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jeudi 9 avril 2020

L'homme est le cancer de la Terre


"La paix, m'a dit mon grand-père,
c'est l'âme humaine en harmonie avec le Tout.
S'il n'y avait plus aucun homme dans cette conscience,
sais-tu ce qu'il adviendrait ?
J'ai répondu non je ne sais pas.
Il a ri.
Mais le monde disparaîtrait !"



"Toute notre culture est basée sur la peur. 
Toutes nos énergies sont consacrées à refuser la mort. 
Et nous ne voyons pas qu'à refuser la mort 
c'est à la vie que nous disons non. 
Car la mort et la vie ne sont qu'une seule et même réalité. 
Cela, les Indiens le savent.
(...)

Nous, les Blancs, qui dominons le monde, 
avons trop peur de sentir la vie parcourir notre chair, 
trop peur de savourer notre appartenance à la Terre, 
parce que c'est aussi garder mémoire 
qu'il faudra retourner, un jour, à la terre.
L'Indien sait, d'un savoir cellulaire, 
qu'il n'est pas distinct de la Terre
 dont il provient et dont il est fait. 
Avec mes frères, 
j'ai appris à marcher pieds nus sur la terre brûlante, 
comme eux je me suis étendu sur la Terre 
à me laisser bercer par la pulsation profonde de sa vie.
Aimer la vie, me disait Lololma, 
c'est se souvenir que l'on n'est rien. 
L'homme blanc préfère se faire croire qu'il est tout. 
Il est rempli de haine pour la Terre dont il est fait. 
Il veut la posséder. 
Il met la Terre en demeure de produire,
 toujours davantage. 
Il ne veut aucune limite à sa puissance. 
Il détruit ce qui lui échappe, 
il se rend sourd et aveugle à ce qu'il ne peut détruire.
Il ne connaît plus rien du Grand Mystère." 
.
"Nous sommes une partie de la Terre. 
Mais nous avons cessé de collaborer avec la Terre. 
L'être humain prolifère et se développe 
conformément à des fins qui sont les siennes, 
et ne sont pas celles du Tout. 
L'homme prolifère et se développe exactement 
comme des cellules cancéreuses dans un organisme : 
anarchiquement, et sans être reliées à la logique de l'ensemble.
L'homme est le cancer de la Terre."


Denis Marquet
"Colère"
Source : Blog "Le Fil d'Ariane"

Résumé du livre :
"La Terre. 
Exploitée, martyrisée, défigurée. 
La Terre se révolte. 
Séisme, raz de marée, ouragans, 
éruptions volcaniques, virus foudroyants...
Face à une série de cataclysmes sans précédent, 
les scientifiques du monde entier sont sans réponse. 
Une femme, elle, a compris. 
Parce qu'elle a su payer le prix. 
Mais le monde est-il prêt à écouter une femme ?"

vendredi 20 septembre 2019

Vigilance (1)

« Si tu dois traverser un grand ravin sur un pont large, tu n’as pas besoin de beaucoup de vigilance. Mais si c’est une question de vie ou de mort et que tu dois traverser sur un tronc d’arbre, tu vas automatiquement être plus vigilant. Donc la vigilance est par rapport à ce que tu as peur de perdre. Vous ne pouvez pas apprendre à être vigilant. Vous l’êtes par rapport à ce que vous portez comme intention et à ce que vous ne voulez absolument pas perdre. »

Daniel Morin

Extrait de la belle anthologie de Marie Chantale Forest, Anthologie de la vigilance – Un chemin vers la Lumière, préface d’Eric Edelmann, éditions Accarias L’ORIGINEL, p. 36.



samedi 6 janvier 2018

Laissons entrer ce qui vient !


Une vidéo avec Denis Marquet en 2013 dont j'ai extrait l'important. 
Il résume très bien la démarche à pratiquer... 



vendredi 5 janvier 2018

Pour un monde meilleur


Denis Marquet répond à la question d'un enfant


source : France Inter émission "Les p'tits bateaux" 

***

jeudi 4 janvier 2018

Bonne année avec Denis Marquet


En dehors des formules convenues, que souhaiter à ceux qu’on aime pour l’année nouvelle ?

C’est l’occasion de se demander ce que l’on désire vraiment.


La première chose que l’on désire, c’est de vivre selon son vrai désir. Ma vie exprime-t-elle mon être ? Je suis un être unique, qui aspire à se manifester dans le monde. C’est-à-dire à créer. Cela ne signifie pas nécessairement composer de la musique, écrire un roman, peindre ; mais cela signifie mettre de l’art, c’est-à-dire de soi-même, dans tout ce que je fais. Me donner dans tout ce que je donne. Tel un vitrail, laisser ma forme unique devenir translucide afin que la lumière, en la traversant, éclaire le monde en laissant voir la merveille que je suis.

Que désirons-nous d’autre ? L’amour. Cet amour qui manque à ce monde en guerre et qui nous manque, aussi, tellement notre désir d’amour est insatiable. Pourquoi l’amour manque-t-il autant ? Peut-être parce que nous voulons l’obtenir plutôt que le donner. Or l’amour, comme la lumière, nous n’en sommes pas l’origine. Il vient de plus loin que nous, d’une source divine qui aspire à nous traverser. C’est pourquoi nous ne sommes jamais comblés d’amour que lorsque nous donnons l’amour. On ne guérit du manque que par le don.

Nous désirons encore tellement de choses… En réalité, nous désirons tout. Nous désirons à l’infini parce que nous désirons l’infini : cet infini divin qui est notre source ; et nous vivons comme si nous l’avions perdu, alors qu’il nous a déjà tout donné, et pour l’éternité. Alors qu’il attend seulement, dans le respect de notre liberté, que nous nous retournions vers lui pour l’accueillir, au cœur le plus intime de notre être.

Alors je souhaite à chacun que cette an neuf soit pour vous vraiment neuf, année de renouveau, de joyeuses naissances à la merveille unique que vous êtes, à la lumière qui veut éclairer le monde à travers vous, à l’amour qui désire vous remplir en se donnant par vous… Et naissance à la source de votre Soi, ce « SOIS » qui vous fait être, à chaque instant ; amour fou, infini, gratuit, sans condition.

Bonne année !

***

jeudi 31 décembre 2015

Pour que 2016 soit un an neuf... par Denis Marquet


La venue d'une nouvelle année nous relie à notre désir du Nouveau.
Chaque instant que nous vivons est à la fois la conséquence de causes anciennes, que certains appellent karmiques ; mais aussi l'opportunité de lancer pour l'avenir des causes neuves, qui ne sont pas l'effet du passé et génèrent des effets qui ne répètent rien.
De telles causes naissent de notre ouverture à une dimension transcendante à l'intérieur de nous. 
Alors, c'est le divin, ou la grâce, le mystère ou quelque nom que nous lui donnons, qui crée notre vie.
Et, libres du passé, nous pouvons vivre selon nos aspirations les plus profondes.

Pour cela, il suffit de s'abandonner !
S'abandonner, c'est accepter de ne pas se représenter son avenir, car on ne peut se re-présenter que du passé.C'est accepter de se laisser surprendre par soi-même, par les rencontres et les opportunités.
C'est accepter de lâcher l'illusion du savoir, toutes les attentes que nous faisons peser sur les autres et sur notre vie, ainsi que toute forme de contrôle.
Un instant d'abandon total nous plonge dans la dimension vierge de notre être ; nous voilà prêts pour un nouveau départ, un commencement dans le Nouveau : une naissance.

Fêtons le passage vers 2016 dans l'abandon total ! 
Alors ce nouvel an sera pour nous l'an du Nouveau : une merveilleuse année.


mardi 8 novembre 2011

Denis Marquet, un sacré satan...


Ça tend en moi

Atteindre son but ne rend pas nécessairement heureux, c’est parfois tout le contraire. Pensons à ces cas, plus fréquents qu’on ne le dit, où une réussite longtemps et ardemment désirée plonge son bénéficiaire dans une profonde dépression. En outre, quand le bonheur est néanmoins au rendez-vous, celui-ci dure étrangement peu longtemps. Ainsi que l’avoue Laure Manaudou : « comme tous les nageurs, je suis à la recherche de la petite seconde de bonheur quand on gagne » - tous ces sacrifices pour une seule seconde ! C’est pourquoi, sitôt une réussite obtenue, sans prendre la peine de savourer le bien acquis, nous voilà très vite inquiet d’un nouvel objectif.

Pourquoi vouloir atteindre un but ? Pour faire coïncider notre désir et la réalité ; mais lorsque ceux-ci se rejoignent enfin, nous nous empressons de creuser entre eux un nouveau fossé. . . Pour expliquer ce paradoxe qui nous interdit le bonheur, il est utile de comprendre à quoi est réellement dû le moment de bien-être qui suit un succès. À la possession de l’objet de ma quête (un bien, un amour, une médaille, un succès...) ? Ou plutôt au fait que, durant quelques instants, je m’autorise à ne plus tendre vers rien - au fait qu’enfin je me détends. Le bonheur, vérité trop élémentaire pour que nous l’apercevions la plupart du temps, ne serait-ce pas simplement d’être dé-tendu, et de jouir de la pure jubilation d’être ?

D’où notre impasse : pour atteindre cet état de détente intérieure qui est notre véritable aspiration, nous ne cessons de nous tendre (vers des buts), causant ainsi une souffrance dont l’absurde formule est la suivante : je me tends pour atteindre la détente. Si nous sommes ainsi possédés par Ça-tend, c’est que « se contenter d’être », comme disait Etty Hillesum, nous fait aussi terriblement peur. Si je me relaxe vraiment, est-ce que je ne risque pas de disparaître ? La détente profonde est accompagnée d’une perte du sens de l’ego et cette expérience de spatialité lumineuse, tellement libératrice et que nous désirons tant, nous terrorise. C’est pourquoi, fréquemment, nous ne convoitons pas réellement l’objet de notre quête, mais plutôt le bénéfice que celle-ci nous offre de demeurer tendus.

Soit, dira-t-on ; mais si je ne tends plus vers rien, qu’est-ce qui va me faire agir ? Le moteur de l’action, n’est-ce pas précisément de tendre vers un objectif ? Tellement habitués à agir tendus, nous avons fini par confondre détente et inertie. Or la véritable détente intérieure est une détente vers l’intérieur, laquelle nous reconduit à notre dimension profonde, à notre désir vrai. Et ce dernier est un autre moteur. Non la source du faire compulsif qui n’est qu’une fuite de soi, mais celle de l’acte spontané juste ; enraciné dans notre vérité vivante et ajusté à la mouvance des choses, porteur de grâce et porté par la grâce, celui-ci est réellement fécond parce qu’il est créateur.

Quand je ne suis plus possédé par Ça-tend, je suis le lieu du Ça-crée.



Denis Marquet
Source : Psychologies magazine

vendredi 24 décembre 2010

Le boeuf et l'âne de la crèche de Jules Supervielle

Voici l'extrait d'un très beau conte de Jules Supervielle que je vous conseille de lire en cette veillée de Noël. J'y joins un extrait audio car ce conte est paru en CD.




(…) L'âne se tient à gauche de la crèche, le bœuf à droite, places qu'ils occupaient au moment de la Nativité et que le bœuf, ami d'un certain protocole, affectionne particulièrement. Immobiles et déférents ils restent là durant des heures, comme s'ils posaient pour quelque peintre invisible.
L'enfant baisse les paupières. Il a hâte de se rendormir. Un ange lumineux l'attend, à quelques pas derrière le sommeil, pour lui apprendre ou peut-être pour lui demander quelque chose.
L'ange sort tout vif du rêve de Jésus et apparaît dans l'étable. Après s'être incliné devant celui qui vient de naître, il peint  un nimbe  très pur autour de sa tête. Et un autre pour la Vierge, et un troisième pour Joseph. Puis il s'éloigne dans un éblouissement d'ailes et de plumes, dont la blancheur toujours renouvelée et bruissante ressemble à celle des marées.  
—II n'y a pas eu de nimbe pour nous, constate le bœuf. L’ange a sûrement ses raisons pour. Nous sommes trop peu de chose, l'âne et moi. Et puis qu'avons-nous fait pour mériter cette auréole ?
— Toi tu n'as certainement rien fait, mais tu oubliesque moi j'ai porté la Vierge.
Le bœuf pense par-devers lui : « Comment se fait-il que la Vierge si belle et si légère cachait ce bel  enfançon ? » (…)
Le bœuf et l'âne sont allés brouter jusqu'à la nuit. Alors que les pierres mettent d'habitude si longtemps à comprendre, il y  en  avait  déjà  beaucoup  dans  les champs qui savaient. Ils rencontrèrent même un caillou qui, à un léger changement de couleur et de forme, les avertit qu'il était au courant.
II y avait aussi des fleurs des champs qui savaient et devaient être épargnées. C'était tout un travail de brouter dans la campagne sans commettre de sacrilège.  Et  manger sans  commettre  de sacrilège. Et manger semblait au bœuf de plus en plus inutile. Le bonheur le rassasiait.
Avant de boire aussi, il se demandait : « Et cette eau, sait-elle ? »
Dans le doute il préférait ne pas en boire et s'en allait un peu plus loin vers une eau bourbeuse qui manifestement ignorait tout encore. 
Et parfois rien ne le renseignait sinon une douceur infinie dans sa gorge au moment où il avalait l'eau. « Trop tard, pensait le bœuf, je n'aurais pas dû en boire. »
II osait à peine respirer, l'air lui semblait quelque chose de sacré et de bien au courant. Il craignait d'aspirer un ange. (…)  

samedi 15 mai 2010

Eléments de philosophie angélique avec Denis Marquet

"Patrice van Eersel - Dans votre vision des choses, une philosophie angélique est une approche révolutionnaire. 
Denis Marquet - Quand l'ange fait irruption depuis le monde de la transcendance jusqu'au monde de l'immanence, il apporte toujours une rupture dans l'ordre des choses. Il joue en dehors de la trame des causes et des effets. Cette rupture apporte de la nouveauté radicale. J'appelle "angélique" une philosophie qui affirme que le propre de l'être humain consiste à pouvoir être le lieu d'une création pure. 
Patrice van Eersel - Vous dites que le propre de l'animal est de dire non, et celui de l'homme de pouvoir dire oui. Pourtant, l'animal est obligé d'accepter les lois naturelles, alors que l'homme peut les refuser et se rebeller. 
Denis Marquet - La modernité nous ressasse depuis trois siècles que le non est le propre de l'homme. Or, si l'on regarde bien, on peut dire l'inverse. Ce qui permet à un animal de survivre, c'est le refus de la souffrance : il se dispose à chasser pour faire disparaître une sensation de faim, à fuir pour éviter une sensation de peur, à copuler pour soulager une sensation de manque, etc. Le principe de chacun de ses actes est le refus d'une sensation. Le propre de l'homme est au contraire de pouvoir tout accepter, même la sensation de souffrance, même la mort, comme l'enseignent les plus grandes traditions quand, par exemple, elles disent : « Il n'y a pas de plus grande preuve d'amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » 
Patrice van Eersel - Le petit enfant ne commence-t-il pas par dire non, avant de pouvoir dire oui ? Individuellement et collectivement, le oui ne vient-il pas après le non ? 
Denis Marquet - Observez bien le non du petit enfant en train de se construire : il s'agit en fait d'un oui à lui-même. L'adulte perçoit un refus, mais, pour l'enfant, si l'on ressent les choses avec subtilité, c'est un oui. Il est en train d'affirmer un espace propre, dans lequel pourra plus tard émerger l'être unique qu'il est. Pour cela, il a besoin de poser des limites. Parfois, le non à l'autre est un oui à soi-même, une condition pour que s'exprime notre pouvoir angélique, créateur. Au niveau collectif, c'est un projet radicalement neuf. Et urgent : la négativité nous mène vers un désastre de plus en plus clair, et l'horizon s'obscurcit."
Philosophe et essayiste, mais aussi romancier et scénariste, Denis Marquet, qui tient la chronique de philosophie de la revue Nouvelles Clés depuis plusieurs années, est avant tout intéressé par la mise en acte d'une spiritualité humaniste. La question de l'accomplissement humain traverse toute son oeuvre.

mercredi 10 mars 2010

"Plus loin dans l'inachevé" de Pierre Dhainaut



Comme en forêt le long des routes, nous allons
d'arbre en arbre, nous avons l'âge des rameaux
où se plaisent les fruits, le givre,
qui ne s'alarment pas de ce qu'ils durent,
l'humus et l'air, ensemble ils les célèbrent,
à l'ombre, l'accueil nous enracine. 


Extraits du nouvel ouvrage de Pierre Dhainaut
"Plus loin dans l'inachevé" (Prix de Littérature Jean Arp 2010) 

"Avec l'imprévisible
tu feras corps à la proue de l'épaule."

Voir aussi le blog sur Pierre Dhainaut

jeudi 10 juillet 2008

Voix de la bienvenue... de Pierre Dhainaut

J'ai de nouveau rencontré cet humble et grand poète qu'est Pierre Dhainaut. Je souhaite donc bienvenue au nouveau livre de Sabine Dewulf (aux éditions des Vanneaux) qui lui est consacré...
...Il a plu cette nuit,
c'est la première fois que je regarde,
jusqu'au silence qui résonne.

Sac, ressac, je ne juge pas,
l'instant demeure,
l'écume transparente.

Je m'interromps comme je parle,
en la marée,
chaque jour y a-t-il un jour de plus?

Le ciel n'est jamais vide, le sol nous porte,
on n'aperçoit aucun arbre,
on sait pourtant qu'ils sont proches.

Une marge, un rivage,
il n'y a de secret que le visible
épanoui...

4ème de couverture

C'est face à l'océan qu'il faudrait naître
afin que notre cri se mêle aux cris d'oiseaux,
au grand matin de la conscience, de la louange,
toujours nous serions disponibles. Une fois, une seule,
ici, fût-ce par tempête, avons-nous pris peur,
et la respiration, avons-nous cru pouvoir
la contenir ? Un appel sans frontière,
le monde, une arche, la mort s'y tiendrait à son rang...
Murs ou fenêtres lisses, étroits, est-ce encore
une chambre, dès que l'on y ramène un nouveau-né?
Nous n'osons pas le prendre entre nos bras :
l'arche est-elle autre part qu'en ce berceau
en ce sommeil de paix? Une force en émane,
la vie qui se donne à la vie plus qu'un rivage
aux vents perpétuels.


Ce livre contient une biographie du poète, une anthologie de poèmes et de textes ainsi que des photographies.

mardi 1 avril 2008

Enfin ce serait oui ...de Pierre Dhainaut

"A l'occasion de la sortie de Levées d'empreintes aux éditions Arfuyen... Forte de quelque 30 ouvrages publiés depuis près de 40 ans, l’œuvre de Pierre Dhainaut, inaugurée avec Le poème commencé (Mercure de France, 1969) apparaît de plus en plus comme l’une des œuvres majeures de la poésie française contemporaine." (France Culture)
J'ai la chance de connaître le poète Pierre Dhainaut, et je vous laisse un extrait de l'émission de France Culture où Pierre lit deux poèmes et nous parle du "Oui".

Enfin ce serait oui...
Ce n'est qu'un souffle encore et un sourire
quand nous le nommons, que nos mains le prennent,
nous nous sentons soudain si maladroits.

Il vient de naître, il a toute confiance
en ceux qui s'approchent, qui se penchent : à sa venue
nous n'avons pas épanoui le monde.

Avec la vie nous n'avons pas donné
la parole de vie : le mot, le seul
qu'il conviendrait de dire, se refuse à trouer la gorge.

Chaque enfant nous invite, dès qu'il respire,
comme sur une plage où les vents jubilent sans réserve,
à l'écouter entre ses lèvres.

Décharger l'espace, l'air y serait libre,
libre aussi bien de se transformer en lumière,
nous l'apprendrons de lui en prononçant

la syllabe frêle, chaleureuse, enfin ce serait oui.



Poésie sur Parole (France Culture, le 30 mars 2008)







Offrir et ne jamais finir

... offrir sur la vitre
la première buée. Tu rêverais
uniquement d'être ici en avril,
tu n'esquisserais que les initiales
des prénoms que tu aimes, et toujours
ce serait, venant vers toi,
le vent pur, les nuages, l'écume...

... offrir un peu d'eau
qui croupit au bas des trottoirs.
A peine entre les mains
tu ne dirais plus qu'elle est sale,
tu t'en laverais le visage,
tu écouterais à l'instant
ce bruit de source où le ciel se découvre...

... offrir un papier
froissé, jeté. L'origine perdue, les lettres
devenues grises, l'encre et la pluie
mélangées à la terre, chaque ligne,
chaque tache, tu les déchiffrerais,
tu les rendrais arborescentes,
tu en ferais le début d'un poème...

... offrir une graine
tombée de l'érable, écrasée.
Tu la tiendrais au bout des doigts,
il te viendrait un souffle
déjà pour disjoindre tes lèvres
en épelant le mot « samare »
et partir, partir très loin avec elle...

... offrir un fragment
d'écorce, quel que soit l'arbre,
mais de préférence un bouleau,
la plus fragile. Sans cesse,
en le pressant, tu ranimerais le regard,
tu sentirais en plein essor
le tronc clair qui frémit...

... offrir un caillou
que tu ne prends que pour le reposer
dans le lit du torrent. Tu saurais bien
quelle est ta place à genoux sur la rive,
la sienne aussi entre tant d'autres
au milieu des remous, toi silencieux,
lui lumineux ensemble...

…offrir dans le sable
ces empreintes d'oiseaux
que la brise interprète en effaçant.
Tu ne pèserais plus,
sans savoir où, te saisirait
le claquement d'une aile,
tu ruissellerais sous la vague...

mercredi 12 septembre 2007

Phrases du coeur pour une planète

"Nous ne recevons pas la terre en héritage de nos parents , nous l'empruntons à nos enfants. "
(Proverbe inuit)
Cette phrase me recentre (retournement de situation), elle est écrite dans la classe d'école de ma fille. Elle est attribuée également à Saint Exupéry (mais sans "de nos parents").


"Disparais un instant, fais place au paysage,
Le jardin sera beau comme avant le déluge [...]"

(Jules Supervielle, Les Amis inconnus, Oeuvres poétiques complètes, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, p. 344)

vendredi 31 août 2007

Les chroniques de Denis Marquet


Quand je reçois la revue "Nouvelles Clés", je commence souvent par lire la chronique de Denis Marquet . Denis Marquet, 42 ans, agrégé de philosophie, écrivain et psychothérapeute a créé un cabinet de consultation philosophique. Vous pouvez lire ces chroniques en cliquant sur le lien ou en écouter une lecture au sujet de "l'intelligence de l'humilité" (3min22).