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lundi 7 septembre 2026

Etat de simplicité


 "Alors que vous méditez, il est naturel que les pensées continuent de surgir. Le point n'est pas d'essayer de les arrêter, ce qui serait impossible de toute façon, mais de les libérer.

Cela se fait en restant dans un état de simplicité, qui permet aux pensées de surgir et de disparaître sans s'accrocher à elles.

Lorsque vous n'entraînez plus le mouvement des pensées, elles se dissolvent tout seuls sans laisser de trace.

Lorsque vous n'abîmez plus l'état de calme avec des fantasmes mentaux, vous pouvez maintenir la sérénité naturelle de l'esprit sans effort.

Parfois, laissez vos pensées couler, et observez la nature inébranlable derrière elles.

Parfois, coupant brutalement le flux des pensées, regardez la conscience nue."

~

Dilgo Khyentse Rinpoche

De : "Le trésor du cœur des éveillés"

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jeudi 13 août 2026

Eclaire le monde...

 ... Le soleil est l’Or et la Lune l’Argent, le soleil est le Yang et la Lune le Yin, le Soleil est le père et la Lune la mère. C’est leur équilibre et leur respect mutuel qui garantissent l’équilibre et le respect du monde. Il n’y en dans leur relation ni lutte ni compétition, aucune jalousie ni envie, juste une complémentarité sans faille. La place laissée libre par chacun est naturellement occupée par l’autre, et réciproquement.


 C’est une grande leçon pour notre monde, perdu dans la pauvreté des échanges marchands ou des guerres, des besoins de puissance et de la peur de l’autre. Regardons, avec les lunettes qui conviennent, bien évidemment, l’éclipse. Son nom est ambigu, parce que la lune ne cherche pas à « éclipser » le soleil, elle cherche juste à montrer qu’ils ne sont rien l’un sans l’autre. Lorsqu’elle est devant le soleil, elle cache sa lumière, certes, mais elle même devient entièrement noire, occultant son propre éclat par le fait qu’elle ne peut plus réfléchir celui du soleil. Le Soleil et la Lune nous montrent combien leur équilibre est essentiel et la vie nous propose de « l’apprécier, en nous « l’enlevant momentanément ». C’est la force de ce moment qui touche absolument toute vie. C’est ce que traduit le soulagement de tous lorsque progressivement la lumière revient.

 Alors acceptons d’éclairer le monde qui nous entoure ainsi que nous mêmes, par notre lumière solaire extérieure et par notre lumière lunaire intérieure. Acceptons à nouveau que le visible et le conscient laissent un peu de place à l’invisible et aux profondeurs. C’est là que se cache notre âme et aussi sans doute une grande part de notre Conscience.

Michel Odoul

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vendredi 31 juillet 2026

Conscience


 Comment puis-je apprendre à connaître la conscience sans lien avec les choses ?

-Jean Klein - Devenez plus conscient du moment où une pensée ou une activité prend fin. Vivez dans l'identité avec ce moment. Vous ressentirez l'ego à la recherche d'une nouvelle pensée pour poursuivre sa existence. Il ne peut pas survivre sans le carburant de la relation sujet objet. Lorsque vous êtes libre de l'image de soi, votre pensée n'est qu'un véhicule occasionnel. Lorsqu'il n'y a rien à penser, vous ne pensez pas. La pensée continue est une défense, une forteresse pour l'ego, rien d'autre. Devenez familier dans la vie quotidienne en regardant les situations sans l'intervention de l'« moi » et de ses désirs, des aversions, des résistances, des préférences, etc. Maintenez cette regardée sans motivation et vous verrez que lorsque l'observateur et l'observé ne sont plus alimentés, ils disparaissent. Vous serez alors en train de regarder soi-même. Cette simple regardée, libre de l'acteur et de l'acte, est la conscience intemporelle, le fond d'une activité.

-Jean Klein

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mardi 28 juillet 2026

Discernement

 Si vous essayez d'accomplir quoi que ce soit par vos activités, vous vous empêtrerez en elles. Ceci même est l'asservissement. De quoi vous souciez-vous, sinon de votre corps ? Toute votre dévotion et votre célébration avec l'identité du corps ne peuvent vous procurer de la vraie tranquillité. Même si tous les sages sont l'expression d'une seule et unique Vérité, leurs expériences et apparences diffèrent. Mais on ne peut pas faire semblant d'être un. La conscience que vous avez est plus grande que tout dieu ou déesse. Même des dieux ne peuvent vous donner la paix éternelle. Lorsque vous connaîtrez la source de la conscience, vous réaliserez votre véritable nature comme étant un océan de tranquillité. Quand vous savez que vous n'êtes pas le corps, votre nature sans corps devient claire. Lorsque les sentiments et les émotions sont clarifiés, ce qui demeure est sattva pur, rempli de viveka. Ce discernement détruit tous les concepts et sépare la Vérité de l'illusion.

Nisargadatta Maharaj - "L'amour de Soi"

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samedi 18 juillet 2026

Plus conscient mais...

 À mesure que leur niveau de conscience augmente, certaines personnes commencent à trouver que leur état "empire", pour ainsi dire, mais c'est tout simplement qu'elles deviennent plus conscientes de ce qui existait déjà en elles depuis de nombreuses années. 


Les gens me demandent souvent si leur état empire parce qu’ils peuvent encore détecter des schémas dysfonctionnels ou réactifs en eux-mêmes. Ce n’est pas comme si ces schémas allaient disparaître immédiatement parce que votre niveau de conscience augmente ; vous en êtes simplement plus conscient.

Ultimement, à mesure que vous devenez plus conscient de vos schémas réactifs, vous pouvez les VOIR, alors qu’avant vous les ÉTIEZ. Il y a une énorme différence entre VOIR un schéma à l’intérieur de vous-même et ÊTRE ce schéma.

Les schémas conditionnés – ou les comportements égotiques, on pourrait dire – ne disparaissent pas immédiatement parce que vous devenez présent. Ils ont leur momentum, en particulier les schémas associés aux résidus émotionnels que nous appelons "corps de souffrance". Il peut y avoir passage à l'acte pendant un bon bout de temps, même s'il y a davantage de présence.

~ Eckhart Tolle  

---(via Petra Tilling, version anglaise)

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mardi 14 juillet 2026

Adoration


L’Adoration ne vise pas quelque chose ou quelqu’un de particulier,
C’est l’ouverture totale de la vie, de la conscience et de l’Amour.
Adorer, c’est demeurer, silencieux et dans l’ouverture.
 
La moindre chose désirée pour elle-même, nous prive du Tout désiré pour lui-même.
C’est dans le Tout d’abord, qu’on trouve la chose. Ce n’est qu’après, que dans la chose, on trouve le Tout.
 
Rechercher un état de conscience particulier,
Nous prive, de la pure conscience.
Quand la pure conscience est là,
On ne recherche plus d’états de conscience particuliers.
Tous les états de conscience particuliers arrivent sans qu’on ait besoin de les chercher.
 
Rechercher ou être attaché à un mode de vie particulier,
Nous prive de la grande Vie,
Qui se donne dans toutes les formes de vie particulières.
 
Rechercher ou être attaché à un amour particulier,
Nous prive du grand et saint Amour, universel, inconditionnel,
Dans lequel nous pouvons accueillir tout amour singulier et particulier.
 
« Cherchez d’abord le Royaume, tout est donné par surcroît »
Cherchez d’abord l’universel, l’infini.
Le singulier, le particulier, est donné par surcroît.
 
Mais chercher « d’abord » tel état de conscience particulier,
Tel mode de vie, tel amour singulier,
Ne nous donne pas nécessairement accès à la Conscience pure, à la Vie infinie et à l’Amour inconditionnel.
Cherchez d’abord le Soi ou le Dieu infini,
Notre moi ou notre être fini,
Nous sera donné par surcroît.
 
Nous faisons le contraire,
Nous cherchons d’abord ce qu’est notre moi,
Et nous ne le trouvons jamais, ni le Soi.
 
Nous découvrons qui nous sommes, quand nous découvrons notre place,
Notre « Je », dans l’infini.
Comme toute étoile, tout érable et n’importe quel héron,
Tous « singuliers », au cœur de l’interrelation de tout ce qui existe…
 
Adorer, demeurer dans l’ouvert,
Avant de chercher ou de trouver, tout ce qui nous est donné dans cette ouverture.
Adorer, Aimer, s’ouvrir silencieusement, sans pensée, sans attente, sans attraction, sans répulsion, sans souffrance…
C’est l’unique nécessaire, tout le reste est donné par surcroit.


Jean-Yves Leloup, juillet 2026


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vendredi 10 juillet 2026

Une unique humanité...


 « Au plus profond, la conscience de l'humanité est une. C'est une certitude ; si nous ne le voyons pas, c'est parce que nous nous aveuglons nous-mêmes.

Beaucoup de gens pensent qu'ils réfléchissent alors qu'ils ne font que réorganiser leurs préjugés.

L'idée que nous sommes tous des fragments séparés existant indépendamment les uns des autres est manifestement une illusion, et cette illusion ne peut conduire qu'à des conflits et à la confusion sans fin. »

— David Bohm

(Physicien quantique)

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samedi 13 juin 2026

Au cœur du souffle


 Le souffle n'est pas seulement un rythme fondamental du corps ; c'est aussi le processus dans lequel le contrôle et la spontanéité, l'action volontaire et l'action involontaire trouvent leur identité la plus claire. 

Le zen, le yoga indien et le taoïsme chinois pratiquaient la « surveillance de la respiration », dans le but de l'observer, de le libérer et de le laisser devenir lent, profond et silencieux. 

Physiologiquement et psychologiquement il y a une relation entre la respiration et la conscience. Si nous considérons l'être humain comme un processus plutôt qu'une entité, comme un rythme plutôt qu'une structure, la respiration est quelque chose que nous faisons non seulement, mais que nous « sommes ».

L'air, l'énergie et la vie, profiter de l'expérience et laisser aller.

Jack Kornfield, Le Cœur Sage 


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jeudi 4 juin 2026

Conscience vivante


 "On ne reproduit jamais un éveil ; on ne fait que collaborer étroitement au processus éveillant qui s’est mis en route. Dans la mesure où l’on y collabore de façon profonde, sincère, intelligente, on devient de plus en plus conducteur de ce processus, et on l’incarne de plus en plus. 

Il faut reconnaitre que la lumière, l’intelligence de l’éveil n’éclairent en fait que les lieux dont on a ouvert les portes en nous. Ensuite tout le travail consiste à coopérer avec cette dynamique de l’éveil, à ouvrir une à une les portes de toutes les zones obscures pour y faire s’engouffrer la lumière de l’éveil, la lumière de cette intelligence que l’on conserve en soi. Elle est vivante en moi. Au cœur de mon être, je me sais éveillé, je me sais libre, indéniablement. Pourtant, je sais que ce n’est pas suffisant, que je ne suis pas ce qu’en Inde on appelle un « réalisé », c’est a dire un homme définitivement établi dans l’éveil, et qu’il reste encore bien des domaines de ma conscience qui doivent être investis de cette qualité, visités par cette intelligence.

Il m‘est alors apparu évident que ce qui était au cœur de la voie du monde, dans la vie quotidienne, c‘était la relation, et que la pratique consistait à faire de cette relation un travail constant. C’est ce que j’ai appelé la pratique de la « relation consciente ». 

Je me suis rendu compte à quel point l’enseignement qui mettait en avant l’éveil comme le but ultime avait tendance a individualiser la démarche et à renforcer l’égoïsme de chacun. Dans mon enseignement, j’ai voulu au contraire que les personnes entrent en relation les unes avec les autres, qu’elles oublient un objectif personnel d’éveil, de libération, et reconnaissent qu’on ne peut grandir qu’ensemble, en prenant le risque de l’autre, en entrant en relation profonde avec l‘autre dans la mesure où celui-ci est l‘occasion d’aller voir ce qu’on n’est pas capable de voir tout seul. (...)

ll se passe quelque chose a partir du moment où l’on n’est plus obsédé par l’éveil et où l’on entre vraiment en relation avec ce qui est. C’est d’ailleurs là que j’ai compris la vraie signification du mot satsang, qui tient une grande place en Inde cela ne se limite pas à la fréquentation du guru, mais c’est élargir le guru à tout ce qui est et fréquenter le réel en tout et partout. Le grand enseignement, le vrai satsang, consiste à vivre en relation consciente avec tout ce qui est ; c’est l’occasion d’un grandir qui, par nature, est de la nature de l’éveil.

En sanskrit, Brahman signifie « grandir », « croître «. Cette dynamique, du fait qu’elle devient prioritaire, nous libère de l’objectif de l’éveil ; on prend peu a peu conscience de la nature réelle du grandir et on se rend compte que cette nature est la réalité. Quand le Christ dit : "Je suis le chemin, la vie, la vérité ", il ne dit pas " Je suis le bout du chemin ", mais " je suis le chemin ". C’est quand on entre dans un grandir constant, qu’on ne cherche plus à atteindre une destination finale, un but, qu’on l’appelle « éveil » ou autrement, que le grandir devient lui-même la conscience vivante dans laquelle tout est inclus. Saint Jean de la Croix disait : « Celui qui s’arrête en quelque chose cesse de se jeter dans le tout. » 

Yvan Amar

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samedi 30 mai 2026

Graine après destruction...

 Q : Avant de venir ici, je m'attendais à être pleine d'amour. En fait, je me sens faible et fatiguée.

Nisargadatta Maharaj : C'est à cause du processus de destruction. Pour commencer, vous avez besoin d'être complètement démolie et reconstruite. Avant de planter la graine, il faut cultiver et fertiliser le terrain. Ce n'est qu'après avoir labouré le sol et planté la graine que la germination a lieu. Le processus de démolition est nécessaire. Ensuite, quand il ne reste plus que la conscience, la germination a lieu.
Graines de Conscience - 6 septembre 1979
via Nisargadatta Maharaj – Enseignement

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jeudi 14 mai 2026

Bêtise utile

 Le maître n'en a-t-il pas marre de lutter contre la stupidité humaine ?

Question de Fabian Roiz

La réponse de Prabhuji :

Non mon ami on ne se fatigue pas car en réalité on ne se bat pas directement contre.

Dès que vous commencez à lutter contre la stupidité humaine, vous en faites déjà partie. La folie aime la bataille parce qu'elle se nourrit d'opposition, s'engraisse d'arguments, se parfume d'idéologies et sort dans la rue fièrement en disant : « Regarde, j'ai raison ! ”

Et ne pensez pas que l'imbécilité est un manque d'intelligence, parce qu'elle a parfois un doctorat, une cravate, une chaire, un drapeau, un livre sacré sous son bras. Hannah Arendt a vu quelque chose de terrible là-dedans : le mal peut devenir banal quand la pensée s'endort. Un monstre n'est pas nécessaire ; un fonctionnaire obéissant suffit, un esprit qui répète des slogans, une conscience qui a renoncé à examiner ce qu'il fait. La stupidité la plus dangereuse ne crie pas toujours ; parfois elle signe des documents, donne des phrases, prêche des sermons et parle avec une grammaire impeccable.

Pour sa part, le sage ne se bat pas, mais allume seulement une lampe, rien de plus, et l'obscurité, au lieu de se sentir offensée, disparaît tout simplement. Il n'est pas nécessaire d'essayer de le frapper avec un bâton ou de le tirer avec un fusil de chasse. Imaginez un homme entrant dans une pièce sombre avec une épée en criant : « Obscurité, sortez d'ici ! ” Il me semble que, si c'était possible, l'obscurité éclaterait de rire. Une petite flamme suffit, une petite allumette, pour que l'obscurité qui semblait si vaste ne soit plus là. Parce que la bêtise humaine n'est pas une substance, mais une absence de conscience. Je ne vous conseille pas de la détester, car dès que vous le détester, vous en devenez contaminé ; si vous le méprisez, vous devenez arrogant et fier, et si vous voulez corriger les autres, vous devenez un réformateur professionnel, l'une des pathologies les plus respectables de l'asile humaine. Spinoza a appris que rien n'est compris alors qu'il est détesté. Haïr, c'est rester asservi de ce qui est rejeté. La vraie liberté commence quand une passion cesse de nous traîner et devient un objet de compréhension. Par conséquent, comprendre la stupidité ne signifie pas la justifier ; cela signifie l'empêcher de nous entrer sous une forme raffinée de ressentiment.

Regarde, le piège c'est de croire que la stupidité humaine n'est là que chez les autres, chez les autres. L'ego dira toujours : « Ce sont eux les stupides. ” Et en cet instant le plus grand idiot est né : celui qui croit être libre de la stupidité. Nous savons tous que dans notre société, les stupides sont la majorité. Cependant, aucun d'entre nous n'a jamais eu le plaisir de voir l'un d'entre eux se présenter comme tel, reconnaissant sa propre stupidité. Au contraire, bien que nous sachions que les cons sont majoritaires, nous nous considérons tous comme faisant partie de cette minorité lucide.

La vraie révolution commence quand on est capable de rire de sa propre bêtise. Parce qu'alors il y a de l'espoir, parce que celui qui peut se permettre d'accepter qu'il a été con n'est plus complètement con. Quiconque agit de cette façon a ouvert une petite fenêtre par laquelle l'air frais commence à entrer.

Fatigue ? Eh bien, la vérité est que, même si le corps et l'esprit peuvent être très fatigués, la conscience ne s'épuise pas car, au lieu de pousser la rivière, elle coule avec. La conscience ne s'efforce pas de transformer les pierres en roses, mais n'offre que soleil, terre, pluie, espace. Certaines graines se réveillent, tandis que d'autres continuent à dormir ; l'existence n'est pas pressée, les seuls pressés sont les politiciens, les névrosés et les promoteurs de croyances.

Le désir de sauver l'humanité peut être une forme égoïque extrêmement subtile. Les sauveurs du monde sont ceux qui lui ont fait le plus de mal ; l'humanité a déjà assez souffert de ses sauveurs.

Mieux vaut s'asseoir en silence, aimer quelqu'un sans le posséder, dire une vérité sans violence, rire sans raison, méditer sans attendre de récompense, et croyez-moi, ce parfum peut voyager bien plus loin que mille discours.

Ne jamais lutter contre la bêtise humaine mon ami. Soyez si conscient que votre présence même devient une question inconfortable ; soyez si vivant que les respectables morts se sentent perturbés. Vivez si librement que votre liberté fait que les cages commencent à se soupçonner.

Et quand vous vous retrouvez face à face avec une stupidité personnalisée, souriez et observez avec compassion, car peut-être derrière, peut-être que vous ne trouverez-vous qu'un enfant effrayé portant une armure lourde. Peut-être que vous ne trouverez que quelqu'un qui n'a jamais été aimé. Et peut-être que vous n'y trouverez qu'avec un autre masque.

Alors il n'y a pas de fatigue, car parfois, mon ami, même la bêtise a son utilité, comme la boue dont peut naître le lotus. Sans boue il n'y aurait pas de lotus, sans nuit même pas une seule étoile, et sans une humanité endormie, où pourrait-il fleurir le réveil ? 

Prabhuji

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samedi 7 mars 2026

Prendre conscience


 Ne faites pas "Le Travail" avec l'intention de guérir votre corps. Parce qu'aucun corps ne s'en sort vivant. Guérissez plutôt votre esprit ! Rencontrez vos concepts avec compréhension. J'aime à dire qu'on peut avoir un corps en parfaite santé et il peut se faire happer par un camion. 

Le Travail ne consiste pas à lâcher prise. Lâcher prise est une méthode dépassée qui n’a jamais fonctionné, d'après mon expérience. Ce travail ne consiste pas à lâcher prise, mais à prendre conscience.

~ Byron Katie 

(extraits de deux audios)

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mercredi 4 mars 2026

Regard derrière et devant


Question : Est-il juste de réfléchir sur le passé et d’établir des plans pour le futur ? 


Réponse : La pleine conscience implique de s’établir dans l’instant présent, mais cela ne signifie pas qu’il soit défendu d’effectuer des analyses approfondies du passé, en sorte d’apprendre par lui, ou d’établir des plans par rapport au futur.
Étant fermement établi dans l’instant présent, lorsque vous donnez votre pleine attention au futur, cela signifie que vous pouvez jeter sur lui un regard profond et déterminer ce qui doit être actuellement fait pour rendre possible un tel futur. 
Suivant le bouddhisme, le meilleur moyen de s’occuper du futur est de prendre soin du présent, parce que le futur est fait de présent. Prendre soin de l’instant présent est un excellent moyen de s’assurer un bon futur. 
Le fait de faire entrer des événements passés dans l’instant présent en vue de les observer en pleine conscience, est hautement instructif. Lorsque nous étions pris dans ces événements, nous ne pouvions pas les voir aussi distinctement que maintenant. La pratique de la pleine conscience nous permet de jeter un regard neuf sur les choses du passé, et de beaucoup apprendre d’elles.

Thich Nhat Hanh
Soyez libre là où vous êtes

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mardi 10 février 2026

Se connaître...

 IL Y A 95 ANS, NAISSAIT STEPHEN JOURDAIN ...


Extrait d'une interview de Stephen Jourdain, où il évoque admirablement l'idée du "geste intérieur" qui nous est toujours possible de faire. (MT, 2008) : 

« ... Je crois que je dois essayer de vous donner une idée de cet acte : Regard de conscience totale trouvant, avec la sû­reté de la flèche, le centre, la source, la vérité de l'es­prit, et se croisant lui-même... Remontée à con­tre-courant de soi-même, à travers l'acier des vérités, de la Vérité elle-même, à travers toutes les concep­tions, toutes les opinions, toutes les intentions et tous les programmes de l'esprit, jusqu'au contact authenti­que avec soi — jusqu'à « l'éveil », sommet depuis quoi, en vérité, l'ascension a été faite, depuis qui et par qui... Exhumation et rejet de toutes les identités et de tous les noms qui collent insupportablement à l'âme, à la présence des­quels elle est d'ordinaire insensible, faute de les dis­cerner et faute de se con­naître...»

Stephen Jourdain (8 janvier 1931 - 19 février 2009)

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dimanche 7 décembre 2025

Conscience et science

 LA CONSCIENCE AVANT LA MATIÈRE : QUAND LA SCIENCE REJOINT LE TAO

Depuis toujours, les grandes traditions spirituelles — hindouisme, bouddhisme, taoïsme, mystique chrétienne ou soufie — partent d’un même constat : la conscience est première, la matière n’en est qu’une condensation.
Aujourd’hui, la physique commence à effleurer cette intuition.
La physicienne suédoise Maria Strømme a publié en 2025 dans AIP Advances un article intitulé Universal consciousness as foundational field: A theoretical bridge between quantum physics and non-dual philosophy.
Elle y propose un modèle où la conscience universelle serait un champ fondamental, d’où émergeraient l’espace, le temps et la matière. Autrement dit, l’univers serait une manifestation localisée d’un champ de conscience cosmique.
L’article est publié dans une revue réelle et reconnue de l’American Institute of Physics, mais de nature ouverte et spéculative : AIP Advances accueille des travaux théoriques innovants, sans exiger de validation expérimentale.
Il s’agit donc d’un texte sérieux dans sa forme, mais spéculatif dans son contenu. Strømme ne prouve pas que la conscience précède la matière : elle propose une formulation moderne et mathématique d’une intuition ancienne.
Là où la science théorise, les traditions spirituelles expérimentent. Le taoïsme, notamment, a élaboré une véritable méthodologie pour explorer ce champ de conscience par la méditation, le souffle et l’alchimie interne.

Quand des générations de pratiquants, après les mêmes exercices, décrivent les mêmes états et les mêmes transformations, on peut parler d’une science intérieure, fondée sur l’expérience répétée.
Le Dao De Jing l’exprime au chapitre 42 :
> 「道生一,一生二,二生三,三生萬物。」
Le Dao engendre l’Un, l’Un engendre le Deux, le Deux engendre le Trois, et le Trois engendre les dix mille êtres.
Ce passage n’est pas qu’une métaphore : il décrit un processus de condensation du principe indifférencié — le Dao — vers la polarité, puis vers la matière. C’est exactement le mouvement que Strømme tente d’exprimer en langage physique.
Cette convergence rappelle Le Tao de la Physique de Fritjof Capra, qui montrait déjà que plus la science s’enfonce dans la matière, plus elle rejoint les visions spirituelles de l’unité. Strømme va un pas plus loin : elle cherche à traduire cette unité dans les équations mêmes de la physique.
Ce dialogue entre la science et la sagesse laisse entrevoir ce que pourrait être une approche intégrale, où l’observation extérieure et l’expérience intérieure cessent de s’opposer mais se fertilisent mutuellement.
Car, comme le dit la tradition taoïste, celui qui regarde vers l’extérieur rêve ; celui qui regarde vers l’intérieur s’éveille.
C'est en partie vrai, mais sans regard à la troisième personne, le regard vers l'intérieur ne peut produire un éveil complet à lui tout seul, comme l'ont expliqué de manière très convaincante Jack Kornfield ou Ken Wilber.

Fabrice Jordan

« Lux Prima – La Lumière au-dessus des Eaux »
Gravure de Heinrich Khunrath (Amphitheatrum Sapientiae Aeternae, 1609), illustrant la première émanation de la Lumière divine au-dessus des eaux primordiales.

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samedi 15 novembre 2025

Le rêveur fervent

 LE RÊVEUR FERVENT

si cette vie est un rêve
alors je rêverai
de toutes mes forces
de toute mon âme
et si mon âme elle même
est illusion
alors je choisirai
de croire en elle
de toute ma ferveur
j’embrasserai le rêve
étreindrai l’illusion
et nous danserons
danserons
une danse éperdue
à contre temps
de toutes les indifférences
à rebours
de tous les évitements
à contre courant
de tous les détachements
la danse
de la souffrance
et de l’émerveillement
la danse
de l’affection ordinaire
de la douleur ordinaire
de la joie ordinaire
de l’épreuve ordinaire
de l’espoir ordinaire
de la peur ordinaire
et si je suis moi même
rêve et illusion
qu’importe
qu’importe
je rêverai passionnément
je rêverai
être ce je
cet humain
tout autant banal qu’unique
et déchirant d’humanité
et si la conscience
à l’issue du rêve
se résorbe en elle même
peu importe
je reviendrai
moi le rêveur
rêver de concert
avec tous les rêveurs
frères et sœurs
produits ou pas du rêve
solidaires dans le rêve
je laisserai la conscience
se contempler elle même
et je reviendrai
ordinaire
parmi les ordinaires
et mon rêve
sera si fervent
qu’il renverra
la conscience
à elle même
en son néant

Gilles Farcet

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lundi 6 octobre 2025

Une part vivante !


"L'ère du détachement hautain, de toute forme de distanciation et de cynisme est close. Nous savons désormais (ou alors il serait temps que le message de la physique quantique après plus d'un siècle nous parvienne !) que nous sommes chacun part vivante de cet univers, cellule d'un seul corps, et que chacune de ces cellules porte l'entière information de la vie. Une responsabilité immense et émouvante à la fois nous incombe, à chacun. Chacun de nous est l'univers en miniature !

Certains croient encore pouvoir se protéger, se mettre à l'abri, se sauver seuls ! Pure aberration. Lorsque je m'autodétruis, c'est la création que je détruis et que j'insulte. Lorsque j'honore ce monde et en prends soin, je le sauve ! Ce que savent depuis le début des temps les poètes et les mystiques, ce sont les scientifiques aujourd'hui qui nous le confirment.

Aussi la vocation de l'homme d'aujourd'hui est-elle cette conscience agrandie. Attention, néanmoins, de ne pas entrer dans le découragement devant l'immensité de la tâche : je n'ai charge que de la petite part du monde qui m'est confiée - et pas de tout à la fois bien sûr ! Et si je fais vivre et rayonner cette enclave, il y a contagion ! De plus, ce n'est pas la réussite qui importe le plus, mais la générosité de la tentative, la persévérance, l'ouverture du cœur. "

Christiane Singer - "Montre-toi vivant: en dialogue avec Christiane Singer"

Christiane Singer et Léonard Appel / Peinture: Pablo Picasso 1881-1973

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dimanche 21 septembre 2025

Revenir du pays de Peter Pan

 Conversations avec ma mère qui s’aperçoit à quel point les questions philosophiques lui ont échappé au cours de sa vie. Depuis des années elle me regarde en souriant, amusée de voir sa fille toujours à s’interroger sur l’existence. Je suis frappée du nombre de personnes âgées qui n’ont aucune idée de leurs mondes intérieurs.

Leurs terres sont en friche, ils ont mangé la moisson depuis longtemps dans ce qui leur apparaissait « le beau temps de la jeunesse ». Ils ne savent pas que l’on peut travailler afin que le sol donne une autre récolte, celle-là plus secrète, moins matérielle, plus rassasiante.

Il reste à ces anciens un goût amer et le regret de ne plus pouvoir faire ou aller à leur guise. « C’est pas drôle, ah non ! » Petite ritournelle que j’entends souvent dans leurs bouches.

J’aimerais leur dire que leur âge n’est pas l’antichambre de la mort, qu’il y a autre chose à expérimenter que l’attente. Qu’ils peuvent être des pionniers d’une vieillesse lumineuse aux yeux de ceux qui viennent, parce que là où ils sont parvenus, du haut de leurs montagnes d’années vécues, ils possèdent ce qui ne peut s’acquérir qu’avec le temps, un recul.

Avec le ralentissement du corps, du langage, eux pour qui le temps est compté peuvent le savourer autrement, voir la grâce des instants passés et présents. Au fond, ce temps réduit peut être un allié.

Un garçon qui ne veut pas grandir


La rentrée est morose. Écouter les nouvelles donne la nausée. On demeure impuissant avec nos « pourquoi ? » Plus le monde s’épaissit dans ses vagues de violence plus on a envie de fuir. Mais où ? Jadis, je m’échappais dans les contes.

Les psychanalystes comme Bruno Bettelheim pensaient qu’ils ont le don de structurer la psyché de l’enfant. Ils peuvent être des sources de sagesse pour les adultes par les symboles qu’ils transmettent.

Je pense à l’histoire de Peter Pan écrit par J.M. Barrie en 1911. Si on relit l’histoire, Peter est un garçon qui ne veut pas grandir. Au début du récit, il a perdu son ombre. Sans ombre, on ne peut voir la lumière. La conscience de l’ombre est essentielle pour se connaître. Mais Peter Pan ne veut pas voir le réel, il veut se distraire et entraîner les autres enfants Wendy, John et Michaël dans le pays imaginaire, un pays où l’on fuit la réalité. Même la fée Clochette, petite âme ailée est de la partie pour s’échapper.

Dans ce pays il y a le célèbre capitaine Crochet qui veut se venger de Peter Pan qui lui a coupé la main. Symboliquement, le premier lui a ôté un moyen d’action. Peter a jeté la main à la mer avec le réveil du capitaine dans la gueule d’un crocodile.

Symbole du temps qui passe


Ce détail comique du réveil est un symbole du temps qui passe. Peter Pan a volé au capitaine cette conscience. Au fond le capitaine n’a plus les moyens de devenir adulte. Il est figé dans un moment, enfermé dans la seule pensée de sa vengeance. Le crocodile est un monstre marin. Il est un signe de ces bêtes cachées dans nos profondeurs. Nous avons en nous des animaux aux dents de crocodile qui attendent que nous les affrontions et les maîtrisions au risque de nous dévorer.

C’est ce qui arrivera au capitaine Crochet qui a perdu dans le conte plus qu’une main, sa conscience d’être humain vivant la terre pour un temps limité. Il sera anéanti par le crocodile.

Je retrouve mes chères vieilles personnes que je visite. Et j’ai envie de leur raconter Peter Pan, ce vieil enfant qui veut échapper aux transformations que le temps produit inéluctablement. J’ai envie de leur dire que le temps peut nous aider à ne pas fuir mais à grandir pour redevenir de vrais enfants.

Paule Amblard

Historienne de l’art, spécialisée dans l’art médiéval et la symbolique chrétienne, elle a publié Un pèlerinage intérieur (Albin Michel), l’Apocalypse de saint Jean, illustrée par la tapisserie d’Angers (Diane de Selliers éditeur), les Enfants de Notre-Dame et la Chambre de l’âme (Salvator). Sa dernière parution : Notre-Dame de Paris, les symboles des pierres (Salvator).

Source : La Vie

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vendredi 19 septembre 2025

Conscience du manifesté


Essentiellement, il s'agit d'être conscient. Cela ne signifie pas que quelqu'un qui est conscient ne va pas de temps à autre manifester une tendance ou une activité névrotique. Si vous êtes coincée dans une stratégie d'évitement mais que vous en êtes consciente, vous acceptez complètement dans l'instant ce que vous constatez. La clef pour accepter ce qui est ici et maintenant, c'est ici et maintenant. Le fait que vous soyez coincée dans une stratégie d'évitement n'implique en rien que vous le soyez pour toujours. Mais si c'est ce qui est ici et maintenant, cela doit être vu et accepté clairement dans l'instant. Voir clairement, c'est être conscient, et ce n'est pas simplement voir ce qui est apparent, en surface. S'il y a stratégie d'évitement, il y a aussi la raison sous-jacente à cette stratégie, la raison pour laquelle vous pensez qu'elle est nécessaire. Quand on voit quelque chose clairement et complètement, il y a alors une liberté pour que cela puisse se transformer. Mais si la vision n'est que partielle, on ne peut pas passer à un autre stade. Dans le travail sur l'inconscient, quand on arrive véritablement à la source d'une certaine manifestation et quand celle-ci est vue très clairement, la manifestation en question n'a plus de pouvoir. Mais si nous n'allons qu'à mi-chemin, cette tendance continue à nous manipuler et à nous contrôler.

Swâmi Prajnânpad disait : « C'est au-dessous de ma dignité » de faire telle ou telle chose. Pour lui, tout être humain avait donc une dignité et une noblesse intrinsèques.

Extrait de : Au fait, quel est le problème ? de Lee Lozowick

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mercredi 10 septembre 2025

Données de base ;-)



Ce que nous prenons pour un «faire» n'est rien d'autre qu'une objectivation ; le fonctionnement de la manifestation prend place tant que la conscience est là. S'identifier inutilement à l'acteur, à l'auteur des actes, suscite la responsabilité et la culpabilité. Lorsque l'esprit, qui est le contenu de la conscience, est vierge — lorsqu'il «jeûne», ou se repose — tous les entrelacs tissés par le mental cessent, et celui-ci s'apaise. "Lorsque l'esprit cesse de «faire», il est, simplement". En l'absence d'objectivation, notre présence absolue "est", l'univers manifesté "n'est pas" — nous "sommes". Ou, plus exactement, «Je suis». Comprenons au moins ces données de base.
"Nisargadatta Maharaj ou Les orients de l'être"

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