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jeudi 3 septembre 2026

"Je ne sais pas"

 Q : Comment faire dans les moments de tempête où tout s'active en cascade et où il n'est pas possible de se poser pour prendre une décision à partir de l'espace de tranquillité ?

Nathalie Delay : Là ce qui est important, c'est de lâcher tous les objectifs, et d'être purement dans l'instant. Ça peut être des moments très forts de lâcher prise : "Je ne sais pas"...

Je ne sais pas de quoi j'ai besoin et donc, ce qui se passe, là, dans l'instant, c'est exactement ce dont j'ai besoin. La suite, ça n'existe pas. 

"Je ne sais pas"...

Donc, je me rends totalement disponible à l'instant. Et j'oublie complètement mes objectifs, mes plans, mon planning. "Je ne sais pas". Ces situations de crise sont des moments parfaits où tu peux sentir tout d'un coup une espèce d'arrêt total, de lâcher prise total. Tu es complètement disponible à ce moment et tu pourras davantage voir qu'est-ce qui est nécessaire là, maintenant. Ça peut être extraordinaire en fait des moments comme ça. 

Donc, tu ne cherches surtout pas à trouver l'espace de tranquillité. Non, ça, ça ne va pas marcher. "Pour le moment, je suis LÀ". C'est tout. C'est tout ce qui existe. C'est ce moment, cet instant. Tout le reste, "Pffuiitt"...

Et si tu peux être comme ça de manière très radicale dans cette verticalité, tu vas voir que tout le monde se calme. La famille se calme aussi. Ça a un effet comme ça, ça ramène tout le monde un peu dans l'instant. Tu deviens l'ancre qui ramène tout le monde. 

Les moments comme ça sont vraiment faits pour vous faire pratiquer. Mais surtout, c'est qu'on fait intervenir le temps dans "Je vais retrouver le calme". Il est là le calme, et c'est de comprendre que ça peut être instantané ce retour dans le calme si je lâche complètement tout le programme là-haut (dans le mental). C'est cela que ça peut nous permettre de réaliser. 

Et bien sûr, la vie adore nous tester ou en tous les cas, les choses s'accumulent comme ça et c'est comme pour nous mettre à l'épreuve, pour nous faire travailler. 

~ Nathalie Delay

"La pure verticalité de l'instant"

(extrait d'une vidéo) 

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lundi 24 août 2026

Je dois

Le démon du « Je dois » nous dévore.

Je dois faire, je dois trouver, je dois obtenir, je dois réussir, je dois accomplir…

Nous courons, nous bondissons, nous nous empressons, nous nous dispersons pour tenter de l’apaiser, en vain.

Démon insatiable, il nous entraine dans une course effrénée. Á peine une requête satisfaite, une autre apparaît, son avidité maladive ne nous laisse pas une seconde de répit.

Il a grossi en nous, au fur et à mesure de l’engourdissement et de l’oubli de notre vraie nature, jusqu’à nous faire perdre notre discernement, notre sagesse innée.

Pour en venir à bout, une seule possibilité : lui faire face. Il ne s’agit pas de l’exterminer par la force mais de comprendre ce qui le motive et l’anime en profondeur. Pour ce faire, nous allons l’examiner sous tous les angles, l’interroger et l’écouter avec beaucoup de bienveillance et de patience. Il va alors pouvoir se détendre et découvrir que la paix et la félicité qu’il poursuit avec frénésie sont intégralement là, lorsqu’il ose s’abandonner en toute confiance à la pure sensation d’être et au mouvement de la vie.

Et nous, nous retrouvons l’espace et le silence nécessaires pour entendre la partition universelle et nous accorder à son tempo et ses circonvolutions.

Soga Shōhaku, Dragon et nuages, Edo période, 1763

- Nathalie Delaye

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vendredi 19 juin 2026

Prendre un moment matinal

 

Avant de commencer la journée prenons un moment pour nous ancrer dans la pleine présence. Avant d’être emportés par le flot des « Je dois » et des « Il faut », prenons le temps de ressentir notre corporalité dans sa totalité. Nos pieds posés sur la terre, établissons-nous dans la réalité de l’instant. Laissons notre centre vital devenir vivant, notre corps respirer. Le souffle s’approfondit, prend de l’ampleur. Le mental se détend, la région de la poitrine se vide doucement du trop-plein émotionnel et de l’anxiété qui s’accumulent au fur et à mesure des jours. Laissons au cœur l’espace de se déployer et à l’esprit de s’ouvrir.

Prenons le temps de redevenir un tout unifié, habité par le souffle, pour entrer dans l’activité du jour, notre aplomb et notre tranquillité stabilisés. Même si cet aplomb et cette tranquillité s’étiolent au fur et à mesure de la journée, le simple fait de prendre un moment, chaque matin, pour s’y établir, nous aide à ne pas complètement perdre pied dans les remous du Réel.

Ce temps du matin nous permet de générer une présence enracinée dans le vrai de l’instant. Célébrons le jour nouveau qui commence, une création et non pas une inlassable répétition, si nous savons être présents de tout notre être, cœur, esprit et centre vital unifiés. Un temps de rassemblement et de recueillement. Une prière vivante, incarnée des pieds à la tête. Le ciel et la terre s’unissent dans notre réceptivité et nous permettent d’aborder la journée avec sérénité.

Nous retrouvons la capacité de nous ajuster sur le vif aux variations du réel sans perdre l’équilibre. Le goût de l’aventure et la joie de l’imprévu remplacent l’inquiétude et la résistance. Nous sommes de moins en moins frileux, prêts à jouer pleinement notre partition dans le grand ballet de la Réalité.

Nathalie Delay

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samedi 18 avril 2026

La vraie confiance !

 

Régulièrement nos projets tombent à l’eau, nos plans sont bousculés. Des imprévus se glissent dans nos agendas bien ordonnés.


Comment réagissons-nous ?

Nous rassurons-nous à l’aide de pensées rationnelles ou d’idées spirituelles pour ne pas sentir la réalité de notre vécu. Les dires spirituels peuvent se transformer en subtils échappatoires lorsque nous les utilisons pour nous couper d’une vérité plus profonde et sensible de nous-mêmes.

Accusons-nous la vie, sous la forme d’un autre ou d’un événement, de saboter nos plans, de nous priver de ce que nous méritons de plein droit. La plainte, le ressentiment nous enferment dans des boucles qui nous détournent et nous éloignent de la réalité.

Tout imprévu est l’occasion d’apprendre sur soi, sur les croyances et les peurs qui nous sclérosent. Trop souvent nous ne savons pas recevoir l’enseignement. Nous rationalisons ou accusons trop vite sans laisser le temps et l’espace à un vrai ressenti de se déployer. Nous avons si peur de nos émotions alors que si nous savons les vivre en intégrité, elles nous ramènent vers nos ressources et notre puissance qui attendent notre pleine reconnaissance dans les tréfonds de l’être.

Donnons-nous à la vérité de l’instant. Ne nions rien, aucune émotion, aucune réaction. Prenons acte de nos pensées, de nos croyances, de nos attentes. Profitons de l’occasion pour approfondir la connaissance de l’entièreté de notre royaume intérieur.

Lorsque qu’un projet échoue plutôt que de fuir la sensation de vide, nous la laissons être et se déployer. Nous ne cherchons pas d’alternative. La vie nous offre ce temps pour être. Nous avons alors l’opportunité de rencontrer celui que l’on cherche : l’être véritable sous le personnage. Celui qui est en phase avec le flux des événements, en accord avec la réalité, qui a compris, non pas intellectuellement mais dans son épaisseur, dans sa substance, que s’opposer au courant c’est souffrir assurément. Celui qui est suffisamment vaste et stable pour accueillir et laisser vivre en lui tous les remous et qui sait, sans savoir, combien il est vain de lutter contre le grand courant du Réel.

Tout, absolument tout, sur notre chemin, est une opportunité d’entrer un peu plus profondément dans la chair du Réel et de retrouver le vrai royaume. Celui où il fait bon vivre, se poser et demeurer dans une sécurité et une plénitude inaltérable.

La vie et ses changements incessants sont dessinés sur mesure pour nous permettre ce retour. Sachons retrouver la vraie confiance, celle qui gît dans la profondeur du cœur.

- Nathalie Delay

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dimanche 15 mars 2026

Une autre réalité ?

 "Chaque difficulté me montre que je ne suis pas libre, que je voudrais que la réalité soit autrement que ce qu'elle est"...

Q : Dans un entretien, tu disais que tu te trouvais dans un voyage sans fin, que le cœur est un abîme sans fond et que dans notre essence, on pouvait mourir toujours plus. Est-ce que cela signifie qu'il n'y a pas d'éveil définitif où l'on arrête de souffrir et que l'on voit le monde depuis sa vraie beauté ?


Nathalie Delay : On ne pourra jamais simplement effacer la souffrance. Mais mourir toujours plus veut dire se dissoudre dans un "Je ne sais pas". Tout ce que la vie nous montre, c'est exactement ce dont nous avons besoin pour nous libérer des illusions qui nous rendent malheureux. Nous mourons à la vue du mensonge que pour être heureux, nous aurions besoin d'autre chose que ce qui est déjà là. Cette mort permanente de la personne doit avoir lieu au niveau cellulaire. Il s'agit au final d'une déprogrammation du cerveau. La mort de la personne est synonyme de la reconnaissance que tu es l'Absolu. Cette reconnaissance est sans fin, car l'Absolu est sans fin. 

Tu ne vas jamais pouvoir dire : "Maintenant je l'ai". S'éveiller signifie ouvrir une porte – mais le voyage sans fin ne fera que commencer. Ce n'est pas le chemin d'une personne, mais un mouvement vers l'Absolu.

Q : Dans différents enseignements et livres spirituels, il est dit que nous les humains pourrions et devrions devenir des créateurs. Est-ce à l'opposé de ce que tu enseignes – notamment de simplement écouter et d'aller d'instant en instant avec la vie, comme elle se montre, sans résister ?

N.D. : Quand tu ouvres la porte vers l'Absolu, tu te rends compte qu'il n'y a pas une personne qui pourrait créer quelque chose. Il y a seulement un seul créateur – tu peux l'appeler comme tu veux : Conscience, Shiva, Dieu, Amour. Le plus tu te libères de l'idée d'être quelqu'un, le plus ce créateur universel peut se montrer à travers toi. Alors tu fais l'expérience que quelque chose te pénètre, quelque chose qui incarne cet aspect universel et créateur. Le plus tu te libères de toi-même, le plus la création peut se déployer en toute beauté à travers toi.

Q : Tu as suivi la voie de l'illumination quand tu étais pleinement dans la vie : tu étais dans une relation, tu avais une fille et un métier exigeant dans le domaine publicitaire. Comment as-tu trouvé le temps pour la pratique de la méditation ?

N.D. : Dans mon quotidien, il n'y avait pratiquement pas de temps pour une pratique formelle. Il y a eu une période où je voulais quitter ma fille, pour me retirer et me consacrer à une voie spirituelle – mais mon maître me l'a strictement interdit. Il disait que ma fille et mon quotidien étaient ma pratique. Alors j'ai fait 30, 40 fois par jour une micro-pratique : arrêter, prendre quelques respirations conscientes, sentir le sol sous les pieds et le ciel sur la tête. Les exigences du quotidien étaient des maîtres inexorables. 

Chaque difficulté me montre que je ne suis pas libre, que je voudrais que la réalité soit autrement que ce qu'elle est. Dès que je peux arrêter de me battre contre la réalité, je suis libre. Nous cherchons l'illumination dans le dernier recoin de l'Himalaya, alors qu'elle nous attend dans notre propre cuisine.

~ Nathalie Delay 

Extrait d'un entretien paru dans la revue "Yoga Aktuell", édition 2/2017

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samedi 14 mars 2026

Vivre le silence

 Inspirer, ressentir la plénitude d’être.

Percevoir la sensation d’être sans caractéristique, radiation subtile, douce. L’inspire nous déploie, recevons son potentiel.

Goûtons la simplicité du miracle d’être, les chants du printemps le célèbrent.

Et nous ? Célébrons-nous ou sommes-nous emmurés dans nos plaintes et nos soucis ? Enfermés au point de ne plus prendre le temps, d’admirer le tableau vivant du ciel, d’écouter la symphonie du monde et de savourer le Silence.

Le Silence toujours et partout présent, seule l’oreille du cœur l’entend.

Notre pratique consiste à nous familiariser avec le Silence qui sature toute la création, imprègne chacune de nos cellules et vibre au plus profond de notre cœur.

De percevoir au milieu de la foule et du tumulte ambiant que le Silence est là. Refuge ultime, en lequel nous retrouvons notre axe et notre aplomb.

Il ne s’agit pas de se retirer du monde mais d’apprendre à vivre à la fois le Silence et l’agitation et dans notre présence élargie les vivre comme une totalité complète et parfaite.

Apprendre à ne pas tourner notre attention exclusivement sur les paroles externes pour entendre les paroles de silence que les cœurs échangent si nous leur laissons l’espace de respirer. Si nous cessons de les bâillonner par nos peurs, nos jugements et nos à priori.

La pratique du Silence par excellence est la prière silencieuse, celle du Souffle.

Inspire — Je suis, expire — l’Essence suprême, Source de tout ce qui est.

Rappel incessant de notre véritable identité.

 Nous sommes à la fois le Silence et ses expressions externes — colorées et sonores. Laissons nos paroles, nos actes émaner du Silence vibrant qui gît dans le fond de notre cœur.

Il est une Source vivante qui désaltère notre être comme aucune autre substance terrestre, même la plus suave, ne pourra jamais le faire.

- Nathalie Delay

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vendredi 16 janvier 2026

Etre entier.

 

Chères amies, chers amis,

Quoi que vous fassiez, faites-le complètement. Soyez entiers, conscients et présents des pieds à la tête.

Si vous percevez une dissonance entre votre cœur, votre esprit et votre corps, enquêtez, observez.

Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qu’essayent de vous dire le corps et le cœur que votre mental étouffe, nie, bafoue.

Osez être vous-même, osez être vrai, en dehors de tout modèle, de tout idéal. Il ne s’agit en aucun cas de complaisance égotique mais de laisser se dévoiler le Soi.

Vous êtes une fleur unique dans le jardin de l’Absolu. Honorez votre singularité, cessez de la travestir afin qu’elle puisse irradier la vérité de son origine.

Nathalie Delay

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lundi 29 décembre 2025

Honorer ce que je suis

 Il y a un point qui est important, c'est d'arrêter de se dissocier. Il y a toujours un discours du mental qui vient dire : "Je suis comme ça" ou "Je devrais me comporter comme ça", etc. On a l'idée de comment on devrait être, ou de comment on devrait se comporter, et c'est plus ou moins problématique. À un moment donné, est-ce qu'on ne pourrait pas tout simplement juste être ce que l'on est ? C'est ça aussi l'authenticité : je suis ce que je suis. 

J'arrête d'être "deux" en fait. Le deuxième est toujours en train de me dire que comme je suis, ça ne va pas de toute façon : "Les autres attendent ça de moi", "Je ne suis pas à la hauteur", "Je ne suis pas assez spirituel", "Je ne devrais pas montrer ça", etc. Ce sont des discours du mental. Et l'Être est un peu à l'oubli là. 

Donc, être "un". 

On revient à "Je ne sais pas". 

Je ne sais pas comment je dois être. 

Je me découvre dans l'instant. 

Je n'ai pas de personnage à défendre, pas d'image à défendre. Oui, par moments je vais réagir, et par moments je vais être silencieuse. On n'est pas obligé d'élaborer une histoire, de tout personnaliser. Par moments ça ne parle pas ici. Par moments c'est comme ça. C'est juste un type de langage, mais par moments on peut sentir comment on s'en tient : "Ah, ça respire", "Ah, c'est triste", "Ah, il y a de la colère"... Et quand on personnalise moins, c'est presque moins problématique déjà. 

Il arrive un moment où ça suffit de vouloir être un autre ! De vouloir avoir une autre histoire, de vouloir être moins réactif, moins agité, moins en colère, d'être plus ouvert, d'être plus ceci et cela. Mais l'Absolu n'a pas fait d'erreurs quand il a mis en place cette forme ! Et pour Lui il n'y a pas d'erreurs. C'est uniquement le discours mental qui pense qu'il y a des erreurs. 

Donc, honorez cette forme, avec ses limites, son aspect humain et son essence absolue. Cette forme se montre comme ça, elle est obligée de se montrer avec ses limites ; dès qu'on prend une forme on se limite. Donc, on a tous nos limites. Et si je vous dis cela, c'est pour petit à petit identifier cette voix du mental. J'aime beaucoup Byron Katie qui l'appelle "la salle de torture mentale", et elle n'a pas tort. Cette voix qui est tout le temps en train de nous dire que ce que l'on fait, c'est pas bien, ça ne va pas, c'est pas comme ça. Et bien sûr, les autres pareil, mais de toute façon, on traite les autres comme on se traite soi-même, il n'y a pas de secret. 

On peut être soi, mais sans en faire un truc narcissique, on peut être soi de manière humble. Se dire : "Je vais arrêter d'avoir honte d'être moi-même, de penser que je ne suis pas assez, ou que je suis trop". Tous ces critères n'ont aucune valeur, puisque pour certaines personnes je suis trop, pour d'autres je ne suis pas assez... On ne s'en sort pas ! Alors on peut se dire : "Je suis ce que je suis", mais sans devenir rebelle non plus. 

Tout simplement, je suis ce que je suis, et l'autre est ce qu'il est. Et si j'appréciais tout ça, plutôt que de tout le temps vouloir le transformer, et se dire : "Tiens, je vais apprécier ce qui est là". C'est simple, c'est l'amour. ♡

~ Nathalie Delay 

Stage dans la Drôme, mai 2022 

(extrait d'une vidéo)

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vendredi 12 décembre 2025

Lumière

 

Décembre,

la nuit prend le pas sur le jour, l’obscurité sur la clarté.

Nous allumons des feux, des bougies pour illuminer nos longues soirées. Ce temps où l’obscur et le froid dominent nous incite à ralentir et à rentrer.

Nous pouvons entrer dans notre chambre la plus profonde et la plus cachée avec une attention non volontaire mais passionnée pour voir, sentir le soleil du cœur se lever. Le feu du cœur brûle d’un feu à la fois doux et intense, il peut varier du bleu au rouge jusqu’à la pure lumière blanche.

La lumière nous réconforte au sein de l’obscurité, même la plus noire, et du chaos.

Le recueillement auquel nous invite décembre est un temps propice pour retourner le regard vers la lumière interne. Lumière à l’origine de notre existence et de toutes les formes de vies dans l’univers – notre visage originel.

Célébrons ensemble la lumière qui gît au plus profond de nos cœurs « en qui clartés et ténèbres résident, c’est le Souverain même, nature innée de tous les êtres*. »

- Nathalie Delay

* Hymnes d’Abhinavagupta

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mercredi 29 octobre 2025

Aventure innocente

 Et si l’aventure commençait à deux pas de chez nous ?

À l’angle de la rue, au détour du chemin, dans le jardin. 

Au sein du paysage ordinaire qui nous est familier se trouve une richesse infinie qui ne demande qu’à être découverte. 

Tout commence par notre disponibilité. Si notre attention est accaparée par nos ruminations, nos préoccupations et nos obsessions, elle ne peut se poser sur ce qui est là, sous nos yeux. Nous ne voyons ni n’entendons la beauté qui nous environne. Recouverte par le brouillard opaque de notre bavardage elle nous semble insipide et monotone. 

L’aventure commence ici, inutile de courir le monde, de prendre des avions, des trains, des paquebots. Ici, il s’agit juste d’avoir l’audace de sortir de chez soi, de marcher alentours, de prendre le temps et d’être attentifs aux détails, à la qualité de la lumière, à la mélodie du vent, au parfum de la pluie. Détails qui paraissent insignifiants et mornes à celui dont l’esprit et les sens sont endormis mais qui sont autant de clés pour ouvrir « les serrures de l’infini ». Les surréalistes à qui l’on doit cette belle formulation l’avaient compris, qui invitaient à se promener avec l’esprit d’enfance.

Garder « l’esprit du débutant » pour qui c’est toujours la première fois comme le recommandait Shunryu Suzuki, afin de préserver la fraicheur du regard et ainsi déceler les pépites disséminées dans l’ordinaire. Jésus nous prévient « si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. »

Retrouver l’innocence du regard, cultiver l’émerveillement en laissant l’esprit se désencombrer de tout l’inutile : un art de vivre qui se cultive et s’approfondit jour après jour. Voilà, la grande, la sublime aventure qui au sein de l’ordinaire nous mène à l’Ultime.

- Nathalie Delay

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vendredi 5 septembre 2025

Vider le plein...

Chères amies, chers amis,

Et si nous faisions le vide plutôt que le plein, comme les arbres se défont de leurs feuilles à l’automne ?

Regardons en nous, autour de nous. Faisons face à l’encombrement de nos intérieurs, prenons la mesure de ce que nous accumulons et entassons.

Pouvons-nous, aujourd’hui, nous défaire d’une certitude, d’un automatisme, d’un jugement ou d’un ressentiment, en le reconnaissant pleinement, en prenant le temps de réaliser que nous n’en avons plus besoin ? S’en défaire deviendra alors un processus simple et naturel. Pouvons-nous finaliser un dossier ou une affaire qui traîne depuis trop longtemps et qui alourdit notre esprit et notre cœur ?

Attention, une tâche après l’autre, en respectant le rythme propre à chaque situation. Il ne s’agirait pas de se mettre la pression, un automatisme séculaire dont nous pourrions d’ailleurs nous alléger, au passage. Gardons l’esprit de l’exploration, sans entrer dans la modalité de l’objectif à atteindre. Au fond, il s’agit d’une pratique de bienveillance pour notre intériorité afin de retrouver un temple qui respire. Si nous entrons dans des dynamiques de réussite, nous continuons à l’encombrer par notre volontarisme et nos ambitions.

Pouvons-nous trier, clarifier ce recoin du garage, du grenier ou de ce tiroir ?

Prenons le temps de faire l’état des lieux de chaque pièce, comme si nous allions déménager dans quelques jours. Nous allons devoir trier, prendre le temps de sentir ce qui n’est plus nécessaire et que nous n’utilisons plus pour le jeter ou l’offrir. Nous sommes très forts pour accumuler, ça va très vite sans même que nous en soyons conscients. Même si nous avons la chance de vivre dans de grands espaces, pouvons-nous créer de grandes plages de vide où les objets respirent et sont mis en valeur par l’espace qui circule autour d’eux ?

 Une pratique du vide que nous pouvons installer dans nos vies, un jour par semaine ou par mois, comme un petit défi à notre besoin endémique de posséder, de nous sécuriser dans des possessions, des objets qui à la longue nous alourdissent, nous opacifient et nous encombrent.

Et si nous retrouvions un peu de simplicité et de sobriété dans nos esprits et nos placards.

- Nathalie

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dimanche 6 juillet 2025

Rythme

 Chères amies, chers amis,


Vivons accordés aux saisons, au pouls de notre lieu dans le respect de ce qui éclot, s’épanouit et se résorbe.

La culture moderne nous déconnecte de la réalité en gommant les rythmes, en niant l’alternance et le respect des cycles. Nous devons toujours être au top, productifs, jamais déprimés, silencieux ou oisifs. Aucun arbre ne fleurit non-stop. Si c’était le cas, il épuiserait rapidement ses réserves et mourrait prématurément.

Vivre au rythme de l’alternance des saisons, de nos cycles internes soutient notre santé morale et physique, réduit notre impact sur l’environnement et nous reconnecte aux savoirs ancestraux.

Respecter la réalité intrinsèque de chaque saison rétablit une relation saine à la terre, au vivant, au Réel.

Se réaccorder requiert d’ouvrir le champ de son attention et de sortir des ornières de son conditionnement. Il s’agit d’observer en finesse, de renouer avec notre perception sensible, notre intelligence intuitive pour recevoir les signes, comprendre les messages du vivant, du réel. Tout un art de l’écoute des pouls internes et externes afin de les harmoniser pour qu’ils vibrent à l’unisson.

Bel été !

- Nathalie Delay

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mercredi 28 mai 2025

Vibrations

 Chères amies, chers amis,


Tout parle, tout vibre,

sortons du cadre étroit de la rationalité et de l’objectivation pour retrouver contact avec la vibration originelle.

Osons ressentir son doux frémissement au cœur de chacune de nos cellules. Il ne s’agit pas d’un concept métaphysique mais d’une réalité sensible, concrète. Laissons-nous toucher sans créer de frontière artificielle entre nous et le vivant.

Ressentons dans notre chair la vérité profonde de la vie, source originelle de l’univers.

 - Nathalie Delay

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samedi 3 mai 2025

S'asseoir


Tous les matins s’asseoir, non pas pour penser à ses problèmes, ni analyser sa vie, mais simplement pour écouter. Notre quotidien est rempli d’activités et d’obligations. Au milieu de cette effervescence, si nous ne prenons pas le temps de nous poser en silence, loin du téléphone, de l’ordinateur et de toutes les personnes avec qui nous sommes en lien, nous aurons très peu de chance de reconnaître l’immensité de notre être.

Simplement s’asseoir simplifie l’instant et nous ramène à nous-mêmes. Nous pouvons alors observer ce qui nous trouble et nous agite. Nous pouvons respirer avec ce qui nous habite sans avoir besoin de trouver une solution. Dans l’assise, nous réalisons que l’agitation s’apaise dès que l’on cesse de vouloir autre chose que ce qui est là. Nous nous déposons alors dans la substance de l’instant, où nous goûtons le silence et la plénitude de notre être.

L’assise est la pratique spirituelle par excellence. Elle élimine tout pour ne laisser que l’Essentiel. Elle exige régularité et engagement, sinon son pouvoir transformateur ne peut œuvrer.

Tous les matins, on a le choix : soit on entre dans la journée emporté par le mental, ses "je dois" et ses "je veux" ; soit on s’assoit pour s’ancrer dans sa vérité fondamentale. L’assise permet de coïncider avec le réel et libère de l’emprise du mental. Nous réalisons que la vie n’est pas une lutte mais un accord juste qui se vit dans l’instant.

Ce n’est pas tous les jours facile de s’asseoir face à son chaos, face à son envie de fuir, d’être ailleurs, de regarder ailleurs. Mais si tous les jours nous renouvelons cet engagement avec nous-mêmes, une transformation intérieure se produit. Les aléas de la vie nous troublent de moins en moins, nous gagnons en sérénité, stabilité et confiance.

S’asseoir régulièrement, seul ou ensemble, permet de s’affermir et de se soutenir mutuellement dans cette pratique exigeante et profondément transformatrice pour laquelle il faut du courage et de la patience.

~ Nathalie Delay

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vendredi 14 mars 2025

Danse féminine

Après... cette journée internationale de la femme, réveillons notre potentiel féminin.


Les qualités féminines, indispensables sur la voie spirituelle, nous entraînent dans les profondeurs de notre être et font respirer notre cœur.

Aujourd’hui, oublions le besoin d’affirmer notre personnalité tel un sommet qui porterait fièrement notre nom. Devenons une vallée généreuse. Goûtons la réceptivité, l’ouverture et l’écoute attentive. Ces attributs sont le ferment nécessaire pour que notre potentiel de beauté et d’amour se déploie et rayonne avec ampleur.

Sans ces qualités féminines, notre quête spirituelle risque de se transformer en affirmation d’un nouveau sommet. Un sommet qui perpétue le besoin de s’affirmer en une forme qui surplombe, avec un subtil sentiment de supériorité. Un sommet peut facilement se perdre dans ses hauteurs, dans des principes métaphysiques brillants qui assèchent l’être. Rien ne pousse sur les hauteurs, la vie les a désertées. Sachons descendre, descendre en profondeur, nous régénérer dans les mystères de l’être, nous désaltérer à la Source originelle.

En cette descente, nous appréhendons dans notre chair la folle créativité de la vie qui bouscule tous nos cadres et nos besoins de contrôle. Redécouvrons les qualités féminines malmenées par notre culture patriarcale hyper compétitive où le pouvoir et le profit sont devenus des valeurs dominantes et écrasantes. Prenons soin de la vie, sous toutes ses formes. Cessons d’abuser de la vie et de l’exploiter par notre manque de vision, d’écoute et de sensibilité.

 « Celui qui pratique la Voie diminue de jour en jour. » Lao Tseu

Laissons nos sommets s’éroder pour devenir des vallées fertiles qui regorgent de rires, de beauté et de félicité.

Laissons la ligne droite et sa raideur. Osons la spirale et sa danse imprévisible.

 - Nathalie Delay

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samedi 9 mars 2024

Le réel dans le quotidien

 Q : Que veut dire être dans la vie quotidienne et être dans le réel, dans l'instant ?


Nathalie Delay : C'est la même chose ! La vie quotidienne, c'est le réel. Mais ce qui est important est : Comment j'aborde, comment je vis ce quotidien ? Est-ce que je le vis directement ou est-ce que je le pense ? À savoir, est-ce que je suis tout le temps en train de le commenter, est-ce que je le juge ? Est-ce que mon mental réagit à ce quotidien en pensant qu'il est trop comme ça ou pas assez comme ça ?

Est-ce que je fais aussi une distinction entre le quotidien et des moments à part qui seraient plus extraordinaires ? Est-ce que je crée des catégories : d'un côté l'ordinaire, le quotidien, et de l'autre côté l'extraordinaire ? 

Que veut dire pour vous le quotidien ? 

Quand je parle du réel, ça serait dommage d'ancrer encore quelque chose qui serait "à part" et qu'il faudrait atteindre, comme quelque chose de supérieur. Le réel, la réalité, c'est ce moment, là, maintenant, qu'on est en train de partager : il y a les mots, l'écran, cette image, la pièce, bref tous les aspects extérieurs caractéristiques de ce moment. Mais il y a aussi quelque chose d'essentiel qu'on ne peut pas caractériser. 

Et c'est cela le Grand Réel : c'est cet aspect externe que l'on voit tous et c'est aussi en même temps cet aspect interne, que l'on connaît tous aussi. Mais si l'on est trop attaché à l'extérieur, et que notre regard s'arrête à l'aspect extérieur, et bien on ne goûte pas, on ne reconnaît pas cet essentiel qui est là et que l'on peut ressentir mais qu'on ne sait pas comment nommer. On peut vraiment vivre cette présence, là, maintenant ; et cette présence, on ne peut pas dire "c'est la mienne", on ne peut pas l'enfermer. Quand on la goûte, on sent bien que cette présence est partout, elle est vous, elle est moi. 

Et donc vous voyez, là, en ce moment, c'est un moment complètement ordinaire, c'est un moment du quotidien on peut dire, et en même temps, c'est l'absolu aussi, c'est la totalité. Et ça c'est possible tout le temps, quand on fait la vaisselle, quand on va chercher les enfants à l'école, quand on répond au téléphone... Il n'y a pas de raison de quitter cette pleine présence. Alors bien-sûr, il faut déjà l'avoir goûtée, l'avoir connue. Donc, le chemin spirituel c'est d'arriver dans chaque moment de votre vie, le plus ordinaire comme le plus extraordinaire, et de pouvoir reconnaître cet arrière plan de pure présence, de pure conscience. 

Mais la moindre résistance ou la moindre réaction m'empêche de rester déposée, de me fondre dans cette pleine présence. Et c'est cela qu'il faut découvrir par soi-même. De voir que quand je résiste, quand je refuse le réel finalement, je me coupe de la présence. Et le quotidien de chacun, c'est le terrain d'exploration pour voir là où je vais refuser, là où je vais réagir, là où je vais juger et dire "Ah non, ça c'est négatif, je ne veux pas". Pour voir tous ces mouvements où on ne va pas pouvoir plonger plus profondément en contact avec ce qui est là, parce que ce n'est pas comme on veut. 

Et ce n'est pas de se débarrasser de sa résistance, car ce n'est pas possible, mais c'est de la voir clairement, de voir de plus en plus clairement le phénomène de la résistance, du refus, qui fait que ça me coupe. Il n'y a que cela qui peut libérer en fait. 

~ Nathalie Delay 

(extrait d'une vidéo)

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