dimanche 13 septembre 2026
Ne pas savoir
vendredi 19 juin 2026
Prendre un moment matinal
Avant de commencer la journée prenons un moment pour nous ancrer dans la pleine présence. Avant d’être emportés par le flot des « Je dois » et des « Il faut », prenons le temps de ressentir notre corporalité dans sa totalité. Nos pieds posés sur la terre, établissons-nous dans la réalité de l’instant. Laissons notre centre vital devenir vivant, notre corps respirer. Le souffle s’approfondit, prend de l’ampleur. Le mental se détend, la région de la poitrine se vide doucement du trop-plein émotionnel et de l’anxiété qui s’accumulent au fur et à mesure des jours. Laissons au cœur l’espace de se déployer et à l’esprit de s’ouvrir.
Prenons le temps de redevenir un tout unifié, habité par le souffle, pour entrer dans l’activité du jour, notre aplomb et notre tranquillité stabilisés. Même si cet aplomb et cette tranquillité s’étiolent au fur et à mesure de la journée, le simple fait de prendre un moment, chaque matin, pour s’y établir, nous aide à ne pas complètement perdre pied dans les remous du Réel.
Ce temps du matin nous permet de générer une présence enracinée dans le vrai de l’instant. Célébrons le jour nouveau qui commence, une création et non pas une inlassable répétition, si nous savons être présents de tout notre être, cœur, esprit et centre vital unifiés. Un temps de rassemblement et de recueillement. Une prière vivante, incarnée des pieds à la tête. Le ciel et la terre s’unissent dans notre réceptivité et nous permettent d’aborder la journée avec sérénité.
Nous retrouvons la capacité de nous ajuster sur le vif aux variations du réel sans perdre l’équilibre. Le goût de l’aventure et la joie de l’imprévu remplacent l’inquiétude et la résistance. Nous sommes de moins en moins frileux, prêts à jouer pleinement notre partition dans le grand ballet de la Réalité.
Nathalie Delay
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samedi 13 juin 2026
Au cœur du souffle
Le souffle n'est pas seulement un rythme fondamental du corps ; c'est aussi le processus dans lequel le contrôle et la spontanéité, l'action volontaire et l'action involontaire trouvent leur identité la plus claire.
Le zen, le yoga indien et le taoïsme chinois pratiquaient la « surveillance de la respiration », dans le but de l'observer, de le libérer et de le laisser devenir lent, profond et silencieux.
Physiologiquement et psychologiquement il y a une relation entre la respiration et la conscience. Si nous considérons l'être humain comme un processus plutôt qu'une entité, comme un rythme plutôt qu'une structure, la respiration est quelque chose que nous faisons non seulement, mais que nous « sommes ».
L'air, l'énergie et la vie, profiter de l'expérience et laisser aller.
Jack Kornfield, Le Cœur Sage
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samedi 4 avril 2026
Respiration divine
Et si la résurrection n’était pas seulement un mystère à célébrer, mais un chemin à vivre ? En relisant Christian Bobin, notre chroniqueuse invite à écouter le souffle du monde et à traverser la mort sans désespoir.
Marie Madeleine avait raison, le Christ est un jardinier. Il a semé sur la terre les germes de la résurrection. Ses gestes et ses paroles sont un mode d’emploi pour redevenir ces corps de lumière, ceux que nous étions à l’origine et que nous deviendrons. Ressusciter, c’est devenir et revenir. Mais le chemin de l’homme ressuscité est long tant il est encombré des gravats de son orgueil, son envie, sa haine, son avidité.
Au regard de l’évolution violente du monde et de l’empressement des va-t-en-guerre, il y a de quoi désespérer y compris en faisant le constat de nos propres faiblesses.
Apprendre des arbres
« Devant ce que la vie a de plus cruel, toutes les pensées parfois s’effondrent, privées d’appui, et il ne nous reste plus qu’à demander aux arbres qui tremblent sous le vent de nous apprendre la compassion que le monde ignore » : cette réflexion de Christian Bobin dans son Ressusciter (Gallimard, 2001) peut sembler naïve face à la brutalité des temps. Le poète pourtant a toujours raison ! Il suggère, pour résister à la déréliction, de se souvenir que tout dans l’univers, dans le moindre brin d’herbe, dans ma main, dans mon cœur, dans mon chien, il y a la présence du souffle. Présence que les arbres, qui font le pont entre ciel et terre, peuvent nous faire entendre.
Si l’on prêtait attention à ce pneuma qui anime chaque être vivant, avant nos intérêts personnels, alors on sentirait battre cette respiration divine dans ce passant qui nous arrête un peu trop longtemps à notre goût, dans le chant des oiseaux qui sont de retour et les petits clins d’œil que la vie nous adresse. On ferait une pause : on inspirerait avec l’idée d’accueillir et on expirerait avec l’idée de restituer ce que l’on a reçu. Ce serait le premier pas pour ressusciter. Cette fête christique nous y invite. Elle ne se cantonne pas à une célébration le temps d’un dimanche, un petit jour et puis s’en va ! Que pouvons-nous expérimenter dans notre quotidien de la résurrection du Christ ? Une philosophie de la vie et une autre approche de la mort.
« Dans la mort, il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie » chante-t-on en ce jour. Ainsi grâce au Christ, nous passerons devant cette mort qui attend toute personne sur terre. Nous passerons sans qu’elle nous piège dans sa fosse, nous passerons en la saluant. Elle ne sera plus notre tombeau, elle sera notre libération. Le Christ désire que nous soyons vivants. Il nous a délivré de l’ultime souffrance. Pourquoi ne pas y penser lorsqu’un être cher nous quitte et rend le dernier souffle ?
L’ultime tabou
En cette fête de notre résurrection avec Lui, j’aimerais aussi faire cette demande : puisqu’en ce jour tout est possible, que l’ultime tabou, le plus grand désespoir n’est plus, j’aimerais qu’Il me raconte l’épisode qui suit sa descente dans la mort. Après avoir brisé les verrous et fait tomber les portes, après avoir délivré du lieu d’attente sombre et oublié ceux qui étaient enfermés, que se passe-t-il ?
Christ, qu’as-tu fait de ceux qui étaient prisonniers dans le gouffre du schéol ? Adam, Ève, Jean le Baptiste, tous ceux que les peintres ont représentés et puis ceux qui resteront des anonymes pour la plupart d’entre nous et des proches pour quelques-uns. Christ dis-moi où est mon frère, mes grands-parents, mes amis, ceux que je ne vois plus et que je garde présents dans mon âme ? « Mon cœur bat dans le noir. La vie s’attriste de ne pouvoir nous atteindre que rarement » (Christian Bobin). Christ, fais-moi goûter la vie qui déborde la mort.
Paule Amblard
------------- source : La Vie
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jeudi 17 avril 2025
Corps à ressentir
Le processus d'écoute du corps va de plus en plus refléter la Conscience. C'est l'enseignement traditionnel, qui d'abord se fait sur le corps. Le corps, c'est le symbole de la vie. La relation au corps, c'est celle que l'on a avec le monde. La façon dont on traite son corps, c'est la façon dont on traite le monde. L'inconfort du corps, c'est l'inconfort qu'on a avec le monde. Quand le corps va devenir Conscience, le monde va devenir Conscience. Le monde est une projection du corps. On est en relation avec le monde exactement comme on est en relation avec le corps. C'est très important de rendre ce processus conscient.
Toute émotion vient de l'essence. Aussi longtemps que l'on ne ressent pas son corps, ses émotions, on leur est totalement identifié. Quand je ne sens pas le corps, je suis le corps.
On ne s'accorde pas beaucoup de temps pour sentir le corps. À un moment donné, plutôt que de réfléchir sur votre vie affective, sur la spiritualité ou sur quoi que ce soit, vous vous accordez un espace dans la journée où vous êtes présent sensoriellement : éventuellement vous explorez un mouvement du doigt, du poignet, du souffle... Vous êtes présent. Votre questionnement se fait tactilement. Ainsi, peu à peu, les zones endormies redeviennent conscientes. Il faut rester doux, être patient.
~ Éric Baret
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samedi 14 décembre 2024
Méditation et visualisation
Comme il est difficile pour un méditant débutant de rester en pleine présence, il est utile de focaliser mon attention sur mon souffle pour apprendre à la fixer, à ne pas fuir dans les pensées. Puis, progressivement, je pourrai passer de l’attention focalisée à la présence ouverte, quitte à revenir de temps en temps à ma respiration si mes pensées vagabondent.
Lorsque je commence à méditer, je peux avoir le sentiment d’être assailli par un flot ininterrompu de pensées. Cet état est celui dans lequel nous sommes habituellement sans en avoir conscience, mais comme la méditation nous rend attentifs à ce qui se passe dans notre esprit, nous devenons alors conscients du flux incessant de nos pensées. Il est vain de vouloir les arrêter. Méditer consiste à les observer et à les laisser passer sans s’y attacher, sans les analyser, sans les suivre. Un peu comme lorsque je regarde défiler un paysage dans un train : je vois une vache ou un clocher, mais je ne vais pas m'interroger sur cette vache et ce clocher : les images se succèdent et je ne fais que les observer sans m’y attarder.
J’aime d’ailleurs particulièrement méditer en fixant mon attention sur quelque chose qui bouge : la flamme d’une chandelle, la mer, les nuages, le paysage qui défile à travers la fenêtre d’un train, le va-et-vient de ma respiration, une fleur agitée par le vent. Cet objet en mouvement m’aide à laisser passer les pensées et à maintenir mon attention mieux que n’importe quel objet immobile, et l’attention focalisée devient très vite présence ouverte, ouverture totale à ce qui est, sans fixation de l’esprit sur une sensation ou une idée particulière.
...
On peut aussi imaginer un événement futur et porter toute son attention dessus. Par exemple, nous visualiser en pleine santé si nous sommes malades, réussir un examen, retrouver l’harmonie dans une relation abîmée, etc. Cette méditation sur un événement futur peut présenter un effet apaisant dans le présent et aussi avoir un impact positif sur notre vie, lorsqu’on sait à quel point nos pensées sont puissantes.
Deux parachutistes de haut niveau ont récemment réussi une première mondiale : entrer dans un avion en vol alors que leur parachute était encore fermé. Ils m’ont dit avoir longtemps échoué jusqu’à ce qu’ils fassent chaque jour, assis les yeux fermés, des exercices de visualisation dans lesquels ils se voyaient réussir à pénétrer dans l’avion par la petite porte latérale. Et ça a parfaitement marché ! On imagine difficilement la puissance des pensées et la force de l’esprit sur le corps.
J’ai aussi été très frappé de ce qui est arrivé à mon père lorsque, âgé de quatre-vingt-quatre ans, il a été hospitalisé d’urgence pour un problème cardiaque. Le diagnostic est tombé : l’aorte fissurée allait rompre d’un moment à l’autre. Vu son âge et ses problèmes cardiaques récurrents, aucune intervention chirurgicale n’était possible. Les médecins lui ont donné tout au plus un ou deux jours d’espérance de vie avant d’être terrassé par une hémorragie interne foudroyante. Mon père, serein, était entouré de ses enfants, dont ma sœur aînée, Bénédicte, qui est hypnothérapeute. Connaissant la puissante capacité de concentration de notre père, elle lui a appris à visualiser son aorte en train de cicatriser. N’ayant plus rien à perdre, il a passé des heures à le faire. Toujours en vie une semaine plus tard, il a fait l’étonnement des médecins qui ont refait des examens de l’aorte : ils ont constaté alors avec stupéfaction qu’elle était en cours de cicatrisation ! Mon père a continué pendant quelques semaines ses visualisations quotidiennes et a vécu presque sept années de plus, sans doute parmi les plus heureuses de son existence. (Précisons toutefois que si l’hypnose ou la méditation peuvent favoriser une guérison, il ne suffit évidemment pas de méditer sur ses métastases pour guérir d’un cancer.)
Lorsque je suis confronté à une situation stressante, il m’arrive de méditer en visualisant soit un lieu où je me sens parfaitement en paix, soit d’imaginer une résolution positive de la situation. Très rapidement, en étant attentif à mon souffle pendant ces exercices de visualisation, je sens une paix intérieure revenir.
mercredi 21 août 2024
Douleur chronique
À toutes celles et ceux qui endurent la douleur chronique sans trouver les mots pour la dire, pris au piège d’une prison d’autant plus redoutable qu’elle est invisible. Tenter de lui jeter un sort par le pouvoir cathartique de la poésie. Continuer, persévérer, ne pas rester figer, garder le fil du mouvement vital. Sortir de l’isolement en osant parler. Se fier à ce que le corps raconte de notre histoire et avancer main dans la main avec les thérapeutes qui jalonnent ce parcours du combattant pas toujours pacifique. Mon maître de chant Jean-Pierre Blivet m’a transmis une clef essentielle, fondamentale pour libérer la voix autant que le corps qui m’a beaucoup aidée :
« P a s d e p r e s s i o n , p l u s d ’ e s p a c e ».
Plus je lutte, plus je me contracte. Plus je me contracte, plus j’exacerbe la douleur à mesure que les tissus se resserrent mis sous pression manquant d’oxygénation. En d’autres termes R E S P I R E R en conscience pour apporter de l’espace en soi là où la douleur tend à nous assécher. Je sais combien cela est difficile à mettre en œuvre mais je sais aussi que cela en vaut la peine. Laisser la vie chanter à travers soi aussi ténue et fragilisée soit-elle. Le souffle est - si ce n’est la voie - une des voies à suivre pour apaiser, transcender la douleur. Céline Dion nous en a montré un édifiant et bouleversant aperçu lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024.
mardi 28 mai 2024
Le yoga
« Le yoga (telle posture, tel pranayama, telle méditation, etcetera),
… c’est comme ça et pas autrement »
… c’est tout (et n’importe quoi) »
Entre les deux, trouver l’équilibre.
Une structure, une discipline,
mais dans laquelle on ne se rigidifie et on ne s’enferme pas.
Une ouverture, une souplesse,
mais dans laquelle on ne se dilue et on ne se perd pas.
Pourtant si simple.
Mais apparemment pas facile pour autant.
On peut tellement tout aussi bien être esclave de la légèreté que de la rigueur.
Entre les deux extrêmes,
trouver la juste place.
A réactualiser d’instant en instant,
Le dosage approprié variant
selon les moments,
les personnes,
leurs besoins,
leurs possibilités,
leurs circonstances,
tout simplement.
Réévaluer, adapter, affiner.
Identifier un excès ?
Le laisser être contrebalancé.
Sans violence, au risque de basculer dans l’excès opposé.
Le laisser être contrebalancé.
Tout concourt tout le temps à retrouver son juste équilibre lorsque, tout en y étant vraiment présent, on ne vient néanmoins pas s’en mêler (s’emmêler ?)
Comme un souffle qui naturellement s’apaise après s’être emballé,
Comme un souffle qui de lui-même reprend son fil après avoir été coupé.
Expérimenter le contraste
Jusqu’à ce qu’il ne soit même plus nécessaire de le vivre pour se sentir vivant.
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Sculpture : Frederick Edward McWilliam, Variante de Gomukhāsana ? 
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mardi 23 avril 2024
Averse de vers
"Je veux une averse d'étoiles sur les villes sales,
des arbres qui dansent dans les pas fatigués des passants,
le tournesol d'une robe jaune sur la grisaille des tristesses,
le souffle pur d'une terre haute,
l'eau glacée d'un torrent éclatant de rire,
des étincelles de nuit faisant battre le cœur des mots pour nettoyer
celui des hommes, un petit matin clair, irrévérencieux, insolent, confiant,
où des fées en espadrilles font le ménage du jour."
Ile Eniger
peinture: Rubaldo Merello 1872-1922 / Ulivi a San Fruttuoso 1915
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jeudi 18 avril 2024
lignes flottantes
jeudi 20 juillet 2023
Un Chemin pas à pas
« La réalité dans laquelle nous vivons est une réalité de la rencontre » K.G Durckheim
Lorsque j’ai pris cette photo, je m’apprêtais à passer mon chemin rapidement en me disant :
« Tiens, étonnant cette fleur sortant du béton ».
Et puis, je me suis arrêté, touché par la puissance de vie qui se dégage de cette fleur jaillissant d’une terrasse en pierre. Ce geste, si simple, si fragile, éclatant de vie, comme si de rien n’était, m’a arrêté dans mon « plein de choses à faire ».
Jacques raconte souvent cette promenade en forêt avec Durckheim, presque aveugle à la fin de sa vie, lors de laquelle il lui demande :
« - Que voyez-vous là, Jacques ?
- Là, je vois un arbre magnifique !
- C’est curieux, là où vous voyez un arbre, je vois un geste de la vie ».
« La réalité de la rencontre » dont parle K.G. Durckheim est cette vision, ce contact avec le geste vital qu’est tout être vivant, rencontre qui se produit avant de nommer ce que l’on voit, ou avant d’émettre des idées, des jugements sur ce que l’on rencontre.
Réalité bien plus vaste, bien plus sacrée que des pensées du type : « cette fleur est bien jolie … quel est donc son nom ? … Comment peut-elle pousser là ?... »
Si je rencontre cette fleur avec le mental, j’en reste à : « c’est joli … C’est étrange … », et je retourne à mes activités bien plus importantes.
Mais si le geste de vie qu’est la fleur me touche, je suis obligé de m’arrêter, ne serait-ce que quelques instants. Être touché, cela veut dire que je sors autrement de cette rencontre, qu’il y a forcément un changement dans ma manière d’être : plus calme … plus ouvert … moins précipité ?
En prenant le temps de la rencontre avec cette fleur, je suis touché par la force de vie, la beauté d’un tel contraste ; touché par l’ordre naturel des choses qui fait que tout ce qui vit est appelé à se développer selon sa forme propre, voulue par la vie, avec les conditions existentielles du moment.
Je suis touché par le lien qui unit la fleur et la pierre : ce geste n’existerait pas sans la dalle de pierre ; la fleur s’appuie sur ces conditions particulières, que l’on peut qualifier de très difficiles, pour néanmoins se révéler dans un geste pleinement épanoui.
Cette rencontre me recentre, fait passer le mental au second plan, et, pour un moment au moins, je me sens plus vivant, en contact avec un aspect de moi que je mets souvent en veilleuse : « être complètement, essentiellement là », ouvert à une rencontre sensible, sensorielle avec ce qui est, sans « le miroir du mental ».
Je suis touché, parce qu’en rencontrant cette fleur, je comprends certains aspects de la pratique du zen ; de même que la particularité de cette fleur nait de la dalle fissurée, l’Être que je suis peut se révéler sur les rudesses, les fissures, les failles du « mur de l’égo ».
L’Être s’appuie sur les craquelures de l’ego pour grandir, s’épanouir, en tant que forme, geste, et cela d’une manière unique : c’est la forme individuelle propre à chacun de nous, voulue par la vie, que l’on appelle dans notre enseignement « Être Essentiel ».
Cela me rappelle une expérience faite lors d’un zazen particulièrement éprouvant : je suis un bloc de béton, tout en résistance et lutte intérieure ; je brûle intérieurement de colère et d’impuissance à ne pas pouvoir lâcher prise : quelques centimètres carrés de douleur entre les omoplates prennent tout l’espace. Et puis, tout d’un coup, je sens un filet d’air qui se faufile à travers ce bloc de tension : tiens, je respire encore … « Cela respire »
Le souffle se fait plus présent, plus ample ; je réentends les oiseaux à l’extérieur ; je redeviens plus souple, plus ouvert ; des larmes coulent … Le « mur de l’égo » semble avoir été transpercé par l’élan vital que je suis, toujours présent, quelles que soient les circonstances existentielles.
La « réalité de la rencontre » avec ma vraie nature n’oppose pas moi existentiel et être essentiel, mais remet les choses à leur place : « Je suis un être vivant » met au second plan « je suis un être pensant ».
Pour revenir à la photo de ce geste-fleur, il s’agit d’une rencontre que j’ai faite un matin sur le palier de ma maison, et sans doute suis-je passé devant de nombreuses fois sans y prêter attention. En sortant de chez moi, lorsque je les Vois, je ne manque donc pas de m’incliner devant ces quelques fleurs, et ainsi changer ma manière de marcher pour aller vers « plein de choses à faire ».
Joël PAUL
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jeudi 9 février 2023
Yoga pranayama
Donnez-vous à l'expiration sans la pousser ... allez avec elle. Sentez que vous videz le corps de ses encombrements. C'est le connu, la mémoire que vous éliminez.
Laissez le repos qui suit être un véritable lâcher-prise.
Ne vous précipitez pas vers l'inspiration, donnez-vous à ce repos.
L'inspiration jaillit naturellement, sans besoin.
Le souffle sacralise le corps.
Ne vous pressez pas ! L'apprentissage du pranayama est gratuit.
N'attendez rien!
Soyez tout écoute.
Découvrez votre sensibilité naturelle.
Cet art, dans sa subtilité, tel qu'il est enseigné au Cachemire, est illimité.
La richesse de la création est infinie et tous ses aspects sont soutenus par l'énergie, le souffle, prana.
Découvrez-la!
le yoga tantrique du cachemire/e.baret/le relié poche
Œuvre de Gérard Beaulet
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mardi 24 janvier 2023
Etre en vie !
"L’être conditionné croit que ce qui est perçu à l’extérieur définit ce qui est vécu à l’intérieur.
L’Être libre sait que ce qui est vécu à l’intérieur définit ce qui est perçu à l’extérieur.
Lorsque la vie s’écoule simplement comme l’eau de la rivière alors s’estompe l’illusion de séparation entre l’intérieur et l’extérieur.
Ne reste alors que le souffle de l’Esprit, celui qui infuse sa magie à la sensation d’être en vie."
Julie Ann///////////****
mardi 17 janvier 2023
Patience corporelle
On ne s'accorde pas beaucoup de temps pour sentir le corps.
A un moment donné, plutôt que de réfléchir sur votre vie affective, sur la spiritualité ou sur quoi que ce soit, vous vous accordez un espace dans la journée, où vous êtes présent sensoriellement : éventuellement vous explorez un mouvement du doigt, du poignet, du souffle ... Vous êtes présent.
Votre questionnement se fait tactilement, comme un musicien qui, lui, aura un questionnement auditif.
Ainsi, peu à peu, les zones endormies redeviennent conscientes.
Il faut rester doux, être patient.
Eric Baret
/Yoga/almora
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lundi 14 novembre 2022
Souffle lumineux
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samedi 20 août 2022
Renaissance du souffle
Je respire profondément jusqu’au bout de mon souffle. Mon diaphragme s’ouvre, se dilate de plus en plus. Aum en expirant, tat en inspirant complètement, un temps d’arrêt ensuite. En respirant ainsi, il me semble avec le aum créer la manifestation, qui avec le tat, revient à moi, et redevient le non-manifesté, le vide. Puis c’est un passage d’un vide à un autre vide, et je plonge à l’intérieur de ce centre, un peu à droite de la poitrine. C’est un gouffre non délimité, la tranquillité du fond des mers, une nuit que rien ne vient interrompre, sans commencement et sans fin.Il n’y a pas de mot pour décrire cette grandeur sans mesure, où n’existe plus ni toi ni moi, mais une ample plénitude, en moi qui n’est plus moi, qui n’est ni à l’extérieur ni à l’intérieur.
Cette respiration continue. Je me sens avec le aum renvoyer toute peine, toute pensée, comme la marée en se retirant balaye tout ce qui est sur la plage, l’emmenant très au loin. Ainsi me laissant mon désespoir, Iryamani, mon fils, ma mère et mon père.
Tout s’estompe et s’efface comme des fantômes irréels, inutiles et encombrants, ombres sans consistance emportées par le aum de ma respiration.
Seul demeure ce merveilleux vide tissé de plénitude. Mon corps aussi fluide, léger, aérien ; seulement fumée sans densité, une ombre qui se déplace comme un nuage dans l’air. Il peut se mouvoir sans mouvement, en tous sens, s’élever sans effort, sans contrainte. Je le perçois hors de moi, dans cette perspective informelle. Il est inconsistant, désincarné. En quoi suis-je concernée par lui ? Il n’y a pas de Moi, de Je. S’est abolie la distinction entre ce qui est en moi et en dehors.
Seule une large vacuité où se déplace un fantôme de corps évanescent, irréel, qui s’efface et disparaît.
Le Rien qui contient toute chose.
Le Vide qui est plénitude.
Seulement Est.
jeudi 23 décembre 2021
Chacun a des droits d'auteur créatifs
" L'énergie créatrice est une énergie de vie qui pousse vers la manifestation. Prenant sa source dans l'énergie vitale de base, elle est naturelle et demeure présente tant qu'on a un souffle de vie...Quand on voit l'énergie créatrice de cette façon, on se rend vite compte que tout le monde en a, qu'elle n'est pas limitée aux arts, ni réservée aux artistes ou autres spécialistes de la création...
C'est la domestication de notre nature instinctive, d'où émane la créativité, qui explique nos difficultés à la sentir ou à la manifester...
La bonne nouvelle c'est que l'énergie créatrice ne boude pas, elle fait partie de notre nature profonde et tant que nous sommes en vie, nous en avons. Elle est toujours là et se faufilera par toutes les portes que nous lui ouvrirons..."
Anne-Marie Jobin
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samedi 25 septembre 2021
Apprenez à mieux gérer votre stress grâce à la cohérence cardiaque
La respiration consciente, au rythme de six inspirations-expirations par minute, permet d’atteindre un état de cohérence du cœur propice à notre santé tant physique que psychique. (Par Charline Delafontaine)
Assis confortablement, une main sur le cœur, inspirez par le nez pendant cinq secondes. Votre ventre se gonfle, le diaphragme s’abaisse. Ensuite, expirez (par le nez ou la bouche) durant cinq secondes, en creusant le ventre (le diaphragme remonte). Effectuez cette respiration consciente durant cinq minutes.
À ce rythme, nous devons in fine atteindre une fréquence respiratoire de six inspirations-expirations par minute, laquelle « est la voie d’entrée vers l’état de cohérence du cœur », révèle Stéphanie Noncent. Conférencière spécialisée en développement personnel, elle s’est formée à la respiration en cohérence cardiaque auprès du docteur David O’Hare, l’un des principaux représentants de la méthode dans le monde francophone.
Poumon, cœur et cerveau se synchronisent
« La cohérence cardiaque est un état physiologique au cours duquel les deux branches du système nerveux autonome, le sympathique (qui accélère le cœur à l’inspiration) et le parasympathique (qui freine le cœur à l’expiration), sont remises en équilibre, poursuit Stéphanie Noncent. La courbe du cœur se calant sur celle de notre fréquence respiratoire, elle va devenir de plus en plus ample et régulière… Et c’est sur cette sorte de “code morse” émis par le cœur que se synchronisent l’activité cérébrale et celle de tous nos systèmes corporels qui alors s’équilibrent. »
Des études scientifiques à l’appui
Des séries de travaux, conduits aux États-Unis pour la plupart, ont ainsi pu mettre en évidence les bénéfices de la respiration en cohérence cardiaque : l’amplitude de la variabilité cardiaque (c’est-à-dire la capacité du cœur à accélérer et à ralentir) est renforcée dès trois semaines de pratique quotidienne ; la sécrétion de cortisol (l’hormone du stress) est diminuée ; la tension artérielle est améliorée ; les ondes cérébrales alpha, qui favorisent la mémorisation et l’apprentissage, augmentent…
La régularité de la pratique
En pratique, il est recommandé d’effectuer trois sessions (à raison de six cycles respiratoires par minute, pendant cinq minutes) chaque jour. La première le matin au lever « car c’est le moment où la sécrétion de cortisol est à son maximum », note Stéphanie Noncent. Ensuite, le midi avant déjeuner. « Cette séance mettra le système de digestion en marche et participera à réguler l’appétit », poursuit-elle.
La troisième sera à effectuer de préférence en fin d’après-midi, « mais nous pouvons la repousser de quelques heures en cas de troubles du sommeil afin de favoriser l’endormissement le soir venu ». Certaines applications (RespiRelax+, Respirotec, Possible) peuvent nous accompagner au fil des séances.
Récitez l’Ave Maria
Il existe d’autres voies d’accès à la cohérence du cœur. Des chercheurs de l’université de Pavie, en Italie, ont ainsi pu mettre en évidence que la récitation de l’Ave Maria (en latin) ou celle du mantra bouddhique de la grande compassion (« Om mani padme hum ») ralentissait la fréquence respiratoire à environ six cycles par minute, cette fameuse « voie d’entrée vers l’état de cohérence du cœur » ! « On sait également que certaines émotions telles que l’amour inconditionnel, la compassion et la gratitude participent, elles aussi, à induire ou renforcer cet état de cohérence », expose Stéphanie Noncent.
source : la Vie
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samedi 27 mars 2021
(Ré)apprenez à respirer
La respiration du week-end :
La respiration a des propriétés antistress, antifatigue, antidouleur, anti-inflammatoire...
mercredi 29 juillet 2020
Méditer avec Matthieu Ricard (3)
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