"Avant tout, cette méditation semble avoir deux visages, comme Janus. Elle regarde simultanément vers Celui qui voit, à l'intérieur, et vers ce qui est vu, à l'extérieur.
Cependant, et tout en sachant que Rien ne les sépare, elle accorde la priorité à ce qui est intérieur, car c'est là que tout ce qui est extérieur prend son sens. "
Bien que remarquablement naturelle dès le début, cette méditation le devient de plus en plus, jusqu’à l’être finalement totalement. Au début, vous avez sans doute besoin de petits trucs pour vous permettre de revenir à ce que vous percevez – par exemple compter vos yeux (quels yeux ?), et observer que vous êtes espace d’accueil pour le visage d’un ami. Mais avec le temps (et cela ne prend pas forcément des années) ces trucs ne sont plus nécessaires : l’état de Première Personne devient une seconde nature (ou la première Nature retrouvée) et vous cessez d’être préoccupé sans cesse avec votre absence de visage.
C’est beaucoup plus simple que cela – comme se reposer Chez Soi, dans l’air superbement clair de notre Demeure, sans même y penser. Tout comme personne ne s’arrête dans l’entrée pour étudier la porte qu’il vient de franchir, mais s’avance dans la maison pour en savourer le confort, vous savourez l’Immensité intérieure et ces petites portes d’entrée vous apparaissent comme les inventions dérisoires et provisoires – en fait les astuces – qu’elles sont.
(Beaucoup d’astuces religieuses traditionnelles sont si compliquées ou mystérieuses ou belles ou impressionnantes qu’elles détournent l’attention de leur but initial et les moyens en arrivent à remplacer la fin. J’espère que la trivialité évidente de nos astuces les empêchera de se transformer au cours des siècles en objets sacrés auxquels on attache une valeur pour eux-mêmes.)
Il faut que vous alliez jusqu’au bout de tout ce qui est contenu dans cette petite phrase de Swâmiji : « Personne ne vit dans le monde, chacun vit dans son monde. » Comprenez l’utilisation de l’adjectif possessif lorsqu’il s’agit de réalités sur lesquelles vous n’avez aucune prétention à la possession. En fait, l’ego n’est jamais neutre, jamais détaché mais toujours impliqué. Il y a toujours un élément de possession, parce que c’est toujours – plus ou moins subtilement – par rapport à vous que vous expérimentez tout. Tout ce que vous approchez de nouveau, tout ce que vous découvrez, vous le découvrez à travers votre ego. Pour la pratique vous pouvez considérer l’ego et le mental comme synonymes.
L’ego vous suit partout. Il est toujours là avec son espérance : Est-ce que je vais gagner quelque chose ? Un bonheur, une joie, une satisfaction qu’il convoite consciemment ou inconsciemment. Et, en même temps, il est toujours, consciemment ou inconsciemment, dans l’appréhension. Il se demande si ce qui l’attend c’est la réussite ou l’échec. Est-ce que j’aurai aujourd’hui de bonnes nouvelles ou de mauvaises nouvelles ? Il n’y a pas de liberté. Il n’y a pas de détente absolue. Il y a vulnérabilité à l’émotion. L’ego ne peut jamais être neutre, il est tout le temps impliqué. Il aime ou il n’aime pas. Et, dans les profondeurs de l’inconscient, il est touché d’une façon ressentie comme agréable ou comme désagréable. Si vous dites : « J’aime le château de Versailles » ou si vous dites : « Je n’aime pas le château de Versailles », dans les deux cas vous témoignez que vous n’avez pas vu le château de Versailles, que vous avez vu votre château de Versailles, sinon ni vous n’aimeriez, ni vous n’aimeriez
pas. Vous diriez simplement : « Le château de Versailles est » – et c’est fini. Mais vous pouvez préciser ses dimensions, le nombre des fenêtres, les caractéristiques du style. Pure statement of facts, simplement l’énoncé de faits.
Si vous allez un peu plus loin dans cette direction, ce qui vous paraissait si simple va vous paraître moins simple et peut-être même inacceptable. « Comment ? Vous me refusez le droit d’aimer le château de Versailles, ou de ne pas aimer Versailles mais préférer Amboise ou Chantilly ? » Je ne vous refuse rien du tout. Je vous montre seulement qu’on vit dans son monde, dans l’ego et dans le mental et qu’il est possible d’échapper à ce monde, à l’ego et au mental. Mais cette libération est exceptionnelle, bien peu d’êtres humains y atteignent, et elle est radicalement différente de toute l’expérience ordinaire. On ne peut pas à la fois changer et rester le même, on ne peut pas à la fois devenir papillon et demeurer chenille, on ne peut pas à la fois conserver toutes les caractéristiques de l’ego et du mental et atteindre les états « supranormaux » ou « supramentaux », quel que soit le nom que vous vouliez leur donner.
Le vedanta et l’inconscient -À la recherche du soi III
Comme il est difficile pour un méditant débutant de rester en pleine présence, il est utile de focaliser mon attention sur mon souffle pour apprendre à la fixer, à ne pas fuir dans les pensées. Puis, progressivement, je pourrai passer de l’attention focalisée à la présence ouverte, quitte à revenir de temps en temps à ma respiration si mes pensées vagabondent.
Lorsque je commence à méditer, je peux avoir le sentiment d’être assailli par un flot ininterrompu de pensées. Cet état est celui dans lequel nous sommes habituellement sans en avoir conscience, mais comme la méditation nous rend attentifs à ce qui se passe dans notre esprit, nous devenons alors conscients du flux incessant de nos pensées. Il est vain de vouloir les arrêter. Méditer consiste à les observer et à les laisser passer sans s’y attacher, sans les analyser, sans les suivre. Un peu comme lorsque je regarde défiler un paysage dans un train : je vois une vache ou un clocher, mais je ne vais pas m'interroger sur cette vache et ce clocher : les images se succèdent et je ne fais que les observer sans m’y attarder.
J’aime d’ailleurs particulièrement méditer en fixant mon attention sur quelque chose qui bouge : la flamme d’une chandelle, la mer, les nuages, le paysage qui défile à travers la fenêtre d’un train, le va-et-vient de ma respiration, une fleur agitée par le vent. Cet objet en mouvement m’aide à laisser passer les pensées et à maintenir mon attention mieux que n’importe quel objet immobile, et l’attention focalisée devient très vite présence ouverte, ouverture totale à ce qui est, sans fixation de l’esprit sur une sensation ou une idée particulière.
...
On peut aussi imaginer un événement futur et porter toute son attention dessus. Par exemple, nous visualiser en pleine santé si nous sommes malades, réussir un examen, retrouver l’harmonie dans une relation abîmée, etc. Cette méditation sur un événement futur peut présenter un effet apaisant dans le présent et aussi avoir un impact positif sur notre vie, lorsqu’on sait à quel point nos pensées sont puissantes.
Deux parachutistes de haut niveau ont récemment réussi une première mondiale : entrer dans un avion en vol alors que leur parachute était encore fermé. Ils m’ont dit avoir longtemps échoué jusqu’à ce qu’ils fassent chaque jour, assis les yeux fermés, des exercices de visualisation dans lesquels ils se voyaient réussir à pénétrer dans l’avion par la petite porte latérale. Et ça a parfaitement marché ! On imagine difficilement la puissance des pensées et la force de l’esprit sur le corps.
J’ai aussi été très frappé de ce qui est arrivé à mon père lorsque, âgé de quatre-vingt-quatre ans, il a été hospitalisé d’urgence pour un problème cardiaque. Le diagnostic est tombé : l’aorte fissurée allait rompre d’un moment à l’autre. Vu son âge et ses problèmes cardiaques récurrents, aucune intervention chirurgicale n’était possible. Les médecins lui ont donné tout au plus un ou deux jours d’espérance de vie avant d’être terrassé par une hémorragie interne foudroyante. Mon père, serein, était entouré de ses enfants, dont ma sœur aînée, Bénédicte, qui est hypnothérapeute. Connaissant la puissante capacité de concentration de notre père, elle lui a appris à visualiser son aorte en train de cicatriser. N’ayant plus rien à perdre, il a passé des heures à le faire. Toujours en vie une semaine plus tard, il a fait l’étonnement des médecins qui ont refait des examens de l’aorte : ils ont constaté alors avec stupéfaction qu’elle était en cours de cicatrisation ! Mon père a continué pendant quelques semaines ses visualisations quotidiennes et a vécu presque sept années de plus, sans doute parmi les plus heureuses de son existence. (Précisons toutefois que si l’hypnose ou la méditation peuvent favoriser une guérison, il ne suffit évidemment pas de méditer sur ses métastases pour guérir d’un cancer.)
Lorsque je suis confronté à une situation stressante, il m’arrive de méditer en visualisant soit un lieu où je me sens parfaitement en paix, soit d’imaginer une résolution positive de la situation. Très rapidement, en étant attentif à mon souffle pendant ces exercices de visualisation, je sens une paix intérieure revenir.
Extrait de "Méditer à coeur ouvert" de Frédéric Lenoir
J'ai reçu ce matin la pensée de la semaine de Mathieu Ricard. Je voulais la partager avec vous car elle me semble particulièrement d'actualité :
La "vision pure" pourrait donc être comparée à une "bonté originelle"; en elle repose l'idée que la nature ultime de notre esprit n'est pas modifiée par les poisons mentaux qui peuvent l'envahir pour un temps et qu'il est possible de neutraliser. Le contraire de la vision pure est donc la croyance que le monde et les humains sont fondamentalement mauvais. Cette tendance mène à condamner en bloc l'ensemble d'une communauté humaine du fait que certains individus se comportent de manière abjecte. [...] En essence, la réponse aux atrocités trop souvent commises par le genre humain passe par la transformation et la bienveillance, non par la haine et la vengeance.
Matthieu Ricard
C'est par cette attitude que nous arriverons à nous détendre et nous souhaitons tous être détendus.
La haine, la colère, le jugement qui condamne, la malveillance n'amènent jamais à une vraie détente.
Il est bon de réaliser que fondamentalement, nous avons tous en nous cette "bonté originelle" qui malheureusement est parfois recouverte de voiles très épais. Ces voiles sont les émotions qui nous perturbent, qui nous agitent, qui nous mettent en tension. Elles s'appellent essentiellement colère, haine, peur et avidité.
Un beau cadeau d'anniversaire que ce livre reçu ! Une nouvelle année qui offrira un profond voyage (hexagramme 56) intérieur.
Merci à José Le Roy avec qui j'ai déjà pu partager de belles expériences d'ouverture...
"On pourrait dire que notre désir d'absolu est une profonde nostalgie de 'retour à la maison' qui subsiste en nous à l'état latent, sans que nous n'en comprenions bien le sens."
Jean Klein
"L'espace ainsi dévoilé nous montre que notre maison est infiniment accueillante. Cette maison n'a aucune préférence ; elle propose un accueil inconditionnel pour tout ce qui surgit dans l'instant."
Désolé si cette pépite – sous-titrée « Reflecting a lifetime » – vous semble un peu rude pour commencer une année … qui s’annonce difficile :
« Il raconte l’histoire d’un homme qui passe de l’enfance au statut de vieillard, le temps d’un brin de toilette. … Si ce récit paraît être une fiction, il est pourtant bel et bien réalité puisqu’il est tout simplement l’histoire de chacun d’entre nous. »
Comme nous sommes tellement « ignorants de ce dont nous sommes le plus assuré, notre essence transparente comme le cristal », nous avons besoin de « réveils » sans cesse plus puissants. D’autant plus que, généralement, « nous n’aimons point les réveils … ».
Il existe deux manières radicalement différentes de regarder « Le miroir » & de se regarder dans un miroir :
l’habituelle : l’objet reflète ce que nous sommes, constate les inexorables effets du temps sur nos corps … Entretien machinal d’une commune léthargie, si bien résumée par Christian Bobin dans Le Très-Bas : « Le monde veut le sommeil. Le monde n’est que sommeil. Le monde veut la répétition ensommeillée du monde. … L’enfant va à l’adulte et l’adulte va à sa mort. Voilà la thèse du monde. Voilà sa pensée misérable du vivant : une lueur qui tremble en son aurore et ne sait plus que décliner. C’est cette thèse qu’il te faut renverser. »
celle de la Vision du Soi, le véritable cadeau :
Voilà ce que Douglas écrit dans « Vivre sans stress » à quelqu’un qui se regarde dans un miroir tenu à bout de bras :
« Votre visage humain, votre visage acquis, votre apparence est là-bas, à un mètre environ. C’est une chose. Mais ici, de ce côté-ci de votre bras, se trouve votre visage non-humain, votre Visage Originel, votre Réalité. Ce n’est pas une chose. […] Il est bénéfique de bien faire la différence entre nos deux visages et de bien mettre chacun à sa vraie place. […] Utilisez maintenant votre miroir pour vous débarrasser du stress – en le regardant pour voir ce que vous n’êtes pas. »
Ne vous contentez surtout pas de lire ce passage, faites réellement l’expérience devant un miroir, vérifiez ce qu’il en est pour vous-même !
Elle coïncide bien entendu avec celles que proposent la plupart des véritables spiritualités, le Zen notamment :
Connaissez-vous le kôan : « Vous êtes l’image au miroir, mais l’image au miroir n’est pas vous » ? Le moi n’est que votre image, celle que vous présentez aux autres et à laquelle par erreur vous vous identifiez. Votre moi est aléatoire, il n’est que provisoire, il naît et il meurt, il meurt parce qu’il est né. Or vous, vous étiez avant et vous serez après. Voilà ce que signifie l’expression « visage originel ». Jacques Brosse « Pratique du zen vivant » (page 85)
Elle s’inscrit dans le droit fil de la logique de la Vie « surabondante », la Grande Vie : « Mais l’amour veut l’éveil. L’amour est l’éveil chaque fois réinventé, chaque fois une première fois. » (Christian Bobin, Le Très-Bas).
Et l’observation & constatation soigneuses de ce qui est vu permettent – simplement, concrètement, joyeusement – d’adopter cette nouvelle & très ancienne façon de Voir :
d’où sort la dent de lait ?
où vont la brosse à dents, le rasoir, la cigarette ?
où disparaissent le gant de toilette, l’eau dont s’asperge l’adolescent, la gorgée effervescente ?
les lunettes ne s’ajustent-elles pas en un « œil unique » ?
les nombreux « R » inversés dans le titre et le générique de début ne sont-ils pas autant d’invitation à retourner le regard vers sa source ?
Une pratique véritablement spirituelle apporte la certitude intérieure, le non-attachement, la richesse intérieure et extérieure, la santé, la compassion et crée le genre de personne que les gens veulent côtoyer.
En cours de route, il y a des luttes, oui, et des ténèbres à réconcilier avec la non-dualité, bien sûr.
Si votre pratique vous apporte l'incertitude, la mauvaise santé, le manque de compassion, la pauvreté et vous a transformé en une personne qui repousse les gens, c'est probablement la mauvaise voie.
Si vous critiquez sans cesse les autres d'un point de vue intellectuel arrogant, ou si vous êtes agacé par toutes sortes d'obsessions mineures, de tics, d'apparences extérieures, etc. Vous êtes loin d'être là où vous devriez être. Peu importe que votre voie provienne du Dao, du Tantra, du Yoga, du Bouddhisme, du Vedanta, du New Age etc.
Il se peut que vous soyez sur un chemin avec une imagination dite "sombre", ce n'est pas grave, car la compréhension sous-jacente est que tout est divin, et que la gnose/jnana créera un respect encore plus grand pour la vie, sa fragilité et son caractère sacré.
Si ce n'est pas le cas, il s'agit probablement d'un chemin faux, "glamour", davantage basé sur les clichés "sataniques" des bandes dessinées que sur la réalité de la nature.
Comme le souligne David Wallis, érudit tantrique et sadhaka :
"Le but de la pratique spirituelle ne peut être d'atteindre l'union avec Dieu.
car vous êtes déjà un avec la réalité divine. Elle n'a pas non plus pour
pour but de vous rendre plus beau ou plus parfait, car il n'existe rien qui ne soit pas Dieu.
n'est pas Dieu, donc vous ne pouvez pas être plus beau ou plus parfait que vous ne l'êtes déjà.
Pourtant, vous ne faites pas actuellement l'expérience de la réalité de cette façon, en raison de la perception erronée que vous avez de vous-même.
Ainsi, le but premier de la pratique spirituelle est de déstabiliser les constructions mentales profondément ancrées et faussées à propos de vous-même, constructions que vous projetez également sur les autres dans votre vie.
Ces visions de la réalité ne sont pas en alignement avec la Vérité et vous débilitent donc.
Le processus consiste à miner les vues erronées par la pratique continue jusqu'à ce qu'elles soient vues pour ce qu'elles sont et commencent à s'effondrer.
Lorsque vos constructions mentales obscurcissant disparaissent vous vous voyez automatiquement tel que vous êtes vraiment : un être libre, à la conscience bienheureuse, jouant un rôle important dans la vie de tous les jours.
Un être libre, à la conscience bienheureuse, jouant avec ses pouvoirs d'intention,
de compréhension et d'action.
Lorsque vous vous voyez clairement, un éclair de reconnaissance se produit : vous êtes une expression microcosmique des mêmes pouvoirs divins qui créent, maintiennent, et dissolvent cet univers entier.
Lorsque vous réalisez par expérience que les mêmes pouvoirs magnifiques et impressionnants qui orchestrent le déploiement complexe et merveilleux et merveilleuse de cette création entière coulent en vous, vous créant alors même que vous créez avec eux, fournissant la fondation même de votre de votre expérience de la réalité, il y a un profond changement.
Votre peur et votre mesquinerie tombent alors que vous tombez harmonieusement dans la danse de l'énergie vitale, en réalisant que vous êtes le seul qui ait jamais limité votre potentiel.
Une explosion de joie accompagne la réalisation qu'il n'y a rien à faire, rien à accomplir, autre que d'embrasser pleinement les pouvoirs divins qui cherchent à se manifester à travers vous en exprimant la totalité de votre être authentique dans la plénitude de chaque instant, dans un flux infini de ces instants."
" Il peut y avoir une façon grandiose d'être petit - si l'on est assez petit. Mais vous ne l'êtes pas. Vous n'êtes pas petit au point de devenir gigantesque et d'occuper un espace fantastique. Dans ce cas, nous ne sommes ni absolument petits ni suffisamment grands. Nous nous tenons entre les deux. Nous faisons la chasse aux poux. Un niveau très simple d'esprit. Cela s'accompagne de groupes de rencontre, de conseils, d'invitation à des tireurs d'élite pour qu'ils pulvérisent vos problèmes personnels. Nous ratons en même temps - complètement ! - la notion de vision fondamentale. "
Moi-même, je suis passé devant beaucoup de choses. Si je devais refaire ma vie aujourd'hui, je la referai sûrement autrement. Est-ce que je referai « La Terre vue du ciel » en hélico ? Sûrement pas. Le problème est que nous n'avons pas été assez radical. À travers « Legacy », j'essaye de faire passer le message que l'ennemi c'est moi, et personne d'autre. Ce n'est pas à moi de juger les autres car l'ennemi est ma façon d'habiter cette planète.
Quand j'avais 30 ans, la conscience n'était pas la même. On était enthousiaste. Aujourd'hui, on l'est toujours, mais on ne peut s'empêcher d'être triste en pensant à ce qui nous attend. Très peu de gens ont confiance en l'avenir. Quand j'avais 20 ans, on ne s'inquiétait pas une seule seconde du futur. Il était forcément brillant. Aujourd'hui, on sait que demain sera nécessairement plus sombre qu'aujourd'hui.
J'ouvre les yeux. Je suis devant ce qui n'est à personne, ne sera à personne. Je ne peux plus imaginer de barrières ni de murs. Je suis en contact avec l'air, je suis dans la beauté immédiate.(…)
La couleur m'emporte, m'abolit. Comme si j'étais né à cette instant même, sans père ni mère, mais réellement apparu devant la mer et le ciel, mais ce n'est pas moi qui nomme cela, qui utilise cela par mes paroles ou par mes rêves. Devant l'espace, je cesse et je disparais, et c'est la mer qui me donne ma vie, mon être. Les questions se taisent. Ce n'est pas la raison, ni le doute, ni même le désir de ne faire plus qu'un avec l'espace, qui me font comprendre la nécessité de cette disparition de ma personne... Ce que je dois savoir ne peut venir de moi vers le monde : mais au contraire, du monde vers moi, pourvu que je puisse rester les yeux ouverts. (…)
Tant d'hommes, tant d'animaux ont vu cela, jour après jour. Mais leur regard n'a pas laissé de traces. Ils étaient seulement dans l'histoire de la vie, pour bouger, pour aimer, pour mourir. C'était cette beauté, ici même, nette et précise, la beauté que l'on voit et qui vous voit, la seule vérité dans la lumière qui ne peut s'éteindre…
(...) Tout se rencontre et se touche. Le regard qui vient du monde trouve le regard de mes yeux, éclaire avec le soleil. Le regard n'est pas mon regard, il ne m'appartient pas. C'est un regard unique, où sont joints tous les regards du monde…
Et tout à coup on trouve dans la foule un homme (…) Il vous regarde en retour, si profondément qu'il va au delà de vos pensées, jusqu'à votre cœur, là où vibre votre propre clarté. Il vous regarde, ne vous juge pas, parce que le monde auquel il appartient est plus grand, plus durable que les appréciations des hommes.(...) Quelque chose vit dans le visage de cet homme. Quelqu'un y habite. Il est la personne même, l'invincible présence de la personne.(...)
La beauté est ailleurs. Elle est là, simplement, offerte aux sens, libre et sans limites comme le ciel, transparente aussi. Pour voir cela il n'est pas nécessaire d'être en ascèse ni en religion. Pour voir cette clarté, il suffit de regarder. Mais il faut que le regard se libère de ses habitudes, et que l'esprit s'ouvre vraiment, sans rien qui retienne ou protège (…)
Parfois on rencontre ceux qui sont simples. On voit leur lumière, on sent la pureté de leur souffle, la netteté de leur regard. Alors c'est comme si quelque chose cédait enfin dans ce réseau infini de protection et d'interdiction qui nous entoure, comme si une brèche s'ouvrait enfin dans ce mur compact qui nous isole...
Extraits d'un livre de Le Clézio - "Un inconnu sur la terre".
Toi qui, parmi d’autres, il y a longtemps, m’a prié- sans mesurer ce que tu demandais mais n’est ce pas vrai de nous tous ?- de t’accompagner à ma mesure en tant qu’ami spirituel sur la voie par laquelle nous avons chacun été touchés il y a plus longtemps encore…
Cher ami, dont la stratégie de protection envers la souffrance consiste à ériger entre toi même et la profondeur un bunker d’opinions, de pensées, d' indignations, constamment alimentées par quantité de nourritures d’impression choisies avec plus ou moins de discernement …
Cher ami chez qui cette stratégie, en place depuis des décennies et pour ton malheur non débusquée tant qu’il en était encore temps, se trouve exacerbée par les conditions et circonstances présentes.
Cher ami qui me demande de lui dire ce que je « pense » d’un article joint à ton courriel, sous prétexte que le savoir t’aidera à mieux me connaitre en tant qu’instructeur…
Mon cher ami, je suis au regret de te le dire : non seulement cette démarche consistant à aller me chercher sur le terrain des opinions ne te permettra en rien de mieux me connaitre en tant qu’instructeur spirituel, mais elle t’éloigne encore de la connaissance de toi même.
Si tu savais à quel point je trouverais heureux et fécond que tu m’écrives pour me parler simplement de toi, de ce que tu vis, éprouves en amont de toutes tes pensées, opinions et émotions non vues en tant que telles. Tant d’énergie employée à indéfiniment justifier et argumenter des émotions n’ayant en elles mêmes rien à voir avec l’ « actualité », alors même que tu crois sincèrement tant t’y intéresser …
Ah, si tu investissais ne serait ce qu’un peu de cette énergie à tourner ton attention vers la profondeur, vers le sentiment de ta misère comme de ta grandeur intrinsèque…
Mon cher ami, je ne te suggère aucunement de te désintéresser du monde dans lequel nous vivons, ce monde à la fois si merveilleux et si insensé. Mais je t’enjoins à être à l’affut de l’émotion et des pensées en toi. A l’affut de ce qui souffre en toi et se projette sur ce que appelles l’extérieur.
Je ne te demande pas de te désintéresser du monde, non ; mais, oui, je t’enjoins à t’intéresser avant tout et premièrement à « ton monde ».
Car seule cette vision de « ton monde » te donnera accès au monde, à ce monde auquel, comme tout un chacun et à ta place, il est naturel et juste que tu prennes part avec la sensibilité qui est la tienne.
Pour l’instant et pour ton grand malheur, ton monde prend beaucoup trop de place pour que le monde te soit accessible.
La culture des opinions confondue avec la recherche de la vérité constitue une immense tragédie.
Il n’est pas exclu que ce soit à terme la plus meurtrière.
Mon si cher ami, jamais tu ne pourras rencontrer l’ami spirituel authentique sur le terrain des opinions, qu’elle soient partagées ou confrontées. Cette triste contrée, ce pays de la séparation et de l’isolement, autrefois figuré par la tour de Babel, ce pays n’est pas sa demeure. On ne peut donc l’y rencontrer.
L’ami spirituel authentique ne se rencontre que sur le terrain peu fréquenté d’une vulnérabilité désarmée, face contre terre.
C’est une terre à laquelle on n’accède pas si facilement.
Pour y pénétrer, il faut poser les armes, et cela ne nous est pas naturel, n’est ce pas ?
Il y a le confinement, celui dont il est ces temps ci, beaucoup question.
Et il en est un autre, bien plus redoutable.
Celui là n’est pas prêt d’être levé.
Pour qu’il le soit, il faudrait que la contemplation de la nature du réel nous mette à genoux. Ce réel qui n’est pas une abstraction métaphysique mais inclut notre misère et notre grandeur.
Ce confinement, combien plus redoutable, c’est celui dans lequel nous maintiennent, non seulement l’ignorance essentielle de notre vraie nature, mais les pensées, émotions, opinions, jugements, du matin au soir entretenus, justifiés, alimentés. Y compris parfois, ô folie, les opinions, pensées, émotions, à propos de notre vraie nature et des moyens d’y accéder.
De ce bunker là, au sein duquel nous gesticulons tel un führer en bout de course, il sera difficile de se déconfiner.
Cher ami, crois bien que de tout cœur, je te remets et nous remets chacun au Plus Grand.
"Quelle est donc, alors, cette Véritable Nature prétendument mienne, cette merveilleuse découverte des sages qui promet de tout résoudre ? Il vaudrait mieux que j'aie dès maintenant une petite idée de cette Identité que je recherche, sinon je ne vois pas comment je pourrai établir sa présence ou son absence. En résumé, ce qu'on me conseille de rechercher n'est pas du tout une chose. C'est illimité, libre de tout conditionnement, immobile, intemporel (je répète : intemporel), simple, silencieux, et par-dessus tout, d'une évidence éclatante et intensément conscient d'être tout cela. C'est l'inconnaissable dont Aristote disait qu'il n'y a rien de plus connaissable. C'est l'insondable abîme de mystère-sans-fin qui est en même temps mon refuge et mon Soi. On lui a donné toutes sortes de noms tels que Absence, Clarté, Transparence, Claire lumière, Espace, Vide immaculé, pure Capacité, le Non-Né et le Non-Mortel... qui ne servent à rien d'autre qu'à m'aider à le reconnaître quand je tombe sur lui. (On m'assure qu'il y a une marge infinie entre chercher le mot juste pour le décrire, tout savoir à son sujet, le penser et même le sentir - et puis la réalité, c'est-à-dire le voir vraiment, plus clairement que tout, et ainsi être consciemment lui.)"
Douglas HARDING ., Le petit livre de la vie et de la mort, Ed Dervy 1997, p.17)
Voici un avis trouvé sur Facebook concernant le jeu de développement personnel de Sabine Dewulf. C'est un véritable moyen ludique de connaissance de soi à partir de la vision sans tête de Douglas Harding
"Ce jeu m'a conquis en seulement 1 tirage de 2 cartes ! Alors je me devais d'en parler 😊
C'est un coffret de développement personnel, disponible aux Editions Le Souffle d'Or, qui porte un nom assez évocateur, en effet. On parle bien de Miroirs (au pluriel), car comme l'explique l'auteure, nous avons plusieurs facettes en nous, et c'est ce qui fait notre richesse. Encore faut-il réussir à saisir ces facettes et à les comprendre. Ces magnifiques cartes sont là pour nous aider à y voir plus clair justement... Bientôt la review 😉
"Miroirs, mes beaux miroirs" "
"Je viens de publier ma review vidéo du "Jeu des Miroirs" créé par Sabine Dewulf, illustré par Josette Delecroix et disponible aux Editions Le Souffle d'Or
A la fin de la vidéo je propose un exemple de tirage ultra rapide en 2 cartes, afin de montrer le potentiel extraordinaire de ce jeu."
Se laisser ressentir que tout ce qui survient est absolument sans problème. Et si cela n’est pas ressenti comme tel, simplement laisser la porte ouverte à cela, Dire oui à la possibilité que cela puisse être ainsi.
Car penser est absolument sans problème, Éprouver de la peur est absolument sans problème, Se faire du souci pour un proche est absolument sans problème, Se sentir « envahi » par une énergie forte de colère est absolument sans problème, Pleurer de joie est absolument sans problème, Être amoureux de la vie est absolument sans problème…..
Tout ce qui survient est absolument sans problème car rien n’est personnel. Personne n’en est l’auteur. Lorsque ceci est reconnu, tout peut se détendre, c’est un véritable cadeau. La recherche de « sens », de mieux-être s’évanouit, Les jugements et résistances se dissolvent d’eux-mêmes, la dualité s’estompe et s’efface.
Tout survient, simplement. Rien n’a changé dans le monde, c’est la perception que l’on en a qui s’est transformée.
C’est la libération, la « magie » de la vision. Je suis cela en qui tout survient, simplement. Gratitude.
Qu’est-ce qui, en vous, a besoin d’être guéri ? Quelles forces divines endormies dans le corps, le coeur et l’esprit désirez-vous réveiller ? Le livre jeu avec les lettres et les dieux est à découvrir !