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mercredi 22 octobre 2025

Marche avec Dieu


Afin de vraiment grandir intérieurement,
vous devez d’abord être testé de toutes parts.
Les choses ne peuvent pas se dérouler
comme vous le souhaitez.
Vous ne pouvez pas contrôler la vie
ou vous attendre à ce qu’elle réponde à vos projections.
Si les choses étaient toujours faciles,
vous iriez dormir à l'intérieur de votre être.
À mesure que vous devenez plus sensible,
plus alerte, intuitif, ouvert et silencieux,
la peur, la résistance et la léthargie s'apaisent
et sont remplacées par un calme profond
et une foi dans l'Invisible.
Même si aucune compagnie n'est vue à vos côtés,
celui qui marche avec Dieu n'est jamais seul.
~ Mooji

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jeudi 6 juin 2024

Au cœur du chaos

 Mes chers amis,


La méditation, telle que je la partage avec vous a deux facettes, qui sont 2 faces de la même pièce.

La pratique de base de la méditation est la pacification mentale, shiné (en tibétain) ou shamatha (en sanskrit) et l'intention profonde est la vision profonde, lakhtong (en tibétain) ou vipassana (en sanskrit).

Nous essayons d'abord de poser notre attention en un point (par exemple sur la respiration) afin que notre esprit ne poursuive pas toutes les pensées qui surgissent. Le fait de poser notre attention en un point permet de prendre conscience du chaos qui existe dans notre esprit, ce surgissement permanent de pensées que nous avons l'habitude de poursuivre en y réagissant par d'autres pensées dans un processus sans fin.

Le but n'est pas de stopper les pensées, ni d'arriver à un état particulier.

L'intention est juste d'expérimenter ce qui est là, dans l'immobilité du corps, ce qui est une source de distraction en moins.

Cette expérimentation peut être plaisante jusqu'à l'extase ou déplaisante jusqu'à l'abandon de la méditation. L'important est juste de traverser l'expérimentation de l'instant.

Quand nous sommes juste dans l'expérimentation de l'instant, notre véritable nature, cet esprit clair et connaissant, se dévoile car nous sommes sortis de l'attachement et de l'aversion liés à la saisie d'un moi réellement existant, à la saisie de l'égo.


Cela est la vision profonde qui est l'autre facette de la méditation. La réalité commence à être vue telle qu'elle est. Nous nous sommes mis en chemin vers nous-mêmes et nous réalisons que nous y sommes, nous sommes en ce non-lieu que nous n'avons jamais quitté, nous réalisons que tous les phénomènes, toutes nos perceptions, ne sont que des mouvements de notre esprit..

La réalisation de cela permet à nos qualités inhérentes de se manifester : l'amour, la compassion, la joie et l'équanimité.

Nous n'avons pas de chemin à parcourir car notre véritable nature, notre nature de bouddha, le Christ en nous, ont toujours été là, mais étaient voilés par notre ignorance, notre vue erronée sur nous-mêmes et sur le monde.

Nous pouvons commencer par lakhtong ou par shiné, mais la vision directe de notre véritable nature, sans avoir habitué son esprit à se poser en un point, risque d'être très vite voilée par des émotions perturbatrices liées à nos attachements et nos aversions.

La pratique de shiné me semble à ce jour incontournable pour arriver à vraiment se libérer de la souffrance. Mais shiné peut aussi se faire dans le mouvement, c'est pourquoi j'ai inclus dans la pratique d'hier de la marche méditative.

Je vous présente ici en quelques mots l'essentiel de la méditation, mais cela nécessite bien sûr de beaucoup plus longs développements et surtout une pratique contemplative.

Je vous souhaite  à tous une belle journée, libres de trouver cette paix toujours présente au cœur du chaos.

Philippe Fabri

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jeudi 6 octobre 2022

L’homme et l’enfant


Ce n’est qu’un homme et un petit enfant
Dans une allée d’automne,
Un homme et un enfant s’en allant, souriant,
Sous une pluie de feuilles jaunes.
Ils ne se disent rien. L’enfant regarde
L’homme qui lui sourit.
Et ils s’en vont, main dans la main, sous les grands arbres
Vers un toit qui reluit.
Sur les arbres montrant obstinément leurs nids,
Le ciel se dore comme un fruit.
Ce n’est qu’un homme et un petit enfant,
Et l’on dirait que, tout joyeux, l’automne
Marche devant eux en semant
Du soleil et des feuilles jaunes.
Maurice Carême
Complaintes, 1975

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vendredi 22 avril 2022

Chemin intérieur


On court à la rencontre des autres, on vole vers des lieux inconnus, on roule vers les expériences nouvelles. 

Mais il y a un chemin qu'on ne peut faire qu'à pied. Celui vers soi-même. 

Si la vie est un voyage, j'aimerais le faire à pieds. 

Partir léger, sans objectif précis.

Partir sans carte.

Et si quelqu'un me prête un plan - je refuserai, car où irai-je avec une carte toute prête? Elle m'amènera dans le sillage des autres, dans l'histoire qui n'est pas la mienne.

Partir sans charge, sans bagage. Et pas à pas, lettre par lettre, laisser la carte se dessiner, le bagage se former avec des découvertes, qui deviendront des connaissances.

Accélérer dans la passion, ralentir dans le doute, s'autoriser des pauses pour voir le chemin réalisé et celui qui fait rêver et reste à créer; et de nouveau, marcher vers d'autres pas, vers d'autres pages.

Et comme le dit le sage, la vérité est dans les talons - apprendre à chaque pas avec son corps, avec son cœur.

Partir d'ici au plus loin pour arriver un jour vers soi-même; trouver des mots à mettre sur le parcours qui se résumera en quelques pages, quelques phrases,  

ou juste trois syllabes vont suffire - c'est  ma vie. 

Elena Venel 

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vendredi 25 mars 2022

Pas à pas, la beauté sous la plante des pieds


"Faites que derrière vous, ne restent que fleurs et beauté..."



“Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux.”
Mère Térésa

(Merci Marlo)
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samedi 17 juillet 2021

Pas à pas

 


Je peux te montrer la voie.
Je peux éclairer le chemin.
Mais c'est à toi de marcher.


Elena Venel

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dimanche 4 juillet 2021

Sonia Poussin : « La marche c'est le cadeau de la foi »



« Mère Teresa et ses petites sœurs sont les grandes responsables de ma conversion, de la première brèche qu’elles ont opérées en Inde jusqu’au coup de grâce, bouleversant, renversant, en Tanzanie. Mais sans la marche au long cours, je pense que je n’aurais jamais rencontré Dieu ni reçu le cadeau de la foi en chemin.

Se recueillir, se reconnecter avec la nature

Car marcher, c’est se recueillir et prier, accueillir et contempler le miracle de la vie, se reconnecter avec la nature, avec les éléments, avec soi-même, et avec Dieu. C’est chercher ce que l’on a déjà trouvé finalement, et se rendre compte que le trésor est en nous. Autrement dit, la foi passe par les pieds (rires). Et si une personne qui voudrait croire en Dieu, mais qui n’y arrive pas, me demandait conseil, je lui dirais, sans hésiter : “Mets-toi en marche et ça te tombera dessus direct !”

« Tout ouïe, totalement disponible et réceptive »

Quand je marche, je me sens légère comme le vent, libre comme l’air, libérée de toutes ces fritures extérieures qui retiennent l’homme encombré de lui-même d’être totalement tourné vers les autres et vers l’Autre. Quand, pas après pas, je me laisse décaper, mettre à nu par la piste, je suis comme dépouillée et purifiée de ce qui n’est pas essentiel ni véritable – la route ne ment pas. Alors je deviens tout ouïe, totalement disponible et réceptive, ouverte à tout et à chacun.

La rencontre avec l'autre par-delà les frontières

Alors l’amour peut passer avec n’importe quelle personne, par-delà les langues, les dialectes, les couleurs, les tribus, les ethnies, les religions ou les croyances. Parce que nous sommes en vérité, un vrai échange peut avoir lieu. Et c’est merveilleux ! Jusqu’ici, j’ai avalé 20 000 km à pied (et dormi, en cumulé, 7 ans de ma vie par terre…), et j’espère bien ne pas en rester là ! »

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samedi 17 avril 2021

Exercice pour rejoindre notre corps

 

Pratiques de retour à son corps

Nous vous proposons à présent d'expérimenter la Transition Intérieure par vous-même !
Voici 2 exercices qui vous permettront de prendre un temps pour vous et de réfléchir à ce que le changement intérieur vous évoque.
Il est important que vous lisiez l'ensemble de l'exercice avant de le mettre en pratique.

1. Méditation marchée


a. Marcher

Durée : à votre convenance
Matériel : aucun

Quel que soit l’endroit où vous vous trouvez, vous pouvez pratiquer la méditation marchée. Il suffit de prendre conscience que vous êtes en train de marcher.

Marchez… lentement… juste pour le plaisir de marcher… avec liberté et solidité, sans vous dépêcher. Soyez simplement présent·e à chacun de vos pas. Dites-vous « je fais un pas… puis un autre pas… » et sentez chaque partie de votre pied posé sur le sol (d’abord le talon, puis la plante du pied et ensuite les orteils).

Si vous souhaitez parler à quelqu’un ou répondre au téléphone, arrêtez-vous de marcher et prêtez toute votre attention à la personne en face de vous ou au bout du fil, à vos paroles et à votre écoute.

De temps en temps, arrêtez-vous, regardez autour de vous et voyez comme la vie est merveilleuse : les arbres, les nuages, le ciel infini, un insecte, un oiseau qui chante, une brise légère, ou même les jouets de vos enfants sur le sol, la table de la cuisine où vous prenez soin de manger chaque jour.

La vie est tout autour de vous, vous êtes vivant·e et capable de marcher en paix.
Marchez comme une personne libre et sentez vos pas devenir plus légers au fur et à mesure que vous marchez. Exprimez votre gratitude et votre amour à la terre et à la vie.
Appréciez tous les pas que vous faites.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, utiliser ce poème (faites deux ou trois pas pour chaque inspiration et chaque expiration, et pensez) :

  • À l’inspiration « je suis ici », à l’expiration « maintenant ».
  • À l’inspiration « je suis solide », à l’expiration « je suis libre ».
  • À l’inspiration « je respire », à l’expiration « je suis vivant·e ».


(inspiré de la méditation marchée, pratique du village des Pruniers, monastère bouddhiste zen en France et dans le monde, Thich Nhat Hanh).

b. Ressentir

image 1

Durée : minimum 10 minutes
Matériel : une feuille de papier, un crayon gris, quelques crayons de couleurs ou marqueurs

Après avoir marché, restez dans un état méditatif et calme. Rendez-vous à votre bureau ou à votre espace de travail. Dessinez sur une feuille une trace de pied ou tracez le vôtre. Remplissez-le ensuite de couleurs ou de mots, tentez de traduire ce que vous avez ressenti durant cette méditation.
Comment vous êtes-vous senti·e ? Était-ce plutôt agréable ou désagréable ? Dans quelle humeur cela vous a-t-il mis·e ? Cela vous a-t-il appris quelque chose ?

2. Danse libre intuitive


Durée : à votre convenance - exercice complet : 30 minutes
Matériel : de quoi écouter une piste audio (baffles de l’ordinateur ou autres)
Musique : choisissez à votre convenance et à votre ressenti du moment

Nous vous proposons, pour cette pratique, de trouver un endroit où vous pourrez être tranquille, à l’abri des regards, si cela est important pour vous de préserver une forme d’intimité.
Nous vous invitons à vous allonger, au milieu de l’espace que vous occupez, par terre ou sur un matelas léger, et à commencer à écouter la musique que nous vous proposons, les yeux fermés.
Nous vous invitons à commencer par rester immobile et simplement écouter.
Prendre conscience de ce que vous écoutez.
Demandez-vous… La musique est-elle lente ou rapide ? Douce ou énergique ?
Que vous fait-elle ressentir ? Où cela se trouve-t-il dans votre corps ?
Quelle énergie est présente en vous en écoutant cette musique ?
Que vous donne-t-elle (ou non) envie de faire ? Voulez-vous bouger ? Chanter ? Crier ? Sauter ?

Dans un second temps, après avoir observé tout cela, nous vous proposons de sentir le sol sous votre corps, de le toucher, doucement, à votre rythme.

Puis nous vous invitons à vous mettre en mouvement, guidé·e par la musique, les yeux ouverts ou fermés, suivant votre ressenti intérieur, et à bouger, danser…, guidé·e par votre intuition. Revenez à des moments de calme si vous le souhaitez. Tout est juste.

Poursuivez jusqu’à la fin de la playlist, ou arrêtez avant si c’est bien pour vous.

Qu’avez-vous ressenti ? Prenez quelques notes si vous le souhaitez.

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dimanche 13 septembre 2020

Une belle journée !

 Vous vous souvenez peut-être de ce matin-là : il fait frais, juste comme il faut, avec une petite brise qui s’élève de la vallée. Vous avez encore quelques courbatures de la veille qui vont très vite disparaître, rien de grave. Marcher, quelle joie ! Dans les Alpes, dans les Carpates ou sur le chemin de Compostelle, votre sac à dos bien calé, vos pieds bien à l’aise dans vos chaussures, la journée s’étend devant vous pleine de promesses de liberté et de merveilleux paysages. Vous échangez des regards joyeux avec vos collègues marcheurs. Allons-y, ne perdons pas de temps, le soleil réchauffe déjà la forêt, un doux parfum monte de la terre... Comme vous avez bien fait de venir !


L'ÉPREUVE DE LA MARCHE

En marche ! Premiers pas, c’est un matin de rêve, entouré de personnes merveilleuses, dans le plus bel endroit du monde.

Et on marche, et on marche, et on marche... Bien sûr, tout est grandiose, mais justement voilà, comment dire, un peu grand. On dirait que le col, ou le croisement des chemins, ou la sortie de la forêt, se font un peu attendre. C’est drôle, le sac n’était pas si lourd ce matin. C’est un sac tout à fait spécialisé, acheté dans un magasin spécialisé et pourtant les bretelles vous scient les épaules, vous allez avoir d’énormes bleus ce soir. Mais ce n’est rien comparé à vos pieds. Le talon droit est une mini-fournaise, et la chaussure gauche rétrécit d’instant en instant.

Et on marche... depuis combien d’heures ? Vous regardez autour : rien que de l’espace et des cailloux, absolument rien à l’horizon. Ah si, des nuages, de gros nuages noirs qui semblent foncer sur vous. Il ne va pas, en plus... ? Mais si ! Les premières gouttes s’écrasent sur votre front, puis c’est le déluge, grosses gouttes de pluie dures comme de la grêle, vous êtes trempé, pourtant vous aviez tout le matériel spécialisé dans votre sac. On marche...Vous en avez assez, il est temps que cesse cette plaisanterie. Vous voulez vous asseoir juste là et qu’on vous apporte une boisson chaude. Malheureusement vous êtes très exactement au milieu de nulle part, et il faut marcher. Vous grimacez chaque fois que vous posez un pied par terre, votre dos n’en peut plus. Enfin ! Au loin, l’ombre d’un abri, une promesse de repos. Vous vous traînez jusqu’à l’entrée, tant pis s’il n’y a pas de douche, tant pis si vous devez partager la chambre, ce que vous voulez, c’est vous arrêter.

UN ESPACE DE PAIX EN SOI-MÊME

Et puis... sac posé, chaussures enlevées, quelques litres de thé avalé, vous sentez monter en vous une chaleur, un sentiment, comment dire, de satisfaction, presque de fierté. Vous l’avez fait, vous êtes allé au bout, et même un peu plus loin, et voilà : vous êtes détendu, vous avez l’impression de refaire connaissance avec vous-même, d’avoir trouvé cet espace de paix à l’intérieur qui vous avait toujours échappé.

Souriant intérieurement a ces souvenirs, je les regarde, ces compagnons chercheurs, pèlerins de l’absolu qui m’entourent dans la salle de méditation : s’engager sur un chemin spirituel demande de partir avec joie et énergie, mais le chemin est ardu, le découragement nous guette parfois, on a envie de s’arrêter, de faire demi-tour. Tout semble aride, loin de nos consolations habituelles. Mais lorsqu’on continue, quelle joie ! Arriver dans cet endroit plus grand que nous-même, être libre et léger, sourire à ceux qui nous ont accompagné : la confiance nous emplit. Demain, on reviendra méditer sur son coussin, on s’ouvrira à nouveau au silence ; demain on continuera sur le chemin, demain la journée sera belle, ensemble.... 

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mercredi 27 mai 2020

Méditation et Kinhin avec Taisen Deshimaru




Taisen Deshimaru, était un maître bouddhiste zen japonais de l'école Soto. Il est le fondateur et le principal inspirateur d'une multitude de dojos et de groupes zen en Occident. Vous pouvez écouter Arnaud Desjardins nous parler de lui :



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dimanche 9 février 2020

5 conseils de Jean Lavoué pour vivre en état de poésie




Juliette Pavy/hans lucas pour La Vie

Par Jean Lavoué. Le poète déploie sa vie intérieure, tissée de silence et d'écriture. L'ancien éducateur rencontré en bretagne évoque aussi les rencontres et lectures qui l'ont fait naître à lui-même, et l'exigence de partager au monde sa parole propre. À l'écoute de la Présence.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

1. Habiter avec soi

La poésie est un regard capable de saisir des choses imprévues d'où, tout à coup, jaillissent des étincelles, dans nos yeux comme dans ceux des autres. Il nous appartient de saisir les « éclats de l'instant », comme disait Jean Sulivan. La vie poétique est accessible à tous. La poésie, selon le mot de Georges Perros, est une manière de s'habiter soi-même, une manière d'être au monde, la plus singulière qui soit. Tous, nous y sommes appelés. De mille façons, et pas forcément en écrivant. L'état de poésie est un état d'ouverture, d'intériorité, d'accueil de la diversité du monde avec cette attention qu'un cœur bat au-dedans.

2. Oser le partage fraternel

Je prends depuis des années l'initiative de lancer des petits groupes de résonance poétique autour de la parole évangélique. Ma préférence va à ceux-là plutôt qu'aux grandes assemblées formelles. Rien de tel pour se laisser transformer que de vivre dans un échange de proximité mutuelle, où l'on s'écoute soi-même partager au groupe et où l'on fait un chemin de parole avec l'autre, de prise de conscience à partir du peu que l'on comprend de l'Évangile.

3. Cultiver le silence

Je me pose chaque jour pour respirer en silence avec une conscience corporelle attentive. C'est là le lieu de l'accueil et du don, du souffle intérieur, de l'intuition mais aussi du dialogue avec la Présence.

4. Marcher

Marche, nature, respiration, inspiration et écriture avancent ensemble dans le silence donné par la contemplation de la beauté autour de soi. Sortir des écrans, échapper de temps à autres à ses tâches multiples, rien de plus simple que la marche pour y parvenir et ouvrir en soi un espace.

5. Écrire

Journal, poème, récit... laissez-vous habiter par votre chant intérieur. J'ai commencé sous la forme d'un journal. Je l'ai tenu pendant des années. Il a éveillé un discernement intérieur et une attention précieuse. Cet éveil m'a petit à petit conduit au poème.

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vendredi 17 janvier 2020

Sous les étoiles...




Ce soir, comme assez souvent, je suis sorti à la nuit pour ma dernière marche de la journée (la compulsion des 10 000 pas, n'est ce pas ...) sur le chemin qui mène à la propriété ou j'habite, en pleine campagne poitevine. Le ciel étoilé était splendide, clair, et beaucoup de "merci" à l'univers me sont montés. Merci de contempler ce ciel, de m'en nourrir, de marcher, de respirer l'air de la nuit avec mes poumons de presque 61 ans ... Du coup, je partage un texte de chanson, inspiré au départ par celle de Dylan, Shooting Star. Ce n'est pas une traduction mais une très très libre adaptation.




Je suis sorti sous les étoiles

et j'ai senti ta présence
tu avais su percer le voile
le voile des apparences
et moi j'ai tant essayé
de te suivre, d'y arriver
je suis sorti sous les étoiles
je me suis senti accompagné
Je suis sorti sous les étoiles
et j'ai vu ma vie défiler
je me suis juré que je resterais digne
de ce que tu m'avais enseigné
que je saurais grandir tout en restant fidèle
à ce qu'on avait partahé
je suis sorti sous les étoiles
j'ai su qu'il me faudrait veiller
j'écoute le vent
j'écoute la nuit
qui me font pressentir
ce qui n'a pas de prix
j'entends la rumeur de la vie
C'est le premier instant
c'est le dernier moment
je sens que tout commence et finit maintenant
je te rejoins
je te suis
je suis sorti sous les étoiles
et je me suis senti relié
au frères et aux amis
que tu avais aidé
à mûrir et à cheminer
ceux qui sont toujours là
ceux qui s'en sont allés
ceux qui doivent encore arriver
je suis sorti sous les étoiles
j'ai su qu'il fallait continuer


vendredi 29 novembre 2019

La prière du pas...

Plusieurs d’entre vous souhaitent que je diffuse des demandes de prières pour eux-même , ce qui est normal . Aujourd’hui je vous propose une forme simple de prière : la prière du "pas suivant ». Ça consiste juste quand on n’a plus envie de se lever et/ou d’avancer de faire le pas suivant juste pour quelqu’un d’autre. 

Le 13 juin 1930, alors qu’il traverse les Andes pour l’Aéropostale, Henri Guillaumet, pilote mythique de l’Aéropostale, est pris dans une tempête de neige et son avion s’écrase près du lac Laguna Diamante située à une altitude de 3 250 m. En plein hiver austral, l’aviateur marche cinq jours durant avec l’espoir que l’on trouve son corps ; sans quoi sa femme ne toucherait la prime d’assurance qu’après quatre année . Il aurait dit : « j’ai fait un pas et encore un pas en pensant : si ma femme croit que je vis, elle croit que je marche » 

Sainte Thérèse, épuisée, en fin de vie, continue à marcher dans le cloître . Lorsque sa sœur Céline lui conseille de s’asseoir plutôt dans son fauteuil, elle lui répond: « Je marche pour un missionnaire ».  

Et bien sûr Dialogues avec l’Ange L 13
“Chaque pas que tu fais dans le vide est une île fleurie pour beaucoup.”
“Vous pouvez déjà marcher, non seulement sur l’eau, - si vous avez la foi - mais aussi sur le vide noir.”

J’étais juste entrain de penser à ce message lorsque Claudine qui n’en savait rien m’a envoyé cette illustration … 


Alors au PAS SUIVANT ! 

MTBC


dimanche 4 août 2019

Hommage à Daniel Zanin



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Daniel Zanin est parti pour une longue marche le 26 juillet. 
Phytospiritualité rend hommage à cette belle personne en marche sur le chemin de la sagesse.


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lundi 10 décembre 2018

Méditation ?


La méditation immobile, qui tient une place capitale dans le yoga ou dans la voie du zen avec le zazen, ne joue pas apparemment un rôle aussi important sur le chemin décrit dans mes différents livres. Tous ceux qui pratiquent une forme ou une autre de méditation se heurtent à des difficultés – agitation intérieure, distraction, associations d’idées – qui vont à l’encontre du propos de la méditation et mon propre gourou, Swâmi Prajnanpad, considérait qu’on ne pouvait efficacement méditer qu’après avoir érodé dans l’existence un grand nombre de ces difficultés ou obstacles intérieurs. 

Pourtant il est normal que vous cherchiez tous à comprendre quelle place la méditation peut tenir dans votre propre ascèse. La première chose à dire, c’est que le mot français méditation recouvre des activités très différentes qu’il ne faut pas confondre. Certaines méditations sont tout de suite accessibles aux débutants et d’autres ne sont fructueuses que pour les méditants entraînés qui ont déjà progressé sur le chemin de la simplification et du dépouillement intérieurs. 

La véritable méditation est une activité non seulement différente mais même, en un sens, opposée à toutes celles que nous connaissons. Qui dit activité dit faire quelque chose et la méditation consiste avant tout à ne pas faire, tout en étant présent à soi-même, vigilant, intensément éveillé. Pour comprendre l’essence de la méditation, il faut se souvenir de cette affirmation que nous sommes déjà ce que nous aspirons à être mais que nous n’en sommes pas conscients. 

Vous connaissez l’image que j’ai si souvent employée : « Nous sommes tous déjà nus sous nos vêtements. » Du fait des vêtements notre nudité demeure invisible, mais celle-ci n’est pas à projeter dans le futur comme le fruit de nos efforts ou l’effet de certaines causes, elle est là. Il y a simplement à la découvrir, à la révéler. C’est ce qui ne doit jamais être perdu de vue en ce qui concerne la méditation. Alors que dans la vie courante toutes nos tentatives visent toujours à mettre en œuvre des causes pour produire certains effets, dans la méditation il n’y a pas à produire, il y a à découvrir. 

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Arnaud Desjardins
Approches de la Méditation 

lundi 8 mai 2017

En marche... sur le chemin


"Et en vérité, il n'y a de départ qu'à cause du but. Nous ne nous mettons pas en route si nous ne sommes pas attirés. A aucun niveau de la réalité, en aucune manière, il ne peut y avoir de mouvement s'il n'y a pas une attraction préalable. Le vrai point de départ, ce qui fait qu'un jour nous nous mettons en route, c'est le but lui-même qui me fait envie, qui m'attire; alors je fais le premier pas en direction de ce but, je marche, j'avance, quelles que soient les difficultés du chemin, et je ne peux m'arrêter que quand j'ai rejoint ou atteint ce but. Dans le cas présent, il s'agit d'un but intérieur. 

Plus ce but est clair pour vous intellectuellement, plus il vous touche dans la profondeur de votre être, plus vous serez déterminés à aller dans cette direction et plus vous comprendrez peu à peu comment vous rapprocher de ce but, quels sont les obstacles sur le chemin et la manière de surmonter ces obstacles..."

Arnaud Desjardins
La Voie et ses pièges

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vendredi 7 octobre 2016

Thich Nhat Hanh : un maître du bouddhisme (1)

Sa lutte non violente contre la guerre du Viêt Nam, son pays, avait fait de lui un ennemi majeur aux yeux des dirigeants et une source d’influence pour Martin Luther King, entre autres. Plus de quarante ans plus tard, Thich Nhat Hanh reste un maître inégalable.
Des millions de bouddhistes et de laïcs suivent son enseignement via ses livres, ses conférences ou ses retraites données chez lui, en France, au Village des Pruniers. Il a créé ce centre bouddhique en 1982, seize ans après avoir été contraint à l’exil par le gouvernement vietnamien.

C’est là que nous le rencontrons, tôt le matin, dans une grande salle peuplée de moines et moniales et de laïcs venus des quatre coins du monde pour une retraite de quelques jours, semaines ou mois. D’un pas lent, arrive Thây (« maître »), un petit homme de 87 ans qui en paraît 60, à l’air inébranlable. Avant de donner un enseignement, il invite, sans rien dire, à une méditation, puis à quelques gestes de gymnastique - dont il expliquera qu’il ne les fait pas « pour être en forme », mais pour le plaisir de se sentir vivant. Une occasion parmi d’autres de pratiquer la pleine conscience, principe central du bouddhisme. Plus tard, nous obtenons un rendez-vous dans son ermitage : assis à son bureau, à la lueur rougeâtre d’une lampe et face à une forêt de pins, Thây réalise des calligraphies. L’image semble sortie d’un conte bouddhiste ancestral. Sœur Không, sa plus ancienne compagne de route et cofondatrice du Village des Pruniers, et sœur Dinh, son autre bras droit, nous invitent à nous asseoir face au maître, qui nous a rejointes en silence. On aimerait que cet homme, qui a échappé par miracle aux bombes françaises, américaines, puis aux mains des communistes et à la douleur de l’exil, nous parle de lui.
La voix douce et ferme, il répond : « “Moi, moi”, il n’y a pas de soi séparé. » Rencontre rare avec un vrai sage.

Psychologies : Votre nouvel ouvrage porte sur l’enfant intérieur, une notion de psychologie. Comment la définissez-vous en tant que bouddhiste ?
Thich Nhat Hanh : Quand vous plantez une graine de maïs dans le sol, elle pousse et se transforme en plante. Alors, vous ne voyez plus la graine. Elle est pourtant toujours vivante. Lorsque vous regardez un adulte, l’enfant est bien là, même si vous ne pouvez pas le voir. Souvent, cet enfant a souffert et continue de souffrir. Pour le guérir, il faut commencer par le voir, reconnaître sa tristesse, puis lui parler en l’entourant de votre tendresse, en pleine conscience. Ainsi, vous l’apaiserez.

Vous considérez-vous comme un thérapeute?
T.N.H. : Dans notre tradition, on nomme le Bouddha « le roi des guérisseurs ». Car le dharma [l’enseignement du Bouddha,] a pour fonction de guérir les gens : la colère, le désespoir ou la jalousie sont leurs maladies. Le bouddhisme a, depuis l’origine, une approche psychologique. On y parle de la « conscience du tréfonds », qui correspond à l’« inconscient ». C’est là que résident les graines de ces « maladies », qui ne sont des maladies que si nous laissons leur énergie nous nuire sans utiliser la pleine conscience. Elle seule permet de se guérir, et de guérir les autres.

« Prendre soin de son enfant intérieur » n’est donc pas qu’une démarche individuelle...
T.N.H. : Non, car l’enfant intérieur est un enfant collectif. Il est une continuité des enfants intérieurs de votre père, de votre mère et de tous vos ancêtres. Si vous pouvez apaiser le vôtre, vous apaiserez aussi les leurs. Vous pratiquez non seulement pour vous, mais pour vos ancêtres.

Dans votre enseignement, ce matin, vous avez dit : « Si vous n’êtes pas heureux, c’est à cause de vous, parce que vous n’utilisez pas la pleine conscience. » Croyez-vous vraiment que cela soit suffisant?
T.N.H. : La marche méditative, la respiration consciente vous permettent d’être vraiment là. Et si vous êtes vraiment là, alors vous reconnaissez les conditions du bonheur que vous possédez. En profiter devient enfin possible. Tout de suite !

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