Maître Taisen Deshimaru s’installe en France en 1967 avec pour mission de diffuser le ZEN en Europe, aussi durant 15 ans, il fonde une centaine de dojos , transmettant l’essence du zen à des milliers de disciples. Auteur de nombreux ouvrages, il a également traduit les textes fondamentaux du bouddhisme zen, rendant ainsi accessible, cette sagesses, aux occidentaux. Son héritage perdure aujourd’hui et de nombreux disciples continuent de transmettre son enseignement. Dans le Rire du Tigre, hommage à Maître Deshimaru à la personnalité hors du commun, Marc de Smedt retrace ses 10 années passées auprès de lui, un témoignage intime et bienfaisant.
dimanche 18 mai 2025
A propos de Taisen Deshimaru
jeudi 28 novembre 2024
Joindre...
Réfléchissant au lien subtil entre deux personnes qui s’attirent et qui s’aiment, ne serait-ce que pour un temps bref, une intuition m’a fait rechercher dans mon dictionnaire étymologique les racines de mots tels que « conjuguer », « conjugal », « conjoint ». Et mon pressentiment s’est révélé juste : adossé au préfixe « con- » qui vient du latin cum et rend les notions d’« avec », d’« ensemble », ces mots ont pour racine le latin jugum, « joug », qui a donné jungere, «joindre» et conjugare, «unir, attacher».
Le sens fondamental est donc le fait d’attacher deux bœufs sous le même joug afin qu’ils tirent ensemble leur charge. En cherchant plus loin, l’ensemble s’éclaire d un jour nouveau : le mot jugum vient lui-même de la racine sanscrite yug ayant la même signification : « atteler à l’aide de joug, joindre, unir ». De là le mot «yoga», qui désigne aussi bien la maîtrise du psychisme, des sens et des passions qu’il faut discipliner comme des chevaux fougueux attelés à un char que l’aspect plus spirituel, voire religieux, de l’union ce l’être individuel avec le principe de toute chose, l'énergie divine.
Nous savons par ailleurs que l’hindouisme défini plusieurs sortes de yoga : le hatha-yoga - cette « gymnosophie » ou « gymnastique de sagesse » comme l’appelaient les Grecs du temps d’Alexandre le Grand, étant celle des exercices physiques et postures complexes centrés sur la respiration ; le bhakti-yoga, sur l’amour et la dévotion ; le jnâna-yoga, sur la connaissance et l’étude ; le karma-yoga sur la vie quotidienne et le destin... tous n’en faisant en fait qu’un seul, le yoga de l’existence, celui de l’union de l’être avec la vie et son principe.
En cela, la relation de deux êtres qui conjuguent leurs énergies et leurs sentiments s’apparente directement au yoga inventé quatre mille ans avant notre ère pour joindre, unir le ciel et la terre au sein de chaque personne. Vue sous cet angle, la relation conjointe et amoureuse prend un sens nouveau qu'il est bon de méditer pour la faire évoluer, encore et toujours, dans son sens juste !
mercredi 6 décembre 2023
Questions posées à Arnaud Desjardins
Pour le plaisir de réécouter Arnaud Desjardins
Entretien avec Arnaud Desjardins, par Marc de Smedt pour le magazine "Nouvelles Clés" 2005
samedi 25 mars 2023
Attention à la vigilance
Retrouvons un autre contact au monde...
jeudi 17 novembre 2022
Méditation et recentrage
Par Aurélie Godefroy :
lundi 21 septembre 2020
Méditer au bureau
Rien de tel que prendre le temps de méditer pour prolonger la relaxation des vacances. Pour ressourcer votre mental sur votre lieu de travail, quelques astuces suffisent.
En cette rentrée automnale, beaucoup d’entre nous se trouvent soumis à de fortes doses de stress. Même dans ce contexte, il est possible de vivre des moments de méditation à toute heure de la journée, dans le cadre de nos activités quotidiennes.
Pour cela, il faut observer deux règles : d'abord, avoir conscience que l’on a un corps. Par exemple, assis à une table de travail, redresser sa colonne vertébrale sans l’adosser au siège, mettre ses mains bien à plat, soit sur ses cuisses soit sur le bureau, ressentir la présence de ses pieds, eux aussi à plat sur le sol. Arrêter de fixer l'ordinateur ou ses papiers en mettant ses yeux en position mi-close ce qui donne un regard centré à la fois sur l'intérieur de soi et sur l’extérieur, qui devient flou.
Ensuite, prendre conscience de sa respiration. C’est la clé de toute méditation réussie.
Remarquez une chose évidente : la plupart du temps, sauf lorsque nous faisons un effort assez violent créant un essoufflement, nous ne sommes pas conscients du fait que nous respirons. Notre respiration est faible, elle se situe en haut des poumons, elle nous fait survivre sans plus. Il s’agit à la fois d’amplifier et d’inverser ce processus. Pour cela, il faut passer à un mode d’expiration profonde, une expiration lente et longue, dont la fin se situe dans l’abdomen, sous le nombril. L'inspiration revient alors naturellement, d’un coup, sans décision volontaire. Cette respiration est le meilleur outil qui soit, pour s’oxygéner certes, mais surtout pour mieux canaliser notre univers mental. La respiration consciente se confond en effet avec la conscience tout court : quand vous respirez ainsi, vous vous mettez en état d’attention lucide ; dès que vous sortez de cette vigilance, de cette présence à votre expir et à votre inspir, la sarabande des pensées reprend. A l’inverse, dès que vous y revenez, vous sortez du tourbillon.
Cette pratique peut s'effectuer n’importe où, au bureau, dans le métro, en marchant dans la rue : dès que l’on s’aperçoit qu’on perd le contact avec la réalité et que l'on engloutit corps et âme dans ses pensées, il suffit de revenir à la respiration profonde - en expirant volontairement et en laissant l’inspiration se faire d'elle-même - et très vite, on se retrouve dans l’état de conscience qu’elle développe si l’on y est attentif. C’est tout et c’est immense : tout le b.a. ba de la méditation se trouve dans cette simple pratique-là. ■
A MÉDITER :
« Quand j’inspire, je sais que j’inspire, quand j’expire, je sais que j’expire. » Le Bouddha
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Sources : Marc de Smedt pour Nouvelles Clés (2010)
mercredi 21 août 2019
Se renouveler sans cesse...
Par Marc de Smedt
Et si chaque geste que nous faisions était le dernier de notre vie ? Quelques deuils récents, dont ceux de David Servan-Schreiber et Arnaud Desjardins (que l'on meure de longue maladie ou de façon accidentelle, le choc de l’absence est toujours aussi fort), m’ont fait méditer sur notre propre façon de vivre : sommes-nous assez conscients que tout peut s’arrêter d’un coup, au moment où l’on s’y attend le moins ?Loin d’être désespérante, cette pensée devrait nous amener à nous forger une philosophie de l’existence basée sur la lucidité de l’instant qui passe et sur le bonheur de le vivre, Chacun porte son propre labyrinthe intérieur, engagé dans une foule d’activités plus ou moins voulues, dont le déferlement nous abrutit souvent plus qu’il ne nous éveille - cette période de rentrée le prouve amplement.
Alors réagissons. Dès le petit matin, mettons le cap sur la gratitude : je me réveille angoissé par ce que j’ai à faire ? Eh bien, je respire un bon coup, content de pouvoir le faire, et remercie ce nouveau jour qui m’est donné,., pour la première fois de mon existence, par définition !
Ai-je le corps perclus de lourdeurs, voire de douleurs diffuses ? Je ne m’enferme pas dans mon armure caractérielle mais secoue tout cela en faisant quelques exercices de gym, du jogging, du tai-chi, ce qui me fait du bien. Les habitudes du quotidien me pèsent, toujours les mêmes choses à accomplir, les mêmes têtes, les mêmes petites histoires, les tâches sempiternelles dans leur ronde lassante ? Je métamorphose tout cela en m’intéressant aux gens et aux faits, en essayant de faire progresser les situations et les mentalités.Mère Teresa disait : « Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux ! » Au lieu de nous engluer dans les racontars, essayons donc de nourrir des conversations qui vont plus loin en approfondissant notre écoute et en proférant des mots bienveillants. Et trouvons du plaisir et de la nouveauté dans la moindre de nos activités, que cela soit en appuyant sur un bouton électrique ou en regardant le ciel ou un visage. Au lieu de faire la tête, sourire. Au lieu de voir les choses en noir, les colorier. Au lieu de se perdre dans ses pensées en boucle, entrer dans la pleine présence. Au lieu de se laisser déborder par des courriels, faire le ménage et ne pas hésiter à nous aérer souvent pour reprendre souffle, au sens propre comme au figuré. Et si chaque geste que nous faisions était en fait le premier de notre vie ?
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mardi 22 août 2017
L'Aura... l'Aura pas
samedi 18 février 2017
Rencontre poétique et pratique avec Pascale Senk
Pascale Senk est journaliste et écrivain. Elle est l'auteure avec Martin Rubio du livre Échanger sa maison, le nouvel esprit du voyage (Éditions des Équateurs) et de L’Effet haïku, lire et écrire des poèmes courts agrandit notre vie (Leduc.s éditions), un témoignage et une enquête sur les pouvoirs méditatifs et existentiels de cette pratique. Avec une sélection des plus beaux haïkus et des suggestions pour en écrire.
Marc de Smedt - J’ai eu un vrai coup de cœur pour votre livre, qui nous apprend à la fois à saisir les moments précieux de nos vies et à nous épurer de nos trop-pleins. Comment vous est venue l’idée de ce voyage ?
Pascale Senk - Je m’intéressais depuis longtemps à la poésie, mais avec les haïkus japonais, dans leur brièveté et leur simplicité d’accès, j’ai découvert un monde nouveau. En plus du plaisir de la lecture et l’état méditatif qu’ils créent, les haïkus m’ont littéralement « reformatée » et recentrée. J’ai donc vécu et je vis là une expérience existentielle que j’ai voulu partager car elle est accessible à tous.
Marc de Smedt - Vous dites qu’il faut à la fois créer son propre choix de haïkus utiles au quotidien et apprendre à en écrire pour coucher sur le papier ses états d’âme, ses douleurs ou ses émerveillements, car cela fait du bien…
Pascale Senk - Oui, cela permet de savoir accueillir ce qui vient, d’être davantage présent, attentif à ce qui est là, et de devenir une conscience qui sort de sa bulle à problèmes et apprend à explorer le monde de ses émotions de façon simple et efficace tout en s’ouvrant à autre chose de plus intéressant en soi. En lisant ou écrivant des haïkus, on se sent rassemblé, apaisé, relié et centré sur l’essentiel. On peut pratiquer cela à tout moment de la journée ! Je cite une formule de Marie de Hennezel, qui dit : « Ecrire un haïku peut être une pratique spirituelle qui permet de rester vivant et branché sur le neuf en soi. » Chaque haïku a sa propre histoire !
Marc de Smedt - Votre livre propose, suivant le mot de Michel Onfray, « une attentive présence au monde ». Comment l’avez-vous conçu ?
Pascale Senk - Dans la première partie, j’évoque comment une lecture régulière de haïkus peut imprégner notre manière d’être et d’envisager la vie. Chaque chapitre s’intéresse à une facette du haïku, et à la leçon qu’il nous transmet. Mais pas de sagesse sans pratique. Aussi souvent que possible, j’ai suggéré au lecteur une expérience en rapport avec ce que je venais de développer. La deuxième partie donne quelques points de départ pour écrire ses propres haïkus et montre comment cette pratique nous permet de jouer, de devenir plus conscients, de nous apaiser, de remercier, de célébrer l’amitié, d’être plus attentif à la beauté de la vie… C’est une voie d’épanouissement !
source : Clés
samedi 21 décembre 2013
Une journée, une vie par Marc de Smedt
Les enfants nous révèlent l’importance de la vie, de la préservation de la nature dans laquelle nous vivons. Et ils nous révèlent également la valeur de ce que nos parents nous ont donné… Ils nous enseignent autant que nous leur enseignons. Ils ont cette pureté du regard qui vous montre ce que vous ne voyez pas. Pour ma part, j’ai voulu transmettre à notre fille la clarté, l’intérêt d’être le plus clair possible avec soi et les autres, de faire le ménage dans sa tête et ses pulsions...
dimanche 2 octobre 2011
Zen à table avec Marc de Smedt
samedi 13 août 2011
Hommage de Marc de Smedt à Arnaud Desjardins
Arnaud Desjardins
De la maîtrise aujourd’hui
C’est là tout le sujet de ce rare témoignage, qui nous enseigne à retrouver un équilibre fondamental orienté vers l’essentiel.
Arnaud fut l’une de mes toutes premières interviews en 1969, quand, jeune journaliste, je travaillais au n° spécial Planète Plus sur le saint hindou du 19ème siècle Ramakhrishna (réédité depuis au Courrier du Livre). Je me souviens lui avoir posé la question de savoir si, sur la voie spirituelle, on pouvait atteindre une étape ultime, un samadhi définitif, quoi ! Il avait éclaté de rire et m’avait répondu : « oui, on traverse des étapes pour s’apercevoir en fait que c’est toujours plus loin ! » C’est un être magnifique qui disparaît aujourd’hui. Il avait su défendre les principes d’une spiritualité laïque ouverte, tolérante et profonde, adaptée à notre temps.
J’écrirais longuement sur lui plus tard mais je tenais, dans l’émotion de cette triste nouvelle, à dire quelques mots sur cette personnalité majeure, cet ami, cet être humain éveillé dont beaucoup ont su apprécier la sincérité, la bienveillance et la présence.
Marc de Smedt (CLES)
mercredi 18 mai 2011
Kin Hin ou marche consciente
Le dos bien déployé et la nuque droite, les yeux mi-clos, on enserre le poing gauche avec la main droite (ou le contraire si on le ressent mieux) de façon à ce que les pouces pliés se retrouvent posés contre le plexus solaire, cette zone située dans l'espace où nos côtes se séparent, juste sous le sternum. On prend une inspiration tout en esquissant un (petit) pas : la jambe qui s'avance est droite comme une colonne et tout le poids du corps se porte sur elle à mesure qu'elle achève le mouvement. On expire en terminant son pas, très lentement et profondément, jusqu'au bout du souffle. A la fin de l'expiration, quand on n'a plus du tout d'air en soi, on inspire rapidement, tout en entament un nouveau demi-pas pour recommencer le processus : expiration longue et lente, s'enfonçant vers le bas de l'abdomen, tandis que l'on presse fortement les deux mains, l'une sur l'autre, contre le plexus. Puis nouvelle inspiration rapide sur un nouveau pas. Il est important de garder ce rythme. Et on recommence.
Cette marche, que la tradition zen compare à celle du tigre sortant de la forêt tous sens aux aguets, s'avère d'une grande efficacité psychosomatique. Des études ont montré qu'elle équilibre nos deux systèmes nerveux, l'ortho et le parasympathique, avec tous les bienfaits d'une hyperoxygénation puissante. Au Japon, on dit aussi qu'elle active le hara, centre énergétique de l'être situé sous le nombril, d'où devraient partir tous nos gestes, comme nous l'enseignent les arts martiaux. Le kin hin est réputé créer l'unité du corps et de l'esprit et susciter un grand dynamisme. La pression de nos mains et de nos pouces contre le plexus durant l'expiration permet aussi de masser cet endroit souvent tendu et douloureux, où viennent se nicher beaucoup de nos angoisses et émotions, en lui apportant une détente salutaire. Essayez !
En cette période printanière, on peut aussi simplement méditer en marchant et en humant les senteurs de la nature. Il suffit d'être conscient du va-et-vient de ses pensées et de revenir sans cesse à une respiration consciente et profonde : celle-ci doit prédominer sur tout ce qui s'agite dans notre tête. Plus nous respirons avec avec la conscience de le faire, plus notre cerveau va se calmer et enfin jouir du spectacle du monde.
Marc de Smedt dans " Clés" (avril-mai 2011)
Pour en savoir plus : ce document sur la posture du Kin Hin
mardi 1 mars 2011
La Paix toujours présente avec Arnaud Desjardins
Cet ouvrage a été composé à partir de réponses données à différents auditoires en quête du sens de l'existence. L'auteur y prouve qu'au-delà, ou plutôt, en deçà des philosophies et des théologies contradictoires, un dénominateur commun à toutes les voies de transformation personnelle — religieuse ou non — fait l'unité : il s'agit de demeurer dans la paix, la sérénité et l'amour, valeurs qui n'ont pas de contraires. Ce dépassement des opposés (réussite/échec, bonheur/malheur, création/destruction...) demande ce que la tradition chrétienne désigne par « la mort du vieil homme » et « la naissance de l'homme nouveau », ce que le soufisme dénomme « fana » et le bouddhisme « nirvana ». Plus qu'un changement, c'est une véritable métamorphose intérieure à laquelle nous convie Arnaud Desjardins. Le verset le plus célèbre des Upanishad nous concerne tous : « De l'irréel conduis-moi au réel, des ténèbres à la lumière, de la mort à l'immortalité. » Il y a en nous une énergie fondamentale qui ne meurt pas : à nous de la trouver.










