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jeudi 9 avril 2026

Réponse à un cri

 Hommage à Jacques Brel qui est né le 8 avril 1929


"C'est très difficile de dire aux gens qu'on les aime...Ce mot a tellement été pillé qu'il ne veut plus rien dire exactement. Et puis, j'arrive à me le dire, mais je n'arrive pas bien à le leur dire. J'écris des chansons qui me paraissent à moi, non pas d'amour, mais de cette sorte d'amour qui me tient debout finalement dans la vie. Et je m'aperçois que des gens disent : "oh c'est dur ce que vous écrivez", alors que c'est juste de la tendresse sans sanglot, de la tendresse basée sur la douleur. C'est une réponse à un cri que les gens ne poussent même pas, mais qu'on pressent."
Jacques Brel


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vendredi 1 août 2025

Aimer


aimer ceux que l’on aime les aimer
comme on les aime
ne suffit pas
car notre amour cet amour si sincère cet amour-là
regorge de trous de recoins négligés de zones mortes
c’est pourquoi il faut les aimer d’un tout autre amour
d’un amour implacable qui ne fait pas de quartiers
d’un amour terrible
qui ne fait pas de sentiments
d’un amour inconnu
de cet amour parfait
dont nous sommes incapables
Gilles Farcet (un poème entre deux concerts ...)

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mardi 10 juin 2025

Consolation

 

Je pleure parce qu'on ne
peut pas sauver les gens.
On ne peut que les aimer.
On ne peut pas les transformer,
on ne peut que les consoler.
Anaïs Nin



"Nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont, nous les voyons telles que nous sommes."

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mardi 6 mai 2025

Appel corporel pour aimer son corps...


"Téléphone-moi Appelle-moi et dis-moi Que tu m′aimes, que tu m′aimes, que tu m'aimes Téléphone-moi Rassure-moi et dis-moi Que tu m′aimes, que tu m'aimes, que tu m′aimes"

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mardi 15 avril 2025

Présence à l'autre

 


Il est extrêmement rare de rencontrer quelqu’un, qu’on voie beaucoup de monde ou qu’on soit ce qu’on appelle un solitaire. La plupart des gens rendent très difficile de les rencontrer parce qu’ils ne sont pas vraiment dans leur parole ou parce qu’ils sont sans âme. Je fais toujours à l’autre le crédit de la nouveauté incroyable de son existence, mais ce crédit va s’user si l’autre a gâché cette merveille-là pour devenir comme tout le monde. Comment parler avec personne ? C’est impossible. 

Parfois le désir de partager est si fort que je vais quand même tenter ma chance mais souvent en vain. Les opinions ne m’intéressent pas. Ce qui me touche, c’est quand l’autre met tout le poids de sa vie dans la balance des mots et que sa pensée s’appuie sur ça. Pour ma part, j’ai parfois l’impression d’être totalement incapable d’aimer, et en même temps d’aimer plus que personne. 

Je vois très peu de monde, mais je peux être indéfiniment avec l’autre quand il est là. Quand je suis né, on m’a proposé le menu du monde, et il n’y avait rien de comestible. Mais quand l’autre est vraiment avec moi, je peux manger : je bois une gorgée d’air, je mange une cuillerée de lumière. 

~ Christian Bobin  

La lumière du monde

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mardi 25 mars 2025

Guerre et bruits de guerre ?


Poème écrit il y a quelques années et semble-t-il toujours d'actualité, tout juste publié dans le recueil "Dernière Pluie"

soleil de printemps marche le long des champs conscient que
oui
réchauffement guerre
et bruits de guerre
galop insensé vers l’abîme
tel ce moine zen
dans le précipice
agrippé à une branche
en train de craquer
je cueille les baies sauvages et les trouve délicieuses

Gilles Farcet

--------------------un autre extrait :

il faut parfois demander pardon
au crépuscule
pour les chagrins causés
les peines infligées
dans l’insouciance des commencements la fébrilité des premiers pas
l’ivresse de la cueillette
il faut parfois demander pardon
dans la pénombre
pour ce que l’on ne savait pas pour ce que l’on ne voyait pas dans l’éblouissement du plein jour
tout étant consommé
il faut parfois demander pardon
pour ce sur quoi on ne peut plus rien hormis demander pardon
invoquer les visages, les noms mesurer sa misère
et simplement
demander pardon
et au final s’aviser que c’est à soi-même qu’il faut
demander pardon
car c’est l’intégrité
de soi-même
que l’on a blessée c’est sa dignité propre à qui l’on a manqué c’est son intime vérité que l’on a évitée
à travers cet autre
que je n’ai pas honoré c’est bien mon innocence qui a été bafouée
c’est bien ma personne que je n’ai pas su aimer
ma personne, la tienne
la vôtre
la leur
et
quand tout est vu la personne
dont la mienne la tienne
la vôtre
la leur
sont autant
d’uniques déclinaisons
la personne
hors laquelle
il n’est pas de pardon

Gilles Farcet

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Parait chez maelstrÖm reEvolution ce nouveau recueil qui rassemble bien des poèmes partagés ici même ces dernières années. Trouvable dans de bonnes librairies et commandable sur www.maelstromreevolution.org

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samedi 8 mars 2025

Tentons !


douché, étiré
nez dehors à l’aube
levant rouge
sur la crête des arbres
rien de ce que tu feras ce jour
n’est après tout si important
porter les bûches au poêle
lancer le feu,
l’entretenir
balayer les cendres autour de l’âtre
préparer ton petit déjeuner
prendre place pour le manger
parcourir ce journal
qui te relaie le bruit du monde
nettoyer un peu
ranger
puis vaquer
à ce qui t’occupe
puisque le jour se lève
et qu’il faut tenter de vivre
rien de ce que tu feras ce jour
n’est après tout si important
écrire ?
je t’en prie …
la musique ?
un petit passe temps
structurant
écouter accompagner
ici et là soulager ?
de grand cœur
oui
et sans te la raconter
tu n’es ni thaumaturge
ni sauveur
tout au plus parfois
quelque peu guérisseur
dès lors que l’autre le veut bien
un peu
Œuvre de Chantal Desmoulins

prier
te rassembler
t’asseoir
sous le regard de l’immensité
un peu
puisque vivre
n’est pas seulement contempler
un peu donc
juste assez
pour t’aligner
sur l’unique priorité
le jour se lève
il faut tenter d’aimer

Gilles Farcet

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jeudi 1 août 2024

Monstre du vouloir

 Soyez simple, laissez le corps capter et n'ayez pas peur que les choses ne se passent pas bien. Lâchez prise de cet énorme monstre qui veut absolument que tout se passe bien. En voulant que tout se passe bien, vous passez de l'état d'amour à l'état de devoir, et là, il y a la souffrance. Un être qui aime n'est pas en souffrance.


~ Luis Ansa - La Voie du Sentir



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samedi 13 juillet 2024

Les affaires de mon père

 LES "AFFAIRES DE MON PERE"  - LE "TRAVAIL" ET "LE MONDE", SUITE ET FIN (extrait du "Carnet")

Ce que nous appelons « le travail », la dynamique du « travail », laquelle pourtant ne cherche pas à « changer le monde » mais invite chacun à se changer lui même, cette dynamique constitue en elle même et presque malgré elle un pied de nez au « monde », à ses valeurs, à son statu quo, au fameux « ordre établi » que pourtant elle ne prétend pas renverser. 

Cela dit, que « le monde » se rassure. 

 Le « travail » n’est pas près de le dominer et ne constitue donc pas pour lui une menace à grande échelle. 

L’esprit du monde n’a pas beaucoup de souci à se faire quand à sa pérennité et à la bonne santé de toutes ses entreprises. 

Il n’y aura pas de « grand soir » spirituel, pas d’ « âge d’or », pas de « réveil des consciences ». Au mieux , et ce sera déjà pas mal, des mouvements de balancier. L'action et la réaction continueront à prendre place, voilà tout. 

Sans doute, quand nous serons collectivement allés beaucoup trop loin c’est à dire que la ou les catastrophes ne seront même plus à nos portes mais déjà les pieds sous notre table, sans doute à ce moment là irons nous dans l’autre sens …  et ainsi de suite tant que l’expérience humaine sur cette planète se poursuivra… 

En tant qu’instructeur, tout ce que je demande au « monde » - et c’est déjà beaucoup- c’est qu’il me, nous fiche la paix. 

Je lui paie volontiers sa dime, honnête et responsable citoyen que je suis.  Je ne prétends pas m'extraire du monde, ne pas m'en soucier, ce serait désinvolture, arrogance et inconscience. 


Je l’aime bien, tout compte fait, ce monde.

J’en fais partie, je ne le méprise aucunement et même lui suis à maints égards reconnaissant. 

A partir de là , et dès lors que je rends à César ce qui est à César, qu’il me laisse tranquillement vaquer aux « affaires de mon père » - et pardon si en utilisant cette parole, je parais sombrer dans une mégalomanie christique  ! 

Le mieux serait encore qu’il ne soit même pas ou à peine au courant des dites "affaires". 

Ce n’est pas toujours gagné. 

Il faut surtout sans rien cacher (rien de mieux que de se livrer à nos entreprises au nez et à la barbe du « monde ») faire en sorte qu’il ne se doute de rien, « le monde » …

 Qu’il nous prenne au mieux pour des originaux, de braves hurluberlus, de petits joueurs inoffensifs. 

Ce qui au final est vrai. 

Car même si notre entreprise secrète est un pied de nez à la figure du « prince de ce monde » , cela ne le menace pas à grande échelle. 

Que lui importe après tout, au « prince de ce monde » , si deux ou trois péquins lui échappent pour de bon, et si une poignée, sans complètement lui échapper, ne le suit plus aveuglement dans ses voies, ses œuvres, ses pompes ?  

Qu’est ce que cela peut faire à un multi milliardaire dont la fortune croit chaque jour de perdre mille euros par ci, cinq cent par là ?

« Attaquez à découvert et soyez vainqueur en secret » 

"Invisible en plein jour »

« Le guerrier ne laisse pas de traces » …

Voilà bien tout l'art ...

Gilles Farcet

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jeudi 18 janvier 2024

Comment embrasser un porc-épic


Résumé des points importants de « Comment embrasser un porc-épic : des moyens simples d'aimer les personnes difficiles dans votre vie »

✍️ Identifiez les « porcs-épics » dans votre vie : apprenez à reconnaître les traits et les comportements qui rendent quelqu'un difficile, en comprenant leurs « piquants » comme des mécanismes de protection.

✍️ Changez de point de vue : au lieu de juger ou de blâmer, considérez les personnes en difficulté comme des individus blessés dont les besoins et les peurs ne sont pas satisfaits.

✍️ Pratiquez l'empathie : mettez-vous à leur place pour comprendre leurs motivations et leurs points de vue, même si vous n'êtes pas d'accord avec leurs actions.

✍️ Adoptez une communication sans jugement : écoutez activement sans interrompre, utilisez des déclarations avec le « je » pour exprimer vos sentiments et évitez les propos accusateurs.

✍️ Fixez des limites saines : connaissez vos limites et communiquez-les clairement pour vous protéger de la manipulation ou des abus émotionnels.

✍️ Défiez votre propre réactivité : reconnaissez vos propres déclencheurs et apprenez à réagir avec calme et assurance, au lieu de réagir de manière impulsive.


✍️Offrez un amour inconditionnel : le véritable amour accepte les individus tels qu'ils sont, même lorsqu'ils sont difficiles. Séparez leurs actions de leur valeur.

✍️ Pratiquez la patience et la compréhension : le changement prend du temps. Soyez patient avec vous-même et avec les autres lorsque vous traversez des relations difficiles.

✍️ Abandonnez les attentes : n'essayez pas de contrôler ou de changer les gens. Concentrez-vous sur leur acceptation tels qu’ils sont et sur la définition d’attentes réalistes pour la relation.

✍️ Trouvez de l'humour dans la situation : Parfois, un peu de légèreté peut désamorcer les tensions et briser les barrières de communication.

✍️ Donnez la priorité aux soins personnels : les personnes difficiles peuvent drainer votre énergie émotionnelle. Assurez-vous de vous ressourcer avec des activités qui vous apportent joie et paix.

✍️ Recherchez du soutien : n'ayez pas peur de contacter vos amis, votre famille ou un thérapeute pour obtenir du soutien et des conseils dans la gestion de relations difficiles.

✍️ N'oubliez pas que vous n'êtes pas seul : tout le monde rencontre des personnes difficiles dans sa vie. Savoir que vous n’êtes pas seul peut être une source de réconfort et de force.

✍️ Célébrez les petites victoires : reconnaissez et appréciez même les plus petites améliorations en matière de communication ou de compréhension.

✍️ Concentrez-vous sur votre propre croissance : en fin de compte, la seule personne que vous pouvez réellement contrôler, c'est vous-même. Utilisez vos expériences avec des personnes difficiles pour apprendre et grandir, en développant une plus grande résilience et compassion.

Traduction d'un post de Niks Bennie par Fabrice Jordan

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dimanche 30 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (6)

 

S’aimer soi-même


Oui... car il ne peut y avoir authentiquement amour de l’autre sans qu’il y ait amour de soi. Pourtant, parvenir à s’aimer soi-même est une des choses les plus difficiles.

Rappelons-nous : en présence de l’être de lumière, les personnes ayant fait une EMI se sont senties aimées de façon inconditionnelle. Cette expérience d’amour a été si puissante, si inspirante que beaucoup d’entre elles en sont revenues avec une forte aspiration à être capables non seulement de manifester à leur tour autant d’amour, mais de s’ouvrir au respect de soi, à l’amour de soi, à l’autocompassion :

« Si l’être de lumière a pu m’accepter telle que je suis, avec tous mes défauts, imperfections et faiblesses, je peux moi aussi m’accepter telle que je suis. »

En cela, les EMI sont ressenties comme un véritable soin, une authentique réparation des blessures passées. C’est l’opportunité de mettre un point d’arrêt aux comportements d’autodestruction ou d’autosabotage et d’aller vers l’acceptation, le pardon de soi, l’accueil de tout ce que l’on est.

«Je me suis sentie aimée par cet être d’une manière qui dépassait tout ce que j’avais pu connaître. Si j’avais su combien je pouvais être aimée, peut-être n’aurais-je pas tant perdu de temps à me détester moi-même... J’ai compris que j’étais digne en tant que personne et que ça ne servait à rien de vouloir me persuader du contraire. »

Pour quelqu’un qui souffre de manque d’estime de soi ou de dévalorisation, quelle délivrance de se percevoir fondamentalement digne d’amour, quelle que soit son histoire de vie, de se voir sans l’ombre d’un doute intrinsèquement lumineux, digne d’exister au monde, sans avoir besoin de se justifier ou de recevoir l’approbation d’autrui !

Ainsi, même si on n’en a pas vécu, les EMI poussent à revisiter cette terrible tendance à nous dénigrer nous-mêmes. Elles nous montrent comment nous percevoir tels que nous sommes véritablement : des êtres fondamentalement aimants et aimables - dignes d’être aimés —, au-delà de ce que nous croyons de nous. Et si une partie de notre mission de vie était aussi d’apprendre le respect de nous-mêmes, de nous révéler nous-mêmes à notre propre nature, dans sa dimension lumineuse d’amour et de sagesse ? Les personnes qui ont vécu une EMI n’ont strictement rien fait pour acquérir ce nouveau regard sur elles-mêmes, aucun travail, aucune psychothérapie : elles se sont simplement perçues telles qu’elles étaient vraiment. Pourquoi ne pas nous ouvrir, nous aussi, à ce que nous sommes déjà ?

«J’ai découvert qu’il y avait en moi une sécurité et une dignité fondamentale qui ne dépendent pas du regard d’autrui. Elles guident mes pas et je me suis affranchie de l’opinion des autres pour décider ce qui est bon pour moi. Je n’ai plus peur d’être rejetée si je ne vais pas dans leur sens. Je SUIS et cela ne dépend de personne. »

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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dimanche 23 juillet 2023

Le parfum d'une fleur est là.

 KRISHNAMURTI : L'AMOUR EST L'ATTENTION TOTALE 


Il y a perception d'une souffrance. Mon fils, ma mère, mon père meurt. Ce qui se passe généralement, c'est que je fuis. Parce que je ne peux pas faire face à ce sentiment énorme du danger de solitude, de désespoir, alors je fuis. Je m'évade dans l'idéologie, dans les concepts, et de bien d'autres façons. Percevoir la fuite, juste la percevoir, pas la vérifier, pas la contrôler, mais juste être conscient qu'on fuit, alors la fuite s'arrête. 

L'élan de la fuite est un gaspillage d'énergie, mais la perception met fin au gaspillage. Par conséquent, vous avez plus d'énergie. Puis, lorsqu'il n'y a pas d'échappatoire, vous êtes confronté au fait de "ce qui est", c'est-à-dire : vous avez perdu quelqu'un. La mort, la solitude, le désespoir... C'est exactement ce qui est. Il y a une perception de ce qui est. Le fait est que j'ai perdu quelqu'un. C'est un fait. Ils sont partis. Et je me sens terriblement seul, c'est un fait. Seul, sans aucun sentiment de relation, sans aucun sentiment de sécurité. Je suis complètement à bout. 

Il y a une prise de conscience de ce vide, de cette solitude, de ce désespoir. Quand vous ne vous échappez pas, vous conservez l'énergie. Maintenant il y a cette conservation d'énergie quand je suis confronté à la peur de ma solitude. Alors j'examine l'état de l'esprit qui a perdu, l'esprit qui dit : "J'ai tout perdu. Je suis vraiment désespéré." Et il y a la peur : voyez cette peur. Ne fuyez pas, ne lui échappez pas, n'essayez pas de l'étouffer : voyez cette peur. 

N'ayez pas le choix d'être conscient de cela. Puis dans cette prise de conscience, la peur disparaît. Elle disparaît vraiment. Et vous avez maintenant plus d'énergie. 

Pourquoi y a-t-il de la souffrance ? Qu'est-ce que la souffrance ? Est-ce de l'apitoiement sur soi ? Que signifie l'apitoiement sur soi ? Voyez-vous, cela signifie que le "Moi" est plus important que l'autre personne. 

La vérité est : je n'ai jamais aimé cet homme. Je n'ai jamais aimé cet enfant. Je n'ai jamais aimé ma femme, mon mari, ma sœur ou mon frère. Là je découvre que dans l'état de conscience, il y a la découverte que l'amour n'a jamais existé. Je ne l'avais pas, je ne pouvais pas l'avoir. L'amour signifie quelque chose de complètement différent. Maintenant, j'ai une énergie formidable. Pas d'échappatoire, pas de peur, pas d'apitoiement sur moi-même, à être tellement préoccupé par moi-même, par mon anxiété. Il y a cela à cause de cette souffrance. Il y a une énergie bouillonnante, qui est vraiment l'Amour !

Maintenant, je ne porte plus mon attention sur la personne décédée, mais plutôt sur mon état d'esprit. L'esprit qui dit : "Je souffre". Donc je découvre que l'amour est une attention totale. Sans aucune division. C'est vraiment important, car pour nous, l'amour est sexuel et d'autres façons. L'amour est plaisir. Et l'amour c'est la peur, l'amour c'est la jalousie, l'amour c'est la possessivité, la domination. Nous utilisons ce mot "amour" pour dissimuler tout cela. Amour de Dieu, amour de l'homme, amour de la patrie, etc. Tout cela est l'amour de mon souci de moi-même. 

C'est une formidable découverte qui exige une grande honnêteté pour dire : je n'ai jamais vraiment aimé personne. J'ai fait semblant, j'ai exploité, je me suis adapté à quelqu'un. Mais le fait que je n'ai jamais su ce que signifie aimer, c'est une immense honnêteté. Dire que je pensais que j'aimais et que je ne l'ai jamais trouvé. Maintenant, je suis tombé sur quelque chose qui est réel, c'est-à-dire : j'ai observé "ce qui est" et j'ai avancé à partir de cela. Il y a une conscience de ce qui est et cette conscience bouge. 

C'est vivant, ce n'est pas quelque chose qui arrive à une conclusion. Ne dites pas : "j'aime, je n'aime pas, c'est bien, c'est mal..." Soyez juste conscient. Et puis à partir de là, grandit la flamme de la conscience, si nous pouvons l'appeler ainsi. Lorsque vous êtes si conscient, il y a cette qualité d'amour. Vous n'avez pas à être ou ne pas être. C'est déjà là, comme le parfum d'une fleur – c'est là !

~ Jiddu Krishnamurti

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mardi 18 juillet 2023

3 modes pour intégrer l'instant

 Apprendre à se connaître permet de mieux connaître les autres.

Et pour se connaître, voici 3 modes possibles que l'on peut pratiquer à chaque instant :

- La vigilance : voir la "tension vers" qui se crée en nous et nous éloigne de l'instant.

- Le oui à ce qui est : voir le refus qui est une "tension contre" la réalité présente.

- L'action juste : être unifié dans le choix que l'on fait, pour éviter la division sans cesse proposée par les pensées. 


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mardi 23 mai 2023

Amour inconnu

Aimer ceux que l’on aime
les aimer
comme on les aime
ne suffit pas
car notre amour
cet amour si sincère
cet amour la
regorge de trous
de recoins negligés
de zones mortes
c’est pourquoi il faut les aimer
d’un tout autre amour
d’un amour implacable
qui ne fait pas de quartiers
d’un amour terrible
qui ne fait pas de sentiments
d’un amour inconnu
de cet amour parfait
dont nous sommes incapables
Gilles Farcet
Gilles Farcet
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samedi 28 janvier 2023

AIMER … OU PAS



« Aime et fais ce que voudras » Saint Augustin

« Aimer c’est aider l’autre à détendre ses tensions »

bien sûr

je peux

je pourrais

ne pas aimer

je n’en suis pas encore 

pas encore tout à fait

au stade ou 

ne pas aimer 

refuser

se fermer

s’enfoncer 

dans les sables mouvants 

grouillants de prédateurs 

du non amour

serait une impossibilité technique

un soupçon de relâchement

une pincée d’inattention

un brin de mauvaise grâce

bref

une dose de folie ordinaire

et il m’est  possible 

encore

quand l’amour m’appelle par mon prénom

de regarder ailleurs

vers moi 

et non vers lui

mais quelle fatigue

Gilles Farcet


"Que signifie aimer
sinon aimer quelqu'un
au plus près de la peau
au coeur du quotidien
tu es mon plus intime
mon plus proche prochain
si je ne sais pas t'aimer
le mot amour est vain"

vendredi 9 septembre 2022

Aimer cet instant-là ...



Aimer cet instant-là, si divin, si fugace,

Sans rêver au passé, sans craindre l'avenir ;

Pour bien le recevoir en soi faire la place,

Et chasser l'amertume et le noir souvenir.

Aimer ce bel instant qui dans l'heure s'égoutte

Avec un flot léger de frissons et d'odeurs :

Ne pas le laisser fuir sans que le cœur en goutte

La ronde plénitude et la molle saveur.

Loin du doute qui mord, de la brûlante envie,

Aimer cet instant-là qui vaut toute la vie !


Ginette Bonvalet - Bleu noir

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dimanche 14 août 2022

Accueil de l'autre

 


Faire sans cesse l’effort de penser à qui est devant toi, lui porter une attention réelle, soutenue, ne pas oublier une seconde que celui ou celle avec qui tu parles vient d’ailleurs, que ses goûts, ses pensées et ses gestes ont été façonnés par une longue histoire, peuplée de beaucoup de choses et d’autres gens que tu ne connaitras jamais. Te rappeler sans arrêt que celui ou celle que tu regardes ne te doit rien, n’est pas une partie de ton monde, il n’y a personne dans ton monde, pas même toi. Cet exercice mental – qui mobilise la pensée et aussi l’imagination – est un peu austère, mais il te conduit à la plus grande jouissance qui soit : aime celui ou celle qui est devant toi, l’aimer d’être ce qu’il est – une énigme – et non pas d’être ce que tu crois, ce que tu crains, ce que tu espères, ce que tu attends, ce que tu cherches, ce que tu veux.


Autoportrait au radiateur de Christian Bobin.

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