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mardi 1 mai 2018

L'amour... de soi.

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L’amour commence par nous. Ici, à notre propre égard. Posez ce livre. Éteignez la musique ou la télé, arrêtez-vous. Net. Stoppez tout à l’instant et, après quelques respirations profondes, demandez-vous à voix haute : « Que suis-je ? » Et observez. Soudainement vous allez vous rendre compte d’un mouvement de votre esprit qui va être de plus en plus fort ; c’est un besoin, un mouvement fondamental : celui de vous connaître. Ce mouvement est le début de l’amour. Il est là, dans cette envie de se connaître. Tout commence ici. Ensuite viendra l’envie de se réconcilier avec ce que vous êtes en vérité. Se réconcilier, c’est-à-dire comprendre : «Je suis  juste ainsi ; » Puis dans cette révélation, lâcher prise, ouvrir les mains. Dans une main ouverte, tout peut se poser. Tout peut advenir.

Aimer, c’est avant tout se recevoir tels que nous sommes. C’est en ce sens que l’amour commence par nous. Ouvrir grand les yeux sur ce que nous sommes et nous chérir comme une mère pourrait chérir son unique enfant. D’un amour qui n’est ni niais, ni superficiel, ni émotionnel. Une mère est douce, parfois dure. Mais aucune de ces formes ne manque d’amour.

L’amour recentre et donne un sens profond à notre existence ; il la leste en quelque sorte. Comment pourriez-vous vous épanouir dans une maison que vous ne connaissez ni n’aimez ? Impossible si vous ne connaissez pas le moindre de ses recoins. Et puis vous n’y inviteriez pas vos proches à séjourner ; vous tenteriez d’en masquer toutes les imperfections.


What Lies Between by Grazyna Perl
Se connaître, se percevoir tel que l’on est, chaque instant changeant, et se porter une attention aimante sont indispensables à notre existence. Sans cela, tout ce qui découle de nous est approximatif, superflu et, qui plus est, trompeur. L’acte le plus extraordinaire, l’action humanitaire la plus épatante peut être un leurre si nous ne sommes pas profondément ancré dans la connaissance - l’amour - de nous-même.

Qu’a-t-on à donner si l’on ne connaît ni ne vit pas cet amour en nous ? Qui ne s’aime pas profondément ne peut aimer tout court. S’il ne ressent pas ses fragilités, ses doutes, ses peurs tout aussi bien que sa beauté, sa grandeur et son immense complétude, comment pourrait-il percevoir l’autre tel qu’il est, sans le juger ni le réduire à une image, une projection, une apparence ? C’est pour cela que la quasi-totalité de nos mouvements vers les autres est maladroite et insuffisante. C’est pour cela aussi que tous nos efforts sont reçus de façon maladroite et insuffisante. 

Sans cet amour de soi, honnête et naturel, se creuse en nous un vide immense. Si ce vide s’installe en notre existence, les autres ne seront qu’un moyen de le combler, de meubler notre solitude et notre manque d’amour. Mais nous n’avons pas conscience de tout cela; nous croyons vraiment aimer. Nous croyons être altruistes et généreux, ouverts aux émotions sincères et à l’amour. Le plus souvent, nous ressemblons pourtant à des trapézistes maladroits ou peureux qui se suspendent au trapèze tout en gardant les pieds au sol. On sautille, on meut ses jambes : on croit danser... et l’on se contente de cette pâle imitation. Comme lorsque l’on affronte la question « que suis-je ? », aimer demande de se lancer dans l’inconnu, de se jeter dans le vide sans filet. Il s’agit d’ouvrir l’espace de l’expérience ; d’être capable de recevoir tout ce qui advient, sachant que tout peut advenir. De croire en soi, de se laisser grandir. De laisser l’amour s’exprimer.

Grazyna Perl 
"Quand la fleur se fane, où s'en va son parfum ?" 

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lundi 2 juillet 2012

Que suis-je ? avec Grazyna Perl

Daniel Morin nous parlait "Du Grand Je ne sais pas". Voici un extrait du livre de Grazyna Perl, "Quand la fleur se fane, où s'en va son parfum ?" où le parfum du "ne sais pas" nous embaume de nouveau...


«Que suis-je ? » Qu'est-ce que cet être qui respire, qui marche, qui mange, qui est assis là à méditer? Est-ce mon corps ? Mais je ne suis pas qu'un corps ? Qu'est-ce qui se pose ces questions ? Mon esprit? Mais je ne suis pas qu'un esprit. Qu'y a-t-il plus qui constitue ce «moi» ? Comment répondre ?
Maître Seung Sahn dit : « La question originelle est: "Que suis-je?" Et votre réponse est: "Je ne sais pas." Qu'est-ce qui "ne sait pas"? Vous êtes toujours coincé dans la question. Vous êtes à l'un de ses bouts : soit je sais, soit je ne sais pas, et ils sont opposés. Qu'arrive-t-il si vous jetez juste toutes ces questions et vous contentez de vivre ? » 


Un point essentiel de l'enseignement de Maître Seung Sahn est ce qu'il appelle l'esprit «ne sais pas ». L'esprit «ne sais pas » est l'esprit d'avant les pensées. « Qu'es-tu ? — Je ne sais pas. » C'est l'esprit que vous avez quand vous faites une réponse spontanée, sans avoir à réfléchir, sans qu'elle entraîne des pensées en chaîne. «De quelle couleur sont tes cheveux ? — Blonds. » 
Ou quand vous conduisez, et que vous ne faites que conduire ; quand vous dansez et que vous ne faites que danser ; quand vous riez, quand vous pleurez à chaudes larmes. Quand vous laissez la réalité apparaître.
 «Les dix mille questions ne sont qu'une question, disait Maître Seung Sahn : "Que suis-je ?" » 
Et cette question est le seul moyen direct pour comprendre l'esprit «ne sais pas». 


La position de méditation, la position zazen, correspond à cela : il s'agit de se poser, de déposer l'esprit, de laisser le corps respirer, avant que les questions viennent. Le but de la pratique que j'ai apprise de Maître Seung Sahn et que j'enseigne à mon tour est de conserver en permanence, partout et tout le temps, cet esprit «ne sais pas ». « Ne sais pas » n'a rien à voir avec l'ignorance. C'est l'esprit prêt à recevoir le monde tel qu'il est, «juste ainsi ». Il est pleinement ouvert à la vérité qui advient et nous ouvre au contraire les horizons les plus vastes.


p.54-57

mercredi 8 août 2007

Grazyna Perl ou maître zen Bon Yo

A la suite de maître Seug Sahn (voir le message ci-avant), je vous présente maître Bon Yo, anciennement Grazyna Perl, de l’École Zen Kwan Um. Elle se présente en tant que femme dans la tradition du bouddhisme coréen :

Coming empty-handed, going empty-handed -- that is human.
When you are born, where do you come from?
When you die, where do you go?
Life is like a floating cloud which appears.
Death is like a floating cloud which disappears.
The floating cloud itself originally does not exist.
Life and death, coming and going, are also like that.
But there is one thing which always remains clear.
It is pure and clear, not depending on life and death.

Then what is the one pure and clear thing?