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samedi 2 mai 2026

Deux pleines lunes

 Et voilà qu’en ce 1er mai, une fois les clochettes du muguet fermées et la nuit tombée, Dame lune pleine et ronde viendra en majesté ouvrir le bal de mai, puis en son dernier jour, le 31, viendra le refermer ! 

Deux pleines Lunes en ce joli mai !

Celle de cette nuit s’annonce comme une des plus puissantes de l’année. C’est la pleine lune des fleurs- il suffit de regarder les jardins-, une pleine lune en Scorpion dans le signe zodiacal du Taureau.

Mais c’est aussi pour les bouddhistes la pleine lune et la fête du Wesak, le point culminant de l’année spirituelle. 

La légende raconte qu’au cours d’une cérémonie sacrée, le Bouddha, le Christ et les Êtres Illuminés au cœur de toute foi, offrent au monde une bénédiction particulière. Quand nous nous relions à cet évènement, une grande chaîne de lumière est créée et élève toute vie.

Quelques soient nos croyances, notre foi ou l’ouverture de nos esprits, peut-être pouvons nous simplement cette nuit, ouvrir les portes de nos cœurs et laisser la sagesse, la lumière et l’amour s’y déverser.

Jolie nuit de pleine lune à TOUS

Elisabeth Kuhn

peinture: Takashima Yajuro 1890 – 1975 - the moon 1963

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mercredi 6 août 2025

Les portes...

 


Qu’est-ce que la vie, si ce n’est une succession de portes à franchir?

D’abord celles de l’enfance, des multiples étapes de la croissance physique, celles de l’empilage successif et programmé des connaissances, celles de la découverte des émotions, chaque année d’âge marquant la validation d’une porte franchie.

Jeune adulte, nous croyons avoir triomphé de toutes les portes et nous voilà prêts à conquérir le monde ou au contraire, à nous ranger sagement dans le moule que la société dans laquelle nous vivons nous propose...ou nous impose.

Pourtant encore de nombreuses portes à passer, celles de l’amour partagé, celles du choix d’être parent ou pas, celles de la réussite dite professionnelle et bien d’autres.

Les années passent, d’autres étapes et d’autres portes se franchissent dans la joie ou la douleur et le plus souvent dans la joie et la douleur.

Alors nous réalisons que, certes nous avons servi notre famille, la société, le formatage en vigueur, nos personnalités exacerbées, mais que souvent nous avons laissé l’essentiel sur le bord de nos chemins, ce germe précieux et sacré qui trouvait encore son expression dans nos rêves d’enfants.

Ainsi commence une nouvelle succession de portes à franchir pour détricoter ces cottes de mailles que la vie nous a fait endosser pour nous protéger de tout et de rien et nous éloigner de l’Être précieux et invulnérable que nous sommes véritablement.

Ces portes sont variées, de plus en plus petites et mystérieuses jusqu’à devenir de pures allégories, car derrière, ce n’est plus un être tangible que nous découvrons, mais l’écrin de la Vie sacrée et infinie...

Elisabeth Kuhn

peinture: Claude Monet 1840-1926 - Les portes du jardin 1881

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samedi 1 mars 2025

Poésie de la nuit


Comme elle est étrange cette vie incarnée dont nous cherchons avec tant d’application à en cadrer une moitié, lui donnant une structure, une logique, une chronologie rythmée par le temps, un sens, des valeurs, un échelonnement d’importance, une direction, un début, une fin et dont l’autre moitié nous échappe totalement. Faite de nuits obscures, de lambeaux de raison, d’anachronisme, de distorsion du temps, de l’espace ou du souvenir, d’images ineffables, de quêtes insaisissables, de batailles marécageuses ou de fulgurances, cette face nocturne de notre vie, l’air de rien, nous entraine dans un monde parallèle, illogique et sensible, glacé ou sensuel, dont nous émergeons chaque matin recréé à neuf, pour aborder un nouveau jour de raison, laissant au fond du lit, ces parts de rêve ou de cauchemar, cette poésie de la nuit.
L’une de ces deux moitiés n’existerait pas sans l’autre et l’autre sans l’une...
Et l’autre sans lune...

Elisabeth Kuhn
art graphique: Rebekah Myers

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samedi 4 janvier 2025

Ouvrir et créer


Nous avons développé au maximum nos capacités d’analyser, de classer, de répertorier, d’échafauder des théories, d’émettre des hypothèses, d’accumuler, d’évaluer, de comparer, créant couche après couche un monde linéaire que nous avons voulu logique et déductible et voilà que nous avons engendré un monstre qui tel un boomerang fatal, lancé dans l’enthousiasme d’une croissance supposée infinie, revient vers nous dans un décor de nuages noirs.

Nous avions oublié l’impermanence de toute chose, et cette particularité si spécifique à la vie sur Terre : la dualité. Cette dualité qui fait se succéder le jour à la nuit, l’ombre à la lumière, qui oppose le bien au mal et ce qui en haut à ce qui est en bas. Nous nous sommes tant complus dans cette dualité, qu’elle est devenue nôtre et que nous pensons à tort qu’elle nous constitue.

Mais nous sommes UN, riche d’une histoire éternelle, de capacités infinies et de dons insoupçonnés.

Alors plutôt que de rester passif, sidéré et néanmoins critique en attendant que l’horrible boomerang fatal que nous avons nous-mêmes lancé, vienne nous anéantir, pourquoi ne pas aller chercher au fond de nous, tous les talents insoupçonnés des créateurs que nous sommes.

Élargissons notre conscience, ouvrons tout grand les portes de notre cœur, inventons des fenêtres, des portails, des passerelles que certes, les yeux de la raison ne voient pas, mais que nos rêves créateurs peuvent en tout temps manifester.

Réinventons la vie, l’amour, le futur, l’humanité, en plus lumineux, en plus généreux, en plus gai...

Elisabeth Kuhn

collage artistique: Jiro Ban - the door

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dimanche 10 novembre 2024

Recherche en pause


Nous sommes tous en permanence à la recherche de quelque chose : le bonheur, la sagesse, le bien-être, l'amour, la beauté, le passé, un avenir meilleur, des biens matériels, une promotion, la connaissance, des amis, l'inspiration, de l'aide, la santé, une jeunesse éternelle, une perfection illusoire....

Mais quand nous arrêtons-nous pour simplement ressentir ces milliards de cellules qui nous constituent et sans relâche s'activent, pour entendre battre ce métronome infatigable: notre cœur, pour prendre conscience de tout ce que nos yeux nous permettent de voir et de faire nôtre, du brin d'herbe au cosmos infini, de tout ce que nos mains peuvent prendre, toucher, donner, créer, caresser?

Quand comprendrons nous que nous possédons Tout, par le simple fait d'être en Vie ...

Elisabeth Kuhn

peinture Sylvestro Lega 1826-1895 - La donna curiosa

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dimanche 6 mars 2022

pause pour l'Essentiel



Je voudrais qu’il n’y ait plus de mots

mais pour le dire, il faut des mots

un grand nuage de silence blanc

à l’origine des sons

d’abord celui de mon propre souffle 

se perdant dans les soupirs du vent

puis les sourds battements du cœur

tambour chamanique de ma terre-chair

un trille d’oiseau, un battement d’aile

le clapotis de l’eau, une étincelle

le frémissement de l’arbre, l’oscillation du ciel

un rire d’enfant, une brise de mer

le bruit doux du mystère...

Mettre le monde en pause

redéfinir l’essentiel.... 


Elisabeth Kuhn

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mardi 15 février 2022

Ronds d'eau

 

Tous ces petits mots qui font des ronds dans l’eau de notre cerveau

Toutes ces pensées volages qui errent et grossissent les nuages

La vie se nourrit elle-même de tout ce qu’elle engendre

Et sous une autre forme, un autre état, va nous le rendre

Tout laisse des traces, rien ne s’efface

Il conviendrait de bien se laver les mains, mais aussi la bouche et le cœur

Pour que tout ce qui émane de nous devienne fleur

Poisson d’or ou coquillage

Mot d’amour ou parole sage....


Elisabeth Kuhn

peinture: Gustave Caillebote 1848-1894 / Yerres, effet de pluie 1875

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samedi 5 février 2022

Sans avis...

 


S'il vous plaît, de me donnez pas votre avis, je ne vous donnerai pas non plus le mien ; cet avis qui se mijote avec des pour avec des contre, avec des plus avec des moins, imprégné de toutes nos frustrations et de nos blessures profondes, mêlées à nos incompréhensions, voire à nos ignorances.

Non, donnez-moi votre ressenti, je vous donnerai le mien ; cette petite voix qui vient du cœur, qui a l’innocence de l’enfance, sans calcul et sans jugement, et qui parle au poète, à l’artiste, au rêveur, à l’amoureux, à l’intuitif, au sage, au prophète ou au fou, à l’intérieur de nous.

Ne laissons pas les pour et les contre nous diviser. Nous avons tant de belles choses à partager...

Elisabeth Kuhn

peinture: Edward Hopper 1882-1967 / Jo Sketching at Good Harbor Beach, 1924


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vendredi 22 octobre 2021

Hommage



Mais quel est donc cet organe, ce petit petit muscle motorisé, qui se met à fonctionner quelques semaines à peine, après la conception et ne cessera de battre qu’au dernier jour de notre vie?

Tel un métronome infatigable, il marquera de son tempo, chacune des secondes de notre existence, et sur une évaluation de quatre-vingts ans, il battra environ, tenez-vous bien :
Quatre milliards, neuf cent soixante-seize millions et six cent quarante mille fois !
Bien sûr, il aura peut-être des ratés, des accidents, des fêlures, dont il ne se remettra pas; mais dans la plupart des cas, vaille que vaille, il continuera sa mission, aspirant le sang fatigué et l’éjectant vers les poumons qui dans une synergie parfaite vont l’oxygéner, le nettoyer, le purifier.
Mais ce cœur si précieux à travers lequel s’écoule tel un fleuve perpétuel, le sang de notre vie, de nos peines et de nos joies, de nos déchirures, de nos frustrations, de nos amours et de toutes nos détestations, ce cœur, le mien, le vôtre, garde sur ses bords, les alluvions de toutes nos passions et de toutes nos lassitudes.
Si léger et rêveur dans l’enfance, si bouillonnant à l’adolescence, si passionné en jeunesse et si raisonnable avec le temps, il devient gros, il devient lourd, il porte le poids de nos ans et continue cependant d’assurer vaillamment, avec son tic-tac d’horloge compteuse, la longévité de notre parcours...

Elisabeth Kuhn

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jeudi 10 septembre 2020

Baiser masqué

 

Faudra-t-il ne s’aimer que de chair pour pouvoir s’embrasser ?
Laisserons-nous cette peur irraisonnée nous interdire de recevoir un baiser ?
Consentirons-nous encore et encore à laisser nos aînés partir seuls sans les avoir enlacés ?
Oserons-nous longtemps n’offrir à nos tout petits que des visages masqués ?
Oublierons-nous à tout jamais le plaisir de laisser nos corps se frôler et nos mains se serrer ?
Et pourquoi ?
Par peur d’une mort que nous faisons tout pour occulter ?
Mais c’est une mort lente que nous programmons là, la mort de la fraternité humaine, la mort des relations tendres et respectueuses qui constituent le bonheur simple et essentiel de la vie, le renoncement à la capacité que nous avons de nous protéger et de nous auto-guérir grâce entre autres, à la joie et à l’affection que nous partageons, à la liberté qui nous fait rêver et créer, à l’amour sans lequel la vie à laquelle nous nous cramponnons n’a aucun sens ...

Elisabeth Kuhn

Robert Delaunay 1885-1941
Le baiser 1922

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mercredi 9 septembre 2020

Mots du cœur.


Art graphique: Catrin Weilz Stein / words


Pour s’exprimer il faut des mots
Et des mots je n’en puis plus ; tant de mots qui s’étalent et de pensées louches qui les soutiennent, tant d’opinions, tant de questions, tant de points de vue, tant de douleur, tant de colère et ce cri primal, issu de tous les temps, qui n’en finit pas de hurler sa misère.
Que ne puis-je me tenir face à vous, laisser doucement la pluie laver les mots, tous les mots, lettres par lettre, puis vous ouvrir mon cœur d’où sortiraient, des colibris, des papillons nacrés, des roses roses et odorantes, un doux zéphyr, des perles d’opale, des eaux cristallines... mais aussi des éclairs fulgurants, des marées hautes, des nuages sombres, des braises ou de la glace, des coups de tonnerre et des étoiles d’or.
Tout ce qu’un cœur sur la terre peut offrir en silence à d’autres cœurs...

Elisabeth KUHN

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samedi 30 novembre 2019

Tant de voyages...


Tant de voyages en nous, de rêves, de chimères que nous laissons au port, pour cause de déraison.
Tant de voiliers laissés à quai, tant d’ailes qui n’aspirent qu’à se déployer et que nous refermons.
Tant de chemins secrets, de passages dérobés, que la peur du mystère nous empêchent d’emprunter.
Et pourtant...
C’est au cœur de tous ces songes refoulés, ces élans étouffés, ces poèmes muselés, que notre âme nous parle.
Cette âme qui n’a que faire de notre raison et parle plus volontiers la langue des nuages que celle même des sages...
Elisabeth Kuhn

Artwork: Christian Schloe

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jeudi 23 mai 2019

Apprendre... à s'aimer !

 
peinture Emmanuel Zairis 1876-1948

Comme (presque) toutes les petites filles j’ai rêvé d’un prince qui m’aimerait...il serait beau, il serait doux, il serait fort, me protégerait et par-dessus tout me réveillerait, me révélerait; derrière ma timidité et ma rondeur, il verrait ma beauté intérieure et bien entendu, nous serions très heureux et aurions beaucoup d’enfants.
Je pense à ce jour que beaucoup de jeunes garçons rêvent de filles qui les aimeront, qui seront belles et tendres, les écouteront, les comprend
ront et qui les révéleront, car derrière leur acné, leur timidité ou leur couardise, elles verront leur beauté, leur force et leur courage.
Nous ne rêvons pas de l’amour, nous rêvons d’être aimés.
Alors bien sûr la déception est grande car nous sommes tous imparfaits et la relation amoureuse, avec le temps, révélera plus encore nos imperfections et nos manques, nos frustrations et nos limitations.
Faut-il que notre blessure d’amour soit profonde et faut-il qu’en notre enfance nous en ayons bien peu reçu de cet amour sans condition, pour ne pas pouvoir avancer dans la vie le cœur plein, sans attendre d’une autre ou d’un autre qu’il le remplisse.
Il faudra parfois toute une vie pour le comprendre, remplir son cœur de sa propre richesse et apprendre à s’aimer...

Elisabeth Kuhn 
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samedi 30 mars 2019

Prière salvatrice...



J’ai découvert cette petite vierge et je l’ai trouvée jolie,
elle a un p’tit air de ma maman, comme on dit, de son vivant,
et surtout j’ai été interpelée par son nom et sa mission:
« Mère du dieu de tendresse envers tous les cœurs mauvais ».
Pauvre petite mère, que de boulot, car nous sommes tous plus ou moins mécréants, infirmes de l’amour, handicapés de la fraternité, accidentés de la sexualité, étrangers à notre propre destinée, et souvent ceux qui le sont le plus, sont ceux qui affirment le plus t’aimer.
Ô ma Babouchka, petite grand-mère supposée du monde, ce n’est pas que notre cœur soit mauvais ou que nous soyons méchants, c’est juste que notre vieux monde a inventé de belles histoires à dormir debout et que cela a marché puisque depuis des millénaires nous avançons les yeux fermés, les poings serrés.
Mais là, petite mère, nous ne savons plus quoi faire, et notre autre mère la Terre va peut-être nous lâcher, alors please, toi qui est si bien placée, change la formulation de ta mission et deviens pour nous, du fond de mon cœur et humblement, je te le demande :
« La Mère du dieu de tendresse et de sauvetage envers tous les cœurs égarés.»

Elisabeth Kuhn


peinture: Kuzma Petrov Vdokin 1878-1939
la mère du dieu de tendresse envers les cœurs mauvais 1915

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