credo catholique pour les articles de foi de parti communiste. Il sort presque indemne de ces conversions successives pour, au bout de la route, se découvrir simplement philosophe… et entreprendre un autre cheminement dont ses trois ouvrages sont autant de jalons. Enseignant à Paris I, l’auteur du Traité du désespoir et de la béatitude et d’Une Education philosophique nous a rappelé que la philosophie pouvait être non seulement accessible mais plus encore attrayante sans pour autant sacrifier, comme certains, à la pensée spectacle. Sans doute faut-il y voir la raison d’un relatif succès dont cet auteur encore jeune et qui croyait n’écrire que pour les happy few s’avoue le premier surpris.
Au-delà d’une mécanique intellectuelle bien huilée, il y a chez lui comme une urgence. La démonstration à laquelle se livre le Normalien n’est que le savant emballage d’un matériau brut: le questionnement chevillé au corps d’un homme sensible que la difficulté d’être a depuis longtemps contraint à se demander comment vivre.

Gilles Farcet: Parmi les philosophes d’aujourd’hui, vous êtes un oiseau rare en ceci que pour vous, la philosophie n’est pas une fin en soi…


André Comte-Sponville: En elle-même, la philosophie n’a pas d’intérêt. Elle n’échappe au ridicule que si elle aide à vivre mieux. Ainsi que je le dis souvent, philosopher, c’est penser sa vie et vivre sa pensée. Tout le reste n’est que bavardage de la raison.
Un bavardage très répandu…
Certes! Il m’a très tôt semblé que la philosophie s’enfermait dans deux impasses: d’une part, l’érudition universitaire qui passe son temps à commenter les grands textes du passé, non pour y chercher des leçons de vie mais pour le plaisir du commentaire. Notez que cela n’est pas neuf: à l’un de ses disciples qui confondait la philosophie et l’histoire de la philosophie, Epictète adressait déjà cette remontrance: « jusqu’à quand pèseras-tu de la cendre? » Nombre de nos universitaires, y compris les plus talentueux, passent leur temps à peser de la cendre. Moi, ce qui m’intéresse, c’est la braise et le feu. D’autre part, il y a ce que j’appellerais la philosophie chic et choc, laquelle confond philosophie et journalisme, fait des livres pour le plaisir que l’on en parle, bref prend la pensée pour l’un des arts du spectacle. Entre ces deux impasses sans doute y a-t-il place pour une autre chose, à savoir la philosophie elle-même. C’est à elle que je tente de me consacrer.

Vous ramenez donc la philosophie à son étymologie, l’amour de la sagesse…

En effet. Et si je passe, dans le paysage philosophique actuel, pour un oiseau rare, je me sens par contre en accord avec tous les grands philosophes du passé, lesquels ont toujours vu la philosophie comme étant au service de la vie. C’est avec cette tradition que je renoue.
Comment en est-on arrivé à ce divorce entre la philosophie et la vie?
Je crois que, confrontés aux progrès fulgurants des sciences, les philosophes ont voulu faire aussi bien. Autrement dit, il y a chez presque tous les philosophes la volonté de faire de la philosophie une science. Or, il s’agit là d’une tentative vouée à l’échec puisque la philosophie n’est pas une science et ne saurait le devenir. Tout au plus les philosophes peuvent-ils singer la forme du discours scientifique, c’est à dire verser dans l’abstraction et adopter un vocabulaire technique. Si bien que l’on en arrive à cette situation étonnante où les philosophes ne peuvent plus être lus que par leurs pairs. Ils s’enferment dans des discours abscons qui ne sont plus intelligibles pour le public et le sont à peine, soyons francs, pour les philosophes eux-mêmes. Ce qui, du même coup, rend leurs efforts inutiles. Pascal résumait ainsi son appréciation de Descartes: « inutile et incertain ». Combien plus justement pourrait-on dire cela de Derrida, de Lyotard, de Deleuze… qui n’en sont pas moins des gens de grand talent et dont on ne saurait dire qu’ils ne travaillent pas. Je ne leur reproche que de me paraître inutile face à Epicure, Spinoza ou Montaigne, lesquels me semblent, au contraire, d’une urgence, d’une gravité, d’une importance exceptionnelles. S’ils ne sont pas moins incertains que les autres, ils sont, à mon sens, utiles.

« Ce qui m’intéresse, » dites vous, « c’est la braise et le feu »; voilà un vocabulaire de mystique…
Tout dépend ce qu’on entend par mystique. Si l’on désigne par ce mot une aventure spirituelle, il est clair que toute philosophie authentique est une mystique. Etant une aventure spirituelle, elle ne peut s’abstenir de rencontrer, entre autres choses, ce que nous disent les mystiques de leurs expériences. Plusieurs des philosophes qui m’ont le plus marqués décrivent précisément des étapes qui correspondent bel et bien à des états mystiques. Spinoza, par exemple, parle « d’éternité », de « plénitude », de « salut »; il s’agit donc bien d’un « mysticisme, mais d’un mysticisme sans mystère » dans la mesure où ce « salut » ne vaut pas après la mort mais dans cette vie-ci. Les philosophes en général se méfient du mystère puisqu’il ne désigne, au fond que notre ignorance. Ce qui est mystérieux, c’est ce que nous ne connaissons pas. Or, l’ignorance n’est jamais un argument. Je crois qu’en dépit de son étymologie, le mysticisme n’a que très peu à voir avec le mystère. Ceux qui travaillent dans le mystère, ce sont les prêtres. Je dis souvent que la religion, c’est le maximum de mystère alors que le mysticisme, c’est le maximum d’évidence. Les philosophes sont en quête d’une évidence qui serait celle de la vie, de la pensée, et non des dogmes ou des rites.

Vous faites vôtre cette définition d’Epicure: « La philosophie est une activité qui, par des discours et des raisonnements, nous procure la vie heureuse. » Les discours et les raisonnements suffisent-ils à rendre heureux? Que valent la raison et le discours face aux épreuves, ou même aux petits agacements du quotidien? Plus directement, vos discours et vos raisonnements vous ont-ils, André Comte-Sponville, procuré la vie heureuse?

D’abord, Epicure ne dit pas que la philosophie soit la seule voie d’accès au bonheur. Reste que tout homme est amené à produire des discours et des raisonnements. Etant un animal philosophant, l’homme ne peut vraiment s’en passer. Chacun parle et raisonne, autrement dit, philosophe - bien ou mal, les grands philosophes étant ceux qui nous apprennent à philosopher un peu moins mal. Cela dit, et quelque juste que soit en elle-même cette définition, il est évident que la philosophie échoue. C’est vrai, les discours et les raisonnements ne suffisent pas à être heureux. L’admettant, j’essaie de faire preuve d’une humilité théorique - à cause de laquelle je ne suis pas un philosophe dogmatique, mais un sceptique, plus proche de Montaigne ou de Hume que de Spinoza ou d’Epicure - et d’un humilité pratique: je constate que la vie est difficile, que le bonheur n’est pas à portée de main. Peut-être certains peuvent-ils l’atteindre; mais pour moi qui suis peu doué pour le bonheur, j’ai toujours le sentiment que la philosophie ne parvient pas à le procurer, pour des raisons qui tiennent à la nature elle-même de la vie et de l’individu. En revanche, je crois que la philosophie peut aider à vivre moins mal. Si elle ne suffit pas, elle permet de déblayer le terrain et de se préparer au bonheur. Il y a des discours et des raisonnements qui ouvrent à la vie, aident à vivre davantage, avec plus de clarté et de lumière, tandis que d’autres, au contraire, nous éloignent de la vie, en nous enfermant, justement, dans les discours.

Vous dites malgré tout, dans un texte retraçant votre « éducation philosophique » que la philosophie vous a rendu moins malheureux et vous aide même aujourd’hui à vivre « plutôt heureusement »…
C’est vrai. Autant je ne suis pas un sage, autant la philosophie m’a aidé à vivre mieux. Je dis souvent qu’on ne philosophe ni pour passer le temps ni pour jouer avec les concepts mais pour sauver sa peau et son âme. Eh bien, je suis toujours vivant… En dépit d’une existence qui, comme toutes les autres, fut parfois difficile et au fond, l’est encore, j’arrive à vivre d’une manière qui me satisfait. Je puis adhérer à ce qu’est mon existence et à sa difficulté. A défaut de pouvoir être heureux, ce qui supposerait d’être un sage, le premier pas vers la sagesse consiste à accepter sa folie, sa souffrance, son angoisse. Sans doute ce premier pas est-il aussi le plus difficile: devant le malheur, notre premier mouvement est de révolte, et ce refus ne fait que nous enfermer dans ce à quoi nous voudrions échapper.

Vous distinguez nettement le sage du philosophe…
Oui, et j’attache une grande importance à cette distinction. Le but n’est pas de philosopher toujours. Le sage se reconnaît à cela qu’il n’a plus besoin de la philosophie. La philosophie, c’est un certain discours; la sagesse, c’est un certain silence. Nous connaissons tous des moments de sagesse, autrement dit de paix, de simplicité, de silence. Et puis, il y a tous les autres jours, la quotidienneté et des périodes où l’existence est trop difficile pour que nous puissions habiter en paix le silence. C’est là où la philosophie est utile, voire indispensable. C’est précisément parce que je ne suis pas un sage que j’ai besoin de la philosophie.

En somme, vous ne croyez pas à la philosophie?
Pascal et Montaigne n’y croyaient pas non plus. Parfaitement lucides quant à l’échec de la philosophie, ils n’en philosophaient que mieux. C’est pourquoi Montaigne m’est si proche: il n’est sûr de rien et sait qu’il n’y a pas de recettes pour le bonheur. En revanche, il y a cette vie, dont il donne l’exemple, tantôt heureuse, tantôt malheureuse. On n’est pas heureux comme on est grand ou petit, cela dépend des jours et des moments. Mais on est plutôt plus heureux avec la philosophie que sans, du moins si l’on s’interdit l’illusion et le mensonge. Car après tout, si l’on ne voulait qu’être heureux, il suffirait de se raconter des histoires. Le plus simple serait de croire en Dieu… Or, si le bonheur est bien le but de la philosophie, il ne constitue pas sa norme. La norme de la philosophie, autrement dit la valeur à laquelle elle doit se soumettre, c’est la vérité. Je ne dois pas penser une idée parce qu’elle me rend heureux mais seulement parce qu’elle me paraît vraie. Si le philosophe a le choix entre une vérité et un bonheur, il n’est philosophe qu’en tant qu’il choisit la vérité. « Il se pourrait que la vérité fût triste », disait Renan. Il se pourrait, en effet. Mais mieux vaut une vérité triste qu’un mensonge joyeux. Mieux vaut une vraie tristesse qu’une fausse joie.

D’aucuns jugeraient suspecte cette notion de « vérité »…
Quand je parle de « vérité », j’entends bien sûr une vérité apparente, puisque l’on est jamais certain de connaître « la vérité ». Le philosophe cherche sa vérité à lui, celle qui lui paraît la plus probable. Ensuite, il s’agit de savoir comment se débrouiller pour être heureux sans perdre cette vérité de vue. Ce qui me paraît à moi, le plus probable, c’est que Dieu n’existe pas et qu’il n’y a rien après la mort. Je serais bien plus heureux si je croyais le contraire. Mais ma vérité apparente, c’est au fond le désespoir, le fait que la vérité ne répond pas à nos espérances, autrement dit que la vérité est désespérante. Tout mon parcours de philosophe consiste à ne pas transiger avec cela. N’allons pas nous inventer de fausses espérances, ne nous égarons pas dans le divertissement. Affrontons ce désespoir de face et voyons comment être, malgré tout, sinon heureux, en tout cas un peu moins malheureux.

Sur la foi, n’êtes vous pas un peu court? Les croyants sont-ils nécessairement plus heureux que vous?
La foi aide malgré tout à vivre, ne serait-ce que parce que la certitude de la mort est l’une des grandes choses qui nous séparent du bonheur. Mais il est vrai que la vie se venge et que nombre de croyants ne sont finalement pas heureux. Comme le dit fort justement Spinoza, il n’y a pas d’espoir sans crainte ni de crainte sans espoir. L’espérance religieuse, comme d’ailleurs toute espérance, recèle en son fond une angoisse. Voilà pourquoi la sagesse - la sérénité, l’absence de toute crainte - me semble, encore une fois, résider du côté du désespoir. Nous n’aurons de bonheur qu’à proportion du désespoir que nous serons capables de supporter. S’il n’y a pas non plus de bonheur dans la religion, c’est qu’elle n’est finalement qu’une espérance comme une autre.

Vous ne parlez que d’un certain stade de la foi. Reste que certains mystiques semblent bien avoir été heureux…
Affirmant qu’il n’y a pas de bonheur dans la religion, j’allais ajouter: sauf pour ceux qui n’espèrent plus rien de Dieu, peut-être parce qu’ils ont le sentiment que tout est déjà là. Mais à ce stade, ont-ils encore besoin de Dieu? En fidèle serviteur de l’Eglise, le Cardinal de Lubac condamne ce mysticisme « qui n’est souvent qu’un athéisme hypostasié ». On ne saurait mieux dire. D’où mon intérêt pour certaines formes de bouddhisme où l’on ne s’attache à construire un idole que pour ensuite la détruire. Pour moi, la seule utilité de Dieu, c’est de permettre ensuite de s’en déprendre. Toute croyance est là pour être dépassée et c’est là que l’on retrouve l’exigence de la philosophie.

Philosophe désespéré de la philosophie comme espérance, n’aspirez-vous pas à la sagesse?
Me connaissant trop bien, je suis convaincu qu’il m’est impossible de devenir sage. J’en ai rêvé, c’est vrai… du temps de ma jeunesse, lorsque je suis sorti du bavardage philosophique, je me suis lancé dans cette aventure spirituelle que j’évoquais avec une sorte d’exaltation. J’ai tellement rêvé de la sagesse que ce dont je rêvais m’est finalement apparu comme une espérance parmi d’autres qui me séparait de la vraie vie et du réel. J’ai donc commencé à y penser de moins en moins et par là-même à m’en rapprocher quelque peu. Je crois que le sage se reconnaît à ce que la sagesse n’est pas du tout son problème ni même sa solution. Montaigne est d’abord sage par son acceptation de ne pas l’être. Et puis l’on est plus ou moins doué pour la vie. Pour ma part, j’avais besoin de philosopher beaucoup pour dépasser une extrême difficulté et parvenir à survivre. Epicure et Lucrèce étaient d’accord en tout. Mais alors qu’Epicure avait tant de dispositions pour le bonheur, Lucrèce en avait tellement peu… Il n’en est que plus émouvant, que plus moderne, dirais-je même. Car peut-être avons-nous, en raison de ce qu’est notre civilisation, moins de facilité pour le bonheur que n’en avaient les anciens Grecs. Lequel d’entre-nous serait pleinement heureux face à un enfant en proie aux pires souffrances? Or, le développement de l’information nous place sans répit face à cet enfant. Cette confrontation permanente à la proximité immédiate du pire change profondément le climat spirituel de notre époque. Là encore, la vérité prime sur le bonheur. J’attache plus d’importance au fait de ne pas oublier l’atrocité environnante qu’à mon propre bonheur. Je suis un moderne et être moderne, c’est habiter l’horreur quotidienne.

Vous êtes père de famille. Votre désespoir ne vous a donc pas retenu de procréer. Or des gens dont on pourrait croire la pensée proche de la vôtre, comme Cioran ou Thomas Bernhard, parce qu’ils disent habiter l’horreur quotidienne et vivre dans la proximité du pire, se sont toujours refusé à mettre un enfant au monde…
Cela tendrait à prouver qu’aucun des deux n’a atteint l’essentiel, ne l’a seulement entrevu. Un jour que je disais à Roland Jaccard: « Au fond, la fin du monde entraînerait moins de malheur que sa continuation ». Il s’est écrié: « Avec une pensée pareille comment peux-tu faire des enfants? » Je dirais simplement ceci: on ne fait pas des enfants pour le bonheur; ni pour le sien ni même pour le leur. Mes enfants n’ont pas augmenté ma part de bonheur. Pour moi qui suis un anxieux, être père représente beaucoup d’angoisse, de soucis et de fatigue. Sans doute, la vie sans eux serait-elle plus facile. On fait des enfants pour l’amour et par l’amour. Ce que je sais d’expérience et qui prouve au moins quelque chose sur moi-même et sur ma vie, c’est que ce que j’ai vécu et vis avec mes enfants est de très loin la plus forte histoire d’amour dont j’aie jamais été capable. Je sais aussi que si nous vivons, si nous continuons cette difficile aventure qu’est la vie, c’est par amour. L’amour est la seule chose qui vaille vraiment et le rapport de filiation est le lieu même de l’amour, celui où il s’invente. Si nous avons appris à aimer, c’est pour avoir été aimés par nos parents, tous les psychologues le savent. La famille est en ceci le creuset où l’amour se reproduit et se multiplie. C’est donc parce que l’amour vaut mieux, non seulement que la haine, bien sûr, mais que le confort et la tranquillité, parce que l’amour vaut mieux que le bonheur, s’il s’agit d’un bonheur sans amour, que j’ai fait des enfants. Sincèrement, je ne le regrette pas.

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lundi 16 novembre 2020

Une rencontre inoubliable avec Swami Prajnanpad


Svâmi Prajnânpad (1891 – 1974) est un maître spirituel, l’un des plus grands que je connaisse, en même temps qu’un thérapeute : il a inventé, entre psychanalyse et Vedânta, une voie originale vers la sagesse ou la liberté. Sagesse de l’action, sagesse de la lucidité : sagesse libérée et libératrice. C’est à ce titre qu’il nous importe. « La spiritualité, disait-il, n’est qu’un autre nom pour l’indépendance. » Et rien ne libère, que la vérité. Il ne s’agit pas d’inventer une nouvelle religion. Il s’agit de trouver – entre Orient et Occident – un chemin vers l’essentiel, où nous sommes déjà. C’est sur ce chemin que Prajnânpad nous guide, nous accompagne, nous éclaire. Un philosophe ? Point, mais beaucoup mieux : un sage. La denrée est plus rare et – y compris pour les philosophes – plus utile.
André Comte-Sponville « De l’autre côté du désespoir »


Interview de Colette Roumanoff par Quincy Russell 22 août 2020 / Copyright: Quincy Russell


Le visage de celui/celle qui marche sur la voie de prajñana devrait resplendir de l’éternel épanouissement de la jeunesse! S’il n’en est pas ainsi, tout est inutile.

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jeudi 8 octobre 2015

L'attraction pour la méditation par Jacques Castermane


L’attraction phénoménale pour le mot méditation est certainement un événement positif. A la fin du siècle dernier la personne qui disait pratiquer la méditation était aussitôt suspectée d’être membre d’une secte.

Aujourd’hui le mot méditation, loin d’être tabou, est en première de couverture des magazines, il fait le titre du J.T. de vingt heures, les radios lui consacrent de nombreuses émissions ; quand aux maisons d’éditions elles ne peuvent que se féliciter d’un tel engouement. Mais un tel emballement pour la méditation oblige à se poser trois questions : ce qui est pratiqué, dans quel but, et par qui est enseigné cet exercice.

Méditer ! Concrètement, cela consiste en quoi ?

A cette question, André Comte-Sponville répond : « C’est un exercice indissociablement corporel et spirituel. » (1) Voilà dit ce qui ne l’est que rarement.
Spirituel ? Un mot qui désigne l’universel devenir qui nous porte et nous emporte : être !
Le corps ? Non pas le corps disséqué, fragmenté, analysé dans les laboratoires (le corps objet) mais le corps vivant (Leib) qui respire et qui, à travers notre attitude, nos gestes, exprime dans quelle mesure notre vie intérieure est épanouie, ample, joyeuse, calme ou agitée, amère, morose, déprimée.

En 1947, à son retour du Japon, K.G.Dürckheim (docteur en philosophie) propose à l’homme occidental la méditation de pleine attention (Achtzamkeit Meditation).
« Lorsque j’étais au Japon j’ai rapidement perçu que la méditation est l’art de cultiver la plénitude intérieure, le silence intérieur, le calme intérieur. Au cours de cette méditation sans objet, l’attention est portée à la couche la plus profonde de l’être ; là ou la véritable nature d’un être s’accomplit. Et cet accomplissement se manifeste alors directement sur le plan humain dans une autre manière d’être au monde. »

Depuis plus de vingt-cinq siècles, la méditation de pleine attention, a sillonné les terres de l’Orient et l’Extrême-Orient, dans un but : « l’épanouissement de l’être humain » qui a sa source dans l’expérience de cette part de lui-même encore trop souvent ignorée, —sa propre essence—, son —être essentiel—. Mais aujourd’hui, sous prétexte d’occidentalisation, de scientifisation, de laïcisation, est proposée une méthode pour laquelle le mot méditation ne me semble ni justifié ni légitime.
Ainsi, lorsque je lis les promesses faites par les promoteurs de « l’étatsunisation de la méditation » je suis inquiet : « La pratique de la méditation garanti un gain d’efficacité et un surcroît de performance … la méditation vous permet de faire face aux exigences imposées dans le milieu du travail, de supporter le stress sans tomber malade … la méditation vous permet de retrouver le sommeil lorsque vous êtes surmené ».

Réduire la « méditation » — exercice fondamental dans la plupart des écoles de sagesse —, à de telles visées pragmatiques est un non-sens ! Vue sous cet angle la « méditation » aurait donc pour but de continuer à vivre d’une manière inepte, sans plus souffrir des symptômes qui révèlent cette manière absurde de vivre ! Attitude inintelligente qui ne sera pas sans dommage pour la santé.

Alors, quelle forme de méditation choisir ? A chacun de décider après s’être posé ces trois questions : ce qui est pratiqué, dans quel but et par qui ? 

 (1) André Comte-Sponville – « C’est chose tendre que la vie » Albin Michel -2015- ; pages 229 et suivantes

samedi 9 août 2014

Quelques citations de Matthieu Ricard

1. "La réalité est ce que nous tenons pour vrai. Ce que nous tenons pour vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons prend appui sur nos perceptions. Ce que nous percevons est lié à ce que nous cherchons. Ce que nous cherchons dépend de ce que nous pensons."
2. "À l’exception des catastrophes naturelles, la majorité des souffrances humaines sont dues à la malveillance, l’avidité, la jalousie, l'indifférence, bref à l’attitude égocentrique qui nous empêche de penser au bonheur d’autrui."
L'Infini dans la paume de la main : Du big-bang à l'éveil de Matthieu Ricard
3. "Il n'échappe à personne que notre société de consommation s'ingénie à inventer sans cesse une multiplicité de plaisirs factices, euphorisants et laborieusement répétés, destinés à maintenir un état d'alerte émotionnelle, lequel déclenche assez diaboliquement une forme d'anesthésie de la pensée. Un abîme ne sépare-t-il pas ces bonheurs en boîte de la félicité intérieure ? Observez à la télévision les participants aux émissions du samedi soir qui sautent de joie en applaudissant un présentateur au sourire automatique, ces croisés de l'incandescence comme les appelle Pascal Bruckner. Comment ne pas être navré face à ces démonstrations criardes d'une euphorie si éloignée du bonheur véritable ?. "
4. "Selon le philosophe André Comte-Sponville : Le sage n'a plus rien à attendre ni à espérer. Parce qu'il est pleinement heureux rien ne lui manque. Et parce que rien ne lui manque, il est pleinement heureux."
5. "En l'absence de paix intérieure et de sagesse, on n'a rien pour être heureux. Vivant dans l'alternance de l'espoir et du doute, de l'excitation et de l'ennui, du désir et de la lassitude, il est facile de dilapider sa vie, bribe par bribe, sans même s'en apercevoir, courant en tous sens pour n'arriver nulle part. Le bonheur est un état de réalisation intérieure, non l'exaucement de désirs illimités tournés vers l'extérieur.

6. "Le vrai bonheur procède d'une bonté essentielle qui souhaite du fond du cœur que chacun trouve un sens à son existence. C'est un amour toujours disponible, sans ostentation ni calcul. La simplicité immuable d'un cœur bon.""

7. "Celui qui connaît la paix intérieure n’est pas plus brisé par l’échec qu’il n’est brisé par le succès. Il sait vivre pleinement ces expériences dans le contexte d’une sérénité profonde et vaste, en comprenant qu’elles sont éphémères et qu’il n’a aucune raison de s’y attacher. Il ne saurait « tomber de haut » lorsque les choses tournent mal et qu’il doit faire face à l’adversité. Il ne sombre pas dans la dépression, car son bonheur repose sur des fondements solides."
8. "Le bonheur ne nous est pas donné ni le malheur imposé. Nous sommes à chaque instant à la croisée de chemins et il nous appartient de choisir la direction à prendre."
9. "Lorsque le bonheur tombe dans l'anonymat, il se perd dans la foule de ses sosies, nommés plaisir, divertissement, ivresse, volupté et autres mirages éphémères."
10. "Le bonheur c'est d'abord le goût de vivre."
11. "L'humilité est une manière d'être, non de paraître."
12. "L'humilité ne consiste pas à se considérer comme inférieur, mais à être affranchi de l'importance de soi."
13. "Les plaisirs, une fois goûtés, ne demeurent pas, ne s'accumulent pas, ne se conservent pas et ne fructifient pas : ils s'évanouissent."
14. "Souviens-toi qu'il existe deux types de fous : ceux qui ne savent pas qu'ils vont mourir, ceux qui oublient qu'ils sont en vie."
15 (bonus) : "L'argent ne fait pas le bonheur, sauf si on le donne !"

Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard

jeudi 3 janvier 2013

André Comte-Sponville, un philosophe qui pratique la méditation zazen


Depuis combien de temps méditez-vous ?
Six ou sept ans. J'ai commencé au centre Dürckheim, à Mirmande, dans la Drôme, chez mon ami Jacques Castermane. Il m'invitait régulièrement à donner des conférences de philosophie. Mais son "coeur de métier", c'est la méditation assise, silencieuse et sans objet — dans la tradition du zazen, comme on dit en japonais (ce qui signifie simplement le zen assis), mais quelque peu occidentalisée. A force d'entendre Jacques en parler, j'ai eu envie d'essayer.

Pratiquez-vous chaque jour ? Et où ?
La question du lieu commande, pour moi, celle du rythme. A Paris, je manque de temps et d'espace, sans doute aussi de disponibilité, de calme, de solitude... Bref. j'ai pris l'habitude de ne méditer que dans ma résidence secondaire, en Normandie. J'y passe quatre ou cinq mois par an et, là-bas, je fais zazen tous les matins. Dans l'enthousiasme du néophyte, j'avais commencé par des séances de 25 minutes, une durée idéale. Mais cela fait 25 minutes de moins consacrées à l'écriture, aux heures pour moi les plus efficaces, les plus rares, celles du début de matinée. J'ai sensiblement réduit : mon minuteur est fixé à 12 minutes 30.

Que vous a apporté la méditation ?
C'est difficile à dire. Le plus précieux est la méditation elle-même. Tant qu'on en attend quelque chose d'autre (la sérénité, la santé, la sagesse, l'illumination...), on est à côté de la plaque : on n'est plus dans l'attention mais dans l'attente. Méditer, c'est d'abord s'offrir quelques minutes de présent pur et donc d'éternité, puisque le présent ne cesse jamais d'être présent. Cela, que la philosophie m'avait aidé à comprendre (c'est le thème de mon livre 'L'Etre-temps', écrit bien avant mon premier zazen), la méditation l'a rendu plus vivant, plus incarné. Elle m'a aussi rendu plus sensible au corps que je suis (et non au corps que j'ai), à sa posture. à sa respiration, à ses sensations... Méditer, c'est faire en soi une espèce de vide qui ne serait rempli, dans les meilleurs moments, que par le corps et le monde. Spirituellement, cela fait du bien. Physiquement aussi : je
n'ai plus que très rarement mal au dos.

Comment avez-vous intégré cette pratique à vos réflexions ?
La méditation a rendu plus concrets des thèmes qui étaient déjà les miens : l'idée que seul le présent existe qu'il n'y a pas d'autre esprit que le corps vivant, pas d'autre réalité que le monde, d'autre éternité que le devenir, d'autre liberté que la nécessité en acte...
Mais d'autres philosophes en tireront d'autres leçons. La méditation n'est pas une doctrine, et c'est tant mieux. Méditer et philosopher sont deux pratiques a peu près opposées. La philosophie est une pratique intellectuelle, conceptuelle ; la méditation, une pratique corporelle, physique. La philosophie cherche la vérité, la méditation ne cherche rien : elle observe, contemple. La philosophie est une réflexion (quand on cherche) ou une argumentation (quand on croit avoir trouvé) ; la méditation est une attention, une ouverture. La philosophie est un combat ; la méditation, une paix. La philosophie est un travail ; la méditation - c'est son paradoxe - est à la fois un exercice et un repos. Bref, philosopher et méditer sont deux activités différentes qu'il est d'ailleurs impossible de pratiquer en même temps. C'est pourquoi elles se complètent si bien.

Et quelle est la différence entre méditation et prière ?
La encore, ce sont deux activités très différentes. La prière au sens traditionnel, se fait avec des mots, s'adresse à quelqu'un (celui qu'on prie) dont on espère quelque chose. La méditation ne s'adresse à personne, n'espère rien. Vous connaissez la belle formule de Simone Weil : "L'attention absolument pure est prière." Cela ne me paraît pas toujours vrai des prières traditionnelles, mais conviendrait à la méditation. pour l'athée que je suis, c'est la "seule prière" qui vaille : celle qui ne demande rien à personne.


André Comte-Sponville
(source : Clés)

mercredi 16 mai 2012

Partir à l'aventure corporelle avec Marie Lise Labonté

Marie Lise Labonté est psychothérapeute, auteur et formatrice. Elle posséde une maitrise en orthophonie et en audiologie à l’université de Montréal, et a élaboré une méthode qu’elle pratique depuis trente ans : la MLC "Méthode de libération des cuirasses", une approche psychocorporelle. 


Cette méthode s’inspire de son expérience et de plusieurs années de recherche sur les "cuirasses" et sur la relation intime entre le corps et la psyché. 


Marie Lise Labonté a notamment publié aux Editions de l'Homme, en 2011, Derrière le rideau, roman et récit initiatique : comment vivre et non survivre après une épreuve ; et en 2000, Au coeur de notre corps, un essai sur la libération des cuirasses.


Première partie (25 min.)

samedi 21 janvier 2012

vendredi 22 avril 2011

Retour sur André Comte-Sponville (3/3)


André Comte-Sponville a écrit "DE L'AUTRE CÔTÉ DU DÉSESPOIR", Introduction à la pensée de Svâmi Prajnanpad
Cet essai d'André Comte-Sponville sur Svâmi Prajnânpad révèle, pour la première fois, une adéquation totale entre la pensée d'un philosophe contemporain occidental et celle d'un sage de l'Inde. Prajnânpad exerce une fascination particulière sur le philosophe, car dégagé de toute illusion, de toute croyance puérile et de toute religiosité, il démontre que la "spiritualité" est avant tout un chemin vers "l'indépendance" et la "liberté".
Prajnânpad est un sage-philosophe doublé d'un thérapeute. Sa voie emprunte autant au Védantâ (texte sacré hindou) qu'à la psychanalyse freudienne, autant à la tradition qu'à la modernité.
Cet ouvrage qui se veut un hommage à l'un des grands sages de notre époque est également une réflexion éclairée et éclairante sur le sujet le plus important de l'existence humaine : la "quête du bonheur". "La sagesse se trouve exactement où tu es, il suffit de passer de l'autre côté du désespoir".


jeudi 21 avril 2011

Pour mieux connaître André Comte-Sponville (2)




André Comte-Sponville est philosophe. Son dernier ouvrage : « Le goût de vivre et cent autres propos » (Albin Michel). Alain Baraton est jardinier à Versailles. Il est l’auteur de « Je plante donc je suis » (Editions Grasset) et de « Le bon jardinier l’essentiel » (Flammarion)

mercredi 20 avril 2011

Rencontre avec André Comte-Sponville (1)

André Comte-Sponville, philosophe matérialiste, rationaliste et humaniste, est né le 12 mars 1952 à Paris.



samedi 16 avril 2011

Bonheur et Vérité avec André Conte-Sponville

André Conte-Sponville nous parle de la réalité de ce qui est...
Une interview d'André Conte-Sponville pour mieux le connaître vous sera présentée dans quelques jours.

jeudi 3 juin 2010

La recherche intérieure avec Fabrice midal (3/3)


"L’instant pur est ce qui vient comme par effraction dans l’instant présent. Nous connaissons tous ce moment où nous avons soudain la sensation d’une harmonie entre le monde, notre esprit et notre cœur. Où nos a priori tombent, au bénéfice d’une simple constatation de ce qui est et de notre présence. Sauf que, comme ce moment est bref et rare, nous pensons qu’il est sans importance et nous l’écartons. Or, le Bouddha enseigne que tout au contraire, c’est cet instant qui est le vrai. "
Dernière partie 
(émission "Les racines du ciel" 2009) :


Fabrice Midal est docteur en Philosophie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Sa thèse obtenue en 1999, porte sur le sens du sacré dans les œuvres d’art moderne.

mercredi 2 juin 2010

Le chemin intérieur par Fabrice Midal (2)

"C’est pourtant tout simple. Nous n’avons aucun effort à faire pour être nous-mêmes. Nous le sommes. Mais notre inquiétude et notre arrogance, notre manque de confiance et nos peurs, l’étouffent. En voulant s’affirmer, exister, être reconnu, on se défigure. Il suffit de se détendre, de devenir comme transparent pour que notre être se mette à chanter spontanément - où comme le dirait Rilke devienne “anonyme”."


Cette aventure intérieure est un chemin palpitant... Bonne écoute
(émission "Les racines du ciel" 2009) :


Partie 2

mardi 1 juin 2010

La quête intérieure avec Fabrice Midal (1)

"En s'appuyant sur la pensée de philosophes comme Nietzsche, en se mettant à l'écoute de grands poètes ou artistes comme Rilke, Cézanne ou Allen Ginsberg, Fabrice Midal montre comment le chemin à suivre ne consiste pas à rechercher des consolations, à s'enfermer dans l'égoïsme spirituel ou à se perdre dans le culte du bien-être : c'est une véritable aventure qui doit affronter la réalité. En restant enfermés dans une tour d'ivoire, à l'abri, croyons-nous, des souffrances et des déceptions, nous ne connaîtrons jamais la vraie joie."

Ce chemin est une aventure extraordinaire... Bonne écoute
(émission "Les racines du ciel" 2009) :


Partie 1

mercredi 19 mai 2010

Le secret du non-agir (Wu Wei)

"En un sens premier, le tao est la reformulation au VIe siècle avant J.-C. de la Connaissance la plus pure et la plus traditionnelle. Laozi, auteur du texte fondateur du taoïsme, écrivit un seul traité dense et concis, le Tao-te king ou Livre de la Voie et de la Rectitude. Tous les autres textes sont des commentaires de ce livre fondamental. Le tao ou dao, que l'on traduit par « voie » est à la fois la source et la fin de tous les êtres. Le te, contrairement à la plupart des lectures, ne signifie pas « vertu », car il n'a pas une acception morale, mais plus exactement la rectitude - la façon de se comporter en conformité avec l'Ordre primordial. Le sage taoïste tend ainsi à ne rien vouloir, à ne rien rechercher, à disparaître pour que seul le tao agisse en lui. Tel est le secret du non-agir. Le sage, maître de détachement, homme ayant atteint l'impassibilité parfaite, s'identifie à la source primordiale. Il laisse évoluer les êtres selon leurs destinées, se tenant, lui, au centre." Fabrice Midal

Ici, le dieu Guandi assis (Dynastie Qing, XVIIIè s.), porcelaine à émaux famille verte (Guimet)


L'immobilité est la Voie du Tao.
En cédant elle avance.
Emergeant du vide,
elle retourne au vide.

samedi 16 janvier 2010

André Comte-Sponville : athée de bonne foi (2)

La spiritualité n’est pas le domaine des dieux, mais celui de l’esprit, soutient le philosophe. Pour les athées, le mystère du sens de la vie est d’autant plus grand qu’ils n’ont plus Dieu pour tout expliquer. Quelle forme peut prendre cette spiritualité?

vendredi 15 janvier 2010

André Comte Sponville, un athée de bonne foi (1)


Philosophe se décrivant comme matérialiste et rationaliste, ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, André Comte-Sponville fut maître de conférences à la Sorbonne1 (Université Paris I) jusqu'en 1998, date depuis laquelle il se consacre exclusivement à l'écriture et aux conférences qu'il donne en dehors de l'Université. Ses philosophes de prédilection sont Épicure, les stoïciens, Montaigne et Spinoza. Parmi les contemporains, il se sent proche surtout de Claude Lévi-Strauss, Marcel Conche et Clément Rosset, en Occident, Swami Prajnanpad et Krishnamurti en Orient.(extrait de Wikipédia)

mercredi 27 août 2008

Une question d'enfant pour André Comte Sponville

Pourquoi nous existons ? Et à quoi nous servons ?

Je vous laisse écouter les réponses de André Comte Sponville.







André Comte-Sponville, né en 1952, est un philosophe français et membre du Comité consultatif national d'éthique depuis mars 2008.

"Le matérialisme enseigne –le supporte qui peut- que rien n'est à attendre et que tout est à vivre. Nul salut, donc, qui ne soit d'ici et maintenant."

mercredi 7 novembre 2007

Fabrice Midal, un bouddhiste occidental

Je vous ai déjà parlé de Fabrice Midal.
Voici une émission de France Culture, For intérieur, où il dévoile son parcours et parle du bouddhisme et de son maître Chogyam Trungpa (le blog Just' Attitude en donne souvent des extraits)...
Première partie (26 min)




deuxième partie (18 min)





Puis, pour l’anniversaire des 20 ans de la disparition de Chögyam Trungpa, Fabrice Midal lui rend hommage :