vendredi 31 juillet 2015

Sagesse massaï (5)


Aingoru enkitoo : rechercher le bon ordre

Être dans la justesse – dans ses mots, dans ses actions –, cela signifie pour les Massaïs être reliés à Enk’Aï. Une posture qu’exprime l’expression « avoir le regard clair et la démarche alerte ». La clarté du regard signifiant que la cohérence intérieure se voit de l’extérieur, et la démarche alerte témoignant d’un sentiment de légèreté et de sécurité dû à la certitude de marcher sur son bon chemin. Troubles, conflits, agitation sont, en revanche, les signes que l’on s’est décentré et que l’on s’est éloigné de sa « mission ». Car, pour les Massaïs, être en quête du bon ordre, c’est aussi chercher ce que l’on est venu faire sur terre.


LA PRATIQUE 
Écoutez les messages de votre corps lorsque vous avez fait un choix, pris une décision. S’ils sont justes, sous les émotions superficielles (appréhension, excitation), vous devez ressentir une vague de calme, une sensation de paix intérieure, qui peut se traduire en mots par « ce n’est pas facile, mais c’est juste ». En revanche, interrogez-vous si vous ressentez des tiraillements, de l’inconfort, de l’agitation mentale et physique, et que ces sensations durent ou se manifestent chaque fois que vous pensez à votre choix ou à votre décision.

(source : Psychologies)

jeudi 30 juillet 2015

Sagesse Massaï (4)


EUNOTO : devenir un planteur 

 À la posture du constructeur, les Massaïs préfèrent celle du planteur. Alors que le premier se concentre uniquement sur la réalisation de l’objectif qu’il s’est fixé, la construction, le second plante son arbre, le soigne, mais accepte de faire avec ce qui lui échappe (le rythme de croissance, les aléas de la météo…). Concrètement, être planteur, c’est se mettre en phase avec le moment présent, s’adapter et se maintenir dans un état entre vigilance et confiance, volonté et humilité. Cette souplesse est facteur de sérénité, de patience et met à l’abri de la colère et de la déception. 

LA PRATIQUE 
Ancrez-vous, comme l’arbre, dans le moment présent. Les Massaïs disent : « Le passé est un pays où je n’habite plus. » Ici et maintenant, que ressentez-vous ? Comment pouvez-vous composer au mieux avec la situation et les personnes présentes ? Que charriez-vous d’inutile et de pesant du passé ? Quelles projections anxieuses vous empêchent de goûter à la saveur du présent ? 
Plantez un arbre, prenez soin d’une plante. Cela vous incitera à mettre momentanément les « je veux » sur la touche et vous aidera à faire simplement avec ce qui est.


mercredi 29 juillet 2015

Sagesse Massaï (3)

Osina kishon : accueillir la « souffrance-don »

Sans souffrance, pas d’éveil. C’est la conviction profonde des Massaïs, qui voient, dans les épreuves envoyées par Enk’Aï, l’opportunité de grandir. Un de leurs proverbes sacrés en témoigne : « La chair qui n’est pas douloureuse ne ressent rien. » Dans cette perspective, ils remercient la déesse-mère de placer l’épreuve-opportunité sur leur chemin. Leur rituel collectif consiste alors à « nouer son coeur » en faisant huit noeuds (représentant l’épreuve) sur une corde (le cœur), qu’ils vont dénouer (symbole de la résolution), montrant ainsi que, encore une fois, tout est duel et que l’on ne peut délier un problème qu’en le reconnaissant comme sien puis en affrontant la difficulté pour la résoudre.

LA PRATIQUE 
Procédez comme les Massaïs, qui visualisent leurs émotions (peur, tristesse, colère, abattement, désir de vengeance…) après le rituel collectif de la corde, et les transportent vers leur coeur pour les brûler et les transformer en vive énergie, à la manière de l’alchimiste qui, dans son athanor, transforme le plomb en or. 
Interrogez ensuite votre épreuve comme le Massaï qui parle à l’épreuve en ami. Que veux-tu me dire ? Quelle est ma responsabilité ? Dois-je attendre ou agir ? Quelle direction dois-je prendre ? 
Notez toutes les réponses qui vous viennent spontanément sans les censurer ni les juger.


mardi 28 juillet 2015

Sagesse Massaï (2)


ENCIPAÏ : être dans la joie 



Pour les Massaïs, la joie n’est pas un but mais un point de départ. Elle est la manifestation du lien vivant qui les unit à la déesse-mère, source de toute vie. La gratitude nourrit la joie, qui, à son tour, renforce le sentiment de gratitude. Gratitude d’être en vie, de pouvoir se nourrir, de pouvoir partager les épreuves et les réjouissances… Partager et se réjouir ensemble, mettre en lumière ce qui va bien, faire preuve d’humour sont autant de pratiques qui entretiennent chaque jour la joie de vivre. Être dans la joie est également une forme de politesse que l’on doit aux autres, elle génère un confort relationnel dont chacun profite. D’ailleurs, les Massaïs ont l’habitude d’annoncer une mauvaise nouvelle en la « coinçant » entre deux bonnes. Cette formulation met du baume au cœur de celui qui la reçoit et allège le fardeau de celui qui la transmet. 

LA PRATIQUE

Cultivez la gratitude au quotidien, en commençant par prendre conscience des dons, aussi minuscules soient-ils, que vous recevez. La porte que l’on vous tient, le sourire que l’on vous adresse, le repas que vous partagez… Donnez à votre tour, en conscience, du temps, des compliments, des conseils, toutes ces petites choses qui adoucissent et embellissent les journées de ceux qui vous entourent. 
Positivez en « enserrant » une pensée ou un fait négatif entre deux pensées ou faits positifs, comme le font les Massaïs. 
Reconnectez-vous à l’énergie de la nature. C’est elle qui nous fait nous sentir maillons de la grande chaîne du vivant. Rien de tel que de s’adosser à un arbre et de perdre son regard dans sa frondaison jusqu’à se sentir un avec lui pour retrouver sérénité et force intérieure. Deux éléments constitutifs du bonheur d’être.


lundi 27 juillet 2015

Sagesse massaï (1)

ILMAO
ACCEPTER LA DUALITÉ

Le terme « massaï » provient du mot ilmao (« les jumeaux »), qui exprime la croyance selon laquelle toutes les choses sont reliées à d’autres pour former des paires d’éléments complémentaires. Comme dans le tao et sa figure du yin et du yang, les contraires existent, mais ils ne sont pas antagonistes. La dualité règne à l'extérieur, comme le jour et la nuit, la pluie et la sécheresse ; et à l'intérieur de soi, où s'entrechoquent les élans altruistes et les désirs égoïstes, la peur et le courage... La refuser est, pour les Massaïs, le meilleur moyen de souffrir et d’être en conflit avec les autres. D’où la nécessaire acceptation de la dualité du monde et des êtres. Une posture qui favorise la patience et la bienveillance.

LA PRATIQUE 
Identifiez vos jumeaux intérieurs. 
Dressez la liste de vos qualités et corrélez chacune d'entre elles à un défaut et à des comportements qui ont pu vous conduire à des échecs ou à des conflits. Exemple : « généreux » peut aller de pair avec « inconséquent », la générosité peut aussi devenir attente de réciprocité et être source de désaccord lorsqu’elle reste à sens unique. Le but est de poser sur soi et sur les autres un regard nuancé et indulgent.

Mettez en adéquation vos mots et vos actes pour éviter les dissonances et les antagonismes, sources de déséquilibre personnel et relationnel. Actes et mots doivent être jumeaux. Aucune différence entre le dire et le faire chez les Massaïs, qui savent par expérience que cette cohérence est la garantie de relations saines et durables.



5 leçons de sagesse massaï


Pour les Massaïs, comme dans la spiritualité amérindienne ou le taoïsme, l’humain est avant tout un être relié. Aux autres, à son environnement et à une force intelligence qui le dépasse et qu’eux-mêmes nomment Enk’Aï, « la déesse-mère, source de toute vie, explique Xavier Péron. Elle prend différents aspects, multiplie ses manifestations, et chacun est en relation collective et individuelle avec elle, par les prières, les danses, les pensées comme par les actes. Enk’Aï envoie par exemple la pluie qui nourrit les bêtes et les hommes, mais aussi les épreuves qui leur permettent de grandir spirituellement ».

L’anthropologue a vécu pendant des années parmi eux, a été initié à leurs rites et, depuis trente ans, poursuit une relation spirituelle intense avec Kenny, son ami et guide massaï. « Chez eux, remarque-t-il, il n’existe ni philosophie ni dogme religieux ; ils vivent la réalité en faisant corps avec elle, tout en ayant conscience de ce qu’ils doivent apporter en tant qu’individus et membres d’une collectivité pour maintenir l’équilibre et l’harmonie dans la grande chaîne de la vie. »

Selon lui, leur spiritualité peut se traduire par ces lignes de force : vaincre ses peurs, rester relié, ne pas créer de division en soi et autour de soi, tirer parti des épreuves, faire l’expérience de ce qui est.

« C’est ce que je m’efforce de pratiquer au quotidien et qui a changé ma vie, et c’est pour cela que je me sens leur passeur en Occident. Pour les hommes séparés, dispersés, agités que nous sommes devenus, il me semble important de diffuser leur message d’appel à l’unité intérieure, à l’ouverture de la conscience, deux ferments essentiels d’un vivre-ensemble plus juste et plus humain. » C’est cette voix que nous avons eu envie de faire entendre. Non pas pour idéaliser une culture ou un mode de vie, mais plutôt pour nous nourrir et nous inspirer. En découvrant les cinq piliers de la spiritualité massaï.


Xavier Péron est enseignant-chercheur en anthropologie politique et expert des peuples premiers. Il est l’auteur des Neuf Leçons du guerrier massaï (Jouvence Éditions, 2013). Dans ce récit initiatique, l’auteur nous présente la spiritualité massaï et la façon de mettre en pratique ses principes au quotidien.

dimanche 26 juillet 2015

Remboursement de Dieu ? avec Corneille


Il y a presque vingt ans, un groupe armé entre dans la maison familiale et massacre son père, sa mère, ses deux frères et sa petite sœur. Corneille se cache. Il a 16 ans et réussit à s’enfuir. « J’étais le seul à avoir survécu. Je me suis demandé : “Pourquoi juste moi ?” J’avais grandi dans une famille catholique où Dieu était une évidence. Devant les atrocités dont j’avais été témoin, je me suis interrogé. Dieu miséricordieux ne peut pas vouloir ça. S’il existe et qu’il est tout-puissant, pourquoi n’a-t-Il pas empêché le génocide rwandais ? » Cette question restera enfouie pendant des années, comme s’il y avait un réel danger à se la poser. « Je n’étais pas capable de l’affronter. Je crois que j’avais peur de la réponse, peur d’être déçu. Comme un enfant qui ne veut pas découvrir que son père est un salaud... »

Au Québec, où il s’installe, Corneille renoue avec sa passion, la musique. En 2002, il se fait remarquer aux Francofolies de La Rochelle. Son premier album, Parce qu’on vient de loin, rencontre le succès. Les médias s’emparent de son histoire, qui émeut le public. « Avec le recul, j e me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment goûté ce succès. Tout m’était dû, à moi, la victime. Mon malheur me donnait des droits. J’avais trop souffert pour ne pas voir dans la réussite une sorte de retour d’ascenseur obligatoire. » En 2009, un nouvel opus, Sans titre, sort. C’est le flop. « Je ne comprenais pas : moi, le rescapé, je pouvais me planter ? Impossible ! J’attendais tellement que la vie me rembourse sa dette que tout échec était inenvisageable ! »

Un soir d’été 2010, Corneille est chez lui. « Je me lamentais de l’échec de ce disque, j’en voulais à la terre entière. Ma femme et mon petit garçon de 3 mois étaient assis en face de moi. Je les ai regardés et j’ai eu comme une illumination. J’ai pensé à Dieu et je me suis dit : “Cette prétendue dette, Il me l’a remboursée !” Pour la première fois depuis la mort de ma famille, j’ai osé dire merci à Dieu... L’amour m’a sauvé. » Corneille va réapprivoiser le mot pardon. « J’ai parlé à un psy. J’ai découvert que j’avais le droit de me pardonner d’être en vie. Ma vie spirituelle s’est renouvelée. Je ne crois pas que Dieu soit cet être pervers qui laisse les massacres se perpétrer sans agir. Sans doute n’est-Il pas tout-puissant, comme on l’imagine. Je suis enfin sorti d une relation de troc avec Lui : ce n’est pas parce que j 'ai souffert qu’il me doit quelque chose. Avant, je Lui disais sans cesse : “Tu ne me donnes pas assez.” Aujourd'hui, je Lui dis : “Merci.” Il est l’amour. Un amour qui guérit, même les pires blessures. Je Le prie chaque matin. »

Avec sa femme, Corneille a enfin pu ressortir les photos de sa famille. « Lorsque je regarde mon fils, j’aperçois en filigrane mes parents, mes frères, ma sœur. J’ai l’impression que Merrick me dit : “Un jour, on ira là-bas. Le Rwanda, c’est chez nous.” » Corneille ajoute : « Je suis heureux. Je peux m’autoriser à le dire. Enfin! » 

article par Bertrand Révillion
(psychologies)



samedi 25 juillet 2015

Instant de vie... avec Thich Nhat Hanh


D’où l’importance de s’établir dans l’instant présent. 
Etant établi dans l’instant présent, je suis profondément relié à la vie. 
Mon inspiration est vie, mon expiration l’est aussi. 
Chaque pas que je fais est vie. 
L’air que je respire est vie. 
Dans l’instant présent, je peux me relier au ciel bleu et à la végétation; 
je peux entendre chanter les oiseaux ou d’autres êtres humains. 
Dès lors que vous faites retour à l’ici et maintenant, 
vous pouvez vous relier aux innombrables merveilles que renferme la vie.


Thich Nhat Hanh 
Soyez libre là où vous êtes

jeudi 23 juillet 2015

Pour étendre nos découvertes à la vie courante... avec Douglas Harding


Avec la voix d'Alain Bayod en introduction... et l'exercice révélateur du tunnel...





Lorsque nous méditons, nous explorons tout simplement l'humanité et la totalité de la création sous notre propre forme.


Nous pouvons devenir le plus grand expert du monde sur plusieurs plans, le spécialiste en colère, en jalousie, en dénigrement de soi, aussi bien qu'en joie, en clarté et en intuition.

Tout ce que les êtres humains ressentent, nous le ressentons.

Du seul fait de nous connaître tel que nous sommes, nous pouvons devenir extrêmement avisé et sensible à l'humanité entière et à la totalité de l'univers.


 Pema Chodron

mercredi 22 juillet 2015

La relation d'amour avec Christiane Singer


Christiane Singer ou le courage de se donner...
Je vous partage avec plaisir cet extrait d'une vidéo de Christiane Singer
"Il n'y a pas de petites portes, il n'y a que des petits frappeurs..."





lundi 20 juillet 2015

Psaume 112...



4La lumière se lève dans les ténèbres pour les hommes droits, Pour celui qui est miséricordieux, compatissant et juste.
5Heureux l'homme qui exerce la miséricorde et qui prête. Qui règle ses actions d'après la justice.
6Car il ne chancelle jamais; La mémoire du juste dure toujours.
7Il ne craint point les mauvaises nouvelles; Son coeur est ferme, confiant en l'Eternel.
8Son coeur est affermi; il n'a point de crainte, Jusqu'à ce qu'il mette son plaisir à regarder ses adversaires.
9Il fait des largesses, il donne aux indigents; Sa justice subsiste à jamais; Sa tête s'élève avec gloire,


extrait du psaume 112

(trouvé dans le livre de Gilles Farcet :  Arnaud Desjardins ou l'aventure de la sagesse )






dimanche 19 juillet 2015

Passer à travers...


Le monde réel est au-delà de nos pensées et de nos idées. 
Nous le voyons à travers le filet de nos désirs, partagés entre plaisir et douleur, 
bien et mal, intérieur et extérieur. 
Pour voir l’univers tel qu’il est, vous devez passer au-delà du filet. 
Ce n’est pas difficile car il est plein de trous. 

Nisargadatta Maharaj


vendredi 17 juillet 2015

Vivre avec Martin Gray





« Dans chaque vie vient un moment où s’ouvre devant soi, à côté de soi, en soi un gouffre. 
Vivre c’est réussir à ne pas y tomber. 




Vivre c’est savoir le regarder et s’écarter. 
Vivre, c’est avancer: c’est-à-dire croître, s’épanouir par le bonheur mais aussi apprendre à tirer du malheur sa leçon. 





Faire des temps de sécheresse, des jours d’ouragan, des moyens de se renforcer, de s’éprouver. 
Pour s’élever, non pas par rapport aux autres mais par rapport à soi. 



Vivre c’est se déployer. Devenir pleinement ce que l’on est. »

Martin Gray





jeudi 16 juillet 2015

Savez-vous pourquoi les gens crient les uns sur les autres lorsqu'ils sont en colère ?


Un sage hindou qui était en visite au Gange pour prendre un bain a remarqué un groupe de personnes criant de colère les uns après les autres.

Il se tourna vers ses disciples, a souri et a demandé :

- Savez-vous pourquoi les gens crient les uns sur les autres lorsqu’ils sont en colère ?

Les disciples y pensèrent pendant un moment et l’un d’eux dit :
- C’est parce que nous perdons notre calme que nous crions.
- Mais pourquoi criez-vous quand l’autre personne est juste à côté de vous ?, demanda le guide.
- Pourriez-vous tout aussi bien lui dire ce que vous avez à dire d’une manière plus douce ?

Lorsqu’aucune des réponses des disciples n’était suffisamment satisfaisante pour le sage, il a finalement expliqué :

- Quand deux personnes sont en colère l’une contre l’autre, leurs cœurs sont séparés par une grande distance. Pour couvrir cette distance, ils doivent crier, car sinon ils sont incapables de s’entendre l’un et l’autre. Plus ils sont en colère et plus ils auront besoin de crier fort pour s’entendre l’un et l’autre pour arriver à couvrir cette grande distance.

- Qu’est-ce qui se passe lorsque deux personnes tombent en amour ? Ils ne crient pas à l’autre, mais ils se parlent doucement parce que leurs cœurs sont très proches. La distance entre eux est soit inexistante, soit très faible.

Le sage continua…
- Quand ils s’aiment encore plus, que se produit-il ? Ils ne se parlent pas, ils chuchotent et obtiennent encore plus de proximité et plus d’amour. Enfin vient un moment où ils n’ont même plus besoin de chuchoter, ils se regardent seulement l’un et l’autre et se comprennent.
Puis il regarda ses disciples et leur dit :
- Ainsi quand vous discutez les uns avec les autres ne laissez pas vos cœurs s’éloigner. Ne dites pas les mots qui vous éloignent davantage, ou bien viendra un jour où la distance sera si grande que vous ne trouverez pas le chemin du retour…


Sagesse Hindoue

vendredi 10 juillet 2015

jeudi 9 juillet 2015

La méditation, une expérience unifiante du corps et de l'esprit par Dominique Durand


Voici deux lignes d'une grande sobriété et que l'esprit ne peut saisir à partir des lois habituelles de la cause et de l'effet parce qu'elles ont la fulgurance d'un koan* : « L'espace sous mon nombril en passant par les reins et jusqu'à la plante de mes pieds est le village où je suis né. »

Se permettre de réaliser quelques instants, le caractère inconcevable de ces propos, inconcevable pour une pensée cartésienne... Ce sont ceux du maître zen Hakuin Ekaku, extraits d'Orategama* publié en 1749. 
La fraîcheur qui se glisse derrière chaque mot ne repose sur aucun concept intellectuel, aucune 
idéologie, aucune croyance, elle évoque simplement cette possibilité de renouer avec l'innocence de notre origine en investissant la zone située dans le bas-ventre. Et il ajoute : « Quelles nouvelles peuvent arriver de ce village natal ? »
Un siècle plus tôt (1637), Descartes définissait ainsi sa propre essence : « Je compris que j'étais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser et qui pour être, n'a besoin d'aucun lieu, ni d'aucune chose matérielle. » (Discours de la Méthode).
Nous risquons de gérer l'écart entre une pensée auto-suffisante et l'ancrage dans ce que le corps nous révèle de plus archaïque, de plus originel, sous la forme d'une opposition et de replonger ainsi dans les considérations dualistes du corps et de l'esprit qui agitent la philosophie depuis des siècles. Nous sommes en effet devant deux niveaux de conscience, deux manières de considérer l'être humain. 

Le zen vient contredire la philosophie occidentale en lui opposant la radicalité d'une pratique qui engage chacun dans une actualisation personnelle du propos, la pensée ne pouvant y avoir accès.
La méditation commence par une prise de conscience de ces aller-retour entre ces deux niveaux de conscience. Elle nous révèle le pouvoir des instances identitaires situées dans le haut du corps s'opposant à cette force immanente qu'Hakuin place sous le nombril. D'un côté une pensée attachée à un cadre de référence déterminant et définissant qu'il faut projeter sur le futur, qui exige de poursuivre un projet et d'éliminer l'aléatoire, l'incertain ; de l'autre, cet autre niveau de conscience situé dans l'espace sous le nombril, qui bouleverse le mode de perception habituel parce que l'interrogation devient la seule manière de considérer le fondement de l'Etre, de l'Etre-humain.
Définir la vie à partir de ce que l'on sait et interroger la vie telle qu'elle nous arrive, sont deux options directionnelles opposées, elles mobilisent la personne à des niveaux différents.

La méditation, cependant, nous apprend qu'il n'y a pas lieu de les opposer, le simple exercice permet de conduire l'intellect ailleurs que là où il sait et d'ainsi le laisser se glisser là où la vie nous interroge et où nous interrogeons la vie. Au-delà de la pensée et de la non-pensée, un moment de pure créativité surgit chaque fois que nous prenons contact avec cet autre mode de « connaître ».
Se donner la chance, chaque jour, tout en plaçant la respiration dans le bas ventre, de se poser cette question : « Quelles nouvelles m'arrivent aujourd'hui de ce village natal ? » 
Ce n'est pas le bas ventre en tant que tel qui importe, c'est la qualité de cette nouvelle approche du réel et de soi-même qui se fait dans un esprit de découverte. Le mode interrogatif n'attend pas de réponse, c'est juste une manière d'être, une certaine manière de se mettre à l'écoute de ce qui nous fait être, proche de l'étonnement, « une mise à disposition » qui ne capture rien pour son propre bénéfice.
Puissiez-vous recevoir de belles nouvelles pendant ces vacances.

• *koan : formulé la plupart du temps sous la forme d'une question, il se présente au mental analytique comme une barrière impossible à franchir ; il sollicite pour sa résolution un esprit 
unifiant non discriminant.
 * Orategema : ensemble de lettres écrites au seigneur Nabeshima, gouverneur de la province Setchu


mercredi 8 juillet 2015

N’opposez pas la vie et le corps ! avec Jacques Castermane


Si je devais résumer l’enseignement que nous a proposé Hirano Roshi, lors de son séjour au Centre au mois de juin, je reprendrais cette indication qu’il n’a pas cessé de redire : 
« N’opposez pas la vie et le corps ! ». 

Injonction qui nous rappelle ce que dit Durckheim : « La vie n’est pas dans le corps ; le corps vivant (Leib) est la vie qui s’organise et se réalise selon son ordre ; l’être n’est pas dans le corps ; le corps vivant (Leib) est l’être qui s’organise et se réalise selon sa propre loi ».
Entrave la vie tout ce qui est statique. C’est pourquoi le maître zen attire notre attention sur le fait que, lorsqu’on pratique la méditation de pleine attention, l’ennemi est la « contraction ». 
En réalité, parce que la vie est action, parce que l’être est action, l’ennemi est la contre-action.
L’ensemble des contre-actions qui s’opposent aux actions qu’est l’être. 

La contre-action est la marque de ce que Durckheim appelle le « moi mondain » indissociable de la « conscience-ego » (mind) pour laquelle il importe de se fixer dans un état d’être permanent. C’est le désir fondamental de l’ego : se maintenir dans une forme, un état d’être permanent. Afin d’éviter ce danger, ne pratiquez pas par cœur !
Je sais, pratiquant moi-même quotidiennement, que le danger qui me guette est la routine. 
Aussi, nous devons, chaque jour, reprendre l’exercice à zéro. Exercer la tenue juste, la forme 
corporelle juste, l’exercice de la respiration juste ‘’comme si‘’ c’était la première fois. Jusqu’au jour où vous ferez l’expérience que ces actions du corps vivant n’ont pas un caractère permanent et s’organisent, se réalisent, se renouvellent, d’instant en instant.

De la même manière, exercez la parfaite immobilité ‘’comme si‘’ c’était la première fois. Jusqu’au jour où vous ferez l’expérience que, contrairement à l’idée que se fait un observateur extérieur, l’absolue immobilité du corps n’est pas quelque chose de statique ; la parfaite immobilité est pleine de la vie qui nous fait vivre et coule en nous comme l’eau du ruisseau coule … coule. C’est en exerçant l’absolue immobilité que j’ai senti, vu, goûté, que « être, c’est devenir et que devenir, c’est être ».

Expérience confirmée lorsqu’on exerce la pleine attention au souffle vital. Evitez, à tout prix, de
vouloir fixer l’attention. L’attention est une ressource du corps vivant qui coule, comme le souffle coule. La pleine attention à l’inspir qui se présente, la pleine attention à l’expir qui se présente est l’expérience immédiate de la loi de l’impermanence. Loi de la vie que l’ego refoule parce qu’elle contrarie sa vaine espérance : « Moi je suis Moi et je veux rester Moi ! »

Lorsque, parlant de la méditation, j’ai dit à Graf Durckheim « Je crois que j’ai un sérieux problème avec la respiration », il a souri et m’a répondu « Je ne suis pas sûr que vous avez un problème avec la respiration, mais ce qui est sûr, c’est que la respiration a un problème avec vous ! ».

mardi 7 juillet 2015

Vitrail en lumière



[...] le vitrail est la forme la plus sauvage de l'art, la plus imprévisible.
Le vitrail n'est que folie, métamorphose, floraison illusoire, 
jeu d'algues échevelées dans une rivière de lumière. 

Bernard Tirtiaux
(Le passeur de lumière



lundi 6 juillet 2015

Engagement vivant...



« La vraie aventure de vie, le défi clair et haut n’est pas de fuir l’engagement mais de l’oser. »

« Le mariage ne nous veut pas présentables, il nous veut vivants. »

Christiane Singer, 
Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies


dimanche 5 juillet 2015

La vie en communauté


Le mariage n’est pas seulement une lune de miel ; c’est aussi un temps d’appauvrissement et de deuil. Chacun perd son indépendance personnelle. 


Chacun sacrifie son moi égoïste à une relation dans laquelle l’homme et la femme deviennent un. C’est aussi la souffrance de la vie en communauté.  


La communauté est le lieu où la puissance du moi égoïste se révèle et où il est appelé à mourir pour que les personnes deviennent un seul corps et deviennent source de vie. 


Jésus dit: «Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jn 12, 24).


Jean Vanier




samedi 4 juillet 2015

Relève-toi...

Ose te tromper
Ose ne pas savoir
Ose l’incertitude
Découvre cette insécurité
Cette fragilité de ce qui t’échappe
Que veux-tu maîtriser
Qui ne s’enfuit pas ?
Que veux–tu enfermer
Qui ne soit vivant ?
Suis le mouvement
Comme chevelure au vent

Mais cherche la racine
Qui voit naître le changeant
Quitte les grandes paroles
Suffis-toi du peu
Dépasse l’insatisfaction
Inhérente à l’humain
Observe le temps passé
A courir sans cesse
Alors que l’enfant joue
Sans penser à demain
Tente la non demande
Le remerciement du rien
Aie l’intelligence fine
Qui permet l’équilibre
Entre réel et ressenti
Entre sommeil et la vie
Où que tu ailles sois présent
Surtout ne te quitte pas
Laisse venir, laisse partir
La vie s’écoule indéfiniment
Ne cherche pas à retenir
Tiens-toi dans l’ombre de toi-même
Réside dans ce qui ne paraît
N’ose pas le grandiloquent
De peur de t’y casser les dents
Evite la trop grande lumière
Elle a goût d’éphémère
Evite aussi le bruit
C’est la marque de ceux qui fuient
Cela ne semble pas facile
D’être accroché à un fil
Mais l’invisible te suit
En cela tu es garanti
Changer du grossier au subtil
En quelque sorte un nouveau style
Ne plus se fier aux apparences
Chercher plutôt la transparence
Cela semble un chemin
Une attitude sans fin
Découvre par toi-même
Vérifie si tu aimes

 Yannick David



vendredi 3 juillet 2015

A ma compagne la terre !


“Pourquoi nous haïr ? 
Nous sommes solidaires, emportés par la même planète, équipage d’un même navire.”

Antoine de Saint Exupéry

Photo de la Terre prise par le satellite russe Elektro L No. 1

Cette beauté époustouflante ce contraste violent entre les couleurs éclatantes de notre demeure et le noir profond de l'infini........cette soudaine prise de conscience de la relation de parenté qui nous lie à tous les êtres vivant sur cette planète étonnante : LA TERRE 
Russel



jeudi 2 juillet 2015

Accepter de sortir de sa coquille




En chaque être humain, il y a une soif de communion, un cri d’appel pour être aimé et compris d’un autre - ni jugé ni condamné; un désir profond d’être reconnu comme précieux et unique. 



Mais cette communion implique des exigences : il faut sortir de sa coquille, devenir vulnérable afin de pouvoir aimer et comprendre les autres, reconnaître chacun comme unique et irremplaçable, partager avec eux et leur donner espace et nourriture. 


C’est là que se trouvent la souffrance, la peur et même parfois l’impossibilité d’aimer. 



 Jean Vanier,
Communauté lieu du pardon et de la fête


mercredi 1 juillet 2015

Entre annonce et guérison par Sarah


Comment dire en quelques mots le chemin parcouru entre l’annonce et la guérison ?

« Annonce «, un mot écrit sur une convocation dans un centre de cancérologie, annonce de ce que l’on sait déjà, que l’on ne sent pas, que l’on ne voit pas mais que l’on sait.

Annonce qu’ON va vous opérer, vous faire absorber plus de chimie que vous n’en avez absorbé tout au long de votre vie, que vous serez sans doute fatiguée, nauséeuse, que vous perdrez peut-être vos cheveux, vos ongles ; peut-être seulement ou sans doute ?

Et si je n’acceptais pas tout ça ? Et si je me contentais de mes aides habituelles, des plantes, des granules, de mon souffle, de l’amour autour de moi, de la vie et de la joie en moi... et si?

J’ai hésité longtemps puis j’ai accepté.

J’ai accepté mais je ne me suis pas soumise. J'ai fait la part du feu, accepté en partie pour sauvegarder l’essentiel... L’essentiel, ce que j’aime, ceux que j’aime et qui m’ont aidée, m’ont offert de leur temps, des livres et des fleurs et des chants. De petits points de lumière où la vie se tient et d’où elle peut s’épanouir. Partir de là et remonter avec eux, grâce à eux, partir de ce que je suis, de ce qui m’est proche, de ce que je sais faire et aussi de ce qui m’est encore inconnu, caché, de ce que je ne sais pas. Et je me suis surprise à chanter, à dessiner. Moi qui ne savais ni dessiner ni calligraphier, j’ai couvert des pages de lettres et d’images, des lettres de tous les alphabets que je connaissais, des mots-images et des anges : celui qui annonce en tendant une fleur, celui qui guérit et ouvre les yeux avec le fiel du poisson, celui qui se bat contre le dragon-maladie et celui qui irradie, le porteur de lumière. J’ai transformé mes craintes en messagers d’espoir. J’ai utilisé ma fatigue, je l’ai faite lenteur pour goûter chaque instant, je me suis allongée au soleil d’hiver, j’ai caressé l’écorce des arbres et senti sous leur peau circuler la vie, j’ai regardé l’herbe pousser tout doucement, les oiseaux s’approchaient de moi, plus de crainte.

Je me suis donné du repos comme un cadeau très précieux qu’on déballe lentement, je me suis donné du temps pour regarder dehors et dedans, de la douceur.

J’ai médité des heures, dans la lumière et le pépiement des oiseaux, dans l’ombre aussi et le silence, j’ai envoyé dans tous les recoins de mon corps de la lumière et de l’amour. Et mon corps a aimé. Mon corps a consenti à s’unir à mon souffle, à s’apaiser, à regarder venir et s’en aller les vagues de douleur et de fatigue et à passer à autre chose dès que c’était possible, marcher, jardiner, danser puis travailler à nouveau, voyager à nouveau...
Aujourd’hui je me sens guérie, forte, plus forte qu’avant.
Habituellement trois ans après, on ne parle pas de guérison, on dit rémission : «Atténuation ou disparition momentanée des symptômes d’une maladie aiguë ou chronique».
Mais les mots ne sont pas fermés et lorsqu’ils le sont ils demandent qu’on les ouvre. J’ai ouvert rémission, remettre, « remittere » et j’ai trouvé ainsi rendre, détendre, relâcher et encore et surtout faire grâce, restituer. Ma vie a été remise entre mes mains et j’ai envie de la garder, d’en prendre soin, de la faire grandir, de la partager.

(source : Revue Reflets)