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jeudi 19 décembre 2024

Dire oui à son "non"

Mes chers amis,


La méditation, en soi, ne demande aucun support de méditation. L'invitation est simplement d'être présent à l'esprit qui repose en lui-même sans rien en faire. Mais manifestement cela n'est pas simple. 

Pour la grande majorité d'entre nous, nous avons besoin d'un support et le support le plus simple, le plus accessible est de poser son attention sur les sensations de la respiration. La respiration est toujours présente, en tout cas tant que nous sommes vivants. Nous ne pouvons prendre conscience de la respiration que maintenant dans l'instant présent. La respiration se fait sans aucun effort, elle se fait à l'insu de notre plein gré. La respiration est toujours nouvelle, vous n'avez encore jamais fait la respiration qui va venir.

Une fois que vous avez ancré votre attention sur le support de la respiration, l'invitation est d'être attentif aux pensées qui surviennent. Remarquez que les pensées surviennent quand vous n'êtes plus attentif au support de la respiration. Nous ne sommes capable que d'une chose à la fois.

Remarquez que les pensées surviennent sans que vous ne fassiez rien. Vous ne savez pas qui les a provoquées. Regardez la pensée surgir, regardez la être, et regardez la partir

Quand vous croyez saisir une pensée, fixer une pensée, en fait vous ne saisissez rien, vous ne faites qu'observer qu'une autre pensée apparaît, une pensée en relation avec la précédente qui elle est déjà partie.

C'est ce lien entre les pensées qui nous fait croire que nous sommes "partis" dans nos pensées.

Parmi nos pensées, peut parfois surgir une pensée de refus, un "non".

Je vous invite à être présent à ces "non", car c'est à partir d'eux que la haine et la colère pourraient se développer. Voir le "non" et lui dire oui, c'est créer les conditions pour éviter que la colère ne se développe.

Comme la colère n'est pas plus profitable à vous qu'aux autres, cela pourrait être intéressant.

Bonne méditation à vous tous.

Avec ma profonde amitié.

Philippe Fabri

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samedi 7 décembre 2024

Bonté originelle

 Mes chers amis,

J'ai reçu ce matin la pensée de la semaine de Mathieu Ricard. Je voulais la partager avec vous car elle me semble particulièrement d'actualité :


La "vision pure" pourrait donc être comparée à une "bonté originelle"; en elle repose l'idée que la nature ultime de notre esprit n'est pas modifiée par les poisons mentaux qui peuvent l'envahir pour un temps et qu'il est possible de neutraliser. Le contraire de la vision pure est donc la croyance que le monde et les humains sont fondamentalement mauvais. Cette tendance mène à condamner en bloc l'ensemble d'une communauté humaine du fait que certains individus se comportent de manière abjecte. [...] En essence, la réponse aux atrocités trop souvent commises par le genre humain passe par la transformation et la bienveillance, non par la haine et la vengeance.

Matthieu Ricard

C'est par cette attitude que nous arriverons à nous détendre et nous souhaitons tous être détendus.

La haine, la colère, le jugement qui condamne, la malveillance n'amènent jamais à une vraie détente.

Il est bon de réaliser que fondamentalement, nous avons tous en nous cette "bonté originelle" qui malheureusement est parfois recouverte de voiles très épais. Ces voiles sont les émotions qui nous perturbent, qui nous agitent, qui nous mettent en tension. Elles s'appellent essentiellement colère, haine, peur et avidité.

Avec ma profonde amitié pour vous tous.

Philippe Fabri

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jeudi 21 novembre 2024

Peut-on saisir l'instant

 Mes chers amis,


Lama Sangpo qui a pris la succession de lama Teunsang au centre bouddhiste de Montchardon était ce Week end en visite au centre bouddhiste tibétain de Genève dont Jean Marc Falcombello est l'enseignant .

Il nous a donné une instruction très simple pour nous aider à méditer : 

"Si je porte mon attention à la pensée, dans l'instantanéité, juste au moment où elle se produit, cela disparaît, cela cesse."

Cette invitation, extrêmement simple est très profonde, car elle nous fait réaliser, si on la pratique vraiment, qu'aucune pensée n'est saisissable, que nos pensées sont semblables à courant dans lequel il n'y a jamais la même eau.

Chaque pensée ne peut être vue que dans l'instant et elle est sans durée. On ne peut donc en faire l'expérience que dans l'instant.

L'instant est le seul moment auquel nous avons accès. Nous n'avons plus accès à avant et nous n'avons pas encore accès à après. Nous ne connaissons que la pensée de maintenant. Et ce que nous percevons dans l'instant, si nous nous en approchons, cela disparaît, comme un mirage dans le désert.

Ce monde de pensée ne serait donc qu'une succession d'instants insaisissables. Quelle est donc la substance des pensées ?

Ne peut-on pas dire qu'elles sont insubstantielles, sans substance individualisable ? Qu'elles sont en essence vides, sans nier leur apparence ? Peut-on en dehors de la méditation rester conscient de cela ?

Nous ne choisissons pas nos pensées, mais les pensées que nous suivons vont être à la base de nos actes. Etre conscient de ses pensées dans l'instant est la base d'une vie avec des actes conscients, des actes dont nous allons progressivement découvrir les conséquences.

Allons-nous favoriser les actes qui font du bien à nous et aux autres, plutôt que ceux qui entraînent de la souffrance ? Lequel de ces deux types d'actes nous permet-il de nous détendre dans le bien-être ?

Dévoiler la nature de nos pensées est un chemin pour dévoiler notre véritable nature et la laisser s'exprimer par son expression naturelle qui est pleine d'amour et de compassion.

Avec ma profonde amitié pour vous tous.

Philippe Fabri

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samedi 12 octobre 2024

Comme une goutte d'eau qui se dissout dans l'océan

Mes chers amis,


Une goutte d'eau a une individualité, une forme, des limites, mais quand elle tombe dans l'océan, elle est indifférenciée de l'océan. Son individualité, sa forme, ses limites ont disparu.

L'apparence de la goutte était transitoire, entre le nuage et l'océan. La nature de la goutte est restée identique, c'est de l'eau.

A la naissance notre corps prend forme et après la mort il redevient poussière. C'est juste un jeu temporel d'apparence. Un jeu extrêmement précieux car c'est le jeu de notre vie. C'est pendant notre vie que la prise de conscience de ce que nous sommes vraiment, de quelle est notre véritable nature peut avoir lieu.

Notre apparence est bien plus complexe que celle de la goutte. Et quelle est notre nature ?

Les enseignements bouddhistes nous disent que notre nature de Bouddha est vacuité, qu'elle n'a pas d'existence en soi (c'est à dire qu'elle n'a aucune existence permanente indépendante d'autres phénomènes). Nous viendrions de la vacuité, pour retourner à la vacuité. Notre vue duelle nous donne toujours ces impressions de mouvement.

La méditation nous permet, en diminuant les mouvements, de revenir à l'instantanéité, à tenter de percevoir ce qui est perçu, ce dont nous sommes conscients, juste dans l'instant.

C'est un des chemins qui peut nous permettre de dévoiler notre véritable nature.

Nous pouvons alors commencer à prendre conscience des qualités inhérentes à notre véritable nature. Je vous les résume de façon très courte et incomplète car découvrir les qualités de notre nature de Bouddha, nos qualités divines est le chemin de toute une vie.

Mais nous pouvons déjà dire que ce que nous sommes est clair, c'est à dire insubstantiel et non obstructif, créateur (c'est en son sein que tout se produit) et connaissant, c'est à dire que nous sommes conscients de ce que nous percevons et que nous sommes conscients d'être, conscients d'être conscient.

Voila les points abordés dans cette méditation.

Avec ma profonde amitié pour vous tous.

Philippe Fabri

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jeudi 19 septembre 2024

Cultiver la gratitude


Mes chers amis,

Nous avions parlé la semaine dernière de la haine et de la colère, des émotions perturbatrices que nous sommes invités à abandonner car elles entraînent de la souffrance autant chez nous que chez les autres.

Il n'en est pas de même avec la gratitude. Celle ci fait du bien autant à vous mêmes qu'aux autres êtres.

Nous avons facilement tendance à éprouver de la gratitude pour ce que nous aimons et de la haine ou de la colère face à ce que nous n'aimons pas.


Pouvons nous nous questionner sur le fait d'aimer ou de ne pas aimer quelque chose ou quelqu'un ?
Est-ce un choix conscient et réfléchi ? Ou est-ce que cette appréciation, cette sensation disent les bouddhistes, survient simplement dans notre esprit sans aucun choix de notre part ? 
N'est-ce pas simplement le fruit de notre histoire ? Avons nous vraiment choisi notre histoire, ou nous est-elle donnée ?

Est-il donc nécessaire de laisser notre esprit s'agiter face à quelque chose que nous n'aimons pas ? 
Puis-je simplement laisser la réaction se faire et éprouver de la gratitude car cette situation me permet de prendre conscience de l'émotion qui se lève dans mon esprit et qui me fait souffrir ?

N'est-ce pas l'occasion de s'en libérer ?
Pouvons nous éprouver de la gratitude pour cette situation que nous n'aimons pas mais qui va nous permette, petit à petit, de nous libérer de la souffrance.
Tout serait-il donc opportunité dans notre vie humaine si nous sommes prêts à poser ce regard sur la vie ?
Pouvons réellement rendre grâce du fond du cœur ? C'est la base de l'enseignement chrétien.
La gratitude est une des bases des enseignements bouddhistes.

Avec ma profonde amitié et ma gratitude pour vous tous qui me permettez, en partageant avec vous, de réaliser toutes mes lacunes dans ma compréhension et dans ma réalisation.
De quelle façon sont-elles d'ailleurs miennes ?

Philippe Fabri

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jeudi 5 septembre 2024

Présence de la respiration

 Nous avons repris les bases de la méditation.

D'abord poser l'intention.


J'ai repris les moyens qu'emploie Jean Yves Leloup auprès de qui j'ai été faire une retraite dans son manoir de la Tuderrière près de Challans en Vendée.



Au premier son du bol on prend conscience de la lumière que nous sommes et que les autres ont cette même essence lumineuse et nous symbolisons cela en joignant les deux paumes de nos mains. C'est très proche du Namasté hindou qui signifie "Je reconnais la lumière qui est en toi"


Au second son du bol on baisse la tête en se penchant en avant et on se rappelle l'origine terrienne de notre humanité, le "glaiseux". Nous prenons conscience que c'est grâce à cette apparence, à ce corps fait de glaise que nous pouvons prendre conscience de notre essence lumineuse et uniquement grâce à lui. Dieu s'est fait homme pour que l'homme se fasse Dieu.


Au troisième son du bol nous posons le dos de la main droite sur la paume de la main gauche et nous joignons les deux pouces pour nous rappeler que nous sommes relation, relation entre le ciel et la terre, entre l'humain et le divin et relation avec tout ce que nous percevons. Cette relation est évident quand nous prenons conscience de l'ouverture que nous sommes, cette vaste ouverture au sein de laquelle le monde et nous-mêmes nous nous produisons.


Une fois que cette intention est posée, nous nous ancrons aux sensations de la respiration pour apprendre à notre esprit à se poser en un point.


Nous avons terminé la méditation en posant notre attention sur les différentes sensations que nous ressentons dans notre corps...
Philippe Fabri
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samedi 31 août 2024

Méditations

 


Pour que les actes accomplis dans le but d’aider autrui aient véritablement des conséquences bénéfiques, ils doivent être guidés par la sagesse, une sagesse qui s’acquiert par la méditation. La raison d’être ultime de la méditation est de se transformer soi-même pour mieux transformer le monde, ou de devenir un être humain meilleur pour mieux servir les autres. Elle permet de donner à la vie son sens le plus noble.

Matthieu Ricard, L’art de la méditation.



"Quelle est l'intention des méditations ? 

C'est l'intention qu'ont tous les êtres : être heureux, expérimenter le bien-être et éviter la souffrance, le mal-être !

Notre ignorance des conséquences de nos actes fait que, malheureusement, nous nous trompons souvent et nos actes, malgré notre bonne volonté, entraînent régulièrement de la souffrance pour nous-mêmes et pour les autres. Il s'agit donc d'essayer de mettre de la conscience sur nos actes.

Nous arrêter le temps de la méditation, observer ce qui se passe dans notre esprit est un premier pas vers la paix. Prendre conscience que chacun de nos actes est précédé d'une pensée. Prendre conscience que nous avons si peu de pouvoir sur le surgissement de nos pensées. Prendre conscience que nous avons la possibilité de devenir conscient de ce que nous allons faire de la pensée qui surgit.

A partir de là nous allons pouvoir commencer à essayer d'avoir une vie un peu plus consciente. Nous allons essayer de devenir conscient, de nous éveiller à notre véritable nature et à la véritable nature de tous les phénomènes.

Peut-être en arriverons nous à devenir conscient que la seule façon d'être vraiment en paix est de s'éveiller pour le bien de tous les êtres, ce qui est l'union de la sagesse et de l'amour.

Et pour tout cela nous avons à développer certaines qualités : la patience, le courage, la générosité, l'éthique, la concentration, la sagesse.

Vous voyez, il y a du travail pour chacun de nous..."

Philippe Fabri

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jeudi 18 juillet 2024

Couper la haine à la racine

 Mes chers amis,


La haine qui est de l'aversion poussée à son paroxysme est un poison puissant pour chacun de nous car elle risque d'aboutir à de la colère qui fait du tort à tout le monde, à moi comme aux autres, une émotion perturbatrice qui échappe complètement à notre contrôle.

Quelqu'un peut-il souhaiter, le matin en s'éveillant, éprouver de la haine toute la journée, que surtout cette haine ne s'arrête pas et si possible qu'elle s'amplifie.

La haine aboutit immanquablement à du mal être pour nous-même. Nous pouvons croire que la haine et la colère vont nous faire du bien sur le moment, mais ces émotions vont juste agiter notre esprit et perturber cette paix intérieure terrain sur lequel le bien être peut se développer.

La haine se développe toujours à partir d'un ressenti "je n'aime pas, je ne veux pas cela".

Ce ressenti s'exprime sous la forme d'une pensée.

Pouvons nous essayer de voir la façon dont cette pensée s'est construite. Qui a construit cette pensée ? Où a t elle été construite ? Où a t elle surgi, où s'est-elle manifestée ? Puis-je attraper cette pensée ? Par où pourrais-je l'attraper ? Quelle est la forme et/ou la couleur de la pensée ? De quoi est-elle faite, a t elle une substance ?

Une pensée peut-elle rester fixe, ou est-elle comme une rivière, jamais constituée de la même eau ?

Quand la pensée n'est plus là, où a t elle disparu ? A-t-elle laissé une trace, si oui où ? La trace ne serait elle pas simplement une autre pensée sur laquelle on peut appliquer le même processus d'analyse.

Existe-t-il une poubelle à pensée ? elle serait bien pleine !

Mon expérience est que les pensées ne viennent de nulle part, ne séjournent nulle part, sont insubstantielles et disparaissent sans laisser de trace. Ce processus d'analyse permet de couper l'aversion à sa racine et donc d'empêcher la haine de se développer. On peut alors simplement laisser l'esprit se poser en lui-même afin qu'il puisse manifester ses qualités, qui sont les qualités de notre nature de bouddha, les qualités du divin en nous.

Je ne fais ici que vous proposer un processus possible pour diminuer la haine qui peut encore parfois jaillir au fond de nous, cela me semble important.

Avec ma profonde amitié pour vous tous.

Philippe Fabri

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jeudi 6 juin 2024

Au cœur du chaos

 Mes chers amis,


La méditation, telle que je la partage avec vous a deux facettes, qui sont 2 faces de la même pièce.

La pratique de base de la méditation est la pacification mentale, shiné (en tibétain) ou shamatha (en sanskrit) et l'intention profonde est la vision profonde, lakhtong (en tibétain) ou vipassana (en sanskrit).

Nous essayons d'abord de poser notre attention en un point (par exemple sur la respiration) afin que notre esprit ne poursuive pas toutes les pensées qui surgissent. Le fait de poser notre attention en un point permet de prendre conscience du chaos qui existe dans notre esprit, ce surgissement permanent de pensées que nous avons l'habitude de poursuivre en y réagissant par d'autres pensées dans un processus sans fin.

Le but n'est pas de stopper les pensées, ni d'arriver à un état particulier.

L'intention est juste d'expérimenter ce qui est là, dans l'immobilité du corps, ce qui est une source de distraction en moins.

Cette expérimentation peut être plaisante jusqu'à l'extase ou déplaisante jusqu'à l'abandon de la méditation. L'important est juste de traverser l'expérimentation de l'instant.

Quand nous sommes juste dans l'expérimentation de l'instant, notre véritable nature, cet esprit clair et connaissant, se dévoile car nous sommes sortis de l'attachement et de l'aversion liés à la saisie d'un moi réellement existant, à la saisie de l'égo.


Cela est la vision profonde qui est l'autre facette de la méditation. La réalité commence à être vue telle qu'elle est. Nous nous sommes mis en chemin vers nous-mêmes et nous réalisons que nous y sommes, nous sommes en ce non-lieu que nous n'avons jamais quitté, nous réalisons que tous les phénomènes, toutes nos perceptions, ne sont que des mouvements de notre esprit..

La réalisation de cela permet à nos qualités inhérentes de se manifester : l'amour, la compassion, la joie et l'équanimité.

Nous n'avons pas de chemin à parcourir car notre véritable nature, notre nature de bouddha, le Christ en nous, ont toujours été là, mais étaient voilés par notre ignorance, notre vue erronée sur nous-mêmes et sur le monde.

Nous pouvons commencer par lakhtong ou par shiné, mais la vision directe de notre véritable nature, sans avoir habitué son esprit à se poser en un point, risque d'être très vite voilée par des émotions perturbatrices liées à nos attachements et nos aversions.

La pratique de shiné me semble à ce jour incontournable pour arriver à vraiment se libérer de la souffrance. Mais shiné peut aussi se faire dans le mouvement, c'est pourquoi j'ai inclus dans la pratique d'hier de la marche méditative.

Je vous présente ici en quelques mots l'essentiel de la méditation, mais cela nécessite bien sûr de beaucoup plus longs développements et surtout une pratique contemplative.

Je vous souhaite  à tous une belle journée, libres de trouver cette paix toujours présente au cœur du chaos.

Philippe Fabri

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vendredi 31 mai 2024

Un bruit méditatif

 Mes chers amis,


Je reprends des propos de Jean Marc Falcombello dans sa méditation de lundi : "un bruit nous dérange tant qu'il nous dérange".

En effet quand nous ne sommes plus dérangé par ce bruit, il ne nous dérange plus !

Oui, c'est évident, et alors ?

Alors cela signifie simplement que le bruit n'est qu'une cause à laquelle nous pouvons réagir ou pas. Le dérangement n'est pas inhérent au bruit, mais est inhérent à nous, puisque le même bruit peut nous déranger ou pas.

Quelle est la réaction la plus utile, lutter contre le bruit ou prendre conscience de notre réaction, de notre dérangement. Si la cause est facilement modifiable, faisons le nécessaire. Si la cause n'est pas modifiable, voyons si nous pouvons modifier notre réaction.

Ceci ne vaut évidemment pas que pour les bruit, mais vaut pour toutes nos perceptions.

La méditation est un moment où nous pouvons essayer de prendre conscience de nos réactions, de ce qui nous dérange...

Avec ma profonde amitié pour vous tous, je vous souhaite à tous une très belle journée, conscient de ce qui vous dérange.

Philippe Fabri

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vendredi 10 mai 2024

Les agrégats et la vacuité

 Mes chers amis,

Pour éclairer un peu le texte quelque peu énigmatique du sutra du cœur, je vous donne dans la vidéo ci-dessous quelques explications sur les agrégats et la notion de vacuité.

Avec tout mon amitié.

Philippe Fabri




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jeudi 25 avril 2024

 Mes chers amis,

By Photo Dharma from Sadao, Thailand 

L'impermanence conditionne toute notre vie et il est bien de ne jamais la perdre de vue.

L'impermanence est la caractéristique de tout ce que nous pouvons percevoir au travers de nos 5 sens (le vue, l'audition, le toucher, le goût et l'odorat), et de notre mental (pensées, émotions, ressentis...)

Que veut dire impermanent ? Cela caractérise ce qui a un début (et donc n'existe pas depuis toujours) et a une fin (càd qui ne durera pas toujours).

Or nous, les êtres humains ordinaires, (par opposition aux grands maîtres et les êtres réalisés) sommes très sujets à l'attachement. Ce que nous aimons bien, nous y devenons très facilement attachés et nous éprouvons du chagrin, ou de la souffrance quand nous devons nous détacher que ce soit d'objets matériels, de sensations plaisantes (visuelles, auditives, gustatives, tactiles ou olfactives)  et encore bien plus quand il s'agit d'êtres vivants animaux ou humains.

Il ne s'agit pas de n'avoir aucun attachement, ce qui serait un leurre bien impossible à atteindre, mais d'être libre de ses attachements, de savoir que l'attachement est illusoire, puisque ce à quoi on s'attache est transitoire, soit cela se terminera avant moi, soit moi je partirai sans l'emporter.

Car bien sûr, moi aussi je suis impermanent, comme toutes les choses mon corps est apparu un jour il est certain qu'il disparaîtra. Mes pensées apparaissent et disparaissent.

En tant qu'être humain ordinaire je suis très identifié à mon corps/mental, ce que j'appelle moi. Qui peut vraiment affirmer qu'il ne croit nullement en l'existence d'un moi ?

Même si théoriquement, il a compris que ce moi ne peut être trouvé nulle part.

La méditation d'hier a été une réflexion sur ce sujet. Nous n'avons pas cultivé le calme mental, mais nous avons réfléchi. Nous sommes finalement revenus à cette pure présence que nous sommes, cette pure présence spacieuse, qui est là d'instant en instant, insaisissable, mais vaste et source d'amour.

Avec ma profonde amitié pour vous tous.

Philippe Fabri

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dimanche 14 avril 2024

Etre au bon endroit et au bon moment


Mes chers amis,

Hier lors de la méditation, j'ai fait une petite introduction sur la conséquence de nos actes dont nous sommes souvent bien ignorants.

Nous pouvons en effet réaliser que tous nos actes ont des conséquences dans cette vie, mais aussi des conséquences beaucoup plus profondes dans le courant de notre esprit.

Quand nous réalisons que nous ne sommes pas ce corps qui est une apparence changeante d'instant en instant, donnant des sensations toujours changeantes, nous pouvons commencer à réaliser notre dimension spirituelle et cela peut nous amener à prendre conscience de ce qu'on peut appeler l'esprit.


En effet tout ce que nous percevons passe par l'esprit, par la conscience. Comment en effet pourrions nous percevoir quelque chose dont nous ne sommes pas conscients, ne fut-ce qu'en pensée ?

Tous nos actes plantent des graines dans le courant de l'esprit. Ces graines peuvent se développer si les conditions sont favorables.

Cette prise de conscience pourrait nous amener  à mesurer qu'à chaque instant, par nos réactions à ce que nous percevons, nous créons des conditions qui vont entrainer la manifestation de nos tendances qui sont liées à ces graines plantées dans le courant de l'esprit.

Nous ne sommes pas responsables de ce qui arrive, mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons, et ce que nous en faisons est la cause des graines qui vont être plantées. Nous prenons alors conscience que fondamentalement nous sommes responsables de l'avenir, des tendances que nous créons par notre action dans l'instant.

Avec ma profonde amitié, je vous souhaite une bonne méditation à vous tous.


Philippe Fabri

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jeudi 4 avril 2024

Comment allez-vous ?

Mes chers amis,


Méditer c'est notamment apprendre à observer son esprit, c'est apprendre à observer nos réactions face à ce que nous percevons. Nous souhaitons tous expérimenter, vivre le bien être et éviter le mal être. 

Ce bien être et ce mal être vont uniquement dépendre de nos réactions face au monde, et non, comme nous l'imaginons souvent, du monde lui-même. La vie suit son cours, si nous sommes en accord avec elle, nous sommes heureux, si nous ne sommes pas d'accord, que cela nous rend triste, envieux ou nous met en colère nous serons malheureux.

Pouvez vous observer que la même chose nous mettra un jour en colère et pas le lendemain. Durant la méditation, nous pouvons apprendre à observer ces réactions émotionnelles qui surgissent en nous. 

La première étape c'est de les reconnaître, si elles ne sont pas reconnues, nous risquons d'être emportés dans une réaction émotionnelle que probablement nous n'arriverons pas à vraiment contrôler et qui pourra aboutir à de la souffrance autant pour nous que pour les autres.

Une fois la réaction émotionnelle reconnue, identifiée, nous pouvons voir si nous avons tendance à la suivre, à la rejeter ou à la laisser suivre son cours.

L'invitation dans la méditation est de ne rien faire de ce qui se lève, ni adopter, ni rejeter et de voir ce qui se passe quand on ne fait rien d'une émotion.

Vous aurez peut être la bonne surprise de voir que l'émotion qui est insubstantielle, vide de toute substance, quand on ne la saisit pas, a tendance à se dissoudre naturellement au sein de l'espace que nous sommes.

Mais ne me croyez pas, osez l'expérimenter vous mêmes.

Je vous souhaite à tous une belle journée, conscient et libre de tous les poisons qui peuvent se lever dans votre esprit.

Philippe Fabri

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mercredi 3 avril 2024

Contrôle du contrôle

 


Lors de la méditation d'hier ... nous avons tenté d'explorer notre besoin de tout contrôler, afin de réaliser ce que nous pouvons réellement contrôler.

C'est un sujet important car la sensation de perte de contrôle est à la base de beaucoup de nos colères et donc de notre mal être.

N'oublions pas que nous souhaitons tous mettre fin à notre mal être, mais que nous sommes relativement confus quant à l'origine de notre mal être. Lâcher l'illusion ou la nécessité de devoir contrôler certaines choses et situations pourrait nous permettre de diminuer notre mal être.

Je vous souhaite une belle journée à vous tous, conscient que le contrôle que vous avez sur l'instant qui va juste arriver est relativement limité.

Avec ma profonde amitié pour vous tous.

Philippe Fabri

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jeudi 7 mars 2024

Juste être présent


Mes chers amis,

La méditation est un exercice en vue de la post méditation, c'est à dire en vue de toute notre vie,


de notre vie de tous les jours.

Pour méditer de façon utile, il me semble nécessaire de poser l'intention avec laquelle nous allons méditer. Notre intention de base, à nous tous, est de rechercher le bien-être et d'essayer d'éviter le mal-être. Pourrait-on viser un peu plus haut et poser l'intention "de s'éveiller pour le bien de tous les êtres".

S'éveiller c'est découvrir notre véritable nature, ce que nous vraiment, en essence, et découvrir la véritable nature des phénomènes, c'est à dire de découvrir ce qu'est véritablement ce que nous percevons. 

Découvrir cela amène à une détente car il n'y a plus de tension entre ce que je crois être, ce que je voudrais être, ce que je pense être et ce que je suis vraiment. Il n'y a plus de tensions entre ce que je veux obtenir, ce que je souhaite, ce que je crains, ce que je déteste et ce qui est là.

Cette facette de la sagesse nous libère d'une tension.

Découvrir c'est enlever le voile de ce qui recouvre. Qu'est-ce qui recouvre notre véritable nature, nous empêchant de la voir, de la réaliser : un voile, le voile de nos obscurcissements affligeants, le voile de nos émotions perturbatrices : le désir-attachement, la haine, la colère, la peur, la jalousie, l'orgueil.

L'autre facette qui va permette de nous libérer est celle de l'amour, de la compassion, de la bienveillance qui fait que notre intention de nous éveiller n'est pas que pour nous tout seul, mais pour le bien de tous les êtres.

Il s'agit de comprendre que tous les êtres, tous, recherchent comme nous le bien être, mais sont ignorants des causes du bien être et à cause de cela ils souffrent. A cause de cette ignorance qui est la base de la souffrance, ils posent des actes par la pensée, la parole et le corps qui entrainent la souffrance d'autres êtres.

Nous avons donc tout avantage, si nous voulons goûter une joie authentique libre de toute souffrance de libérer tous les êtres de la souffrance.

Même si nous avons commencé à comprendre cela, nous ne l'avons peut-être pas encore vraiment complètement réaliser.

Puisse notre méditation nous mener vers cela en apprenant à juste être présents à ce qui est là et à nos réaction face à ce qui est là, nos réactions étant le voile qui nous empêche de voir, de réaliser cette lumière que nous sommes.

Philippe Fabri

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vendredi 23 février 2024

L'écran vierge de la conscience

Mes chers amis,


A la méditation, nous avons employé une image pour parler de ce qu'est l'esprit, la conscience.

Nous pouvons comparer la conscience à un écran sur lequel est projeté un film, le film de notre vie, le film de tout ce que nous percevons. Bien que le film n'ait aucune substance, il existe et peut être vu.

Le film n'est pas l'écran et pourtant il n'est pas séparé de lui. De même notre vie n'apparaît nulle part ailleurs que dans notre conscience et n'est pas séparée d'elle. Sans écran, la projection du film n'est pas visible.

L'écran lui ne peut pas être vu quand le film est projeté, et le film est projeté en permanence. 

Sans être vu, l'écran est connu. L'esprit, sans substance, immatériel, ne peut être vu, mais il peut être connu.

L'écran n'est pas affecté par le film qui est projeté. On ne retrouve pas dans l'écran de traces de balles après un film de guerre ; de même l'esprit n'est pas affecté par les phénomènes qui apparaissent au sein de la conscience.

Le film est vu sur l'écran, mais en réalité il est dans la bobine de film qui est dans le projecteur.

Toutes nos empreintes karmique sont engrangées dans ce que les bouddhistes appellent la "conscience base de tout". C'est elle qui conditionne notre vision du monde. Nous avons besoin de notre précieux corps humain pour que la lumière prenne la forme d'un film  en "traversant" nos empreintes.

L'écran n'attend pas un film particulier, ne préfère aucun film, n'est déçu par aucun film, n'est jamais triste qu'un film s'arrête, parce qu'il y en a toujours un autre qui commence…

A la différence de l'écran, notre esprit à la capacité de se connaître lui-même, c'est le miracle de l'auto-connaissance, un caractéristique que seul possède l'esprit.

Nous pourrions donc dire que nous sommes à la fois l'écran, le film, le projectionniste, la bobine de film et le spectateur et que c'est cela la vie…

Mais tout cela n'est qu'une image, nous avons juste besoin de méditer en silence pour reconnaître ce que nous sommes, pour le réaliser.

Avec ma profonde amitié pour vous tous, je vous souhaite souhaite un bon film, le film de votre journée.

Philippe