Affichage des articles dont le libellé est Sophie Edelmann. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sophie Edelmann. Afficher tous les articles

samedi 7 mars 2026

« Distinguer sans séparer, relier sans confondre », disait Lily Jattiot.

 "Swami Prajnanpad ne découpait pas l'humain en tranches :  il n'y avait pas l'être humain spirituel d'un côté et l'être humain avec sa psychologie, ses traumatismes, etc., de l'autre. Même s'il était un très grand maître de la non-dualité la plus radicale et la plus ultime, il avait compris qu'il ne pouvait pas "se contenter de dire aux personnes qui venaient à lui : 'vous êtes le Soi, vous êtes la Réalité Ultime, il n'y a personne, le moi n'a pas d'existence fixe etc.' ". Il le disait aussi, mais plus que le dire il le montrait, il arrivait peu à peu très concrètement, d'entretien en entretien, année après année, à ce que l'élève arrive à le voir pour lui-même - ce qui est autre chose que de le comprendre intellectuellement. Et ça ça passait par tout un travail dans lequel la distinction entre niveau psychologique et niveau spirituel n'était pas marquée- bien que ce soit une distinction importante parce qu'il y a bien un niveau psychologique qui n'a rien a voir, d'un certain point de vue, avec le niveau spirituel ultime, mais l'être humain est un tout et pour que l'être humain s'ouvre et s'éveille à sa profondeur, pour qu'il soit dans LE monde et non dans la prison de SON monde,  il est nécessaire qu'il travaille simultanément sur ces deux dimensions. Ce n'est pas d'abord faire un travail d'ordre thérapeutique sur l'inconscient et ensuite accéder à la dimension spirituelle,  la dimension spirituelle est d'emblée le point de départ, on part de la non-dualité, et à partir de la non-dualité on s'intéresse intensément à la dualité qu'on vit et à comment on fabrique cette dualité à chaque instant. Arnaud (Desjardins) a dit un jour : "notre voie est directe, parce qu'elle s'intéresse directement aux obstacles"  


(Gilles Farcet)

"La voie va nous amener à regarder en face le fait que même si nous aspirons à réaliser la vérité ultime, et dépasser le moi ou l'illusion du moi, nous allons en fait découvrir que le moi on le connait si peu. Et donc une partie du travail va consister à faire connaissance avec soi-même véritablement ; parfois un peu douloureusement mais aussi avec beaucoup de découvertes. Donc ça va consister à dépasser l'illusion que nous savons de quoi il s'agit quand nous parlons de nous-mêmes ; on se connaît en fait très peu. Et donc il y a un chemin unique pour chacun qui va consister à se découvrir soi-même véritablement, à faire connaissance avec soi-même. Dire que le moi est une illusion ne garantit pas en fait que ce moi nous le connaissions. " 

(Thierry Martin). 

"Arnaud avait une insistance à viser haut (la libération est possible pour vous en cette vie ci) mais en même temps de vraiment s'intéresser à ce qui fait obstacle. Si je suis dans cette recherche d'éveil, la question qui vient est ; en quoi consiste mon sommeil ? Et si je cherche la libération, en quoi consiste ma prison ? Si je cherche le réel en quoi consiste mon illusion ? Et là ça devenait tout de suite très concret."

(Sophie Edelmann). 

Extrait de la conférence d'Olam « Une Lignée Vivante », consacrée à Arnaud Desjardins avec Gilles Farcet, Sophie Edelmann, Eric Edelmann et Thierry Martin. 

https://www.youtube.com/watch?v=Kl1o9ERNhpk

-----------------

mardi 29 avril 2025

dimanche 18 août 2024

La grandeur de l’être humain

 

Le quatrième épisode de la série documentaire Sur les Routes spirituelles s’intitule « La grandeur de l’être humain » ... Merci à "Les Films de la Table 10".


---------------

mardi 1 août 2023

Un grand OUI à la Vie

Le cadeau de l'été : rencontre avec 2 couples sur le chemin du OUI, à ce qui est.

"Être libre, c'est être libre de papa et maman."

"Etre libre, c'est se désidentifier."


**************

vendredi 19 mai 2023

Un rendez-vous à Montréal...

 


Conférence TABLE-RONDE à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque de Montréal : MARDI 23 MAI, 19H. ✨ OUVERT À TOUS ! Détails : https://bit.ly/3NIllOa

DIRE OUI 🔵 Le Grand bouleversement de nos habitudes émotionnelles et mentales.

----------

vendredi 14 août 2020

Devenir adulte


Aussi, devenir véritablement adulte, c’est être de plus en plus conscient que, dans leur complexité, tous les êtres humains sont atteints de la même maladie. C’est pourquoi un sage ne ressent que compréhension et compassion pour tous, quels que soient les actes commis, aussi graves soient-ils. Il n’est plus prisonnier de la vision bourreau-victime, il ne voit partout que des victimes d’un même mal. Sa vision est de ce fait beaucoup plus profonde : il perçoit chacun comme unique manifestation de Dieu - si nous employons un terme dualiste - ou comme unique expression de l’Absolu ou de la nature de Bouddha. 

Pour ne pas demeurer les marionnettes de ces dynamismes, mieux vaut d’emblée être conscient qu’ils sont potentiellement présents en soi-même et que, comme tout le monde, nous faisons preuve de plus ou moins d’égocentrisme et d’une certaine dose d’indifférence face à la souffrance d’autrui. Nous commencerons alors à entendre les messages que la vie, dans sa générosité, ne cesse de nous renvoyer sous bien des visages différents : ceux de nos enfants, de notre compagnon, de nos amis et, par-dessus tout, les scénarios répétitifs de notre propre existence. 

Un jour, alors que nous étions trois ou quatre à partager un thé à notre appartement avec Arnaud, l’un d’entre nous évoqua l’attitude, selon lui inadmissible, d’un élève de notre communauté. En faisant part de son indignation, et non sans humour, l’un de nous lança à Arnaud sur le ton de la supplication et comme en trépignant d’impatience : « Mais pourquoi est-ce qu’on ne peut pas tout dire ? » Arnaud rétorqua : « La question n’est pas : pourquoi est-ce qu’on ne peut pas tout dire, mais pourquoi est-ce qu’on ne peut pas tout entendre ? » 

Quelques secondes d’un silence méditatif s’imposèrent sous le coup de cette réponse aussi prompte qu’imparable et qui s’adressait clairement à chacun de nous. Nous étions tous plus ou moins identifiés à cette impatience d’en découdre avec ceux qui nous excèdent. À la façon de « l’arroseur arrosé », cette inversion totale de perspective dont Arnaud avait la spécialité avait retourné la question à cent quatre-vingts degrés : vers nous-mêmes. Qu’étions-nous vraiment en mesure d’entendre à notre propre sujet alors que nous exigions que les autres entendent leurs quatre vérités ?


Sophie Edelmann 
 "Dites-leur de viser haut !" 
 Ed. Le relié

----------

jeudi 13 août 2020

Honorer le désir



Le problème ne vient pas de ce que nous désirons trop, mais de ce que nous ne désirons pas assez. Non pas en quantité, car c’est plutôt de l’éparpillement et du manque d’intensité qui en découle qu’il est ici question. En dispersant l’énergie tous azimuts, nous nous voilons la face sur les quelques désirs centraux que nous n’osons pas reconnaître et nous dilapidons une précieuse énergie qui permettrait justement de les accomplir. Il est, en ce sens, plus confortable de se laisser séduire par l’attrait d’expériences amoureuses aussi brèves que variées que de reconnaître en toute vulnérabilité la force d’un désir pour une union durable, empreinte de confiance et de complicité. 

Une demande aussi forte est comme une brûlure intérieure tant quelle n’a pas été comblée. Acceptons-nous de vivre dans l’inconfort de cette chaleur ? Acceptons-nous par avance le risque de souffrir si la vie ne devait pas satisfaire notre attente ?

Sophie Edelmann 
 "Dites-leur de viser haut !" 
 Ed. Le relié

----------

mardi 11 août 2020

Larmes d'ouverture

Ajahn Chah, le maître de Jack Kornfield, un bouddhiste dans la lignée du Theravâda, dit « qu’il y a deux sortes de souffrance : la souffrance qui conduit à encore plus de souffrance et la souffrance qui conduit à la fin de la souffrance. » On pourrait consacrer un chapitre sinon un livre entier sur ce thème... 

Pour évoquer cet abîme entre les deux façons de souffrir, je reviendrai une fois de plus aux larmes. On pleure dans toutes sortes de circonstances, quand on épluche des oignons, quand on est profondément joyeux, quand on est frustrés parce que les choses ne fonctionnent pas comme on le souhaite et quand on réalise notre complète impuissance à les changer. 

Au stade de la frustration, on cherche encore à modifier l’environnement et on est toujours dans le refus et la résistance. Lorsque les larmes deviennent des larmes d’impuissance, on cesse d’essayer de changer les choses. On sent très nettement la différence. Des chercheurs étudiant les larmes ont découvert que leur composition varie radicalement selon le type de pleurs. Les larmes d’impuissance sont très différentes de toutes les autres : elles sont saturées de toxines au point où, réduites à l’état de poudre, elles pourraient tuer un petit rongeur ! Cela explique d’ailleurs pourquoi, lorsque nous sommes confrontés à des circonstances difficiles, nous nous sentons si allégés après avoir pleuré. Souvent, après une crise de pleurs déchirants devant leur propre impuissance, j’ai vu avec stupéfaction mes enfants reprendre le cours de leur journée en chantonnant, plus créatifs et joyeux que jamais. 

Si j’ai pris l’image des larmes, je ne voudrais pas laisser entendre que le processus du surrender implique systématiquement que nous pleurions : pas du tout ! Mais il s’agit bien de se laisser affecter, y compris par les plus petites choses de l’existence, d’éroder ainsi peu à peu l’armure sous laquelle nous nous protégeons, payant un terrible prix pour cette pseudo-sécurité : elle nous prive de la souplesse et de la spontanéité, étouffant notre vitalité et notre joie intrinsèques.


Sophie Edelmann 
"Dites-leur de viser haut !" 
Ed. Le relié

---------

lundi 10 août 2020

"Non" est une phrase complète

Je vous propose une semaine avec Eric et Sophie Edelmann, sur le chemin exigeant de Swami Prajnanpad et d'Arnaud Desjardins.

Lorsque l’existence dit non, quand elle refuse ce qui nous semblerait tellement précieux, elle le fait bien souvent avec des phrases très courtes. Rarement recevrons-nous son message accompagné d’une justification, d’une explication, d’un bouquet de fleurs ou d’une boîte de chocolats pour faire passer l’amertume de la nouvelle !
Mais, comme l’enfant, nous nous obstinons, exigeons d’être convaincus par la logique ou par la justice des choses : nous revendiquons le droit de comprendre comme préalable pour accepter que ce qui est soit. C’est là notre erreur. 

J’ai entendu Arnaud [Desjardins] insister sur ce point plusieurs fois : acceptez d’abord et vous aurez - peut-être, mais dans un second temps - une chance de comprendre qui vous sera donnée au détour, sans que vous l’ayez nécessairement cherchée volontairement. Swami Prajnânpad invitait ses élèves à se laisser bouleverser et non à utiliser la raison pour atténuer l’impact des coups durs. « Ce qui se passe, c’est que les événements arrivent à l’extérieur ; vous ne vous laissez pas affecter par eux. Vous vous fermez. C’est pourquoi aucun changement ne se produit dans votre vie... Par contre, celui qui est affecté profondément par eux est obligé d’y faire face. Il n’a pas d’échappatoire. Il perd ses illusions et se libère. »

Sophie Edelmann
"Dites-leur de viser haut !"
Ed. Le relié

********

mercredi 20 mai 2020

Chemin de transformation


Le chemin de la transformation intérieure ne passe pas par le jugement d'un aspect ou un autre de soi-même ni par le fait de se rabaisser à ses propres yeux. Ce n'est pas le reproche qui est transformateur, mais l'accueil, l'acceptation et la vision neutre de ce qui est. Ainsi, toute condamnation est une forme de rejet qui génère la division et renforce par conséquent ce que l'on cherche à éliminer. Cette direction est sans issue et ressemble à un cercle infernal, parce que la division intérieure ne fait que se renforcer. Swami Prajnânpad l'explique en ces termes à un disciple indien, Sumangal Prakash ; " Il n'y a rien à réprimer, il n'y a pas de censure, pas de considération de bien ou de mal. Car, en tout premier lieu, le jugement de valeur en lui-même est faux, c'est une illusion (...) J'ai deux yeux. Si quelque chose arrive à l'un des deux et si l'autre n'a rien, vais-je arracher le mauvais œil et le jeter? Non, je l'accepte comme il est. Je le laisse là où il est et j'utilise l'autre œil. Je les accepte tous les deux comme ils sont. Je ne rejette pas l’œil endommagé. Je ne lui refuse pas son existence parce qu'il est là. De la même façon, je ne peux me détruire. Je ne peux pas m'ôter une partie de moi-même. Je dois tout intégrer... 
Aucune division à l'intérieur de moi...
Cette division seule est la source de tous les malheurs et de toutes les souffrances.

Extrait de « Dites-leur de viser haut ! »
Eric et Sophie Edelmann


Que signifie le titre de votre livre Dites-leur de viser haut ! ?

Éric : Arnaud Desjardins venait chaque automne à Mangalam donner des enseignements. Au printemps 2011, alors qu’il était à Hauteville, il a transmis un dernier message à ses élèves québécois par la voix de l’un de ses proches collaborateurs qui allait s’envoler pour le Québec : « Dites-leur de viser haut ! » Ce titre nous est apparu comme une évidence pour notre livre. Sans doute devait-il sentir sa fin prochaine, alors qu’il n’y avait pas de signes avant-coureurs… Quelques mois plus tard, en effet, il allait être emporté, à l’âge de 86 ans, des suites d’une attaque cardiaque. […]
-------