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vendredi 26 juin 2026

Du jardin à la maison, de l'enfant à l'adulte...


 « J'ai encore de telles émotions au bout de tant d'années! Il y a un changement général dans mon comportement mais certaines souffrances et certains désarrois demeurent toujours aussi puissants. » Au moment où vous suffoquez dans cette douleur ou ce tumulte intérieur aggravé par les pensées, vous êtes situés dans une région de votre psyché et il est possible de ne pas y rester emprisonnés. Vous pouvez retourner du jardin dans la maison. Et la voie va consister à passer de plus en plus souvent et de plus en plus rapidement de cette part qui demeure, qui ne change pas, qui est infantile, à la part adulte. Ce qui change, c'est que vous êtes de moins en moins souvent et de moins en moins longtemps dans la part intitulée l'enfant en vous et de plus en plus souvent dans la part intitulée l'adulte.

La démarche consiste donc dans ce passage d'un lieu intérieur à un autre. Cette démarche, vous seul pouvez la tenter et peu à peu la réussir et c'est elle que Swâmiji appelait « dissocier l'adulte et l'enfant ». Mais pour cela il faut une conviction que vous ne pouvez plus oublier et, avant tout, vous souvenir que l'émotion n'est jamais justifiée. En tant qu'adulte, je ne peux pas ressentir cette émotion et les pensées qui l'accompagnent – seulement en tant qu'enfant. Et au moment où vous êtes encore désemparés, vous vous souvenez : l'adulte est là en moi. Je suis dans le jardin mais la maison est là. Au pire, admettons que la porte soit fermée, que j'aie perdu la clé et que je sois condamné à me geler dehors. Mais la maison chaleureuse est là, déjà. L'adulte est là mais vous ne serez pas conscients de sa réalité si vous restez entièrement immergés dans l'enfant en vous sans tenter d'en sortir – et avec cette idée fausse que l'enfant, un jour, n'aura plus d'émotions. Si tel était le cas, ce ne serait plus l'enfant!

Extrait "La Voie et ses pièges " de Arnaud Desjardins

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mercredi 6 novembre 2024

Ma maison


Il n'y a pas de mur dans ma maison
Pas de brique, ni de cloison
Il n'y a pas de saison dans ma maison
Pas de pluie, pas de moisson
Il n'y a pas de culte dans ma maison
Pas de dieu, pas d'oraison
Pas de mendiant, pas de champion
Il n'y a personne dans ma maison
Il n’y a pas d'illusions dans ma maison
Ni exception, ni projection
Pas de gestion, ni réalisation
Pas de mérite, ni punition
Ma maison est un doux mirage
Sans lieu et sans visage
Elle soupire des milliers de diamants
Pour réjouir mille innocents
- Betty
Extrait d'un texte paru dans le revue 3e millénaire.

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mercredi 24 juillet 2024

Retour à soi

Un beau cadeau d'anniversaire que ce livre reçu ! Une nouvelle année qui offrira un profond voyage (hexagramme 56) intérieur.

Merci à José Le Roy avec qui j'ai déjà pu partager de belles expériences d'ouverture...


"On pourrait dire que notre désir d'absolu est une profonde nostalgie de 'retour à la maison' qui subsiste en nous à l'état latent, sans que nous n'en comprenions bien le sens."

Jean Klein


"L'espace ainsi dévoilé nous montre que notre maison est infiniment accueillante. Cette maison n'a aucune préférence ; elle propose un accueil inconditionnel pour tout ce qui surgit dans l'instant."

José Le Roy



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jeudi 3 février 2022

Quatre regards

 


Nous vivons sur la même terre, sous le même ciel, mais nous vivons dans des regards différents et chacun de ces regards, de ces « points de vue », constituent des mondes et des consciences qui parfois s’affrontent.

Changer le monde, c’est changer de regard ; pour rencontrer le monde de l’autre, il faut entrer dans son regard ou partager celui qui nous est propre.

On peut distinguer quatre grands types de regards ou de visions du monde.

1 - Un regard « physique », sensoriel, observateur, scientifique, qui, lorsqu’il y a consensus quant aux modes de perception, peut aboutir à ce qu’on appelle un monde « objectif ».

2 - Un regard réflexif, analytique, qui interroge et analyse les données reçues par les différents modes de perception sensoriels ou techniques ; ce regard peut aboutir à ce qu’on appelle le monde rationnel où le philosophe trouve sa place aux côtés du scientifique.

Le monde perçu, analysé, rationalisé et objectivé est considéré par un certain consensus contemporain comme étant le seul monde réel.

Mais il existe pourtant d’autres regards et appréhensions du monde, qu’on ne peut pas oublier ou négliger :

3 - Un regard affectif ou inter-relationnel où le monde n’apparaît pas seulement comme objet, mais comme présence ; présence vivante avec laquelle nous pouvons établir une relation affective, fraternelle et amicale.
Tel sera le regard de François, de Rumi et des saints de toutes les grandes traditions spirituelles de l’humanité.

La terre, l’univers ne se donnent pas seulement à connaître à l’œil des sens et à l’œil de la raison, mais aussi à l’œil du cœur, et c’est le cœur qui en découvrira l’harmonie, le sens et la beauté. Le regard de la philocalie, qui remercie et célèbre le Réel sous toutes les formes, ne détruit pas le regard de la science et de la philosophie, il les accomplit.


4 - Il y a encore un autre regard, regard silencieux, contemplatif, l’œil de l’intuition, qui pressent l’unité d’une Conscience qui se manifeste dans la diversité des mondes perçus, analysés, objectivés, célébrés : la Conscience même qui rend tous nos regards capables de vision. Le champ de lumière toujours invisible qui ne fait qu’un avec tout ce qui est vu et qui rend possible tous nos points de objectivés, célébrés : la Conscience même qui rend tous nos regards capables de vision. Le champ de lumière toujours invisible qui ne fait qu’un avec tout ce qui est vu et qui rend possible tous nos points de vue (objectif et subjectif), c’est-à-dire toutes nos créations, imaginations, conceptualisations, représentations du monde.

À ces « quatre yeux », ces quatre regards, il faudrait ajouter un cinquième qui serait l’œil de la synthèse, celui qui intègre les quatre grands regards que nous avons évoqués. On pourrait ainsi l’appeler l’œil du Réel, car c’est le Réel qui se connaît lui-même, à travers ces différents modes de perception, de réflexion, d’affection et d’intuition.

Ces quatre regards posés sur le monde vont entraîner quatre formes d’écologie, quatre façons de gérer et de soigner notre environnement considéré comme notre maison ou comme notre corps élargi. On le sait, l’étymologie « oiko », d’écologie, renvoie à la « maison » à notre façon d’habiter la terre.

Extrait de "Vers une écologie intégrale" de Jean-Yves Leloup
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dimanche 25 avril 2021

Nous sommes des vivants qui parlent

 méditer sur ce qui fait l'essentiel de notre humanité : écouter et recevoir une parole.

Nous ne savons jamais de qui viendra la parole qui fécondera notre vie, et qui nous sauvera, à l'heure de l'épreuve. Abraham le savait, lui qui, au pied du chêne de Mamré, a fait hospitalité aux anges, écoutant cette annonce surprenante d'un enfant à venir, gardant respectueusement leur parole.

À sa suite, j'aime ouvrir ma maison, et mes oreilles. Suivre la tradition africaine de la maison ouverte qui demande que, dans chaque village de la savane, le gîte et le couvert soient offerts à l'étranger de passage, en échange de sa parole. Une manière de partager la connaissance et la sagesse de tout chemin de vie.


La plus belle maison ouverte est, selon moi, notre maison commune. Dès que le printemps revient, je gagne le parc où j'ai l'habitude de me promener, pour écouter ce chant de la terre. Je m'y assois, pieds nus dans l'herbe, dos contre le cerisier du Japon que j'ai adopté comme banc de méditation. J'aime tant voir cet arbre se donner à la lumière, en se mettant en feuilles et en fleurs.

Il me fait contempler la tendresse virginale du vert de ses feuilles, comme la pudeur du rose de ses fleurs. La sève qui monte à ses branches est comme une larme qui monte à ses yeux, une parole qui monte à ses lèvres.

J'écoute par toute ma peau

Au pied de cet arbre, je me fais toute écoute. J'écoute, attentive, ce verger de cerisiers en fleurs, y voyant plus qu'une maison ouverte et commune : un jardin de la Parole. Le vent souffle légèrement, les oiseaux chantent et se font entendre autour de moi, dans le plein silence des voix humaines.


Je me revêts de la douceur de cette enveloppe sonore, comme pour m'y purifier de la cacophonie de la ville. Pas de bruits chaotiques, mais des filets d'eau, chantants et mélodieux, devenant rivières et fleuves, se jetant dans la mer de mon oreille, résonnant dans l'abysse de mes profondeurs.

Quand j'écoute ainsi, je n'écoute pas que de mes deux oreilles, mais par toute ma peau. Au jardin d'Éden, il est dit qu'Adam et Ève étaient, comme deux nouveau-nés, tout de peau. Tympan sonore au creux de leurs oreilles, cette peau était comme un tambour. Par lui, ils entraient en résonance, et en intimité profonde, avec toutes les formes de vie, dans l'univers visible et invisible.

Se laissant toucher et caresser par le vivant, ils pouvaient nommer l'essence de toutes les créatures. Chantres et poètes, ils fructifiaient le don de la parole qu'ils avaient reçu : celui de la parole « essentielle ».

Des vivants qui parlent


Je sais, moi qui prends la parole dans des livres, et qui donne la parole dans des ateliers, que ce don de la parole « essentielle », fondée sur une communion avec le vivant, est ce qui est le plus blessé en nous. Le serpent s'est glissé entre les herbes, et il a détourné notre peau et nos oreilles du chant de la terre.

Il a capturé notre attention pour nous faire vivre sous l'emprise de ses ondes, où toute parole professée se trouve, bien souvent, déformée et critiquée. Où toute parole professée se trouve blasphémée. Une vraie attaque virale et un ravage plus grand que la pandémie que nous traversons.

Pourtant, ce don de la parole « essentielle » est notre vocation à tous. Nous sommes appelés à être « des vivants qui parlent », à extraire un élixir de vie de tous les événements de notre chemin, à faire sur eux la lumière en laissant monter à nos lèvres une parole personnelle de sagesse.

Les disciples le savaient, eux qui avaient ouvert l'oreille de leur cœur à la voix du Bon Pasteur : « Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Si le serpent a mordu, le Christ a restauré le don premier fait à Adam : celui de la parole de vie, celui de la parole qui féconde et qui guérit.

Charlotte Jousseaume est écrivaine. Elle anime des ateliers d'écriture et a publié Le silence est ma joie (Albin Michel), Quatuor mystique et Et le miroir brûla (Cerf).


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dimanche 2 août 2020

Maison de l'inspir


Au monastère bouddhiste de la Maison de l'inspir, en Seine-et-Marne, les nonnes pratiquent la méditation spirituelle. Elles reçoivent aussi des laïcs pour des journées de pleine conscience. Des rencontres devenues virtuelles avec la pandémie.

Elle est accueillante, à l'image du paysage environnant, collines verdoyantes baignées de douce lumière. Soeur Giac Nghiem, 76 ans, nous reçoit un lundi, « jour de paresse » pour les religieuses bouddhistes, libres de leur emploi du temps. À l'étage, un visage sculpté du Boudhha décore la salle consacrée à l'écoute du dharma (« enseignement »). Derrière une poutre de bois surmontée d'un rideau attendent les lits superposés destinés aux visiteuses françaises, belges et suisses, qui reviendront peut-être en septembre, après la crise sanitaire.
Au rez-de-chaussée, le garage est en travaux. À la cuisine, la confiture de groseilles, préparée par l'abbesse à la tête de la communauté, repose dans des marmites. « Presser les grains chauds dans un torchon est une méditation de gratitude, gratitude pour les ancêtres qui nous ont transmis ces gestes et pleine conscience du souffle. Chaque acte peut être méditation. Ce n'est pas seulement s'asseoir dans un fauteuil et respirer, posture qui sert à relier son corps à son esprit. Méditer, c'est être complètement là, le cœur ouvert, dans la joie », explique-t-elle. Avant le départ, elle m'emmènera près du grand potager pour m'offrir des groseilles mûres.

Séances de méditation en visioconférence

Au cœur de la vallée du Petit Morin, dans un hameau briard à l'écart du village de Villeneuve-sur-Bellot, en Seine-et-Marne, le monastère de la Maison de l'inspir semble assoupi. Il y a un an, les 10 moniales bouddhistes qui vivaient à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) sont venues s'installer ici. La demeure est en cours de réaménagement, transformée pour pouvoir accueillir la sangha : la « communauté » des laïcs férus de pleine conscience, qui passent ici un jour ou un week-end entier.
Je n'avais pas l'intention de devenir moniale. Mais j'ai toujours senti un appel religieux très fort.
– sœur Giac Nghiem, responsable de la Maison de l'inspir
Crise sanitaire oblige, les séances de méditation ou de lecture des sutras (textes sacrés) sont organisées en visioconférence grâce à Zoom. La première, à 6h ; la dernière, à 20h30. Parfois, le week-end, ont lieu aussi des retraites en ligne. Comme au Village des pruniers, en Dordogne, le centre bouddhique créé en 1982 par le maître zen vietamien Thich Nhat Hanh, dit Thay, et dont la Maison de l'inspir, ouverte en 1988, est l'antenne francilienne. Ou comme au monastère de la Source guérissante, dans la commune voisine de Verdelot, où depuis deux ans vivent les moines (uniquement des hommes) de la communauté - chasteté oblige, les deux maisons sont distantes de 45 minutes à pied !
Autrefois kinésithérapeute à Saint-Étienne (42), sœur Giac Nghiem - nom qui signifie « ornée d'éveil » - a été ordonnée novice en 1999 par Thay. Mère de deux enfants adultes, elle a rejoint les Pruniers pour se « guérir de la souffrance » de son divorce, après 31 ans de mariage. « Je n'avais pas l'intention de devenir moniale. Mais j'ai toujours senti un appel religieux très fort », confie-t-elle. Le bouddhisme a conquis cette chrétienne, qui évoque pourtant avec amour « son » Jésus, dont elle est « restée très proche ». Thay l'a choisie comme responsable de la Maison de l'inspir. Dans ce monastère discret, le silence est la règle de 21h à la fin du petit déjeuner. Et pendant les trois mois d'hiver. Une période mise à profit pour « étudier les textes et cultiver la joie et l'harmonie », prolongée cette année par le confinement, « expérience paradoxale de liberté et de privation de liberté ».

Jusqu'à 800 méditants pendant le confinement

Assise dans un fauteuil d'osier, l'abbesse explique devant un thé fruité et des cerises comment la communauté a vécu la crise. À l'heure où « les gens étaient tenaillés par la peur », la méditation et le lâcher-prise ont semblé salvateurs. « Parmi nos amis laïcs, beaucoup ont pratiqué davantage. Partager notre spiritualité, même par Internet, nous a paru positif. Nous nous sommes mises à l'écoute des personnes en souffrance sans nous couper de la communauté de notre maître. » Mais elle a trouvé « merveilleux cet arrêt, ce ralentissement, la fin d'une course et d'une avidité » consommatrices. « J'ai vécu la période comme un cadeau inestimable, car, grâce à plus de disponibilité, est venue l'occasion de retourner à soi », résume-t-elle. En ligne, le public s'est pressé : jusqu'à 800 personnes par séance ont écouté les enseignements, en français et en vietnamien. Et les sœurs n'ont plus eu besoin de s'occuper des méditants, que la pandémie a tenus à distance !
Parmi nos amis laïcs, beaucoup ont pratiqué davantage. Partager notre spiritualité, même par Internet, nous a paru positif.
– sœur Giac Nghiem
Puisque le monastère ne vit que de dons, il a fallu vivre plus simplement qu'à l'ordinaire : salades de pissenlits ou pesto d'orties, glanés dans les champs. Les prières ont gagné en intensité. Plus que jamais, les sœurs se sont souciées de ceux qui souffrent : femmes victimes de violences, sans-domicile, Roms, enfants abusés, aides-soignantes, éboueurs, personnes forcées de travailler. Leurs méditations de compassion se sont portées sur les malades du monde entier. Elles ont aimé que la solidarité se manifeste partout, y compris dans leur village (1.000 habitants), où le maire s'est préoccupé de ses administrés âgés. « La souffrance est le meilleur moyen d'aller vers l'Éveil. Le besoin de réconfort s'est fait sentir, plus fort », ajoute sœur Giac Nghiem.
Pour chaque religieuse, l'abbesse a une « parole aimante », l'une des quatre nobles vérités que le bouddhisme incite à pratiquer. La religieuse applaudit à l'engouement actuel pour la méditation, spirituelle ou non, car source de paix. Elle sait que certains peinent à pratiquer. « Il ne faut pas lutter contre la dispersion de l'esprit, mais regarder passer les pensées comme l'eau qui coule, dit-elle. Et retourner toujours au souffle, une ancre, sans violence. Trouver un équilibre sans batailler. Méditer, c'est prendre refuge en soi, dans le repos physique. »

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Source La Vie

mercredi 8 juillet 2020

Retour toujours


"Tu peux retrouver la Paix seulement quand tu retournes chez toi, dans ton propre Soi."
Papaji


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mercredi 18 mars 2020

Transformer son intérieur...

BIOGRAPHIE

Devenu aveugle à 33 ans après avoir contracté une grave maladie, Eric Brun-Sanglard décide, contre toute attente, d'exercer le métier d'architecte d'intérieur. Il mène alors une carrière prestigieuse, et compte bientôt parmi ses clients plusieurs stars de Hollywood. Il anime par ailleurs une émission de télévision aux Etats-Unis : The Blind Designer.

INTERVIEW

Votre livre montre combien le lieu que nous habitons nous révèle et doit correspondre à notre identité. Si une personne est insatisfaite de son logement, doit-elle forcément envisager d'en changer ? Est-il possible d'« accepter » le lieu tel qu'il est, avec résilience ?
La première question à se poser est de comprendre pourquoi cette personne est insatisfaite. Problème de luminosité, d'exposition, d'environnement (bruit, odeurs), de voisinage ? Si c'est le cas, oui, je conseillerais de déménager car ces éléments sont difficilement maîtrisables.
En revanche, si c'est dû à une mauvaise expérience dans cette habitation (divorce, décès, vétusté, sonorité, matériaux présents, ameublement, couleurs, odeurs de moisissure…), il est possible de remédier à ces problèmes en rénovant, en repensant l'espace, sa décoration et l'énergie qui en résultera.

Comment avez-vous pris conscience du parallèle qui s'est établi entre la reconstruction de votre habitation et votre reconstruction intérieure ?
Au moment où j'ai perdu la vue, alors que j'étais condamné par les médecins, j'avais préalablement entrepris de gros travaux dans ma maison. J'ai été forcé de les reprendre afin de pouvoir vendre ma maison et payer mes dettes médicales, qui s'accumulaient.
Petit à petit, après m'être réapproprié ma maison, ses espaces, ses matériaux, ses ouvertures à travers le toucher, les sons, les odeurs, tous ces sens qui devaient remplacer ma vue, j'ai commencé à rénover ma maison tout en améliorant ma santé. Sans même le réaliser, en reconstruisant ma maison, je reconstruisais ma santé, au grand étonnement des médecins.

Si je me sens mal chez moi, quelle est selon vous la première étape à laquelle je dois réfléchir pour transformer mon intérieur ?
La première chose que je conseil à mes clients est de se placer au milieu de chaque pièce, de fermer les yeux et d'établir une sorte de diagnostique de leur environnement.
Je leur demande alors d'écouter, de sentir, de ressentir pour comprendre d'où vient leur malaise. Si la pièce est vide, alors de la parcourir en touchant les murs, ses ouvertures, la sensation de leur corps avec les matériaux afin de ressentir l'énergie de la pièce.
Si la pièce est meublée, alors si possible la vider puis ramener chaque élément un par un. Les replacer où ils pensent que c'est le plus approprié. Si c'est un canapé, de s'asseoir les yeux fermés, toucher la forme et la texture de ce sofa, puis se lever et toucher son environnement toujours les yeux fermés pour s'assurer qu'il est placé au bon endroit, en laissant assez d'espace autour pour qu'il respire, puis se rasseoir et imaginer quel autre meuble complèterait l'ambiance que l'on voudrait ressentir.
Placer cet autre meuble et recommencer le même procédé jusqu'à ce que vous vous sentiez bien dans cet espace. Vous réaliserez peut-être que certains meubles doivent être changés ou éliminés car ils sont de trop. Ne vous sentez pas forcés d'exposer ou de placer tout ce que vous avez enlevé et choisissez avec précaution chaque objet, chaque élément de décoration tout comme si vous ajoutiez petit à petit des épices dans un plat jusqu'à ce que la saveur vous convienne.
C'est seulement à ce moment-là que vous pouvez réfléchir au traitement des murs, couleurs, papiers peints (même chose pour tapis, rideaux, coussins, plaids, etc.). Finalement, toujours les yeux fermés, sentez votre espace et rajoutez la senteur qui correspond à l'ambiance désirée dans cet espace (diffuseur, huiles essentiels, bougies ou fleurs odorantes…), tout comme vous le feriez, après vous être habillé, avec un spray de parfum avant de quitter votre maison.

Se sentir chez soi, est-ce forcément se sentir dans une sorte de cocon protecteur ?
Pour moi, notre maison doit non seulement nous ressembler mais également répondre à nos besoins émotionnels.
Pour certains, c'est peut-être le besoin de se ressentir comme dans un cocon protecteur, pour d'autres, un espace familial où chaque membre de la famille s'y retrouve, partage et s'exprime.
Dans mon métier d'architecte d'intérieur, découvrir ce que mes clients recherchent émotionnellement dans leur habitation est certainement la première chose que je dois établir. Cette partie de mon métier est ce que j'appelle l'étude psychologique de mes clients afin de pouvoir rentrer dans leur univers, m'approprier leur besoin, leur mode de vie, pour bien réaliser leur version du bien-être.
Notre notion du bien-être, tout comme notre ADN, est propre à tout un chacun. Cela explique l'impact de notre environnement sur nos émotions, et vice versa.

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source : Nouvelles Clés

dimanche 17 février 2019

Couleurs intérieures

 La vie, c'est ce que nous en faisons, par ce que nous créons.
Et chaque création en nous demeure
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mardi 29 novembre 2016

Retour à la maison... avec Jean Vanier

Maison à louer
La beauté de toute personne est qu'elle est appelée à devenir la demeure de l'Infini.
Alors la peur de la mort et de ce qui est limité n'est plus un tourment.
Recherche la paix, p.80








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vendredi 11 mai 2012

Intérieur toxique...

La pollution de nos maisons est-elle symbolique de notre intérieur... En attendant, entrons dans l'univers des produits qui nous entourent...