jeudi 28 mai 2026
Abandon
lundi 14 octobre 2024
Je suis l'abandon
Voici la blessure d'abandon que j'ai beaucoup travaillée... La vulnérabilité est une porte pour l'accueillir. Et l'estime de soi pour la cicatriser.
Extrait du très beau livre "Le Murmure des émotions" de Caroline Foucher
mercredi 23 août 2023
N'abandonnez pas
La plupart des gens qui commencent une pratique spirituelle finissent par abandonner.
Pourquoi? C'est sacrément dur. C'est décourageant. Bien sûr, vous pratiquez pleins d'espoirs au début, c'est fun, intéressant, nouveau, puis vous constatez qu'il faut beaucoup de persévérance pour sécuriser le moindre pied.
Très vite, vous vous sentez comme une limace avec l'ambition folle d'escalader une montagne himalayenne.
Malheureusement, il n'y a pas d'autre moyen. Il faut vivre avec ses insuffisances pendant des années et essayer chaque jour de les surmonter. Juste au moment où vous pensez que vous avez peut-être une chance, la maladie et le vieillissement apparaissent. Ensuite, soit vous redoublez d'efforts, soit vous abandonnez.
Je sais qu'aujourd'hui, certains coachs disent : « eh bien, si vous ne pouvez pas le faire, peut-être que vous n'êtes pas fait pour le faire. Il existe de meilleures façons de passer votre temps.
Ouais. Et puis tu ne le feras jamais. Et lorsque vous reverrez ces "coachs" plus tard, vous constaterez qu'ils n'ont pas fait grand-chose non plus avec leur vie rétrécie.
Il est peut-être « irréaliste » d'essayer d'être « quelque chose que vous n'êtes pas ». Mais avec tout ce que vous apprenez à faire en chemin, vous agrandissez, vous vous déployez.
Finalement, le quelque chose que vous êtes dépassera de loin le "quelque chose que vous n'êtes pas". Même si ça fait bondir les "non duels".
Continuer à essayer de croître compense l'attitude typique selon laquelle le vieillissement est un glissement vers le déclin et la diminution des options. Certaines diminuent, en effet. Mais les nouvelles, plus intérieures, les compensent et les dépassent largement.
N'abandonnez pas. Si vous voulez quelque chose de simple auquel vous accrocher, c'est juste ça.
N'abandonnez pas.
Fabrice Jordan (Traduit et Adapté d'un post de Deng Ming Dao)
vendredi 30 juin 2023
Vision illusoire...
Vous devez abandonner votre conception du bonheur. C'est votre propre conception du bonheur qui vous bloque et vous fait souffrir. Votre plus grande difficulté est d'avoir des images du bonheur, avec les peurs qui sont là, et la nécessité de maintenir les deux, car c'est la nécessité de maintenir votre monde.
Même la guidance : vous vous imaginez que la guidance vous amène vers vos images du bonheur. Mais ce n'est pas le cas. Il n'y a pas de bonheur "là-bas", il n'y a que misère. Vos espoirs pour un futur meilleur, vos images du bonheur, c'est la misère à venir.
~ Sriman Narayana
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mercredi 22 février 2023
"Le dépouillement a aussi été pour moi une sorte de « gros machin » inatteignable. J’imaginais que pour l’atteindre, il me fallait devenir moine, presque un stakhanoviste du détachement, et envoyer paître tout ce qui relève du matériel. Jusqu’au jour où j’ai pris conscience que le « gros machin » dont je devais me détacher, c’était moi. Le « moi je », le « moi d’abord » ; le rôle que j’essaie tous les jours de jouer, du matin au soir. Sur mon chemin, j’ai alors croisé un ami. Il m’a dit cette phrase qui m’a bouleversé : « Plus de liens, moins de bien. » Il est vrai que jusqu’alors, j’avais tendance à aller chercher dans les librairies, dans les supermarchés, dans les grandes surfaces, un remède aux manques, aux blessures, aux aliénations. Depuis que j’ai entendu cette phrase – « plus de liens, moins de bien » –, j’y ai perçu comme une invitation à faire de l’ordre, à me libérer chaque jour du trop. Ce qui rejoint cette intuition magnifique dans le bouddhisme selon laquelle nous sommes tous la nature de Bouddha. Nous sommes : ce n’est pas de l’ordre de la possession. Ce n’est pas quelque chose que l’on ajoute à ce que l’on est pour être heureux. Nous sommes déjà la nature de Bouddha. Le sale parent, le violeur d’enfants, la personne handicapée. Encore qu’il n’y aucun rapport entre la personne handicapée et les deux autres ! J’y ai décelé une invitation à changer totalement notre regard sur autrui.
Précisément, le dépouillement auquel invite le zen, et par là toute la tradition philosophique du bouddhisme, c’est la voie du détachement. Se débarrasser de toutes les représentations mentales dont on recouvre les choses, les êtres, et nous-mêmes en fin de compte. Nous avons une image de nous et, du matin au soir, nous voulons nous y conformer. Un jour, j’ai décidé qu’Alexandre Jollien serait comme cela, et gare à moi si je ne suis pas à la hauteur. On n’imagine pas l’infinie souffrance qu’engendre une telle fixation. Se dépouiller, c’est se mettre à nu. Je l’ai écrit dans mon dernier livre qui porte le titre explicite du Philosophe nu : le calme est déjà là, en moi, à demeure si je puis dire. Si je le cherche ailleurs, je lui suis infidèle. Être dans le dépouillement, c’est être totalement soi, totalement nu pour laisser éclater cette joie qui est déjà présente en nous, qui nous précède. Nul besoin d’aller la chercher, de la séduire pour qu’elle vienne. Elle est déjà là."
extrait du livre "Petit traité de l'abandon" d'Alexandre Jollien
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mardi 27 décembre 2022
Présence du silence
"Le bain de silence toujours nous mène au bain de lumière. On y entre comme le rayon à travers le fin branchage. Sans changer de langue mais en quittant la route pour un autre pays qui se perd de contrées encore mal tracées. Et c'est toujours le matin, les yeux nous menant plus loin que les pas, nous sommes au dedans comme nous sommes au dehors, le fil d'invisible dont est brodée la fine dentelle du visible. Grâce, grâce de tout connaître et ne rien tenir.
Ni intelligence ni sentiment, c'est l'amour qui pense, et la pensée elle-même devient un seul acte d'amour, son effusion, son émanation, son rayonnement comme un écoulement continu qui fait de la contemplation l'expression la plus pure de notre unité.
Il faut tant de silences pour rejoindre le silence. Tant d'abandon pour recueillir une poignée de présence - pas plus grosse qu'un cœur d'oiseau - incommensurable sous le front enfin lisse et tranquille."
Philippe Mac Leod - Variations sur le silence
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lundi 19 juillet 2021
Partir et habiter le monde
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ! De quoi avons-nous besoin ? Une parenthèse, nous l’avons eue. Un temps de pause, un moment chez soi, un autre rythme, une rupture, nous les avons vécus longuement. Cette immobilité, le plus souvent, n’a pas été un temps de respiration propice à la paix intérieure. Elle s’est faite pesante, interminable, sans horizon. Au lieu d’avoir repris souffle, nous manquons d’air. Nous avons essuyé les tempêtes de nos pensées, de nos repères effondrés, du temps soudain inconnu et dysmorphique, qui nous laissent la sensation d’être vidé. En réalité, nous sommes en trop-plein. Vacances vient du verbe latin vacare, « être libre, inoccupé ». Vacuus veut dire aussi « vide ».
Paradoxalement, cet état de relâchement, d’abandon confiant s’accomplit dans le mouvement. Notre stabilité intérieure vient du fait de bouger, d aller vers. Cela implique de sortir de chez soi, tel Abraham répondant à l’appel de Dieu : « Quitte ton pays ! » (Genèse 12,1). Ce départ, qui suppose aussi de sortir de soi-même, de se défaire de nos vieilles peaux, pour partir léger, est promesse de régénération. Dans les premiers mots de l’Apocalypse, il est dit : « Heureux le lecteur ! » (Apocalypse 1,3). Que le texte hébreu traduit par : « En marche, le lecteur ! » Celui qui laisse ce qu’il connaît en devenant voyageur et lecteur du monde extérieur devient riche d’une connaissance et d’une identité nouvelles. Cette lecture transforme le marcheur. Ainsi, le philosophe Holderlin invite à habiter poétiquement le monde. On voit bien qu'il ne s'agit pas de s’en aller, tel le chasseur, et rapporter un butin de souvenirs, mais de se laisser saisir par ce qui nous entoure. Cet état d’être, cette présence au monde n’est pas dans une consommation mais une communion. Devant un arbre, une montagne, une rivière, le voyageur découvre le lien d’intimité qui l’unit au vivant. Plus il marche, en laissant derrière lui toutes ses habitudes passées, plus il entend le cœur de cette vie qui auparavant lui était cachée. Cette expérience est spirituelle. Tout autour de lui vit, parle, fait écho et répond. La nature devient un temple où l’homme passe à travers des forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers.
ALLER VERS... SOI-MÊME
Dans nos besoins de partir il y a une volonté secrète de se renouveler. Finalement dans cette envie d’ailleurs, il y a le désir d’être pleinement soi-même. Il faut parfois faire le tour de la Terre pour trouver ce que nous sommes. « Quitte ton pays » et va vers toi-même, cette invitation divine est une promesse de résurrection. Lorsqu’on envisage cet enjeu, on voit bien l'importance de nos départs. Le périple du héros grec Ulysse est un modèle du genre. Il fait le tour de son monde, affronte des forces hostiles, remporte des victoires, sur le cyclope dévoreur, la magicienne Circée, les sirènes, les Lotophages et, au terme de son voyage, alors qu’il touche au rêve de l’immortalité promise par Calypso, il renonce pour revenir à Ithaque. Il renonce parce que cette infinitude, qui lui est présentée sur un plateau, est la négation de son identité.
Dans l'Assise et la marche (Albin Michel) de Jean-Yves Leloup, un voyageur demande à un guide : « Où partir en premier?— Commence par ton pays. — Mon pays est grand, où aller ? — Dans ta ville.— Bonne idée, dans quel lieu de ma cité ? — Commence par ton immeuble. — J'habite un vaste ensemble, où porter mes pas ? — Commence par ta famille. — Les miens sont nombreux, qui dois-je voir en premier ? — Toi-même. » Heureux qui comme Ulysse...
Paule Amblard
Source : La Vie
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lundi 26 avril 2021
Lecture spirituelle
Jean-Marc Mantel, "La Pratique spirituelle – De l’effort et du non-effort", éditions Accarias-L’Originel, 2021, 303 pages, 21 euros.
Ce livre est divisé en 26 chapitres. Ceux-ci sont regroupés dans trois grandes parties thématiques, qui suivent une progression logique : « Quel chemin suivre pour se libérer du mirage du moi ? », « La pratique de l’écoute révèle ce que je ne suis pas » et « La pratique de l’écoute révèle ce que je suis ». De la libération du mirage du moi à la révélation du Je suis, il y a l’espace d'une méthode précise, proche de l’Advaïta-Vedanta et de certains courants du bouddhisme comme le Dzogchen. Pour autant, Jean-Marc Mantel n’invite à rejeter aucune approche, fût-elle psychologique, en insistant sur le fait qu’une thérapie ou qu’un maître spirituel surgissent sur le chemin lorsque le patient ou le disciple y est prêt.
vendredi 9 octobre 2020
Ces personnes victimes de solitude...
Le radeau de la Méduse
vendredi 4 août 2017
La petite Castafiore capricieuse
Ouf ! Les courses de la semaine sont terminées.
Mon mari, ma fille et moi sortons de l'un de ces immenses supermarchés.
Mais, après l'effort, le réconfort ! De quoi j'ai envie ?
Qu’on se fasse un resto en famille. Tout le monde est d’accord à l’unanimité, parfait ! Il y en a un. juste là.
Nous voilà attablés, prêts à déguster ce moment tous les trois. Quand, tout à coup, des hurlements d'enfant envahissent mes oreilles! Des cris, des pleurs... Bref, un caprice comme on les aime bien! Les cris s'amplifient, et j’ai la très désagréable impression que ce n'est que le début de l’opéra de la petite Castafiore capricieuse !
Aux cris de « l’emmerdeuse ». je sens monter en moi une grande violence, car, à ce niveau sonore, ce n’est plus d’une enfant dont il s’agit, mais bien d’une « emmerdeuse » ! Dans les coulisses de ma tête, en apparence plus ou moins contenu, se trame un meurtre : « Elle va la fermer ou quoi ! Ce n’est pas croyable, ça ! Et sa mère, qu’est-ce quelle fout ? Elle ne voit pas que sa gamine gêne tout le monde ! Pas moyen d’être tranquilles » !
Cette mélodie secrète de haine prend corps en moi et, de la pensée aux gestes, les kilomètres se font courts !
À ce moment-là, j’entends la maman hurler à son tour: « Th veux rester là ? OK. Nous, on part. Je te laisse ici, je t’abandonne. Reste toute seule ! ».
À ces mots « je t’abandonne », les commentaires tueurs qui se déroulaient dans ma tête cessent immédiatement. Un point de la situation se fait en moi.
Quoi ? Je suis prête à tuer un enfant du regard, juste parce qu'il pleure, pour des cris ? Mais je ne veux pas ça, moi ! J’ai mal tout à coup d’avoir eu ces pensées !...
Mais, qui suis-je à cet instant précis ?
Quelque chose se retourne en moi ; quelque chose s’apaise, se pose.
Ce «je t’abandonne» résonne dans ma tête... Je le connais, ce goût de moi en bouche, je le reconnais !
En une seconde, je revois mes caprices d’enfant et ma pauvre maman qui menaçait de m’abandonner sur place. Je revis, dans l’instant, toute ma souffrance d’enfant qui voulait juste un câlin de sa maman et qui, pour être vue par elle, devenait la petite Castafiore capricieuse.
Je sens même ma maman, du haut de ses 19 ans, désespérée de ne savoir que faire pour que j’arrête de hurler et extrêmement gênée de ce caprice en public.
Non! Elle n’est pas capricieuse cette petite, et non, sa maman n’est pas une mauvaise maman.
Combien elle a mal, cette petite fille ! Mon Dieu, combien elle est désemparée, cette petite maman !
Mon corps pivote sur ma chaise en direction de la petite fille. Je vois ses deux petits yeux remplis de larmes de désespoir, perdue, ayant tout tenté pour attirer l’attention de sa maman.
Elle est si touchante cette petite fille ! On n’a qu’une envie, la serrer dans ses bras.
Elle tient son doudou dans sa main et là, je m’entends lui dire avec une délicatesse infinie : « Tu es fatiguée, ma chérie ? Comme il est beau, ton doudou ! ».
La petite s’arrête net de pleurer. Elle me regarde, elle me voit. Oui, on se voit toutes les deux. Plus aucun jugement dedans. Quelle tendresse !
Puis, je croise le regard soulagé de sa maman.
Sa petite copine de 2 ou 3 ans, qui a assisté à la scène, s’approche et me dit :
« T’as vu ? Z’en ai deux de doudous, moi. Ze peux te faire un bisou ? ».
Et elle me fait un bisou sur la joue.
Je suis un peu sonnée sur ce qui vient d’avoir lieu !
« Pas grand-chose en apparence » direz-vous ; mais un véritable miracle en moi a eu lieu.
Je suis lavée de ce vieux scénario.
Je me sens aimée... tellement aimée !
Marie
(source : Revue Reflets)
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jeudi 29 juin 2017
De la nuit intérieure à la grâce avec Christophe Massin (3)
La bonne nouvelle, au regard de ce que vous dites, c’est que nous pouvons faire l'expérience d’un état de grâce dans la vie quotidienne, et non pas uniquement au cours d’une séance de méditation ou un temps de prière...
Oui, c’est vrai. Afin d’éclairer cette idée, j’aimerais citer Swami Prajnanpad : « Tout ce qui vient à vous, vient comme un défi et une opportunité», disait-il. Ce défi et cette opportunité se présentent au moment où nous souffrons terriblement - c’est quitte ou double ! En nous appuyant sur ce ressenti émotionnel douloureux au lieu de le repousser, nous avons la possibilité de passer de l’autre côté du miroir. Swami Prajnanpad disait aussi : « Le relatif, c’est l’absolu. » Cela signifie qu’en vivant de manière absolue le relatif, donc en nous ouvrant totalement au relatif de notre vie humaine, nous pouvons faire l’expérience de la dimension absolue. Lorsque le cœur est bouleversé, il s’ouvre... Dans certaines traditions, il est dit : « Il faut un cœur blessé pour s’ouvrir à Dieu. » Dans une vie trop confortable, la sensibilité est parfois anesthésiée, endormie. Encore une fois, il ne s’agit pas de rechercher la souffrance pour la souffrance, mais la souffrance pour un éveil de notre sensibilité. Toute démarche spirituelle mène à une ouverture du cœur, à un affinement de la sensibilité.
Dans l’enseignement spirituel de Swami Prajnanpad. il n’y a ni dévotion, ni prières ni rituels. Elle s’enracine dans l’expérience du quotidien, dans la manière dont nous l’accueillons, pour mener à l’ouverture du cœur.
Dans les sociétés et les cultures traditionnelles, comme celle de l’Inde, on ne sépare pas le thérapeutique du sacré, la médecine de la spiritualité. Vous qui connaissez bien l'Inde, que pourriez-vous nous dire de la contribution de la philosophie, de la sagesse, de la spiritualité de cette culture à propos des tourments de l’âme ?
Effectivement, à la différence de la tradition hindoue, où médecine et psychologie s’enracinent dans une spiritualité qui éclaire tous les aspects de la vie, dans la perspective de la psychologie et de la psychiatrie occidentales, la dimension spirituelle de l’homme est absente, et c’est un grand manque. En dehors de toute question religieuse, il faut reconnaître qu'il y a en l’homme un potentiel spirituel qui conditionne sa psychologie. De même que notre psychologie intervient dans notre cheminement spirituel, la dimension spirituelle a une grande importance dans notre équilibre psychologique. Dans certains états psychiatriques, on observe l’émergence de cette dimension à travers des délires mystiques. La personne est habitée par une aspiration spirituelle qu’elle ne peut intégrer. Le psychiatre tchèque Stanislav Grof a travaillé sur ces questions et montré l’importance de la dimension spirituelle dans des accès de délire.
La spiritualité participe à l’équilibre de l’être humain. Sans parler de réalisation ultime, pouvoir cultiver une profondeur spirituelle en soi est essentiel. Aujourd’hui, de nombreuses personnes se sentent perdues et sont à la recherche de sens et de mieux-être. Cela est le signe que ce besoin est là, mais que les réponses de notre société ne sont pas satisfaisantes.
En tant que praticien, je constate qu’un travail de psychothérapie classique apporte des améliorations, mais n’est pas toujours suffisant au regard de cette recherche de sens. Résoudre manques et conflits avec les parents, se sentir moins culpabilisé, avoir moins de peurs... est une étape importante, mais ce n’est pas un but pour la vie. Il est essentiel, à un moment donné, de trouver le moyen de sortir de soi, et la démarche spirituelle est ce qui va permettre de remettre en question l’ego. La psychologie ne s’occupe pas de l’effacement de l’ego. Et pourtant c’est lui qui pose le problème de fond. Certains patients ont besoin d’un horizon plus large. Pour moi, la pratique « d’acceptation », que j’ai décrite plus haut, va permettre de ne pas tourner en rond indéfiniment dans des problématiques psychologiques.
Ce que je propose est de ne pas se laisser piéger par « la réalisation spirituelle ou rien ». Chacun d’entre nous, quel que soit son avancement, peut faire l’expérience pendant quelques instants d’une véritable ouverture intérieure. Tout le monde ne sera pas libéré au sens de moksha, la libération finale de l’âme individuelle selon l’hindouisme ; de ce côté-là, il y a très peu d’élus... Ce que j’ai à cœur de transmettre, c’est que nous pouvons tous vivre des expériences spirituelles. Mon travail consiste à aider ceux et celles qui cherchent à le découvrir. Bien sûr, il y a un préalable à l’expérience d’une ouverture du cœur véritable : il faut d’abord connaître nos fonctionnements, nos peurs, nos émotions, accepter qui nous sommes et ne pas chercher à être quelqu’un d’autre... Un état de grâce ne durera sans doute pas, mais le fait d’avoir fait cette expérience change la perspective...
Vous proposez en quelque sorte une démocratisation des petits moments d'éveil ?
Je ne prétends pas que l’éveil est à la portée de tout le monde car ce serait mensonger. Je dis simplement que quelque chose, dans cette perspective-là, nous est possible... Il m’importe que des personnes qui butent dans leur recherche sachent qu’elles peuvent vivre des moments d’ouverture, plutôt que de s’enfermer dans la conviction que rien n’est possible pour elles. En étant bienveillant avec soi-même, on peut faire l’expérience de la grâce, ne fût-ce que quelques instants.
Propos recueillis par Nathalie Calmé
Source : Sources
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jeudi 23 février 2017
Un bonheur n'arrive jamais seul...
avec beaucoup d'effort et de volonté
mais réside là, tout près,
dans la détente et l'abandon.
Ne t'inquiète pas, il n'y a rien à faire.
Tout ce qui s'élève dans l'esprit
n'a aucune importance
parce qu'il n'a aucune réalité.
Ne t'y attache pas.
Ne te juge pas.
Laisse le jeu se faire tout seul,
s'elever et retomber, sans rien changer,
et tout s'évanouit et recommence à nouveau, sans cesse.
Seule cette recherche du bonheur nous empeche de le voir.
C'est comme un arc-en-ciel
qu'on poursuit, sans jamais le rattraper
Parce qu'il n'existe pas, qu'il a toujours été là
et t'accompagne à chaque instant.
Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises,
elles sont comme des arcs-en-ciel.
A vouloir l'insaisissable, on s'épuise en vain.
Dès lors qu'on relache cette saisie,
l'espace est là, ouvert, hospitalier et confortable.
Alors profites-en. Tout est à toi, déja. Ne cherche plus.
Ne va pas chercher dans la jungle inextricable l'éléphant
qui est tranquillement à la maison.
Rien à faire
Rien à forcer
Rien à vouloir,
Et tout s'accomplit spontanément...
dans un état détendu, non-artificiel.
En cet état, voyant la pensée et son mouvement,
reste dessus, détendu.
En cet état, va poindre la stabilité.
Pas d'attachement à la stabilité,
Pas de peur du mouvement.
Connaissant qu'il n'est pas de différence
entre stabilité et mouvement,
l'esprit s'élevant de l'esprit.
En cet état, sans saisie, sans attachement,
repose, détendu, tel quel.
En cet etat, la réalite en elle-meme,
l'essence de ton propre esprit,
sagesse, vacuité radieuse,
va s'elever,
et tu n'auras pas de mots...
En cet état, un calme naturel viendra ;
sans tenir la stabilité pour quelque chose,
tel quel, naturel et libre ;
sans saisir ni rejeter les productions mentales,
s'il te plaît, reste... LÀ.
dimanche 15 janvier 2017
Derrière le voile avec Philippe Mac Leod
Que nous dormions ou que nous nous escrimions, celui que nous ne distinguons pas se tient là, dans le noir de nos aveuglements, infime, minuscule semence dans le fond de nos barques, guère plus distincte qu'un murmure au beau milieu de nos vacarmes. Qu'il dorme ou qu'il veille, c'est nous qui faisons la nuit, d'une épaisseur impénétrable, puisque nous nous tenons au-dehors, trop loin pour entendre, beaucoup trop loin pour le reconnaître, lui, l'insaisissable pêcheur des hautes terres, l'étrange semeur dans sa barque, d'un geste large vers la multitude sur les talus, les foules éparses, assises face à la mer immense et bleue comme une médiation suspendue entre le ciel et la terre.
Tant bien que mal je le suis sur des chemins identiques, seulement un peu plus longs et plus sinueux, et traversant des villes où les murs ont changé de langage, où les visages des hommes toujours se ressemblent. Ce n'est plus un livre que je tiens entre mes mains ou appuyé sur mes genoux. Le voile de la page est si fin, je peux voir trembler la flamme à l'intérieur du sanctuaire, une présence affleurer à la surface de ma peau déroulant un vivant parchemin, et je pense à cette silhouette légère, jadis, comme un remous à la surface des eaux.vendredi 15 juillet 2016
5 blessures émotionnelles d’enfance qui persistent à l’âge adulte...
Les problèmes rencontrés dans l’enfance prédisent comment sera notre qualité de vie lorsque nous serons adultes.
En outre, ils peuvent influencer de manière significative la façon dont les enfants d’aujourd’hui agiront demain et par ailleurs ils auront une influence sur notre manière de faire face à l’adversité.
Donc, en quelque sorte, à partir de ces 5 blessures émotionnelles ou expériences douloureuses d’enfance, nous allons former une partie de notre personnalité. Dans les lignes qui suivent, nous allons voir quelles sont nos blessures définies par Lise Bourbeau.
1- La peur de l’abandon
La solitude est le pire ennemi pour celui qui a vécu un abandon durant son enfance. Il y aura une attention constante à ce manque, par conséquent, celui qui a en a souffert, abandonnera ses partenaires et ses projets de façon précoce, de peur d’être abandonné.
Ce serait quelque chose comme «je pars avant que tu me laisses», «personne ne me soutient, je ne suis pas prêt à supporter cela», «si tu t’en vas, ne reviens pas …».
Les personnes qui ont souffert d’abandon dans l’enfance, devront travailler leur peur de la solitude et leur peur d’être rejetées.
La blessure causée par l’abandon n’est pas facile à guérir. Ainsi, vous serez conscients que vous avez commencé à guérir lorsque la crainte d’avoir des moments de solitude disparaîtra et un dialogue intérieur positif et plein d’espoir commencera à circuler en vous.
2 La peur du rejet
C’est une blessure profonde, parce qu’elle implique le rejet de notre être intérieur. Avec le mot intérieur nous nous référons à nos expériences, nos pensées et nos sentiments.
On peut expliquer l’apparition du sentiment de rejet par de nombreux facteurs qui peuvent l’influencer, tels que le rejet des parents, de la famille ou des pairs. Il génère des pensées de rejet, le sentiment de ne pas être désiré et une disqualification de soi-même.
La personne souffrant de cette expérience douloureuse ne se sent pas digne d’affection ou de compréhension et elle s’isole dans son vide intérieur, de peur d’être rejetée.
Il est probable que les personnes qui ont vécu cela dans leur enfance, seront des personnes insaisissables. Donc, nous devons travailler nos peurs intérieures et ces situations qui nous génèrent une panique.
Si tel est votre cas, prenez soin à faire attention à vous, à prendre des risques et à prendre des décisions pour vous-même.
À chaque fois, vous serez un peu moins dérangé que les personnes s’éloignent de vous et lorsqu’elles vous oublieront à un certain moment, vous ne le prendrez plus comme quelque chose de personnel.
3- L’humiliation
Cette blessure est générée au moment où nous pensons que d’autres nous désapprouvent et nous critiquent. Nous pouvons générer ces problèmes à nos enfants en leur disant qu’ils sont stupides, mauvais ou qu’ils sont lourds, ou bien en racontant leurs problèmes aux autres. Cela détruit l’estime de soi de l’enfant.
Ces personnes auront une personnalité dépendante. De plus, nous pouvons avoir appris à être des «tyrans» et des égoïstes comme un mécanisme de défense et même à humilier les autres, pour nous en servir comme un bouclier protecteur.
Avoir souffert de ce type d’expérience nécessite de travailler notre indépendance, notre liberté, la compréhension de nos besoins et de nos peurs ainsi que nos priorités.
4- La trahison ou la crainte de faire confiance
Elle apparaît lorsque l’enfant s’est senti trahi par un de ses parents surtout, si celui-ci n’a pas remplit ses promesses.
Cela peut générer une méfiance qui peut être transformée en envie et en d’autres sentiments négatifs, puisqu’on ne se sent pas digne de ce qui a été promis et de ce que les autres ont.
Avoir souffert de ces problèmes dans l’enfance construit des personnes manipulatrices, qui veulent tout contrôler et bien contrôler. Si vous avez subi ces problèmes durant l’enfance, vous êtes susceptibles de sentir la nécessité d’exercer un certain contrôle sur les autres, ce qui est souvent justifié par un fort caractère.
On voit souvent leurs erreurs de ces personnes dans leurs manières d’agir. Il s’agit donc de travailler la patience, la tolérance et le savoir vivre tout comme apprendre à être seul et à déléguer des responsabilités.
5- L’injustice
Elle résulte d’un environnement dans lequel les principaux protecteurs sont froids et autoritaires. Dans l’enfance, une exigence trop importante qui dépasse les limites génère des sentiments d’impuissance et d’inutilité, à la fois dans l’enfance et à l’âge adulte.
Les conséquences directes sur le comportement de ceux qui en ont souffert seront la rigidité, car ces personnes tentent d’être très importantes et d’acquerir une grande puissance.
De plus, il est probable que cette injustice crée un fanatisme pour l’ordre et le perfectionnisme et une incapacité de prendre des décisions en toute confiance.
Il est nécessaire de travailler la méfiance et la rigidité mentale, pour générer un maximum de flexibilité et permettre d’avoir confiance en les autres.
Maintenant que nous connaissons les cinq blessures de l’âme qui peuvent affecter notre bien-être, notre santé et notre capacité à nous développer en tant que personnes, nous pouvons commencer à mettre en place un processus de guérison.
Source : Bourbeau, L. (2003) Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même.
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jeudi 31 décembre 2015
Pour que 2016 soit un an neuf... par Denis Marquet
Chaque instant que nous vivons est à la fois la conséquence de causes anciennes, que certains appellent karmiques ; mais aussi l'opportunité de lancer pour l'avenir des causes neuves, qui ne sont pas l'effet du passé et génèrent des effets qui ne répètent rien.
De telles causes naissent de notre ouverture à une dimension transcendante à l'intérieur de nous.
Et, libres du passé, nous pouvons vivre selon nos aspirations les plus profondes.
Pour cela, il suffit de s'abandonner !S'abandonner, c'est accepter de ne pas se représenter son avenir, car on ne peut se re-présenter que du passé.C'est accepter de se laisser surprendre par soi-même, par les rencontres et les opportunités.
C'est accepter de lâcher l'illusion du savoir, toutes les attentes que nous faisons peser sur les autres et sur notre vie, ainsi que toute forme de contrôle.
Un instant d'abandon total nous plonge dans la dimension vierge de notre être ; nous voilà prêts pour un nouveau départ, un commencement dans le Nouveau : une naissance.
lundi 26 octobre 2015
Mélodie d'automne avec Khalil Gibran
l’Oeil du Prophète
mardi 14 janvier 2014
Le baratin intérieur... avec Alexandre Jollien
vendredi 26 juillet 2013
Changement vers l'estime de soi avec Elina Dumont
À 15 ans, j'ai grimpé le mur et j'ai fui, direction Paris. J'ai atterri dans un foyer. Monsieur Jacky m'a lancé comme stripteaseuse en me faisant croire que j'allais percer comme danseuse. Dans la rue, c'est sans limites. J'ai eu le nez dans la coke, j'ai bu, je me suis évanouie pour que les pompiers me ramassent. Dormir au chaud, à l'hôpital, […] c'est le luxe des gens de peu.
Mes amis de la rue m'en ont beaucoup appris : "Neuneuil", "Darty" "Zonzon", "la Fiole". […] Je ne les laisse pas tomber, c'est un peu ma famille. Dehors, tu n'as que trois verbes à ta guise : manger, te réchauffer, dormir. Aujourd'hui, je me suis reconstruite. J'ai aussi rencontré des gens qui ont cru en moi, j'ai gagné en confiance, suivi une thérapie. Je suis devenue comédienne. Une fille qui se sort de la rue, qui raconte ce qu'elle y a vécu. »
Elina Dumont
Livre "Longtemps, j'ai habité dehors"
J'ai changé, oui j'ai changé. Je n'ai pas arrêté de changer, c'est d'ailleurs ça qui m'a sauvé la vie. Je n'ai jamais voulu me laisser abattre ni rester enfermée dans une case.
Trois choses m'ont permis d'avancer : le théâtre, la psychothérapie et toutes les personnes qui, un jour, m'ont fait confiance. Grâce à elles, je peux dire que je suis sortie de la survie... pour entrer dans la vie !.
Elina Dumont
(La Vie)

















