jeudi 6 novembre 2008

Vivre dans l'imparfait avec Alexandre Jollien


« Pour Schopenhauer, nous sommes tyrannisés par le désir. Et nous ne prenons jamais le temps d'interroger celui-ci. L'important est de comprendre qu'existe en nous un désir d'absolu. On pense y répondre en obéissant à quantité de petits désirs — une nouvelle voiture, un nouveau vêtement... — mais il ne sera jamais comblé. Cela ne veut pas dire qu'il faille vivre sans désir, mais être conscient qu'il y a peut-être en nous une blessure, une béance qui réclame réparation ou compensation. II ne s'agit pas de culpabiliser en disant : "Je ne devrais pas compenser." Mais voir que nous compensons. Vivre imparfait, c'est accepter d'être soi et non quelqu'un d'autre de plus riche, plus beau, plus heureux. Bien sûr, nous voudrions tous être au-dessus de nos faiblesses, avoir soldé les comptes qui nous alourdissent. Mais non : parfois, il nous faut juste vivre avec. Accepter notre place. Vivre dans l'imparfait, c'est revenir à la distinction d'Epictète : "Qu'est-ce qui dépend de moi et qu'est-ce qui ne dépend pas de moi?" Dès lors, il est plus facile de faire le tri entre ce que nous pouvons changer et ce que nous devons accepter. Si l'action prend sa source en nous, si elle obéit à un vrai désir de joie, c'est formidable. Mais prenons garde au désir de fuite. »
extrait du magazine Psychologies de novembre 2006

Le laiteron (Sonchus oleraceus)

Une «mauvaise herbe» pas bien méchante
Le laiteron fait partie de ces plantes qui poussent toutes seules dans les terres cultivées, et que les jardiniers voient d'un mauvais oeil. Mais ses racines ne sont pas profondes et il n'envahit pas trop, alors on le tolère souvent. Il est facile à distinguer avec ses tiges creuses et ses feuilles découpées, caoutchouteuses au toucher. Et quand il fleurit, on dirait un petit pissenlit monté sur tige. Il forme aussi après la floraison une boule de duvet miniature.

Une excellente salade sauvage
Les jeunes feuilles de laiteron sont extrêmement tendres et très douces au goût. Elles forment l'une des meilleures salades. Par la suite, les feuilles peuvent être cuites comme légumes, et sont toujours très bonnes. Quand le laiteron grandit, on peut encore cueillir à l'aisselle de ses feuilles de petites pousses, qui se développeront de nouveau si la plante est laissée en place jusqu'à la fin de la saison.

D'autres bons laiterons
Deux espèces voisines poussent dans les champs et les décombres. Le laiteron âpre (Sonchus asper) a des feuilles tendres et utilisables crues ou cuites lorsqu'elles sont très jeunes. Mais elles deviennent par la suite aussi piquantes que celles d'un chardon. Le laiteron des champs (Sonchus arvensis) est également comestible.

Extrait de "L'herbier à croquer" de François Couplan