lundi 17 juin 2019

Un parfum de méditation...



Méditer, pour moi, est une attitude ordinaire, se présentant un grand nombre de fois au cours d'une journée. 

Méditer, c'est juste être attentif : au contact du sol sous mes pieds, à un courant d'air qui agite les feuilles de l'arbre, à un chant d'oiseau, au goût exquis des fraises des bois, à la chaude lumière du soleil couchant, et ainsi de suite. 

Une de mes préférées : respirer le parfum d'une fleur. 
En ce moment, je suis gâté : les lys, les pivoines, les roses, les iris, la sauge. C'est une méditation qui habituellement dure 15 secondes : respirer le parfum d'une fleur pendant 15 secondes, soit en moyenne trois inspirations, car vous aurez pu remarquer que les odeurs ne sont perçues qu'à l'inspiration. Après, rien n'empêche de doubler la mise : 30 secondes, c'est déjà pas mal ! 

Et vous pourrez remarquer aussi que pendant ces quinze secondes, pratiquement aucune pensée ne se présente, vous devenez vous-même parfum...

Michel Tardieu



Le feu blessé par l'humidité sort de sa somnolence. 
Le dard et les épines aiguisent la soif d'épanouissement.
Les pétales s'ouvrent à la respiration solaire. 
Je souffle pour toucher du doigt la chaleur d'un instant.

Acouphene 

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dimanche 16 juin 2019

Rappel avec retour...






"Il vous suffit de retourner votre attention de 180°, de regarder et être cet Un qui regarde, l’espace infini, vide, conscient, éternel que nous sommes tous pour nous-mêmes, très précisément ici et maintenant, en ce centre qui est capacité pour le monde de se manifester. Il n’y a rien à accomplir. Simplement VOIR que vous êtes construit pour aimer. Jamais, jamais, au grand jamais vous n’avez été en situation de face à face avec qui que ce soit ; cela a toujours été Face à Espace."

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samedi 15 juin 2019

L'amour : passerelle vers la liberté


(par Jack Kornfield,  traduit par Fabrice Jordan).

"Peu importe où nous sommes, nous pouvons voir le monde à travers les yeux de l'amour.
Sans amour, tout est contraint, sinon faux. Avec amour, nous sommes en présence de tous les mystères de la vie. Nous pouvons tenir un abricot doré, un gant de baseball usé, la photo d'un enfant ou une vieille tasse ébréchée, et notre amour peut éclater. En tenant une pierre, nous sentons toute la montagne. En regardant un pin, sa présence devient amour de la terre elle-même. Quand l'amour est présent en nous, le monde rend notre regard, radieux et rempli de ses bienfaits.

Le cœur humain aspire à aimer et à être aimé, mais nous avons trop souvent peur. Nous avons été blessés, trahis, abandonnés, incompris, visés, oubliés et notre histoire d'amour est devenue une histoire de fantôme. Les fantômes de la perte et de la douleur nous hantent, nous avertissant de couvrir nos paris et de mettre en place un bouclier pour nous protéger contre d'autres pertes et rejet.
Le rejet est l'une des expériences les plus difficiles à supporter ; il touche nos douleurs les plus primaires d'abandon, faisant écho à la croyance erronée qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez nous, que nous sommes indignes, inesthétiques et inamovibles. Quelle que soit la forme que prend notre blessure - traumatisme familial, violence ou négligence de la part d'une famille submergée ou d'une institution sans amour - nous pouvons avoir peur d'aimer.

Nous avons du mal à nous ouvrir à l'amour, même pour nous-mêmes. Pourtant, chacun de nous est un être mystérieux, unique, étonnant, pleinement digne d'amour.
Parfois la peur de la mort ou la peur de l'inconnu bloque notre amour. Nous nous accrochons à une coquille protectrice, un petit sens de soi qui veut être en sécurité, pour contrôler la vie. On fait semblant de ne pas être vulnérables, mais c'est une illusion. Nous sommes incarnés dans un corps délicat, entrelacés dans la communauté de vie. Nos sens ont évolué pour s'adapter de façon exquise au monde toujours changeant du plaisir et de la douleur, de la douceur et de l'amertume, du gain et de la perte. L'amour et la liberté nous invitent à nous tourner vers le monde. Ils offrent les dons d'un cœur flexible, assez large pour accueillir l'expérience, vulnérable mais centré.

"En fin de compte, c'est de votre vulnérabilité que vous dépendez, écrit le poète Rilke. Nous sommes nés et soignés par les autres, et nous mourrons de la même façon. Pour le temps que nous sommes ici, nous sommes dépendants de la toile de la vie. Nous mangeons dans les champs verdoyants des fermiers, nous faisons confiance aux autres conducteurs pour rester de leur côté de la route, nous comptons sur le service de l'eau, le réseau des services publics, les ingénieurs électriciens, les enseignants, les hôpitaux et les pompiers qui assurent notre subsistance. Écoutez Mère Teresa : "Si nous n'avons pas la paix, c'est parce que nous avons oublié que nous appartenons l'un à l'autre." Quand nous honorons notre vulnérabilité et notre dépendance à la communauté de vie, nous nous ouvrons à l'amour.

Oui, vous avez été blessé et abandonné. Mais vous avez trouvé un moyen de survivre à votre passé traumatisant et maintenant la porte de la prison est ouverte ; vous pouvez sortir à tout moment. Combien de temps allez-vous garder votre cœur fermé ? Combien de temps allez-vous tourner le dos à l'amour ? Tout ce qui bloque votre amour est, à la fin, irréel.

Suivez le conseil de W.H. Auden et apprenez à "aimer votre voisin de travers avec votre propre cœur tordu". Ayez du courage. Prenez soin de la politique, prenez soin de la communauté qui vous entoure, mais rappelez-vous qu'à la fin, c'est votre amour qui compte le plus. L'amour est votre porte vers la liberté et votre dernier mot.

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vendredi 14 juin 2019

Reflet d'autrui...

Cela se voit bien en constellations familiales...

Et c'est pourquoi il est utile d'apprendre à guider et à connaître sa barque...
Que ce jour vous porte à apprécier vos rencontres...

 

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jeudi 13 juin 2019

Aime toi...



Pourquoi sommes-nous si lents à comprendre qu’il est de l’intérêt de tous que nous nous aimions nous-même ? Certes, on nous a beaucoup répété : « Préoccupe-toi d'autrui, ne te centre pas sur toi. » Prendre soin de soi équivaudrait à du narcissisme, du nombrilisme, de l’égoïsme, de la futilité. Quant à la fameuse phrase « aime ton prochain comme toi-même », elle a été vidée de sa substance, la deuxième partie ayant tout simplement été occultée. 

Nous sommes conditionnés par de nombreux autres messages du même genre reçus dans l'enfance, tels que : « Dépêche-toi », « Fais plaisir », « Fais des efforts »... Obéir à ces messages nous éloigne de nous-mêmes, nous décentre, nous empêche souvent de respecter nos besoins personnels de base. Or, chaque fois que nous ne respectons pas l’un de nos besoins fondamentaux, s’active en nous un agent stressant. Et le cumul des agents stressants diminue l'activité de notre système immunitaire, perturbe notre balance hormonale, etc. Parfois, tomber malade est le seul moment de repos possible, un moyen acceptable pour prendre soin de soi sans culpabiliser.

Que faire pour sortir du piège ? Prendre conscience des messages reçus dans l'enfance et travailler à les assouplir (parfois l'aide d'un psychothérapeute est indispensable). Apprendre à reconnaître les besoins de son corps, les respecter et les faire respecter suffisamment (ce qui n'est pas un mince travail). S'entraîner à pratiquer de manière progressive une ou plusieurs techniques de réharmonisation du corps et de l'esprit (respiration consciente, méditation, relaxation, imagerie mentale, exercices énergétiques, arts martiaux, etc..). Attention, tout ceci restera vœux pieux si le plaisir n'est pas au rendez-vous !  

 Source : Nouvelles Clés

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mercredi 12 juin 2019

Le miracle reconnu...



Dans votre précédent livre vous écrivez : "Chaque jour a son poison et pour qui sait voir, son antidote." Quel est l'antidote au poison des jours ordinaires et comment apprendre à le voir ? Car là est le vrai problème : comment reconnaître le miracle lorsqu'il arrive.
Quand le miracle arrive, vous le savez. Si vous me demandez quels sont les vrais trésors aujourd'hui, à l'heure qu'il est, à cette époque de ma vie, je répondrais : la patience et l'humeur bonne. Oui : une bonne humeur. J'ai entendu, il n'y a pas longtemps, un plâtrier siffler, mais - comment dire...? - il avait mille rossignols dans sa poitrine, il était dans une pièce vide, il enlevait un vieux papier peint, il était seul depuis des heures à cette tâche et il sifflait. Et cette image m'a réjoui et j'ai eu comme l'intuition que cette humeur-là rinçait la vie, la lavait, comme si cette gaieté de l'artisan réveillait jusqu'à la dernière et la plus lointaine étoile dans le ciel. Ça, vous voyez, ce sont des riens, des moins que rien, des micro-événements, des choses minuscules, mais ce sont ces événements qui fracturent la vie, qui la rouvrent, qui l'aident à respirer à nouveau. Lorsque de tels événements adviennent, croyez-moi, vous le savez. Vous le savez parce qu'une sorte de gaieté vous vient. C'est sans valeur marchande, la gaieté, sans raison, sans explication ! Mais c'est comme si, tout d'un coup, la vie elle-même passait à votre fenêtre avec une couronne de lumière un peu de travers sur la tête. 
source : L'Express

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Image : coaching holistique
" Un enfant qui s'ennuie n'est pas très loin du paradis : il est au bord de comprendre qu'aucune activité, même celle, lumineuse, du jeu, ne vaut qu'on y consacre toute son âme. L'ennui flaire un gibier angélique dans le buisson du temps : il y a peut-être autre chose à faire dans cette vie que de s'y éparpiller en actions, s'y pavaner en paroles ou s'y trémousser en danses. La regarder, simplement. "

Christian Bobin ; Prisonnier du berceau

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mardi 11 juin 2019

Nouvel opus de Sabine Dewulf



J'ai l'immense plaisir de présenter la biographie que j'ai écrite à propos du poète Raymond Farina, suivie de l'anthologie de poèmes qu'il a composée. Vous trouverez ci-dessous une présentation de ce livre - "Raymond Farina (l'Oiseleur des signes)", qui vient de paraître aux Editions des Vanneaux, dans la belle collection "Présence de la poésie", avec un extrait de mon préambule et quatre poèmes issus de l'anthologie du poète.
Ce préambule raconte brièvement ma singulière rencontre (par lecture) avec ce poète, il y a une trentaine d'années. Il évoque la manière dont je me suis laissé toucher et dont les poèmes si authentiques de Raymond Farina m'ont moi-même aidée à traverser concrètement certaines périodes difficiles de mon existence.
Ecrire à propos d'un poète vivant est une chance véritable : les nombreux échanges que j'ai pu établir avec cet homme (dont l'humilité et la générosité m'ont émue) m'ont permis de nourrir cette biographie d'éléments solides.
La vie de Raymond Farina est marquée par le voyage et par une extraordinaire faculté d'habiter n'importe où, en citoyen de la planète. Son œuvre épouse les méandres de ses pérégrinations et prend la forme d'un long poème sinueux, tantôt concis et fragmentaire, tantôt narratif et suivi, toujours épris de musicalité et constamment inspiré par le vol et le chant des oiseaux (c'est un poète ornithologue !). Ce long poème qui s'est posé, au long de ses avancées, chez de grands éditeurs - Rougerie, notamment - se dirige, ces dernières années, vers une poésie proche de la prose en sa simplicité, son dépouillement toujours accru.
Après les photographies qui occupent le milieu du livre, l'anthologie comprend de très nombreux poèmes, dont plusieurs inédits, présentés dans un ordre non chronologique, tel que me l'a confié le poète. Le lecteur pourra ainsi papillonner - j'emploie à dessein ce verbe car le papillon, dans cette œuvre, est cousin de l'oiseau et de l'ange - de poème en poème, admirant la richesse, la diversité, et, plus encore peut-être, la confiance accordée par Raymond Farina au langage qui est devenu le sien en se frayant sans fracas un passage presque constant dans notre modernité poétique.
Parmi les personnes remerciées dans ce livre figure à juste titre son épouse, Marie Paule Farina, elle-même écrivain (auteur d'ouvrages sur le marquis de Sade) : sans son précieux secours (sans même parler de son aide si fréquente, si efficace !), jamais ce livre n'aurait pu s'écrire !


Raymond Farina, un grand poète de notre temps. A (re)découvrir.





Sabine Dewulf 





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dimanche 9 juin 2019

Pointe de Flamme

Saint Jérôme lisant, tableau de Georges de La Tour

Tout le long de sa vie
Il avait aimé à lire
Avec une bougie
Et souvent il passait
La main dessus la flamme
Pour se persuader
Qu'il vivait,
Qu'il vivait.
Depuis le jour de sa mort
Il tient à côté de lui
Une bougie allumée
Mais garde les mains cachées.
-
Jules Supervielle
(Extrait de Le miroir des morts in Gravitations, Gallimard, 1966)





samedi 8 juin 2019

Désormais tout est changé...


De tous les actes inachevés, de tous les gestes que nous n'avons pas menés jusqu'au bout, de tout cet à-peu-près dont nous tissons nos jours et nos nuits, de toutes les rencontres avortées avec soi-même et les autres, naît un jour la crise. 
Une femme vit cette "nuit de l'âme" en plein hiver, dans la solitude d'une maison retirée. Elle l'explore, la pénètre et la retient en des lignes brèves, justes, fatales, qui touchent droit au coeur. Christiane Singer exprime ici par la voie de la fiction cette quête de l'essentiel tapi au fond de nous, qui constitue aussi la trame de ses essais. Traversée du miroir, récit initiatique, Histoire d'âme, Prix Albert Camus 1989, évoque, au plus profond et au plus simple, le mystère, la difficulté et le bonheur d'être.



Désormais tout est changé.
J'ai goûté - comme par mégarde - à la saveur d'être,
et tout est changé.

Quelque chose, en moi, n'est pas né avec moi 
et ne mourra pas avec moi.
Par cette certitude, tout est changé.

Il n'y a plus personne à qui reprocher quoi que ce soit
- plus personne, non plus, à convaincre de quoi que ce soit...
A l'instant où cesse en moi toute représentation - 
toute idée "sur" les choses, les voilà qui apparaissent 
dans leur évidence impérieuse, leur vide lumineux.

Histoire d'âme de Christiane Singer
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vendredi 7 juin 2019

Méditer! A quoi "bon"?

 
 
Dans les années 1970, à l'occasion d'une conférence, Dürckheim déclare:
« L’homme occidental souffre depuis longtemps d’une forme de vie dont le caractère effréné débouche sur ce qu’on appelle le stress.
La vraie cause de cette maladie n’est pas la somme de conditions extérieures mais l’absence de contact avec son propre être intérieur.
On trouve là aussi la cause de nombreux maux qui n’ont pas de raisons apparentes.
D’où l’importance de cet exercice spirituel qu’est : la culture du silence. Afin que la conscience intime, la conscience sensorielle, débarrassée du tumulte des pensées et des images du monde, révèle ce qui en chacun, est au-delà et en-deça du bruit, des concepts, des images.
La culture du silence intérieur passe par l’exercice de la parfaite immobilité du tout corps-vivant dans sa globalité et son unité.
La culture du silence intérieur passe par l’attention au simple va et vient du souffle.
Le silence intérieur n’est pas l’absence des bruits extérieurs mais un état d’être que plus aucun bruit ne dérange
».

Il serait dommage que le mot MÉDITATION, aujourd’hui sur toutes les lèvres, manque son objet. Lorsque je lis la liste « des cent bienfaits de la méditation de pleine conscience », j’ai l’impression que le mot — méditation — a pris place dans la culture du développement personnel qui répond aux désirs de l’ego: l’amplification du MOI, la sécurité du MOI, le confort du MOI, la permanence du MOI.
Par contre, depuis plus de 25 siècles, ce que je désignerais comme étant la méditation ancestrale est pratiquée « sans but » ! Cet exercice, indissociablement corporel et spirituel, a pour sens l’éveil au vrai soi-même qui n’est pas l’ego. Le maître zen désigne cette réalité, que chacun est, comme étant la vraie nature de l’être humain ; ce que Dürckheim appelle notre être essentiel.
L’expression japonaise pour cette pratique méditative est "zazen"; ce que Dürckheim, dans la langue allemande traduit par l’expression "Achtzamkeit Meditation" (méditation de pleine attention).

Si la pratique de zazen est sans but, cela ne signifie pas qu’elle est sans effet. Voici un exemple qui répond à cette question : « Méditer (sans but) ! A quoi ‘’bon‘’ ? ».

Année 1986. Comme chaque mois, depuis une quinzaine d’années, me voilà à Rütte, ce petit village de la Forèt Noire où Graf Dürckheim demeure depuis son retour du Japon (1947).
Il vient de fêter son quatre-vingt-dixième anniversaire.
« Comment allez-vous Graf Dürckheim ? ».
Sans la moindre hésitation il me répond « Bien … oui, je me sens vraiment bien ».
Sans vouloir être irrespectueux, je ne peux m’empêcher de lui exprimer mon étonnement : « Je viens de vous voir monter les escaliers qui mènent à votre bureau et il semble que vous avez désormais besoin d’aide pour franchir chaque marche ; vous reconnaissez que l’altération de la macula fait que vous voyez de moins en moins bien et … vous me dites que vous allez vraiment bien ! ».
Sans paraître le moins du monde déconcerté par ma remarque, il me dit, en souriant :
« Ah oui, bien sûr, si vous parlez de ça ! »

Si vous parlez de ça ! Autrement dit, si vous parlez du bien-être tel que nous l’envisageons lorsque nous sommes identifiés à cette part de nous-même qu’est l’ego : centre des images, des pensées, des désirs et des craintes. A ce niveau d’être, le bien-être résulte de l’accomplissement de ce que MOI j’aime, ce que MOI je veux, ce que MOI je désire, ce que MOI j’ambitionne, ce que MOI je prétends !
Bien-être rapidement contrarié lorsque se présente ce que MOI je n’aime pas, ce que MOI je refuse, ce que MOI je conteste, ce que MOI je désavoue !

La réponse de Graf Dürckheim n’a rien à voir avec ce — bien-être  — relatif.
Sa réponse est celle d’un homme en chemin qui, grâce à des années d’exercices reconnait que le vrai point d’appui de l’être humain n’est pas l’égo mais cette réalité encore trop souvent ignorée : sa propre essence.

Par sa réponse : « Bien … oui, je me sens vraiment bien ! » le vieux sage de la Forèt Noire témoigne que sur ce chemin de maturation qu’est le zen, la méditation ancestrale ouvre sur un "bien être" que nous pouvons estimer comme étant l’état de santé fondamental de l’être humain. Un être bien qui, sans les nier, n’est pas ou est moins affecté par les épreuves existentielles et les misères auxquelles chacun de nous est obligatoirement confronté.

Inviter l’homme actuel à une pratique méditative qui devrait lui permettre de se débarrasser de la souffrance, de la douleur et de l’insatisfaction comme on jette un kleenex à la poubelle est une ineptie. Si le mot méditation a un sens, c’est celui de préparer les conditions qui permettent l’ouverture à une autre manière d’être face à ce qui contrarie ou importune notre petit MOI.
Jacques Castermane 


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mercredi 5 juin 2019

L’ortie, une amie dans votre jardin

Si sa réputation n’est pas au beau fixe chez les jardiniers, les promeneurs ou les enfants, l’ortie a pourtant beaucoup à apporter si on se donne la peine de l’utiliser : en plus d’être un légume délicieux à redécouvrir, elle est dotée de nombreuses propriétés…. Présente dans toutes les régions de France et bien au-delà, c’est une des plantes médicinales les plus communes : de plus elle est si bien connue de tous qu’il n’y a aucun risque de confusion lors de sa cueillette…

L’ortie: des propriétés innombrables

Elle est connue et citée dans les écrits datant de l’antiquité pour ses propriétés cicatrisante, anti hémorragique et comme un fortifiant exceptionnel.
Les propriétés des feuilles, des graines et des racines sont légèrement différentes :
Ses graines, récoltées à l’automne et séchées, sont utilisées pour renforcer le système immunitaire et garder la forme en hiver.
Sa racine possèderait des propriétés sur l’hypertrophie bénigne de la prostate.
Mais ce sont les feuilles qui sont les plus utilisées…
Les feuilles de l’ortie contiennent de nombreuses vitamines, dont la vitamine C, vitamine K et provitamine A, des flavonoïdes, des minéraux et oligo éléments, (notamment calcium, magnésium, silice, zinc et fer).
La silice que l’ortie apporte permet d’augmenter la fixation des minéraux qu’elle contient.
L’apport de minéraux par une plante comme l’ortie permet parfois de relancer la minéralisation, car celle-ci apporte non seulement l’oligo élément recherché, mais aussi tous ses cofacteurs indispensables à son utilisation par l’organisme.
Elle peut alors potentialiser tous les apports minéraux et surtout les mettre à disposition totale de l’organisme pour leur utilisation.
Elle est associée fréquemment avec succès au traitement de l’anémie.
L’ortie apporte également des acides aminés.
Elle est très riche en chlorophylle, bénéfique pour la flore intestinale.
L’ortie bénéficierait également d’une action dans la prévention et la réduction des calculs biliaires.
Elle possèderait également une légère action hypoglycémique.
L’ortie est également utilisée traditionnellement pour soulager les symptômes de la rhinite allergique, ou rhume des foins. Elle posséderait des propriétés anti allergiques intéressantes.
Ses propriétés diurétiques sont intéressantes en cas d’œdème et de rétention d’eau. C’est donc également une plante dépurative au niveau rénal, régulièrement employée pour soulager les douleurs rhumatismales.
Son action détoxifiante est également bénéfique pour tous les problèmes de peau : acné, eczéma….
Sa richesse minérale et vitaminique en fait un tonifiant hors pair. Le magnésium qu’elle apporte lui permet aussi d’apaiser les tempéraments nerveux, de favoriser un meilleur sommeil et même d’apaiser les règles douloureuses.
La silice qu’elle contient en fait une alliée incontestable des os et des dents, mais aussi de la peau et des ongles qu’elle renforce.
Son action hémostatique peut être intéressante pour stopper les saignements de nez, ou atténuer des règles hémorragiques.

Comment utiliser l’ortie ?

On peut la trouver en extrait liquide, ampoules ou teintures mères, en poudre ou en gélule. L’utilisation sous forme de teinture mère est la plus efficace pour profiter au mieux de ses bienfaits sur la santé, mais il est bien sûr possible de varier les formes d’apports. Son utilisation est déconseillée chez les personnes souffrant de pathologies rénales et chez les personnes sous anticoagulant.
Mais l’ortie est aussi un légume qui se cuisine : il y a bien sûr la traditionnelle soupe ou velouté, mais il existe bien d’autres recettes à découvrir…
L’ortie peut remplacer avantageusement les épinards dans toutes les recettes classiques : quiches, gratins, tourtes, en sauce pour accompagner des pâtes…etc. L’ortie peut aussi se cuisiner en pesto, cakes ou terrines.
Ses graines peuvent aussi utilisées comme condiments, mélangées à part égales avec des feuilles d’ortie séchées et du sel. Une fois le mélange broyé très finement, c’est un moyen d’assaisonner sainement divers plats toute l’année.
Enfin, l’ortie est également utilisée comme soin de beauté, en lotion tonique pour la peau et les cheveux. On peut préparer une décoction assez concentrée à utiliser immédiatement sur la peau.
Pour les cheveux, on peut laisser macérer 3 semaines racines et feuilles d’orties dans de l’alcool fort ou mieux, du vinaigre de cidre, pour obtenir un vinaigre de toilette. Une fois filtrée, la préparation est à utiliser sur le cuir chevelu uniquement.
Pour la peau, on préférera une macération dans de l’huile ; attention à bien laisser sécher les feuilles quelques heures avant de les laisser macérer, pour ne pas voir moisir la préparation…
On vous l’accorde, l’ortie n’est pas d’un abord facile, mais elle a tout pour vous séduire, non ?
Article rédigé par Marie Chetaille, Naturopathe

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lundi 3 juin 2019

Un recueil pour se recueillir !


 Yannick David a publié un recueil qui peut vous accompagner précieusement sur votre chemin intérieur. Je vous conseille d'entrer à travers ses mots pour partager une véritable expérience...

"J'ai commencé ce blog il y a une dizaine d'années, et j'ai eu l'occasion d'écrire et de partager des poèmes. J'en ai réuni près d'une centaine dans ce recueil intitulé Echos de l'intérieur, car ils sont le reflet d'une démarche profondément intérieure."
(Vous pouvez vous procurer le livre en lui envoyant un mail, il coûte 12 euros + 3 euros de frais d'envoi. )


A toi qui cherches
 


A toi qui cherches 
A toi qui souffres 
A toi qui pleures 
Laisse aller !
Ne retiens rien
Sois vrai avec ce qui se passe en toi 
Même si tu as peur 
Ne crois pas ton imagination 
N’écoute pas tes pensées 
Laisse aller !
Tes espérances tombent ?
Elles étaient fausses.
Tu te crois désespéré ?
C’est une renaissance. 
Vide-toi de ce qui doit sortir 
De ce vide naîtra la lueur 
Qui t’accompagnera 
Même au bord du vide 
Il y a une main qui se présentera 
N’aie pas peur 
Laisse aller 
Essaie une fois 
Juste une fois 
Et tue-moi si j’ai tort

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dimanche 2 juin 2019

Hommage à Michel Serres


La profession de foi de Michel Serres (né à Agen, le 1er septembre 1930, philosophe et épistémologue français et décédé hier) laisse une place au divin... mais pourquoi la société ne reflète-t-elle pas le divin ?

extrait d'un film documentaire (France 5, janvier 2008)



 Combattre les ténèbres actives ! La nuit est la source de peurs à l’inverse de la lumière. 
C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. L’obscurité n’a jamais vaincu la lumière !
Michel Serres nous partage sa nocturne perception (6 min.) :

écouter Michel Serres
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jeudi 30 mai 2019

La pensée précède l'émotion !



« Je ne remets pas en cause ce que j'ai pu dire ou écrire sur les émotions, mais je voudrais insister sur cette destruction du mental qui correspond à ce que Swâmiji appelait dans une lettre qu'il m'avait écrite « thoughtlessness », « le fait d'être sans pensées ». J'avoue ne pas avoir compris à l'époque ce qu'il voulait dire, persuadé que ce thoughtlessness concernait la méditation profonde mais que, dans la vie courante, il fallait bien penser. 
C'est après avoir reçu cette lettre que j'ai compris que pour tout ce que nous appelons pensée intelligente Swâmiji utilisait le mot voir, traduisant par là le sanscrit buddhi. Plus les années ont passé, plus cette distinction entre voir et penser, qui paraît peut-être arbitraire au premier abord, m'a convaincu et c'est pourquoi je la reprends à mon compte. Ne plus penser, voir. Si des mécanismes se sont mis en place autrefois, c'est dans la rectification de la pensée ou la destruction de la pensée pour la remplacer par la vision que réside le véritable espoir de libération. L'émotion existe parce que nous pensons. Pour les maîtres tibétains, l'émotion est une modalité particulière de la pensée, rien d'autre. 
Tout l'enseignement de Swâmiji tourne autour de cette idée de base.» 

Arnaud Desjardins

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mercredi 29 mai 2019

Ame forestière...


Aux arbres

Victor Hugo
Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le cœur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’œil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! –
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.
Victor Hugo

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mardi 28 mai 2019

Retour en arrière...


Peu de gens ont compris l'approche de Ramana Maharshi avec le questionnement "Qui-suis-je".
La plupart des gens en font un exercice purement intellectuel autour de cette fameuse question.
Il faut tenir compte de la vie de Ramana Maharshi pour mieux comprendre sa proposition qui justement n'est pas à comprendre.
L'idée centrale de cette méthode est d'inverser l'attention. Notre attention est quasiment toujours dirigée vers l'extérieur, il s'agit de la retourner vers son origine. C'est ce que Jung appelait le "backward flowing of attention" (le courant arrière de l'attention).
Cela c'est la voie pour connaître directement "Qui-suis je?" Ce n'est pas un processus de réflexion. Vous n'êtes pas conscient de Ce que vous êtes réellement parce que "votre" attention est toujours dirigée vers l'extérieur.
Si vous pouvez inverser le processus à 180° alors vous découvrirez Qui ou Ce que vous êtes réellement au centre de vous -même. Ce retournement de l'attention c'est la méditation.

Charles Coutarel 
dans son livre "Eveil ou la vie ne meurt pas".


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dimanche 26 mai 2019

Aux côtés de Ramana Maharshi

Après la lecture du dernier livre de Véronique Desjardins, "Dans l'intime d'un chemin" où l'on peut suivre avec ferveur l'évolution d'un chemin spirituel, voici le livre "Aux côtés de Ramana Maharshi", chez Accarias l'Originel, qui nous propose d'être en compagnie d'un éveillé. 
Cette proximité avec un maître est un régal... et nous remet dans le droit chemin pour revenir vers soi et découvrir "Qui suis-je  ?"

 En voici un extrait :

Cette manifestation illusoire est appelée « mâyâ », laquelle est souvent prise dans le sens d’« illusion », mais, en vérité, elle signifie « ce qui n’est pas », ou ce qui pose une limite sur ce qui est illimité. En fait, nous sentons toute chose, tout étant dans le mental, et les sens sont son seul instrument. Aussi, en réalité, n’y a-t-il aucune illusion, mais qu’impermanence.

La même vérité se trouve derrière toute chose. Alors quelle est la solution, voyant que tout est impermanent et n’est qu’apparence ?

« Cela, » enseigne Bhagavân, « s’applique aussi à nos corps et même à nos egos, que nous considérons comme très importants, mais que nous voyons maintenant comme autant d’ombres illusoires. Il n’y a là rien de désespérant car, même derrière l’apparence la plus illusoire, il doit bien y avoir quelque chose qui apparaît. Nous nous jetons de côté comme nous pensons voir un serpent alors que ce n’est qu’une corde. Mais, même si le « serpent » est bien irréel, la corde, elle, est bien là. Aussi, la seule et évidente solution à notre énigme est de chercher et de trouver la permanence derrière l’impermanence. »

C'est la solution de Bhagavân, et il nous enseigne comment la mettre en pratique à travers sa méthode de l’investigation du Soi. Bien que l’ego change d’instant en instant, bien que nous soyons des personnes différentes au fur et à mesure que nous passons par chaque étape de notre vie, il y a toujours eu pour nous un « je ». Mais ce n’est évidemment pas l’ego, car nous avons déjà vu que l’ego change d’instant en instant, alors que le « je » a toujours été là en tant que témoin. Remontons à sa source. Et, à travers cette méthode de la recherche du Soi, nous le réaliserons éventuellement.



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Quatrième de couverture :
Alan Chadwick (Sâdhu Arunachâla) rencontra le regard de lumière et l'éloquent silence de Ramana Maharshi un beau jour de 1er novembre 1935, à Tiruvannamalai. À partir de ce jour, il consacra sa vie à la présence auprès du Sage. Il resta au Srî Râmanâsramam jusqu'en 1962 quand il quitta son corps, douze ans après le mahâsâmadhi de Râmana Mahârshi.
Alan Chadwick vit au jour le jour près de Ramana, ce qui donne un texte d'une grande précision sur la vie quotidienne du Maharshi, sur la vie de l'ashram et sur son enseignement direct. Il nous révèle de nombreuses histoires et dénonce quelques fausses légendes. Il rétabli la vérité sur certaines rencontres avec des célébrités et décrit un homme ayant de l'humour. L'auteur reproduit de nombreux dialogues entre les disciples ou visiteurs et le Mahârshi.
Bhagavân a certainement un message particulier pour l'Occident, ses arguments purement rationnels et ses enseignements dépourvus de tout exotisme et formalisme répondent à la pensée occidentale. Il ne prêche jamais ni n'impose une loi, mais invite toujours le chercheur à se tourner vers lui-même.
Tout le secret réside dans le fait suivant : sommes-nous attachés ou non à nos actions ? Celui qui abandonnera tous ses attachements, réalisera le Soi le plus rapidement. Le faux sens du « je » doit disparaître, car c'est cette limitation qui créée la servitude. La libération est la délivrance de cet asservissement.
A la fois instructif et rafraîchissant, ce livre vivant nous ramène à l'essentiel, ici et maintenant. 


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jeudi 23 mai 2019

Apprendre... à s'aimer !

 
peinture Emmanuel Zairis 1876-1948

Comme (presque) toutes les petites filles j’ai rêvé d’un prince qui m’aimerait...il serait beau, il serait doux, il serait fort, me protégerait et par-dessus tout me réveillerait, me révélerait; derrière ma timidité et ma rondeur, il verrait ma beauté intérieure et bien entendu, nous serions très heureux et aurions beaucoup d’enfants.
Je pense à ce jour que beaucoup de jeunes garçons rêvent de filles qui les aimeront, qui seront belles et tendres, les écouteront, les comprend
ront et qui les révéleront, car derrière leur acné, leur timidité ou leur couardise, elles verront leur beauté, leur force et leur courage.
Nous ne rêvons pas de l’amour, nous rêvons d’être aimés.
Alors bien sûr la déception est grande car nous sommes tous imparfaits et la relation amoureuse, avec le temps, révélera plus encore nos imperfections et nos manques, nos frustrations et nos limitations.
Faut-il que notre blessure d’amour soit profonde et faut-il qu’en notre enfance nous en ayons bien peu reçu de cet amour sans condition, pour ne pas pouvoir avancer dans la vie le cœur plein, sans attendre d’une autre ou d’un autre qu’il le remplisse.
Il faudra parfois toute une vie pour le comprendre, remplir son cœur de sa propre richesse et apprendre à s’aimer...

Elisabeth Kuhn 
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