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vendredi 2 novembre 2018

Seule la tranquillité constate l’agitation


Voici un autre extrait du beau livre  "Le corps est conscience" de Marc Marciszewer.

Transposé dans votre expérience quotidienne familière, le fait de vous consacrer délibérément à l’écoute par moments va vous permettre d’observer que quand vous pensez ou dites « je suis agité », c’est la tranquillité en vous qui le constate et l’exprime. Parce que si vous êtes vraiment agité, vous ne pouvez le remarquer qu’après, quand vous ne l’êtes plus ou que vous l’êtes moins.

Et même si c’est répétitif : la démarche de sophrologie proposée vous invite, lorsque vous vous pensez agité, à ressentir dans votre corps comment ça se passe. Dans votre poitrine, dans vos épaules, dans votre gorge, votre respiration, votre rythme cardiaque, etc. Vous quittez ainsi la pensée et découvrez 1 expérience sensorielle de 1 agitation, en ce moment précis. Puis l’agitation n’est plus qu’un mot désignant certaines sensations.


Une seconde phase vient, plus ou moins vite, où l’écoute change spontanément de direction : elle se centrait sur les sensations, là elle se porte instinctivement vers l’arrière-plan, l’espace où sont perçues ces sensations, et où naissent et disparaissent les pensées.

Cela réveille une profonde tranquillité du corps comme de l’esprit, intuitivement reconnue comme immuable, toujours déjà là.

Et l’instant d’après, cet émerveillement disparaît et l’écoute cède place à une nouvelle expérience... qu’il conviendra d’écouter dès que vous en viendra la présence d’esprit.

« Le corps n’est pas à l’extérieur. Il est conscience. Il s’agit de ne pas se limiter au corps. La corporalité est l'expression de l’arrière-plan. »
Éric Baret, (L’eau ne coule pas, yoga de la non-dualité, éditions du Relié, Gordes, 1995, p. 31)

Ainsi, dans cette vision du monde qui traverse les cultures et les époques, la Conscience n’est pas dans le corps, mais le corps dans la Conscience. Mieux : le corps est Conscience.

Dans la sophrologie de l’écoute (ou sophrosophie), en écho à cette vision que nous partageons, hormis dans certains cas spécifiques qui ne peuvent être abordés par écrit, nous ne faisons pas référence à la physiologie du corps, pour ne pas le garder séparé de son environnement et au contraire lui permettre de ressentir une large palette de sensations, le ressentir comme lourd, léger, rayonnant, immense, vacant, vibrant, puisant.

La démarche de sophrologie ici proposée, à l’instar du yoga de l’écoute tel que celui du Cachemire, ne se réfère pas tant à l’anatomie physique qu’à la sensitivité, au corps d énergie, ce qui suscite une liberté et un dégagement quant à la perception du corps. Nous n’intervenons pas pour « nettoyer » les nœuds, les tensions, les contractures, parce que nous faisons l’expérience que l’écoute sensitive dégagée de toute référence nettoie d’elle-même, sans notre intervention, et mieux que nous le pourrions, de par l’éclaircissement émancipateur quelle apporte (sur nos modes de fonctionnement, les processus physio-psychiques, la nature et la fonction des émotions)...
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jeudi 1 novembre 2018

Exercice : écoute du corps


Extrait de : Le Corps est conscience de  Marc Marciszewer (chez Accarias L'Originel)

La séance est au masculin par respect de la grammaire et pour éviter la lourdeur de l’emploi des deux genres. Merci Mesdames de transposer au féminin...

En position assise à votre bureau ou votre table de travail, confortablement installé, les pieds sur le sol, la colonne vertébrale redressée sans être rigide...


1.    Prenez conscience de votre posture globale

2.    Portez votre attention sur toutes les zones du corps en contact :
-    Les pieds sur le sol

-    Les cuisses et les fesses sur le siège

-    Le dos appuyé au dossier (si c’est le cas)

-    Les bras posés sur la table ou le bureau, à moins qu ils ne soient pas posés

-    Les mains en contact avec le cours, un crayon, un stylo

Si les autres zones du corps sont en contact avec quoi que ce soit, portez-y également votre attention, par exemple :

-    Les pieds dans les chaussettes, les chaussures

-    Les vêtements sur la peau pour les zones du corps sans contact avec autre chose, etc.

3.    Revenez à la conscience du contact de vos mains avec le cours :

-    Ressentez dans la paume de vos mains, jusqu’au bout des doigts, sur le dos des mains, les sensations qui vous viennent.

Si vous ne ressentez pas distinctement certaines sensations, ce n’est pas grave, tout ce qui vous est demandé est d’être attentif à ce que vous ressentez, ou non, dans vos mains. Ne nommez pas les sensations, ne prêtez pas attention à vos pensées, commentaires, jugements, ne vous occupez que des
sensations que vous ressentez dans la région des mains.

4.    Reprenez la lecture du passage de Zondervan,(voir post ci-dessous) tout en demeurant à l’écoute des sensations.
5.    Portez attention à présent à vos cinq sens, en ce moment même :

-    Les sons, qu’ils soient proches ou lointains, distincts ou ténus, à l’extérieur comme à l’intérieur de vous...

-    Les odeurs, sans faire le moindre effort pour sentir, mais au contraire en demeurant simplement réceptif à vos sensations. Si vous ne sentez rien maintenant, c’est sans importance. La répétition de ce type d’exercice vous y rendra sensible, soyez patient...

-    Les saveurs dans votre bouche, sur votre langue, dans votre gorge. Encore une fois, ne faites aucun effort, sinon celui d’être attentif et détendu...

-    Les formes visibles autour de vous, la lumière du jour ou de l’éclairage, les nuances de relief, de couleurs...

-    Les sensations tactiles, le contact des pieds à la tête avec le sol, le siège, le bureau, les vêtements, l’air ambiant pour les zones du corps non couvertes...

6.    Respirez attentivement environ une ou deux minutes, sans modifier votre respiration...
7.    Vous pouvez vous étirer, bouger votre corps, puis ne plus porter votre attention délibérément sur quoi que ce soit...


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mercredi 31 octobre 2018

Si nous prêtons attention au corps !

A nouveau, un très beau livre sur un thème qui m'est cher : la vérité du corps. Ce lieu où l'on peut se réfugier mais qui nous fait fuir dès qu'il n'est pas comme l'on souhaite. Entrez dans ce temple et dans ce livre qui nous offre de nombreux exercices pour retrouver notre corps, encore et encore !...


Si nous prêtons attention aux sensations corporelles, nous quittons naturellement le domaine de la pensée. Telle est cette approche de la sophrologie, dont l'objectif est non seulement de détendre le corps, calmer le mental et pacifier le cour, mais aussi et surtout de reconnaitre ou pressentir l'espace infiniment ouvert de notre esprit. 

Les outils et les méthodes de la sophrologie sont vieux comme le monde. L'auteur est en résonance avec une démarche d'écoute que l'on trouve dès l'antiquité, dans des écoles de sagesse en Grèce, en Chine et surtout en Inde (Vipassana, Shivaïsme du Cachemire, Advaïta Vedanta). 

La démarche de sophrologie ici proposée ne se réfère pas tant à l'anatomie physique qu'au corps d'énergie. Toujours le même geste intérieur : revenir à la sensation, au corps sensible.
Pour être attentivement présent, nous découvrons vite qu'il nous faut apprendre ou réapprendre à laisser se détendre suffisamment notre corps et à permettre à notre esprit de se reposer dans son espace originel, tranquille, autrement dit à ne plus s'identifier aux pensées, sensations, émotions, images qui traversent cet espace ouvert, notre esprit.
L'auteur propose de nombreux exercices performants pour nous permettre d'expérimenter directement par nous-mêmes. 


« Le besoin de notre époque consiste en des pratiques que les individus puissent effectuer eux-mêmes pour faire leur propre nettoyage psychique au quotidien. Fort de sa longue expérience directe avec les patients, Marc met l'efficacité pragmatique au-delà de la dogmatique théorique. » 
Jacques Vigne

Marc Marciswer vit à Paris. Il a souvent séjourné en Inde de 1976 à 1986. Depuis 1987, il a formé des sophrologues, imprégnant sa démarche de l'écoute sans commentaire du corps et de l'esprit, se rapprochant ainsi de courants non duels. il a publié Vivre en éveil, chez Alzieu éditeur. (15 euros chez Accarias L'Originel)

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 Extrait :

 "Si nous prêtons attention aux sensations physiques, nous quittons naturellement le domaine de la pensée. Nous nous trouvons ainsi instantanément dans le champ de l'expérience. 
Si, une fois détendu, nous restons attentif, nous pouvons assister à l'explosion de sensations de plus en plus fine qui correspondent à l'éveil de notre dimension énergétique, que nous appellerons le corps d'énergie. 
L'écoute ne se réfère donc pas ici au sens auditif, mais plutôt à la conscience de l'état sensitif du corps. "
Koos Zondervan, Le Yoga tantrique


Ce que Zondervan nomme dimension énergétique et corps d'énergie, je l'appelle plutôt le corps ressenti ou corps sensible ou sensitif. Concrètement, bien que chacun de nous puisse le percevoir différemment, c'est ce que nous ressentons lorsque nous prêtons attention aux sensations corporelles. Je ne veux pas donner plus de précisions, afin de ne pas orienter votre imaginaire, mais au contraire permettre d'expérimenter directement par vous-même.



A suivre...