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mercredi 10 décembre 2025

Qu'est-ce que la paresse ?


Quel est le problème avec la paresse ? Qu’y a-t-il de mal à simplement rester assis et à écouter un son lointain se rapprocher de plus en plus ? Ou rester au lit le matin à observer les oiseaux dans l'arbre voisin, ou à observer une seule feuille danser dans la brise alors que toutes les autres feuilles sont immobiles – qu'y a-t-il de mal à cela ? Nous condamnons la paresse parce que nous pensons que c’est mal d’être paresseux. Voyons donc ensemble ce que nous entendons par "paresse". 

Si vous vous sentez bien et que vous trainez au lit après une certaine heure, certaines personnes peuvent vous traiter de paresseux. Si vous ne voulez pas jouer ou étudier parce que vous manquez d'énergie, ou pour des raisons médicales, quelqu'un peut vous traiter de paresseux.   

Mais qu’est-ce que la paresse au juste ? 

Quand l'esprit n'a pas conscience de ses réactions, de ses propres mouvements subtils : un tel esprit est paresseux, ignorant. Mais si vous ne réussissez pas aux examens, si vous n’avez pas lu beaucoup de livres et si vous disposez de très peu d'informations, ce n’est pas de l’ignorance.   

La véritable ignorance, c'est de n'avoir aucune connaissance de vous-même, de n'avoir aucune perception du fonctionnement de votre mental, de vos motivations, de vos réactions. De même, il y a de la paresse lorsque l’esprit est endormi. Et l'esprit de la plupart des gens est endormi ; ils sont drogués par le savoir, par les Écritures, par ce que Shankara ou un autre a dit. Ils suivent une philosophie, ils pratiquent une discipline, de sorte que leur esprit, qui devrait être ouvert, libre et débordant comme une rivière, devient étroit, terne et las : un tel esprit est paresseux.   

Et un esprit qui est ambitieux, qui poursuit un résultat, n’est pas actif au vrai sens du terme. Bien qu’il puisse être superficiellement actif, travaillant toute la journée et mettant de la pression pour obtenir ce qu’il veut, en réalité cet esprit est lourd de désespoir et de frustration.  

Il faut donc être très vigilant pour savoir si l’on est vraiment paresseux. Ne vous contentez pas de l'accepter si les gens vous disent que vous êtes paresseux. Découvrez par vous-même ce qu'est la véritable paresse.   

L'homme qui se contente d'accepter, de rejeter ou d'imiter, et qui, par peur, s'enchaîne dans une routine, un tel homme est paresseux et donc son esprit se détériore et ne pense plus clairement. Mais un homme vigilant n’est pas paresseux, même s’il peut très souvent s’asseoir tranquillement pour observer les arbres, les oiseaux, les gens, les étoiles et la rivière silencieuse.

~ Jiddu Krishnamurti - This Matter of Culture, Chapter 18

(extrait d'une vidéo)

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mercredi 27 août 2025

Attention vigilante

 


Voyez-vous la vie telle qu'elle est ou telle que vous souhaitez qu'elle soit ?

Il faut avoir du temps libre pour observer la vie. Il faut avoir le temps pour voir ce qui se passe réellement — non pas ce que l'on souhaite ou désire — mais ce qui se passe réellement dans notre vie quotidienne. Cette attention vigilante rend le cerveau extraordinairement perspicace, vif, clair. Et si nous pouvons y aller très, très en profondeur, cette clarté est véritablement la liberté totale.

~ Jiddu Krishnamurti

Brockwood Park 1984, Conversation 1 with Mary Zimbalist - Knowledge is Conditioning  

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mercredi 11 septembre 2024

Espace de quiétude

 


  • La quiétude est votre nature essentielle. Quelle est-elle, en fait ? C’est l’espace intérieur, ou la conscience dans laquelle les mots de cette page sont perçus et deviennent des pensées. Sans cette conscience, il n’y aurait ni perception, ni pensées, ni monde. Vous êtes cette conscience dissimulée sous l’apparence d’une personne.
  • L’équivalent du bruit extérieur, c’est le bruit intérieur de la pensée. L’équivalent du silence extérieur, c’est le calme intérieur. Chaque fois qu’un silence vous entoure, écoutez-le. Remarquez-le, tout simplement. Accordez-y votre attention. L’écoute du silence éveille en vous la dimension du calme, car ce n’est qu’en toute tranquillité que l’on prend conscience du silence.
  • Voyez: dès que vous remarquez le silence alentour, vous ne pensez pas. Vous êtes conscient, sans penser.
  • Lorsque vous prenez conscience du silence, cette vigilance intérieure est immédiate. Vous voilà présent. Vous voilà sorti de millénaires de conditionnement humain collectif.
(Quiétude)
Eckhart Tolle : La quiétude.
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mardi 11 juin 2024

Vigilance aux émotions

 Tenzin Palmo, Reflection on a mountain lake (Snow Lion Ed) .


"Une autre manière de travailler avec les émotions négatives, une fois que nous avons développé une grande vigilance, consiste à voir les pensées et les émotions dans leur nature essentielle dès qu'elles surgissent, au lieu de sauter dessus et de se laisser emporter par elles . Lorsque nous regardons à l'intérieur des pensées et des émotions, nous voyons qu'elles n'ont rien de solide. Elles sont transparentes et fluides. Leur nature est vide. Si nous pouvons voir cela au moment même où les pensées et les émotions se présentent, alors, sur le champ, nous les transformons en une énergie extraordinairement claire. 
Des moments comme ceux-là nous amènent à une très grande acuité de vision. À leur source toutes les émotions négatives sont des formes de l'énergie de sagesse. Elles sont de l'énergie de sagesse qui a été déformée. C'est pour cette raison que dans le Mahayana et en particulier dans le Vajrayana, les émotions négatives ne sont pas déracinées. Elles sont simplement comprises et vues dans leur vraie nature. Cela donne accès à des niveaux très profonds d'énergie pure. Mais cela présuppose un très haut degré de vigilance. Si nous avons ce haut degré de vigilance, quelle que soit l'émotion qui se présente, celle-ci est instantanément libérée. Il n'y a alors plus de problème."
 
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mercredi 28 février 2024

Sois sage et vigilant

 


Qui a vu demain ? Qui sait quand retentira soudain l'appel du monde inconnu — un appel auquel nul ne peut jamais dire : "Attends encore un peu, je te prie ?" L'oubli de la mort n'empêche pas la mort de venir, ignorer Shiva ne suffit pas pour échapper à ses mains. Le temps est fugace, le chemin est long et le soir de la vie vient vite. Pourquoi gaspiller les précieux moments en amassant de l'argent et en servant le moi fallacieux et vulnérable, avec le vain prétexte de "service social". 

Commencer ici et maintenant est la ligne de conduite la plus sûre et la plus saine. Le passé est mort et le futur inconnu.

Seul le présent est réel, seul le présent est vivant. Quelqu'un peut-il vivre hier ou vivre demain ? Pour penser au passé ou à l'avenir vous devez inévitablement en faire du présent. Seul le présent est vie et cette vie ne nous appartient pas — nous en sommes seulement les gardiens ; elle appartient à Dieu, et à Dieu elle doit être consacrée.

S'ensuit-il qu'il incombe à tous de fuir foyer et famille pour s'enfoncer dans les bois pour Le trouver ? Pas nécessairement, et ce n'est pas non plus de cela qu'il s'agit. Il s'agit pour l'aspirant de s'adapter à son milieu de telle manière que, au lieu de s'abandonner à des rêveries sur un avenir plus ou moins lointain où il s'adonnera à la contemplation, il prenne le départ maintenant, s'asseyant chaque jour pour méditer et prier avec régularité, faisant du présent le meilleur usage.

Des sceptiques diront peut-être : "Dans les circonstances compliquées d'aujourd'hui, il est impossible de vivre dans le monde et de s'engager en même temps avec sincérité sur le chemin qui conduit à Dieu ou de gravir tous les échelons d'une vie faite de pureté et de perfection spirituelle." C'est là exagérer la difficulté. 

On constate que même dans des circonstances contraires ou peu propices, certains s'assoient régulièrement en état de concentration spirituelle, et s'élèvent très haut dans la divine félicité tandis que d'autres, disposant largement de quoi vivre à l'aise et ayant à portée de la main les moyens indispensables pour mener à bien une ascension spirituelle (pour peu qu'ils en aient le désir), ne s'assoient jamais pour méditer et sont voués dans l'ordre spirituel à une faillite totale.

En réalité, l'excuse de circonstances défavorables pour s'abstenir de s'engager dans le divin sentier est, le plus souvent, un autre prétexte invoqué par l'ego inférieur parce qu'il hait sa soumission au Soi supérieur et s'efforce de s'y soustraire. 

Il y a des conditions tout à fait défavorables à un développement spirituel, je l'admets. Mais n'est-il pas vrai que le moral d'un soldat dans la bataille compte plus que l'équipement dont il est pourvu ? "Vouloir c'est pouvoir", comme dit le vieux proverbe. Le nœud du problème réside dans la fascination qu'exercent les gunas sur les humains, de sorte que le monde et eux ne font qu'un. Qu'il y ait une ardente aspiration et le reste suivra. Le Seigneur ne nous choisit que si nous Le choisissons. Il nous aide à condition que nous sollicitions Son aide.

Ami ! Ce corps humain, malgré sa nature périssable, est, du point de vue de la Sadhana, le bien le plus précieux. Le mépriser foncièrement ou l'utiliser pour son propre contentement est une mauvaise attitude qui témoigne d'une complète incompréhension des choses. Ne le gaspille pas en vaines paroles et bagatelles. Il te donne l'occasion rare de mettre fin à ton exil dans le monde du temps. Ne gaspille pas cette chance précieuse. 

Sois sage et vigilant. Prie et vis. Prends à cœur de commencer ici et maintenant. Pratique assidûment. Médite ton Soi véritable et deviens libre. 

Qu'est-ce donc qui peut te détourner de Dieu ? Rejette toute faiblesse. Pourquoi devrais-tu succomber à tous les caprices du monde ? Pourquoi remettre à un avenir lointain l'approche du libérateur suprême alors qu'Il est présent en toi ? Éveille-toi et va de l'avant. Et ne t'arrête pas tant que le But n'est pas atteint.

~ Chandra Swami 

L'art de la réalisation (1985)

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dimanche 28 janvier 2024

samedi 25 novembre 2023

Décidez !


Le moment est venu d’un changement de niveau sur la voie. 

Vous connaissez les marques du passé qui régnaient sur votre existence. Maintenant décidez (oui : décidez !) d’en être libre. 

Cela vous demandera une vigilance, une pratique mais celle-ci portera des fruits convaincants. 

Vous n’êtes pas la femme blessée. Vous êtes la Vie, L’Etre, la Conscience. 

Ces grands mots ne sont pas des mots creux. C’est la vérité.


Arnaud Desjardins

En communion avec vous - Lettres à ses élèves

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mardi 8 août 2023

Vigilance et clarté

 

Nous sommes toujours le centre de nos préoccupations, nous sommes ce qu’il y a de plus important dans toutes les situations que nous rencontrons, tous les aspects de la vie. C’est cette importance donnée à « moi je » qui est la cause de nos difficultés. La saisie égoïste nous empêche d’avoir le recul nécessaire pour ne pas se faire piéger par les émotions.

Voici un exemple tout simple : imaginons que je me casse le bras, ce qui est particulièrement douloureux. Si je me dis : « il n’y a pas de problème, tout est illusoire, le bouddha l’a dit ! » Cela ne va rien changer ni soigner, la souffrance sera toujours présente. Par contre, lorsque je me fais soigner, je réfléchis un peu et j’essaie de discerner la perception que j’ai de mon bras, de la douleur, de l’esprit qui expérimente, je me rends compte alors que je ne suis pas que mon bras et je me demande où et comment j’expérimente la douleur. Si je développe une telle vigilance, j’aborde la souffrance différemment. Cela ne soigne ni de dissout la souffrance mais cela me permet d’avoir une vision autre, plus claire de ce que j’expérimente. Sinon l’expérience reste confuse, sans clarté ni compréhension.


Il nous faut nous entraîner à ce regard conscient en toutes circonstances ; voir les émotions et notre façon d’y réagir. Nous sommes de toute façon obligés de faire face aux situations, alors autant les utiliser pour développer la vigilance et la clarté. Nous avons souvent tendance à nous dire : « ce n’est pas grave, quoi qu’il arrive, ça doit arriver plus voilà ». Cette forme d’indifférence ne mène qu’à plus de confusion et d’insatisfaction. Comme nous ne voulons pas rencontrer la souffrance, le remède est de développer la vigilance. Plus nous allons nous y entraîner, plus elle se développera pour devenir naturelle. Chacun d’entre nous à cette capacité. Le développement de l’attention consciente au quotidien, nous permet de comprendre le sens du Dharma de l’intérieur.

« Les chemins de la sagesse » Jigmé Rinpoché

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samedi 22 juillet 2023

Vigilance fondamentale


 Si vous regardez bien, vous verrez combien de gestes vous faites sans avoir décidé de les faire : pratiquement tous. Combien de paroles vous dites sans avoir décidé de les dire : pratiquement toutes. Combien de conversations commencent, sans décision consciente de se mettre à parler. Et puis regardez, non plus dans le détail de la vie quotidienne où c’est parfaitement perceptible mais dans les grandes orientations de votre existence, comment tout s’est déroulé. Vous pouvez toujours justifier, croire que vous êtes libres ; mais, si vous vous éveillez tant soit peu, vous verrez que ce n’est pas vrai. Vous vous rendrez compte: «Mais qui me dirige ? Qui me donne ces ordres ? Je suis comme le sujet hypnotisé qui commence « librement », vers quinze heures à organiser son expédition à Saint-Gervais pour pouvoir décider non moins librement de dîner chez Mme Lafont. »

La vigilance est exprimée en anglais par les mots awareness, mindfullness, collectedness, self-remembering et, en français, par recueillement, ou conscience, ou, selon la vieille expression chrétienne : présence à soi-même et à Dieu. Il n’y a pas de présence à Dieu sans présence à soi-même et il n’y a pas de réelle présence à soi-même sans présence à Dieu, si vous voulez utiliser le langage religieux. Trop d’entre vous, qui se disent chrétiens, n’ont eu qu’une formation morale et théologique ; un petit peu d’étude du dogme et un petit peu de morale. Mais de ce qu’on appelle la théologie ascétique et mystique le chrétien ordinaire n’a aucune connaissance, qu’il soit protestant ou catholique. Si vous étudiez ce qui a fait l’essence de la vie des moines bénédictins, des moines trappistes, des moines chartreux ou des moines du mont Athos, vous verrez que toute la vie du moine est axée ou centrée sur cette nécessité de vigilance.

Arnaud Desjardins - A la recherche du Soi

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lundi 3 avril 2023

Utilisation de l'énergie contenue dans l’émotion.

 LA STRATEGIE DU OUI – L’émotion et ses thérapeutiques de la tradition au lying

Denise Desjardins - La Table ronde


Que faire pour se libérer de l’émotion ? Se servir de l’émotion. Si le Seigneur a créé les émotions, n'est-ce pas pour les utiliser afin de le rejoindre   Puis il créa «la dévotion austère, la parole, la volupté, le désir, la colère aussi ; c'est ainsi qu'il opéra cette création, désirant donner l'existence aux êtres ». (Lois de Manou, 1, 25 2.)

Ardeur, désir, faculté de jouir, colère, telles sont les composantes de notre psyché qui peuvent, de façon inattendue, briser les écrans de structure mentales et susciter les états mystiques. C'est en grande partie de quoi s’occupe le Vijñâbhairava tantra, un des plus anciens tantra (livre sacré, principalement ceux des sectes sivaïtes) auxquels se réfère l'école sivaïte moniste du Kašmir. 

Abandonnons effort de contrôle psychique, rituels et mantra. Place à l'utilisation de l'énergie. Et plus cette énergie sera impétueuse, tumultueuse et même violente, plus l’ascèse sera profitable., Si on sait s'en saisir de la bonne façon et aux bons moments. Le tantra en propose cent douze. Parmi eux, toutes circonstances, émotions, sensations, impressions où l'énergie est à son paroxysme, peuvent devenir l'aiguillon pour rejoindre la plus haute énergie.

Où l'énergie se révèle-t-elle la plus forte, donc la plus utilisable, si ce n'est au moment d'une explosion d’émotions ? Ainsi passion, colère, terreur, au lieu d'être honnies, bannies, proscrites, exorcisées, vont-elles devenir, en tant que production magnifique de matière première, le domaine par excellence de l'ascèse. Ne fuyons donc pas l'existence de chaque jour ; essayons au contraire de traquer ces occasions de bouillonnement émotionnel, au besoin de nous y préparer, afin de découvrir le fil d’Ariane qui, de cette éruption brutale, va permettre de remonter jusqu'à sa source : l'énergie indifférenciée, toute-puissante, celle de Siva, et de s'y fondre.

Cette technique, nous avons à chaque instant l'occasion de la mettre en pratique, nul doute, mais que de qualités elle requiert... A commencer par une vigilance, une vivacité et une présence d'esprit peu ordinaires. Car la démarche exige, à tout le moins, une rapidité fulgurante pour, en plein cœur du jaillissement d'émotions, parvenir à stopper le fonctionnement intellectuel.

« Si l'on réussit à immobiliser l'intellect alors qu'on est sous l’emprise du désir, de la colère, de l'avidité, de l'égarement, de l’orgueil, de l'envie, la réalité de ces états subsiste. »

Encore faut-il y réussir... L'exploit d'être simultanément la proie d'une émotion violente et l'acteur capable d’immobiliser son intellect, n'y parvient pas qui veut, mais qui s'est adonné au recueillement, à la maîtrise de soi, même s'il l'a provisoirement perdue. A quelque niveau que se déroule notre vie, n'importe quelle émotion fera l'affaire et servira de déclencheur, à condition de faire converger sur-le-champ un triple faisceau : la formidable condensation d'énergie, la sensation d'exister, attisées toutes deux par l'émotion violente, l'immobilisation de la pensée. Que d'occasions la vie nous offre d'utiliser d’un coup ce potentiel énergétique (même l’éternuement !) : « Au commencement et à la fin de l'éternuement, dans la terreur et l'anxiété ou (quand on surplombe) un précipice, lorsqu'on fuit le champ de bataille, au moment où l'on ressent une vive curiosité, au stade initial ou final de la faim, etc., la condition faite d'existence brahmique (se révèle). › › (Verset 118.) L'existence brahmique étant une extase temporaire.

A ces instants dangereux, intenses ou violents, l'individu est unifié, que ce soit dans sa terreur ou son éternuement. Il n'y a de place pour rien d'autre. Mais qui prend garde à ces moments privilégiés ou providentiels ? Seul le peut l'ascète averti, entraîné à concentration, méditation, vigilance, vivacité d'esprit. Celui-là seul parvient à calmer l’émotion, tout en gardant l'intensité et l'éveil de la conscience. Explosion d'émotions, situation d'urgence, paroxysme de sensation, oui. Mais d'autres instants encore peuvent provoquer spontanément ce que le tantra nomme l'état « d'existence brahmique››. En particulier les espaces de vide interstitiel. 

Le défilé perpétuel de nos pensées et associations d'idées nous donne l'impression de continuité et nous empêche de nous rendre compte, et plus encore d'utiliser ces espaces de vide. Que se brise l’écran des pensées, ne fût-ce qu'un instant, et dans cette trouée, un ciel jusque-là voilé se découvre dans tout son éclat. Encore faut-il saisir au vol l'instant fugace de la déchirure et ne pas fermer les yeux, mais bien s'ouvrir à cette clarté. Peu importe le support. Que ce soit l'intervalle entre deux souffles, ou entre deux perceptions, il peut devenir l'instant de rupture où soudain s'éclipse notre perception habituelle. 

Tentons, par exemple, dans l’espace qui sépare deux objets simultanément perçus, de s’arrêter en leur milieu : la Réalité jusque-là obstruée par ces objets peut alors se révéler. La « condition suprême › › est enfin saisie.

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samedi 25 mars 2023

Attention à la vigilance


 Retrouvons un autre contact au monde...


La force de l’attention - Invité : Marc de Smedt
source : sagesses bouddhistes
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vendredi 24 mars 2023

Vigilant sur la vigilance


 Là, j'en arrive à une notion fondamentale, vitale, qui est celle de la vigilance : être présent, attentif, conscient, savoir ce qui se passe en nous.

C'est une aptitude qui se développe et qui croît peu à peu peu par l'exercice et qui, seule, permet de ne plus se laisser emporter "aveuglément" par tout ce qui nous touche.

Il est escompté d'un veilleur de nuit qu'il ne s'endormira pas.

En anglais, les mots clés du bouddhisme sont "collectedness", qui signifie le fait de se rassembler, de se recueillir, mindfulness, la plénitude de l'attention, awareness, le fait de savoir exactement ce qui se passe.

La vigilance est une attitude qui n'a rien de bien spectaculaire mais qui change tout. 

Nous dormons, et c'est pourquoi notre vie nous échappe et se déroule toute seule. Nous ne comprenons pas pourquoi nous ne sommes pas heureux et dans la paix comme nous le voudrions. 

Mais nous avons une certaine possibilité d'attention : voilà le grand secret. Et cette faculté est susceptible de se développer immensément par l'exercice.

Arnaud Desjardins - Les chemins de la sagesse

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dimanche 20 février 2022

Connexion spirituelle

 Je n'ai plus de connexion internet depuis la tempête de vendredi. Mais, il y a une connexion qui subsiste même dans l'obscurité...



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dimanche 17 mai 2020

Vigilance du disciple



Si on observe bien, pourquoi pratique-t-on des techniques destinées à rendre silencieux le mental ou à pacifier les agitations émotionnelles ? Parce que continuellement, dans la journée, les relations perpétuent, entretiennent ces agitations, ces préoccupations, ces attentes, ces anticipations, ces rancœurs, ces contentieux... 


Mais si on vit la relation de façon de plus en plus consciente, non intéressée, pour accomplir sa valeur réelle, alors ces mécanismes-là s’épuisent, et lorsqu’on s’asseoit le soir, en silence, il y a de moins en moins de retour des relations évitées, avortées, non menées à terme. Il y a de moins en moins de bruit, de « conciergerie » intérieure. On devient non pas un méditant, mais un lieu de plus en plus paisible, le lieu de méditation de Dieu. Au lieu d’être le lieu du bruit du monde, d’un monde avorté, inachevé, on devient vraiment le lieu de l’avènement du Royaume, le lieu où l’univers se plaît à se reconnaître. 

On devient, au sens noble, un temple où Dieu fait Sa résidence, non seulement dans ces moments de silence, mais la journée suivante, dans la qualité de notre relation au prochain.

Yvan Amar
(Source : Anthologie de la Vigilance de Marie Chantale Forest)

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mardi 12 mai 2020

Les observances du déconfinement


INTRA MUROS  - 10 mai

Cette période de déconfinement qui s’annonce promet d’être une belle opportunité d’exercice, peut être encore davantage que celle du confinement. D’accord, être confiné pose tout un tas de défis, bien différents qui plus est selon la situation dans laquelle on se trouve en matière d’habitat, de famille - ou de compagnie- de ressources, tant culturelles que financières. Cependant, comme toutes les situations de retrait, le confinement a son confort bien particulier. C’est un peu comme la règle de silence lorsqu’on fait une retraite en un lieu à vocation spirituelle. Le difficile, au départ, c’est de s’arrêter de parler. Le pli une fois pris, le silence comporte un aspect confortable. Il y a beaucoup moins de risques de malentendus, de disputes, ou tout simplement de proférer des bêtises quand on n’ouvre pas la bouche.
Le silence peut être un ingrédient essentiel d’une vraie retraite mais la vocation même d’une retraite, c’est d’être ponctuelle, temporaire, une parenthèse pour explorer d’autres zones de soi avant de replonger dans le bain de la vie relationnelle. Quand on redescend de sa montagne, quand on quitte son ermitage pour s’aventurer sur la place du marché, là commencent les choses sérieuses.
Il va nous falloir nous situer constamment entre deux écueils : d’un côté la peur, la rétractation, l’obsession sécuritaire , la frilosité relationnelle … De l’autre l’irresponsabilité, l’imprudence, l’inconscience, la prise de risques inutile , dommageable pour soi comme pour autrui.
Et, comme si souvent, le positionnement juste sera simple, très simple, simple n’étant pas synonyme de facile. Il va s’agir de vivre, de s’ouvrir, d’émerger de la coquille en laquelle la situation nous a fait bon an mal an rentrer ; renouer avec les relations autres que virtuelles ou restreintes au seul champ de notre intimité immédiate ; rétablir un commerce avec d’autres paysages, lieux, espaces , se réhabituer à des situations hors d’une sphère circonscrite. Il va falloir oser, ouvrir intérieurement les bras (on pourra même, tiens, pourquoi pas, faire le beau geste de les ouvrir tout grand , les bras, et que l’autre le fasse aussi, sans pour autant se toucher ). Il va être crucial de s’aventurer au dehors, résolument, sans bouclier intime. Et, dans le même temps, il va être vital de se montrer responsable et donc en pratique, de s’astreindre aux fameux gestes barrière sur lesquels repose pour l’essentiel la réussite de ce déconfinement dont on veut éviter qu’il tourne à la déconfiture… Sortir sans bouclier, mais affublé d’un masque ; ouvrir grand les bras mais ne pas se toucher ; réinvestir résolument les relations mais à distance de sécurité extérieure. Plus que jamais il va s’agir de distinguer le dedans du dehors, de ne pas confondre la distance mesurée en mètre avec celle du cœur, voir les yeux qui sourient au dessus du masque…
Quantité d’exercices spirituels reposent sur des observances , une série de gestes au départ peu naturels et pourtant répétés heure après heure, jour après jour. La vie d’un monastère , chrétien ou zen, est faite de ces observances conçues comme l’incarnation d’un rappel continu. Pour celles et ceux d’entre nous qui aspirent à une quotidien transfiguré par la voie, se pourrait il que le virus, la fameuse nécessité de « vivre avec lui » désormais et tant qu’il le faudra, s’avère être un puissant rappel à soi et au Plus Grand, un constant point d’appui pour ne pas oublier ? Se pourrait il que le virus vienne à notre secours pour transformer l’existence dite profane en déclinaison du sacré, le « monde" en monastère ? C’est en tout cas le défi et l’opportunité que je perçois en ce temps qui s’ouvre. Comme cela va être réveillant et vertical de partager un repas avec quelques amis (moins de dix n’est ce pas) en respectant toutes les précautions. Se pourrait il que cela nous aide à découvrir la différence entre convivialité et emportement, communication et communion, partage et mélange ?


Gilles Farcet
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mercredi 6 mai 2020

Accueil des sensations


José Le Roy nous présente ici des exercices de vision sans tête, inspirés de ceux de Douglas Harding. Ce n'est pas à comprendre, c'est à incorporer !


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jeudi 26 mars 2020

Moins d'ego, plus de joie (2)


Revenir à ce que je veux

source : "Equinoxe Infinity" de J-M Jarre
Nous avons intérêt à revenir inlassablement à la question « Qu’est-ce que je veux ? », non seulement sur l’axe du Relatif mais surtout sur l’axe vertical. Quelle est mon aspiration ? La paix ? La liberté ? La joie ? Aimer ? L’unité ? Nous poser cette question nous réoriente, d’instant en instant, et dissipe la confusion. C’est notre repère central : vérifier la cohérence avec Ce-que-je-veux, maintenant.

Si je veux la paix, est-ce le désir qu’on me fiche la paix ou bien être en paix ? Immense différence. Pour être en paix, j'ai à détecter alors avec quoi, avec qui, je suis en guerre pour cesser le combat : Est-ce avec mon émotion ? Avec l’autre ? Avec mes pensées ? C’est un aspect crucial de la vigilance : Ma manière de prendre les choses est-elle conforme à ce que je veux ou bien est-ce que je lui tourne le dos ?

Si je veux l’Amour, au moment où je suis mécontent de mon conjoint, vais-je l’agresser par des reproches ? Revenir à mon but fondamental m’inspire une tout autre approche. Quand je suis tendu, énervé, reconnaître déjà un manque d’amour envers moi-même. Puis-je me pencher sur ma contrariété avec bienveillance ? M’étant moi-même entendu, je serai mieux disposé à m’adresser à mon partenaire sans hostilité. Que puis-je lui dire de moi sans le heurter, sans le blesser et sans farder ma vérité ? Qu’est-ce qui, de ma part, va contribuer à établir entre nous un climat ouvert, aimant, pour nous parler ? La détermination à rester fidèles à notre aspiration empêche l’ego de prendre les commandes.


Christophe Massin
Extrait de "Moins d'ego... Plus de joie !"
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