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samedi 22 mars 2025

Etre un avec l’autre

être un avec l’autre :
donc comprendre son monde ,
saisir la logique du dit monde ,
ne pas frontalement contrer cette logique
dès lors qu’il y a identification massive ,
émotion à fleur de peau
et parfaite inconscience de la dynamique à l’œuvre …
et ne pas pour autant servir la soupe à l’égo et au mental
ne pas cautionner le délire
le délire aveugle sourd et auto centré
participant de la maladie du monde …
Voilà bien un des défis auxquels un enseignant intègre se trouve parfois confronté
Un défi face auquel il n’est pas de recette.
Juste veiller à ce que l’égo ( celui de l’enseignant ou plutôt celui toujours susceptible de redresser la tête chez la personne au service de l’enseignement) ne s’en mêle pas.
Demeure alors un espace de compassion
impuissant

Gilles Farcet

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jeudi 21 novembre 2024

Peut-on saisir l'instant

 Mes chers amis,


Lama Sangpo qui a pris la succession de lama Teunsang au centre bouddhiste de Montchardon était ce Week end en visite au centre bouddhiste tibétain de Genève dont Jean Marc Falcombello est l'enseignant .

Il nous a donné une instruction très simple pour nous aider à méditer : 

"Si je porte mon attention à la pensée, dans l'instantanéité, juste au moment où elle se produit, cela disparaît, cela cesse."

Cette invitation, extrêmement simple est très profonde, car elle nous fait réaliser, si on la pratique vraiment, qu'aucune pensée n'est saisissable, que nos pensées sont semblables à courant dans lequel il n'y a jamais la même eau.

Chaque pensée ne peut être vue que dans l'instant et elle est sans durée. On ne peut donc en faire l'expérience que dans l'instant.

L'instant est le seul moment auquel nous avons accès. Nous n'avons plus accès à avant et nous n'avons pas encore accès à après. Nous ne connaissons que la pensée de maintenant. Et ce que nous percevons dans l'instant, si nous nous en approchons, cela disparaît, comme un mirage dans le désert.

Ce monde de pensée ne serait donc qu'une succession d'instants insaisissables. Quelle est donc la substance des pensées ?

Ne peut-on pas dire qu'elles sont insubstantielles, sans substance individualisable ? Qu'elles sont en essence vides, sans nier leur apparence ? Peut-on en dehors de la méditation rester conscient de cela ?

Nous ne choisissons pas nos pensées, mais les pensées que nous suivons vont être à la base de nos actes. Etre conscient de ses pensées dans l'instant est la base d'une vie avec des actes conscients, des actes dont nous allons progressivement découvrir les conséquences.

Allons-nous favoriser les actes qui font du bien à nous et aux autres, plutôt que ceux qui entraînent de la souffrance ? Lequel de ces deux types d'actes nous permet-il de nous détendre dans le bien-être ?

Dévoiler la nature de nos pensées est un chemin pour dévoiler notre véritable nature et la laisser s'exprimer par son expression naturelle qui est pleine d'amour et de compassion.

Avec ma profonde amitié pour vous tous.

Philippe Fabri

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lundi 1 janvier 2024

Voeux pour 2024 : "se transformer soi-même pour mieux servir les autres"




Extrait de Se changer, changer le monde, avec Matthieu Ricard, Christophe André, Jon Kabat-Zinn, Pierre Rabhi, Éditions L’Iconoclaste.

Changer le monde cela revient, de mon point de vue, à se transformer soi-même pour mieux servir les autres. Tout en évitant de changer le monde de manière destructrice, en dévastant notre environnement, en exploitant les animaux et en causant la disparition de nombreuses autres espèces, cela implique d’avoir une attitude responsable à tous les niveaux. Se changer soi-même pour mieux changer le monde, c’est se libérer des toxines mentales que sont la haine, l’avidité, la jalousie, l’orgueil et l’esprit de vengeance qui empoisonnent notre existence et celle des autres. Pour pouvoir changer le monde, il faut d’abord avoir trouvé un sens à son existence, et essayer de le partager.

Du point de vue collectif, ce changement passe par une évolution de nos cultures, de nos attitudes, motivations, valeurs et priorités. Cela implique notamment de passer d’une culture qui prône l’individualisme et le chacun pour soi à un monde qui prend plus en considération l’altruisme et la coopération, laquelle a toujours été au cœur de l’évolution.

L’altruisme véritable existe-t-il véritablement ? Si oui, pouvons-nous le cultiver, l’amplifier comme un talent ou une capacité ? De nombreux travaux de recherche sur les effets de la méditation ont lieu actuellement. Au début, ces recherches ont commencé avec des méditants confirmés, qui se sont exercés entre dix mille et cinquante mille heures, autant d’hommes que de femmes et de pratiquants laïques que de moines et de nonnes. Les résultats de ces études ont montré que la capacité à développer la compassion et l’altruisme ne dépend pas de la culture orientale ou occidentale, ni du genre masculin ou féminin: il s’agit essentiellement d’une question d’entraînement.

Ce qu’il est important de retenir, pour la société, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’avoir médité cinquante mille heures: quelques semaines de méditation, trente minutes par jour ont déjà des effets bienfaisants. Dans une de ces études, un instructeur a entraîné pendant deux semaines, à raison de vingt minutes par jour, un groupe de personnes à penser davantage aux autres, à essayer de se mettre à la place de l’autre, à méditer pour engendrer dans leur esprit l’amour altruiste, la bienveillance, la compassion à l’égard de ceux qui souffrent. Le groupe témoin (il faut toujours faire une comparaison, sinon les études ne sont pas valables) était formé à utiliser une méthode psychologique qui est connue pour engendrer des comportements prosociaux.

Cette méthode consiste à considérer les situations sous un angle différent, un angle plus vaste : si quelqu’un vous a insulté, au lieu de se concentrer uniquement sur l’insulte, sur l’incident et sur les aspects désagréables de la personne, on élargit et on prend en considération ce que vit la personne, ses comportements habituels. Les résultats ont montré que la méditation favorisait encore davantage les comportements prosociaux. Cette étude qui a été réalisée par Helen Weng dans le laboratoire de Richard Davidson (le pionnier dans les études en neurosciences de la méditation) a montré des changements au niveau cérébral, notamment en ce qui concerne l’amygdale (une structure cérébrale liée aux émotions, plus particulièrement à la peur et à l’agressivité).



Un conseil de Matthieu Ricard pour un monde plus humain : 

Pratiquer l’altruisme

Changer notre vision de ceux qui nous entourent
Nous pouvons nous entraîner à comprendre et à voir que la vie est beaucoup plus tissée de coopération que de compétition, d’entraide que d’hostilité, de sollicitude que de malveillance.

Vérifier nos motivations
Il est également utile de vérifier constamment notre motivation « Notre motivation est-elle altruiste ou égoïste ? Recherchons-nous le bien de quelques-uns ou du plus grand nombre ? À court ou à long terme.». Nous devons nous interroger à maintes reprises de cette façon.

Nous engager
Cultiver l’altruisme ce n’est pas simplement dire que l’altruisme, c’est bien. La compassion sans action est stérile. Il faut avoir constamment cet engagement à l’esprit et le traduire en actes dès que c’est possible, dans toutes les circonstances de la vie courante, mais aussi par exemple, en s’impliquant dans des activités bénéfiques aux autres (bénévolat, ONG, etc.).

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samedi 21 octobre 2023

Imprégner l’empathie de compassion

 Extrait du livre de Matthieu Ricard, Plaidoyer pour l’altruisme...



Je discutais récemment avec une infirmière qui, comme la plupart de ses collègues, est continuellement confrontée aux souffrances et aux problèmes des patients dont elle s’occupe. Elle me disait que dans les nouvelles formations de personnel soignant, l’accent était mis sur la « nécessité de garder une distance émotionnelle vis-à-vis des malades » pour éviter le fameux burnout qui affecte tant de professionnels de la santé. Cette femme très chaleureuse, dont la simple présence rassure, me confia ensuite : « C’est curieux, j’ai l’impression de gagner quelque chose lorsque je m’occupe de ceux qui souffrent, mais lorsque je parle de ce “gain” à mes collègues, je me sens un peu coupable de ressentir quelque chose de positif. » Je lui décrivis brièvement les différences qui semblent exister entre la compassion et la détresse empathique. Cette différence concordait avec son expérience et prouvait qu’elle n’avait aucune raison de se sentir coupable. Contrairement à la détresse empathique, l’amour et la compassion sont des états d’esprit positifs, qui renforcent la capacité intérieure à faire face à la souffrance d’autrui.

Si un enfant est hospitalisé, la présence à ses côtés d’une mère aimante qui lui tient la main et le réconforte avec d’affectueuses paroles lui fera sans doute plus de bien que l’anxiété d’une maman submergée de détresse empathique qui, ne pouvant supporter la vue de son enfant malade, fait les cent pas dans le couloir. Rassurée par mes explications, cette amie infirmière me confia qu’en dépit des scrupules qu’elle avait de temps à autre, ce point de vue s’accordait avec son expérience de soignante.

À la lumière de ces recherches préliminaires, il semblerait donc logique de former à l’amour altruiste et à la compassion ceux dont le métier consiste à s’occuper quotidiennement de personnes qui souffrent. Une telle formation aiderait également les proches (parents, enfants, conjoints) qui prennent soin de personnes malades ou handicapées. L’amour altruiste crée en nous un espace positif qui sert d’antidote à la détresse empathique et empêche que la résonance affective ne s’amplifie au point de devenir paralysante et d’engendrer l’épuisement émotionnel caractéristique du burnout. Sans l’apport de l’amour et de la compassion, l’empathie livrée à elle-même est comme une pompe électrique dans laquelle l’eau ne circule plus : elle va rapidement s’échauffer et brûler. L’empathie doit donc prendre place dans l’espace beaucoup plus vaste de l’amour altruiste. Il importe également de considérer l’aspect cognitif de la compassion, autrement dit la compréhension des différents niveaux de la souffrance et de ses causes manifestes ou latentes. Ainsi, nous sera-t-il possible de nous mettre au service des autres en les aidant efficacement tout en préservant notre force d’âme, notre bienveillance et notre paix intérieure. Comme l’écrit Christophe André : « Nous avons besoin de la douceur et de la force de la compassion. Plus on est lucide sur ce monde, plus on accepte de le voir tel qu’il est, et plus on se rend à cette évidence : nous ne pouvons rencontrer toutes les souffrances que l’on rencontre dans une vie d’humain, sans cette force et sans cette douceur."

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lundi 31 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (7)

 L’union de la connaissance-sagesse et de l’amour-compassion


Une vie marquée par la recherche de la connaissance-sagesse et l’exercice sans cesse renouvelé de l’amour-compassion ; l’union de deux mouvements intérieurs afin de nous mettre en intime connexion avec l’essence même de notre conscience, l’essence même de notre être : il y a là la promesse de trouver enfin cette paix à laquelle nous aspirons depuis toujours, sans même nous rendre compte qu’à travers tout ce que nous accomplissons dans notre vie nous sommes, en vérité, sans cesse à sa recherche. Cette paix fondamentale dont nous avons tous l’intuition, nous la connaissons déjà. Certes, elle nous semble masquée par les nuages de nos pensées, de nos émotions, de nos tourments, mais comme la glorieuse brillance du soleil n’est jamais affectée par les nuages qui parfois l’obstruent, elle est toujours présente, accessible, immuable, calme, éternelle, inaltérable. Nous sommes déjà, intrinsèquement, cette paix, cette conscience. Elle est notre nature, le point de départ de toute vie et sa destination ultime. Et, de façon peut-être un peu difficile à comprendre, cette paix est, par elle-même, le chemin que nous devons emprunter pour qu’il nous mène à elle. Elle est ainsi le point de départ, le point d’arrivée et le chemin lui-même...

Dé-couvrir notre paix fondamentale, retirer ce qui couvre cette paix naturelle, comme se dissipent les nuages pour révéler l’immensité du ciel et la clarté du soleil : n’est-ce pas un magnifique projet de vie, en dépit de toutes les épreuves et difficultés passées, présentes et à venir au cours de notre existence ? Ne pourrions-nous pas nous donner la chance d’expérimenter concrètement, par nous-mêmes, cette voie afin de vérifier si elle est bonne pour nous, si c’est un chemin qui nous donne ce sentiment profond de sens et d’accomplissement dont nous avons tant besoin ? Nous seuls pouvons le décider, en connaissance de cause.


Alors quelles décisions prendre ? Allons-nous saisir la perche qui nous est tendue à travers les récits extraordinaires que nous avons abordés dans ce livre ou allons-nous nous contenter d’être fascinés par eux, sans chercher à en comprendre et à en faire quoi que ce soit ? Ne serait-ce pas là la raison fondamentale de l'oubli de ce que nous sommes vraiment — l’oubli de l’inconcevable grandeur de notre être, l’oubli de ce qui a été vécu « avant », l’oubli de ce que nous avons « décidé » de vivre sur cette terre ? Prendre la décision, en tant qu'hommes ou femmes fondamentalement libres, de choisir ou non l’amour, en étant totalement responsables de ce que nous sommes, assumant tout ce que nous faisons, tout ce que nous disons. Peu importe si, en retour, les autres n’assument pas la responsabilité des actes qu’ils posent. Oui : choisir l’amour, le laisser rayonner en nous et autour de nous, quels que soient les obstacles, quelles que soient les difficultés, profondément ancrés dans la certitude que c’est cela qu’il nous est demandé d’apprendre dans cette existence, afin de pouvoir vivre, puis de mourir en paix. Et continuer encore et encore, après cette existence, à explorer les insondables dimensions de la conscience...

Telle serait l’essence de notre mission de vie : la sagesse et l’amour, en totale harmonie avec les enseignements de ces incroyables expériences humaines qui, sans l’ombre d’un doute, nous montrent cette voie sacrée à laquelle tout en nous aspire. Une voie de joie, de courage, de dignité, d’amour et de sagesse pour apprendre à vivre pleinement cette vie.

Cette vie... et au-delà !

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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samedi 29 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (5)

 

L’amour-compassion


Pour que l’oiseau puisse s’envoler dans le ciel, il lui faut aussi l’aile de l’amour-compassion. S’il ne doit rester qu’un seul enseignement issu de tous ces phénomènes que nous avons abordés, c’est bien celui-là. Certes, affirmer que l’amour est l’axe essentiel de notre mission de vie peut prêter à sourire, sembler un peu grandiloquent. Et pourtant, relisez les témoignages de ces personnes qui ont frôlé la mort : n’est-ce pas l’amour qui leur est apparu comme la seule chose qui comptait vraiment dans leur existence ? Mais de quel amour s’agit-il ? En sanscrit, on découvre quatre magnifiques facettes de cette notion qui sont autant de voies d’inspirations à incarner dans notre vie :

— Maitri désigne la bienveillance ou l’amour bienveillant. Il réside dans le désir d’un parent d’aider son enfant afin qu’il gagne en confiance en lui, dans l’enthousiasme d’une enseignante qui souhaite éveiller ses élèves aux merveilles du monde, dans le souhait de construire une amitié dont on pressent la richesse. C’est un mouvement en avant du cœur qu’il est toujours possible de susciter en soi.

Karuna parle de compassion et d’ouverture quand on voit la peine ou la souffrance d’autrui. C’est le geste délicat d’une infirmière qui redresse avec douceur un malade dans son lit, c’est le désir de rejoindre une association qui apporte du réconfort à celles et ceux qui en ont besoin, c’est cet élan intérieur qui pousse à vouloir consoler une femme qui vient de perdre son compagnon.

Mudita est la joie altruiste, le partage sans calcul de tout ce que l’on est en tant que personne. C’est le don gratuit, joyeux de nos talents, de nos aptitudes, de notre intelligence, de notre sensibilité...

Upeksa est l’aspiration à la paix, à l’harmonie, à l’égalité dans le regard qu’on porte sur les autres, à l’équanimité dans l’amour ou l’attention donnée, à la non-discrimination. C’est aussi le souhait de libérer (les autres et soi-même) de tout ce qui empêche, de tout ce qui entrave...

Pas besoin de grandes missions humanitaires pour mettre tout cela en œuvre ! Pas besoin d’être un saint non plus ! Il suffit d’une simple décision, renouvelée chaque jour, chaque minute, chaque seconde, d’aligner sa vie sur une direction d’amour. C’est choisir d’offrir un sourire alors qu’on pourrait très bien s’en passer, ou de s’abstenir d’une parole blessante dont on savourerait pourtant l’impact. Ce sont des choix qui, là encore, sont entre nos mains à chaque instant. Une multitude de choix qui, isolément, semblent insignifiants mais qui, aux dires des personnes ayant fait une EMI, sont la marque première de ce qui définit une vie "réussie".

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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lundi 5 septembre 2022

L'Amour est lien

« L'amour altruiste est le sentiment spontané d'être relié à tous les autres êtres. Ce que vous ressentez, je le ressens. Ce que je ressens, vous le ressentez. Il n'y a pas de différence entre nous […] Lorsque j'ai commencé à pratiquer la méditation de la compassion, j'ai observé que ma sensation d'isolement commençait à s'atténuer, tandis que je ressentais de plus en plus une impression de force. Là où, auparavant, je ne voyais que des problèmes, je me mis à ne voir que des solutions. Alors que je considérais mon bonheur comme plus important que celui des autres, je commençais à percevoir le bien-être des autres comme le fondement même de ma paix intérieure. »

Yongey Mingyour Rinpotché

------------------ Pensée de la semaine avec Matthieu Ricard (et internet qui revient)...


mercredi 2 mars 2022

compassion des arbres...

 


Devant ce que la vie a de plus cruel, toutes les pensées parfois s'effondrent privées d'appui, et il ne nous reste plus qu'a demander aux arbres qui tombent sous le vent de nous apprendre cette compassion que le monde ignore.

"La presence pure"

Christian Bobin

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mardi 1 mars 2022

Pratique du vœu

 Dans la monotone succession des jours, les petits gestes qui nous paraissent banals ou insignifiants ont pourtant toute leur importance. La nonne bouddhiste y apporte toute une qualité de présence en formulant des souhaits. Ou comment cultiver la joie de vivre, la compassion et l'amour.


Vous arrive-t-il de faire des vœux ? Je ne parle pas des vœux de ­Nouvel An mais de ces souhaits devant une étoile filante dans le ciel d’été : aller marcher sur la lune, flâner sous les tropiques à bord d’une jonque…

Dans notre tradition, nous faisons souvent des vœux, mais d’une tout autre sorte : il s’agit de partir du quotidien, et même des moments les plus banals de ce quotidien, ces moments que l’on ne voit même plus parce qu’ils ne font que se répéter, jour après jour. Or ces petits gestes qui nous semblent sans importance, poster une lettre, allumer son portable sont en fait ceux qui tissent notre vie même, dans son ennui, dans sa routine ; alors plutôt que de les ignorer, transformons-les grâce à un vœu :

Allumant mon Smartphone,

je fais le vœu de n’y déposer tout au long de la journée

que des paroles bienveillantes.

Notre vœu est à la fois un vœu minuscule et un vœu immense ! Un vœu minuscule parce qu’il est réalisable, avec un petit peu d’attention, un petit peu de cœur. Immense car il va changer notre journée pour le meilleur. Il va permettre de vivre au creux même des jours, sans rien perdre, sans se perdre.

M’éveillant au matin,

je fais le vœu d’écouter ceux que j’aime

surtout ce que je n’entends pas.

Il y a beaucoup de vœux possibles, en fait, il n’y a pas d’instant qui n’y soit propice. Les vœux qui nous font sourire :

Redémarrant la Box,

je fais le vœu de me souvenir

que moi aussi j’ai parfois besoin de déconnecter.

Quand j’entends le moustique zinzinner à mon oreille,

je fais le vœu de me rappeler

que j’en ai embêté plus d’un avec mon bavardage.


Ceux qui nous rendent plus sages :

Devant le grand ciel bleu

je fais le vœu de ne pas oublier

qu’il y a aussi des jours avec nuages.

Après avoir écouté la radio ce soir,

je fais le vœu d’être attentive

à ne pas rajouter un seul geste de violence

dans ce monde qui en déborde.


Et ceux qui allègent nos journées :

Vidant la poubelle,

je fais le vœu de me débarrasser aussi

de ce qui encombre mon esprit.


Ou qui nous aident à mieux voir :

Lorsque je tombe sur quelqu’un de désagréable,

je fais le vœu de bien regarder

s’il n’y a pas la même personne au fond de moi.


Il y en a pour chaque occasion :

Quand au lever je vois le soleil déjà debout

je fais le vœu

de ne pas dormir ma vie.


Assis à une terrasse de café

je fais le vœu de déguster ma journée

comme elle sera servie.


C’est une façon de remplir nos jours, de mettre de la joie dans les petites choses qui en deviennent pleines de compassion et d’amour :

Remplissant de graines la mangeoire à oiseaux,

je fais le vœu

d’être source de réconfort en toutes circonstances.


N’est-ce pas merveilleux : plus rien dans notre vie n’est laissé de côté ! Plus aucune activité n’est trop petite pour être pleinement vécue et partagée. C’est tout simple ! ...

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source : La Vie

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vendredi 7 mai 2021

Mathieu Ricard : "La bienveillance, c'est une question d'entraînement"

 

 Plus que jamais engagé dans de nombreux projets humanitaires, le moine bouddhiste et essayiste en est persuadé : le Covid-19 est un signal d'alarme qui pointe notre rapport déséquilibré aux autres espèces vivantes. Pour lui, ce n'est qu'en prenant soin du monde et de nos semblables que nous retrouverons l'équilibre. On ne présente plus Matthieu Ricard, le moine bouddhiste aux multiples talents. Auteur, photographe, interprète du Dalaï-lama, ce globe-trotteur est un pèlerin au service de l'altruisme en action, "fil d'Ariane qui peut indiquer le juste chemin dans ce dédale de préoccupations" que sont "la recherche du bonheur, la protection du vivant, les impératifs de l'économie et la prise en compte des générations futures", et que la crise sanitaire rend encore plus aiguës.

Loin de son monastère népalais, confiné depuis des mois en Dordogne auprès de sa mère de 97 ans, il a fêté les 20 ans de son ONG Karuna-Shechen, dont les programmes bénéficient à plus de 250 000 personnes dans l'Himalaya. Et a lancé Résilience, un projet pilote en France avec le Samu social de Paris, pour que ceux qui viennent en aide aux plus vulnérables soulagent la souffrance des autres sans s'y perdre.

Marie Claire : Comment pouvons-nous résister à ce climat délétère ?


Mathieu Ricard : Il faut améliorer les conditions extérieures mais notre contrôle reste limité, éphémère et souvent illusoire. Il importe donc de cultiver les ressources intérieures. L'univers n'est pas un catalogue où l'on commande selon nos désirs et nos goûts. Récemment Mind and Life Europe a organisé un webinar avec le Dalaï-lama sur le thème : "Notre humanité commune en période d'incertitude", mais l'incertitude est toujours présente.

Quand on est un méditant, on doit toujours se demander ce qui viendra en premier : demain matin ou ma propre mort. Ce n'est pas pour sombrer dans la morosité mais pour donner toute sa valeur au temps qui passe : écouter la pluie, regarder le soleil ou la beauté de l'être humain. Lors d'une de mes rencontres avec le père Ceyrac, il sortait du métro et me dit : "Les gens sont si beaux, mais ils ne le savent pas."

C'est la capacité d'émerveillement…

Oui, et l'émerveillement mène au respect. Vous n'allez pas détruire ce qui vous émerveille. Concerné par leur sort, vous allez préserver la nature, les autres espèces, prendre soin de vos 122 semblables, venir au secours de ceux qui sont dans le besoin.

Il nous faut donc cultiver l'altruisme ?

Certains nous font un faux procès : "Vous faites ça parce que ça vous fait du bien, encore un truc égocentrique." C'est ridicule, cela revient à dire : "Il faut faire un feu qui éclaire mais qui ne donne pas de chaleur."

C'est dans la nature des choses : si vous êtes généreux, ouvert à autrui, accueillant, vous vous sentirez bien. Avoir chaud au cœur est un "bonus" de la bienveillance, mais son but principal est d'accomplir le bien d'autrui. Tout le monde est gagnant alors que dans l'égoïsme, tout le monde est perdant.

Longtemps assimilée aux moines ou aux adeptes du new-age, la perception de la méditation a beaucoup évolué…

Il y a trente ans, vous proposiez un article sur la méditation à une revue scientifique, on levait les yeux au ciel. Après vingt ans de recherche, des centaines d'études sont publiées chaque année. Il existe différents types de méditations : celle sur l'amour altruiste augmente votre bienveillance, celle sur la pleine conscience augmente l'attention mais pas forcément les comportements pro sociaux…

Si vous musclez vos biceps, vous ne musclez pas vos mollets. Chaque type d'entraînement de l'esprit a une signature différente dans le cerveau et notre état d'esprit influe sur notre santé.

Si on peut muscler son cerveau, pourquoi alors ne pas apprendre ces techniques à nos enfants ?

Le neuroscientifique Richard Davidson a développé le Kindness Curriculum pour les enfants : 40 min, trois fois par semaine pendant dix semaines. Les résultats sont étonnants sur leurs interactions sociales, mais aussi sur leur équilibre émotionnel et leur intérêt à apprendre.

Un autre projet, Silver Santé, financé par la Commission européenne, a étudié les effets de l'entraînement de l'esprit sur le vieillissement. Cent cinquante volontaires de plus de 65 ans ont été testés par l'Inserm au centre Cycero de Caen ainsi qu'à Lyon. Les résultats sont en cours d'analyse. Une étude préliminaire de la structure et du métabolisme du cerveau de méditants à long terme a révélé un gain de dix à quinze ans…

D'où votre juvénilité !

Oui, ça va encore, on me dit que je ne fais pas mes 75 ans. (Rires.) Et il faut aussi garder le sens de l'humour (1).

La pandémie a-t-elle changé notre rapport au monde et aux autres ?

Il y a eu d'immenses souffrances qui nous rappellent notre fragilité et doivent nous inciter à la solidarité. Le virus a aussi balayé notre arrogance. L'homme se voyait en maître de l'univers : il peut manipuler les gènes, envoyer des hommes sur la lune, les transhumanistes nous promettent de vivre trois cents ans… et un virus d'un dixième de millimètre fait tout voler en éclat.

La Covid-19 est un signal d'alarme : tous les virus importants depuis trente ans, Ebola, grippe aviaire, grippe porcine, Sras, sont liés au rapport malsain ou déséquilibré que nous entretenons avec les autres espèces, notamment à cause de l'élevage industriel et la destruction des milieux naturels des espèces sauvages. On dévalorise les animaux en les réifiant, ils deviennent des machines à saucisses… Ils ne sont plus des sujets de vie alors que la plupart d'entre eux possèdent une large gamme d'émotions. On leur impose le droit du plus fort sans aucune justification éthique (2).

Face au virus, quel regard posez-vous sur notre société occidentale et son refus de la mort ?

En Occident, on a oblitéré la pensée de la mort, elle est cachée, aseptisée, alors qu'en Orient, on meurt en famille entouré de toute la communauté. On dit : "La mort est certaine et son heure est imprévisible". Y réfléchir souvent donne tout son sens à l'existence, sinon, à force d'oublier que l'on va mourir, on oublie qu'on est en vie.

Votre ONG, qui agit en Asie, lance un projet en France…


Karuna-Shechen a vingt ans d'existence, j'ai donné de nombreuses conférences au profit d'autres ONG en France, j'ai eu envie de faire quelque chose ici. En coconstruction avec Mindfulness Solidaire, Karuna-Shechen (3) et le Samu social de Paris, on a lancé Résilience, un projet pilote pour ses travailleurs sociaux. On sait qu'aux États-Unis, 60 % du personnel médical et des travailleurs sociaux ont été, sont ou seront affectés par un burn-out.

À force de résonner avec la souffrance des autres, on tombe dans l'épuisement émotionnel. Ce n'est pas la fatigue de la compassion mais de l'empathie. Avec la neuroscientifique Tania Singer, via des IRM, nous avons montré qu'en s'engageant dans la compassion, au lieu d'épuiser nos ressources, on les régénère. C'est un état mental constructif qui va vers l'autre alors que l'empathie est l'effet que la souffrance de l'autre a sur vous.

Karuna-Shechen finance donc un cycle de huit sessions d'échange et de pratique méditative pour aider les travailleurs sociaux du Samu social de Paris, confrontés à un défi permanent, à être encore plus résilients, plus forts, plus heureux de faire ce qu'ils font. 

Mais peut-on apprendre la compassion ?

C'est drôle comme question ! (Rires.) On apprend bien à lire et à écrire ! C'est une question d'entraînement.

Tout le monde a des moments de bienveillance inconditionnelle vis-à-vis d'un être cher, un enfant, un animal. On n'a qu'une envie, c'est que cette personne soit heureuse, épargnée par la souffrance, sauf que cela dure quoi, quinze secondes ? Et puis on passe à autre chose, ce n'est pas quelque chose que l'on cultive comme on fait des gammes de piano.

La méditation n'a rien de mystérieux, elle ne consiste pas à vider son esprit en s'asseyant sous un manguier avec deux bâtons d'encens. C'est entraîner son esprit à des capacités dont on a le potentiel et qui sont à l'état dormant tant qu'on ne les amène pas à un point optimal, exactement comme lorsque vous apprenez à lire et à écrire. C'est l'entraînement de l'esprit.


1. Coauteur, avec Ilios Kotsou, de "Les folles histoires du sage Nasredin", dessins de Gabs, éd. de L'Iconoclaste et Allary. 2. Coauteur, avec Jason Gruhl, de l'album pour enfants "Nos amis les animaux", illustrations de Becca Hall, éd. Allary. 3. mindfulness-solidaire.org et karuna-shechen.org 

Article publié dans le magazine Marie Claire n°824, mai 2021 

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mardi 28 avril 2020

Prendre soin...


Parfois des amis me demandent de l'aide pour des problèmes dans le monde, ils me demandent d'utiliser des "pouvoirs magiques". Je leur réponds toujours que le Dalaï Lama n'a pas de pouvoirs magiques. Si j'en avais, je n'aurais pas de douleurs dans les jambes ou de mal de gorge. En tant qu'êtres humains nous sommes tous semblables et nous expérimentons les même peurs, les mêmes espoirs, les mêmes incertitudes. 
Dans la perspective Bouddhiste, tous les êtres sensibles connaissent la souffrance et les vérités de la maladie, du grand âge et de la mort. Mais en tant qu'êtres humains nous avons la capacité d'utiliser notre esprit pour maîtriser la colère, la panique et l'avidité. Ces dernières années j'ai insisté sur le "désarmement émotionnel", essayer de voir les choses de manière réaliste et claire, sans la confusion générée par la peur et la colère. Si un problème a une solution, nous devons essayer de la trouver, s'il n'en a pas, nous n'avons pas à perdre notre temps à y penser. 
Nous, Bouddhistes, nous croyons que le monde entier est interdépendant. C'est pourquoi je parle souvent de responsabilité universelle. L'apparition de ce terrible coronavirus a montré que ce qui affecte une personne peut très vite affecter toutes les autres. Mais elle nous rappelle aussi qu'une action constructive et pleine de compassion - que nous travaillions dans un hôpital ou que nous observions simplement la distanciation sociale - a le pouvoir d'aider beaucoup de gens. 
Depuis les nouvelles à propos du coronavirus à Wuhan, j'ai prié pour mes frères et soeurs en Chine et partout ailleurs. Nous pouvons constater maintenant que personne n'est immunisé contre ce virus. Nous sommes tous inquiets à propos de ceux que nous aimons et à propos du futur, à propos à la fois de l'économie mondiale et de nos foyers. Mais la prière ne suffit pas. 
Cette crise nous montre que nous devons tous prendre nos responsabilités là où nous le pouvons. Nous devons associer le courage dont font preuve les médecins et les infirmières avec la science empirique pour commencer à retourner la situation et protéger notre futur d'autres menaces. 
Dans ce temps de grande peur, il est important de penser à long terme aux défis et aux possibilités de la planète entière. Les photos de notre monde prises depuis l'espace montrent qu'il n'y a pas de frontières sur notre planète bleue. Nous devons donc tous prendre soin d'elle et travailler pour prévenir les effets du changement climatique et des autres forces destructives. Cette pandémie nous alerte sur le fait que c'est seulement ensemble, avec une réponse coordonnée et globale que nous ferons face à l'ampleur sans précédent des défis actuels. 
Nous devons aussi nous rappeler que personne n'est libre de la souffrance et tendre la main à ceux qui manquent d'un foyer, de ressources ou d'une famille pour les protéger. Cette crise nous montre que nous ne sommes pas séparés les uns de autres - même lorsque nous ne vivons pas ensemble. Nous avons donc tous la responsabilité d'exercer compassion et aide. 
En tant que Bouddhiste, je crois dans le principe de l'impermanence. A la fin, le virus passera, comme j'ai vu passer des guerres et de terribles menaces durant ma vie, et nous aurons l'opportunité de reconstruire notre communauté planétaire comme nous l'avons fait de nombreuses fois par le passé. J'espère sincèrement que chacun puisse rester en bonne santé et rester calme. En ce temps d'incertitude, il est important de ne pas perdre l'espoir et la confiance dans les efforts constructifs que tant de gens ont engagés.
          Publié parTime Magazine le 14 avril 2020.

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mardi 31 mars 2020

Interdépendance et partages


"C'est vraiment le moment ou jamais de faire preuve de sollicitude, de fraternité, de prendre conscience de l'interdépendance qui lie tous les êtres vivants"
Matthieu Ricard vous a enregistré une vidéo en direct du Népal 🙏
Merci à tous pour vos partages et surtout faisons tout ce qui est nécessaire et possible pour améliorer les conditions extérieures.


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mardi 17 décembre 2019

Les couleurs de l'empathie



On peut définir l’amour altruiste comme "le désir que tous les êtres trouvent le bonheur et les causes du bonheur." Ce désir altruiste s’accompagne d’une constante disponibilité envers autrui alliée à la détermination de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider chaque être en particulier à atteindre un authentique bonheur. Le bouddhisme rejoint sur ce point Aristote pour qui "aimer bien" consiste à "vouloir pour quelqu’un ce que l’on croit être bien" et "être capable de le lui procurer dans la mesure où on le peut." (1) 

La compassion est la forme que prend l’amour altruiste lorsqu’il est confronté aux souffrances d’autrui. Le bouddhisme la définit comme "le souhait que tous les êtres soient libérés de la souffrance et de ses causes". Cette aspiration doit être suivie de la mise en œuvre de tous les moyens possibles pour remédier à ces tourments. L’empathie est la capacité d’entrer en résonance affective avec les sentiments d’autrui et de prendre conscience cognitivement de sa situation. L’empathie nous alerte en particulier sur la nature et l’intensité des souffrances éprouvées par autrui. On pourrait dire qu’elle catalyse la transformation de l’amour altruiste en compassion.

Matthieu Ricard (blog)


(1) Aristote, (2007), Rhétorique, II, 4, 1380b 34. Cité par Audi, P. (2011). L’empire de la compassion. Editions Les Belles Lettres, p. 37.

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samedi 26 août 2017

La compassion diminue la consommation de soins :


Certains font d'étranges raisonnements selon lesquels l'augmentation de la qualité des soins, en tout cas de la satisfaction des patients, créerait une demande encore plus grande. Des médecins de Toronto font, dans le "Lancet"(i), la démonstration du contraire : les sans-abri qui fréquentent les urgences ont moins tendance à revenir consulter lorsqu'ils sont traités simplement avec "compassion" et écoutés, que lorsqu'ils reçoivent l'accueil tout-venant par des professionnels souvent débordés.

L'expérience, qui a porté sur 133 sans-abri dans trois hôpitaux, était la suivante : des volontaires spécialement formés ont accueilli certains d'entre eux, leur offrant sandwich ou jus de fruit, discutant avec eux de leur situation ; les autres n'avaient droit qu'au traitement tout- venant.

Résultat : chez les premiers, le taux de retour à l'hôpital a diminué d'un tiers et se situait à 0,43 visites par mois, contre 0,65 pour l'autre groupe (un peu plus de 7 visites par an).
Les auteurs soulignent que le coût de la compassion - s'il avait fallu payer les volontaires ("si tant est que les gens doivent être payés pour être gentils")- excéderait les économies réalisées grâce à elle.  

Mais ils concluent : "La justification première de la compassion est la simple décence, pas les économies". 
R.C.

Le Quotidien du Médecin 9 mai 1995

(i)The Lancet 6 mai 1995, Redelmeier, Molin,Tibshirani (Toronto).

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jeudi 20 avril 2017

Au cœur de la pensée...

Une parole, un acte, une pensée, empreintes de compassion peuvent atténuer la souffrance de l`autre et lui apporter de la joie. Une seule parole peut apporter réconfort et confiance, supprimer le doute, aider quelqu'un a ne pas commettre une erreur, réconcilier des parties en conflit ou ouvrir la porte de la libération. Un seul geste peut suffire a sauver la vie d`une personne ou a l`aider a saisir une occasion rare. Une seule pensée peut avoir le même effet, car les pensées donnent toujours lieu a des paroles ou a des actes. Avec la compassion dans votre cœur, chaque pensée, chaque parole et chaque acte peuvent produire un miracle. " 

Thich Nhat Hanh



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