mercredi 31 décembre 2014

Retire-toi dans le secret... pour accueillir la nouvelle année...


Introduire un peu de solitude dans notre vie est une discipline des plus nécessaires mais aussi des plus difficiles. Même si nous pouvons éprouver un profond désir de vraie solitude, nous ressentons toujours une certaine appréhension en approchant du lieu et de l'heure solitaire. Dès que nous sommes seuls, sans personne à qui parler, sans livres à lire, sans télé à regarder, sans appels téléphoniques à faire, un chaos intérieur s'ouvre devant nous. Ce chaos peut nous troubler et nous désorienter au point que notre affairement nous manque cruellement. Il ne suffit donc pas d'entrer dans sa chambre et de fermer la porte pour chasser de son esprit les doutes, les angoisses, les craintes, les mauvais souvenirs, les conflits non résolus, les mouvements de colère et les désirs impulsifs. Au contraire, une fois éliminées les distractions extérieures, nous découvrons souvent que les distractions intérieures attaquent en force...


Mais si nous avons assez de discipline pour tenir bon et ne pas nous laisser intimider par ces voix ténébreuses, elles vont perdre peu à peu de leur force et s'estomper pour céder la place aux voix plus douces, plus mélodieuses, de la lumière.


La solitude, c'est d'abord réserver un temps et un lieu à Dieu, et à Dieu seul. Il nous faut commencer par planifier soigneusement notre temps de solitude. Il est possible que nous ne puissions en supporter plus de cinq ou dix minutes par jour. Peut-être sommes-nous prêts à faire une heure chaque jour, un après-midi par semaine, ou une semaine par année. La durée variera avec le tempérament, l'âge, le travail, le style de vie et la maturité de chacun. Mais nous ne prenons pas la vie spirituelle au sérieux si nous ne réservons pas un peu de temps pour être en compagnie de Dieu et à son écoute.

Une fois pris l'engagement de passer du temps dans la solitude, nous devenons plus attentifs à la voix de Dieu en nous.
À mesure que nous nous vidons de nos nombreux soucis, nous en venons à découvrir non seulement avec notre esprit mais aussi avec notre coeur que nous n'avons jamais été vraiment seuls, que l'Esprit de Dieu avait toujours été là, avec nous...



Henri J. M. Nouwen


"Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret." (Mt 6,6)



mardi 30 décembre 2014

Peintures avec Malel


Jardin ou promenade bleue


"En peignant ce jardin imaginaire, je pensais que nos vies n’étaient pas comme un jardin à la française, avec des allées rectilignes, des perspectives prévisibles… 
La fantaisie et les nouveautés ont du bon en elles. 
Là où il y a de l’amour, n’y a-t-il pas de l’imprévu ? 
Les surprises des gens que nous aimons nous touchent toujours beaucoup."



Louange du soir 



 Banale cette journée ? 
Non. Il y eut un geste pour réchauffer quelqu’un, un message envoyé pour dire de l’amitié, un livre qui m’a appris une chose nouvelle, un coup de téléphone improvisé, une bouteille jetée à la mer, une carte postale qui rejoindra quelqu’un qui ne s’y attend pas… Il y a de quoi remercier avec des couleurs.

(source : La Vie)





lundi 29 décembre 2014

En chemin avec le peintre Malel

Chemin


"Au bout de nos chemins, il y a une lumière bien présente. Si nous ne la voyons pas ou ne voulons pas y croire, il y a toujours quelqu’un pour nous la faire voir. 
Nous sommes créés pour montrer cette promesse à ceux qui la verraient un peu moins bien par moments. Nous pouvons même leur dire : au bout de ton chemin, il y a même plus qu’une lumière prometteuse, il y a quelqu’un…"



Malel, le « peintre de la lumière ». Malel réalise des portraits, des paysages, des vitraux et des tapisseries, pour les particuliers et pour les Églises. Un artiste qui n'hésite pas à dire que c'est la commande qui porte l'art à son paroxysme, et qui ne différencie pas son art en profane ou en religieux. Dans toutes ses oeuvres, il cherche à montrer la présence du divin.


Les étapes de sa vie

1958  Naissance à Paris.
1987 Première exposition de peintures et pastels à Monaco.
1994 Illustre le recueil de poésie Terre sainte de Pierre Gibert.
1999 Crée la toile la Rencontre, pour l'Église de la Trinité à Paris.
2000 Réalise une tapisserie en hommage aux moines de Tibhirine.
2007 Mariage avec Véronique, avec laquelle il a quatre filles.
2009  Réalise dix vitraux en l’église de Vasouy sur le thème « joie dans la création et joie du Christ ».
2014 Exposition Passeurs de joie, en duo avec les parcours Alpha, au couvent des dominicains à Paris.



samedi 27 décembre 2014

Noël avec Christian Bobin (2)

Je vous conseille cette écoute, rien que pour entendre le rire de Christian, bambin...



Deuxième partie (21 min.)









vendredi 26 décembre 2014

Noël avec Christian Bobin (1)


L'esprit de Noël. Pour Christian Bobin, seuls les enfants savent en parler. Car le meilleur du temps de Noël est presque invisible, faible, et suppose une passion infinie de l'attente.


Christian Bobin nous aide à retrouver 
« le royaume où l'adulte et l'enfant vont d'un même pas, d'un même sourire »



"L'enfant, c'est quelqu'un qui attend l'ouverture des portes du Paradis..."

Première partie (20 min.)







jeudi 25 décembre 2014

Cadeau de Noël (2) avec Christiane Singer


Nous sommes avec Jacques Chancel à l'écoute de Christiane Singer


Deuxième partie (29 min.)





Décembre 1981 : Christiane SINGER commente les thèmes des livres plus récents, en particulier : "La mort viennoise", prix des Libraires 1979, "La guerre des Filles". Elle considère que l'écriture est un artisanat. L'importance de sa vie à la campagne ; sa passion pour les luttes de son époque. Entretien avec Jacques Chancel...



Histoire de NOEL...


À l’âge où les enfants commencent l’école primaire, il a arpenté ses rues, tenté de survivre dans sa gare tentaculaire, dormi sur son bitume et mangé dans ses poubelles. On croit le connaître, l’enfant des rues de Bombay, tant son histoire a mille fois été racontée. Mais rencontrer Amin, c’est voir la ville à hauteur du gamin qu’il était alors. Plus ambivalent qu’on ne l’imagine. « J’avais peur, une peur panique, se souvient le trentenaire. Mais en même temps j’avais ma liberté. » Il peut faire la course avec les trains, se glisser dans les salles obscures, partir dans un autre coin de l’Inde, revenir. « Mais bien sûr, ce n’était pas la vraie liberté. Cette vie, je ne l’avais pas choisie… »



Né en 1980 d’un mariage arrangé, où les époux se voient pour la première fois le jour des noces, Amin est trimballé au gré des expulsions de taudis en bidonvilles dans une banlieue de la mégapole indienne. Le couple, qui n’a jamais pris son envol, bat déjà de l’aile. Le père, alcoolique, disparaît à jamais, bientôt remplacé par un homme qui a le coup de ceinture facile. Le petit Amin a 5 ans, il doit ramener de l’argent à la maison et travaille dans une échoppe de thé. Les clients le tyrannisent, lui flanquent des claques sur son passage, son patron lui tire les oreilles. Un jour, son plateau lui échappe. Les tasses se brisent. Panique. Que faire ? « Où que j’aille, je serai battu. C’est là que l’idée m’est venue : “Va-t’en, Amin, va-t’en vite !” Et je suis parti en courant sans regarder derrière moi. » La rue, illusion de liberté, Amin et sa petite sœur qui l’a rejoint vont l’apprendre à leurs dépens. Vol, passage à tabac, viol par les enfants plus âgés… « Durant ces trois ans, j’ai tout vécu et je suis déjà mort », souffle le jeune Indien. Alors il se blinde. Un homme surnommé Mama lui apprend à se nourrir dans les poubelles. « Je ne connais même pas son vrai nom ! Dans la rue, on n’a pas d’identité. » Amin apprend aussi à mendier et ne s’endort jamais sans une pierre à la main.

C’est d’ailleurs à coups de cailloux qu’il reçoit sœur Séraphine, une religieuse de Saint-Joseph qui tente de sortir les enfants de la rue, un de ces « anges » dont la vie du jeune homme est semée. Celle-ci patiente et finit par le convaincre de venir à Snehasadan, un orphelinat dont elle s’occupe avec le père Placido. Après quelques fugues, Amin s’y enracine. Le lieu devient sa vraie maison. « Pour Noël, nous organisions un family day, une fête avec des pièces de théâtre, des jeux, nous recevions des bonbons et cuisinions des gâteaux », se souvient-il. Au foyer se croisent des enfants de toutes religions : « Je suis né musulman, mais j’ai grandi comme catholique, avec des enfants hindous, s’amuse Amin. Cela m’a appris que ce que je cherchais, ce n’était pas un dieu, mais le bonheur. » Quand en 1992 éclatent à Bombay des émeutes sanglantes entre hindous et musulmans, Amin décide qu’il n’aura pas de religion.

Sur la route de la rédemption, il retrouve sa mère et rencontre Eustace Fernandes, un homme d’affaires qui l’embauche comme chauffeur et lui permet de prendre son envol. « Il a d’abord été un patron, puis un ami, enfin un véritable père. » Il y a chez Amin une grande conscience que sans les autres, il n’est rien. « Si j’existe, c’est grâce à vous », répète-t-il, vous qui m’avez trouvé dans la rue, qui m’avez nourri, m’avez relevé. Aujourd’hui, Amin est chauffeur pour les touristes et leur fait visiter son Bombay. Il habite tout près de l’orphelinat de Snehasadan, qu’il visite quotidiennement. Surtout, il aimerait monter un café-bibliothèque solidaire où les petits mendiants de Bombay pourraient se reposer et manger quelque chose. L’ancien enfant recroquevillé dans un recoin de la gare de Bombay en est persuadé, il est possible de changer le monde par capillarité : « Le bien est comme un aimant. Si l’on répond au mal par le mal, rien ne bouge, mais si tu me jettes une pierre et que je te renvoie de l’amour, cela crée une faille qui change tout, qui change le monde. »


Texte Laurence Desjoyaux

mercredi 24 décembre 2014

Cadeau de Noël (1) avec Christiane Singer

Nous sommes avec Jacques Chancel à l'écoute de Christiane Singer


Première partie (25 min.)





Décembre 1981 : Christiane SINGER commente les thèmes des livres plus récents, en particulier : "La mort viennoise", prix des Libraires 1979, "La guerre des Filles". Elle considère que l'écriture est un artisanat. L'importance de sa vie à la campagne ; sa passion pour les luttes de son époque. Entretien avec Jacques Chancel...


Un rêve de Cathédrale avec Philippe Mac Leod




Il n’est sans doute qu’une seule discipline à cultiver : la transparence. Transparence de la chair, transparence du visible, comme si chaque chose, chaque être portait en lui son propre horizon. L’infini n’a pas besoin de grands espaces pour se manifester. L’invisible est ce qu’on n’a pas besoin de voir, puisqu’il est d’abord nous-mêmes.

Il n’est qu’une seule force ici-bas : le silence de la prière, comme un reflux du monde, jusqu’au plus profond de moi-même, pour mieux le redéployer. L’esprit ne sera jamais que le sentiment de la vie parvenu à un tel degré de pureté que nous devenons lumière pour ceux qui nous approchent. La vie un moment rendue au silence, les yeux se rouvrant pour laisser passer le nom de Dieu, qui ne se prononce pas, mais se murmure d’une lueur.

Tout est intérieur, au visible, je ne dois que la réalité d’une foi se risquant dans des gestes, cette voix qui porte des mots toujours anciens et toujours nouveaux par la vie que je leur transmets, la porte entrouverte de mon visage, les chuchotements qui s’en échappent parfois, mais ce que je suis, je ne le dois qu’à la vie cachée en Dieu.

La solitude la mieux pourvue ne porterait aucun fruit si elle ne pouvait absorber le visage étranger, si elle ne savait se laisser dissoudre à son tour par l’image imparfaite d’une unité toujours à venir, souffrante mais en travail, avec ces bonheurs parfois d’entendre à côté de soi un cœur battre dans la même clarté intérieure, comme l’or tapissant le fond des peintures anciennes, loin derrière les figures muettes, ciel de lumière qui nous porte un instant, pour un chant, ou pour un regard aux mystérieuses perspectives.

Il nous faudrait achever le rêve des bâtisseurs de cathédrales : ajourer les murs en sorte que l’édifice tout entier ne soit plus qu’un grand vitrail, composé de la multitude de nos visages, laissant transparaître une lumière inoubliable. On me reprochera un manque de réalisme, quand plus loin on se bat, quand des hommes crient de faim, quand si près d’ici l’injustice œuvre à visage découvert. Je creuse des chemins à mains nues, dans une chair qui est aussi la leur, en sabrant dans l’épaisseur coriace, jusqu’à la lumière encore lointaine. Il ne s’agit pas d’une fuite vers des havres de paix, loin du tumulte ou de la fureur, mais d’un combat plus âpre et plus silencieux, sans bannières ni banderoles, en chacun de nous la lente naissance d’une humanité nouvelle qui ne peut croître qu’en regardant toujours plus haut.

La pierre est dure, la veine revêche. Qui, aujourd’hui, veut être encore le Christ, une ride à son front, une plaie de son côté ? Lui consacrer l’offrande d’une vie, jusqu’en ses moindres replis, ses plus petits instants, pour qu’elle devienne à son tour sacrement, signe visible de sa présence invisible. Je ne saurais témoigner que de son œuvre en moi, afin que tous croient, sinon par mes paroles, au moins par ce qu’il aura fait de moi : prolonger ses chemins, toujours mieux le comprendre pour mieux le transmettre, donner des mots nouveaux à ce qu’il a toujours été mais que nous savons si mal partager.

Je ne prendrai pas la tête d’un cortège. Je voudrais simplement te dire, là où tu es, d’habiter la solitude qu’il creuse en toi, et de gravir l’échelle qu’il donne à chacun, jusqu’à ce que nous nous retrouvions en haut, tous ensemble, quand nous découvrirons que notre labeur n’était pas si vain et que nos heures les plus silencieuses nous disaient déjà l’universel.


Philippe Mac Leod est écrivain et a publié plusieurs livres et recueils de poésie. 
Son dernier ouvrage, les Signes de Lourdes. Un chemin d’universalité, est paru aux éditions Bayard.
(source : La Vie 10-2014)


En hommage à Jacques Chancel


En 1977 (il y a 30 ans), Jacques Chancel interrogeait Arnaud Desjardins pour l'émission "Radioscopie". 












mardi 23 décembre 2014

L'être le plus fragile qui soit! avec Jean Vanier




« L’enfant est l’être le plus fragile qui soit. Il n’y a rien de plus fragile que l’enfant. De tous les petits des vivants, il est parmi les plus fragiles et cette fragilité dure très longtemps.

Il faut très longtemps au petit d’homme pour atteindre la maturité. Il lui faut du temps pour marcher ; il lui faut du temps pour acquérir des connaissances ; il lui faut du temps pour atteindre la maturité physique ; il lui faut encore plus longtemps pour atteindre sa véritable maturité intellectuelle, psychologique, pour qu'il devienne capable d'affronter notre monde, capable de supporter tensions et difficultés, capable d'aimer son ennemi. Sur le plan psychologique, la maturité vient quand on est capable de supporter les tensions, les agressivités.

Acquérir la maturité au niveau du cœur, c'est être capable d'aimer son ennemi et devenir un homme ou une femme de paix.»

Jean Vanier

lundi 22 décembre 2014

L'Arche de Vérité avec Jean Vanier



Une seule chose
est importante : que nous soyons vrais, que nous échappions
aux mensonges,
et même aux rêves et aux théories
qui nous enferment dans un monde illusoire où
nous sommes coupés de notre réalité profonde.

Dans la mesure où nous acceptons nos blessures, nous entrons dans
le chemin de l’unité ;
dans la mesure où
nous refusons de regarder notre vérité, nous maintenons
une cassure à l’intérieur de nous-même.

Dès que nous acceptons cette partie de
nous-même que nous refusions de regarder, que nous refusions
de reconnaître,
que nous refusions d’admettre, l’unité commence à se faire
à l’intérieur de notre être, et c’est de l’unité
que jaillit la fécondité. »


Extrait de la Source des larmes.


dimanche 21 décembre 2014

Silence. Des yeux, des mains, un souffle... avec Christian Bobin



 Malheur à vous qui avez fait du Christ un fils de bonne famille. Les saints et les joueurs de jazz ne sont pas des gens convenables, c’est pourquoi les connaître donne tant de joie. La main en suspens au-dessus du clavier, Thelonious Monk appelle en silence. « Il y a quelqu’un ? » est la question posée. On entend la même question dans les psaumes. Chaque note est jouée dans l’espérance d’entendre la réponse. Les musiciens de jazz ne vieillissent jamais. Avec le temps, ils deviennent des montagnes sacrées aux vapeurs de tabac anglais, chefs-d’œuvre de joie-sagesse. Monk a fini ses jours dans un appartement new-yorkais, au milieu d’une centaine de chats regardant les étoiles tituber sur les eaux noires de l’Hudson, toute l’Égypte dans leurs yeux. Une baronne l’avait adopté avec son épouse. Isabelle Rimbaud, Dora Diamant, Nadejda Mandelstam : les femmes qui prennent soin des poètes, on devrait comme je le fais ici recopier leur nom, faire en sorte que la mousse du temps ne le recouvre jamais.

Dans les dernières années, Thelonious Monk ne touchait plus aucun piano, ne parlait plus. Ce n’était pas la folie. La folie est un bêlement d’agneau égaré. C’était la paix immense que savent les nouveau-nés. Il avait rejoint ce royaume jadis entrevu entre deux notes. Vivre répond à tout. Oui, sans aucun doute, « il y a quelqu’un ». J’ai vu une pauvresse dans une galerie marchande compter ses sous. De sa main droite, elle prélevait une à une les petites pièces en cuivre dans sa main gauche comme on cueille des mûres, en prenant soin de ne pas les écraser. Une lumière sortait de ses mains. Son attention valait celle d’une sainte. Son courage m’éblouissait. Il faut du courage pour tout, même pour ramasser un crayon tombé à terre. Nous sommes des brouillons de poème, les tentatives que fait Dieu pour prendre l’air. La paix intérieure est la seule terre sainte.

J’écoute un hibou dans l’opéra glacé de la nuit. Je ne crois pas à ce qu’on me dit. Je crois à la manière dont on me le dit. Je crois à la vérité inexprimable des souffles. Je crois au Dieu qui fait briller le poil des chats et les yeux des vieux pianistes de jazz. Elle est si brève, la vie interminable. Je donne mon cœur aux vagabonds qui dorment dans les fossés des livres. La vie est un conte de fées avec ses forêts, ses ogres et sa chance ultime. Je ne crois à rien de raisonnable. Les saints surgissent de leurs écrits le visage barbouillé du miel des lumières, comme des ours de l’absolu. Ce qui peut être expliqué ne mérite pas d’être compris. Je crois que nous passons le meilleur de notre vie à construire des fenêtres pour encadrer le vide et que c’est la plus belle partie du conte de fées.|

Christian Bobin
 Ecrivain et poète, Christian Bobin a récemment publié L’Homme-joie (L’Iconoclaste) et La Grande vie (Gallimard, 2014).



source : Le monde des religions 2014

vendredi 19 décembre 2014

A la lumière des contes...avec Jacqueline Kelen

On continue de penser que les contes de fées s'adressent aux enfants. Or, leur magie ne tient pas seulement aux histoires merveilleuses qu'ils racontent, mais surtout à ce qu'ils cachent : une Sagesse précieuse, qui tantôt circule sous le manteau de Peau d'Âne, tantôt scintille à travers des pantoufles de verre, ou veille silencieusement dans un château endormi... 

Les contes traditionnels ne cessent de tisser des fils entre le visible et l'invisible, se révélant des guides sûrs pour l'âme, exilée en ce monde, à la recherche de son chemin de lumière....






jeudi 18 décembre 2014

L'alchimie des émotions avec Christophe Massin (3)


Dernière partie (11 min.)
... l'intelligence du coeur


Extrait de la préface d'Alexandre Jollien du livre "Souffrir ou aimer" de Christophe Massin : 
La lecture de Souffrir ou aimer m'a grandi. D'abord, en révélant ma petitesse, en mettant au jour les refus, la révolte contenus, par peur de déplaire ou par crainte de carrément tomber dans un gouffre sans fond. L'auteur nous conduit comme par la main vers une expérience qui ouvre la vie : apprendre à coexister avec l'émotion, cesser de craindre la peur, de traiter avec mépris la colère et de faire un triste sort à la tristesse. L'émotion ne tue assurément pas et la ressentir à fond est, sans conteste, nous prémunir contre ce qui détruit : la rancune, la haine, le dégoût de soi, la jalousie, tout ce cortège qui finit tôt ou tard par élire domicile en nos coeurs, véritable parasite qui entrave la libre circulation du «oui». Vivre l'émotion ce n'est certes pas devenir son esclave, ni nous transformer en fous furieux. Au contraire, il s'agit d'un exercice d'une infinie tendresse : largement ouvrir les bras sans juger, avec une infaillible bienveillance à ce qui nous traverse. Voilà peut-être le sommet du courage ! Mais n'idéalisons pas ! Ce serait encore un coup du mental.


mercredi 17 décembre 2014

L'alchimie des émotions avec Christophe Massin (2)





Deuxième partie (23 min.)
... il y a ma souffrance et moi


"Le refus est inhérent à l'émotion... car elle naît justement de ce décalage entre ce que j'attendrais et ce qui est. Dans mon esprit, la situation pourrait être autrement et je ne l'accepte pas directement telle qu'elle est. Je suis d'autant plus excité et joyeux d'être reçu à un examen, que je doutais du succès. Je compare subconsciemment avec la situation inverse où j'aurais pu échouer. Ce n'est pas une unité totale et immédiate avec la réalité. 

Dans une émotion joyeuse comme dans une émotion de tristesse ou de peur, on retrouve toujours un élément qui implique que la situation pourrait être différente. On ne vit pas une acceptation inconditionnelle du "c'est ainsi", où l'émotion se transformerait en un sentiment de paix."


Extraits d'un entretien au journal RÉEL

mardi 16 décembre 2014

L'alchimie des émotions avec Christophe Massin (1)

Cela me fait toujours du bien d'écouter cet homme qui m'a beaucoup nourri... 


Première partie (15 min.)
... les lyings

(source France Culture) 

Christophe Massin, découvre les sagesses orientales et l'enseignement de Swami Prajnanpad à travers Arnaud Desjardins en 1974, ce qui le conduira auprès de maîtres tibétains et indiens. 
Depuis, cet enseignement imprègne sa pratique de psychiatre thérapeute. Il s'intéresse particulièrement à l'articulation entre psychothérapie et démarche spirituelle et à leurs synergies. 
Par ailleurs il est sensible à ce que cette démarche s'inscrive dans la société actuelle. Il intervient dans le monde du travail sur les risques psychosociaux et a fait des recherches en périnatalité. 

Quelques publications : 
Le bébé et l'amour ; Vous qui donnez la vie; (Aubier Flammarion). 
Réussir sans se détruire (Albin Michel). 
"Souffrir ou aimer, transformer l'emotion" la préface d'Alexandre Jollien chez Odile Jacob






samedi 13 décembre 2014

De la pure tranquillité


En recherchant le palpable et le perceptible
Il est difficile de trouver la Voie.
La profonde réalisation
Vient par la persévérance,
La tranquillité, le soi et la pureté.
Cette pureté est immuable.
Cette tranquillité, c'est le soi.
Toutes deux sont interdépendantes,
Comme le bois de chauffe et le feu
La tranquillité est inépuisable
L'immuable pureté est sans fin.
L'existence vraie est au-delà des manifestations.
La sagesse éclaire à l'intérieur du cercle clair,
Où le moi disparaît, pas plus existant que non-existant.
Répandant avec discrétion l'énergie spirituelle,
Elle tourne subtilement le pivot mystérieux.
Quand elle trouve une occasion pour la faire tourner
De ce moment propice, la lumière originelle apparaît.
Tant que le mental conditionné n'est pas rejeté
Comment prétendre que les mots et les images peuvent être perçus ?
Qui est celui qui prétend les discerner ?
Prenez connaissance par vous-même et comprenez.
Toutes les choses sans aucune distinction, y compris le discernement,
Ne sont pas touchées par la pensée discriminante.
Quand les pensées discriminantes ne sont plus sollicitées
C'est comme des fleurs blanches de joncs éblouissantes dans la neige,
Le rayon de lumière étincelant pénétrant l'immensité.
La lumière se propage dans toutes les directions
Depuis toujours, sans être atténuée ni dissimulée.
Saisissant toutes les opportunités pour surgir
Au sein de tout changement elle fleurit.
S'adaptant aux conditions, la pure tranquillité reste immuable.
Le ciel la contient, l'océan l'agrée à chaque instant sans retenue.
Dans l'aboutissement sans retenue, l'intérieur et l'extérieur se confondent
Tous les Dharmas débordent de leur cadre,
Toutes les portes sont grandes ouvertes.


Wanshi Shokaku Sensei (1091-1157)


vendredi 12 décembre 2014

Retours sur la mort imminente


A la frontière de la vie...
grâce à de nouvelles études scientifiques à propos de la mort.
(France Inter / extrait de l'émission "service public" - 4 min.)





jeudi 11 décembre 2014

Apprendre à méditer vraiment avec Marc-Alain Descamps

Voir sa vraie nature par la méditation : tel est le but que vous propose ce livre, avec ses exercices pratiques et sa recherche théorique. La science de la méditation commence à être reconnue en Occident, alors qu’elle est une activité immémoriale en Orient dans le Yoga, le Bouddhisme, le T’chan, le Zen, le Soufisme, le Taoïsme …

La méditation est à la mode, d’où son drame : on en reste à la première étape et l’on oublie de s’en servir pour se connaître. Comment réussir à apprendre à méditer vraiment ?
On trouvera ici un manuel pratique avec des exercices simples et à la portée de tous suivis de méditations plus avancées. L’auteur analyse les erreurs sur le chemin, les étapes de la méditation, les différentes méthodes ou écoles jusqu’à la découverte de la suprême liberté et du divin en soi… et répondre enfin à la question fondamentale : « Qui suis-je ? ».


La méditation est ce qui permet de se rencontrer et de se reconnaître, de descendre au fond de son être, de circuler à l’intérieur de soi-même, de colmater les brèches… Elle est ce qui permet de changer vraiment. Mais ses effets psychologiques dans notre vie sont aussi importants que ses effets spirituels : grâce à elle il est possible de retrouver notre Être véritable, notre vraie nature.

EXTRAIT DE LA CONCLUSION DU LIVRE :


LES DIX IMAGES DU BUFFLE
Textes et dessins de Marc-Alain Descamps, d'après une représentation ancienne

"Rares sont les représentations des mutations qui s'accomplissent dans la méditation. Celles qui existent sont d'autant plus précieuses. En Chine puis au Japon, à partir d'une image utilisée dans une comparaison du Bouddha sur le contrôle des sens, reprises dans les Sûtras, se sont lentement développées, au fil des siècles, les représentations des étapes de la transformation en 4, 5, 6, 8 puis 10 étapes. 
L'auteur de cette série KUOAN SHIYAN vivait au XIIe siècle et appartenait à la branche Yanggi du Rinzaï-Zen. Les plus anciens dessins sont conservés au temple Shôboku à Kyoto. Ils sont l'oeuvre du peintre Shûbun qui vivait au XVIe siècle. [...] 
Sur ce thème célèbre se sont exprimés de nombreux peintres et poètes. 
Des textes et les dessins dans le livre sont l'oeuvre de l'auteur à partir de cette version dont voici un exemple ci-dessous :  






mercredi 10 décembre 2014

Nouvelles façons de donner (3)


5. L’arrondi en caisse
Faites vos courses en solidaires

L’idée vient tout droit du Mexique. En 2013, l’entreprise solidaire MicroDon a lancé un programme national d’arrondi solidaire dans les supermarchés Franprix. Le principe est simple : lors de leur passage en caisse, les clients ont la possibilité d’arrondir leurs achats à l’euro supérieur. La différence est reversée à des associations pour financer des actions de solidarité locales. Au total, 340 points de vente se sont déjà convertis à travers toute la France.


6. Le café suspendu 
Payez un petit noir à un inconnu

Passe un café à ton voisin. Le message commence peu à peu à faire son chemin dans les bars de France et de Navarre. Dans le sillage de leurs homologues napolitains, de plus en plus de consommateurs français prennent l’habitude de payer deux petits noirs au comptoir : l’un pour eux et le second, « en attente », pour une personne moins fortunée. Pour connaître les établissements partenaires, rendez-vous sur le site www.cafe-suspendu.com

7. Les produits financiers solidaires 
Développez votre coopération

Non, la finance et l’altruisme ne sont pas forcément antinomiques ! La preuve. Depuis la crise de 2007-2008, de plus en plus de livrets d’épargne, contrats d’assurance-vie et autres fonds communs de placement se déclinent à la mode solidaire. Et ça marche ! 
En 2013, 6,02 milliards d’euros ont ainsi été déposés sur des produits d’épargne solidaire, en hausse de 28,3 % en un an. Cela a permis de soutenir des projets à vocation sociale et/ou environnementale à hauteur de 1,02 milliard d’euros. « Aujourd’hui, les Français cherchent plus volontiers des placements qui ont du sens. Nous nous efforçons de répondre le mieux possible à leurs attentes en mettant notre métier de banquier au service de l’économie réelle et non de la spéculation », souligne Jean-Marc Pautras, responsable de développement des secteurs philanthropie, fondations, enseignement et recherche au Crédit coopératif, l’un des acteurs majeurs de l’économie sociale.




A propos du don (3) avec Alain Caillé



Vous écrivez que « le don est un opérateur politique ». Que voulez-vous dire par là ?

Depuis la nuit des temps, le don transforme les ennemis en alliés. Il crée des obligés, avec toute l’ambivalence que cela produit, puisqu’il y a une obligation de rendre. Et ce que montre très bien l’anthropologue Marcel Mauss dans Essai sur le don, c’est cette ambiguïté du don. Un don qui ne peut pas être rendu transforme celui qui l’a reçu en obligé et le rend inférieur à celui qui l’a donné. Donc à certains égards, le don, s’il devient asymétrique, devient un instrument de pouvoir et de la domination.


Faut-il retenir de cet entretien que le don est toujours intéressé ?

Le premier mobile du don, c’est l’intérêt pour soi. Cela correspond à une pulsion de survie. On le voit dès la naissance, dès les premiers jours. Mais il y a aussi de l’intérêt pour autrui, ce n’est pas contradictoire. Dans tous les dons que nous accomplissons, il y a une part d’obligation sociale et une part de liberté créative. Par exemple, à Noël ou lors d’un anniversaire, on est bien obligé d’offrir un cadeau à ceux qu’on aime. Mais ces cadeaux peuvent être plus ou moins élaborés, ils peuvent être offerts avec plus ou moins de talent ou de grâce. Dans ce domaine, chacun est amené à faire preuve de créativité. Ce qui veut dire que dans le cadre de l’obligation sociale il y a de la place pour la liberté et pour l’inventivité. Ce qui compte, finalement, ce n’est pas seulement la nature du don, c’est aussi la manière dont nous l’accomplissons. 

 source : La Vie


mardi 9 décembre 2014

A propos du don (2) avec Alain Caillé


Dans l’Église comme dans la société, l’idée d’un partenariat avec les plus pauvres, pour rompre avec le modèle charitable, est en train de gagner du terrain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Qu’il faille passer de la charité à une autre dynamique du don, cela me paraît absolument évident. Le registre traditionnel de la charité correspond à une vision asymétrique du don, très verticale. Il y a un don premier de Dieu, l’inconditionnalité absolue, un don tellement énorme que personne ne peut l’égaler. Cette idée d’asymétrie du don premier crée à mon sens la position hiérarchique de l’Église, avec une série de dons descendants. C’est un don qui peut sauver celui qui le reçoit dans le registre du besoin, mais cela l’annihile dans le registre du désir. Or de plus en plus d’auteurs, de philosophes ou de sociologues se rejoignent sur la thèse suivante : l’essentiel du désir humain, c’est d’être reconnu. Nous ne cherchons pas seulement à satisfaire nos besoins, nous voulons être reconnus. D’ailleurs, être donateur, c’est vouloir – souvent incons­ciemment – être reconnu comme étant capable de donner quelque chose.


Pour vous, le don ne serait-il qu’un échange ?

Les organisations qui fonctionnent bien, qu’il s’agisse des entreprises, des associations, des administrations ou des équipes sportives, sont celles qui savent respecter la dynamique des quatre temps du don et du contre-don : « demander-donner-recevoir-rendre ». Alors que celles qui dysfonctionnent basculent dans le cycle opposé du « ignorer-prendre-refuser-garder ». Le bon dirigeant ou le bon animateur sait reconnaître dans le cycle du don et dans ceux qui s’y adonnent la véritable source de l’efficience. Celle qui réengendre jour après jour le cercle vertueux de la coopération et du travail pris à cœur. Le mauvais manager, en quête d’une efficacité ou d’une rentabilité qu’il espère chaque jour plus grande, finit par tuer la poule aux œufs d’or et enferme tout le monde dans le cercle vicieux du découragement et du chacun pour soi. Ce processus vaut aussi pour la vie quotidienne, dans nos relations sociales, amicales ou familiales. Là comme partout, il peut y avoir un cercle vertueux, symbolique (qui unit), ou un cercle diabolique (qui divise). Le cercle symbolique, c’est celui de la coopération : chacun est capable d’adresser une demande de soutien, mais aussi de donner et de recevoir.

Comment bien équilibrer ce que vous appelez les quatre temps du don et du contre-don ?

L’important, c’est de savoir effectuer chacune de ces quatre opérations au bon moment et de la bonne manière. Ne pas être trop demandeur par exemple. Dans une association, si quelqu’un passe son temps à demander de l’aide, ça ne marchera pas. Ça déséquilibre tout. Idem si quelqu’un se présente comme donateur universel, veut tout faire tout seul, être celui qui donne… Une association, c’est fondamentalement la mise en commun de donateurs, donc il peut y avoir une lutte pour le don. C’est à celui qui donnera le plus ou le mieux. « C’est moi qui suis le plus généreux, le plus utile, le plus efficace, qui a le plus l’esprit du don. » Et là, danger. Car si quelqu’un veut trop donner, il déséquilibre le collectif...


Nouvelles façons de donner (2)


2. Le crowdfunding
Soutenez un projet novateur

Financer la restauration d’un monument, remettre à flot un journal en difficulté, aider un artiste à sortir son premier disque… Avec le crowdfunding, littéralement le « financement par la foule », chaque citoyen peut soutenir un projet auquel il croit, à la hauteur de ses moyens. Importé en France en 2007, le système marche du feu de Dieu. D’après l’association Financement participatif France (FPF), 78,3 millions d’euros de fonds ont été collectés en 2013 sur 36 plates-formes, dont près d’un quart de dons. C’est plus de trois fois plus qu’en 2012. Et ce n’est qu’un début ! On estime le potentiel de collecte à près de 6 milliards d’euros en 2020.

3. Le don de congés 
Aidez un collègue dont l’enfant est malade

Tout est parti de l’histoire de Christophe Germain, un salarié de Badoit, à Saint-Galmier (42), qui, en 2009, s’était vu offrir par ses collègues 170 jours de jours de congés pour s’occuper de son fils Mathys, atteint d’un cancer du foie. Pour favoriser de tels élans de solidarité, le Sénat a adopté, le 30 avril, une proposition de loi autorisant le don de congés dans toutes les entreprises et administrations. La seule condition à remplir pour bénéficier de ce dispositif est de présenter un certificat médical attestant de la gravité de la maladie d’un enfant de moins de 20 ans.

4. Le don en nature 
Donnez vos objets usagés 

 Vous faites le grand ménage dans vos placards ? Au lieu de vous ruer sur la poubelle, donnez ! Meubles, bibelots, vaisselle, vêtements, électroménager peuvent ainsi trouver une seconde vie auprès d’un autre utilisateur moins fortuné. Les lieux de collecte ne manquent pas. Entre les dépôts d’Emmaüs, les conteneurs du Relais, les brocantes, les vide-greniers et les sites comme Donnons.org ou Recupe.net, vous avez l’embarras du choix ! 



3500 articles...


Il y a aujourd'hui 3500 articles sur ce blog... 
Cela m'enflamme et j'espère que vous en sentez la chaleur.
Merci de votre présence au coin du feu...


lundi 8 décembre 2014

Nouvelles façons de donner (1)


1. Le bénévolat de compétences 
Proposez vos savoir-faire 

 Vous aimeriez soutenir une association, mais vous disposez de peu de moyens ? 
Pourquoi ne pas mettre gratuitement à disposition l’un de vos savoir-faire sur votre temps libre ? C’est le principe du bénévolat de compétences. Un dispositif gagnant-gagnant qui permet aux organisations à but non lucratif de disposer de compétences qu’elles n’auraient pas pu s’offrir et aux salariés de trouver du sens tout en s’ouvrant à de nouveaux horizons. 

Le principe vous tente ? Inscrivez-vous sur le site internet de l’association Passerelles et compétences (www.passerellesetcompetences.org) en indiquant votre région et vos domaines d’aptitudes. Vous recevez alors des offres de mission conformes aux secteurs que vous avez choisis : création d’un site web, secrétariat, gestion d’une comptabilité, conseil juridique… Libre à vous ensuite de postuler ou non.





(source : La Vie)

A propos du don (1)


Alain Caillé : ... L’abbé Pierre a fondé le mouvement Emmaüs avec un désespéré qui voulait se suicider. Il écrit dans ses mémoires : « Tout à coup, face à cet homme, je fis le contraire de la charité. Au lieu de lui dire “Viens, je vais t’aider, te donner quelque chose”, je lui ai dit “Écoute, de toute façon, tu n’as plus rien à perdre, viens plutôt m’aider”. » Cette histoire est au cœur du mécanisme universel du don. Le véritable don, ce n’est pas de donner. C’est d’offrir à l’autre la possibilité de donner.

Alain Caillé, économiste et sociologue, a publié en 2014 : la Révolution du don.


Louis Bertignac : « Je trouve juste sympa de me sentir utile »

« Je ne vois pas dans la solidarité une sorte de devoir social de l’artiste. Je trouve juste sympa de me sentir utile. Je soutiens deux petites structures, dont une école de musique à Katmandou, au Népal. Je reçois chaque jour au moins trois demandes de parrainage. J’avoue que ce n’est pas toujours facile de choisir qui aider. Je suis particulièrement sensible à la myopathie, qui a coûté la vie à un membre de ma famille. Je trouve gênant que certains producteurs ou maisons de disques démarchent les associations et se bousculent au portillon des manifestations pour s’en servir comme d’un tremplin de promotion pour lancer de nouveaux artistes. »

Mobilisé pour le Téléthon


Garou : « En tant qu’artiste, on a le devoir de servir de grandes causes »

« Pour moi, un artiste est un peu un docteur de l’âme. Il a ce pouvoir magique de rendre les gens heureux, au moins le temps d’un spectacle. Quand on dispose d’un tel privilège, j’estime qu’on a le devoir de le mettre au service de grandes causes. C’est ce qui m’a poussé à devenir ambassadeur de One Drop, organisme engagé dans la lutte pour l’accès à l’eau potable, à soutenir une maison de soins palliatifs au Québec ou à m’engager pour le Téléthon cette année. N’y voyez pas un moyen de faire ma promo à moindre frais. Franchement, j’aurais bien plus d’intérêt à donner un concert rémunéré dans une grande salle. Mais je sais que les malades ont besoin du soutien de chanteurs populaires pour créer une grande chaîne de solidarité et encourager les dons. » 

Parrain du Téléthon 2014


dimanche 7 décembre 2014

Patrice Gourrier, ma marche intérieure

À la suite de Jérôme Kerviel, il a sillonné les routes de France pour dénoncer la « tyrannie des marchés financiers ». Au fil des kilomètres, c’est un véritable bouleversement intérieur qui l’a traversé.

Mai 2014, frontière franco-italienne. Nous dînons avec Jérôme Kerviel, en compagnie d’un journaliste. « Je vais être arrêté dans les prochains jours. Je ne pourrai donc pas tenir ma promesse faite au pape : marcher jusqu’à la place de la Bourse, contre la tyrannie des marchés financiers et pour une économie au service de l’homme. » Lorsque j’entends ces mots de Jérôme, que je connais depuis seulement quelques jours, une décision s’impose à moi : cette marche, c’est moi qui vais la poursuivre. L’évidence relève de la fulgurance, le sentiment de paix intérieure est immédiat : ma place est là. Tout à coup, je n’ai plus peur. Peur de quitter ma chère paroisse de Saint-Porchaire, où je termine, un peu épuisé, mon mandat, peur de ne plus avoir d’agenda, peur de l’inconnu. Pour quelqu’un d’hésitant comme moi, pieds et mains liés à ses sécurités, c’est la planète Mars.

Quelques jours suffisent pour vider mon bureau à Poitiers et donner la majeure partie de mes affaires. Le besoin d’allègement est aussi criant que stupéfiant. Spontanément, je vois une prière, une seule, pour accompagner ma marche, heure par heure : celle du cœur. « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pêcheur. » J’ai le sentiment que tout ce contre quoi je veux lutter ne pourra évoluer qu’avec la grâce de Dieu. À échelle humaine, on attend un retour sur investissement immédiat. Mais les fruits de ce combat fleuriront peut-être dans 100 ans… Cela ne m’appartient pas. Après quelques jours de retraite à l’abbaye de Lérins, je suis officiellement en « temps sabbatique » pour « une marche de spiritualité et de solidarité », d’après les propres mots de mon archevêque, Mgr Wintzer. Muni de mon petit sac à dos, contenant trois vêtements, un bréviaire, l’Évangile et Récits d’un pèlerin russe, je pars seul sur les routes.

La rencontre avec Jérôme Kerviel a été le détonateur de tout ce qui résonnait en moi depuis des années. Durant cette marche, je me suis aperçu que j’avais perdu une partie de moi-même. Qu’avais-je fait de mon caractère militant si présent dans mes années étudiantes ? Jusqu’à l’âge de 38 ans, j’ai dirigé une maison d’édition. Mon patron m’expliquait que le salarié devait être adaptable, flexible et recyclable. Je lui rétorquais qu’il ne parlait pas là d’un être humain, mais d’un tuyau. En tant que prêtre ensuite, j’ai publié un ouvrage, Lettre ouverte au prochain pape, où je n’ai pas hésité à affirmer que notre société « sacrifie l’homme sur l’autel du profit ». En cela, les propos du pape François me rejoignent totalement aujourd’hui. En nous invitant à aller aux périphéries existentielles, il a ébranlé mes certitudes : « Comment mettre en application ce qu’il dit tout en étant présent dans ma paroisse ? » Puis il y a eu Lampedusa : « Pleurez-vous lorsque vous voyez les cadavres ? » Sa question m’a transpercé. Non, je ne pleurais plus depuis longtemps. J’en étais horrifié. « Mon cœur serait-il devenu dur ? »

Je vois cette marche comme un dévoilement intérieur. Alors que son moteur premier était de prier pour les victimes de la finance et des banquiers, elle s’est révélée être aussi un parcours initiatique, personnel. Sur le plan affectif notamment. Intensément, j’ai demandé à Dieu le don des larmes. Le premier jaillissement a eu lieu lors de ma dernière messe à Saint-Porchaire, la veille de mon départ. Depuis, elles ne cessent de couler, dans les joies et dans les peines, dans la souffrance rencontrée chez l’autre, au bord d’un chemin, à même le bitume. En tant que prêtre et psychologue, j’ai toujours été touché par le malheur des gens. Mais par manque de temps, je n’allais pas jusqu’au bout de la compassion. Mon agenda rempli entravait la disponibilité de mon cœur.

Au fil des kilomètres, tout imbibé de la prière du cœur, j’ai découvert physiquement qu’une vie ne vaut que si elle est donnée. J’ai pu vivre concrètement la Parole, en serrant des mains, en enserrant dans mes bras. De tels gestes pouvaient être source de peur ou de gêne auparavant. En me rapprochant de Dieu durant cette marche, je me suis rapproché des hommes. J’ai vécu là une véritable conversion intérieure.

Sans programme, agenda, statut, j’ai appris à vivre de la Providence, tout en préservant une discipline de vie, avec des temps de prière, de méditation et l’eucharistie. Ma manière de célébrer la messe a changé. Elle est censée durer une demi-heure la semaine et une heure le dimanche. Désormais, si j’en ressens le besoin, je marque des temps d’arrêt, de recueillement, sans être stressé par l’attente des paroissiens. Je vois qu’ils comprennent.

Ma marche avec Jérôme Kerviel n’est pas finie. Nous ignorons quand nous l’achèverons, mais nous repartirons. Moi-même, je regagnerai les routes, seul. En quête de quoi ? Je l’ignore. La marche est un état d’esprit. Depuis mai, elle n’a jamais cessé. Mon évêque m’a nommé responsable d’un centre de méditation à l’abbaye Sainte-Croix, chez des bénédictines. Je rendrai service en paroisse comme prêtre auxiliaire à Poitiers, mais ne serai plus en charge de. C’est très différent. Paradoxalement, je ne me sens pas perdu devant l’inconnu de la Providence : au contraire, je n’ai jamais été aussi comblé, en paix et affirmé dans mes convictions. Je n’ai pas assez de recul sur ce qui se passe aujourd’hui dans ma vie, mais je sais une chose : je ne peux plus être le même prêtre qu’avant.

Propos recueillis par Anne-Laure Filhol

Les étapes de sa vie
1960 Naissance à Paris.
2000 Ordonné prêtre.
2004 Devient chroniqueur aux Grandes Gueules !, sur RMC.
2005 Publication de Lettre ouverte au prochain pape.
2006 Nommé curé à la paroisse de Saint-Porchaire (86).
2008 Ouvre un cabinet de psychologie clinique à Poitiers (86) (fermé en 2014).
2008 Prend la défense de Jérôme Kerviel au micro de RMC.
Mai 2014 Débute sa marche.
Depuis septembre Responsable du centre de méditation à l’abbaye Sainte-Croix (86).
6 novembre Publie le Jour où ma vie a basculé (Le Passeur Éditeur).


Un centre de méditation
Le père Gourrier a été nommé responsable d’un centre de méditation par son archevêque, Pascal Wintzer. Les sessions ont lieu chez les sœurs bénédictines, au sein de l’abbaye Sainte-Croix, à Saint-Benoît (Vienne). Les activités de ce centre s’articulent selon deux axes : l’un thérapeutique (gestion des pensées et émotions, ruminations, stress…), l’autre spirituel, inspiré notamment de la spiritualité des Pères du désert (respiration, assise, silence et apaisement des pensées, messes méditatives, marches spirituelles…). Les deux se déclinent sous forme de journées, sessions, cycles, stages, retraites.
Renseignements : 06 11 68 41 78 ou www.gourrier-meditation.fr

Méditer avec Jacques Castermane


Suis-je né pour être agité, tendu, inquiet, stressé ?

Un maître zen, Hui-Neng, indique que le calme et la sagesse sont les fondements de sa méthode. Quelle méthode ? La méditation de pleine attention !


Pourquoi méditer ? Parce que le calme intérieur existe déjà au niveau d’être qu’est notre nature essentielle qui n’est autre que Je suis corps (Leib - IchLeib).
Le calme est une ressource du corps vivant, une ressource de « l’homme doué de vie ».

Le mental (mind) appartient au mécanisme de l’esprit et fait que « l’homme est doué de raison ». Le mental permet la prise de conscience et la représentation conceptuelle d’un phénomène ou d’un objet (ce qui distingue l’homme de l’animal). Cependant, ce processus qui fait que l’homme est doué de raison peut devenir le domaine du souci, de l’inquiétude, de l’appréhension, de l’agitation.

Est-il raisonnable de dire que le corps-vivant (Leib) est le domaine du calme, de la confiance, de la paix intérieure ? Raisonnable ... non ! Mais rien ni personne ne peut vous empêcher d’en faire l’expérience. Comme ce moine zen qui s’écrie, plein de joie, en sortant d’une séance de méditation : « Quel miracle, quel mystère ... je respire ! Et par la pleine attention au simple va et vient du souffle... tout en moi se calme ».

Méditer ? C’est faire marche arrière, revenir à ce que je suis à l’origine, au commencement : un être « doué de vie » qui ne peut imaginer que, quelques années plus tard, il deviendra un être « doué de raison » ! La respiration, plus exactement l’acte de respirer, est sans doute la manifestation vitale la plus proche et la plus intime. Je respire ! C’est une action qui est libre de tout savoir et de tout savoir faire. Méditer ? C’est apprendre l’art d’accueillir l’irruption du souffle. Méditer ? C’est apprendre à accueillir l’irruption du calme.

Jacques Castermane

vendredi 5 décembre 2014

Fait d'hiver...pour une ferveur...

Un fait divers qui m'avait ébranlée. Un employé des chemins de fer était entré dans un wagon frigorifique pour le nettoyer, et la porte s'était refermée derrière lui. Et le voilà enfermé dans ce wagon frigorifique. Comme c'était un vendredi soir, il est resté tout le week-end dans ce wagon frigorifique et évidement il est mort de froid. Seulement voilà, la réfrigération n'était pas branchée et il y avait 18° dans le wagon ! A l'autopsie, son corps a montré tous les symptômes d'une mort par refroidissement. Cet homme est donc mort de la représentation qu'il avait du froid. Il est mort de son imaginaire ! C'est quelque chose d'extraordinaire ! 

Nous vivons et nous mourons de nos images, pas de la réalité. La réalité ne peut rien contre nous. La réalité n'a pas de pouvoir contre nous. C'est la représentation que nous en avons qui nous tue ou qui nous fait vivre. Imaginez le contraire, imaginez un employé des chemins de fer enfermé dans un wagon frigorifique branché mais qui survivrait en visualisant le soleil tout un week-end. C'est aussi possible. Bien sûr que c'est possible et c'est ce que nous avons à faire dans cette société, où nous mourons de froid, où nos cœurs meurent de froid. Les pensées négatives sont puissantes et nous aspirent vers leur noirceur. Et la même force est à notre disposition dans la ferveur. 

 Du bon usage des crises (p.70) 
Christiane Singer


mercredi 3 décembre 2014

Tristesse et joie avec Christian Bobin

Il y a quelque chose de terrible dans chaque vie.
Il y a, dans le fond de chaque vie, une chose terriblement lourde, dure et âpre.
Comme un dépôt, un plomb, une tache.

Un dépôt de tristesse, un plomb de tristesse, une tache de tristesse.
À part les saints et quelques chiens errants, nous sommes tous plus ou moins contaminés par la maladie de la tristesse. Plus ou moins. Même dans nos fêtes elle peut se voir.

La joie est la matière la plus rare dans ce monde. Elle n’a rien à voir avec l’euphorie, l’optimisme ou l’enthousiasme. Elle n’est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont soupçonnables.
La joie ne vient pas du dedans, elle surgit du dehors — une chose de rien, circulante, aérienne, volante.

On lui accorde beaucoup moins de crédit qu’à la tristesse qui, elle, fait valoir ses antécédents, son poids, sa profondeur. La joie n’a aucun antécédent, aucun poids, aucune profondeur.
Elle est toute en commencements, en envols, en vibrations d’alouette.

C’est la chose la plus précieuse et la plus pauvre du monde.
Il n’y a guère que les enfants pour la voir. Les enfants, les saints, les chiens errants.
Et toi. Tu l’attrapes au vol, tu la redonnes aussitôt, il n’y a rien d’autre à en faire.
Et tu ris, tu ne sais que rire devant tant de richesse donnée, reçue.

Tu as pourtant affaire, comme chacun, à cette chose terrible dans ta vie, à cette ombre terriblement lourde, dure, âpre.
Tu lui fais place comme au reste. Tu ouvres la porte à la tristesse si aimablement qu’elle en est perdue, qu’elle en perd ses manières sombres et qu’on ne la reconnaît plus.

La grâce se paie toujours au prix fort. Une joie infinie ne va pas sans un courage également infini.
Dans tes rires c’est ton courage que j’entendais: un amour de la vie si puissant que même la vie ne pouvait plus l’assombrir.

extrait de "La plus que vive "
Christian Bobin


mardi 2 décembre 2014

lundi 1 décembre 2014

Une petite tisane... sans pesticide pour l'hiver...


Les bienfaits des tisanes...



Moi qui prend des tisanes "yogi Tea"...
(tests suisses qui seraient bienvenus en France)