jeudi 31 octobre 2013

Saint François d'Assise par Erik Sablé (2)


Erik Sablé a publié une petite introduction à la spiritualité de Saint-François d'Assise : « Le livre du détachement et de la paix »


Deuxième partie : au cœur de la pauvreté...(17 min.)

    Car c’est la joie qui permet le détachement. Elle est cette plénitude qui compense largement les biens abandonnés.
    C’est encore la joie qui dilate l’être et se trouve à la source de l’Amour et de la charité pour toutes les formes de vie. 

mercredi 30 octobre 2013

Saint François d'Assise par Erik Sablé (1)

Erik Sablé a publié une petite introduction à la spiritualité de Saint-François d'Assise : « Le livre du détachement et de la paix »


Première partie : une petite biographie...(10 min.)

   « Être détaché, c’est saisir l’incandescence de chaque instant, la rondeur parfaite des jours, la beauté des saisons, être dans la plénitude et non dans le manque. »

« La joie est peut-être l’ultime secret de saint François, qui affirmait : « Contre toutes les ruses de l’ennemi, ma meilleure défense c’est encore l’esprit de joie », et « le démon ne peut rien contre un cœur gonflé de joie. »

mardi 29 octobre 2013

Un homme à suivre... Pierre Rabhi


De nouveau, un beau portrait de Pierre Rabhi... 
cet homme qui rend fertile le désert et qui met en priorité la floraison du cœur.

"on ne peut pas s'acheter la joie de vivre !"



lundi 28 octobre 2013

Ilios Kotsou rassemble des personnes référentes de ce blog...


En souvenir d'une belle rencontre de septembre dont je reparlerai prochainement...

Respirer, marcher, parler, regarder : toutes choses ordinaires, dont on ne s'aperçoit de la valeur que lorsqu'on a failli les perdre pour toujours. Les rescapés d'accident, de maladies ou d'événements de vie graves racontent tous la même histoire, et la même sensation, liée à cette prise de conscience : vivre est une chance.

Christophe André 

L'esprit de curiosité est essentiel pour vivre en pleine conscience. Ce n'est pas simplement une façon de résoudre nos problèmes. C'est une manière de s'assurer que l'on est toujours en contact avec le mystère de la vie et de notre présence ici-bas.
Jon Kabat-Zinn


"Rappelle-toi que tu n'es pas seul au monde.Tu dépends de mille créatures qui font le tissu de ta vie." Donnez votre avis 
Matthieu Ricard

  « Il ne faut surtout pas minimiser l’importance et la puissance des petites résolutions qui, loin d’être anodines, contribuent à construire le monde auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer. » 
Pierre Rabhi


Ilios Kotsou : "Une petite vidéo qui présente le nouveau livre d’Emergences auquel j'ai participé, dont le titre annonce le programme! De manière vivante, illustré d’exemple concrets et d’anecdotes, il fait le lien en développement personnel et transformation globale et propose de pistes pratiques pour participer au monde de demain."

dimanche 27 octobre 2013

Cette vie avec Gilles Farcet


J’aurai passionnément aimé cette vie. Cette existence terrestre, cette petite existence. Petite parce que limitée, désespérément limitée dans ses conditions et circonstances, d’un certain point de vue si étroite et confinée au regard du Plus Grand, et pourtant … La grandeur de cette petite, misérable, éphémère existence est précisément sa limite, son implacable relativité. Comment, comment diable (il faudrait dire comment Dieu) l’absolu a-t-il pu parvenir à se manifester et à laisser toute sa gloire éclater dans un minuscule fragment ? Comment diable, comment Dieu, la conscience a-t-elle pu se sentir être en ma conscience, celle du pauvre être humain que je suis ?

La grandeur de cette existence est qu’elle reflète et manifeste l’infini, le Tout ; et que l’infini, le Tout, n’ont aucun intérêt en eux-mêmes, hormis dans leur manifestation qui seule peut dire leur gloire. Ô Seigneur, tu n’as aucun intérêt intrinsèque en dehors de ta création. Ta création est ce qui compte, tout comme la personne de l’artiste n’est pas ce qui importe mais son art. Mozart n’importe que par sa musique. Dieu n’importe que par ce qu’il a créé. La preuve de Dieu est ce qui est, ce qui est est Dieu et le fait de le ressentir est matière à exultation.

Joie, joie silencieuse, indicible douceur de l’être au cœur même de ce monde tragique et paradoxal. Quelle bénédiction, quelle grâce me fait sentir cela alors que tant de créatures souffrent et ne sentent rien hormis leur limites, souffrent de s’éprouver limitées et impuissantes …

J’aurai passionnément aimé cette existence, toute cette existence, la mienne, qui ne m ‘appartient pas, dans le tout de l’Existence, dans le tout du miracle d’être. Mes échecs, mes erreurs, mes réussites, qui toutes et tous ne m’appartiennent en rien. Bénie soit cette existence qui est bénie parce qu’elle est et procède de la source de l’être. Bénie soit le fait de pouvoir sentir Cela. Déchirement et joie. Déchirement de l’illusion de la séparation et toutes ses conséquences abominables ; joie de l’inexistence de cette séparation. Et déchirement de savoir combien la joie se cache, se dérobe et se refuse à ceux qui cependant la cherchent sans même plus croire à son possible avènement en eux.
Que notre joie demeure, qui n’est pas notre joie.

Puisse le miracle d’un seul être ressentant ce soir la joie contribuer à la guérison. La vie est joie, et toutes les indicibles peines, chagrins, horreurs, absurdités, procèdent curieusement de cette joie. Et mes pauvres mots , mes mots innocents, sont impuissants à enrayer la souffrance qui broie. Et pourtant …. J’aurai passionnément aimé cette existence.

Gilles Farcet,  Charmes , 15 septembre 2013, 21h 33.

Après ce texte, je vous propose deux vidéos pour suivre la route spirituelle de Gilles Farcet.

vidéo avec Gilles Farcet : première partie
Vidéo avec Gilles Farcet : deuxième partie

Pour les personnes qui souhaitent seulement pouvoir écouter l'audio, il suffit de me le demander...

samedi 26 octobre 2013

A pas de loups... vers un reflet d'inconnaissance...




Un petit rafraîchissement climatique... Et pourtant on dit être connu comme le loup blanc... Finalement, on ne connaît pas grand chose...

vendredi 25 octobre 2013

Ressentir avec Emmanuel Desjardins


Être vivant, c'est d'abord avoir un cœur vivant, un cœur capable de ressentir pleinement, avec fluidité, comme celui d'un enfant. Avant d'aspirer au cœur équanime du sage, à l'ataraxie, l'absence de trouble, cherchons déjà à avoir un cœur vivant. La plupart des écoles de psychothérapie définissent quatre ressentis de base : la peur, la tristesse, la joie, la colère. Sommes-nous capables de les ressentir tous les quatre ?Y a-t-il un interdit sur l'un d'entre eux ? Un interdit sur la colère, par exemple ? Ou bien sommes-nous figés dans l'un d'entre eux : toujours tristes, en colère ou joyeux ? Certains sont en colère toute leur vie. D'autres se sont définitivement campés dans la bonne humeur. Ce n'est pas cela, être vivant.

Être vivant, c'est oser nous laisser brasser, nous rendre vulnérable, laisser les événements nous « travailler ». Un disciple de Swâmi Prajnânpad lui demanda un jour : « Comment cela se fait-il ? Swâmi Prajnânpad a vécu certains événements une ou deux fois, et il a changé ! Moi, j'ai vécu les mêmes événements des centaines de fois, et je n'ai pas bougé ? » Swâmi Prajnânpad répondit : « Ce qui se passe, c'est que les événements vous arrivent de l'extérieur, vous vous fermez, vous ne vous laissez pas affecter. C'est pourquoi aucun changement ne se produit dans votre existence. Tandis que celui qui se laisse affecter par les événements est obligé d'y faire face, il n'a pas d'échappatoire, il perd ses illusions et se libère. »

Nous évoluons dans un contexte généralisé de maltraitance du ressenti. Nos parents, notre éducation, l'école, la société, tout nous pousse à ne pas ressentir, à réprimer. Cela va des injonctions les plus grossières (« un homme, ça ne pleure pas »), aux plus subtiles (« après des années de thérapies et de pratique, je ne devrais pas être si fragile ! »). Alors, il ne faut pas ressentir, il faut que cela ne se voie pas, ou que cela dure le moins longtemps possible.

Qui plus est, l'enfance nous a confrontés à des situations si douloureuses que nous n'avons pas pu les ressentir complètement, nous avons dû nous fermer, nous « blinder » pour survivre. Ressentir, c'est donc également retrouver des émotions enfouies, laisser s'exprimer ce qui a été réprimé. Cela signifie aussi que les demandes infantiles, les distorsions issues d'une éducation maladroite, les blessures non cicatrisées de notre psyché fragile seront entendues et prises en compte. D'où l'importance d'un travail sur l'inconscient et la mémoire refoulée...

Emmanuel Desjardins
Spiritualité: De quoi s'agit-il ?


jeudi 24 octobre 2013

Qui est José Le Roy ? Voici sa tête ! A vous de voir la votre...


Un retour à Soi après avoir vu ce que nous ne sommes pas...




J'ajoute cette vidéo car je pensais déjà l'avoir mise mais apparemment ce n'est pas le cas. Je ne vous la montre pas du doigt car vous pouvez le faire... :




mercredi 23 octobre 2013

Vivre en solidarité avec Matthieu Ricard


Je suis certain qu'il y a des effets positifs prouvés lorsque vous écoutez Matthieu Ricard... La force de la bienveillance est à ressentir.




mardi 22 octobre 2013

Un seul être avec Alain Galatis

Cette harmonie témoigne d'un lien dont nous avons l'intuition. Il n'y a plus seulement un homme qui regarde trois arbres et un écureuil sous un soleil d'automne, mais chaque phénomène déborde de son cadre; chaque phénomène émet, rayonne; chaque phénomène tend les bras; ils se rejoignent, se frôlent et se touchent.
Cela peut se produire dans d'autres lieux moins prédisposés. Inopinément, cette sensation nous tombe dessus dans le brouhaha d'un bistrot enfumé, sur notre lieu de travail ou lorsque nous regardons les murs pelés d'une arrière-cour délabrée. Nous percevons la rumeur de l'unité.

Ce sentiment d'une harmonie se manifeste quand nous nous oublions, quand l'attention portée à notre environnement se suffit à elle-même, quand cette attention nous sort de nous-mêmes. Nous devenons simple présence attentive. Nous pouvons alors goûter la paix et la sérénité : nous avons réintégré l'unité; elle nous a rattrapés. Nous n'avons plus de poids. En son sein, nous flottons dans l'impalpable.

Mais vite, nous retombons dans notre personnage. Nous reprenons notre rôle et notre histoire. Pourtant, l'unique cause de ces trop rares expériences qui nous laissent un souvenir ému et nostalgique, cette unique cause est présente dans chaque instant.

Elle est là, maintenant, cher ami ! Partout autour de toi. Et en toi...


...Nous sommes liés, cher ami. En contact. A des dizaines ou des milliers de kilomètres. Sans lever le petit doigt. Sans bouger une oreille. Sans nous déplacer d'un millimètre. Nous sommes un seul et même être.

Alain Galatis
Deuxième photo de Jackie

lundi 21 octobre 2013

Autour du bouddhisme et du Dalaï-Lama


Voici un extrait choisi de l'émission "La marche du siècle" de 1996 dont l'invité était le Dalaï-Lama. 
Autour de lui, Arnaud Desjardins, Matthieu Ricard et Jean-Claude Carrière qui nous parlent du bouddhisme :




dimanche 20 octobre 2013

La grande famille humaine de Jean Vanier


Qu'est-ce que vous pensez de l'aide humanitaire ?

Nous faisons tous partie d'une grande famille humaine. Nous pouvons être différents de culture, de religion, de peau etc. mais nous sommes cependant de la même famille. Alors si un de nos frères a faim, si un de nos frères est en difficulté, il faut absolument faire quelque chose, surtout quand il s'agit des grandes grandes famines ou des grands grands troubles comme des tremblements de terre en Haïti, au Japon. Donc l'aide humanitaire est très importante. C'est affirmer que nous faisons partie de l'humanité.

Comment aider juste ?

Qu'est-ce qui est important ? II y a le problème financier, il y a le problème de l'organisation des secours. L'humanitaire, c'est essentiellement de rencontrer des gens et de leur révéler qu'ils ne sont pas simplement des objets de notre bonté mais ce sont aussi des gens importants. Nous aimons bien les rencontrer. Leur différence nous ouvre à des pans du monde que nous ignorions. Nous nous enrichissons réciproquement. Donc la rencontre est importante.

Aider à côté ou aider dans un pays lointain, qu'est-ce qui permet de faire un choix ?

Cette question est fondamentale. Nous pouvons être touchés par la misère au loin que nous rapportent les médias comme les enfants des rues au Cambodge ou ailleurs ; cependant il est important de penser aux S.D.F. dans nos rues, aux personnes seules âgées. II ne faut jamais oublier les gens qui sont à côté.


vendredi 18 octobre 2013

Une lumière intérieure à découvrir avec Christian Bobin

Donc, je suis aussi impuissant que vous à ne pas voir le monde. Comme vous, je peux fermer les yeux, mais c’est un acte volontaire et toujours bref. Je crois même qu’il m’est plus difficile qu’à vous, car je n’ai pas le recours de clore les paupières (j’entends les paupières physiques). Je dois accomplir, pour éteindre un instant la vue, une opération intérieure beaucoup plus brutale et plus artificielle. Je nage positivement dans la lumière et dans toutes les formes qui naissent d’elle. La lumière, c’est mon élément. J’en suis fait.

Mais vous aussi, vous les clairvoyants, vous êtes faits de lumière. Sinon, vous ne pourriez pas voir. On vous apprend le contraire, je le sais bien. On vous parle de l’intensité lumineuse de tel objet et de tel autre. On mesure ces intensités. Il y a des unités internationales pour cette mesure. On vous dit, en somme, que la lumière n’est pas en vous, mais au-dehors et qu’elle vient jusqu’à vous selon des lois qu’il faut peu à peu découvrir. On m’a appris ces choses à moi aussi. Mais, par expérience, je sais qu’elles sont fausses. Et c’est pourquoi j’ai été joyeux, même dans les moments les plus pénibles de mon existence...

Quand je dis « lumière », je ne songe pas aux objets lumineux, au tourbillon de reflets et d’oscillations qui forme l’univers visuel. Je songe à la source qui, elle, est au-dedans. La source précède le fleuve et tous les accidents de son cours, tous les objets vus. On peut tarir les objets, la source demeure. Ce courant essentiel de lumière, cette puissance de lumière qui n’attend pas, pour être, que nous nous servions d’elle, elle est canalisée pour vous, commodément, pratiquement, à travers les yeux du corps. Il en résulte un monde, le vôtre. Mais si les yeux sont fermés accidentellement, elle n’en crée pas moins un monde : le mien, le mien puisque c’est moi qui parle. Sont-ils semblables, ces deux mondes ? Oui. Je n’hésite pas à le dire, parce que, depuis plus de vingt ans, leur coïncidence m’a frappé cent fois...

Plus souvent, je vous vois, mais d’une manière très peu anatomique. Je ne vous détaille pas. Je vous attrape (je dirais aussi volontiers je vous reçois) à l’instant où vous arrêtez la lumière que je tends vers vous. Vous faites une ombre. Cette ombre se diversifie presque immédiatement, se met en forme, se colore, mais selon d’autres rythmes que ceux des yeux. Si vous ne tenez pas en place, si ma conversation vous agace, votre ombre alors se disloque : il en part des morceaux à droite, à gauche, en arrière. Si vous êtes attiré vers moi par l’amitié ou l’intérêt, votre ombre est toute proche. Elle tend à s’intégrer dans la mienne. De là des sensations si particulières que, généralement, je me tais sur elles, par discrétion, pudeur ou timidité, à votre choix.

Jacques Lusseyran
 " Le Monde commence aujourd'hui "
Jacques Lusseyran, totalement aveugle depuis l’âge de huit ans, déporté politique à Buchenwald, et aujourd’hui, professeur de littérature française dans une université des Etats Unis, a écrit « Le monde commence aujourd’hui » à la fois comme un essai et comme un roman.Le monde commence aujourd’hui demeure une somptueuse leçon de résilience et un chant d’amour à la vie, dont la quête a lieu partout, tout le temps, du vestibule de l’enfer aux immensités américaines.




Christian Bobin nous parle de Jacques Lusseyran
(6 min.)

Chute...libre


mercredi 16 octobre 2013

Rencontre programmée avec Denise Desjardins

« Si vous voulez quelque chose, peu importe combien de temps, combien de vies, vous mettrez à l'accomplir. 
L'important est d'essayer, d'essayer encore, jusqu'à ce que vous atteigniez votre but. » 
Denise Desjardins

L’association « Avec Vous » accueillera une nouvelle fois Denise Desjardins :
Le samedi 16 novembre 2013, de 15h à 19h (accueil à partir de 14h30)
Au Studio Atlas, 11 rue de l’Atlas 75019 Paris (métro Belleville)
Participation financière : 35 euros — Pas de réservation préalable


Après une courte introduction, Denise répondra à vos questions, dans son style chaleureux, direct et intuitif. Faisant preuve d’une profonde connaissance de l’être humain et de ses possibilités, elle témoigne ainsi, avec son itinéraire, d’une expérience unique auprès de Swami Prajnanpad qui l’a amenée à pouvoir aider et accompagner tant de personnes.
Son tout nouveau livre, Contre vents et années, édition La Table Ronde viendra juste de sortir.

Venez nombreux, les opportunités se feront de plus en plus rares de la rencontrer ! Faites le savoir autour de vous.
Amicalement, Pascal Caro et Marie-Laure Belleville,


"Ceux qui n'osent pas affronter le monde ne peuvent pas non plus affronter la réalité. "
 Swami Prajnanpad

mardi 15 octobre 2013

La dignité avec Chantal Delsol



La dignité ne peut être inaliénable que si elle est sans définition. Toute définition crée des conditions. Et nous ne voulons pas que la dignité soit conditionnelle ni conditionnée.

La dignité sans définition émane d’un mystère. L’être humain est digne parce que mystérieux. Ce qui signifie qu’il n’épuise jamais ses caractéristiques, qu’il ne peut pas être contourné par une science. Si l’on pense que la science suffit à dire l’humain, alors l’humain ne sera pas respecté. C’est là l’incohérence de la modernité tardive : nous réduisons la pensée à des neurones, le corps à de la chimie, mais nous voulons une dignité inaliénable : et les deux sont incompatibles. Il faut une spiritualité pour que la dignité s’établisse sans condition (ce qui ne veut pas dire qu’elle sera toujours respectée ! mais au moins on saura qu’il faut la respecter, et l’on se repentira de ne l’avoir pas fait).

Une culture de l’immanence peut respecter les sentiments de l’individu, ses traditions, ses croyances, mais ne peut pas le respecter en tant que tel inconditionnellement, car il lui apparaît sans mystère. Et c’est le mystère qui fait l’inconditionnel : cette part de nuit suscite la crainte de toucher à quelque chose comme du divin. Seule la part de nuit peut être sacrée au sens de l’intouchable. Les neurones ni la viande ne sont sacrés. Voilà notre paradoxe : lorsque nous disons « plus jamais ça ! », c’est du religieux que nous appelons – mais en même temps nous récusons le religieux.

Ce dont nous avons besoin, c’est de nous mettre en accord avec nous-mêmes. 

Chantal Delsol


lundi 14 octobre 2013

Faire partie des semeurs d'espoirs avec Pierre rabhi

Produire et consommer localement s’impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l’égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces… devraient être réhabilités afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l’économie.

dimanche 13 octobre 2013

L'adhésion au chemin quotidien avec Alexandre jollien


Il faut se méfier des buts trop bien dessinés. Grâce à l’expérience de la méditation zen et grâce notamment à la lecture de certains mystiques chrétiens, je commence à comprendre qu’il s’agit plutôt de vivre sans « pourquoi ». On peut s’interroger à l’infini sur les raisons qui ont fait que nous sommes comme cela. 

Cependant, rien n’est plus beau que l’adhésion totale au quotidien. Aussi, je dirais que le but du chemin n’est pas la fin du chemin, mais de cheminer, de se mettre en route chaque jour, de s’ouvrir à ce qui aliène. Evidemment, nous sommes toujours, dans une certaine mesure, dépendants d’un but et il est clair que je m’abonne régulièrement à la méditation en vue de moins souffrir des passions tristes. 

Cependant, je ne suis pas dépendant de ce but, il ne conditionne pas la qualité du présent. Pour faire simple, je dirais, en paraphrasant Erasme, que le but de la vie spirituelle est de devenir pleinement humain. On comprend dès lors qu’il s’agit d’un chemin sans fin. 

 Alexandre Jollien
 Revue Reflets


samedi 12 octobre 2013

Quelques pas avec Anne-Dauphine Julliand (2)

Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu'on ne peut ajouter de jours à la vie.

De nouveau... en compagnie d'Anne-Dauphine Julliand qui nous montre comment être le capitaine de notre existence en toute circonstance.
2ème partie : 2 fois 10 min.





"La vie de Thaïs m'a libérée de la peur de la vie."

"Je ne veux pas que l'instant d'avant ou l'instant d'après contamine l'instant."




vendredi 11 octobre 2013

Quelques pas avec Anne-Dauphine Julliand (1)

L'histoire commence sur une plage, quand Anne-Dauphine remarque que sa petite fille marche d'un pas un peu hésitant, son pied pointant vers l'extérieur...

Je vous laisse en compagnie d'Anne-Dauphine que j'ai pu écouter à Bruxelles... Comment trouver le bonheur dans l'adversité ?
1ère partie : 2 fois 10 min.




"J'ai juste essayé d'investir chaque instant."

"J'ai incarné le temps présent, le temps que les enfants adoptent si facilement..."



jeudi 10 octobre 2013

Se sentir aimé... avec Anselm Grün


Même si momentanément tu ne te sens pas aimé et tu n’as personne avec qui tu es relié par l’amour, fais confiance à l’amour qui est en toi. Tu as en toi une aspiration à l’amour, il y a déjà l’amour. Lorsque tu souffres par l’amour, tu sais néanmoins ce qu’est l’amour. Fais donc confiance à l’amour qui est en toi ; peu importe que tu sois momentanément amoureux et aimé par un autre ou pas.
Il y a en toi le don de l’amour.

Fais confiance à cet amour. Laisse-le pénétrer en toi. Ressens-le. Savoure-le. Il rend ta vie plus riche. Et il te confère de nombreuses possibilités de vivre d’une bonne manière. Essaie de vivre effectivement ces possibilités offertes par l’amour. Dès lors ta vie sera véritablement réussie. Tu pourras alors faire avec gratitude l’expérience des dons de l’amour.


(L’hymne à l’amour, p. 23-24)

Je me sens libre quand je me sens aimé. Je ne suis pas alors obligé de me conformer aux attentes d’autrui ; j’ai le droit d’être tel que je suis. Quand je me sens aimé par un autre être, je peux auprès de lui laisser paraître ce que j’éprouve ; je n’ai pas à craindre en permanence ce qu’il va penser de moi. Je me sens accepté tel quel. Si je me sens réellement aimé dans toute ma façon d’être là, je suis libre de la contrainte de toujours devoir réussir, faire mes preuves, correspondre aux critères de la société.
(Petit traité de spiritualité au quotidien)


Anselm Grün



mercredi 9 octobre 2013

"Aimer, la meilleure préparation à la mort."


Du moment que le bonheur, c'est de vivre, on doit le trouver aussi bien dans la douleur que dans le plaisir et parfois jusque dans l'ennui.

C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devrait faire qu'on se décourage, alor
s qu'il s'agit de les aligner un à un.

Si je perdais ma bibliothèque, j'aurais toujours le métro et l'autobus. Un billet le matin, un billet le soir et je lirais les visages.

L'inoubliable, c'est la beauté d'un visage souriant et serein.

L'instant n'a de place qu'étroite entre l'espoir et le regret et c'est la place de la vie.

Vivre, c'est naître sans cesse. La mort n'est qu'une ultime naissance, le linceul notre dernier lange.


Marcel Jouhandeau




Christian Bobin s'inspire de Marcel Jouhandeau :
Le petit bagnard du réel (4 min.)




mardi 8 octobre 2013

Le maître intérieur avec Gilles Farcet


"Dernière et magnifique stratégie : attrapez l’enseignite. L’enseignite est un virus bien connu qui frappe un grand pourcentage d’apprentis sur la voie, qu’ils soient nouveaux ou plus anciens. Les personnes les plus exposées à ce virus sont celles qui présentent un terrain socio-professionnel ou/et affectif faible, et ont par conséquent bien des revanches à prendre. La contamination se traduit dans les faits par une irrépressible propension à enseigner, à transmettre avant d’avoir été disciple.[...] Dans les affections plus graves, le sujet s’installe comme thérapeute sans qualification réelle et prétend aider les autres à voir plus clair là où lui-même est aveugle. "

Manuel de l'anti-sagesse : Traité de l'échec sur la voie spirituelle de Gilles Farcet
extraits : p.42


lundi 7 octobre 2013

dimanche 6 octobre 2013

Sainte Claire d'Assise et ses oeuvres complètes



...Au Panthéon des docteurs et des grands saints, ces dames se font rares. Alors, quand on redécouvre l'une d'entre elles, et que parait une somme (1000 pages !) de ses écrits inédits, il faut s'en réjouir et faire circuler la nouvelle. Après Hildegarde de Bingen, et bientôt Etty Hillesum, voici Claire d'Assise, la nouvelle star. Avec elle, l'occasion de faire tomber quelques clichés sur la gentille sainte. Ni douce, ni amoureuse transie de François, ni effacée dans son ombre. Mais femme de tête et de décision. Être femme et abbesse au Xllle siècle est déjà une gageure, surtout quand on refuse, comme le fait cette jeune fille noble, de vivre de ses privilèges pour cultiver ses terres et faire confiance à la Providence.  

Cette histoire se passe au Moyen Âge mais n'est pas déconnectée d'aujourd'hui. A l'heure où nous multiplions les assurances-vie et cherchons le risque zéro, Claire nous incite à l'audace et au lâcher-prise, un concept tout à fait moderne. Lâcher son stress, ses inquiétudes pour demain, vivre dans le présent... Presque le programme d'un stage de développement personnel. Qui a dit que le christianisme était dépassé ?

Aux yeux du grand public, Claire incarne encore une sorte de François «en plus petit et en jupons », en tout cas une personne effacée, presque fade. Au mieux, on lui prête une idylle avec le Poverello, dans le rôle d'une amoureuse transie d'admiration. « Mais lorsqu'on lit ses écrits,
on se rend bien compte qu'elle n'a eu qu'un seul homme dans sa vie: le Christ », précise
Jacques Dalarun. François joue assurément un rôle clé dans le style de vie qu'elle souhaite adopter, mais il intervient peu dans le monastère Saint-Damien où réside Claire. Et il décède 27 ans avant elle. 

On découvre Claire se battant pour ne disposer d'aucune rente particulière, en misant tout sur la privilège (de recevoir des rentes). Du coup, la nourriture fait parfois défaut. Plusieurs récits des sœurs racontent comment des paniers de provisions finissent toujours par arriver, comme par miracle. D'autres témoignent aussi de l'attention de Claire pour ses compagnes qui se relève la nuit pour les border. « Dans un monde inquiet pour l'avenir qui survalorise la sécurité, explique frère Nicolas Morin, franciscain, elle montre qu'un autre chemin est possible : vivre dans la confiance en s'en remettant à Dieu. » 






vendredi 4 octobre 2013

Souffrance et coopération avec Matthieu Ricard


4. Chercher le remède à la souffrance
Aimer un oppresseur n'est pas excuser ses comportements ni faciliter ses actes funestes, c'est souhaiter du fond du cœur que la haine, l'indifférence, la cruauté qui font de lui un dictateur cessent d'être. On peut prendre comme repère l'oeil du médecin. Face à un patient fou et dangereux, il ne va pas le tabasser mais chercher les remèdes les plus puissants et les plus appropriés pour, d'abord, l'empêcher de nuire et ensuite commencer à le soigner. La compassion consiste à remédier aux causes de la souffrance, quelles qu'elles soient et où qu'elles soient.


5. Développer la coopération
Nous sommes arrivés à l'âge de la coopération où la croissance de l'altruisme devient une nécessité, dans notre vie personnelle comme pour la société ou l'environnement. Pour que la vie soit harmonieuse en ville comme dans une entreprise, rien ne peut fonctionner sans coopération. L’altruisme est ce fil d'ariane qui permet de relier le court terme de la prospérité, le moyen terme de l'épanouissement d'une vie et le long terme de l'environnement et, sur un plan plus profond et spirituel, de se relier à Dieu ou à la nature de Bouddha. Avec l’égoïsme, nous perdons tous alors qu'avec la coopération bienveillante, au final, tout le monde est gagnant !


« A l'école, l'éducation coopérative consiste à former des groupes composés d'enfants de niveaux différents, de sorte que les plus avancés puissent aider ceux qui sont en difficulté. Dans ce cas, on observe que les enfants qui apprennent facilement, au lieu de se sentir supérieurs aux autres (comme c'est le cas dans un système d'évaluation constante au moyen d'interrogations écrites notées) se sentent investis de la responsabilité d'aider ceux qui ont plus de mal à comprendre. De plus, l'esprit de camaraderie du groupe et l'absence de jugements intimidants de la part des autres inspirent confiance aux enfants et les incitent à donner le meilleur d'eux-mêmes. ( Plaidoyer pour l'altruisme p.612)


Il faut oser dire qu'on doit enseigner l'altruisme dans les écoles, de façon purement laïque, qu'on peut l'introduire dans l'économie, qu'il ne s'agit pas d'une utopie naïve.






jeudi 3 octobre 2013

Dépasser l'émotion et développer la bienveillance avec Matthieu Ricard

2. Dépasser l'émotion
L'empathie sans le discernement et la connaissance, est comme une pompe électrique à eau... sans eau : elle brûle. Livrée à elle-même, elle peut même avoir des conséquences néfastes. Ainsi des chercheurs se sont intéressés à l'épuisement émotionnel, le burn out des travailleurs sociaux ou des soignants, ces personnes qui prennent constamment soin de ceux qui souffrent. Etre quotidiennement en résonance affective avec des malades peut conduire à l'épuisement. Mais considérer ses malades comme des « clients » et s'endurcir pour ne pas craquer n'est pas non plus une solution. En cultivant l'amour, on peut sortir de l'émotion qui fait mal, être une personne au grand cœur sans souffrir. Pour cela, il faut faire la distinction en soi entre altruisme, compassion et empathie. Lorsque la bienveillance inconditionnelle est confrontée à la souffrance, donc alertée par l'empathie, cela devient de la compassion.

3. Développer bienveillance et sagesse
La première chose est de travailler à développer en soi une bienveillance et une sagesse qui ne se troublent pas parce que l'autre ne se comporte pas selon vos plans ou que le projet n'avance pas assez vite. Sans amour et sans sagesse, l'action humanitaire ne mène à rien. Et nous voyons très bien les grains de sable qui l'enrayent, comme les conflits d'ego. Si vous vous lancez dans une action humanitaire de manière prématurée, vous risquez de succomber à des émotions destructrices - la haine devant des massacres par exemple - et vous ne contribuerez alors que très peu à résoudre les maux qui ont suscité en vous l'indignation initiale.

(source : La Vie 2013)

mercredi 2 octobre 2013

1. Cultiver l'amour altruiste... avec Matthieu Ricard


J'ai rencontré Matthieu Ricard en compagnie d'autres êtres de coeur, samedi dernier et il m'a signé son livre : Plaidoyer pour l'altruisme, la force de la bienveillance (Editions du Nil). 


Matthieu Ricard y explore les différentes facettes de l'amour, de l'empathie à la compassion, de l'oubli de ses propres intérêts au don de soi. D'après le moine bouddhiste, nous avons tous ce potentiel d'amour altruiste en nous, telle « une pépite d'or » enfouie et parfois ignorée. 

Voici ses conseils pour la faire fructifier. 



1. Cultiver l'amour altruiste 

Nous avons tous ce potentiel altruiste en nous, comme un pauvre qui a une pépite d'or enfouie juste là sous sa cabane et qui l'ignore. Les dernières connaissances en neuroplasticité du cerveau ont montré comment l'activité neuronale se réorganise quand on développe l'attention ou la compassion. L'amour et la compassion se cultivent. On devrait l'enseigner dans les écoles de médecine ! 

« Il est plus facile de commencer à nous entraîner en pensant à quelqu'un qui nous est cher, imaginons un jeune enfant qui s'approche de nous et nous regarde joyeux, confiant et plein d'innocence... Nous le contemplons avec tendresse et le prenons dans nos bras (...) Demeurons quelques instants dans la pleine conscience de cet amour, sans autre forme de pensée. Etendons ensuite ces pensées bienveillantes à ceux que nous connaissons moins (...) allons plus loin, incluons dans cette bienveillance ceux qui nous ont fait du tort et ceux qui nuisent à l'humanité en général (...) Portons sur eux le regard d'un médecin sur ses patients les plus gravement atteints. Enfin embrassons la totalité des êtres sensibles dans un sentiment d'amour illimité (...) Nous pouvons à tout moment, souhaiter intérieurement à ceux que nous croisons dans la vie quotidienne d'être heureux et libérés de toute souffrance. Ainsi, graduellement, l'amour altruiste, la compassion... seront pleinement intégrées à notre manière d'être. » 

(Plaidoyer pour l'altruisme, p.300)

source : La Vie

mardi 1 octobre 2013

Pour tous avoir le droit de cité ! avec Yazid Kherfi

Dans mon dossier, c'était marqué irrécupérable. Ils voulaient à tout prix m'expulser du territoire français. C'est alors que des gens ont bougé pour moi : ma famille, l'ancien maire de Mantes, des habitants. Ils sont allés à la Commission des expulsions et ont dit au juge que j'étais intelligent. Ça a produit un déclic chez moi : c'était la première fois de ma vie qu'on disait que j'étais un mec intelligent.»

Pour les remercier, j'ai décidé de changer de vie. Pas par conviction, j'ai même été tenté de redevenir délinquant mais j'ai été honnête avec moi-même : je devais tout faire pour devenir quelqu'un de bien. 

Ce n'est pas par plus de flics, plus de prisons, plus de caméras qu'on résoudra les problèmes mais en apprenant le vivre ensemble.

J'aimerais ouvrir un centre de formation en prison. Il préparerait des gens à aller, à leur sortie, à la rencontre des jeunes des quartiers difficiles pour faire de la médiation, tenir un discours non-violent... il n'y a pas de gens irrécupérables. Des gens en prison sont en recherche d'un projet et ont envie de s'occuper des autres. Il y a plein d'exemples comme moi. Il faut mettre des guerriers non-violents sans les quartiers.

...on peut imaginer un camping-car allant de quartiers en quartiers. Mon rêve, c'est qu'à Clichy, on expérimente la non-violence en banlieue mais je manque de personnes qui me soutiennent, on n'a pas d'argent. La Fondation Abbé Pierre finance déjà mon travail, elle ne peut pas tout faire.
Il faut réfléchir plus vite que ceux qui ne pensent que sécurité. Quand il y a des problèmes, les gens ne disent pas "il faut plus d'éducateurs" mais "il faut plus de flics." Réoccuper vite, déjà, l'espace public. Si on ne le fait pas, plein d'autres, les extrémistes religieux, les voyous, les caïds, vont prendre la place, ils ont une autoroute devant eux. Les gens vont mal, ils en profitent. Les jeunes peuvent écouter n'importe qui venant les voir. Où sont les gens bien pensants ? » 

Yazid Kherfi

(source : Histoires ordinaires)