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lundi 11 mai 2026

Satisfaction

 


« Le fait d’éprouver de la joie à faire le bien d’autrui, ou d’en retirer de surcroît des bienfaits pour soi-même, ne rend pas, en soi, un acte égoïste. L’altruisme authentique n’exige pas que l’on souffre en aidant les autres et ne perd pas son authenticité s’il s’accompagne d’un sentiment de profonde satisfaction. De plus, la notion même de sacrifice est très relative : ce qui apparaît comme un sacrifice à certains est ressenti comme un accomplissement par d’autres. »

Matthieu Ricard - Plaidoyer pour l'altruisme
📸 : Lumières du matin en Himalaya, Namo Buddha, Nepal, mai 2020

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jeudi 2 avril 2026

Joie de Pâques

 

On parle rarement de la joie au seuil du Jeudi saint.

Et pourtant, il y a là une forme de joie très singulière, presque paradoxale, qui ne ressemble en rien à l’enthousiasme ou à la légèreté que l’on associe habituellement à ce mot.

Ce n’est pas une joie qui nie l’épreuve.

Ce n’est pas une joie qui évite la nuit qui vient.

C’est une joie qui coexiste avec ce qui va être perdu.

Au moment même où tout commence à vaciller, où les liens vont être éprouvés, trahis, déchirés, il y a encore, dans ce dernier repas, dans ces gestes simples, dans cette présence offerte, quelque chose qui tient. Quelque chose qui se donne, sans se retenir, alors même que tout pourrait se refermer.

C’est peut-être là que se loge une autre manière de comprendre la joie.

Non pas comme l’absence de douleur, mais comme la capacité de rester ouvert, de rester présent, de rester en lien, même lorsque l’on sait que l’on ne sera pas épargné.

Il y a une joie très profonde à pouvoir aimer sans garantie. À pouvoir donner sans être certain de recevoir. À pouvoir être là, entièrement, sans se retirer à l’avance pour ne pas souffrir.

Ce n’est pas une joie confortable.

Ce n’est pas une joie qui protège.

C’est une joie qui consent.

Une joie qui naît, peut-être, non pas de ce qui est facile, mais de ce qui est vrai.

Et peut-être que le Jeudi saint nous approche de cela, de cette capacité à habiter un moment jusqu’au bout, à ne pas fuir ce qui vient, à ne pas se fermer avant l’heure, à ne pas se retirer de la relation par anticipation de la blessure. Une joie grave, silencieuse, presque secrète, mais réelle.

La joie de ne pas se quitter, même quand tout, autour, commence à se défaire.

Kabbalah vitrail

Peinture : Philippe de Champaigne, La Cène

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dimanche 25 janvier 2026

Tragédie et joie



Il existe une manière d’habiter le monde qui ne cherche ni à fuir le tragique, ni à le résoudre.
Une manière de se tenir, simplement, au croisement de deux axes : la verticalité et l’horizontalité.
C’est souvent à travers le symbole de la croix que cette posture peut être pensée — non comme instrument de souffrance, mais comme lieu de tenue, de tension assumée entre l’intériorité et l’existence concrète.
Habiter cette croix, ce n’est pas choisir entre la tragédie et la joie. C’est accepter de tenir les deux ensemble.
Non pas une joie naïve, consolatrice ou euphorique, mais une joie capable de supporter le tragique, de ne pas s’en détourner, de ne pas l’effacer.
Une joie qui ne nie rien, mais qui permet néanmoins de rester vivant.
Dans cette perspective, l’intériorité n’est pas un repli. Elle n’est pas une fermeture sur soi.
Elle est profondeur respirée, verticalité du souffle. Plus le souffle descend, plus il ouvre un espace habitable, relié au monde.
L’horizontalité, elle, est le plan de l’existence : le corps, la relation, l’exposition, la vulnérabilité.
L’une sans l’autre devient soit fuite, soit dispersion. La tenue humaine naît de leur croisement.
Cette compréhension rejoint une anthropologie très ancienne : celle de l’humain façonné à partir de l’humus, de la matière, de l’argile, et animé par un souffle.
L’humain n’est ni pur esprit ni simple matière.
Il est pâte vivante, fragile, altérable, et pourtant habitée. C’est peut-être pour cela que la pâte humaine demeure un lieu de sens si fort. Non pas comme objet d’idéalisation, mais comme réalité incarnée.
Le corps humain, dans cette lecture, n’est pas à aimer parce qu’il est intact ou performant, mais parce qu’il est habité, vulnérable, traversé par la vie. Même — et surtout — lorsqu’il est blessé, marqué, ou défait.
Cette posture ne nie pas les mouvements premiers de rejet, de peur ou d’aversion.
Elle ne prétend pas être pure.
Mais elle affirme qu’un autre mouvement est possible : celui de la présence, lorsque l’on accepte de se tenir intérieurement, de faire face, et de se laisser affecter sans vouloir réparer, corriger ou sauver.
À cet endroit précis, quelque chose peut advenir :
non pas une morale,
non pas une explication,
mais une joie grave, discrète, presque silencieuse.
Une joie de la rencontre humaine, telle qu’elle est, sans écran.
Cette manière d’habiter le monde se reconnaît souvent dans des formes simples :
la nudité d’un arbre en hiver, dont les branches racontent une histoire sans mots ;
la finesse d’une graminée, fragile, petite, presque invisible, et pourtant parfaitement accordée à son environnement.
Toujours sur fond de ciel.
Toujours sur fond de silence.
Rien de spectaculaire.
Ces formes ne disent rien.
Elles ne promettent rien.
Elles se tiennent.
Et peut-être est-ce là une vocation profondément humaine : apprendre à tenir dans la fragilité, dans la blessure, dans le tragique, sans perdre pour autant la capacité de joie.
Non pas une joie qui vient après,
mais une joie qui se tient au cœur même de ce qui fait mal.

Kabbalah Vitrail
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samedi 20 septembre 2025

A l'écoute !

De même pour écouter. Dans une conversation qui ne vous implique pas trop, vous pouvez tenter cet effacement : non pas « j'écoute Simone » – moi je suis là et j'écoute attentivement Simone – mais « Simone est écoutée ». Il y a une écoute, il y a une possibilité de répondre, il y a une mémoire de ce qui aura été dit, mais ahamkar, « ce qui fait le moi », momentanément n'est plus présent. Vous verrez aussi combien c'est inhabituel. Et si vous pouvez vivre cette expérience, ce changement d'attitude intérieure, relativement facile à effectuer ne fût-ce que pendant quelques instants, cela vous en dira déjà plus sur l'effacement de l'ego que bien des paroles de sages.

Arnaud Desjardins - La voie et ses pièges


Ce n'est pas ce que vous écoutez qui vous rend tranquille: c'est d'écouter. La joie c'est d'écouter. 

Ce qu'il y a de plus beau à écouter, c'est vous, votre peur, votre avidité, votre tristesse. Là se trouve la beauté. C'est mille fois plus profond que d'écouter quiconque.

Eric Baret

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dimanche 22 juin 2025

Plein Feu

 

☯️ Sais tu que nous sommes déjà en été selon la mtc ?

Eh oui, en médecine chinoise, nous considérons le mouvement énergétique avant le mouvement météorologique.
🌞 L'été, c'est la flamboyance qui nous traverse… depuis le 5 mai - son debut officiel 🔥
En médecine chinoise, l’été est la saison du Feu.
Sa couleur est le rouge
Sa direction le sud
Son goût amer
Son organe associé le cœur et le maître cœur
Son entrailles l'intention grêle et le Triple Réchauffeur.
Il débute le 5 mai et se termine le 22 juillet (car l'automne énergétique débute le 8 août après l'intersaison de terre)
L'été, c’est la période la plus Yang de l’année : expansive, chaude, lumineuse, vibrante.
Tout pousse, tout s’ouvre, tout s’exprime. Et nous aussi, on se laisse traverser par cette pulsation. Avec plus ou moins d’aisance…
Le Feu, c’est le cœur et son royaume celui de la joie, du sang qui circule, des émotions en paix, de la parole claire et de l’esprit tranquille.
❤️ Le cœur, c’est l’Empereur. Il gouverne le sang, la conscience, l’intelligence émotionnelle. Il abrite le Shen, notre esprit.
Quand le cœur est serein, ça se voit : regard lumineux, teint vivant, parole juste.
Et quand il est perturbé ? Insomnie, palpitations, agitation mentale, voire confusion ou absence de joie...
L’intestin grêle, lui, fait le tri. Ce qui est bon pour nous, et ce qui doit être éliminé. Il trie les nutriments comme il trie l’information. Il participe au discernement. Oui, même ton ventre a son mot à dire sur ce qui est “juste pour toi”.
L'élément feu en médecine chinoise, c'est le seule à avoir 2 organes et 2 entrailles associés dont nous, en occident, ne connaissons ni l'existence ni la fonction énergétique:
💞 Le Maître cœur, ou Péricarde, protège l’Empereur. Il filtre, il tamponne, il encaisse les chocs émotionnels pour éviter que le cœur ne s’effondre sous le poids du monde.
🔥💦 Le Triple réchauffeur, lui, circule. Il relie, il distribue, il harmonise les trois étages du corps. C’est un chef d’orchestre de l’énergie, de la chaleur, des liquides. Même sans structure anatomique, il fait son job en silence. (Et encore, on pourrait le relier à l'interstitium, organe découvert en 2017!)
Et au milieu de tout ça ? Ton été intérieur.
Alors je te poserai cette question :
Comment est ton feu en ce moment ?
Trop fort, il consume.
Trop faible, il n’anime plus.
Juste bien ? Il éclaire, il chauffe, il réjouit.

------------ Nina Voit

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lundi 20 janvier 2025

Que faire de nos émotions (2)

 Comment se déclenchent nos émotions ?


Les émotions nous tombent dessus, elles nous « saisissent », mais leurs mécanismes neurophysiologiques sont aujourd’hui assez bien connus. De récentes études en neurobiologie ont démontré que les émotions sont un mélange de plusieurs facteurs biochimiques, socioculturels et neurologiques.


En stimulant avec des électrodes certaines zones cérébrales, on a notamment localisé quatre grands circuits neuro-anatomiques qui commandent la plupart de nos réactions émotionnelles et de nos comportements. Des chercheurs finlandais ont ainsi pu tracer par thermographie la première carte corporelle de nos émotions. C’est assez édifiant. On voit le corps « s’allumer » en zones chaudes et froides en fonction de la suractivité ou de la sous-activité provoquée par chaque émotion. La colère et la peur se distinguent par une augmentation de l’activité au niveau de la poitrine, « caractérisant vraisemblablement une accélération des rythmes respiratoires ou cardiaques », avec le ventre en plus pour la peur. La honte présente les mêmes réactions corporelles que la peur, mais à un degré moindre, ainsi qu’une suractivité au niveau des joues (rougir de honte). Le dégoût ressemble aussi à la peur, mais avec une diminution de l’activité au niveau de la poitrine et une augmentation au niveau de la bouche. On se souviendra que le dégoût est à l’origine une réaction physiologique destinée à nous dissuader de manger des aliments avariés, quelle que soit notre faim. La tristesse en revanche est associée à une diminution de l’activité du torse et des membres supérieurs, d’où l’expression « baisser les bras » fréquemment employée lorsque l’on se sent accablé. Assez étonnamment, seule la joie, le bonheur diraient d’autres, stimule l’activité de l’ensemble du corps, encore plus que l’amour qui, sans que l’on sache pourquoi, « coupe les jambes ». L’impression de jambes flageolantes souvent ressentie en cas de choc amoureux pourrait donc s’expliquer ainsi.

Pourquoi réprime-t-on nos émotions ?

Au début d’une émotion, il y a toujours une surprise, un choc physiologique, qui provoque des modifications brutales : accélération du pouls, palpitations cardiaques, pâleur, rougissement, tremblement... Alors, forcément, par peur d’être débordé, on a tendance à les réprimer, notamment les émotions négatives.

On pleure devant les images de la Shoah, on crie de colère devant son poste de télé quand la France encaisse un but non mérité, on regarde des films d’horreur pour se faire peur, mais paradoxalement, on s’interdit souvent de vivre ces mêmes émotions dans notre vie quotidienne, la règle étant : «Je ne veux pas éprouver de sensation pénible. » C’est bien plus facile par procuration. Elles font moins mal, nous troublent, mais sans nous ébranler comme le feraient nos propres émotions. Car une vraie émotion, ça secoue toujours un peu physiquement et moralement.

On réprime aussi nos émotions en songeant aux conséquences qu’elles pourraient avoir sur les autres ou sur notre relation avec eux. Et cela pour une multitude de raisons :

Pour nous conformer aux normes sociales. Par exemple, nous avons appris à ne pas rire pendant un enterrement, fût-il d’une tante particulièrement détestable, à modérer notre joie en cas de succès, à sourire vaillamment quand on a perdu, etc. Tout cela afin de ne pas encourir la désapprobation, les foudres de la bien-pensance.

Pour coller aux attentes. Ainsi, les femmes peuvent exprimer la tristesse, la peur et d’autres signes de vulnérabilité ; les hommes, la colère, l’animosité et d’autres signes d’hostilité. Le contraire fait désordre et est très mal perçu (les femmes sont alors considérées comme hystériques, des harpies, les hommes comme faibles, des lâches).

Pour protéger les sentiments des autres. Ainsi, on cache sa déception en recevant un cadeau qui ne nous plaît pas pour ne pas faire de peine à la personne qui nous l’a offert, ou on dit que tout va très bien quand ça va très mal pour ne pas inquiéter quelqu’un qu’on aime.

Pour se protéger soi, éviter d’être jugé négativement. Par exemple, on ne montre pas sa jalousie par crainte de reproches, voire de représailles, ou on ne manifeste pas qu’on est très envieux des autres parce que cela donnerait une mauvaise image de soi.

Tout cela ne va pas sans un certain nombre de dégâts pour soi. Quand on bloque nos émotions, elles retentissent à l’intérieur. Cela affecte nos sentiments de bien-être, mais aussi notre santé.


De nombreuses observations cliniques ont montré que notre niveau de défenses immunitaires dépendait pour beaucoup de nos émotions*.

Même si on connaît encore assez mal le mécanisme de ces influences, on sait que les émotions négatives (la peur, la colère, la tristesse), quand elles ne sont pas exprimées, occasionnent de nombreux bobos : allergies, asthme, colites, maladies infectieuses. Elles constituent aussi un important facteur de risque dans différentes maladies encore plus antipathiques : affections cardiovasculaires, cancers, etc.

Les effets négatifs de nos émotions sur notre santé sont d’autant plus importants qu’en bloquant nos émotions « moins », on bloque automatiquement nos émotions « plus ». On s’interdit de pleurer, d’exprimer sa colère, et finalement, on ne rit plus, on a de moins en moins de joies, de plaisirs. Cela affaiblit d’autant nos défenses immunitaires, et diminue notre espérance de vie.

Sans émotions, on prend aussi de mauvaises décisions. Des patients à qui manque le bout de cerveau des émotions restent tout à fait capables de raisonner, mais en l’absence de résonance affective, ils n’arrivent plus à se décider, ou décident mal, parce qu’ils ne font plus la différence entre bon et mauvais.

Bref, tout un engrenage toxique dont on ne peut sortir qu’en apprenant à réguler ses émotions de manière à la fois plus confortable pour soi et socialement acceptable, au lieu de les étouffer.

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Aller bien dans un monde qui va mal - Gilles Azzopardi
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mercredi 15 janvier 2025

Que faire de nos émotions (1)

 « N'oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu'à celles-là nous y obéissons sans le savoir. » Vincent Van Gogh, lettre à son frère Théo


Notre corps est souvent traversé d’émotions qui ont un impact immédiat sur notre sentiment de bien-être subjectif. On en a tous fait l’expérience, plutôt deux fois qu’une, et parfois à nos dépens.

Positives ou négatives, les émotions que nous ressentons ne sont malheureusement pas toujours désirables.

On verra dans ce chapitre que nous avons souvent toutes les raisons de ravaler notre colère, de cacher nos peurs et de refouler nos larmes ou, au contraire, d’en rajouter dans la bonne humeur. Mais on s’attachera surtout à montrer que nous ne sommes aucunement obligés d’être « pris en otage » par nos émotions, pour utiliser une expression à la mode. Et qu’un bon usage de nos émotions contribue fortement à notre niveau de bonheur.

Commençons par quelques précisions. Le mot émotion vient du latin motio, « mouvoir » : c’est « ce qui met en mouvement ». En cela, les émotions se distinguent des sentiments. Quand je pense que plusieurs millions d’enfants meurent de faim chaque année dans le monde, j’éprouve un sentiment de tristesse. Mais quand j’apprends la mort d’un proche et que je pleure, c’est une émotion. Un sentiment ne vous fera jamais fuir ou vous battre ; une émotion, oui.

L’émotion se distingue aussi de la passion qui vient du latin passio, lui-même venu du grec pathos (qui nous a donné « pathologie »), tous deux signifiant « souffrance ». La passion est donc pour l’essentiel négative. Elle a une dimension de passivité (on ne peut que la subir) que n’a pas l’émotion, qui nous pousse plus souvent à l’action.

À quoi ça sert, les émotions ?

On a tous un jour ou l’autre été submergé par une émotion incontrôlable. Crise de colère ou de larmes, fou rire, trac... Dans tous les cas, nos émotions fonctionnent comme des soupapes : ce sont des « décharges d’urgence » qui nous permettent de nous libérer de nos tensions. Et de nous adapter physiquement et socialement.

Darwin est l’un des tout premiers à s’en être aperçu :« L’expression, ou le langage des émotions ainsi qu’on l’a quelquefois nommée, a certainement son importance pour le bien de l’humanité. »

Dans leurs formes les plus intenses et brèves, du type grande frayeur ou grosse colère, nos émotions se réduisent à des réactions instinctives de défense (fuite ou agression) ou d’approche (repliement sur soi, soumission). Grâce à elles, nous sommes capables d’agir d’instinct, très vite, sans réfléchir, et donc de mieux faire face à des dangers potentiels. Elles permettent aussi de faire l’économie du langage et de communiquer très rapidement en situation d’urgence. Quand une bombe explose ou qu’un ours débarque sur le camping, on n’a pas le temps de discuter. Une expression de peur vaut mieux qu’un long discours, tout le monde comprend immédiatement qu’il faut ficher le camp.

De nombreux travaux ont confirmé l’universalité des expressions émotionnelles. Partout dans le monde, les émotions de base — peur, colère, tristesse, dégoût, joie, surprise — activent les mêmes muscles du visage, et tout le monde est capable de les reconnaître. Un Papou sait « lire » les émotions d’un Américain, qui sait « lire » les émotions d’un Japonais, qui comprend quand vous ouvrez grand les yeux si votre surprise est bonne ou mauvaise.

Notons d’ailleurs que des émotions comme la colère et la peur et les réactions qui leur sont associées, le combat ou la fuite, ne sont pas spécifiquement humaines. On les retrouve chez presque tous les animaux.

On peut d’ailleurs se demander s’il y a vraiment six émotions de base. La surprise ne serait-elle pas un sous-genre de la peur ; le dégoût, de la colère ? Certains n’en imaginent que quatre : la peur, la colère, la tristesse et la joie, qui seraient liées aux quatre temps de la respiration, on en verra plus bas l’intérêt. Mais d’autres, en allant plus loin dans la nuance, en voient beaucoup plus. James Russel, un psychologue américain, a proposé par exemple une classification des émotions en fonction de leur caractère agréable ou non, et de leur dynamique plutôt active ou non.

Aller bien dans un monde qui va mal - Gilles Azzopardi
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A suivre...

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jeudi 24 octobre 2024

Derrière le Je...

 


« Si je voulais partager un message avec le monde entier...

Je dirais ne vous inquiétez de rien.

Vous vous en souvenez, vous n'êtes pas ici par accident. Même sous cette forme. C'est juste un costume que vous devez porter pendant un certain temps. Mais celui qui est derrière ce costume, celui-là est éternel.

Si vous le savez et avez confiance en cela, vous ne réagirez pas et n'agirez pas si prématurément.

Vous resterez simplement silencieux et permettrez à votre esprit de revenir gentiment dans votre cœur. Ensuite, vous commencerez à voir à partir de votre état naturel.

Votre cœur est si plein d'amour et de paix.

Vous n'avez pas besoin d'aller en Inde pour trouver la paix, vous n'avez pas besoin d'aller dans l'Himalaya ou dans les Caraïbes pour trouver la paix et le bonheur parce que c'est juste là où vous êtes.

Je veux partager quelque chose avec vous :

Quand vous dites " Je "... Le vrai sens de " Je " c'est la Joie, c'est le Bonheur, c'est la Vie et le Témoin de la Vie.

Toutes les autres choses passent à côté. Comme des nuages ​​dans le ciel. Vous ne voulez pas vous accrocher à aucun nuage, sinon combien de temps cela va-t-il durer? Laissez-les passer. Laissez-les passer.

Quoi qu'il arrive dans la vie, tout va bien.

Soyez simplement Heureux, Heureux, Heureux ! »

~ Mooji

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mercredi 10 juillet 2024

Mystère de la source ordinaire



Faire des choses ordinaires
nos plus belles célébrations.
Vivre comme
un éloge à la simplicité.
Ouvrir grand le cœur.
Se laisser nourrir
et devenir nourriture...

Federico Dainin Sensei

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D'où que nous pensons venir et où que nous pensons pouvoir aller...
Nous ne venons que de nous mêmes pour nous en aller sans cesse vers nous mêmes.
En ce "nous même" est contenu tout l'univers.
Large, merveilleux, insaisissable.
Un mystère.
Le découvrir c'est plonger dans une joie infinie, douce, forte.
A en couper le souffle.
C’est soudain se sentir comme un galet qui tombe lentement dans les eaux de l’océan.
Happé par les profondeurs.
Nous sommes faits d’os et de brume,
nous somme l’eau qui revient à l’eau, de goutte en pluie, de ruisseau en océan,
nous sommes la lumière qui éclaire le jour et illumine la nuit.
Nous sommes ténèbres qui se laissent éclairer et qui protègent ce qui doit se confondre à la nuit.
Tout cela est source de joie si nous le voulons.
Cette joie, transfigure.
Federico Isshaq Dainin Sensei

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mardi 26 mars 2024

"Joy is in action, not in planification."

 


"Joy is in action, not in planification."

J'entends encore Swamiji prononcer ce mot "Do !", "Agissez !".
"La joie est dans l'action, pas dans la planification. "
Parmi mes souvenirs les plus intenses de Swamiji, il y a cette incitation à l'action, pas dans le domaine spirituel à proprement parler mais dans le domaine de nos existences concrètes : entreprenez, accomplissez, réalisez, réussissez - ce que vous voulez.
C'est dans le monde où nous vivons, qui n'est pas un monde de moines zen ni de moines trappistes, que nous avons à agir consciemment, délibérément, lucidement.

source : La Voie et ses pièges, chap. "L'action libératrice".
tiré de "Les formules de Swami Prajnanpad"

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vendredi 8 mars 2024

Relation du cœur


 « Après 22 ans passés dans les bidonvilles du Caire où la joie de vivre court de cabane en cabane, je rentre en France.

Et là, choc terrible : la morosité court de demeure en demeure, on ne se regarde pas, on ne se parle pas, on ne se connaît pas.

Pendant ce temps, la joie chante là où l’on vit sans eau, sans électricité, sans loisirs, mais dans la fraternité quotidienne.

Bonheur, où loges tu ?

Dans l’abondance des biens ou dans la relation du cœur à cœur ? »

Sœur Emmanuelle

Ode à la Fraternité

Au Coeur du Cœur 💗

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jeudi 23 novembre 2023

Y a de la joie

 Selon les événements qui surviennent nous éprouvons différents sentiments : de la joie, de la tristesse de la colère, du désir...

Or, à mon avis, nous avons bien peu de choix sur les événements qui se produisent. Avons nous le choix de ce que nous allons éprouver lorsqu'un événement se produit ? Le même événement va-t-il toujours entrainer chez nous la même réaction, le même sentiment ? Avons-nous le choix de nos sentiments ?

Je n'ai évidemment pas de réponse réductrice à apporter à cette question. Mais je peux vous parler de la joie que l'on peut éprouver face au bonheur d'autrui.


Notre fonctionnement humain ordinaire est d'éprouver de la joie pour notre propre bonheur, même s'il survient parfois au détriment d'autrui. Mais cette joie pour soi-même, sans se préoccuper du bien-être des autres, reste un peu fermée et source de tension, ma joie est à défendre.

Tandis que si vous éprouvez de la joie pour le bonheur de l'autre, vous êtes ouvert et vous n'avez rien à défendre et cela vous permet d'être exempt de toute tension. Il y a juste une détente joyeuse, "Y a de la joie..."

Ce qui empêche cette joie spontanée de survenir devant le bonheur des autres est due à notre confusion, à notre ignorance, à la croyance  que nous sommes  un moi "substantiel", ayant une existence propre, séparée du monde. Ce moi construit est toujours à défendre et nous ne pouvons pas y arriver car il n'a pas d'existence propre, on tourne en rond.

S'il n'y a plus de moi à défendre, si nous remettons en question cette croyance, nous trouvons ici, juste où nous sommes, une présence joyeuse. Tout ce qui survient, tous les événements deviennent alors une opportunité, une opportunité pour faire fleurir la joie et pouvoir en offrir des bouquets autant à ceux qu'on aime, qu'à ceux qu'on pensait moins aimer.

Avec ma profonde amitié pour vous tous, je vous souhaite une journée débordante de joie.

Philippe Fabri

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dimanche 15 octobre 2023

Sourire aux ténèbres


 « Au milieu des ténèbres, je souris à la vie…

Alors, je cherche une raison à cette joie…

Je crois que la vie elle-même est l'unique secret. 

Et la vie chante aussi dans le sable qui crisse 

sous les pas lents et lourds de la sentinelle…

...

Une seule chose me fait souffrir : devoir profiter seule de tant de beauté. 

Je voudrais crier par-dessus le mur : 

je vous en prie, faites attention à ce jour somptueux !

N’oubliez pas, même si vous êtes occupés, 

même si vous traversez la cour à la hâte, absorbés par vos tâches urgentes, 

n’oubliez pas de lever la tête un instant 

et de jeter un œil à ces immenses nuages argentés 

et au paisible océan bleu dans lequel ils nagent. 

Faites attention à cet air plein de la respiration passionnée des dernières fleurs de tilleul, 

à l’éclat et la splendeur de cette journée, 

parce que ce jour ne reviendra jamais, jamais ! 

Il vous est donné comme une rose ouverte à vos pieds, 

qui attend que vous la preniez, et la pressiez contre vos lèvres 

...

Ma chère Sonitschka, il y a tant d'insouciance dans ces nuages qui passent, comme un sourire indifférent, que je n'ai pu m'empêcher de sourire moi aussi, car je suis toujours en accord avec le rythme de vie qui m'entoure. 

Devant un tel ciel, comment pourrait-on être méchant ou mesquin? 

N'oubliez jamais de regarder autour de vous, 

vous y trouverez toujours une raison d'être indulgente. »


Rosa Luxembourg 1871-1919 / Lettres de prison - extraits

photographie: Clarence H. White 1871-1925

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mardi 29 août 2023

Chemin vers la bonne humeur

 


Faites ce que vous sentez, dit Swamiji. Prendre le temps de sentir ce que l'on sent et regarder ce ressenti avec bienveillance, quel qu'il soit, est le début de la sagesse.

Swamiji parle beaucoup de joie : "Toute action qui ne procure pas de joie ou un sentiment de bien-être est dangereuse." Si on devait appliquer ce critère avec rigueur, on ne ferait pas grand-chose de ses journées, ici en Occident. Et pourtant, si je dois faire quelque chose, pourquoi le ferais-je sans plaisir ? Oui, pourquoi? Si je n'arrive pas à tenir la joie dans ma main, je dois au moins aller vers la bonne humeur.

Pour aller vers la bonne humeur, il est indispensable de chasser sans pitié la moindre contrariété. La contrariété appelle le sentiment de séparation. Je refuse ce qui arrive, je m'en sépare et je me sépare du courant de la vie. Qu'est-ce que je vais gagner ? Un état de Robinson sur une ile déserte, un état de confusion qui me fait croire que moins je vois ce qui se passe plus je m'en protège. C'est juste l'inverse qui est vrai. Si je vois clairement, je peux faire un tri dans ce qui arrive, garder ce qui me plaît et me nourrir et jeter le reste.

Chaque matin, la priorité consiste à retrouver sa bonne humeur si on l'a perdue, à la renforcer si elle se montre capricieuse ou hésitante. Ce faisant, on est obligé de se poser des questions, on est obligé de voir et d'accepter un peu plus les choses comme elles sont, ce qui permet d'entrouvrir la porte au bonheur, et à la joie qui l'accompagne.

Extrait de "L'impermanence heureuse" de Colette Roumanoff - comment j'ai transformé ma vie avec la philosophie de Prajnanpad.

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mercredi 2 août 2023

Corps en joie


Nous avons facilement tendance à être blasé et à penser qu'il est normal d'avoir un corps humain.Nous oublions ce grand mystère, ce miracle de pouvoir percevoir le monde grâce au corps que nous avons.
Nous percevons le monde au travers de nos 5 sens et ce, sans faire le moindre effort. Cela nous est donné de percevoir. Nous pouvons y prêter attention ou pas, mais les perceptions ont lieu.
Notre corps est doté d'un cerveau qui nous permet de penser, de réfléchir, de mémoriser.
Et tout cela fonctionne même si nous sommes malades, déprimés, tristes, joyeux ou en colère.
N'oublions nous pas de nous en émerveiller. 
Cet émerveillement nous amène à la joie d'être, une joie simple, sans objet.
Dans cette joie nous pouvons dissoudre nos douleurs, nos dépressions ou nos colères.


Philippe Fabri
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mardi 7 février 2023

Sur fond de joie...

 


Votre « esprit » serait-il « rempli de joie » simplement parce que les circonstances deviennent favorables ? S’agit-il de la représentation de la joie ? Éprouver de la joie quand les circonstances sont favorables, et de la peine quand elles sont défavorables ? Si c’est ainsi, quel service aurez-vous rendu à la parfaite connaissance ? Les circonstances changent continuellement. Tout change. 

Une situation doit être acceptée comme elle vient. C’est cette acceptation qui invariablement procure la joie : l’acceptation des situations favorables et défavorables. « Oui, c’est ainsi maintenant ; c’est ce qui est arrivé. » Ensuite, faites ce qui est en votre pouvoir et en accord avec les circonstances -le cœur rempli de joie-, ferme dans l’action et stable dans l’esprit ! Quand une situation est apparue, elle est apparue. Et ensuite ? Acceptez, acceptez, acceptez ! Puis agissez, c’est tout. Quoi d’autre ? Voici la clé vers la joie. C’est le cadeau de la parfaite connaissance !

Swâmi Prajnânpad

Lettre à un disciple

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