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vendredi 24 juillet 2026

Emerveillement

 Ce qui manque le plus à nos vies, c'est l'émerveillement. Rencontrer ceux qui s'émerveillent encore, d'un rien, d'un papillon, de la pluie battante, d'un coquelicot, du chant d'un oiseau. Presque rien. Beaucoup. Tant de petites choses, de petits trésors humbles. 

Sans ces beaux complices, joueurs éclairants, sans leurs yeux d'enfance précieux, sans leur sourire solaire éclatant, nous ne serions que des marbres vivants : figés de l'intérieur.


Jacques DOR, Poèmes en réseaux, Auto-Édition, 2021.

📸: La source thermale Grand Prismatic, située dans le parc national de Yellowstone, est la plus grande source thermale des États-Unis et la troisième plus grande au monde, après celles de Nouvelle-Zélande. Elle se trouve dans le bassin de Midway Geyser, dans le Wyoming, aux États-Unis.


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mercredi 29 octobre 2025

Aventure innocente

 Et si l’aventure commençait à deux pas de chez nous ?

À l’angle de la rue, au détour du chemin, dans le jardin. 

Au sein du paysage ordinaire qui nous est familier se trouve une richesse infinie qui ne demande qu’à être découverte. 

Tout commence par notre disponibilité. Si notre attention est accaparée par nos ruminations, nos préoccupations et nos obsessions, elle ne peut se poser sur ce qui est là, sous nos yeux. Nous ne voyons ni n’entendons la beauté qui nous environne. Recouverte par le brouillard opaque de notre bavardage elle nous semble insipide et monotone. 

L’aventure commence ici, inutile de courir le monde, de prendre des avions, des trains, des paquebots. Ici, il s’agit juste d’avoir l’audace de sortir de chez soi, de marcher alentours, de prendre le temps et d’être attentifs aux détails, à la qualité de la lumière, à la mélodie du vent, au parfum de la pluie. Détails qui paraissent insignifiants et mornes à celui dont l’esprit et les sens sont endormis mais qui sont autant de clés pour ouvrir « les serrures de l’infini ». Les surréalistes à qui l’on doit cette belle formulation l’avaient compris, qui invitaient à se promener avec l’esprit d’enfance.

Garder « l’esprit du débutant » pour qui c’est toujours la première fois comme le recommandait Shunryu Suzuki, afin de préserver la fraicheur du regard et ainsi déceler les pépites disséminées dans l’ordinaire. Jésus nous prévient « si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. »

Retrouver l’innocence du regard, cultiver l’émerveillement en laissant l’esprit se désencombrer de tout l’inutile : un art de vivre qui se cultive et s’approfondit jour après jour. Voilà, la grande, la sublime aventure qui au sein de l’ordinaire nous mène à l’Ultime.

- Nathalie Delay

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dimanche 19 janvier 2025

S’émerveiller comme des enfants

Un peu blasés, maussades, désabusés ? Posologie : s’appliquer à retrouver son âme d’enfant, notamment la capacité à s’émerveiller. Soit le secret pour vivre une bonne et heureuse année…

 


« Il neige, il neige ! » À la maison, l’excitation est à son comble : nos enfants sautent littéralement. Pour quelques flocons, les voilà transfigurés. Les chamailleries sont oubliées, les jeux délaissés et les conversations terminées ; tous arborent de larges sourires et s’extasient bruyamment : « Waouh, c’est trop beau ! » Le vocabulaire est pauvre, mais la joie est riche, et, à vrai dire, contagieuse. À notre tour, nous nous laissons saisir par ce simple mais merveilleux spectacle.

Nous nous attendrissons devant cette capacité naturelle des enfants à s’émerveiller et à s’enthousiasmer de petits riens que nous n’aurions pas remarqués sans eux : la forme d’un nuage, la couleur d’un tronc d’arbre, l’aspect d’un caillou, la taille d’un insecte, la possibilité d’une cabane, de petits bruits dans les feuillages…

Lorsque c’est nous qui nous enflammons, nous avons le sentiment de retomber en enfance, comme si cette spontanéité n’était plus vraiment de notre âge. Il faut dire que nous posons parfois sur le monde un regard blasé, désenchanté, voire endurci. Des paysages vus cent fois peuvent nous sembler dénués d’intérêt ou bien nous nous positionnons en « sachants », croyant ne rien avoir à apprendre de la nature (alors que, pour notre part, nous sommes bien incapables de distinguer deux chants d’oiseaux).

Adultes et urbains, nous avons si bien appris à vivre dans le bruit que nous ne savons plus écouter. Nos yeux happés par les écrans ne savent plus voir et nos esprits sont tant encombrés de soucis et d’activités multiples que nous peinons à être présent à ce qui se vit autour de nous. Nous ne savons plus regarder, encore moins contempler, ce qui ne laisse guère de possibilité de s’émerveiller.

« La beauté sauvera le monde »


Il n’est finalement pas étonnant que tant de personnes restent insensibles aux problèmes environnementaux, car comment peut-on vouloir prendre soin de ce que l’on ne remarque plus ? L’émerveillement rend humble, il nous fait prendre conscience qu’il y a plus grand que nous et qu’il est vain de chercher le bonheur dans les possessions matérielles ou le statut social. Il évite aussi de tomber dans la désespérance ou le découragement face aux crises multiples que nous traversons.

Car nous croyons qu’il y a du vrai dans la phrase de Dostoïevski, « la beauté sauvera le monde ». Faisant de ces mots leur slogan, des communes ont choisi d’exposer des œuvres d’art sur les panneaux publicitaires de la ville. Et si nous nous exercions avec elles à une plus grande attention au beau dans nos vies, en nous laissant toucher par une nuit étoilée, une cathédrale rebâtie, les vers d’un poème ou le réconfort d’un ami ?

Tel François d’Assise, nous pourrions faire l’expérience d’observer le végétal, l’animal, le minéral, l’humain, nous dire par leur existence : « Regarde qui m’a créé ! Regarde mon créateur ! » En retrouvant une âme d’enfant, capable de s’émerveiller face au beau et au bien, qu’ils viennent de Dieu ou des hommes, nous aurons peut-être nous aussi envie de louer Dieu, et retrouverons sans doute l’espérance qui nous fait parfois défaut. Vraiment, ne craignons pas de redevenir de simples enfants, le royaume des cieux n’est-il pas à ceux qui leur ressemblent ?

Chronique écologiquement vôtre par Adeline et Alexis Voizard dans le magazine La Vie

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mardi 6 août 2024

Cout économique

 


Herman Daly, professeur à l'université du Maryland, estime qu'aujourd'hui déjà les coûts environnementaux liés à la croissance économique dépassent les profits qu'elle engendre : passé un certain seuil, la croissance économique, qui oublie de comptabiliser comme des coûts les dégâts qu'elle occasionne, nous appauvrit au lieu de nous enrichir.

Matthieu Ricard (pensée de la semaine)

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samedi 18 mai 2024

Féérique

 La phrase à croquer :

Si vous êtes sur le flan, en mille-feuilles...
Alors, voici un conseil entre la présence religieuse et l'éclair d'éveil :
le goût du merveilleux ne vous dessert jamais !


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mercredi 2 août 2023

Corps en joie


Nous avons facilement tendance à être blasé et à penser qu'il est normal d'avoir un corps humain.Nous oublions ce grand mystère, ce miracle de pouvoir percevoir le monde grâce au corps que nous avons.
Nous percevons le monde au travers de nos 5 sens et ce, sans faire le moindre effort. Cela nous est donné de percevoir. Nous pouvons y prêter attention ou pas, mais les perceptions ont lieu.
Notre corps est doté d'un cerveau qui nous permet de penser, de réfléchir, de mémoriser.
Et tout cela fonctionne même si nous sommes malades, déprimés, tristes, joyeux ou en colère.
N'oublions nous pas de nous en émerveiller. 
Cet émerveillement nous amène à la joie d'être, une joie simple, sans objet.
Dans cette joie nous pouvons dissoudre nos douleurs, nos dépressions ou nos colères.


Philippe Fabri
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samedi 1 juillet 2023

Notre cher corps...

Je suis toujours fasciné par le fonctionnement du corps qui nous permet tant de chose lorsqu'il est entretenu. Vous pouvez le toucher tendrement pour le remercier.


 "Je ne cesserai jamais de m'émerveiller de cette chair soutenue par ses vertèbres, ce tronc joint à la tête par l'isthme du cou et disposant autour de lui symétriquement ses membres, contiennent et peut-être produisent un esprit qui tire parti de mes yeux pour voir et de mes mouvements pour palper...

J'en sais les limites, et que le temps lui manquera pour aller plus loin, et la force, si par hasard lui était accordé le temps. Mais il est, et, en ce moment, il est "Celui qui Est'".

Marguerite Yourcenar - l'Oeuvre au Noir

Citation tirée de L'Œuvre au noir dans le parc d'Egmont, à Bruxelles.

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dimanche 29 janvier 2023

« L’émerveillement est tout sauf de la naïveté »

 Blanche Streb est docteure en pharmacie et essayiste. Elle a publié Bébés sur mesure. Le monde des meilleurs (Artège) en 2018 et surtout son bouleversant témoignage Éclats de vie (Éditions Emmanuel) en 2019.


Comment définir cette disposition intérieure ?

C’est tout ce qui donne à notre âme de voir et d’entendre vraiment. C’est le sens des sens, un lieu particulier de communion avec la beauté concrète et matérielle autour de nous, et celle qui est invisible. J’ai par exemple mesuré l’amour, ce monde invisible mais infiniment concret, dans ma relation avec mon bébé né grand prématuré.

Certaines personnes sont naturellement mues par la capacité d’émerveillement, qui m’apparaît comme une immense vertu, bien qu’elle ne soit pas reconnue comme telle. Je crois que c’est à cultiver et que cela peut changer notre vie, notre manière de regarder le monde. Et même le changer.

On aurait tendance à taxer de naïf celui qui s’émerveille…

L’académicien Michael Edwards déclare qu’il n’y a rien de plus sérieux que de s’émerveiller. Cette attitude me fait penser au Christ disant : « Il nous faut redevenir des enfants », qui est un appel à la plus belle part de notre âme. Le théologien Romano Guardini affirme aussi que l’enfant spirituel renvoie à la maturité spirituelle. C’est cette part de notre âme qui reste consciente du miracle de l’existence, dans le quotidien le plus banal, mais aussi dans la splendeur du monde qui nous entoure et que l’on peut perdre de vue.

L’émerveillement est tout sauf de la naïveté. C’est cette disposition à plus grand, cette confiance aussi de l’enfant envers son créateur, comme l’enfant envers ses parents. Dans cette relation au monde, aux autres, à Dieu, il y a quelque chose qui se joue dans notre âme, une transformation spirituelle nous ramenant à l’essentiel : le désir du bien, du beau. C’est un point de départ, non un achèvement. En anglais, le mot wonderful (« merveilleux ») contient le verbe wonder, « questionner ». C’est un émerveillement qui donne envie de découvrir, de se mettre en route et de grandir spirituellement.

La splendeur du monde certes, mais qui est abîmée par l’homme…

Face au désastre écologique, comment continuer à être dans l’émerveillement et non la désespérance ? On peut regarder les problèmes et drames en face, tout en étant capable de s’émerveiller. C’est même lié, car plus on s’émerveille, plus on souffre du mal qu’on fait, aussi bien à la nature qui nous environne qu’à la nature humaine.

L’émerveillement nous donne envie de prendre soin, de cohabiter avec la création et d’utiliser avec intelligence les biens qui nous sont donnés. Et c’est parce qu’on voit le beau qu’on aime la vie, qu’on trouve des ressources et l’envie de se battre. Je suis d’ailleurs frappée de voir que les problématiques écologiques donnent des conséquences qui s’avèrent pires que les causes lorsqu’on est dans la désespérance : le fait par exemple de ne plus avoir envie d’avoir des enfants. La désespérance n’est pas une source créative.


Vous rappelez à quel point l’espérance et l’émerveillement sont liés…

Au fil de mes recherches et de la rédaction de mon livre, je me disais souvent que je pouvais changer un mot par l’autre. Le philosophe Bertrand Vergely écrit que l’émerveillement c’est avoir mal à la vie et l’aimer d’autant plus : on aurait pu mettre le mot « espérance » à la place. Dans les deux, il y a une vraie, une profonde conscience du mal. Qui est à entendre comme absence du bien. Et ce bien est aussi en nous et il est à cultiver, à contempler, à rappeler.

Quand on est abattu par la souffrance, peut-on encore s’émerveiller ?

Quand on vit une épreuve, l’émerveillement n’est pas simple à ressentir, et il est parfois absent. Pour autant, ce n’est pas incompatible, cela peut coexister. Je crois d’ailleurs que cette capacité s’endort plutôt dans le confort, et que la difficulté ou le manque sont des failles qui viennent réveiller l’émerveillement face à la vie. La brèche de notre misère, de notre pauvreté, de notre souffrance laisse passer la grâce.

Quand on vit quelque chose de difficile, une disposition intérieure différente peut émerger : le temps prend une autre valeur. On redécouvre une science de la vie, une consistance au temps, à la présence de l’autre, l’importance de voir ceux qu’on aime, la valeur d’un geste, d’une parole. Finalement, on mesure parfois le miracle de l’existence quand on sent que celle-ci nous échappe. C’est lorsqu’on perd quelque chose qu’on se rend compte qu’on y tenait.

Lorsque vous-même avez vécu de terribles épreuves, l’émerveillement a-t-il eu une place ? Ou est-ce après coup que vous avez pu y goûter ?

Il y a eu des moments d’émerveillement, oui. Alors que j’étais alitée la tête en bas, les pieds en l’air, pour ne pas accoucher à cinq mois de grossesse, une infirmière exténuée s’est réfugiée dans ma chambre et a vidé son sac. De l’avoir consolée, alors que j’étais dans un état catastrophique, m’a profondément touchée. Je ne me suis pas émerveillée de moi-même, mais de la beauté de la relation quand elle est dans l’écoute. J’ai compris que même dans la dépendance la plus totale il y a encore quelque chose à vivre et à apporter aux autres.

J’ai vécu un autre moment d’éblouissement à la fin de cette première semaine d’alitement, où il y avait 99,9 % de risques que je perde mon enfant. Dans cette période d’incertitude cauchemardesque, un pédiatre est venu me voir. Il m’a dit ce qu’il fallait que je réussisse à faire : tenir deux mois, ce qui me semblait être plus difficile que gravir l’Everest. Il m’a parlé avec délicatesse, mais de façon vraie, avec ce côté tranchant de la vérité. Je me suis sentie respectée par ce médecin. Ce qu’il était en train de me dire, personne n’aurait jamais envie de l’entendre, mais je savais que c’était vrai et cela m’a fait du bien. Cette vérité-là m’a émerveillée.

À la relecture de mon histoire enfin, j’ai été subjuguée a posteriori par la prière des autres qui a sauvé la vie de mon enfant mais qui m’a aussi fait tenir. Je ne pouvais plus prier, j’étais au fond du trou. Quand je pense à cette période, j’ai l’image d’un ravin et d’un filet juste au-dessus. Ce filet c’était tous les gens qui priaient pour nous.

Blanche Streb

Source La Vie

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samedi 3 décembre 2022

Enfant vivant.

 


Seul le coeur aimant et franc de l'enfance
Peut contempler toute la beauté du monde
Dans l'éclosion d'une fleur
Ou au lever du soleil.
Seuls les jours fragiles et neufs de nos enfances
Peuvent s'ouvrir à toutes les sagesses du monde
Et en partager les trésors.
C'est l'enfant toujours vivant en nous qui nous sauve.
Federico Jôkô Procopio
Le zen





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"L'univers d'un enfant est original, nouveau et magnifique, riche en merveilles et en enthousiasme. Pour la plupart d'entre nous, c'est notre malheur que cette lucidité, cette aspiration authentique, vers ce qui est beau et sublime, soient affaiblies ou même soient perdues avant même que nous ayons atteint l'âge adulte. Si j'avais la moindre influence sur la bonne fée qui est supposée présider au baptême de tous les enfants, je lui demanderais d'offrir à tout nouveau-né, à son entrée dans le monde, un sens de l'émerveillement si indestructible qu'il persisterait toute la vie, tel un antidote infaillible contre l'ennui et le désenchantement des dernières années, les préoccupations stériles face à des choses factices, l'aliénation des sources de notre force."
Rachel Carson
Le sens de la merveille
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dimanche 28 août 2022

Ouvrir les yeux

 Une façon extrêmement simple de dissoudre l'ego est de s'émerveiller.

Quand l'émerveillement est là, il n'y a plus personne pour s'émerveiller.

Il n'y a plus que la merveille qui est là et la sensation d'émerveillement, sans personne pour s'en saisir, pour revendiquer "C'est MOI qui m'émerveille !"

Ce sphinx du liseron, grand papillon de 80mm n'est-il pas une pure merveille ?


Sachons juste ouvrir nos yeux devant les merveilles de la nature, cela va ouvrir notre cœur à l'émerveillement et à la gratitude pour la vie qui est capable de créer de telles merveilles.

C'est cela aussi la pratique de la pleine conscience.

Philippe Fabri

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dimanche 21 août 2022

Poème du monde...


 "Cette petite parole que je sens en moi me parler depuis toujours. Cette voix secrète qui ne parle pas avec les mots de tous les jours, silencieuse comme le vol d'un papillon qui nous relie au mystère ineffable du monde. Cette part de liberté en nous, comme une enfance retrouvée, au-delà de l'état d'enfance, de la nostalgie. Ce don de l'émerveillement, cette source, cette origine retrouvée qui séjournent en nous depuis l'aube des temps. Cette espèce de tristesse, sans raison, tranquille, au milieu d'une joie limpide, qui, enfant déjà, nous reposait de tout, tel un grand lac calme où le temps se repose. Cette musique muette que chacun porte en soi, comme un écho du chant du monde. Ce murmure incessant en moi, en nous, que j'appelle la poésie, ou plutôt le Poème du Monde, peut-être est-ce la même chose que ce qu'on appelle le sentiment du religieux ou du sacré ?"


Marie Botturi
Les semailles du vent
Artiste Grazia Battezzato

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mardi 10 mai 2022

S'émerveiller de tout

 



S'émerveiller, c'est résister. 

C'est d’une certaine façon désobéir. 

Christian Bobin 

Image par Simone Bramante










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vendredi 7 mai 2021

Mathieu Ricard : "La bienveillance, c'est une question d'entraînement"

 

 Plus que jamais engagé dans de nombreux projets humanitaires, le moine bouddhiste et essayiste en est persuadé : le Covid-19 est un signal d'alarme qui pointe notre rapport déséquilibré aux autres espèces vivantes. Pour lui, ce n'est qu'en prenant soin du monde et de nos semblables que nous retrouverons l'équilibre. On ne présente plus Matthieu Ricard, le moine bouddhiste aux multiples talents. Auteur, photographe, interprète du Dalaï-lama, ce globe-trotteur est un pèlerin au service de l'altruisme en action, "fil d'Ariane qui peut indiquer le juste chemin dans ce dédale de préoccupations" que sont "la recherche du bonheur, la protection du vivant, les impératifs de l'économie et la prise en compte des générations futures", et que la crise sanitaire rend encore plus aiguës.

Loin de son monastère népalais, confiné depuis des mois en Dordogne auprès de sa mère de 97 ans, il a fêté les 20 ans de son ONG Karuna-Shechen, dont les programmes bénéficient à plus de 250 000 personnes dans l'Himalaya. Et a lancé Résilience, un projet pilote en France avec le Samu social de Paris, pour que ceux qui viennent en aide aux plus vulnérables soulagent la souffrance des autres sans s'y perdre.

Marie Claire : Comment pouvons-nous résister à ce climat délétère ?


Mathieu Ricard : Il faut améliorer les conditions extérieures mais notre contrôle reste limité, éphémère et souvent illusoire. Il importe donc de cultiver les ressources intérieures. L'univers n'est pas un catalogue où l'on commande selon nos désirs et nos goûts. Récemment Mind and Life Europe a organisé un webinar avec le Dalaï-lama sur le thème : "Notre humanité commune en période d'incertitude", mais l'incertitude est toujours présente.

Quand on est un méditant, on doit toujours se demander ce qui viendra en premier : demain matin ou ma propre mort. Ce n'est pas pour sombrer dans la morosité mais pour donner toute sa valeur au temps qui passe : écouter la pluie, regarder le soleil ou la beauté de l'être humain. Lors d'une de mes rencontres avec le père Ceyrac, il sortait du métro et me dit : "Les gens sont si beaux, mais ils ne le savent pas."

C'est la capacité d'émerveillement…

Oui, et l'émerveillement mène au respect. Vous n'allez pas détruire ce qui vous émerveille. Concerné par leur sort, vous allez préserver la nature, les autres espèces, prendre soin de vos 122 semblables, venir au secours de ceux qui sont dans le besoin.

Il nous faut donc cultiver l'altruisme ?

Certains nous font un faux procès : "Vous faites ça parce que ça vous fait du bien, encore un truc égocentrique." C'est ridicule, cela revient à dire : "Il faut faire un feu qui éclaire mais qui ne donne pas de chaleur."

C'est dans la nature des choses : si vous êtes généreux, ouvert à autrui, accueillant, vous vous sentirez bien. Avoir chaud au cœur est un "bonus" de la bienveillance, mais son but principal est d'accomplir le bien d'autrui. Tout le monde est gagnant alors que dans l'égoïsme, tout le monde est perdant.

Longtemps assimilée aux moines ou aux adeptes du new-age, la perception de la méditation a beaucoup évolué…

Il y a trente ans, vous proposiez un article sur la méditation à une revue scientifique, on levait les yeux au ciel. Après vingt ans de recherche, des centaines d'études sont publiées chaque année. Il existe différents types de méditations : celle sur l'amour altruiste augmente votre bienveillance, celle sur la pleine conscience augmente l'attention mais pas forcément les comportements pro sociaux…

Si vous musclez vos biceps, vous ne musclez pas vos mollets. Chaque type d'entraînement de l'esprit a une signature différente dans le cerveau et notre état d'esprit influe sur notre santé.

Si on peut muscler son cerveau, pourquoi alors ne pas apprendre ces techniques à nos enfants ?

Le neuroscientifique Richard Davidson a développé le Kindness Curriculum pour les enfants : 40 min, trois fois par semaine pendant dix semaines. Les résultats sont étonnants sur leurs interactions sociales, mais aussi sur leur équilibre émotionnel et leur intérêt à apprendre.

Un autre projet, Silver Santé, financé par la Commission européenne, a étudié les effets de l'entraînement de l'esprit sur le vieillissement. Cent cinquante volontaires de plus de 65 ans ont été testés par l'Inserm au centre Cycero de Caen ainsi qu'à Lyon. Les résultats sont en cours d'analyse. Une étude préliminaire de la structure et du métabolisme du cerveau de méditants à long terme a révélé un gain de dix à quinze ans…

D'où votre juvénilité !

Oui, ça va encore, on me dit que je ne fais pas mes 75 ans. (Rires.) Et il faut aussi garder le sens de l'humour (1).

La pandémie a-t-elle changé notre rapport au monde et aux autres ?

Il y a eu d'immenses souffrances qui nous rappellent notre fragilité et doivent nous inciter à la solidarité. Le virus a aussi balayé notre arrogance. L'homme se voyait en maître de l'univers : il peut manipuler les gènes, envoyer des hommes sur la lune, les transhumanistes nous promettent de vivre trois cents ans… et un virus d'un dixième de millimètre fait tout voler en éclat.

La Covid-19 est un signal d'alarme : tous les virus importants depuis trente ans, Ebola, grippe aviaire, grippe porcine, Sras, sont liés au rapport malsain ou déséquilibré que nous entretenons avec les autres espèces, notamment à cause de l'élevage industriel et la destruction des milieux naturels des espèces sauvages. On dévalorise les animaux en les réifiant, ils deviennent des machines à saucisses… Ils ne sont plus des sujets de vie alors que la plupart d'entre eux possèdent une large gamme d'émotions. On leur impose le droit du plus fort sans aucune justification éthique (2).

Face au virus, quel regard posez-vous sur notre société occidentale et son refus de la mort ?

En Occident, on a oblitéré la pensée de la mort, elle est cachée, aseptisée, alors qu'en Orient, on meurt en famille entouré de toute la communauté. On dit : "La mort est certaine et son heure est imprévisible". Y réfléchir souvent donne tout son sens à l'existence, sinon, à force d'oublier que l'on va mourir, on oublie qu'on est en vie.

Votre ONG, qui agit en Asie, lance un projet en France…


Karuna-Shechen a vingt ans d'existence, j'ai donné de nombreuses conférences au profit d'autres ONG en France, j'ai eu envie de faire quelque chose ici. En coconstruction avec Mindfulness Solidaire, Karuna-Shechen (3) et le Samu social de Paris, on a lancé Résilience, un projet pilote pour ses travailleurs sociaux. On sait qu'aux États-Unis, 60 % du personnel médical et des travailleurs sociaux ont été, sont ou seront affectés par un burn-out.

À force de résonner avec la souffrance des autres, on tombe dans l'épuisement émotionnel. Ce n'est pas la fatigue de la compassion mais de l'empathie. Avec la neuroscientifique Tania Singer, via des IRM, nous avons montré qu'en s'engageant dans la compassion, au lieu d'épuiser nos ressources, on les régénère. C'est un état mental constructif qui va vers l'autre alors que l'empathie est l'effet que la souffrance de l'autre a sur vous.

Karuna-Shechen finance donc un cycle de huit sessions d'échange et de pratique méditative pour aider les travailleurs sociaux du Samu social de Paris, confrontés à un défi permanent, à être encore plus résilients, plus forts, plus heureux de faire ce qu'ils font. 

Mais peut-on apprendre la compassion ?

C'est drôle comme question ! (Rires.) On apprend bien à lire et à écrire ! C'est une question d'entraînement.

Tout le monde a des moments de bienveillance inconditionnelle vis-à-vis d'un être cher, un enfant, un animal. On n'a qu'une envie, c'est que cette personne soit heureuse, épargnée par la souffrance, sauf que cela dure quoi, quinze secondes ? Et puis on passe à autre chose, ce n'est pas quelque chose que l'on cultive comme on fait des gammes de piano.

La méditation n'a rien de mystérieux, elle ne consiste pas à vider son esprit en s'asseyant sous un manguier avec deux bâtons d'encens. C'est entraîner son esprit à des capacités dont on a le potentiel et qui sont à l'état dormant tant qu'on ne les amène pas à un point optimal, exactement comme lorsque vous apprenez à lire et à écrire. C'est l'entraînement de l'esprit.


1. Coauteur, avec Ilios Kotsou, de "Les folles histoires du sage Nasredin", dessins de Gabs, éd. de L'Iconoclaste et Allary. 2. Coauteur, avec Jason Gruhl, de l'album pour enfants "Nos amis les animaux", illustrations de Becca Hall, éd. Allary. 3. mindfulness-solidaire.org et karuna-shechen.org 

Article publié dans le magazine Marie Claire n°824, mai 2021 

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dimanche 17 janvier 2021

Comment ouvrir les yeux au quotidien

 


1. Respirer, s'arrêter

Quand je photographie, je suis ici et maintenant, présente à ce qui m'est donné de voir et de goûter. Il est bon de prendre des temps de respiration, de se préserver des moments dans la journée où l'on s'arrête. Même dans un quotidien surchargé, c'est possible. Dans une file d'attente, par exemple, on peut soit attendre passivement, soit regarder ce qu'il y a autour de soi. Cette présence au présent était pour moi un combat quand mes enfants étaient petits : en leur donnant le bain, j'avais envie d'être avant ou après, partout sauf là, devant la baignoire ! Mais c'est un combat qui mérite d'être mené.

2. Changer de lunettes

Reprenons l'exemple de la file d'attente : ce temps mort qui agace, comment peut-on le vivre autrement ? À quoi peut-on s'ouvrir dans cette situation qui ne nous convient pas ? Comment opérer cette bascule vitale ? Choisir de voir le verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide, est un véritable choix qui demande de la volonté. Je sais de quoi je parle puisque je suis une râleuse née !


3. Convertir son regard

Finalement, c'est une question de conversion du regard. Tout l'enjeu est de voir au-delà de ce que l'on voit. Une poubelle, par exemple, est un objet qui est a priori moche et repoussant. Mais l'on peut repérer les couleurs, les lignes et les ombres. Ou une tache sur le sol : elle peut avoir une forme de coquillage ou de visage. Cette capacité d'émerveillement permet de trouver l'extraordinaire dans l'ordinaire. Voir le beau dans le quotidien, c'est aussi ne pas perdre la foi dans les temps d'épreuve, de souffrance et de difficultés. C'est une grâce à demander que de croire qu'il existe du beau et du bon dans chaque homme et dans chaque situation, que Dieu est toujours là, à nos côtés.

4. Se décentrer

Il est difficile, voire impossible, de voir la beauté autour de soi si nous restons centrés sur nous-même. Selon moi, il n'y a pas de meilleure école pour se décentrer que la louange, cette attitude qui consiste à s'émerveiller des merveilles de Dieu et des autres.

Marine de Villepin

(source : La Vie)

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jeudi 14 janvier 2021

Capter l'énergie...

 


- A la lettre E de votre dictionnaire, il y a le mot émerveillement, qu’il nous faut réapprendre à pratiquer. Qu’est-ce qui vous a émerveillé, vous, aujourd’hui?
Christophe André : "Rien de particulier aujourd’hui, parce que, dans l’émerveillement, il y a quand même le fait de se sentir bouleversé. Comme lorsque je découvre au hasard d’une lecture les pensées merveilleuses d’un poète ou d’un philosophe en me disant que c’est fou que le cerveau d’un être humain puisse produire des choses aussi lumineuses. Mais plusieurs faits m’ont réjoui. Le beau ciel de ma Bretagne, avec tout à coup de magnifiques nuages de toutes les couleurs, la marée qui monte… J’aimerais vous raconter une anecdote personnelle. J’avais un maître en matière d’émerveillement, c’était mon beau-père, la seule personne que j’appelais «le maître», car c’était un maître de bonheur. Il était très drôle, très inspirant pour moi, il avait une grande chemise en carton, que l’on a découverte à sa mort, sur laquelle il avait écrit: «Choses qui m’émerveillent.» Il découpait tous les articles de journaux, toutes les bonnes nouvelles scientifiques, médicales, les avancées de la société, les petits faits divers réjouissants, et je pense souvent à ces choses qui m’émerveillent les jours où je suis grognon, énervé, où j’ai tendance à ne voir que les égoïsmes, les rouspéteurs, les trucs qui vont de travers. Finalement, c’est une attitude à cultiver. Se rappeler tout ce qui va bien ici-bas, non pas pour oublier ce qui va mal, mais pour avoir la force de le regarder en face et l’énergie de le transformer. Il faut capter l’énergie des bonnes choses pour s’attaquer aux mauvaises. "



- A la lettre N de votre dictionnaire de sagesse, il y a Nietzsche, qui a écrit: «Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.» Pourtant, vous n’aimez pas cette phrase. Pourquoi?

Christophe André :
- Elle n’est pas généralisable à tous et, d’ailleurs, il ne parlait que pour lui et pas pour tous les humains. Je pense qu’on peut se sortir de cette crise par le haut à condition que le plus grand nombre d’entre nous fasse l’effort de réfléchir à ce qui n’est plus possible dans nos façons de vivre: les voyages incessants, les égoïsmes nationaux, cette obsession de sauver des vies au lieu de sauver des existences… Faire gagner quelques années de vie aux anciens en massacrant l’existence à venir des plus jeunes, on ne peut pas continuer comme ça sans réfléchir à ce qu’on fera lors de la prochaine pandémie. On doit se poser ces questions si l’on veut justement devenir plus forts.

Christophe André
Source : l'Illustré
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mardi 24 novembre 2020

Pensée transmise par Matthieu Ricard

 



Tous les bonheurs du monde viennent
De la recherche du bonheur d'autrui ;
Toutes les souffrances du monde viennent
De la recherche de son propre bonheur.

Bodhicaryavatara, La Marche vers l'Éveil, chap. 8, versets 129-130.

SHANTIDEVA (685-763)


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dimanche 8 novembre 2020

J'espère que...

 


« J'espère qu'il fera beau », « j'espère que ça va s'arranger », « j'espère qu'il ne va pas tomber malade... ». Combien de fois dans la journée prononçons-nous cette petite phrase : « J'espère que... ». Il y a les grands espoirs, surtout en ce moment de troubles, et puis tous les petits du quotidien. Or le Dalaï-Lama, qui a tant de belles phrases sur la compassion, a dit plusieurs fois une phrase qui m'a choquée : « Pas d'espoir, pas de peur. » Je connaissais déjà le : « N'espérez rien, vous ne serez pas déçu », mais j'ai toujours refusé cette phrase la trouvant assez négative, comme un repli sur soi et justement l'expression d'une peur. Je ne pouvais croire que c'était ce que le Dalaï-Lama voulait dire. J'ai donc entrepris de creuser un peu.

Une attente anxieuse

J'ai d'abord essayé de voir quand j'espérais, et ce qui se passait ensuite. Eh bien, j'espère tout au long de la journée, et beaucoup de ces espoirs ne se réalisent pas ! J'ai alors essayé de trouver un fil conducteur ; parfois j'espère des choses qui ne dépendent pas de moi : un peu de soleil pour faire du vélo, par exemple. S'il pleut, je le regrette, mais c'est l'automne, et la pluie, c'est bon pour les sources ! Et puis il y a les choses qui dépendent de quelqu'un d'autre : « J'espère que cette personne va me téléphoner », « j'espère que je vais pouvoir louer cet appartement »...

Et là, ça ne se passe pas du tout pareil : j'attends avec plus ou moins d'anxiété et, si ça ne marche pas, je suis mécontente ou carrément en colère. Pourquoi après avoir promis de m'aider cette personne me laisse-t-elle tomber ? Je ne vois aucune bonne raison - mais il est évident qu'elle en voit, et que je ne les connaîtrai pas Pourquoi n'ai-je pas été choisie pour ce travail, cet appartement, cette opportunité ? Je rumine, je grommelle, j'explique dans ma tête à ces dites personnes ce que je pense d'elles, et ce n'est pas flatteur, bref, je suis de mauvaise humeur.

Le désir de me poser

J'ai le sentiment d'avoir perdu quelque chose qu'en fait je n'ai jamais eu autrement que dans mon idée. Il me semble qu'on me ce qui, pourtant, ne m'avait jamais été promis. J'ai un sentiment de perte, de manque. Peu importe ce qui m'arrive à côté, j'ai la certitude que tout pourrait être beaucoup mieux, que mes désirs sont là pour être comblés. Ah ! Nous y voilà : je ne suis pas satisfaite de ma vie en cet instant. Il y a plein d'améliorations à y faire . N'est-ce pas naturel, me demanderez-vous ? Eh bien, je n'en suis pas sûre. « Comment, n'espérez-vous pas que cette épidémie, ces guerres, cette misère prennent fin ? »

Oui, bien sûr, qui serait indifférent à tout cela ? Mais mes espoirs, ceux qui font naître chez moi anxiété, attentes et mauvaise humeur ne sont pas de cet ordre. Ils naissent d'une incapacité presque permanente à être satisfaite de ce que je vis dans ce moment ; ils expriment le désir de plus, de mieux et le ressenti constant d'un manque. « Comment ? Est-ce que ce n'est pas le désir d'améliorer notre vie qui justement nous fait avancer, étudier, travailler ? » Oui, c'est vrai, mais est-ce qu'il n'y a pas des moments où l'on pourrait simplement se dire : « Voilà, ce n'est pas parfait, mais comme c'est, ça va. » Et vivre sans attentes Aujourd'hui, j'ai envie de prendre les choses de ma vie comme elles sont, de me poser un peu, de ne plus chercher toujours autre chose. Et si vous n'êtes pas d'accord avec moi, eh bien, pour me rattraper, dans la prochaine chronique je parlerai de soleil et de la fin de cette maladie, enfin je l'espère !

Joshin Luce Bachoux
source : magazine La Vie

mardi 21 avril 2020

Émerveillement

Le livre "Emerveillement"

Pensée de la semaine
Si cette vie que bat le vent de mille maux
Est plus fragile encore qu'une bulle sur l'eau,
Il est miraculeux, après avoir dormi,
Inspirant, expirant, de s'éveiller dispos !
Nagarjuna, Lettre à un ami (shes pa'i pring yig), verset 55. Traduction de l'auteur.
NAGARJUNA (1st century)
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