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lundi 15 août 2022

Joie !


« Conquérir sa joie vaut mieux que de s’abandonner à la tristesse. » notait Gide le 12 mai 1927 dans son Journal. 

Qu’est-ce que la joie ? Une façon pleine, satisfaite, reconnaissante d’habiter l’existence. 

Le joyeux ne manque de rien. Pourtant il n’a pas tout – qui possède tout? En revanche, il se contente de ce qu’il a. Mieux : il s’en délecte. 

Le joyeux n’éprouve pas de frustration. Alors qu’au déçu, au déprimé, au mélancolique, au fatigué, tout fait défaut. 

Si la tristesse est conscience d’une absence, la joie est conscience d’une présence. Quand la tristesse vise ce qui n’existe pas ou plus – chagrin d’avoir perdu quelqu’un, dégoût de se savoir faible, mortel, impuissant, limité -, la joie découle d’une plénitude. Elle crie notre plaisir d’être vivants, là, éblouis par ce qui nous entoure. 

Se réjouir et jouir, telle s’avère la joie. Elle ne demande rien, elle ne déplore rien, elle ne se plaint de rien. Elle célèbre. Elle remercie. La joie est gratitude.

Quelle légèreté nous apporte la joie en nous délestant de ce qui nous alourdit, ambitions, regrets, remords, obsessions, amertumes, illusions, prétentions ! 

Notre époque n’aime pas la joie. Elle aime l’étourdissement et le divertissement, ces pratiques qui nous arrachent à l’ennui ou l’affliction sans approcher la joie. Dans le joyeux, elle ne voit qu’un abruti, jamais un sage. 

Or, il y a une sagesse de la joie. Heureux de vivre, non seulement je consens mais j’aime: je consens à ce qui existe et j’aime ce qui tombe sous mes sens. J’épouse et j’adore l’univers."

(Quand je pense que Beethoven est mort - Eric-Emmanuel Schmitt)

mardi 14 décembre 2021

La vie est Respiration

 





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Je m'arrête un instant pour souffler.


Là où je suis, comme je suis, je prête attention à façon dont je respire. J'observe, je sens, je me rends compte, sans rien forcer, sans rien modifier. Je prends tout simplement conscience de ma façon habituelle de respirer.

Est-ce que je prends l’air par le nez, par la bouche ? Le mieux ici est d'inspirer par le nez et d’expirer doucement par la bouche.

Aussi, maintenant j’inspire doucement par le nez, expire doucement par la bouche en vidant mes poumons un peu plus à fond.

Je vide bien l'air par la bouche avant d'en inspirer de nouveau par le nez. Doucement, calmement…

Bouche, nez ; nez, bouche... Je souffle, je souffle, mais je ne m'essouffle pas.

(extrait de "ces petits riens qui changent la vie" de Anne-Marie Filliozat et docteur Gérard Guasch)

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